Session Thematique 2 _Décrochage scolaire
Benin Burkina Faso Cameroun Côte d'Ivoire Gambie Guinee Mali Mauritanie Niger Senegal Tchad Togo
RÉSUMÉ DES RÉSULTATS
RÉSULTATS DE L’ÉTUDE
SUR LE DÉCROCHAGE
SCOLAIRE DANS
9 PAYS
DE L’AFRIQUE
DE L’OUEST
Ce rapport résume les principaux résultats de "L'étude sur
le décrochage scolaire" réalisée dans 09 pays du projet SWEDD, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad en 2020-2021. La pandémie du COVID-19 qui a interrompu la scolarité des enfants dans le monde entier constitue une menace qui risque d'exacerber les défis existants liés à l'accès à l'éducation. Dans cette optique, cette étude a été commanditée pour évaluer les facteurs du décrochage scolaire des filles et mieux comprendre les raisons dans les neuf (09) pays couverts par le projet SWEDD.
CONTEXTE
L'abandon scolaire – défini comme le fait de quitter l'école avant d'avoir achevé un cycle complet d'enseignement secondaire – est un problème important qui entraîne des répercussions considérables non seulement sur les résultats d'apprentissage, mais aussi sur la santé de la population, l'égalité des sexes et la croissance économique. Si les neuf pays SWEDD concernés par l’étude se caractérisent par de faibles taux de réussite dans l'enseignement primaire et secondaire (en particulier pour les filles), des progrès ont été réalisés ces dernières années. Entre 2015 et 2019, la scolarisation des filles au niveau primaire dans la région est passée de 62,8 % à 70,2 % et la scolarisation des filles au niveau secondaire de 19 % à 28.4%[1]. Dans les zones où l'initiative SWEDD est mise en œuvre, le maintien des filles à l'école est passé de 70 % à 93,4 % sur cette même période, ce qui démontre la valeur ajoutée de cette initiative en matière de maintien des filles à l’école.
En 2020, la pandémie du COVID-19 a malheureusement interrompu ces progrès, obligeant les écoles à fermer et interrompant ainsi les interventions du SWEDD qui s'attaquaient aux facteurs d'abandon scolaire. L'étude SWEDD sur le décrochage scolaire des filles a été développée afin de contribuer à la compréhension de l'étendue de ce phénomène du décrochage scolaire et des facteurs spécifiques au contexte pour les filles dans les zones de l'initiative SWEDD.
[1]https://wcaro.unfpa.org/sites/default/files/pub-pdf/UNFPA
WCARO-SWEDD%20Annual%20web.pdf
OBJECTIFS DE L’ÉTUDE
L’étude du projet SWEDD sur le décrochage scolaire des filles a pour but de :
1. Identifier les adolescentes qui ont quitté l'école ou qui risquent de le faire (pendant l’année scolaire actuelle, 2022-2023),
2. Décrire le profil des filles qui ont quitté l'école, 3. Analyser les déterminants du décrochage scolaire, 4. Proposer un outil de remontée des informations vers les unités de gestion du projet SWEDD (UGP) et les ministères de l'Éducation et un tableau de bord pour la prise de décision,
5. Proposer des mécanismes de prévention et de réponse à l'abandon scolaire.
METHODOLOGIE
Une étude à méthode mixte dans 9 pays
L'étude a été menée en deux phases. La Phase 1 de l'étude a consisté en un examen de la fréquentation scolaire et des entretiens avec les responsables de l'école afin de dresser une liste de toutes les filles qui avaient abandonné l'école pendant l'année scolaire en cours ou qui étaient considérées comme risquant d'abandonner l'école en raison de leur absentéisme fréquent. Pour chacune de ces filles, l'enquête de la phase 1 a recueilli des informations sur le nom et prénom, l’adresse complète de la fille, son âge, le dernier niveau d'enseignement qu'elle a suivi, ses résultats moyens aux tests du dernier semestre de fréquentation, son historique d'assiduité, si elle a reçu un soutien financier par le biais d'un programme particulier, si elle a quitté l'école, et si oui, quels facteurs éventuels ont conduit à son abandon. Les informations sur les principales raisons pour lesquelles les filles avaient quitté l'école ont été collectées en se basant sur les dossiers scolaires et les récits des enseignants.
La Phase 2 consistait en une série d’entretiens structurés avec les filles et les chefs.fes de famille. Les répondantes ont été sélectionnées à partir des listes de filles qui avaient abandonné l'école. Dans certains pays, les filles identifiées comme risquant d'abandonner l'école ont également été incluses dans l'échantillon de ménages. L'enquête auprès des chefs.fes de ménage a permis de recueillir des informations sur les caractéristiques démographiques des chefs.fes de ménage, leurs niveaux d'éducation et leurs expériences professionnelles, leurs attitudes à l'égard de l'éducation des filles, leurs perceptions des raisons pour lesquelles les filles abandonnent l'école, ainsi que sur la composition et la situation financière du ménage. Cette enquête auprès de la fille a permis de recueillir des informations sur les caractéristiques démographiques de la fille, son parcours scolaire, les raisons de l'abandon de l'école, ses activités actuelles et son intention ou non de réinscription à l'école.
La méthodologie d'échantillonnage varie selon les pays, mais dans tous les cas, elle vise à produire des échantillons comprenant des écoles, des ménages et des filles dans les zones urbaines et rurales. Plus de détails ci
dessous sur la taille et la composition de l'échantillon Cette méthodologie a été complétée par une collecte d’informations notamment sur les pays connaissant des situations de crise sécuritaire.
1
LIMITES DE CETTE SYNTHESE
Plusieurs caractéristiques clés de cette étude limitent la comparabilité entre les pays et la généralisation des résultats au sein des pays. D'un pays à l'autre, l'étude varie en termes de portée géographique (nombre et étendue des régions/États inclus), de couverture (nombre d'écoles incluses, pourcentage du total des écoles représentées), de méthodes d'échantillonnage (échantillonnage stratifié dans certains cas, couverture de toutes les écoles impliquées dans l’initiative SWEDD dans d’autres cas). Elle inclue également des variations au niveau de la composition de l'échantillon (7 pays ont inclus uniquement les filles qui avaient abandonné l'école, tandis que le Niger a inclus celles qui risquaient d'abandonner l'école et le Cameroun en plus de celles qui avaient abandonné a inclus les filles qui continuent d’étudier) et de taille de l'échantillon (nombre de répondantes dans les écoles, chez les chefs de ménage et chez les filles). A noter que les données ne représentent que les zones d’interventions du projet et ne sauraient être extrapolées pour le niveau national. Ce résumé des résultats présente les données contenues dans chacun des rapports nationaux individuels.
ABANDON SCOLAIRE
DETAILS SUR LES ECHANTILLONS
*Nombre d’ecoles incluses dans l’etude (N=1,815)
*Nombre de repondantes de l’enquete sur les Menages
-3326355-1430703Le nombre d'écoles incluses dans l'étude varie considérablement d'un pays à l'autre, allant de seulement 25 au Cameroun à plus de 600 au Mali. Le nombre d'entretiens réalisés avec les filles ayant abandonné l'école et leurs chefs de famille a également varié, le plus grand nombre d'entretiens ayant été réalisé en Côte d'Ivoire (1 641 entretiens avec des filles et 1 037 entretiens avec des chefs de famille). Comme indiqué ci
dessus, les méthodes d'échantillonnage varient selon les contextes. En Guinée, en Côte d'Ivoire et au Niger, les échantillons de la phase 2 de l’étude comprenaient des filles qui avaient décroché ainsi que des filles à risque de décrochage scolaire.
PRINCIPALES CONCLUSIONS
Bien que les résultats ne puissent pas être directement comparés entre les pays en raison de l'hétérogénéité des échantillons de la deuxième phase de l'étude et de l'accès limité aux données brutes, plusieurs résultats clés généraux méritent d'être mentionnés.
2
DIFFERENCES DANS L’AGE DE L’ABANDON : Une variation significative de l’âge
d’abandon entre les contextes
Bien que les rapports des pays ne présentent pas l'âge d'abandon de la même manière (par exemple, certains ont présenté l'âge moyen d'abandon alors que d'autres ont présenté l'âge auquel la plus grande proportion de filles a abandonné l'école, et certains échantillons ont regroupé les filles ayant abandonné l'école et les filles risquant d'abandonner l'école), les résultats indiquent toujours une variation significative de l'âge d'abandon entre les contextes. Cette hétérogénéité souligne l'importance de collecter et d'utiliser les données recueillies au niveau national et local pour déterminer le moment d'intervenir pour prévenir le décrochage scolaire des filles.
ATTITUDES A L’EGARD DE
L’EDUCATION DES FILLES :
Importance perçue de la scolarisation des filles
On a demandé aux chefs de ménage d'évaluerl'importance de l'éducation des filles et le niveaud'éducation qu'ils souhaitaient pour leurs propresfilles. Comme le montre la figure ci-dessous, une grande majorité des chefs.fes de ménage dans tous les pays ont déclaré que l'éducation des filles était "importante" ou "très importante".
Proportion des chefs de ménage qui déclarent que l’éducation des filles est ‘’importante’’ ou ‘’très importante’’
De même, comme le montre la figure ci-dessous, lorsqu'on leur demandait quel niveau d'éducation les chefs.(fes) de ménage souhaitaient pour leurs filles, les réponses étaient majoritairement en faveur d'un niveau d'éducation au moins secondaire. Ces résultats suggèrent que les interventions devraient donner la priorité aux actions visant à réduire les obstacles à la scolarisation des filles autres que l'opposition des parents.
Proportion des chefs de ménage qui disent souhaiter que leur fille ait au moins un niveau d’éducation secondaire.
Ces résultats suggèrent que l'initiative SWEDD peut avoir influencé les attitudes à l'égard de l'éducation des filles dans les régions où le projet est mis en œuvre.
SOUTIENS NECESSAIRES POUR EVITER LE DECROCHAGE
SCOLAIRE
Prévention des risques et soutiens des familles et autorités pour qu'elles restent à l'école
Lorsqu'on leur a demandé quels étaient les facteurs importants qui pourraient permettre aux filles de rester à l'école, les chefs de ménage ont été invités à donner plus d'une réponse à la question s’il le fallait. Le tableau ci-dessous montre la réponse la plus fréquemment donnée dans chaque pays et la proportion des répondants qui ont donné cette réponse.
Soutien le plus fréquemment cite par les Chefs de ménage comme étant nécessaire aux filles pour éviter le décrochage scolaire (% ayant donne cette réponse)
-117548-3165573.
3
"Le soutien des parents, de la famille ou de la communauté
" est la réponse la plus fréquemment citée au Burkina Faso, Guinée, Côte d’Ivoire et Mali. "
Le soutien des autorités pour la scolarité, le transport, la nourriture, etc. et la prévention des comportements à risque”
sont également les réponses les plus fréquemment citées.
SOUTIENS NECESSAIRES POUR EVITER LE DECROCHAGE
SCOLAIRE :
Variations dans le désir des filles de se réinscrire à l'école
Dans les différents pays, les résultats montrent des variations dans le désir des filles de se réinscrire à l'école après avoir abandonné. La figure ci-dessous montre la proportion de filles interrogées qui ont déclaré vouloir se réinscrire à l'école après avoir abandonné leurs études.
Proportion des filles ayant abandonné l’école qui souhaitent
se réinscrire
.
La proportion de filles qui souhaitaient se réinscrire à l'école après avoir abandonné leurs études varie de 90% en Guinée à seulement 26% au Bénin. En Guinée, la majorité (53%) des 10% de filles qui n'ont pas souhaité se réinscrire à l'école ont donné une raison liée au désir d'exercer des activités économiques. 45% ont déclaré avoir un projet professionnel.
Les résultats suggèrent un niveau relativement élevé de participation et d'aspiration économique chez les filles ayant abandonné l'école au Bénin. Au Bénin, 66% des filles qui ne souhaitaient pas se réinscrire à l'école ont déclaré qu'elles préféraient apprendre un métier, suivre une formation professionnelle ou gagner de l'argent. Sur l'ensemble des filles ayant abandonné l'école au Bénin, 33% ont déclaré exercer une activité artisanale et 32% une autre activité économique. Parmi les filles du Bénin qui ne souhaitaient pas se réinscrire à l'école, 60% ont déclaré avoir déjà un projet professionnel.
Ce résultat contraste avec les résultats des autres pays, où l'engagement économique des filles après l'abandon scolaire semble plus limité. Dans tous les autres pays où les résultats sur l'occupation principale des filles après le décrochage ont été rapportés, "Accomplir les tâches ménagères" a été la réponse la plus fréquemment citée. C'était le cas pour 93,3% des filles au Tchad, 90% en Mauritanie, 78% au Burkina Faso, 67,4% en Guinée, 54,6% en Côte d'Ivoire, 57,2% dans les zones rurales du Mali et 43,6% dans les zones urbaines du Mali
COMPRENDRE LES RESULTATS : LES RAISONS DU DECROCHAGE SCOLAIRE
Les trois groupes de répondants (les responsables scolaires, les chefs.fes de famille et les filles) ont été interrogés sur les principales raisons de l'abandon de l'école par les filles et étaient libres d'indiquer plus d'une réponse au besoin. Les responsables scolaires
ont fourni au moins une raison d'absences fréquentes ou d'abandon pour chaque fille identifiée comme ayant abandonné l'école ou comme risquant de l'abandonner en raison d'absences fréquentes. Les réponses possibles pour l'enquête auprès des responsables scolaires sont ici en orange.
Les options de réponses des responsables scolaires .
La question suivante a été posée aux chefs de ménage : "Dans votre communauté, quelles sont les raisons qui poussent une fille à abandonner l'école ?". Les réponses des chefs.fes de ménage ont été enregistrées comme appartenant à l'une des catégories ici en bleu.
Les options de réponses des chefs de ménage.
.
4
Les filles qui avaient elles-mêmes quitté l'école, ont été invitées à indiquer les raisons pour lesquelles elles n'étaient pas scolarisées actuellement. Pour les filles, des réponses plus détaillées ont été enregistrées pour chacune des six catégories incluses dans l'enquête auprès des chefs.fes de ménage, ainsi que pour trois catégories supplémentaires. Par exemple, les options de réponse "personne ne m'aidait à faire mes devoirs", "refus des parents" et "mon entourage ne manifestait pas d'intérêt pour mes études" ont été regroupées sous "environnement social". Les réponses possibles détaillées ici en vert ont été recueillies auprès des filles.
Les graphiques à barres inclus dans les pages suivantes
RÉSULTATS CLÉS PAR PAYS
469973332616CAMEROUN
·Sur les 9.986 filles inscrites dans les écoles incluses dans
cette étude,3 % avaient abandonné leurs études et 14 %
risquaient d'abandonner leurs études.
·Le risque d'abandon le plus élevé a été enregistré dans la
région de l’Extrême-nord, où 25,9 % des filles risquaient
d'abandonner leurs études (contre 8,4 % dans l'Adamaoua et
montrent les trois principales raisons citées pour l'abandon selon chaque groupe de répondants dans chaque pays. Les chiffres reflètent les pourcentages de répondants qui ont choisi cette réponse
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
ayant décroché
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage/ absentéisme selon les écoles
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les chefs de ménage
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les filles
8,4 % dans le Nord).
· Le risque d'abandonle plus élevé a été observéau niveau 1 de l'écolesecondaire (20,4 % des abandons ont eu lieu à ce niveau) et au niveau 2 de l'école secondaire 2 (20,1%). · Le risque d'abandonest plus élevé dans les zones rurales(16,5 % des filles risquentd'abandonner leurs études) que dans les zones urbaines et semi-urbaines/rurales, où 14,6% et 11% respectivement des filles sont à risqued'abandon.
La plus forte proportion d'abandons (17%) a eu lieu à l'âge de 15 ans.
5
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
ayant décroché
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage/ absentéisme selon les écoles
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les chefs de ménage
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les filles
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
TCHAD
Sur les 7.462 filles inscrites dans les écoles incluses dans cette étude, 14,8% avaient abandonné leurs études. Parmi les écoles incluses dans l'étude, les taux d'abandon sont beaucoup plus élevés en milieu urbain (27,8% d'abandon et 46,2% de risque d'abandon) qu'en milieu rural (9,7% d'abandon et 16,2% de risque d'abandon).
Sur le nombre de filles qui ont abandonné leurs études en milieu rural, 73,4% étaient à Hadjer-Lamis et 18,5% au Kanem.
Sur le nombre de filles qui ont abandonné leurs études en milieu urbain, 32,6% étaient à Kanem et 23,9% à Hadjer- Lamis.
Sur le nombre de filles qui risquaient de décrocher, 38 % avaiententre 15 et 18 ans ; 38 % avaient plus de 18 ans et 23,7 % avaient moins de 15 ans.
GUINEE
Sur les 30.375 filles inscrites dans les écoles incluses dans cette étude, 5,3 % avaient abandonné ou risquaient d'abandonner leurs études et 3,6 % avaient abandonné définitivement leurs études.
Les taux d'abandon ou de risque d'abandon étaient plus élevés dans les zones rurales (9,7 %) que dans les zones urbaines (2,7 %).
Les taux les plus élevés d'abandon (8,9%) et de risque d'abandon (5,8%) ont été enregistrés à Kankan.
84,3 % des filles qui ont abandonné l'école l'ont fait avant d'atteindre le lycée. Pour 28,6% des filles qui ont abandonné, le dernier niveau de scolarité fréquenté était la 7
ᵉ
. Pour 21,9% des filles qui ont abandonné, le dernier niveau de scolarité était la 8
ᵉ
et pour 18,2%, le dernier niveau était la 10
ᵉ
. Seulement 3,2% des filles qui ont abandonné leurs études ont atteint la 12
ᵉ
année.
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
ayant décroché
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage/ absentéisme selon les écoles
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les chefs de ménage
Les trois raisons les plus fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les filles
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
ayant décroché
Les trois raisons les plus fréquemment
MAURITANIE
Sur le nombre de filles inscrites dans les écoles incluses dans cette étude,4,9% avaient abandonné leurs études et 5,8% risquaient d'abandonner leurs études.
·L'abandon scolaire est plus fréquent en milieu rural (6,5%) qu'en milieu urbain (3,9%).
Parmi les régions de l'enquête, les taux d'abandon scolaire les plus élevés sont ceux de l'Assaba, du Brakna et du Hodh Charghi.
Sur les 3.591 filles identifiées par les responsables scolaires comme ayant abandonné leurs études ou comme étant à risque de décrochage, 47,3 % étaient âgés de 19 à 35 ans ; 37,4 % de 16 à 18 ans et 15,3 % de 11 à 15 ans.
MALI
Sur les 52.027 filles inscrites dans les écoles incluses dans cette étude, 30% avaient abandonné leurs études. Le taux d'abandon le plus élevé a été enregistré à Koulikoro (39,9%).
L'âge moyen des filles qui ont abandonné leurs études était de 18,6 ans.
Parmi les filles qui ont abandonné leurs études, 50,5% étaient mariées.
ayant décroché
L'âge moyen des fillesayant abandonné leurs études était de 16,9 ans.
Les trois raisons les plus fréquemment citées
844539-32767expliquant le décrochage/ absentéisme selon les
écoles
Les trois raisons les plus fréquemment citées
810787-18071expliquant le décrochage, selon les chefs de
ménage
Les trois raisons les plus fréquemment citées
851911-34825expliquant le décrochage, selon les filles
CÔTE D’IVOIRE
Sur les 1.641 filles inscrites dans les écoles incluses dans
cette étude,3,8% risquaient d'abandonner leurs études.
Ce chiffre était similaire dans les zones rurales (3,9%) et
dans les zones urbaines (3,7%).
citées expliquant le décrochage/
2153246-147909738268-83449absentéisme selon les écoles
Les trois raisons les plus fréquemment
citées expliquant le décrochage, selon
les chefs de ménage
Les trois raisons les plus fréquemment
818860-120415citées expliquant le décrochage, selon
les filles
Note : Dans le rapport national de Mali, les résultats ont été présentés et divisés entre des zones urbaines et rurales.
NIGER
·Sur les 19.910 filles inscrites dans les écoles
incluses dans cette étude,1,6% avaient abandonné
leurs études et 3,8% risquaient d'abandonner
leurs études.
Les taux d'abandon étaient légèrement plus élevés
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles
2170629-101884ayant décroché
Les trois raisons les plus
3846504-188601707061-91914fréquemment citées expliquant le
décrochage/ absentéisme selon les
écoles
Les trois raisons les plus
694113-128963852671-23698fréquemment citées expliquant le
décrochage, selon les chefs de
ménage
368618057288Les trois raisons les plus
704397-58594fréquemment citées expliquant le
décrochage, selon les filles
6
34,2% des filles qui ont décroché ont déclaré avoir décroché en classe de 3
ᵉ
.
Le risque d'abandon était particulièrement élevé à Folon (8,3%) et à San-Pedro (6,2%).
Sur les 571 filles qui ont été identifiées par les responsables scolaires comme ayant abandonné leurs études ou comme étant à risque de décrochage, 63,0% avaient entre 15 et 19 ans et 32,2% avaient entre 9 et 14 ans.
Taux de décrochage
Caractéristiques des filles ayant décroché
Les trois raisons les plus
fréquemment citées expliquant le décrochage/ absentéisme selon les écoles
Les trois raisons les plus
fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les chefs de ménage
Les trois raisons les plus
fréquemment citées expliquant le décrochage, selon les filles
dans les zones rurales (12,1%) que dans les zones urbaines (11,2%).
La plus forte prévalence d'abandon a été enregistrée à Tillabéri (3,1%) et la plus forte prévalence de filles à risque d'abandon a été enregistrée à Maradi (8,9%).
La majorité des filles qui ont abandonné leurs études avaient entre 17 et 19 ans.
Note : au Niger, différentes options de réponse ont été utilisées pour l'enquête sur les responsables d'écoles. Pour plus d'informations, voir le rapport de la phase 1 du Niger.
RECOMMANDATIONS
La note de recommandations de l’étude du SWEDD sur le décrochage scolaire inclut de plus amples détails sur les implications de cette étude sur la prise de décision concernant les politiques et les programmes.
Recommandation 1 : Mettre en place/rendre fonctionnel le système de collecte des données sur la scolarisation afin d’informer les stratégies de rétention spécifiques à chaque pays
Recommandation 2 : Augmenter le paquet des interventions en faveur du maintien des filles à l’école et tenant compte des spécificités liées aux situations sécuritaires et humanitaires
Recommandation 3 : Augmenter les possibilités offertes à travers des écoles de la seconde chance aux filles et aux jeunes femmes qui ont quitté l’école
Recommandation 4 : Développer un plaidoyer pour la création d’établissements scolaires de proximité sensible au genre
Recommandation 5 : Mener des recherches dans chaque pays pour analyser la relation de cause à effet entre le mariage des enfants, la maternité des adolescentes et l’abandon scolaire afin de comprendre les facteurs spécifiques au contexte.
Ce dossier formule des recommandations sur les stratégies visant à promouvoir la rétention scolaire des filles, sur la base des principales conclusions de l'étude SWEDD/UNFPA " School Dropout Study " menée au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad en 2020-2021. La pandémie de COVID-19 ayant interrompu la scolarité des enfants dans le monde entier et menacé d'exacerber les défis existants liés à l'accès à l'éducation, cette étude a été envisagée pour mieux comprendre les moteurs de l'abandon scolaire des filles et l'ampleur du problème dans les pays couverts par l'initiative SWEDD. Cette note encadre les résultats de l'étude régionale avec des données nationales représentatives (lorsqu'elles sont disponibles) et des données mondiales sur la rétention scolaire des filles, en particulier celles de la Feuille de Route Pour l'Éducation des Filles du Population Council. (Psaki et al., 2021).
CONTEXTE
L'abandon scolaire1 avant d'avoir achevé un cycle complet d'enseignement secondaire est courant au Sahel parmi les filles et parmi les neuf pays de l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire. Malgré les progrès réalisés en matière de scolarisation au niveau du cycle primaire dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) au cours des dernières décennies, les progrès dans l'augmentation du niveau de scolarisation des filles ont stagné et des écarts importants entre les sexes subsistaient même avant le COVID-19. (Evans et al., 2021; Psaki et al., 2017). De plus, le COVID-19 peut avoir exacerbé l'abandon scolaire en raison de la fermeture prolongée et généralisée des écoles et de l'impact économique de la pandémie. Bien que les facteurs de décrochage scolaire soient spécifiques au contexte et à de multiples facettes, les tendances des enquêtes représentatives au niveau national et les preuves mondiales élucident davantage les résultats de l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire.
Les stratégies visant à promouvoir la rétention pendant les fermetures prolongées d'écoles doivent donner la priorité aux filles, car elles sont particulièrement vulnérables lorsque les écoles ferment pendant de longues périodes.
LES FACTEURS D'ABANDON
SCOLAIRE CHEZ LES
ADOLESCENTES AU SAHEL
Dans l'étude SWEDD, les chefs.fes de ménage ont montré un haut niveau de soutien à l'éducation des filles. Beaucoup ont déclaré qu'ils pensaient que l'éducation des filles était importante. Dans presque tous les pays, à l'exception du Mali, de nombreux.ses chefs.fes de famille ont également montré qu’ils souhaitaient que leurs filles aient au moins un niveau d’éducation secondaire. Néanmoins, dans la majorité des neuf pays, les chefs.fes de famille, les filles et les responsables scolaires ont cité l'environnement social ou le manque de soutien familial comme l'une des principales raisons de l'abandon scolaire. Par exemple, 22 % des filles au Tchad et en Guinée ont déclaré que leur entourage ne s'intéressait pas à leurs études. Les filles des zones urbaines et rurales du Mali ont également indiqué que le fait de ne pas s'entendre avec les enseignants était une raison pour quitter l'école. Il convient également de noter que les réponses liées aux attitudes équitables entre les sexes peuvent souffrir d'un biais de désirabilité sociale – ce qui signifie que les répondants ont dit ce qu'ils pensaient que les enquêteurs percevaient comme "correct" – et méritent d'être étudiées plus en détail dans ce contexte.
Il est clair que l'attitude favorable des parents à l'égard de l'éducation des filles ne se traduit pas nécessairement par le maintien des filles à l'école. Les filles et leurs familles sont confrontées à une multitude d'autres obstacles et ont besoin de divers types de soutien pour rester à l'école. Par exemple, la pauvreté joue un rôle clé dans les résultats scolaires des filles dans la région. Selon les responsables scolaires de tous les rapports nationaux, à l'exception de ceux du Mali et du Niger, les difficultés économiques des parents sont l'une des raisons les plus fréquemment citées pour expliquer l'abandon scolaire et/ou l'absentéisme des filles.
Par exemple, la pauvreté joue un rôle clé dans les résultats scolaires des filles dans la région. Selon les responsables scolaires de tous les rapports nationaux, à l'exception de ceux du Mali et du Niger, les difficultés économiques des parents sont l'une des raisons les plus fréquemment citées pour expliquer l'abandon scolaire et/ou l'absentéisme des filles.
7
Figure des résultats de l'étude sur l'abandon scolaire de
SWEDD : pourcentage de responsables d'école ayant cité les difficultés économiques comme principale raison de l'abandon scolaire
.
Cela correspond aux résultats de l'Enquête Démographique et de Santé (EDS), qui sont des enquêtes représentatives au niveau national indiquant que les filles plus pauvres ont moins de chances de terminer l'école primaire que les filles issues de familles plus aisées.
Figure des résultats de l'eds : pourcentage de la population
âgée de 20 à 24 ans ayant complété l'école primaire, par niveau de richesse
B
.
ien que des politiques nationales existent dans plusieurs des pays pour garantir la gratuité de l'enseignement primaire et du premier cycle de l'enseignement secondaire, d'autres coûts tels que le transport, les uniformes et la nourriture peuvent empêcher les familles les plus pauvres de garder les filles à l'école.
Tableau des politiques nationales d'éducation
Source :
L'Atlas des adolescents pour l'action
Lorsqu'elles sont confrontées à des difficultés économiques, les familles peuvent décider d'envoyer leurs enfants travailler. Dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire, une proportion de filles dans chacun des neuf pays a déclaré s'engager dans un certain type de travail après avoir quitté l'école. Le Bénin et le Tchad avaient le pourcentage le plus élevé (58% et 90%, respectivement) de filles professionnellement engagées après avoir quitté l'école. D'autres sources de données montrent clairement qu'en Afrique de l'Ouest, des millions de garçons et de filles travaillent dans les mines, les pêcheries, les plantations, les carrières, les marchés de rue et comme domestiques. (ILO, 2017). En effet,
Le niveau d'éducation des parents peut influencer l'éducation et le bien-être des enfants. Par exemple, il est prouvé que les filles sont moins susceptibles d'être mariées si elles vivent dans une communauté où la proportion de mères ayant reçu une éducation est plus élevée. (Misunas et al, 2021). Dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire, les résultats du Bénin, du Burkina Faso et de la Guinée indiquent que de nombreux chefs de famille n'ont pas ou peu d'éducation. Rien qu'au Burkina Faso, 56 % des chefs de ménage n'avaient pas d'instruction.
Malgré les progrès réalisés, le mariage des enfants (mariage avant l'âge de 18 ans) reste répandu dans de nombreux pays, influençant la scolarisation/le maintien des filles à l'école. La prévalence la plus élevée du mariage des enfants dans le monde se trouve dans certaines parties de l'Afrique de l'Ouest, atteignant 76% au Niger (Philipose et al., 2018). Bien que la relation entre le mariage d'enfants et les résultats scolaires soit complexe, certaines études quantitatives suggèrent que le mariage d'enfants peut entraîner une baisse du niveau d'éducation. (Wodon et al., 2017).
En réalité, la forte corrélation entre le moment du mariage et l'abandon scolaire peut refléter un processus décisionnel complexe des familles, en partie motivé par le manque d'options alternatives pour les filles dans leurs communautés (Bajracharya, Psaki & Sadiq 2019 ; Psaki 2016). Indépendamment des liens précis entre la scolarisation des filles et le mariage des enfants, le fait est que les filles qui sont mariées pendant l'enfance terminent moins leur scolarité (Rasmussen et al., 2019; Wodon et al., 2017).
Dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire, les responsables scolaires des pays suivants l'ont cité comme l'une des principales raisons :
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Notamment, les seules filles de l'étude qui ont cité le mariage précoce comme l'une des principales raisons de l'abandon scolaire/l'absentéisme se trouvaient en Mauritanie (25%).
Tout comme le mariage des enfants, la maternité à l'adolescence peut être à la fois une cause et une conséquence de l'abandon scolaire. Devenir mère avant l'âge de 18 ans permet rarement de poursuivre sa scolarité. De plus, la relation étroite entre le mariage et la maternité dans de nombreux contextes a des implications pour les stratégies visant à promouvoir la rétention scolaire, y compris la priorité accordée aux interventions liées au mariage des enfants. Ceci est important étant donné les preuves mondiales que la plupart des grossesses d'adolescentes ont lieu dans le contexte du mariage. Comme le montrent les rapports des EDS du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée et du Tchad, la majorité des femmes âgées de 20 à 24 ans qui donnent naissance à un enfant avant l'âge de 18 ans étaient déjà mariées
Figure des résultats de l'eds : proportion de femmes âgées de 20 à 24 ans ayant accouché avant l'âge de 18 ans, par état matrimonial
.
Dans les résultats de l'étude SWEDD sur le décrochage scolaire de plusieurs pays, la grossesse ou l'éducation des enfants ont été citées en réponse à une question sur les trois principales raisons de l'abandon scolaire/absentéisme, par exemple :
Chefs.fes de ménage au Bénin (élevage des enfants – 63%),
Les responsables des écoles en Côte d’Ivoire (grossesse – 25%), au Burkina Faso (grossesse – 13%), et en Mauritanie (grossesse – 5%),
Les filles en Côte d’Ivoire (grossesse – 25%) et au Mali (grossesse – 100% chez les filles urbaines et 78% chez les filles rurales).(2)
L’insuffisance des infrastructures et l’accès limité aux écoles restent des obstacles dans bon nombre des neuf pays. Les chefs.fes de ménage, les filles ou les responsables d'école au Tchad, en Guinée, au Mali, en Mauritanie et au Niger ont signalé les conditions matérielles ou la distance jusqu'à l'école comme l'un des principaux facteurs d'abandon scolaire dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire. D'autres études indiquent que la fréquentation et la rétention des filles sont plus susceptibles de souffrir lorsque les écoles sont plus éloignées de leur domicile en raison des problèmes de sécurité et de la charge de travail domestique.
LPar exemple, une étude menée au Mali a révélé que la fréquentation scolaire était inférieure d'un quart à un tiers dans les villages sans école à moins de deux ou trois kilomètres par rapport aux villages avec école. Cela était dû en partie à des problèmes de sécurité et à la charge de travail des filles. (Lehman, 2013).
En dépit de la pandémie de COVID-19, dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire, la maladie et la mort n'ont pas été largement signalées comme l'un des principaux facteurs d'abandon scolaire, à l'exception du Mali où 88% des filles rurales ont déclaré que la maladie ou un accident les avaient empêchées d'aller à l'école. Cependant, il n'est pas clair si cela était lié à COVID-19.
(2)
STRATÉGIES POUR PROMOUVOIR LA PERSÉVÉRANCE SCOLAIRE DES ADOLESCENTES
Sur la base de ces résultats, nous décrivons six moyens clés de promouvoir l'éducation des filles qui sont pertinents dans tous les contextes. Les stratégies les plus prioritaires pour promouvoir la rétention scolaire des adolescentes dans le cadre de ces recommandations générales dépendront des défis particuliers auxquels sont confrontés les filles et leurs familles dans chaque contexte.
Recommandation 1 : Mettre en place/rendre fonctionnel le système de collecte des données sur la scolarisation afin d’informer les stratégies de rétention spécifiques à chaque pays
L'absence de systèmes de collecte de données adéquats et cohérents au niveau des écoles pour suivre, identifier et soutenir les filles à risque d'abandon scolaire et les filles non scolarisées est très préoccupante. Le véritable fardeau et les expériences de ces filles resteront invisibles jusqu'à ce que des données précises et longitudinales existent et soient utilisées pour créer des programmes efficaces et aider les parties prenantes à suivre les progrès des systèmes scolaires. Les responsables de l'éducation et les ministères de l'Éducation peuvent suivre ces stratégies spécifiques pour faire avancer cette recommandation
Établir une définition commune des termes "à risque d'abandon scolaire" et "non scolarisé".
·Passage du papier à la tenue de dossiers numériques au niveau de l'école.
Assurer la responsabilité de la tenue de dossiers cohérents et complets.
Mettre en place un système d'alerte précoce d'abandon scolaire au niveau de l'école pour identifier et soutenir les filles qui risquent de quitter l'école. Le système devrait surveiller les absences et comprendre les facteurs spécifiques d'abandon scolaire pour chaque fille, ainsi que le niveau d'éducation des personnes qui s'occupent d'elles et le fait que le ménage soit dirigé par une femme (deux facteurs qui, selon les résultats de l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire, sont des facteurs d'abandon scolaire).
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Établir ou étendre les systèmes d'information sur la gestion de l'éducation (SIGE) au niveau national. Créer un registre des numéros d'identification des étudiants afin de les suivre avec précision au fil du temps dans le cadre du SIGE.
Veiller à ce que les systèmes scolaires et nationaux collectent et communiquent rapidement les données par sexe, âge et niveau scolaire.
Recommandation 2 : Augmenter le paquet des interventions en faveur du maintien des filles à l’école et tenant compte des spécificités liées aux situations sécuritaires et humanitaires
Les données mondiales et l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire soulignent le lien évident entre les difficultés économiques et la rétention scolaire au Sahel. Les chefs.fes de ménage, les filles et les responsables d’école dans l’étude SWEDD sur l’abandon scolaire ont exprimé des préoccupations concernant l’accès à l’école ou les conditions matérielles.
Dans l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire au Tchad, par exemple, la stratégie la plus fréquemment citée par les chefs.fes de famille pour prévenir l'abandon scolaire était l'augmentation du soutien des autorités pour la scolarisation, le transport et la nourriture.
Interventions efficaces fondées sur des données mondiales (extraites de la Feuille de route pour l'éducation des filles 2021, Psaki et al., 2021)
Les interventions consistant à fournir de la nourriture sous forme de rations à emporter ou d'alimentation scolaire sont efficaces pour augmenter la scolarisation et les résultats scolaires dans certaines circonstances.
L'élimination des frais de scolarité et des droits d'inscription semble être efficace pour augmenter le nombre d'inscriptions. Les transferts monétaires conditionnels, qui sont des programmes qui fournissent de l'argent aux parents pauvres à la condition qu'ils envoient leurs enfants à l'école, sont plus efficaces que les transferts monétaires inconditionnels pour augmenter la scolarisation, en particulier lorsque des conditions explicites sont contrôlées et appliquées (Baird et al. 2013).
Interventions prometteuses fondées sur des données mondiales (extraites de la Feuille de Route Pour l'Éducation des filles 2021)
Les interventions multi-composantes comprenant la fourniture de matériels scolaires sont souvent efficaces pour augmenter la scolarisation et le niveau d'instruction. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si/quand la fourniture de matériels scolaires en soi est susceptible d'être efficace.
Les rapports nationaux de l'étude SWEDD sur le décrochage scolaire recommandent de
renforcer le soutien aux kits scolaires et aux uniformes pour les élèves
Recommandation 3 : Augmenter les possibilités offertes à travers des écoles de la seconde chance aux filles et aux jeunes femmes qui ont quitté l’école
Bien que l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire ne se soit pas principalement concentrée sur les besoins variés des filles non scolarisées, l'étude a mis en évidence le désir de réinscription au sein de cette population.
Les rapports nationaux de l'étude SWEDD sur le décrochage scolaire recommandent :
Créer des écoles de "deuxième chance" et/ou des centres de formation professionnelle pour aider les filles non scolarisées.
Former les filles ayant abandonné l'école à des activités entrepreneuriales afin de faciliter leur réinsertion professionnelle.
Fournir des subventions aux filles qui ont abandonné l'école et qui veulent s'engager dans des activités génératrices de revenus (AGR).
Recommandation 4 : Développer un plaidoyer pour la création d’établissements scolaires de proximité sensible au genre
Interventions prometteuses fondées sur des données mondiales (extraites de la Feuille de Route Pour l’Éducation des Filles 2021) :
Les interventions visant à élargir l’accès à l’école font souvent partie de réformes gouvernementales de grande envergure. Si l’accès à l’école semble être un obstacle important pour les filles, des questions subsistent quant à savoir si des approches plus rentables (par exemple, la distribution de bicyclettes aux filles pour qu’elles les utilisent comme moyen de transport scolaire) pourraient fonctionner aussi bien que la construction d’écoles.
Les premières données sur la mise à disposition de toilettes sont prometteuses pour augmenter la scolarisation et la réussite scolaire. Cependant, davantage d’études sont nécessaires, car les évaluations existantes examinent souvent des interventions comportant de multiples composantes différentes.
Recommandation 5 : Mener des recherches pour analyser la relation de cause à effet entre le mariage des enfants, la maternité des adolescentes et l’abandon scolaire afin de comprendre les facteurs spécifiques au contexte.
Dans l’étude SWEDD sur l’abandon scolaire, les filles, les chefs.fes de ménage et les responsables scolaires ont cité la grossesse et l'éducation des enfants comme des préoccupations. De plus, la prévention des comportements à risque était le soutien le plus cité comme nécessaire pour prévenir l'abandon scolaire par les chefs de ménage au Bénin et en Mauritanie. Les données globales indiquent des taux élevés de mariage d'enfants et de grossesse d'adolescentes dans plusieurs régions du Sahel, notant que la plupart des grossesses d'adolescentes ont lieu dans le contexte du mariage. Il est important de décortiquer le chemin de causalité par le biais de recherches spécifiques au contexte. Par exemple, la grossesse conduit-elle au mariage et à l'abandon, ou le mariage des enfants conduit-il à l'abandon et à une grossesse ultérieure ?
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Les rapports nationaux de l'étude SWEDD sur le décrochage scolaire recommandent :
Mettre en œuvre des actions de sensibilisation et de communication préventive sur les comportements à risque, les compétences de vie et l'éducation sexuelle complète dans les écoles.
CONCLUSION
Les résultats de l'étude SWEDD sur l'abandon scolaire ont mis en lumière les façons dont COVID-19 a exacerbé les défis existants liés à l'accès des filles à l'éducation. Nous avons élaboré les résultats de l'étude dans le cadre de la base de données mondiales sur les interventions efficaces et prometteuses pour promouvoir l'accès des filles à l'éducation et avons développé une liste de recommandations clés. Ces recommandations pourraient être traitées comme des priorités politiques pour les gouvernements, les ONGs et les donateurs qui cherchent à réduire les risques et à augmenter les opportunités pour les adolescents et les jeunes femmes vulnérables du Sahel à la suite de la pandémie du COVID-19.
1. Mettre en place/rendre fonctionnel le système de collecte des données sur la scolarisation afin d’informer les stratégies de rétention spécifiques à chaque pays 2. Augmenter le paquet des interventions en faveur du maintien des filles à l’école et tenant compte des spécificités liées aux situations sécuritaires et humanitaires
3. Augmenter les possibilités offertes à travers des écoles de la seconde chance aux filles et aux jeunes femmes qui ont quitté l’école
4. Développer un plaidoyer pour la création d’établissements scolaires de proximité sensible au genre 5. Mener des recherches dans chaque pays pour analyser la relation de cause à effet entre le mariage des enfants, la maternité des adolescentes et l’abandon scolaire afin de comprendre les facteurs spécifiques au contexte
REFERENCE
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