STR SWEDD ESSAI DE DOCUMENTATION DU SOUS PROJET EDUCATION DES FILLES DE LA COTE D’IVOIRE 31 Decembre 2024
EDUCATION DES FILLES EN COTE D’IVOIRE DANS LE PROJET SWEDD
Essai de documentation d’une bonne pratique
Projet SWEDD Côte d'Ivoire : Les meilleures élèves filles d'Abobo sensibilisées sur les grossesses en milieu scolaire
Projet-SWEDD-Côte-d‘Ivoire : les meilleures élèves filles d’Abobo sensibilisées sur les grossesses en milieu scolaire
Par Professeur Babacar Fall
Consultant UNFPA SWEDD
Une image contenant capture d’écran, cercle
Description générée automatiquement
Décembre 2024
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
AIBEF
Association Ivoirienne pour le Bien-être Familial
CSAS
Centre de Solidarité et d’Action Sociale
DMOSS
Direction de la Mutualité et des Œuvres Sociales en milieu Scolaire
DNCS
Direction Nationale des Cantines Scolaires
DPFC
Direction de la pédagogie et de la formation continue
DPJ
Direction de la Protection des Jeunes
DRENA
Directeur Régional de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation
ES
Espace sûr
ESC
Éducation sexuelle complète
IRC
International Rescue Committee
IST
Infection sexuellement transmissible
MEN
Ministère de l’Éducation Nationale
MFFE
Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant
MENET
Ministère de l’Éducation Nationale et l’Enseignement Technique
ONEF
Organisation Nationale pour l'Enfant, la Femme et la Famille
PF
Planification familiale
SSR
Sante sexuelle et de la reproduction
SSSU
Services de santé scolaire et universitaire
SWEDD
Projet régional « autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel
TIC
Technologie de l’information et de la communication
UNESCO
Organisation des nations unies pour la science et la culture
UNFPA
Fonds des nations unies pour la population
UGP
Unité de gestion du projet
VBG
Violences basées sur le genre
VIH
Virus immuno déficience acquis
Table des matières
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS 2
RESUME EXECUTIF 4
Introduction 7
I- Le projet SWEDD et le gain de l’éducation des filles 7
II- Objectifs et Méthodologie 9
III- Trois phases identifiées dans la conduite du sous projet Maintien des filles à l’école 11
1. La première phase de préparation du sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » (2015-2017) 11
2. La deuxième phase est celle du déploiement des activités sous le lead des ONGs (2017-2019) 14
3. La troisième phase est celle du repositionnement du Ministère de l’Éducation dans la conduite des activités (2020-2024) et les innovations introduites 20
IV- Des résultats impressionnants pour cette nouvelle stratégie. 27
V- Quelques leçons majeures et des pistes à explorer pour une mise en œuvre efficace du sous projet Maintenir les filles à l’école 33
Conclusion 36
Bibliographie 37
RESUME EXECUTIF
Les jeunes filles et les femmes constituent une importante frange de la population du fait du rôle prépondérant qu’elles peuvent jouer dans la croissance économique du pays. C’est la raison pour laquelle, il est important d’investir pour leur bien-être économique et social. A cet effet, l’élimination des inégalités de genre, le relèvement de la scolarisation des jeunes filles, la formation aux activités génératrices de revenus, le développement des compétences de vie, la formation professionnelle et la prévention des violences basées sur le genre et la prise en charge des survivantes sont des leviers essentiels pour promouvoir l’autonomisation sociale et économique des femmes et des jeunes filles.
C’est pour répondre à ce besoin d’épanouissement des femmes et des adolescentes et de renforcement de leur potentiel que le Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) a été conçu à la demande des pays majoritairement du Sahel. Il vise l’accélération de la transition démographique en vue de la capture du dividende démographique pour assurer la croissance économique. Pour atteindre cet objectif, l’éducation et le maintien des filles à l’école apparaissent comme des facteurs primordiaux dans la transformation des normes sociales et comportementales pour favoriser les changements de comportement en matière de santé reproductive et sexuelle, le recul de l’âge du mariage, l’augmentation de la prévalence contraceptive moderne et la participation des femmes dans les activités productives.
La Côte d’Ivoire fait partie d’un des six pays pilotes de cette initiative régionale de développement économique et social. La présente étude consiste à documenter l’expérience du sous-projet Maintien des filles à l’école depuis son élaboration jusqu’à sa mise en œuvre dans l’écosystème éducatif ivoirien.
L’étude de l’expérience de la gestion du sous projet Éducation, dénommé « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » de la Côte d’Ivoire, passe en revue les différentes étapes traversées entre 2015 et 2024 en mettant en exergue les résultats enregistrés et en relevant certaines limites et les défis en tenant compte de chaque phase de son déroulement.
Il s’agit spécifiquement
* De réaliser une revue des stratégies de mise en œuvre du paquet d’interventions pour favoriser la rétention et la réussite scolaire des filles vulnérables.
* D’identifier les innovations, bonnes pratiques et les leçons apprises pour le maintien des filles à l’école et leur réorientation,
* De formuler des recommandations concrètes et opérationnelles pour renforcer les stratégies ainsi que leur suivi et pérennisation
La méthodologie combine une revue documentaire sur les interventions communautaires, en particulier sur celle relative au sous projet Maintien des filles à l’école, les cahiers des charges des ONGs dans le secteur de l’éducation et les rapports d’activités et des entretiens avec les parties prenantes et des séances de travail à distance avec un échantillon de personnes-ressources du ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation, des responsables de l’UGP SWEDD, des ONGs, du Bureau UNFPA de la Côte d’Ivoire. Le document produit a été soumis aux personnes-ressources ayant accompagné cet exercice pour commentaires, suggestions et corrections qui ont été tenues en compte dans cette présente version.
L’analyse des expériences dans la mise en œuvre du projet permet de relever trois principales phases :
La première phase (2015-2017) a été celle de l’élaboration, de l’approbation et du lancement du sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » (2015-2017). Le volet éducation des filles du Projet SWEDD a été bien accueilli car elle était, avec la mise en place et l’animation des espaces sûrs (ES), une opportunité pour consolider les résultats de la campagne Zéro grossesse à l’école initiée en 2013 par le Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique (MENET) avec l’appui technique de l’UNFPA de Côte d’Ivoire.
En outre, le volet appui alimentaire du sous projet, sous la forme de distribution de repas chauds à l’école aux filles ou la prise en charge de la participation à la cantine scolaire a permis de remédier à la vulnérabilité alimentaire de certaines adolescentes et jeunes filles scolarisées. Les bénéficiaires ont également participé à des activités qui leur ont permis d’acquérir une ouverture d’esprit et un soutien pédagogique nécessaire pour poursuivre leur cursus scolaire.
La deuxième phase ( 2017-2019) a connu un démarrage tardif. Elle a été marquée par le déploiement des activités sous le lead des ONGs. Le mandat confié aux ONG est d’assurer l’animation des espaces sûrs scolaires en déroulant les 26 sessions éducatives du curriculum destinées à renforcer les compétences de vie courante des adolescentes et jeunes filles des classes de 6ème à la 3ème (dans le premier cycle de l’enseignement secondaire) et dont les âges varient généralement entre 10 et 19 ans. Mais, les résultats ont été mitigés. En effet, seulement 13.725 élèves, soit 59,99% de l’objectif cible, ont participé aux activités des ES scolaires sur l’Apprentissage Socio-Émotionnel (ASE), les compétences de vie, la Santé Sexuelle et Reproductive et la Planification Familiale (SSR/PF) et les Violences Basées sur le Genre (VBG), 423 sur 382 mentores prévues issus des établissements scolaires du MENETFP et des structures sociales du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) ont été formées sur le curriculum adapté des ES scolaires et sur le curriculum de l’ASE et deux victimes de VBG identifiées parmi les participantes aux ES ont bénéficié d’une assistance sur une prévision de 686 survivantes de VBG.
En outre, l’achèvement du contenu curriculaire est resté largement en deçà des attentes du ministère en charge de l’Éducation Nationale et de celles des acteurs du projet. Selon le rapport des ONG, seulement 50% des contenus curriculaires ont été dispensés dans les sites encadrés par International Rescuee Committee (IRC) et 23% sur les sites de l’Association Ivoirienne pour le Bien Être familial (AIBEF), les deux ONGs sélectionnées pour la mise en œuvre des activités.
Ces résultats décevants seraient imputables à la faible adhésion des autorités scolaires au programme d’animation des espaces sûrs et à la faible implication des responsables des établissements dans la mise en place des ES. Ce déficit de collaboration avec les responsables scolaires, a été donc un obstacle majeur à l’exécution des activités par endroit et a pu impacter négativement sur les résultats de la mise en œuvre
Enfin, la troisième phase correspond à celle du repositionnement du Ministère de l’Éducation dans la conduite des activités (2020-2024). L’équipe du projet, tenant compte des insuffisances constatées dans la mise œuvre des activités de la phase pilote, a réajusté les activités en fonction de la disponibilité des apprenantes. Pour renforcer le dispositif, l’équipe du ministère, en accord avec celle de la Banque Mondiale, a élaboré du 06 au 11 avril 2021 une stratégie d’implication des parties prenantes (acteurs scolaires et ONG) en définissant leurs rôles et leurs responsabilités dans chaque intervention.
Cette nouvelle stratégie, adossée sur la responsabilisation des acteurs de l’école et la collaboration avec les partenaires, a mieux définie les rôles des acteurs et les missions assignées aux uns et aux autres. La stratégie repose sur trois piliers : l’implication concrète des acteurs du Ministère, en tenant compte incluant les ONG des contraintes liées à l’environnement scolaire, et une collaboration efficiente avec les acteurs extérieurs de l’école. Les chefs d’établissements scolaires et leurs collaborateurs clés qui gèrent quotidiennement les activités scolaires et extra-scolaires sont mieux responsabilisés afin d’assurer l’organisation et le suivi des activités du projet SWEDD. Le dispositif est sous tendu par une approche censée assurer la pérennité du projet et le maintien des filles à l’école. Cette appropriation du programme par les autorités scolaires a permis de faire face à l’extension des régions et d’atteindre les nouveaux objectifs très ambitieux fixés en accord avec le partenaire de la Banque Mondiale.
Les leçons tirées de cette expérience et les recommandations formulées s’appuient sur le fait que le secteur de l’éducation dispose d’un grand potentiel pour répondre avec efficacité aux besoins d’information, d’encadrement des filles vulnérables. Avec la pleine implication des autorités scolaires et une utilisation judicieuse des compétences distinctives des différents acteurs intervenant dans la communauté éducative incluant les organisations non gouvernementales (ONGs), les résultats dans l’enrôlement des filles dans les espaces sûrs ont été multipliés presque par sept (07). En outre, la synergie entre les activités du Projet SWEDD et les autres initiatives de lutte contre les vulnérabilités notamment la campagne zéro grossesse à l’école témoigne des capacités de leadership de l’équipe du Ministère de l’Éducation nationale engagée dans la mise en place d’un véritable dispositif pour assurer la pérennisation des programmes de maintien et de la réussite des filles dans un environnement d’apprentissage de qualité favorisant le respect des droits des adolescentes.
Introduction
Investir dans le capital humain et offrir aux adolescentes les opportunités de rester et de réussir à l’école constituent un volet majeur des interventions communautaires du Projet (Sahel Women’s Empowerment and Demographic Dividend (SWEDD) ou (Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel). Cet élément-clé est partie intégrante des ingrédients mis en œuvre pour surmonter la vulnérabilité des adolescentes enrôlées dans le projet SWEDD. Il vise à contribuer à la rétention et à la réussite des filles en leur donnant le sens de l’estime de soi, en les dotant des moyens d’éviter les grossesses et les mariages précoces, de faire éclore leur potentiel et de s’ouvrir des horizons vers leur plein épanouissement.
Le présent document s’est fixé pour objectif de visiter le sous-projet Maintien des filles à l’école mis en œuvre par l’initiative du SWEDD à travers l’expérience de la Côte d’Ivoire, un des six pays pilotes de cette initiative régionale de réduction des inégalités de genre. L’exercice consiste à documenter le parcours voire les péripéties que le sous-projet Maintien des filles à l’école a connues de son élaboration à sa mise en œuvre dans l’écosystème éducatif ivoirien. Il s’agit moins de présenter un modèle que d’interroger un cas d’étude comme une première étape avant d’ouvrir l’éventail sur un échantillon d’expériences que les pays du Projet SWEDD ont connues dans le domaine de l’éducation des filles.
Ce document rappelle le bénéfice de l’éducation des filles dans la marche vers la capture du dividende démographique, il reconstitue , à chaque étape du processus, les appréciations portées par les acteurs qui ont conduit une telle expérience. En outre, l’exercice offre l’occasion de relever ce qu’on peut appeler des innovations nées de l’examen critique des activités menées et des réorientations institutionnelles motivées par des considérations de pérennité. Enfin , cet exercice ambitionne d’informer les nouveaux pays SWEDD sur des choix possibles pour une plus grande efficience dans la conduite du sous projet Maintien des filles à l’école et d’inviter les autres pays à interroger leurs pratiques pour une meilleure collaboration entre les acteurs engagés dans l’éducation des filles dans une optique d’efficience et de pérennité.
1. Le projet SWEDD et le gain de l’éducation des filles
« En Afrique subsaharienne, les pays disposent d’un formidable atout économique, encore en grande partie inexploité : les femmes. Si elles étaient dotées des compétences et du pouvoir de s’épanouir dans la sphère sociale et économique, les femmes pourraient davantage contribuer, dans leur foyer et au niveau national, à la croissance de l’économie »[1]. C’est pour répondre à ce besoin d’émancipation des femmes et des adolescentes, ainsi qu’à leur accès à des services de santé reproductive, maternelle et infantile de qualité que le Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) a été conçu à la demande des pays majoritairement du Sahel. C’est une initiative régionale financée par la Banque mondiale et conduite avec l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Parmi les six premiers pays pionniers dans la mise en œuvre de cette expérience novatrice centrée sur les adolescentes et les jeunes femmes, il y’a en plus de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.
En Côte d’Ivoire, le projet SWEDD a été signé le 5 avril 2015 et est entré en vigueur le 31 juillet de la même année pour la première phase (2015-2020). Le Projet a bénéficié d’une seconde phase (2021-2024) et a ciblé 800 000 jeunes filles et femmes à risque de sexualité précoce, de mariage précoce et de décrochage scolaire dans les régions du Nord-Ouest (Minignan, Odienné et Touba), Nord (Korhogo, Ferkessédougou et Boundiali), Nord-Est (Bondoukou), Centre (Yamoussoukro) et Ouest, (Bouaflé, Daloa et Man) Sud-Ouest (San-Pedro) et aussi dans 4 communes d'Abidjan (Abobo, Adjamé, Attécoubé et Koumassi). Selon Myss Belmonde Dogo, ministre de la Cohésion Nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, en charge de la tutelle du projet SWEDD, « les jeunes filles et les femmes sont une composante importante de la population du fait qu’elles jouent un rôle prépondérant dans la croissance économique du pays. C’est la raison pour laquelle, il est important d’investir sur cette frange pour leur bien-être économique et social »[2].
Au titre du paquet des interventions contribuant à l’autonomisation sociale et économique des femmes et des jeunes filles par la réduction des inégalités de genre, on relève la scolarisation des jeunes filles, la formation aux activités génératrices de revenus, le développement des compétences de vie, la formation professionnelle et la prévention des violences basées sur le genre et la prise en charge des survivantes.
Dans l’optique du Projet SWEDD qui vise l’accélération de la transition démographique en vue de la capture du dividende démographique pour assurer la croissance économique, l’éducation et le maintien des filles à l’école apparaissent comme des facteurs essentiels dans la transformation des normes sociales et comportementales. Il est également établi l’importance de la scolarisation, du maintien et de la réussite des filles à l’école comme un facteur majeur pour favoriser les changements de comportement en matière de santé reproductive et sexuelle, le recul de l’âge du mariage, l’augmentation de la prévalence contraceptive moderne et la participation des femmes dans les activités productives en qualité de citoyenne et d’agent de développement économique et social.
En effet, le maintien des filles à l’école réduit considérablement les mariages d’enfants et les taux de fécondité. Chaque année supplémentaire d’éducation réduit le nombre de mariages d’enfants de 6 points de pourcentage et le taux de fécondité de 0,26 enfant par femme. Cela améliore non seulement la santé et les résultats économiques des filles, mais a également des effets durables sur les générations futures.[3] Dans ce sens, l’UNESCO estime que si toutes les filles achevaient leurs études secondaires, le mariage des enfants diminuerait de 64 %. Il est impératif d’atteindre les filles pendant l’adolescence, car les décisions prises et les comportements adoptés pendant cette période peuvent affecter leur trajectoire de vie.[4]
Ce rôle catalyseur de l’école dans la transformation de la vie des adolescentes et des jeunes filles justifie l’inclusion de la scolarisation, du maintien et de la réussite des filles à l’école au rang d’un volet majeur de la sous composante autonomisation des femmes du projet SWEDD. Ce choix prioritaire de la scolarisation des filles repose sur le fait que le capital humain ne peut être construit sans des investissements massifs dans l’éducation et le maintien des filles à l’école jusqu’au moins la fin des études secondaires. Ce choix ouvre des perspectives aux adolescentes et leur donne les moyens de prendre leur destin en main en élargissant leur accès à une instruction de qualité et aux services de santé reproductive, maternelle et infantile[5].
Entre la phase 1, la phase 2 et le SWEDD+, la place du sous projet Maintien des filles à l’école est devenue plus importante par l’allocation des ressources. Cela s’explique par l’impact que l’éducation réussie des filles jusqu’à la fin des études secondaires au moins produit chez les jeunes générations instruites avec le retard de la fécondité, la réduction des mariages d’adolescentes, l’accès futur à des revenus appréciables et l’encadrement assuré à leurs futurs enfants. C’est dire que la réussite du sous projet constitue un levier majeur pour assurer « un parcours vers la prospérité des adolescentes en Afrique ».[6]
2. Objectifs et Méthodologie
Objectifs
Au regard de l’importance de l’apprentissage des pays sur les expériences des autres et de la particularité de la stratégie de maintien des filles à l’école, il apparait essentiel de documenter l’expérience menée en Côte d’Ivoire par le sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire ». Cette étude pourra être élargie à d’autres pays du Projet SWEDD pour enrichir et diversifier les matériaux à partager avec les nouveaux pays et leur permettre d’entamer la mise en œuvre des activités en tirant profit des enseignements retenus. L’étude de l’expérience de la gestion du sous projet Éducation, dénommé « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » de la Côte d’Ivoire passe en revue les différentes étapes traversées entre 2015 et 2024 en mettant en relief les résultats enregistrés, les limites et les défis propres à chaque phase.
Il s’agit d’une revue critique des stratégies et interventions de maintien des filles à l'école y compris l'éducation en compétences de vie. L’analyse prend en compte trois phases du Projet SWEDD pour identifier les éléments participants de la mise en place d’un dispositif d’appropriation de la stratégie de maintien des filles par le Ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENA) en vue d’en assurer la pérennité.
Les objectifs spécifiques de cette étude sont:
* réaliser une revue des stratégies de mise en œuvre du paquet d’interventions pour favoriser la rétention et la réussite scolaire des filles vulnérables.
* Identifier les innovations, bonnes pratiques et les leçons apprises pour le maintien des filles à l’école et leur réorientation,
* Formuler des recommandations concrètes et opérationnelles pour renforcer les stratégies ainsi que leur suivi et pérennisation
Méthodologie
La méthodologie combine une revue documentaire et des entretiens avec les parties prenantes :
* Mobilisation de la documentation sur les interventions communautaires en particulier celle relative au sous projet Maintien des filles à l’école, les cahiers des charges des ONGs dans le secteur de l’éducation et les rapports d’activités..
* Entretiens avec les parties prenantes : Sur la base des éléments tirés de la documentation et de la cartographie des interventions communautaires, des séances de travail ont été tenues à distance avec un échantillon de personnes-ressources du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation, des responsables de l’UGP SWEDD, des ONGs, du Bureau UNFPA de la Côte d’Ivoire.
La démarche est de porter un éclairage critique sur le paquet d’interventions et les modalités de mise en œuvre notamment la définition et la répartition des rôles entre les acteurs intervenant dans l’écosystème éducatif, le recrutement des mentores, l’animation des espaces sûrs et les autres éléments de cadrage pour relever la qualité de l’éducation des filles, les ponts établis avec les espaces communautaires, la mobilisation sociale et les formes de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Les résultats enregistrés permettent d’apprécier les performances des acteurs et la pertinence ou non des stratégies déployées durant les phases que le projet a connues. Sur la base de l’expérience des leçons sont tirées et des recommandations formulées à l’intention des pays appelés à mettre en œuvre un modèle de sous projet sur le maintien des filles à l’école.
L’exploitation des matériaux a permis de produire une première version soumise aux personnes -ressources mentionnées dans la partie bibliographie pour commentaires, suggestions et/ou corrections. Ce présent texte tient compte des contributions reçues de ces personnes-ressources. Il sera soumis aux commentaires et suggestions de l’Unité de Coordination du Projet SWEDD de Côte d’Ivoire, du Secrétariat Technique Régional du Projet SWEDD, du Bureau UNFPA de Côte d’Ivoire et des partenaires de la Banque Mondiale avant que la version finale ne soit rendue publique.
3. Trois phases identifiées dans la conduite du sous projet Maintien des filles à l’école
L’analyse prend en compte trois phases que le sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » a connues à savoir la conception et le lancement du projet (2015-2017), le déploiement des activités sous le lead des ONGs (2017-2019) et le repositionnement du Ministère de l’Éducation dans la conduite des activités (2020-2024) avec la mise en place d’un dispositif d’appropriation de la stratégie de maintien des filles à l’école en vue d’en assurer la pérennité.
1. La première phase de préparation du sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » (2015-2017)
La première phase a été celle de l’écriture, de l’approbation et du lancement du sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » (2015-2017). L’avènement du Projet SWEDD avec notamment le volet éducation des filles a été salué comme une opportunité pour consolider les résultats de la campagne Zéro grossesse à l’école initiée en 2013 par le Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique (MENET) avec l’appui technique de l’UNFPA de Côte d’Ivoire. Cette campagne a abouti en 2016 à l’adoption d’une stratégie nationale d’éducation à la sexualité complète et se poursuit sous la forme des leçons de vie dispensées à tous les élèves des établissements de l’enseignement élémentaire, moyen et secondaire général et technique.
En effet, depuis deux (2) décennies, l’école ivoirienne est minée par les grossesses des jeunes filles. Tous les ordres d’enseignement (élémentaire, moyen et secondaire) sont touchés par ce fléau avec une prédominance dans la tranche d’âge de 11 à 15 ans soi 77,6%. En effet, selon la Direction de la Planification de l’Évaluation et des Statistiques du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Technique (MENET), 5.076 cas de grossesses ont été enregistrés en 2012 dont 5% au primaire. Les pics sont observés de la classe de CM1 à la classe de 3ème. En plus des grossesses, 6.718 cas d’ infections sexuellement transmissibles (IST) ont été relevés avec des régions à prévalence élevée : Agnéby, Haut- Sassandra, Bas Sassandra, N’Zi-Comoé, Moyen-Comoé et des Lagunes[7].
C’est dans ce contexte que l’équipe du Ministère de l’Éducation qui a conduit la campagne Zéro grossesse à l’école a entamé au lendemain de la signature de la convention de financement du Projet SWEDD en 2015 l’écriture du sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » avec l’accompagnement de l’unité Jeunes et VIH de l’UNFPA de Côte d’Ivoire. Le sous projet a été validé à la suite d’une revue par les pairs et les partenaires techniques du Projet SWEDD à l’occasion d’une rencontre tenue à Dakar en 2016. Avec l’objectif « d’améliorer le maintien de la jeune fille dans le premier cycle de l’enseignement secondaire », le sous projet SWEDD –EDUCATION est organisé autour de trois types d’intervention à savoir :
1. Les animations des espaces sûrs scolaires,
2. L’alimentation scolaire (appui alimentaire)
3. Les cours d’appui pédagogiques en français et en mathématiques (pédagogie différenciée)
* L’animation des espaces sûrs scolaires est destinée à renforcer les compétences de vie courante des adolescentes et jeunes filles des classes de 6ème à la 3ème (dans le premier cycle de l’enseignement secondaire) et dont les âges varient généralement entre 10 et 19 ans. Ainsi la mise en place des espaces sûrs à l’école contribue à l’éducation sur la santé de la reproduction des filles adolescentes dans le cadre de réduction de la vulnérabilité des filles aux grossesses précoces, aux mariages des enfants et à l’abandon scolaire.
* L’appui alimentaire sous la forme de distribution de repas chauds à l’école aux filles ou la prise en charge de la participation à la cantine scolaire s’efforce d’adresser la question de vulnérabilité alimentaire de certaines adolescentes et jeunes filles scolarisées, pour qui le manque d’alimentation quotidienne constituait un obstacle à leur apprentissage et une raison de non assiduité à l’école voire des déperditions scolaires. En effet, la nutrition est considérée parmi les déterminants importants de la réussite de l’apprenant(e) et des processus d’apprentissage»[8].
* Enfin, l’encadrement des filles à travers les cours d’appui pédagogique en Mathématiques et en Français se fixe comme objectif de relever le niveau faible des filles vulnérables ou peu douées dans ces disciplines fondamentales. Les difficultés de compréhension que rencontrent généralement les élèves avec ces deux disciplines d’enseignement, constituent pour les filles des obstacles réels pour accéder aux classes suivantes. Cet accompagnement des filles à travers la remédiation des lacunes décelées chez des élèves contribue à leur offrir des chances de rétention à l’école et de réussite dans leur parcours vers de grandes ambitions pour leur pays.
Toutefois, l’examen de cette palette d’activités révèle que la question de la promotion de la masculinité positive n’est pas explicitement prise en compte à travers soit la mise en place et l’animation des clubs des futurs maris ou des clubs des jeunes leaders. Les responsables de la Direction de la Mutualité et des Œuvres Sociales en Milieu Scolaire (DMOSS) qui assurent le lead du sous projet Maintien des filles à l’école répondent à cette question en évoquant la complémentarité entre le projet SWEDD et la poursuite des activités de la campagne zéro grossesse à l’école avec l’appui de l’UNFPA[9]. En effet, dans les approches déployées à l’école pour réduire la vulnérabilité des filles en lien avec les inégalités liées au genre et aux violences en milieu scolaire, des thématiques ont été développées dans des fiches pédagogiques destinées à être enseignées dans les établissements primaires, secondaires ct dans les centres de formation des maitres. Ces thématiques sont développées dans le cadre des « leçons de vie » déjà instituées depuis 2014 et dispensées cinq fois dans l’année scolaire[10] . Ces leçons de vie offrent l’occasion d’informer, d’ éduquer et de communiquer avec les jeunes, les adolescents et les adolescentes sur la santé sexuelle et de reproduction (SSR) pour un changement de comportements. Les thèmes des leçons de vie sont les suivantes :1. Les grossesses précoces et Ia communication parents /enfants sur lâ santé sexuelle et reproductive des jeunes ; 2. Les IST, 1e VIH et les facteurs de vulnérabilité chez les jeunes ; 3. les violences sexuelles liées au genre et les mariages précoces ; 4. Les méthodes modernes de contraception et les droits des jeunes en santé sexuelle et reproductive; 5. La santé menstruelle. Ce programme est un condensé des thèmes de l’éducation sexuelle complète. C’est là un bel exemple de synergie entre les activités du sous projet Éducation du SWEDD et le programme d’éducation sexuelle complète appuyé par l’UNFPA.
Mais en outre, précise l’Inspecteur pédagogique en fonction à la DMOSS, à partir de 2021, il a été inclus dans le cahier des charges des ONGs la sensibilisation des parents et surtout des garçons sur le respect des filles d’autant que selon les statistiques relevées en 2014 des grossesses précoces en milieu scolaire 41% des auteurs de grossesses étaient les jeunes[11]
Ainsi, les trois types d’activités retenus dans le programme SWEDD devraient permettre aux filles bénéficiaires d’acquérir une ouverture d’esprit et un soutien pédagogique nécessaire pour poursuivre leur cursus scolaire Mais entre 2016 et 2017, des lenteurs dans les procédures administratives n’ont pas permis le démarrage des activités.
Avec la mise en place de l’Unité de Coordination du Projet SWEDD, la discussion sur les modalités de mise en œuvre du sous-projet a fait apparaitre des différences d’appréciation entre les acteurs de l’éducation et l’Unité de Coordination du Projet sur le rôle des acteurs de l’écosystème éducatif, les missions à confier aux ONGs, la structure en charge de l’identification des bénéficiaires et le choix des mentores.
A l’instar des autres pays du Projet SWEDD, l’UGP en accord avec la Banque Mondiale, a fait comprendre aux acteurs de l’Éducation que l’option est de confier aux ONG et autres acteurs de la société civile l’organisation de la mise en œuvre effective des activités sur le terrain. Ainsi, suite à des appels à manifestation d’intérêt, deux ONG ont été sélectionnées pour assurer la mise en œuvre des activités des Espaces sûrs du sous projet : une organisation internationale dénommée International Rescue Committee (IRC) et une autre nationale, Association Ivoirienne pour le Bien-être Familial (AIBEF).
Avec la signature des contrats, le démarrage effectif des deux activités à savoir l’animation des espaces sûrs et l’appui alimentaire ouvre une nouvelle période pour le sous-projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire ».
2. La deuxième phase est celle du déploiement des activités sous le lead des ONGs (2017-2019)
Pour la mise en œuvre des activités des espaces sûrs, douze (12) Directions régionales de l’Éducation nationale (DREN) ont été concernées à savoir : Abidjan 1, Abidjan 4, Bondoukou, Bouaflé, Boundiali, Daloa, Ferkessédougou, Korhogo, Minignan, Odienné, SanPedro et Yamoussoukro. Cent vingt ( 120) établissements secondaires (lycées et collèges) étaient ciblés pour être couverts par les activités.
Le mandat confié aux ONG est d’assurer l’animation des espaces sûrs scolaires en déroulant les 26 sessions éducatives du curriculum destinées à renforcer les compétences de vie courante des adolescentes et jeunes filles des classes de 6ème à la 3ème (dans le premier cycle de l’enseignement secondaire) et dont les âges varient généralement entre 10 et 19 ans.
Le choix des élèves du cycle moyen a été dicté par la prise en compte des statistiques du Ministère de l’Éducation Nationale qui ont montré entre 2013 et 2015 que les 2/3 des grossesses scolaires concernaient les filles de ce cycle d’enseignement. Ce facteur de vulnérabilité était déjà au cœur de la campagne de sensibilisation et de lutte contre les grossesses des adolescentes en cours de scolarité dénommée « Zéro grossesse à l’école ».
L’International Rescue Committee (IRC) s’est vu attribuer les interventions dans dix (10) régions et l’Association Ivoirienne pour le Bien-Être familial a eu en charge deux régions. IRC établit le bilan de son intervention sous le titre « Ecris Ton Avenir ! » déployée, pendant 14 mois (janvier 2019 à février 2020), dans neuf district/régions de Côte d’Ivoire [12]avec pour objectif de renforcer le capital humain et socio-émotionnel de 22.876 jeunes filles des Espaces Sûrs (ES) scolaires de 98 collèges de Côte d’Ivoire. Au titre des réalisations, on enregistre: 94% des espaces sûrs prévus ont été mis en place mais seulement 13.725 élèves, soit 59,99% de l’objectif cible, ont participé aux activités des ES scolaires sur l’Apprentissage Socio-Émotionnel (ASE), les compétences de vie, la santé sexuelle et reproductive et la planification familiale (SSR/PF) et les violences basées sur le genre (VBG), 423 mentores issus des établissements scolaires du MENETFP et des structures sociales du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) ont été formées sur le curriculum adapté des ES scolaires et sur le curriculum de l’ASE[13] et deux victimes de VBG parmi les participantes aux ES ont été identifiées et assistées[14] sur une prévision de 686 survivantes de VBG.
Mais, l’achèvement du contenu curriculaire est resté largement en deçà des attentes du Ministère en charge de l’Éducation Nationale et de celles des acteurs du projet. Selon le rapport des ONG, seulement 50% des contenus curriculaires ont été dispensés dans les sites encadrés par IRC et 23% sur les sites de AIBEF.
International Rescue Committee s’explique sur les résultats modestes enregistrés dans la mise en œuvre des activités d’animation des espaces sûrs : l’ouverture des ES a été progressive et a été planifiée en fonction de l'emploi du temps des bénéficiaires et des mentors. Suite à l’indisponibilité de 45 mentors (pour des raisons de mutation dans des zones non couvertes par le projet, ou de santé), l’objectif des 763 ES à créer a été revu à 724 en considérant la réorganisation opérée pour faire face à l’indisponibilité de mentors constatée à la rentrée scolaire en octobre 2019. En outre, « la disponibilité des salles, des filles ou des mentors ont influencé l’atteinte de la cible. Finalement, sur les 724 attendus suite à la réorganisation, c’est 679 ES qui ont été mis en place. Ainsi, 45 ES n’ont pu être ouverts. Selon la planification de départ, il était prévu de démarrer l’animation des sessions dès le 09 octobre 2019, à raison de deux sessions par semaine pour un total de 26 sessions. Les animations étaient donc prévues pour s’achever en 13 semaines. La planification faite du 09 octobre 2019 au 14 février 2020 donnait une marge de 16 semaines en prenant en compte les congés de Toussaint, de Noël et 2019 et Nouvel An 2020,»[15].
Dans le rapport de clôture du Projet Éducation, il est reconnu la faible adhésion des autorités scolaires au programme d’animation des espaces surs. Il est bien indiqué que «tout au long de la période de mise en œuvre, les équipes IRC étaient confrontées à la faible implication des responsables des établissements dans la mise en place des ES. Cette faiblesse s’exprime par le fait que dans certains établissements, il n’y avait pas de programmation des activités par les adjoints au chef d’établissement aux heures en dehors des mercredis et samedis lorsque ces jours étaient pris pour d’autres activités extra-scolaires ou les devoirs, pas de participation à la sensibilisation des filles pour le maintien des effectifs dans les ES, lorsqu’ils sont en diminution ».[16]
IRC -Formation des formateurs et mentors des espaces sûrs du district d’Abidjan le 10/05/2019
Finalement, ce sont 155 ES (soit 21,40% des 724 ES attendus) qui ont pu achever le curriculum avec la réalisation effective des 26 sessions prévues) répartis comme suit[17]:
N
Localités
Nbre ES prévus
Nbre d’ES fonctionnels
%
1
Abidjan
44
21
47,72%
2
Yamoussoukro
116
26
22,41%
3
Kabadougou
23
14
60,86%
4
Bagoué:
69
54
78,26%
5
Poro
99
40
40,40% .
6
Total
351
155
44,15%
Globalement, pour le bilan de l’IRC, il a été noté au cours de la phase 1 du projet SWEDD, l’insuffisante participation des filles bénéficiaires dans certaines localités et dans plusieurs établissements scolaires. Cette situation est due au fait que tous les ES n’ont pas pu respecter la tenue effective du nombre de sessions prévues par semaine (au moins deux sessions par ES) du fait que les animations prévues le samedi et le mercredi après-midi quand les élèves n’avaient pas de cours pédagogiques n’ont pas été organisées. IRC a également noté que, la disponibilité des salles, la programmation des devoirs et des cours de renforcement aux mêmes heures que les ES, ont eu un impact sur le nombre de sessions réalisées par ES[18].
Pour ce qui concerne l’Association Ivoirienne pour le Bien-être Familial (AIBEF), elle avait en charge la mise en œuvre du projet « amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire » dans 22 établissements scolaires dont 12 dans la Direction Régionale de l’Éducation Nationale de Bondoukou et 10 dans celle de San Pedro. L’objectif fixé était d’enrôler 5 143 jeunes filles de 10 à 16 ans dans le premier cycle du secondaire encadrée par 86 mentors féminins animant 171 Espaces Sûrs (91 à Bondoukou et 80 à San Pedro).
Prévu pour une durée de douze (12) mois allant de juillet 2018 à juin 2019, le projet a démarré en Octobre 2019 et a connu une phase d’extension jusqu’au 31 décembre 2019, une deuxième phase d’extension jusqu’au 31 mars 2020 et une dernière phase d’extension au 30 juin 2020 mais les activités ont dû s’arrêter le 29 février 2020 pour cause de la crise sanitaire de la Covid19 ayant entrainé également la fermeture des établissements scolaires et la mise en vacance des élèves[19]. Autrement dit, la durée de la conduite des activités a été de cinq (05) mois sur douze (12) prévu
Les résultats montrent que l’AIBEF a encadré un effectif final de 4710/5143 soit 91,58% de jeunes filles de 10 à 16 ans dans le premier cycle du secondaire bénéficiaires dans les espaces sûrs encadrées par 81 mentores soit 36/40 mentors prévus à San Pedro et 45/46 mentors à Bondoukou. Par localité, les espaces sûrs ont été réalisés au profit de 2230/2380 jeunes filles dans 71/79 espaces sûrs à San Pedro et 2480/2763 jeunes filles dans 87/92 espaces sûrs à Bondoukou.[20]
L’AIBEF établît dans le rapport de clôture de la phase 1 que tous les 22 établissements scolaires ont ouvert des espaces sûrs mais certains n’ont pas pu atteindre le nombre requis à cause de l’indisponibilité de 5 mentores. Ce sont donc 36/40 mentors qui ont animé les sessions éducatives à San Pedro et 45/46 Mentors à Bondoukou. Ces espaces sûrs identifiés dans chaque établissement ont bénéficié de quelques aménagements pour les rendre agréables et conviviaux, aussi ces espaces ont été décorés et des plaques produites pour identifier les espaces sûrs[21]. Ainsi, afin de permettre aux jeunes filles bénéficiaires de participer aux réunions de façon agréable, l’AIBEF a mis à disposition des collations (biscuit, jus, eau) qui étaient distribués pendant les réunions avec les jeunes filles dans les espaces sûrs. Cette disposition a été beaucoup appréciée par les participantes dont l’assiduité a pu être maintenue[22].
AIBEF-Rencontre d’échanges avec les Mentores d’un AIBEF Formation des Mentores à Bondoukou
établissement à San Pedro
Contrairement à International Rescue Committee, l’AIBEF apprécie positivement la collaboration avec l’administration scolaire et cela a permis le bon déroulement des activités. « Ainsi les chefs d’établissement ont facilité la disponibilité des mentores, l’élaboration de la liste des bénéficiaires et l’identification des salles de classe pour la tenue des sessions éducatives des espaces sûrs».[23] Il est remarquable de noter « la motivation perceptible chez les bénéficiaires d’après le retour que font les mentores et cela a été aussi constaté par les équipes de projet lors des visites de suivi sur le terrain et aussi les supervisions. C’est avec impatience que ces jeunes filles attendaient les sessions d’animation avec leurs mentors et avec un très grand intérêt qu’elles les suivaient. Elles ont dit apprécier le caractère confidentiel et en même temps ludique de l’activité. Aussi elles ont appris beaucoup de choses et comment se comporter dans la vie ».[24]
Les résultats qualifiés de modestes des interventions sont ainsi résumés dans le tableau ci-dessous.
Tableau 1 :Tableau synthétique tiré des rapports finaux de IRC et de AIBEF [25]
BILAN
IRC
%
AIBEF
%
TOTAL
%
Nombre d'Espaces sûr prévus
763
100%
171
100%
934
100%
Nombre d'Espaces sûrs identifiés
724
94,88%
161
94,15%
885
94,75%
Nombre d'Espaces sûrs ouverts effectivement
664
87,32%
161
94,15%
825
88,32%
Filles bénéficiaires
Nombre de Filles prévues dans les ES
22876
100%
5143
100%
28019
100%
Nombre de Filles touchées [26]
13725
60%
4710
67%
18.435
61,25%
Animation des espaces sûrs
Nombre de sessions prévues
26
100%
26
100%
–
–
Nombre de sessions dispensées [27]
13
50%
06
23%
–
–
Source : rapports finaux de IRC et de AIB août2020
Le nombre de filles touchées devait au réel être de 5143 vue qu’il y’a eu 161 ES effectivement ouverts à raison de 30 filles/ES en moyenne. Le résultat final de 4710 montre un déficit de 433 bénéficiaires qui s’explique par le fait que dans la majorité des ES, les effectifs n’étaient pas complets car la plupart des établissements avaient des difficultés à établir les listes des bénéficiaires, les établissements n’avaient pas forcement les effectifs demandés au 1er cycle et aussi que les inscriptions des élèves surtout les filles devant constituer les effectifs des ES pour l’année scolaire en cours a pris beaucoup de retard (octobre, novembre voire décembre pour une rentrée scolaire fixée en septembre). Il faut aussi faire remarquer une faible implication du personnel des établissements scolaires à cette tâche du fait du manque d’intéressement[28].
En considérant l’évaluation des interventions par le Ministère de l’Éducation, il apparait des faiblesses dans la qualité des prestataires avec un taux moyen de couverture des activités. Sur un objectif de 22.876 filles à enrôler dans les espaces sûrs, les sessions éducatives qui sont l’activité majeure des espaces sûrs et qui sont au nombre de 26 n’ont été réalisées par IRC qu’à hauteur de 50% alors que l’AIBEF n’a atteint qu’un taux de 23%[29].
Pour la Directrice des Programmes de l’AIBEF, Le nombre de sessions dispensées représente une moyenne parce que les mentores n’ont pas eu la même évolution. Pendant que certaines ont effectivement démarré en octobre 2019 après l’orientation reçue par l’AIBEF, certaines ont démarré soit en novembre 2019 et quelques-unes en décembre 2019 alors que les activité se sont arrêtées en février 2020. Il faut aussi prendre en compte les congés de noël et février. A cela s’ajoute les difficultés d’organisation des sessions d’animation car les jours d’activités à savoir mercredi soir et samedi matin étaient parfois occupés pour les devoirs et les activités extra-scolaires.[30]
Les ONG ont relevé des difficultés dans la conduite des activités du fait d’une faible collaboration des autorités scolaires. Ce déficit de collaboration avec les responsables scolaires, a été donc un obstacle majeur à l’exécution des activités par endroit et a pu influencer assurément les résultats de cette mise en œuvre[31].
Pour les responsables du MENET en charge du volet Éducation du Projet SWEDD, l’analyse des résultats a montré que cette contre-performance était imputable certes à la non-implication des acteurs scolaires dans la conduite des interventions et surtout à la méconnaissance de l’écosystème scolaire par la principale ONG International Rescue Committee qui n’a pas su assurer une articulation entre les interventions des espaces sûrs scolaires et les activités de la campagne Zéro grossesse à l’école.
Ce diagnostic a été porté au niveau de la hiérarchie du MENET qui a bien accueilli l’ouverture d’une concertation avec l’UGP SWEDD pour surmonter les obstacles ayant limité la portée du projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire ».
Aussi, dans le cadre de la préparation des activités du sous projet Éducation au titre du financement additionnel, une séance de travail a réuni le 11 novembre 2020 l’UCP-SWEDD et Le Directeur de Cabinet du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation professionnelle (MENET-FP). Dès l’entame de la rencontre, Dr Kouassi Clément, Coordonnateur du Projet SWEDD Côte d’Ivoire, a informé Mr le Directeur de Cabinet qu’avec le financement additionnel obtenu le 05 mai 2020 le volume d’activités va s’accroître. Aussi, partant des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des activités du sous projet Éducation pour la phase pilote notamment la faible implication des acteurs du système éducatif, il a sollicité l’appui de Monsieur Le Directeur de Cabinet, pour l’élaboration d’un mode opératoire en vue d’une meilleure exécution des activités sous la forme d’une nouvelle stratégie de mise en œuvre des espaces sûrs scolaires incluant plusieurs niveaux d’évaluation.[32] Dans cette optique, « en accord avec l’Équipe Projet SWEDD Éducation, l’UCP a décidé de confier l’exécution d’une grande partie des activités des espaces sûrs scolaires à l’administration scolaire conformément à leur souhait et ce, en raison du caractère particulier de l’environnement scolaire très structuré »[33].
3. La troisième phase est celle du repositionnement du Ministère de l’Éducation dans la conduite des activités (2020-2024) et les innovations introduites
La rencontre entre le Directeur de Cabinet du MENET et l’UGP SWEDD a marqué un tournant avec l’accord de concevoir une nouvelle stratégie de mise en œuvre des espaces sûrs dans le cadre du financement additionnel de la Banque Mondiale qui a octroyé un montant de 10. Millions de dollars au sous projet « Amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire ». Le Directeur de Cabinet du MENET-FP a donné le ton en soulignant les insuffisances constatées dans l’intervention des ONG en milieu scolaire. Il a souhaité que l’équipe s’inspire des insuffisances constatées dans la mise œuvre des activités de la phase pilote pour une meilleure définition de la stratégie. Pour lui, celle-ci doit être recadrée en tenant compte de la particularité de l’écosystème éducatif et surtout en évitant de copier les modèles importés[34].
C’est dans cette optique que l’équipe du MENET a élaboré du 06 au 11 avril 2021 une stratégie d’implication des parties prenantes (acteurs scolaires et ONG) en définissant leurs rôles et leurs responsabilités dans chaque intervention. Cette nouvelle stratégie a été discutée avec l’équipe de la Banque Mondiale qui l’a approuvée. Dans le même élan, l’atelier a confirmé la planification des activités des espaces sûrs dans les emplois de temps des classes et défini un plan de progression nationale des sessions pour permettre une évolution des animations selon des objectifs d’achèvement bien définis en lien avec les connaissances acquises tant sur les compétences de vie, sur le Genre/Droits humains et la santé sexuelle et de la reproduction.[35] En outre, les responsabilités à confier aux ONGs ont été redéfinies pour compléter les actions des personnels de l’éducation.
Ces quatre (04) innovations prenaient en considération les préoccupations exprimées par les autorités scolaires notamment l’impératif de faire des enseignantes les organisatrices des sessions éducatives selon un chronogramme national harmonisé et la programmation des activités durant les jours ouvrables des classes.
1. Une stratégie de mise en œuvre efficace des espaces sûrs scolaires
La nouvelle stratégie repose sur la responsabilisation des acteurs de l’école et la collaboration avec les partenaires mieux définie. [36] Dans une approche d’optimisation des atouts disponibles dans l’écosystème éducatif, la stratégie repose sur trois piliers : l’implication concrète des acteurs du Ministère tenant compte de l’environnement scolaire, et une collaboration efficiente avec les acteurs extérieurs de l’école. Dans cette optique, il s’agit de responsabiliser les chefs d’établissements scolaires et leurs collaborateurs clés qui gèrent quotidiennement les activités scolaires et extra-scolaires, afin de les amener à organiser et à suivre les activités du projet SWEDD et à s’y intéresser pour faciliter leur déroulement.
Les responsables scolaires et leurs collaborateurs doivent comprendre et renforcer la collaboration avec des partenaires extérieurs à l’école qui ont un rôle complémentaire à jouer dans le cadre de ce projet. Ils doivent en effet comprendre l’importance de ces partenaires dans l’appui alimentaire pour certains, la mobilisation sociale, la sensibilisation des membres de la communauté éducative, la prévention et la prise en charge des cas de VBG pour d’autres. En effet, il s’agit de savoir pleinement tirer profit des compétences distinctives, de l’agilité et de la flexibilité des organisations non gouvernementale pour faciliter la mobilisation de la communauté éducative, conduire les campagnes d’information sur les questions socialement sensibles liées à la sexualité et considérées comme des sujets tabous.
Dans la mise en œuvre de cette stratégie conduite principalement par les acteurs de l’école, sous le lead de la Direction de la Mutualité et des Œuvres Sociales en Milieu Scolaire (DMOSS), l’option a été de donner à chaque responsable scolaire, selon la répartition des tâches qu’il assure au sein de l’établissement scolaire, l’occasion de contribuer à la réduction des obstacles qui peuvent se présenter au cours de la mise en œuvre du projet. La répartition des rôles est effectuée de la façon suivante :
Les acteurs de l’école ont en charge les activités suivantes :
* Organiser, suivre les activités du projet SWEDD et faciliter leur déroulement;
* Contribuer à la réduction des obstacles qui peuvent se présenter au cours de la mise en œuvre du projet;
* Mobiliser toutes les compétences susceptibles d’accroitre les résultats attendus de façon efficace et efficiente;
Un dispositif est mis en place pour assurer ces responsabilités
* Une coordination centrale ( acteurs des directions centrales compétentes);
* Des coordinations régionales ( acteurs des Directions régionale);
* Des comités écoles (un comité par établissement scolaire);
Pour chaque niveau, les tâches sont indiquées. Il semble important d’indiquer celles qui relèvent de l’administration scolaire en charge des espaces sûrs. Il s’agit de :
* Organiser les activités et veiller à rendre favorable l’environnement des jeunes filles, en vue de leur maintien à l’école.
* Sélectionner les bénéficiaires,
* Obtenir l’approbation des parents de bénéficiaires,
* Organiser et attribuer des groupes de bénéficiaires aux mentors,
* Planifier les horaires des espaces dans l’emploi du temps des élèves et des mentors,
* Tenir des réunions du comité écoles pour résoudre les difficultés éventuelles au cours de l’activité,
* Mobiliser les filles pour une participation effective aux activités
* Faire le suivi du déroulement des activités
* Valider les outils renseignés par les mentors
* Archiver les documents du projet
* etc.
Dans la conduite de ces nouvelles responsabilités, deux autres actions majeures ont été prises : il s’agit de la planification des sessions éducatives des ES en tenant compte des plages dédiées aux activités extra-scolaires et la planification de l’ensemble des modules dans une progression nationale, ainsi que l’élaboration des outils de gestion utilisables par les acteurs scolaires
2. L’intégration des animations des espaces sûrs dans les emplois du temps des classes
Tirant les leçons de la phase 1 du projet SWEDD, il a été retenu que la programmation des activités d’animation des espaces sûrs devra être faite dans la mesure du possible en tenant compte des plages horaires libres dans les emplois du temps des classes. De cette façon, l’on évitera de convoquer les filles, les samedis et la participation pourra être considérablement améliorée. Ainsi, les instructions ont été données aux adjoints des chefs d’établissements en charge de la planification des activités pédagogiques d’insérer les séances d’animation des « espaces sûrs » au niveau des horaires[37] dédiées aux activités extra scolaires c’est-à-dire les mercredi après-midi ou en fonction de plages libres dans les emplois du temps des classes des élèves bénéficiaires .
En effet, les après-midis de la journée du mercredi sont initialement destinées à la tenue des activités extra scolaires, qu’elles soient sportives, culturelles ou artistiques. Les apprentissages en compétences de vie courante (CVC), en genre et Droits Humains, en Santé sexuelle et reproductive (SSR) et autres apprentissages socio émotionnels tels que dispensés dans les espaces sûrs sont à juste titre classées dans la catégorie des activités extra scolaires.
En s’inscrivant dans cette orientation, on évite la tenue des animations d’espaces sûrs en dehors des jours de classes. L’expérience de la phase1 du projet SWEDD Éducation a permis de relever que plusieurs difficultés rencontrées par les ONG de mise en œuvre avec les parents des bénéficiaires avaient entre autres, un lien étroit avec les animations organisées les samedi et les jours non ouvrables (jours de repos).
3. Un plan de progression nationale pour conduire le curriculum
Pour atteindre les objectifs d’achèvement bien définis en lien avec les connaissances acquises tant sur les compétences de vie, sur le Genre/Droits humains et la santé sexuelle et de la reproduction, il a été élaboré un plan de progression validé au niveau national, en faisant un subtil enchainement cohérent des différents thèmes. Ce changement a été opéré car à la pratique, les contenus du curriculum des espaces surs tel qu’adapté en Côte d’Ivoire étaient conduits de façon linéaire en suivant ses quatre ( 04) grandes parties soit 1) Genre et Droits Humains (8 modules) ; 2) Santé Sexuelle et Reproductive (10 modules) ; 3) Compétence de vie courante (08 modules) et 4) Apprentissage Socio émotionnel (03 modules) soit in total de 29 sessions.
Avec le nouveau plan de progression, les mentors pourront développer les sessions d’animation en alternant les notions issues de différents thèmes, par exemple :
Séance 1 : un thème de compétence de vie courante ;
* Séance 2 : un thème de Santé sexuelle et de la reproduction ;
* Séance 3 : un thème relatif au Genre et droits humains, et vis-versa.
Cette répartition synchronisée, en termes de planification hebdomadaire, aide les mentors à aller à l’essentiel et à achever l’animation sur une période maximum de 14 semaines y compris les semaines de prise de contact avec les apprenantes et de clôture de l’activité[38].
De l’avis du Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD, cette organisation du curriculum permet aux bénéficiaires d’acquérir à la fois théorie et pratique et d’influer sur le comportement préconisé, adapté à une situation-problème[39].
Par exemple, une séquence sur les VBG (Genre et Droits humains) permettrait à la fille bénéficiaire de développer un lien avec un comportement de résistance ou de dialogue face à l’adversité (compétences de vie) et allier les risques sur sa santé sexuelle et reproductive ainsi que les recours possibles pour sortir de sa situation de détresse[40].
La planification des thèmes d’animation des espaces sûrs, harmonisée et validée au plan national est transmise aux écoles. Chaque établissement l’applique en veillant à ne pas déranger les horaires des disciplines d’enseignement pédagogique.
Le suivi de cette organisation incombe à l’administration scolaire qui organise les emplois du temps des classes. C’est en cela que les censeurs (adjoints aux chefs d’établissement) seront très utiles dans le dispositif à mettre en place (comité école).
4. Les ONGs et le recours au faire faire reprécisé
Le Ministère de l’Éducation nationale définit le cadre général des objectifs à atteindre et répartit les rôles en tirant profit des atouts et flexibilité des partenaires extérieurs qui contribuent diversement à la qualité de l’éducation. Les responsables scolaires et leurs collaborateurs doivent comprendre et renforcer la collaboration avec des partenaires extérieurs à l’école, qui ont un rôle complémentaire à jouer dans le cadre de ce projet. Ils doivent en effet comprendre l’importance de ces partenaires dans l’appui alimentaire pour certains, la mobilisation sociale, la sensibilisation des membres de la communauté éducative la prévention et la prise en charge des cas de VBG pour d’autres.
La reconnaissance de la contribution des partenaires à l’atteinte des objectifs du projet éducatif et l’identification des activités à leur confier sur la base d’un contrat donnent un sens à la philosophie du faire faire. Il est essentiel de bien définir les rôles assignés aux partenaires notamment les ONGS.
Les ONG recrutées ont un cahier de charges avec des missions spécifiques.
Ainsi, elles ont à charge :
* Mettre en place des documents de gestion des interventions en lien avec l’éducation ;
* Renforcer les compétences des acteurs scolaires
* Appuyer la réalisation des activités des acteurs scolaires ;
* Collecter, vérifier les justificatifs d’activités et faire le paiement des primes des acteurs scolaires ;
* Identifier les indices et facteurs de succès du projet ;
* Procéder à la collecte des indicateurs de performance du sous projet éducation en vue de leur mise à la disposition de l’équipe centrale ;
* Identifier les bonnes pratiques et les innovations pouvant aider à assurer l’atteinte des objectifs et la pérennisation des acquis du projet ;
* Assurer le paiement des intéressements des différents acteurs de mise en œuvre et la bonne justification des dépenses effectuées ;
* Sensibiliser les garcons, les parents et les autres membres de la communaute educative pour l’instauration l’environnement scolaire protecteur des droits des filles et stimulant les apprenantes à s’exprimer avec confiance et à rester à l’école.
* Appuyer la gestion des cas de violences basées sur le genre (VBG) ;
* Accompagner la gestion des cas de violences basées sur le genre(VBG) ou violences sexistes déclarés parmi les bénéficiaires ;
* Procéder aux traitements des cas de VBG signalés par les mentors et autres personnes habilitées (selon le mécanisme de référence/contre référence qui sera établi) en lien avec l’Association des Femmes Juristes de Côte D’Ivoire (AFJCI) et les autres services du ministère en charge du Genre existants dans les régions ciblées, en vue d’une prise en charge holistique (psychologique, médicale, sociale, juridique, judiciaire, etc.).
Les ONGs mettent en place un dispositif pour s’acquitter des missions qui leur sont confiées. Il s’agit de ;:
* Une Coordination centrale
* Un Chefs de projet
* Des Chefs de zones/ Superviseurs des zones
* Des Chargés de suivi-évaluation
* Des Agents de terrain
Dans la phase 2 du SWEDD, le sous-Projet Éducation conduit par la Direction de la Mutualité et des Œuvres Sociales en Milieu Scolaire (DMOSS) est mis en œuvre dans 18 Directions Régionales de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) dont six (06) nouvelles[41] en collaboration avec trois (03) ONG : l’Association Ivoirienne pour le Bien-Être Familial (AIBEF), Ensemble Imaginons Et Construisons Le Futur (EICF), et Génération Femme du 3eme Millénaire-(GFM3).
L’Association Ivoirienne pour le Bien-Être Familial (AIBEF) a accompagné le MENA dans ses Directions Régionales des zones du lot 1 du projet SWEDD Education que sont : Korhogo, Boundiali, Ferkessédougou, Odienné, Katiola et Minignan. A ce titre, l’AIBEF a appuyé l’organisation et la mise en œuvre des activités d’animation des espaces sûrs par les mentores.
L’AIBEF a mis à la disposition de tous les espaces sûrs des kits hygiéniques. La stratégie de distribution a été laissé à l’appréciation des Mentores qui sont mieux placer pour cerner les bénéficiaires les plus vulnérables et celles qui méritent des encouragements.
En outre, en accord avec le coordonnateur DMOSS, l’équipe AIBEF, et les chefs d’établissements, des mutations ont été faites pour palier au déficit de mentors relevé dans certains établissement scolaires. En effet, au cours de l’année scolaire, certaines mentores ont eu à démissionner pour diverses causes notamment les affectations, les congés maladies ou de maternité, etc[42].
Cependant la Directrice des programmes de l’AIBEF a déploré le retard dans le démarrage des activités et les délais très courts de mise en œuvre des activités du fait de la disponibilité des ressources. Ces facteurs se répercutent sur la qualité des prestations[43]. En effet, « le lancement des activités a été fait au mois de Novembre 2023 pour la première cohorte et au mois d’avril 2024 au lieu de Mars 2024 pour la deuxième cohorte. Ce retard a engendré la réalisation partielle des séances d’animation pour la deuxième cohorte. En effet, cette période n’a pas été favorable au vu des nombreuses contraintes de calendrier scolaire (congés). »[44]
Enfin l’AIBEF a été présente auprès de ces dernières à travers les superviseurs de zone et les agents de terrains pour les orienter sur le remplissage des documents de collecte et de rapportage ainsi que sur le respect de la progression et des normes communiquées par la DMOSS. Elle a également travaillé étroitement avec les comités écoles en veillant à la collecte et la validation de leurs rapports et de ceux des mentores. Cet appui a été matérialisé au niveau de chaque établissement scolaire par la présence d’un agent de terrain depuis la première année du projet.[45]
4. Des résultats impressionnants pour cette nouvelle stratégie.
* Au niveau des espaces sûrs, des ambitions élevées en voie d’être atteintes
Alors que pour la phase 2 (2017-2019), le nombre de filles bénéficiaires étaient prévues pour un effectif de 22.876 , avec la phase 3 du Projet SWEDD (2021-2024) des objectifs plus ambitieux ont été fixés : l’enrôlement de 187.180 filles a été prévu soit environ 7 fois plus. Certes six (06) nouvelles régions ont été ajoutées mais le pari reste élevé. Les effectifs ont été répartis sur deux années scolaires : 45.120 pour 2021-2022 et 70.980 pour 2023-2024. Le recrutement de nouvelles mentores a accompagné ce processus. Aux 468 mentores de la phase 1, se sont ajoutées 279 recrues pour 2021-2022 et 279 mentores pour 2023-2024 soit un total de 1263 pour assurer l’animation des 7.173 espaces sûrs prévus pour couvrir les établissements scolaires impliqués.
Avec la nouvelle stratégie, le recrutement des bénéficiaires a été organisé dans les établissements par niveau des classe à raison de 30 élèves par espace sûr. Chaque mentore s’est vu confier l’animation de deux espaces sûrs dont chaque entité se réunit deux fois par semaine pendant une heure trente (1h30mn). Les sessions éducatives des espaces sûrs sont étalées sur 14 semaines. Cette programmation permet de conduire deux cohortes durant l’année scolaire. Ainsi chaque mentore est amenée à conduire quatre espaces sûrs pendant l’année. Avec une telle approche, l’animation dans les espaces sûrs et l’encadrement des filles par les mentores ont été menés dans une harmonie entre les acteurs de l’éducation et les ONG. En attendant d’avoir tous les résultats des filles enrôlées et ayant complété les 26 sessions éducatives, on peut se fonder sur le rapport des progrès du premier semestre de 2024 pour apprécier les efforts fournis. Le rapport indique bien qu’en juin 2024, 63. 271 filles scolarisées ont bénéficié des interventions dans les espaces sûrs scolaires[46] pour une prévision annuelle de de 70.980 élèves. contre 13.725 durant la période 2018-2020. En 2022-2023, en 2023, 69.496 filles avaient été enrôlées pour 45.120 prévues.
De tels résultats ont été possibles du fait que le dispositif a bien fonctionné avec la prise en charge de la formation des nouvelles mentores sur le curriculum régional révisé des Espaces Sûrs et sur les techniques d’animation des causeries éducatives. Une attention particulière a été portée sur les établissements à forte population de filles notamment ceux sur les sites de Daloa, Bondoukou, Korhogo et Yamoussoukro. En outre, les supports pédagogiques ont été rendus disponibles et remis aux mentores et aux apprenantes. Ainsi cent cinquante (150) curriculum régional des espaces sûrs ont été reprographiés pour les nouvelles mentores formées et 70.980 copies des cahiers de l'apprenante des espaces sûrs ont été remises aux filles .[47]
* Le soutien scolaire aux filles a connu un décollage tardif
C’est dans la quête d’une école ivoirienne favorisant la réussite de tous ses enfants notamment les jeunes filles à faible capacité d’apprentissage en Français et en Mathématiques que s’inscrit la prise en compte de la pédagogie différenciée. Il s’agit de contribuer à l’épanouissement et à la réussite scolaire de ces jeunes filles grâce à cette pédagogie qui s’appuie sur l’examen et l’analyse des difficultés qui expliquent l’insuffisance de leurs résultats[48].
Dans sa conception, le cours devrait s'appuyer sur la méthode de différenciation pédagogique avec pour objectif de remédier aux lacunes des apprenantes accumulées depuis les classes antérieures.
Les disciplines (Math et Français) étaient déjà identifiées mais la méthodologie de différenciation n'étant pas celle utilisée à l'école en Côte d'Ivoire, il n’y avait pas spécialistes disponibles pour préparer les supports pédagogiques et former les enseignants. Dans sa quête de solutions durant la deuxième phase du projet, il avait été suggéré à l’équipe du volet Éducation de rechercher des spécialistes extérieurs (Canada ou Québec ) mais aucun contact de consultants internationaux ou aucune démarche à l'effet de recrutement n'a été initiée. C’est en 2021 que l’option a été faite de compter sur l’expertise nationale disponible au niveau de la Direction de la Pédagogie et de la Formation continue pour élaborer les guides. Sur la base de la clarification de l‘objectif de remédiation au niveau des deux disciplines retenues (Français et Mathématiques) pour maintenir les filles à l'école, une équipe d’experts a été mise en place. Le premier atelier d'élaboration du guide pour les classes de 6è et 5è s’est déroulé en décembre 2021 avec l’appui technique et financier du Bureau pays UNFPA Côte d'ivoire. Un deuxième atelier s’est tenu avec le financement du SWEDD et a permis d'élaborer les guides de 4è et 3è. Les travaux des ateliers et les séances de travail consécutives ont permis de disposer d’une version provisoire de deux guides ; un en mathématiques pour les classes de la 6e à la 3e de l’enseignement secondaire général et un autre guide en Français pour les classes de la 6è à la 3è de l’enseignement secondaire général. Ces deux guides ont été envoyés au Secrétariat technique régional du Projet SWEDD pour recueillir les observations et les suggestions. La même démarche a été faite auprès des experts de la Banque Mondiale. Suite à ces consultations, un autre atelier a eu lieu avec le financement SWEDD pour prendre en compte les observations des experts et soumettre le document à l'inspection Générale chargée de la pédagogie au MENA . C'est après la stabilisation du contenu que les encadreurs pédagogiques en mathématiques et en français ont été formés puis ils ont formé à leur tour les professeurs en région . Cela est intervenu seulement en 2022. Il faut reconnaitre selon le coordonnateur du volet Éducation du sous projet Maintien des filles à l’école que durant toute la phase 1 et au début de la phase 2, l’activité de soutien scolaire n’a pas été conduite du fait des retards dans la prise de décisions sur le recrutement d'experts capables de produire le contenu de guides pédagogiques à mettre à la disposition des professeurs qui seraient ainsi outillés pour une mise en œuvre efficace de la pédagogie différenciée en tant qu’offre éducative appropriée pouvant permettre aux jeunes filles d’améliorer leur compétence en Français et en Mathématiques, gage d’une réussite scolaire.[49]
Pour la période 2022 à 2024, un objectif de 30.318 élèves a été retenu. Les guides didactiques en pédagogie différenciée en français et en Mathématique au nombre de 1.000 par discipline ont été reproduits et rendus disponibles au niveau des établissements. En 2022-2023, 7.098 élèves ont bénéficié des cours en pédagogie différenciée dans les deux disciplines choisies. Le rapport des progrès du premier semestre de l’année 2024 renseigne que 14. 997 filles scolarisées bénéficient des cours en pédagogie différenciée au titre de l’année scolaire 2023/2024. Au début de l’année scolaire, les vingt-un (21) chefs d’antenne de la pédagogie et de la formation continue (APFC) des DRENA ont été formés pour un meilleur suivi en région des activités de la pédagogie différenciée du projet SWEDD. Une mission de supervision des professeurs des cours d'appui en pédagogie différenciée en Mathématiques et Français dans les 21 DRENA (supervision locale) est réalisée.[50]
* L’appui alimentaire, le versant du paquet d’intervention pour le maintien des filles à l’école
Pour ce qui est de l’appui alimentaire, en se fondant sur les résultats de micro-enquête sociale réalisées par les DREN portant sur la déperdition scolaire des filles, il a été retenu de conduire l’expérience de fournir un repas chaud dans deux régions : Bondoukou et Korhogo. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’appui alimentaire, deux Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales à savoir le Centre de Solidarité et d’Action Sociale (CSAS) et l’Organisation Nationale pour l'Enfant, la Femme et la Famille (ONEF) ont été recrutées pour une période de 18 mois ; soit du 1er janvier 2018 au 30 juin 2019. Le Centre de Solidarité et d’Action Sociale (CSAS) a été recruté pour la région de Korhogo. Il a mis à contribution cinq organisations prestataires pour couvrir les besoins des 1.000 élèves bénéficiaires sélectionnées au niveau des cinq établissements scolaires de la région. C’est le même mandat qui a été confié à l’Organisation Nationale pour l'Enfant, la Femme et la Famille (ONEF) pour la région de Bondougou. Au total 2.000 filles élèves ont bénéficié de l’appui alimentaire qui a contribué à ce que 1.470 élèves de cet effectif ont été admise en classe supérieure et seulement 36 élèves n’ont pu être gardées à l’école pour insuffisance de résultats.
Quelques bénéficiaires de l’appui alimentaire au Collège Moderne de Karakoro de la région de Korhogo
Dans la phase 2 du Projet SWEDD, du fait d’insatisfaction dans les prestations de services, les contrats des deux Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales à savoir le Centre de Solidarité et d’Action Sociale (CSAS) et l’Organisation Nationale pour l'Enfant, la Femme et la Famille (ONEF) n’ont pas été renouvelés. Un autre appel d’offres a été lancé pour aboutir au recrutement de deux nouvelles ONGS nationales ; Ensemble Imaginons Et Construisons Le Futur (EICF) et Génération Femme du 3eme Millénaire-(GFM3).
En plus des DRENA de Bondoukou, Korhogo, Daloa a bénéficié de l’appui alimentaire avec la couverture de cinq (05) établissements scolaires. Ainsi 3.000 filles vulnérables scolarisées des 15 collèges (Korhogo, Bondoukou et Daloa) ont bénéficié d’un appui alimentaire (repas chaud à midi) au cours du semestre 2024, au titre de l’année scolaire 2023/2024. Le taux d’exécution physique est de 100%.
Alimentation des filles de Bondoukou (Lycée Moderne)
A l’occasion d’une mission effectuée du 06 au 15 octobre 2019 par une équipe pluridisciplinaire (l’agent fiduciaire, le responsable du suivi & évaluation (S&E) et le chargé de programme Éducation) de l’UCP sur tous les sites de l’appui alimentaire et dans les différents locaux desdites ONG, il ressort des échanges avec les acteurs parties prenantes les constats suivants :[51]
* L’appui alimentaire a été beaucoup apprécié par les parties prenantes ainsi que par les bénéficiaires avec une bonne implication des autorités locales et des chefs d’établissement ;
* L’appui alimentaire a suscité beaucoup d’engouement car cela évite aux enfants dont les parents sont éloignés des établissements ou résident dans les villages de parcourir de longues distances à la recherche du repas de midi ;
* Certaines bénéficiaires se rendent à la cantine avec des sachets ou des assiettes et emportent les plats en vue de les partager avec les frères qui n’en bénéficient pas ;
* Les jeunes garçons qui fréquentent les mêmes établissements que les jeunes filles bénéficiaires se plaignent de n’avoir pas été pris en compte ;
* Les responsables des établissements, les prestataires et les bénéficiaires souhaitent la reconduction de l’appui alimentaire ;
* Les parties prenantes et les bénéficiaires souhaitent l’augmentation du nombre de bénéficiaires en cas de reconduction de l’appui alimentaire tout en intégrant les jeunes garçons vulnérables ;
* Les éducateurs impliqués dans la mise en œuvre de l’appui alimentaire travaillant entre 12h et 13h dans le cadre de la supervision de cette activité souhaitent une prime de motivation.
En 2023, il a été enregistré 3.000 filles bénéficiaires dans 15 collèges et 97% de ces bénéficiaires de l’alimentation scolaire ont été assidues en classe sur les 35 jours d’alimentation en 2023 (ONG). Seulement 3,1% des 1765 filles enceintes dans les 212 collèges impliqués sont des bénéficiaires ce qui représente 0,08% des bénéficiaires du SWEDD-éducation en 2023.[52]
Dans l’ensemble, les apports de ces soutiens scolaires aux filles du cycle secondaire ( sessions éducatives, kits scolaires, cours de renforcement, nourriture, etc.) destinés à améliorer leurs conditions d’apprentissage , ont contribué à relever les taux de rétention scolaires des filles au secondaire mais aussi à améliorer leurs performances scolaires.
Cela ressort des conclusions du Rapport provisoire de l’étude régionale sur les transformations sociales induites par le Projet SWEDD mené en 2024. Le rapport indique bien : « Au niveau des bénéficiaires de l’appui scolaire, il ressort de l’étude que les appuis en Kits hygiéniques (48,6%), kits scolaires (40,7%), renforcement de compétence et leadership (38,8%), renforcement pédagogique/répétiteur de cours (35,7%) et l’appui alimentaire/cantine (24, 8%) constituent respectivement, les principaux types d’appuis reçus par les bénéficiaires en Côte d’Ivoire. Ces résultats montrent une diversification des interventions dont ont bénéficié les filles au cours de la première phase du projet. On note également que les interventions ont contribué au maintien de la majorité des bénéficiaires dans le système scolaire. Le taux de maintien dans le système scolaire est de 97%. De même, il ressort également de l’étude que la proportion de jeunes filles ayant reçu un soutien scolaire et qui est parvenue à achever le premier cycle de l’enseignement secondaire est de 52%, contre 36,5% pour le secondaire. La proportion d’adolescentes ayant bénéficié d'interventions scolaires et qui n’ont pas été concernées par le décrochage scolaire oscille entre 97,9% et 99,5%. En d’autres termes, la proportion des bénéficiaires d’appui scolaire qui ont passé des années sans fréquenter varie de 0.5% à 2.1%. C’est dire ici que la majorité des bénéficiaires d’appui scolaire du SWEDD 1 sont toujours dans le cursus scolaire. Toutefois, l’étude révèle que les conditions matérielles (49.5%) constituent les principales causes du décrochage des adolescentes, suivi du mariage (19.6%). On constate ici que, malgré les interventions du SWEDD 1, le mariage demeure encore une problématique du maintien des jeunes filles à l’école en Côte d’Ivoire, et le phénomène est plus poussé dans les régions du Tchologo (Ferkéssédougou 6,9%), du Poro (Korhogo 4,1%) et du Folon (Minignan4,1%).[53]
S’agissant des appuis scolaires, il ressort des résultats de l’étude que les interventions de la phase 1 du SWEDD ont eu un effet de transformation positive global sur les bénéficiaires. Ces interventions ont contribué au maintien de la majorité des bénéficiaires dans le système scolaire. On note en effet, un taux de maintien dans le système scolaire de 97%. Il ressort également des résultats que la proportion de jeunes filles ayant reçu un soutien scolaire et qui est parvenu à achever le premier cycle de l’enseignement secondaire (secondaire 1), est de 52%. Celui du niveau secondaire 2 est de 36,5%. La proportion d’adolescentes dans les écoles secondaires des zones ciblées, ayant bénéficié d'interventions scolaires et qui n’ont pas été concernées par le décrochage scolaire varie de 97,9% et 99,5%. L’hypothèse selon laquelle, les filles qui ont bénéficié de l’appui scolaire achèvent au moins le cycle secondaire est confirmée, même si, les conditions matérielles (49,5%) et les grossesses (19,6%) demeurent encore des freins au maintien des filles à l’école en Côte d’Ivoire, avec des effets plus poussé dans les régions du Tchologo (Ferkéssédougou/6,9%), du Poro (Korhogo/4,1%) et du Folon (Minignan/4,1%).[54]
5. Quelques leçons majeures et des pistes à explorer pour une mise en œuvre efficace du sous projet Maintenir les filles à l’école
L’importance du sous projet Maintien des filles à l’école occupe une place centrale dans la réussite du Projet SWEDD du fait de l’impact sur le parcours de vie des adolescentes qui ont bénéficié de la formation aux compétences essentielles de la vie courante. Il est dès lors important que les pays mettant en œuvre ce programme de l’éducation des filles surmontent les écueils et mettent un dispositif qui facilite les conditions pour que tous les acteurs donnent la plénitude de leurs capacités et contribuent à mettre en place un environnement propice aux apprentissages et que les filles grandissent en harmonie sous un encadrement adapté et ouvert aux innovations.
1. Quelques leçons majeures
L’expérience de la Côte d’Ivoire permet de tirer quelques leçons en considérant la mise en œuvre entre la phase 2 (2017-2019) et la phase 3 (2020 -2024) :
* Il ressort nettement dès le départ que le manque d’adhésion des acteurs de l’école à l’orientation du faire faire a grippé le dispositif de collaboration entre les ONG et les autorités scolaires. Les modestes résultats enregistrés durant la période de 2017 à 2019 en témoignent ;
* La responsabilité de la définition des objectifs, des stratégies et des lignes d’actions doit être du ressort du Ministère de l’éducation nationale, pouvoir organisateur de l’action éducative. A ce titre, la répartition des rôles de tous les acteurs doit être définie en tenant compte des compétences distinctives de chaque entité étatique et non étatique ;
* Dès l’acceptation du sous projet Maintenir les filles à l’école, le Ministère de l’Éducation Nationale devrait élaborer un plan de mise en œuvre opérationnelle des trois axes stratégiques adoptés : la mise en place des espaces sûrs, l’appui alimentaire et le secours scolaire appelé la pédagogie différentielle pour les mathématiques et le français ;
* Le Ministère de l’Éducation nationale définit le cahier des charges à confier aux organisations non gouvernementales et assure le contrôle qualité en contre partie des moyens à mettre à la disposition des acteurs pour une bonne exécution des missions confiées ;
* L’élaboration de la stratégie pour une mise en œuvre efficace des espaces sûrs scolaires au terme de la première phase du Projet a été un accélérateur. Ce document-cadre a permis de clarifier les particularités de l’écosystème éducatif fonctionnant sur la base d’une hiérarchie qui veille sur toutes les actions susceptibles de créer des ruptures dans le mécanisme routinier. Avec l’explication de la stratégie, il a été possible de clarifier les différents niveaux d’implication des acteurs de l’école, les dispositions pratiques de mise en œuvre des activités du projet en considération de l’environnement scolaire, la définition précise des missions à confier aux ONGs et les mécanismes de suivi et de gestion dans la mise en œuvre.
* La synergie entre les activités du Projet SWEDD et les autres initiatives de lutte contre les vulnérabilités notamment la campagne zéro grossesse à l’école témoigne des capacités de leadership de l’équipe du Ministère de l’Éducation nationale engagée dans la mise en place d’un véritable dispositif pour assurer la pérennisation des programmes de maintien et de la réussite des filles dans un environnement d’apprentissage de qualité favorisant le respect des droits des adolescentes.
Quelques recommandations pour des programmes plus efficaces
* La mise en place au sein du Ministère de l’Éducation Nationale d’une équipe de pilotage forte et représentative des différents services au sein et en dehors du Département et des organisations de la société civile contribuant au maintien et à la réussite des filles à l’école est une condition essentielle pour une direction collective et participative du sous projet Éducation des filles.
* L’équipe de pilotage doit s’organiser avec une répartition des charges tant au niveau central qu’au niveau décentralisé jusque dans les régions d’intervention et opter pour une gestion de proximité pour une pleine responsabilisation des acteurs à la base et des organisations de la société civile active dans le secteur de l’éducation.
* Pour réussir l’atteinte des objectifs du maintien des filles à l’école, le Ministère de l’Éducation nationale doit pleinement tirer profit des compétences distinctives, de l’agilité et de la flexibilité des organisations non gouvernementales pour faciliter la mobilisation de la communauté éducative, conduire les campagnes d’information sur les questions socialement sensibles telles que la communication parents et jeunes, les mariages précoces, les violences basées sur le genre (VBG), la prise en charge des survivantes des VBG, le VIH et toutes les questions tabous liées à la sexualité. Le Ministère de l’Éducation nationale a en charge l’élaboration du cahier des charges à confier aux ONGs, la mise à disposition à temps des ressources pour l’exécution des tâches confiées aux ONGs, le contrôle qualité des prestations, le suivi, la supervision et l’évaluation de toutes les interventions retenues dans le cadre du sous projet Maintien des filles à l’école.
* Avec la mise en place de l’équipe et la répartition des activités entre les acteurs de l’éducation, les autres départements ministériels et les ONGs, il faut s’atteler à l’élaboration d’un plan opérationnel de conduite du sous projet. Le plan opérationnel doit tenir compte des programmes similaire en cours de lutte contre les vulnérabilités des adolescents et adolescentes et établir les points de synergie (campagne zéro grossesse à l’école, programme d’éducation à la santé de la reproduction, projet d’appui à la scolarisation des filles, etc).
* Au lancement du projet SWEDD, il est nécessaire d’organiser un atelier d’information et d’imprégnation du personnel de l’Éducation, les Directeurs Régionaux de l’Éducation Nationale au niveau central pour leur indiquer une sorte de cahier de charge pour la coordination des activités du projet qu’ils conduiront dans chaque région. Une telle activité d’information sur le projet doit être organisée dans chaque région d’intervention.
* Pour assurer les conditions de succès du sous projet, il faut responsabiliser les chefs d’établissements scolaires et leurs collaborateurs clés qui mettront en place un comité école du SWEDD pour gérer quotidiennement les activités scolaires et extra-scolaires, afin de les amener à organiser et à suivre les activités du projet SWEDD et à s’y intéresser pour faciliter leur déroulement. Cette implication permettra aux responsables scolaires de mieux apprécier la plus-value que le projet peut apporter aux adolescentes dans leurs écoles.
* Tout comme les Directeurs Régionaux, les chefs d’établissements organiseront au sein de leurs établissement une séance d’information sur le projet SWEED Éducation en général et sur l’implication des personnels dans les activités des espaces sûrs. Ils pourront alors mettre en place les comités de suivi des activités pour le compte de leurs établissements (comité école).
* Au regard de l’expérience menée en Côte d’Ivoire, il est indispensable de travailler à l’institutionnalisation des sessions éducatives des espaces sûrs en veillant à leur programmation dans les emplois de temps des élèves pour assurer la pérennisation de cette innovation pédagogique.
* Dans l’optique de mieux répondre aux besoins des apprenantes, il est judicieux de repenser la chronologie des thèmes des sessions éducatives en alternant les sujets des des quatre parties du curriculum d’animation des espaces sûrs pour ainsi permettre aux bénéficiaires d’acquérir à la fois théorie et pratique et d’influer sur le comportement préconisé, adapté à une situation-problème.
* Une politique d’information et d’implication des parents d’élèves, des tuteurs et tutrices des élèves doit être élaborée et mise en œuvre tant au niveau central qu’au niveau des établissements scolaires qui accueillent des espaces sûrs et des actions du projet SWEDD. Les parents d’élèves, les tuteurs et tutrices des élèves doivent être mobilisés autour du projet. De leur bonne perception du changement de comportement envisagé par les activités du projet dépendra la bonne collaboration qui sera instituée par les acteurs scolaires et les membres de la communauté éducative.
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Conclusion
Ainsi, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas seulement une question d’équité et de justice. C’est aussi un impératif pour le développement, car elle joue un rôle clé pour stimuler la productivité économique, réduire la pauvreté, renforcer la cohésion sociale et améliorer le bien-être des générations actuelles et futures. Pourtant, les filles continuent de se heurter à des obstacles qui les empêchent de réaliser pleinement leur potentiel[55]. C’est pourquoi, dans la perspective du Projet SWEDD qui vise l’accélération de la transition démographique en vue de la capture du dividende démographique pour assurer la croissance économique, le sous projet Maintien des filles à l’école occupe une place centrale. En réalité, l’éducation et le maintien des filles à l’école apparaissent comme des facteurs essentiels pour transformer les normes sociales et comportementales. Ils peuvent contribuer à faire éclore et renforcer les changements de comportement en matière de santé reproductive et sexuelle tels que le recul de l’âge du mariage, l’amélioration de la prévalence contraceptive moderne et le renforcement de la participation des femmes dans les activités productives.
A cet effet, il est important de mettre en place des programmes éducatifs qui offrent aux adolescentes la possibilité de renforcer leur potentiel et de surmonter des écueils comme les grossesses non désirées, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre. Dans ce cadre, le sous projet Maintien des filles à l’école occupe une place centrale dans la réussite du Projet SWEDD du fait de l’impact sur le parcours de vie des adolescentes qui ont bénéficié de la formation aux compétences essentielles de la vie courante.
L’expérience de la Côte d’Ivoire révèle des situations contrastées au niveau de la mise en œuvre durant la première phase et la deuxième phase. En effet, au départ, le manque d’engagement d’acteurs de l’école, des contraintes liées à la mise en œuvre de la stratégie du faire faire entre les ONG et les autorités scolaires, les difficultés liées à la programmation des activités seraient à l’origine des modestes résultats enregistrés.
Les leçons tirées lors des deux phases précédentes ont permis de réajuster les stratégies pour la troisième phase au niveau des espaces sûrs.. Des ambitions élevées sont en voie d’être atteintes avec une augmentation substantielle des bénéficiaires enrôlées, des mentores recrutées, une extension du projet à 06 nouvelles régions et un repositionnement des programmes des espaces sûrs. Ces efforts substantiels ont été renforcés par une plus grande implication du Ministère de l’éducation nationale dans le ciblage des bénéficiaires, la programmation et le suivi des activités d’animation. Ainsi se met en place un véritable dispositif pour assurer la pérennisation des programmes de maintien et de la réussite des filles dans un environnement d’apprentissage de qualité favorisant le respect des droits des adolescentes. Tirer profit des leçons dégagées et mettre en œuvre de façon créatrice les recommandations préconisées restent les défis que les pays devront surmonter pour réussir le maintien des filles à l’école, levier essentiel pour accélérer la capture du dividende démographique.
Bibliographie 771996657
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SWEDD Côte d’Ivoire, Étude sur les transformations sociales induites par les interventions de la phase 1 du Swedd sur les adolescentes, les filles et les femmes en Côte d’Ivoire – 2024- RAPPORT NATIONAL DE L’ÉTUDE, présenté par M. AMALAMAN Djedou Martin
SWEDD AIBEF, Projet d’amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire, Rapport de clôture SWEDD Éducation Année scolaire 2023-2024
SWEDD Côte d’Ivoire, Rapport des progrès janvier 2024-juin 2024
SWEDD Côte d’Ivoire, COMPTE RENDU DE LA SEANCE DE TRAVAIL AVEC M. LE DIRECTEUR DE CABINET DU MENET-FP – 11 Novembre 2020
SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation, septembre 2020
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SWEED Côte d’Ivoire, Rapport de mission de clôture fiduciaire et programme du sous projet Éducation /appui alimentaire dans la zone de Korhogo et de Bondoukou, du 06 au 15 octobre 2019, pp.5 et 10 et 12
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Webographie
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https://www.swedd.gouv.ci/?p=58 -Déclaration a l’occasion au cours du lancement officiel de la deuxième phase du projet SWEDD, le samedi 09 avril 2022 à Korhogo.
https://allafrica.com/stories/202410110038.html Afrique : les filles transforment l'Afrique – Cinq raisons pour lesquelles investir aujourd'hui permettra de construire l'Afrique de demain
Personnes-resources
1. Unité de Coordination du Projet SWEDD de Côte d’Ivoire
Madame Marthe Ngoran, Chargé de programme
Monsieur Anoh Serge, responsable de Suivi & Évaluation
2. Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation
Monsieur Kouassi Ban Yéboua, Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD et Inspecteur pédagogique en charge des projet de vulnérabilités des adolescentes à la DMOSS du MENA
3. Association Ivoirienne pour le Bien-Être Familial (AIBEF)
Dr. Nathalie Akissi Ndry, Directrice des Programmes
4. UNFPA Côte d’Ivoire
Dr Yao Jules Konan, chargé de programme Jeunes et VIH /Sida à l’UNFPA Côte d’Ivoire.
5. Secrétariat Technique Régional Projet SWEDD
Wilfried Rouamba, Spécialiste Genre et Jeunes
Moussa Bagayoko, Spécialiste Suivi & Évaluation
________________
[1] https://www.banquemondiale.org/fr/data/interactive/2019/09/17/swedd-in-action
[2] https://www.swedd.gouv.ci/?p=58 -Déclaration a l’occasion au cours du lancement officiel de la deuxième phase du projet SWEDD, le samedi 09 avril 2022 à Korhogo.
[3] https://allafrica.com/stories/202410110038.html Afrique : les filles transforment l'Afrique – Cinq raisons pour lesquelles investir aujourd'hui permettra de construire l'Afrique de demain
[4] https://blogs.worldbank.org/en/nasikiliza/critical-moment-to-prioritize-girls-secondary-education-in-sub-saharan-africa-afe-0424?cid=SHR_BlogSiteShare_EN_EXT
[5] L’IDA au service de l’Afrique : Un impact concret sur tout le continent, IDA, Washington DC, juillet 2021, p.4
[6] https://openknowledge.worldbank.org/server/api/core/bitstreams/f736877e-d289-4547-b9e6-bc0ad4bf87ff/content
[7] MENET & UNFPA, Plan accéléré de réduction des grossesses à l’école (2013-2015) – campagne zéro grossesse à l’école en Côte d’ivoire Septembre 2013, p.2
[8]25Unesco – Forum mondial de l’éducation, Études thématiques : Santé et nutrition en milieu scolaire – Étude coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé, Paris, 2001, p.7
[9] Séance de travail à distance avec Monsieur Kouassi Ban Yéboua, Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD et Inspecteur pédagogique en charge des projet de vulnérabilités des adolescentes à la DMOSS du MENA et Dr Yao Jules Konan, chargé de programme Jeunes et VIH /Sida à l’UNFPA Côte d’Ivoire. 12 décembre 2024,
[10] La Direction de la Pédagogie et de la Formation Continue adresse à la rentrée scolaire aux chefs d’établissements élémentaires et secondaires, aux chefs des centres de formation pédagogique, aux chefs d’antenne et aux Directeurs régionaux une lettre circulaire indiquant le calendrier de dispensation des leçons de vie. Chaque thème est enseigné sur une période de deux semaines entre le 28 septembre et le 02 mai .
[11] MENET DMOSS Rapport sur les grossesses précoces en milieu scolaire , 2014.
[12] Il s’agit des régions de la Marahoué, du Haut-Sassandra et du District d’Abidjan et de Yamoussoukro, considérées comme des zones hors évaluation d’impact (HEI), et les régions de la Bagoué, du Folon, du Kabadougou, du Poro, et du Tchologo, considérées comme des zones à évaluation d’impact (EI)
[13] Le curriculum ASE fait partie de l’approche IRC SHLS, (Espaces d’apprentissage sûrs), testée dans plusieurs pays. Le curriculum permet aux enseignants d’acquérir les compétences nécessaires pour renforcer les 5 dimensions ASE : 1. La construction cérébrale, 2. La régulation des émotions, 3. La construction des relations positives, 4. La résolution des conflits, 5. La persévérance dans la résolution des problèmes.
[14] SWEDD Côte d’Ivoire, Volet Éducation, IRC, COMPOSANTE SWEDD-EDUCATION -Rapport de clôture, 2020, p.4 ;
[15] SWEDD Côte d’Ivoire, Volet Éducation, IRC, COMPOSANTE SWEDD-EDUCATION -Rapport de clôture, 2020, p.11
[16] SWEDD Côte d’Ivoire, Volet Éducation, IRC, COMPOSANTE SWEDD-EDUCATION -Rapport de clôture, 2020, pp.28-30
[17] SWEDD Côte d’Ivoire, Volet Éducation, IRC, COMPOSANTE SWEDD-EDUCATION -Rapport de clôture, 2020, pp.10-11
[18] SWEDD Côte d’Ivoire, Volet Éducation, IRC, COMPOSANTE SWEDD-EDUCATION -Rapport de clôture, 2020, pp.10-11
[19] SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation,, septembre 2020 p.5
[20] SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation, septembre 2020 p.4
[21] SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation, septembre 2020 p. 7
[22] SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation, p.11
[24] SWEDD Côte d’ivoire – AIBEF Rapport de clôture du Projet SWEDD Éducation, p.14
[25] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie des espaces sûrs en milieu scolaire, aout 2020, p.11
[26] Les filles « touchées » désignent les filles ayant bénéficié des enseignements au sein des espaces sûrs à travers l’animation des mentors.
[27] Les sessions ou modules dispensés fait référence au contenu du curriculum homologué pour être enseigné dans les espaces sûrs.
[28] Ces précisions ont été apportées par Dr Nathalie Akissi Ndry, Directrice des Programmes de l’AIBEF – Entretien du 30 décembre 2024
[29] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie des espaces sûrs en milieu scolaire, aout 2020, p.11
[30] Entretien avec Dr Nathalie Akissi Ndry, Directrice des Programmes de l’AIBEF – 30 décembre 2024
[31] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie des espaces sûrs en milieu scolaire, aout 2020 p.11
[32] SWEDD Côte d’Ivoire, Compte rendu de la séance de travail avec Monsieur le Directeur de Cabinet du MENET-FP – 11 Novembre 2020
[33] Ibidem, 11 novembre 2020
[34] SWEDD Côte d’Ivoire, Compte rendu de la séance de travail avec Monsieur le Directeur de Cabinet du MENET-FP – – 11 Novembre 2020
[35] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie pour une mise en œuvre efficace des espaces surs scolaire en Côte d’Ivoire, Aout 2020, p.40
[36] Ibidem, pp.12-13
[37] Les après-midi de la journée de Mercredi sont dédiés aux activités de sport, d’arts et culture et autres activités extra scolaires dans les emplois du temps scolaires.
[38] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie pour une mise en œuvre efficace des espaces surs scolaire en Côte d’Ivoire, Aout 2020, pp.40-41 [39] Séance de travail à distance avec Monsieur Kouassi Ban Yéboua, Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD et Inspecteur pédagogique en charge des projet de vulnérabilités des adolescentes à la DMOSS du MENA, 26 Décembre 2024
[40] SWEDD Côte d’Ivoire, Stratégie pour une mise en œuvre efficace des espaces surs scolaire en Côte d’Ivoire, Aout 2020, pp.40-41 [41] Il s’agit de Boundiali, Ferkessédougou, Odienné, Katiola , Dimbokro et Minignan.
[42] SWEDD AIBEF, Projet d’amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire, Rapport de clôture SWEDD Éducation Année scolaire 2023-2024, p.20
[43] Entretien avec Dr Nathalie Akissi Ndry, Directrice des Programmes de l’AIBEF – 30 décembre 2024
[44] SWEDD AIBEF, Projet d’amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire, Rapport de clôture SWEDD Éducation Année scolaire 2023-2024, pp41-42 [45] SWEDD AIBEF, Projet d’amélioration du maintien de la jeune fille dans le premier cycle du secondaire, Rapport de clôture SWEDD Éducation Année scolaire 2023-2024
[46] SWEDD Côte d’Ivoire, Rapport des progrès janvier 2024-juin 2024, p.14
[47] SWEDD Cote d’Ivoire, Rapport des progrès janvier 2024-juin 2024, p 13
[48] Entretien avec Monsieur Kouassi Ban Yéboua, Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD et Inspecteur pédagogique en charge des projet de vulnérabilités des adolescentes à la DMOSS du MENA, le 23 décembre 2024
[49] Entretien avec Monsieur Kouassi Ban Yéboua, Coordonnateur du volet Éducation du Projet SWEDD et Inspecteur pédagogique en charge des projet de vulnérabilités des adolescentes à la DMOSS du MENA, le 23 décembre 2024
[50] SWEDD Cote d’Ivoire, Rapport des progrès janvier 2024-juin 2024, p.14
[51] SWEED Côte d’Ivoire, Rapport de mission de clôture fiduciaire et programme du sous projet Education /appui alimentaire dans la zone de Korhogo et de Bondoukou, du 06 au 15 octobre 2019, pp.5 et 10 et 12 [52] SWEDD Côte d’Ivoire, Présentation du webinaire , Expérience de la cote d’ivoire en matière d’éducation des filles 2023
[53] SWEDD Côte d’ivoire, Etude sur les transformations sociales induites par les interventions de la phase 1 du SWEDD sur les adolescentes, les filles et les femmes en côte d’ivoire -, 2024, rapport national de l’étude, présenté par par M Amalaman Djedou Martin, pp12-13
[54] Ibidem pp12-13
[55] https://www.banquemondiale.org/fr/news/immersive-story/2024/12/17/2024-in-nine-charts?cid=ECR_E_NewsletterWeekly_FR_EXT&deliveryName=DM240474

