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ORDD_Rapport_d_analyse_Draft1_Draft

2922270-9398000191770-11938000ANALYSE
DES INDICATEURS REGIONAUX DU SUIVI
DU DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE
DE
LA
ZONE
SWEDD
Premier
Rapport de l’Observatoire Régional
du Dividende Démographique (ORDD)
Septembre 2019
SOMMAIRE
TOC \o "1-1" \h \z \t "Titre 2;2;Titre 3;3" INTRODUCTION
PAGEREF _Toc19875386 \h 3
SECTION 1.
CONTEXTE DEMOGRAPHIQUE ET SOCIOECONOMIQUE DE LA ZONE SWEDD
PAGEREF _Toc19875387 \h 5
1.
DEMOGRAPHIE
PAGEREF _Toc19875388 \h 5
2.
ECONOMIE
PAGEREF _Toc19875389 \h 8
3.
DEVELOPPEMENT HUMAIN
PAGEREF _Toc19875390 \h 11
4.
PAUVRETE
PAGEREF _Toc19875391 \h 13
5.
EMPLOI ET MARCHE DU TRAVAIL
PAGEREF _Toc19875392 \h 15
6.
SERVICES SOCIAUX DE BASE
PAGEREF _Toc19875393 \h 16
SECTION 2.
METHODOLOGIE
PAGEREF _Toc19875394 \h 18
1.
DEMOGRAPHIC DIVIDEND MONITORING INDEX : CONCEPT ET DEFINITION
PAGEREF _Toc19875395 \h 18
2.
INDICATEURS COMPOSITES DIMENSIONNELS ET REGIONAUX
PAGEREF _Toc19875396 \h 19
1.1.
Dimension 1 : Couverture de la dépendance économique
PAGEREF _Toc19875397 \h 19
1.2.
Dimension 2 : Qualité du cadre de vie
PAGEREF _Toc19875398 \h 22
1.3.
Dimension 3 : Transitions dans la pauvreté
PAGEREF _Toc19875399 \h 24
1.4.
Dimension 4 : Capital humain élargi
PAGEREF _Toc19875400 \h 26
1.5.
Dimension 5 : Réseaux et Territoires
PAGEREF _Toc19875401 \h 30
SECTION 3.
ANALYSE DES RESULTATS
PAGEREF _Toc19875402 \h 35
DIMENSION 1 : DEFICIT DU CYCLE DE VIE
PAGEREF _Toc19875403 \h 35
DIMENSION 2 : QUALITE DU CADRE DE VIE
PAGEREF _Toc19875404 \h 41
DIMENSION 3 : TRANSITIONS DANS LA PAUVRETE
PAGEREF _Toc19875405 \h 44
DIMENSION 4 : DEVELOPPEMENT HUMAIN ELARGI
PAGEREF _Toc19875406 \h 47
DIMENSION 5 : RESEAUX ET TERRITOIRES
PAGEREF _Toc19875407 \h 49
SYNTHESE DES DIMENSIONS : LE DDMI
PAGEREF _Toc19875408 \h 51
CONCLUSION ET IMPLICATIONS DE POLITIQUE
PAGEREF _Toc19875409 \h 53
REFERENCES
PAGEREF _Toc19875410 \h 55
LISTE DES TABLEAUX
TOC \h \z \c "Tableau" Tableau 1
1: Classement des pays SWEDD selon « Doing Business », 2014 et 2018
PAGEREF _Toc19875432 \h 10
Tableau 1
2: Indice de développement humain des pays SWEDD en 2014
PAGEREF _Toc19875433 \h 11
Tableau 1
3: Taux brut de scolarisation (en %) au primaire, 2016.
PAGEREF _Toc19875434 \h 12
Tableau 1
4: Indicateurs de pauvreté dans les pays SWEDD
PAGEREF _Toc19875435 \h 14
Tableau 2
1: Indicateurs par sous-dimension de l’IQCV et leur formule de normalisation
PAGEREF _Toc19875436 \h 23
Tableau 2
2: Variables de pondération par indicateur élémentaire de l’IQCV
PAGEREF _Toc19875437 \h 24
Tableau 2
3: Valeurs de pondération des sous-dimensions de l’IQCV
PAGEREF _Toc19875438 \h 24
Tableau 2
4: Méthode de construction de l’IDHE régional
PAGEREF _Toc19875439 \h 29
Tableau 2
5: Sous-dimensions et indicateurs élémentaires des Réseaux et Territoires
PAGEREF _Toc19875440 \h 31
Tableau 2
6: Méthode de construction de l’ISRT régional
PAGEREF _Toc19875441 \h 32
Tableau 3
1: Récapitulatif des durées de cumul de surplus dans les pays SWEDD (en années)
PAGEREF _Toc19875442 \h 36
LISTE DES GRAPHIQUES
TOC \h \z \c "Graphique" Graphique 1
1: Taux de dépendance démographique (TDD), SWEDD, 2005 et 2015
PAGEREF _Toc19875411 \h 5
Graphique 1
2: Pyramide des âges de la zone SWEDD en 2015 (effectif en milliers)
PAGEREF _Toc19875412 \h 6
Graphique 1
3: Taux de croissance économique des pays SWEDD, 2007 et 2017
PAGEREF _Toc19875413 \h 9
Graphique 1
4: Taux de chômage au sens BIT dans les pays SWEDD, 2014
PAGEREF _Toc19875414 \h 15
Graphique 2
1: Les dimensions du DDMI
PAGEREF _Toc19875415 \h 19
Graphique 3
1: Profils moyens de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014
PAGEREF _Toc19875416 \h 35
Graphique 3
2: Profils agrégés de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014
PAGEREF _Toc19875417 \h 37
Graphique 3
3: Déficit du cycle de vie agrégé dans la zone SWEDD, 2014
PAGEREF _Toc19875418 \h 37
Graphique 3
4: Ratio de soutien économique par tranche d’âge de la zone SWEDD, 2014
PAGEREF _Toc19875419 \h 39
Graphique 3
5: IQCV et ses composantes dans la région SWEDD
PAGEREF _Toc19875420 \h 41
Graphique 3
6: Sortie de la pauvreté dans les pays de la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875421 \h 44
Graphique 3
7: Basculement dans la pauvreté des pays de la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875422 \h 44
Graphique 3
8: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875423 \h 45
Graphique 3
9: Non-pauvreté pure des pays de la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875424 \h 45
Graphique 3
10: Transitions dans la pauvreté au niveau régional, SWEDD
PAGEREF _Toc19875425 \h 46
Graphique 3
11: ISSP des pays de la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875426 \h 46
Graphique 3
12: Indicateur de développement humain étendu par pays et au niveau régional
PAGEREF _Toc19875427 \h 47
Graphique 3
13: Indice Synthétiques Réseaux et Territoires par pays et au niveau régional
PAGEREF _Toc19875428 \h 49
Graphique 3
14: Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) dans la zone SWEDD
PAGEREF _Toc19875429 \h 50
Graphique 3
15: Scores des DDMI nationaux et régional
PAGEREF _Toc19875430 \h 51
Graphique 3
16: Synthèse des indicateurs dimensionnels régionaux
PAGEREF _Toc19875431 \h 52
INTRODUCTION
——————————————————————————-
La population africaine est estimée à environ 1,2 milliard en 2015 et devrait plus que doubler d’ici à 2050 avant d’atteindre
3 milliards en 2063 selon les p
erspectives de l
a population mondiale de l’ONU
.
La
progression rapide de cette population est portée par l’augmentation exponentielle des jeunes qui symbolise l’existence d’un
indice synthétique de fécondité (
ISF
)
élevé
sur

le continent en général
.
En effet
, les jeunes représentent environ 37% de la population en âge de travailler et plus de 60%
de la population active, mais constituent environ 60% des personnes au chômage
(BAD, 201
7
).
Une analyse du marché du travail sous le prisme du genre met
en évidence
la faible représentativité des femmes dans ce secteur. Ce qui soulève avec acuité la problématique de
l’autonomisation des femmes.
Fort de ces constats, les dirigeants africains ont reconnu à l’unanimité que le dividende démographique (DD) constitue une opportunité pour les pays de rehausser, notamment, les taux d’activité en offrant des
possibilités d’emploi particulièrement aux jeunes et aux femmes considérés comme un levier de développement. Ainsi, avec la feuille de route de l’Union Africaine
élaborée
en 2017, l’intégration des dynamiques de population dans les politiques de développement est devenue une priorité des pays africains.
L
es pays sont résolument engagés dans la dynamique de capture du dividende démographique en raison de la structure actuelle de leur population.
Par ailleurs, la Commission de l’Union Africaine et la Commission Economique pour l’Afrique
(2013a)
affirment que « les pays africains devraient intégrer la dimension démographique dans tous les programmes de développement et renforcer le lien entre la structure par âge de la population et la croissance économique en faisant la promotion d’un développement inclusif ». C’est
pour cela

que la capture du dividende démographique est
placée
au cœur des politiques des pays africains. Toutefois, tirer pleinement profit du DD nécessite des actions stratégiques dans les multiples aspects de la planification du développement et de l’édification d’une nation.
C’est dans
cette
dynamique de bénéficier
des opportunités du DD
en accélérant
la transition démographique
et en investissant dans l’autonomisation des femmes que chaque pays SWEDD s’est doté d’un Observatoire national du dividende démographique (ONDD).
Ce dernier
pe
rmet de produire des outils

et
indicateurs
du suivi du contexte
socio-économique
et démographique

du pays
et de renforcer
leur
prise en compte dans les stratégies de développement afin d’optimiser la capture du DD.
Le
Demographic Dividend Monitoring Index
(DDMI) est l’outil central utilisé par l’ONDD pour analyser la situation du pays en termes de capture du DD. En effet, le DDMI est un indicateur de suivi des performances relatives à l’exploitation du DD et des gaps inhérents à ce dernier. Il couvre cinq dimensions
en lien avec les quatre piliers du DD
de
l’Union Africaine.

Il s’agit du
déficit du cycle de vie
qui

montre l’inadéquation entre les besoins matériels des individus et les capacités économiques dont ils disposent pour satisfaire ces besoins à chaque âge. La deuxième dimension porte sur la
qualité du cadre de vie
qui analyse l’environnement dans lequel on vit, considéré du point de vue de son influence sur la qualité de vie. La troisième dimension appréhende les
dynamiques de pauvreté
qui analyse les différents états de pauvreté entre deux périodes. La dimension quatre qui aborde le
développement humain élargi
permet de mesurer le niveau du développement humain durable. Enfin, la cinquième dimension intitulée
réseaux et territoires
traite des interactions entre les structures spatiales et les flux. Cette dimension appréhende ces interactions à travers : la migration, l’urbanisation, les infrastructures et services sociaux de base et les flux et capacités financiers des régions et analyse l’attractivité de celles-ci.
Pour faciliter le suivi du processus de cap
ture du dividende démographique à l’échelle régionale, les ONDD sont fédérés en un Observatoire régional, et des indicateurs de suivi régionaux sont également construits. L’objectif du
présent rapport est d’analyser le niveau d’exploitation du DD dans la région SWEDD en abordant l’ensemble des cinq (05) dimensions
du DDMI

Le rapport est organisé en trois sections. La première section fait l’état des lieux de la situation démographique, économique et sociale de la région SWEDD. La seconde section présente le concept DDMI et développe la méthodologie de sa construction. La dernière section est consacrée à l’analyse des résultats obtenu
s à
l’échelle régionale SWEDD.
CONTEXTE DEMOGRAPHIQUE ET SOCIOECONOMIQUE DE LA ZONE SWEDD
——————————————————————————-
DEMOGRAPHIE
Le contexte démographique des pays subsahariens
pourrait être défini comme
un cas relativement atypique. En effet, les dynamiques de population dans ces pays montrent
une
très forte croissance de la natalité combinée à une baisse relative de la mortalité. En particulier dans la zone SWEDD, l’accroissement naturel est relativement supérieur au solde migratoire pour chaque pays. Les statistiques démographiques des pays de la zone montrent que, entre 2005 et 2015, le taux de croissance démographique de la zone fluctuait autour de 3.05% et 3.1% et l’effectif des jeunes de moins de 15 ans oscille autour de 46% de la population totale. Le taux de dépendance démographique de la zone est estimé 94% environ en 2015 alors qu’il était de 100% en 2005. Cela témoigne d’une légère d’une baisse des personnes inactives réduisant ainsi la forte dépendance démographique comme l’illustre le graphique ci-dessous.
La Mauritanie en présente le plus bas sans doute à cause de la diminution de son indice synthétique de fécondité ; ensuite vient la Côte d’Ivoire. Le Niger, géant de la zone en matière démographique
,
est le seul à enregistrer une hausse considérable en passant de 100 à 111
.

L
e Mali n’a enregistré qu’un point
en

hausse. Le nombre d’enfant par femme âgée de 15 à 49 ans s’est tablé à 5.77 dans la zone SWEDD (calculé avec les données de la Banque mondiale) en 2015 avec un maximum de 7.29 au Niger et des minima de 4.9 et 4.7 en Côte d’Ivoire et en Mauritanie respectivement. L’espérance de vie de la zone entre les 2 dates est passée de 51.78 à 57.22 (calculée avec les données de la Banque mondiale) avec des fluctuations de 52 à 63 entre les pays en 2015. Ce dernier paramètre a
ac
cru pour chaque pays entre ses deux dates justifiant les efforts en matière de santé, d’éducation, d’épargne,
etc.
Graphique
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 1
: Taux de dépendance démographique (TDD), SWEDD, 2005 et 2015
Source :
CREG
2019
, à partir des données des Nations unies
L’analyse de la pyramide des âges des pays du projet SWEDD montre une prépondérance de la population jeune. En effet, la pyramide des âges présente une base très large qui se rétrécie au fur et à mesure que l’âge augment
e
. Au-delà de 70
ans
, la base devient très petite voire presque inexistante. Cela donne une idée d
u
niveau moyen de l’espérance de vie (autour de 60 ans) dans la zone et montre que les défis de ces pays en termes de politiques publiques doivent être axés sur la jeunesse.
Graphique
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 2
: Pyramide des âges de la zone SWEDD en 2015 (effectif en milliers)
Source :
CREG
2019
, à partir des données des Nations Unies
Les caractéristiques démographiques des pays du projet SWEDD sont relativement similaires. En effet, ils présentent une croissance de plus de 3% en moyenne favorisée en grande partie par l’indice de fécondité moyen de 5,7 enfants par femme en 2014. Les pays tels que le Niger, le Mali et le Tchad sont ceux détenant les taux de fécondité les plus levés.
Les déterminants et caractéristiques principaux de la croissance démographique dans ces pays, bien
que
présentant des similarités fortes, il existe une certaine spécificité
des

pays qui influe cette croissance démographique.
Par exemple,
la croissance démographique
e
n Côte d’ivoire

présente trois principales caractéristiques majeures à savoir : (i) un taux d’accroissement naturel élevé ; (ii) une immigration massive en provenance des états voisins et (iii) une augmentation de la population différenciée suivant les régions et suivant le milieu rural ou urbain.
Le taux de fécondité en Côte d’Ivoire a commencé à décroître depuis les années
19
70. Toutefois, il a connu une relative stagnation autour de 5 enfants par femme au cours des dernières années. Cela justifie le classement de la Côte d’Ivoire parmi les pays à fécondité élevée et à transition démographique lente. Les enfants (0-14 ans révolus) représentent environ 41,8% de la population totale tandis que les jeunes (15-34 ans révolus) constituent 35,5% de la population totale. Une telle structure de la population est marquée par un ratio de dépendance élevé, soit 80 dépendants de moins de 15 ans et 65 ans et plus pour 100 actifs potentiels de 15-64 ans et 117 dépendants de moins de 20 ans et 65 ans et plus pour 100 actifs potentiels de 20-64 ans. On note également en Côte d’Ivoire
,
une surmortalité due à la prévalence relativement forte du VIH/SIDA et
aux
mouvements migratoires en particulier la situation précaire des réfugiés.
Au Burkina Faso, la mortalité infantile a progressivement baissée pour atteindre un niveau estimé à 41% avec un taux annuel
décroissant
de 3,39% en moyenne entre 2005 et 2015. Sur la même période, le taux de fécondité est resté relativement élevé malgré le taux de décroissance annuel moyen de 1,39% entre 2005 et 2014
. La population est passée de 4,
83 millions d’habitants en 1960 à plus de 18 millions en 2015 et selon les prévisions de l’ONU, elle sera de 42,79 millions d’habitants en 2050. Du fait de la fécondité élevée, le Burkina Faso a une population jeune avec plus de 45% de moins de 15 ans. L’indice synthétique de fécondité est de 5.52 enfants par femme en 2015 et le taux de dépendance est à 93 personnes inactives pour 100 individus actifs.
La Mauritanie est le pays le
moins peuplé de la
région
SWEDD. Toutefois, sa population est en constante hausse passant de 1.338.830 habitants en 1977
à 3.537.368 habitants en 2013.
Le taux de natalité est en baisse continue depuis 1977. A titre illustratif, le taux brut de natalité est passé de 49,0‰ en 1977 à 45,2‰ en 1988 puis à 36‰ en 2000 et a atteint 32‰ en 2013. L
’ISF passe de 5 enfants par
femme en 2000 à 4.3 enfants par femme en 2013, soit une baisse annuelle de 5.4%. La population âgée de moins de 15 ans représente 44.2% en 2013 contre 43.6 % en 2000 et 44.3% en 1988 avec une population de 3

969

155. Le taux de mortalité est de 10.9‰ en 2013 contre 11.6‰

en 2000. Les migrations représentent moins de 1% de la population totale. La population en âge de travailler représentant 57% et le taux de dépendance est de 77 pour 100 actifs.
Au Mali, le taux de fécondité est de plus de 6 enfants par femme et demeure un des plus élevés au monde. En conséquence, la population âgée de moins de 15 ans représentant 47.1% de la population totale malienne. Le pays présente donc une structure démographique jeune avec près des deux tiers de la population âgée de moins de 25 ans en 2010. Au cours des deux prochaines décennies, les projections montrent que la population pourrait doubler passant de 15 millions à 30 millions d’habitants.
L
a population malienne est composée de 50,4% de femmes et 49,6% d’hommes. Celle de la tranche d’âge 15-64 ans représente 50,6%
,

et l
es personnes âgées de 65 ans et plus représente 2,1% de la population totale. Cette situation conduit à un ratio de dépendance de 103 personnes pour 100 personnes d’âge actif. Les femmes en âge de procréer (15-49 ans) représentent 45,2% de la population féminine totale.
La croissance de la population du Tchad est l’une des plus rapides de la région avec un estimé à 3.5% par an. Cette croissance serait la résultante d’un indice de fécondité de 7 enfants/femme et d’un faible
taux

d’
utilisation des méthodes de contraception. Au Tchad, les deux tiers
(2/3)
de la population sont âgés de moins de 25 ans et l’espérance de vie moyenne à la naissance est d’environ 51 ans. Le taux de mortalité reste élevé en raison du fort taux de prévalence du VIH/SIDA parmi tant d’autres causes. Les migrations (les retours de la Lybie) et les mouvements de réfugiés sont importants mais ne sont pas des facteurs très significatifs dans les dynamiques démographiques du pays.
Le Niger est l’un des pays de la zone SWEDD présentant un fort taux de croissance démographique. Ce boom démographique est dû à une baisse très rapide de la mortalité, d’un ISF relativement rigide à la hausse et une d’une espérance de vie à la naissance estimée à 58 ans en 2010. La population nigérienne a fortement augmenté entre 2005 et 2014 avec un taux de croissance annuelle moyen de 3,9%. Cette augmentation de la population a été favorisée par un taux de fécondité relativement élevé (7,1 enfants par femme en 2006 et 7,6 enfants par femme en 2014) et un taux de mortalité infantile en baisse (81 pour mille en 2006 contre 57 pour mille en 2014). Il existe une forte similarité entre la structure démographique du Niger et celle des autres pays du SWEDD avec une importante population jeune dont l’effectif est estimé à 50% et une faible population de 65 ans et plus représentant 3% de la population totale. Le taux de dépendance démographique est estimé à 100 personnes inactives pour 97 personnes actives au Niger
En ce qui concerne le Bénin, le taux de croissance annuel moyen de la population est de 3.5% par an. Sa population selon le RGPH de 2013 était de 10 008 749 habitants. Elle a été multipliée par quatre depuis 1960 et elle continue de s’accroître de quelques 300 000 personnes par an. L’espérance de vie au Bénin est estimée à 61,9 ans (
CIA World Factbook
, 2017). Malgré les progrès sanitaires, un nouveau-né sur 10 meurt avant son 5ième anniversaire. Par ailleurs un nouveau-né a deux chances sur trois d’atteindre 60 ans et s’il atteint cet âge, il peut espérer vivre encore en moyenne 15 ans, contre 24 ans en Corée du Sud et 26 ans à Hong Kong. La fécondité reste élevée au Bénin : 4,9 enfants en 2012 (EDSB) et 5,7 en 2014 (MICS). En milieu rural la fécondité était en 2012 de 5,4 enfants contre 4,3 en milieu urbain.
En résumé, les pays du projet SWEDD disposent de populations relativement jeunes qui constituent un potentiel à exploiter pour le développement.
C
ette
jeune
population constitue
donc

un
important défi démographique
à relever
et nécessite la mise en application de politiques publiques.
ECONOMIE
Les pays SWEDD bénéficient en moyenne d’une situation économique relativement favorable pour un essor économique soutenu et durable. En effet,
e
ntre 2007 et 2017, l
eur
croissance économique est passée de 3,25% à 5,15%
en moyenne. Toutefois, la zone a connu une récession économique entre 2004 et 2014 où le taux de croissance économique est
passé
de 6,96% à 5,24% respectivement suivi d’une reprise après 2014.
En 2007, le Bénin et le Burkina Faso étaient les poumons économiques de la zone SWEDD.
Le Bénin, grâce aux gains d’efficacité du Port de Cotonou dont il a bénéficié cette année, était un important centre commercial régional. Cela a contribué à stimuler les échanges et à réduire les coûts des transactions commerciales. De plus, des conditions météorologiques favorables associées à la gestion relativement efficace des récentes campagnes cotonnières ont permis d’accroître la production de coton et d’autres
produits agricoles. Récemment, l
e Bénin
a
enregistr
é
une croissance économique soutenue (6% en 2018), tirée par des investissements publics en hausse. Ces investissements concernent principalement des projets relevant du Programme d'action gouvernemental 2016-2021 (PAG). Globalement, les investissements prévus dans ce programme devraient dépasser 15 milliards USD. Parmi les autres facteurs qui stimuleront la croissance économique du pays figure la reprise de l’économie nigériane, liée à la robustesse de la production de coton local. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique du Bénin devrait s’établir à 6,3% en 2019 et à 6,7% en 2020. En 2018, le déficit public s’est élevé à 4,7%
du
PIB, résultat attribué aux investissements publics soutenus menés dans le cadre du programme d’action du gouvernement « Bénin Révélé ».

Le taux d’inflation du pays a atteint 2,30% en 2018, soit un niveau inférieur à la norme fixée par l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). La dette publique a continué d'augmenter pour atteindre 56,8% en 2018, sous l'effet d'une augmentation des emprunts et des obligations nécessaires pour financer le budget.
Le Burkina Faso a
enregistré
des performances remarquables vers les années 2007 sous l'effet du dynamisme de quelques facteurs et des secteurs de l'activité économique tels que l'agriculture, l'élevage, l'industrie, le commerce extérieur, l'investissement et certains facteurs de l'environnement international. Actuellement, l'économie du Burkina Faso repose principalement sur l'agriculture (près de 30% du PIB), mais
également le pays
est le 4ème producteur d'or de l'Afrique. Ces dernières années, le pays a connu une forte croissance économique, tirée par la production d'or et de coton. Après un ralentissement en 2015, l'activité économique s'est considérablement redressée, atteignant 6,4% et 5,9% en 2017 et 2018 respectivement, grâce à l'augmentation de la production agricole et à une meilleure performance minière, partiellement compensée par une baisse de la production de coton
due à

des conditions climatiques difficiles (le pays ayant perdu son statut de premier producteur africain en faveur du Mali). La croissance devrait se maintenir autour de 6% au cours des deux prochaines années grâce à une augmentation des investissements publics (FMI). En ce qui concerne les finances publiques, le ratio de la dette au PIB était estimé à 41,2% en 2018 (contre 38,1% l'année précédente), tandis que le déficit budgétaire – 5% en 2018 contre 7,7% en 2017. Le Burkina Faso s'est allié au Mali et à la Côte d'Ivoire pour lancer des zones économiques spéciales communes dans les régions de Sikasso, Bobo-Dioulasso et Korhogo. Sur le plan extérieur, le pays est
vulnérable à la volatilité des prix des importations de pétrole ainsi que des prix de l'or et du coton. Le secteur aurifère est l'un des principaux moteurs économiques du pays, représentant 12% du PIB et plus de 60% des exportations, et la production devrait augmenter en 2019 grâce au lancement des activités commerciales à la mine Boungou en septembre 2018.
En 2007, l’inflation la plus forte dans la zone SWEDD était enregistrée par la Mauritanie avec 7.25% contre -8.97% pour le Tchad qui avait enregistré une déflation d’après les données de la Banque Mondiale. En 2017, les taux d’inflation moyen des pays SWEDD ont sensiblement baissé et restent en deçà de 3%. La croissance économique de la zone est portée par les performances économiques de la Côte d’Ivoire essentiellement due au secteur agricole qui a bénéficié de conditions climatiques et les
cours des matières premières (c
acao, café, etc.) avantageuses. En termes de finances publiques, le gouvernement a réussi à contrôler les fluctuations de ses comptes qui enregistrent un déficit moins élevé que prévu de 4,2 % du PIB tout en continuant sa politique ambitieuse d’investissement avec une présence remarquée sur les marchés financiers.
Principalement dépendante de l’industrie pétrolière, l’économie tchadienne a connu deux années successives de récession, 2016 et 2017 due à la chute du prix du pétrole. Le climat des affaires est aussi défavorable à l’éclosion du secteur privé et la corruption élevée.
A
cela s’ajoute l’assèchement inquiétant du lac Tchad avec des effets négatifs sur les autres secteurs notamment la production du Coton, la pêche et l’environnement.
En 2014, les taux d’endettement des pays SWEDD en pourcentage du PIB fluctuent entre 27% et 40%. En effet le Tchad est le pays qui enregistre le taux d’endettement le plus élevé en pourcentage du PIB après la Mauritanie. En Côte d’ivoire, le taux d’endettement a eu une tendance baissière et est estimé à 38% en 2014 contre 69,9% en 2010. En effet, après le repli de l’activité économique de 2011 (taux de croissance de 4,4%à, la Côte d’Ivoire a retrouvé une trajectoire de croissance forte et soutenue depuis 2012 et s’est classée parmi les pays à fort taux de croissance dans le monde. En outre
, le taux d’endettement
s’est établi à 33,9% en 2012 après allégement de la dette puis 34% en 2013, grâce notamment à la mise en œuvre de réformes vigoureuses d’assainissement du cadre macroéconomique. La Côte d'Ivoire est aussi le seul pays d'Afrique de l'ouest qui dégage un excédent de balance commerciale dans la zone.
Contrairement à la Côte d'Ivoire, la Mauritanie a un taux d’endettement explosif de l’ordre de 76,6% en 2014 alors que son taux de croissance du PIB s’élève à 5,4%. Cet écart est jugé élevé au regard des objectifs de croissance accélérée, du besoin d'investissement nécessaire et des ressources internes disponibles. La seule issue de secours était le recours à l'endettement extérieur pour combler le déficit de capitaux propres nécessaires au financement du développement économique.
Graphique
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 3
: Taux de croissance économique des pays SWEDD, 2007 et 2017
Source :
CREG
2019
, à partir des données de la Banque mondiale
Dans le cadre de l’environnement des affaires, l’Afrique subsaharienne a fait de grands progrès ces dernières années. En 2018 par exemple, elle a été la première région réformatrice en matière de climat des investissements.
E
n 2014, le classement des pays SWEDD dans le rapport « 
Doing business
 » est peu satisfaisant voire défavorable pour certains à cause des crises politiques et
des
besoins en investissement insatisfaits des
petites et moyennes entreprises (
PME
)
et
petites et moyennes industries (
PMI
)
. Cependant les tendances ont sensiblement évolué dans la zone. A titre d’illustration, en 2018, quatre (04) de
c
es pays ont fait un grand bond en avant dans le classement « 
Doing business
 ». La Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Bénin notamment sont arrivés à gagner des places grâce à de nombreuses réformes dans le secteur de l’environnement des affaires comme la numérisation des services publics en Côte d’Ivoire, la réduction du capital minimum requis pour la création d’entreprise, la gestion plus efficiente des permis de conduire au Niger, la baisse des coûts du transfert au Niger, le paiement des impôts, l’enregistrement des biens, le commerce transfrontalier et les révisions sur l’accès au crédit en Mauritanie, etc.
Tableau
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 1
: Classement des pays SWEDD selon « Doing Business », 2014 et 2018
Pays
Classement 2014
Classement 2018
Bénin
174
151
Burkina Faso
154
148
Cote d’ivoire
167
139
Mali
155
143
Mauritanie
173
150
Niger
176
144
Tchad
189
180
Source :
CREG
2019
, données extraies des rapports
Doing business
2014, 2018
La structure économique de la zone SWEDD montre la prédominance du secteur primaire. En 2014, la contribution de ce dernier dans le Produit Intérieur Brut des pays de la zone vari de 40% et 70%. Le taux croissance économique de 3.1% de la Mauritanie de 2015, est dû aux secteurs primaire et tertiaire représentant 68% du PIB. En 2007, au Bénin, l’agriculture représente 37.1% du PIB et fournit 70% de mains d’œuvre. Quant à l’économie malienne, elle reste dominée également par le secteur primaire. Pour la côte d’ivoire, le Tchad, le Burkina Faso, le Niger aussi l’agriculture se trouve être le principal pourvoyeur de l’économie.
D’une manière détaillée, la structure de l’économie mauritanienne est peu diversifiée et fortement tributaire des ressources minières (fer, cuivre, or), pétrolières et halieutiques, qui constituent l’essentiel des exportations. La croissance affichée en 2015 (3,1 %) est inférieure au niveau record de 2013 (6,1 %) et de 2014 (5,6 %). Elle est due principalement aux secteurs primaire et tertiaire qui représentent plus de 68 % du PIB en 2015 (rapport des nations unies de 2016). Le secteur secondaire est dominé par l’informel et est caractérisé par un faible développement des activités de transformation susceptibles de créer de la valeur ajoutée et des emplois durables. Ce secteur fait face à plusieurs contraintes dont un accès limité au crédit, la faiblesse des infrastructures de base, le coût élevé des facteurs de production et des charges fiscales, l’insuffisance du système public d’accompagnement, le manque de compétences et la faib
lesse de la demande intérieure.
Les principaux secteurs clés qui portent l’économie du Niger sont essentiellement le secteur primaire qui représente 36.4 % du PIB et est dominé par l’agriculture et l’élevage ; le secteur secondaire estimé à 17.6 % du PIB est essentiellement formé de l’industrie extractive ; le secteur tertiaire représentant 46 % du PIB, est dominé par le commerce et les services, notamment ceux fournis par l’administration publique (
UMOA, note d’information 2017).
Avant l’exploitation du pétrole, l
a structure de l’économie tchadienne
était
essentiellement basée sur

le secteur primaire dominé par l’élevage et l’agriculture (coton, céréales, sésame, gomme arabique).

Sur la période allant de 1960 à 1979, le secteur représentait 40%
du

PIB. Dans les années 1980, ce poids s’est établi à une moyenne de 35,3% avant de connaître une légère hausse entre 1991 et 2000 avec 38,2% du PIB. La tendance haussière s’est poursuivie sous l’ère de l’exploitation du pétrole et
a
atteint 55,75% du PIB entre 2001 et 2009. On notera qu’au début de l’exploitation du pétrole, l’agriculture a contribué à hauteur de 42% à la croissance du secteur primaire en 2003 contre 19% de contribution du secteur pétrolier. La construction des infrastructures pétrolières en début 2000 et l’entrée des premiers revenus pétroliers dans le budget de l’État en 2003-2004 ont changé la donne. Le pétrole est devenu ainsi la locomotive principale de l’économie tchadienne où elle représentait une moyenne de 70% des recettes budgétaires entre 2004 et 2014 et 80% des exportations en produits de base (CNUCED)
.
DEVELOPPEMENT HUMAIN
En termes de développement humain, la zone SWEDD enregistre un grand retard par rapport aux autres régions en développement avec un

Indice de développement humain
(
IDH
)
moyen de 0,43
en 2014
. En
effet, en matière de santé, d’éducation, d’égalité de genre, les différents résultats relatifs à ces facteurs demeurent certes en évolution mais insuffisants. Certes, les pays de la zone ont connu une baisse de la mortalité infantile et une hausse du taux d’alphabétisation dans l’éducation, mais ces améliorations sont encore faibles par rapport à ce qui est observé dans d’autres pays africains. En plus de cela, des aggravations des taux de fécondité sont parfois notées au Niger. Et la faible autonomisation des femmes réduit la participation de celles-ci à l’économie. Tout cela explique en partie les faibles niveaux d’IDH des pays SWEDD. Ainsi, sur les 7 pays de la zone, 4 figurent parmi les 10 derniers pays du classement mondial de l’IDH, et 5 parmi les 20 derniers pays du même classement.
Tableau
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 2
: Indice de développement humain des pays SWEDD en 2014
Pays
IDH
Rang
sur 188 pays
Bénin
0.51
157
Burkina Faso
0,40
183
Cote d’ivoire
0.46
172
Mali
0,42
179
Mauritanie
0,51
156
Niger
0,35
188
Tchad
0,39
185
Source : Banque Mondiale
Par ailleurs, dans certains pays comme la Cote d’ivoire, on constate que
l’
IDH a légèrement progressé de 0,390 en 2002 à 0,452 en 2013. Malgré cette amélioration, la Côte d'Ivoire reste très en retard par rapport au niveau moyen en Afrique subsaharienne (0,502). En effet, il occupe le 17
2
è rang sur 188 pays concernant le niveau de l’IDH.
Cette contreperformance de la Côte d’Ivoire est probablement la conséquence de la crise politique et sécuritaire ayant secoué le pays pendant plus d’une décennie.
La Mauritanie a fait beaucoup d’efforts en matière de développement humain ; son IDH est passé de 0,424 en 2004 à 0,51 en 2014
et se positionne en tête du classement des pays du SWEDD.
Le Niger est le pays le moins avancé en termes de développement humain. Il se situe à la dernière place du classement mondial. Ce classement s’explique par plusieurs facteurs, notamment un niveau d’éducation faible pour la majeure partie de la population, et une forte croissance démographique qui impacte sur le niveau du PIB par tête ainsi que sur le ratio de dépendance très élevé, dû à
une jeunesse de la population et en majorité inactive.
Ainsi, les pays SWEDD sont, d’une façon générale, mal classés en matière de développement humain. Cela résulterait notamment des efforts fournis par ces pays dans le domaine du capital humain (éducation, santé) qui constitue une composante essentielle de l’IDH.
Education
Dans
la perspective d’offrir une éducation de qualité et accessible à tous, les pays SWEDD
consacrent une part conséquente de leurs dépenses publiques à l’éducation. En 2013
par exemple
, la Côte d’Ivoire y a consacré 21% de son budget, le Niger, 18%, le Burkina et le Mali, 16%, la Mauritanie et le Tchad, un peu plus de 11%. Le Bénin qui présente la plus forte part, y a consacré 27%. Ce qui s’est traduit par le relèvement de
s taux bruts de scolarisation (TBS) observé ces dernières années (voir graphique ci-dessous)
.
Tableau
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 3
: Taux brut de scolarisation (en %) au primaire, 2016.
Source :
CREG 2019, à partir des
données de l’UNESCO
.
En Mauritanie, des progrès appréciables ont été réalisés dans le domaine de l’éducation avec le TBS qui
atteint 94% dans le primaire en 2016. En outre, le pays a réussi à réduire, puis à inverser l’écart entre les garçons et les filles. Le TBS des filles au niveau de l’enseignement primaire dépasse celui des garçons. Dans ce domaine, l’indice de parité au niveau du primaire, est passé de 0,72 en 2000 à 1,0
4
en 201
0, puis à 1,06 en 2017 selon les données de la Banque mondiale (WDI)
.
Au Niger, le TBS a connu également une certaine amélioration entre 2000 et 2013 en passant de 76,1% à 82,0% avant de nettement régresser pour être de 74% en 2016. La parité garçons-filles indique 10 garçons inscrits
pour

9
filles inscrites

en 201
7
.
La Côte d’Ivoire pour sa part a fait d’énormes progrès en matière de scolarisation des enfants dans le primaire. En effet, le TBS est passé de 76,2% en 2009 à 97% en 2016.
Toutefois, au Tchad on observe une légère détérioration du taux qui a régressé de 91% en 2011 à 88% en 2016. L’indice de parité au primaire a régulièrement augmenté entre 2006 et 2016, en passant de 0,62 à 0,78, indiquant 8 filles scolarisées pour 10 garçons scolarisés
en 2016
.
Globalement, les TBS sont relativement élevés pour la majeure partie des pays SWEDD, d’où le fort TBS de la zone SWEDD qui s’établit à 92,6%. Cependant, force est de constater que
le maintien de ces jeunes à l’école n’est pas effective
. En Côte d’Ivoire par exemple, sur 100 enfants accueillis par le système au CP1, on n’en retrouve que 67 au CM2, 50 en 3ème et 22 en Terminale. Cette situation, que l’on retrouve dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, peut être le reflet de réalités socio-économiques profondes, propres aux différents pays et à décrypter, afin d’assurer un système éducatif
soutenue sur le long terme
.
Santé
La santé constitue un handicap au développement humain dans les pays SWEDD. Les indicateurs sanitaires n’y sont pas attrayants malgré des efforts d’amélioration observés au cours des dix dernières années.
Les dépenses de santé ces pays pris individuellement sont inférieures à 10% des dépenses publiques
nationales
. En
Mauritanie, l
a déficience du système sanitaire impac
te négativement sur l’éducation car
40% des écoliers arrêtent l’éducation pour cause de maladie.
La mortalité maternelle y est estimée à
582 décès de mamans pour 100 000 naissances vivantes en 2013
. Toutefois, le
taux de mortalité des
moins de cinq ans a connu une baisse significative par rapport aux années précédentes (54 pour 1 000 naissances vivantes en 2015 contre 114 pour 1 000 naissantes vivantes en 2011) ; la mortalité infantile est de 43 pour 1 000 naissances vivantes (MICS, 2015) contre 72 pour 1 000 naissances vivantes selon le R
GPH
de 2013
.
Le Tchad est l’un des pays du monde où les mortalités maternelle et infantile sont les plus élevées. En effet, on dénombre 860 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2014 et 72 décès d’enfants pour 1000 naissances vivantes en 2014
(
EDS-MICS 2014-2015)
. Toutefois, selon le rapport mondial de
Interagency Group on
Mortality Estimates
(IGME)

de
2017, le Tchad figure parmi les 10 premiers pays dans le monde en matière de réduction du taux de décès des enfants de moins de 5 ans.
En effet, le taux avait baissé considérable en 10 ans car il était estimé à
102‰
en 2004. Sur la même période, la mortalité maternelle avait aussi enregistré une baisse non négligeable car, en 2004, le taux était à
1099‰
.
Le Mali aussi a connu une réduction importante de la mortalité. La mise en œuvre de la politique nationale de santé a permis d’enregistrer des progrès non négligeables en termes d’amélioration des indicateurs sanitaires. Ainsi, selon le données de EDSM III et IV, le taux de mortalité infantile est passé de 113,4‰ en 2001 à 56‰ en 2012-2013 ; la mortalité juvénile
,
de 130,5‰ à 41‰, et la mortalité maternelle
,
de 582‰ à 368‰.
PAUVRETE

La zone SWEDD est confrontée à une situation de pauvreté importante qui touche près de la moitié de sa population, bien que les enquêtes réalisées dans ces différents pays aient fait état d’une tendance baissière de la proportion de pauvres.
Au Burkina Faso, l’incidence de la pauvreté a connu une baisse de 7 points de pourcentage entre 2009 et 2014 et s’établit à 40,1% de la population totale.
En termes de
répartition spatiale
,
la pauvreté
touche davantage le milieu rural
, une amélioration des conditions de vie des populations urbaine et rurale est notée entre 2009 et 2014.
En effet,
plus de 9 pauvres sur 10 (92,5%) vivent en milieu rural en 2014 (EMC, 2014).
Toutefois, on note une amélioration des conditions de vie des populations dans les deux milieux de résidence. Entre 2009 et 2014,
l’incidence de la pauvreté
passe
de 25,2% à 13,7% en milieu urbain et de 52,8% à 47,5% e
n milieu rural.
La Côte d’Ivoire a connu une légère baisse de la proportion de pauvres durant la dernière décennie. Sur la période 2008 – 2015, l’incidence de la pauvreté au niveau national a été ramenée de 48,9% à 46,3%. Elle est toutefois plus importante en milieu rural 56,8% contre 35,9% en 2015. Cependant ces statistiques cachent une importante amélioration des conditions
de vie
dans les zones rurales de la Côte d’Ivoire par rapport aux zones urbaines. En effet,
les données de l’ENV de 2015 révèlent que,
si la pauvreté recule nettement en milieu rural (de 62,5% en 2008 elle a baissé de près de 6 points et se situe à 56,8% en 2015), elle continue par contre de progresser en milieu urbain (de 29,5% en 2008 elle passe
à 35,9% en 2015)
.
Tableau
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 4
: Indicateurs de pauvreté dans les pays SWEDD
Pays
Années
Taux de pauvreté (%)
Profondeur de pauvreté
Sévérité de la pauvreté
Source
Burkina Faso
2003
46,0
15,6
7,1
CEDEAO/DAES
2009
43,9
EICVM

2009
2014
40,1
9,7
3,3
EMC 2014
Côte d’Ivoire
2002
38,0
12,9
6,0
CEDEAO/DAES
2008
48,6
EN
V 20
08
2015
46,3
16,3
8,0
EN
V 2015
Mali
2001/2002
68,0
31,4
17,6
..
2014
40,1
9,7
3,3
EMOP
2014
2016
46,8
12,9
4,9
EMOP
2016
Niger
2008
59,5
ECVMA 20
08
2011
48,2
13,1
ECVMA

201
1
2014
45,4
13,4
5,5
ECVMA 2014
Mauritanie
2008
42,0
EPCV 2008
2014
31,0
9,4
4,1
EPCV 2014
Tchad
2003
55,0
21,6
10,8
ECOSIT

2
2011
46,7
26,3
15,9
ECOSIT 3
Source : Banque mondiale
Au Mali, la pauvreté touche 46,8% de la population en 2016. L’analyse spatiale révèle que la pauvreté est moins importante à Bamako où l’incidence de la pauvreté est estimée à 11,1% contre respectivement 46,6% et 52,8% dans les autres villes et en milieu rural (EMOP, 2016).
En Mauritanie, la proportion de la population définie comme pauvre est passée de 42,0% en 2008 à 31,0% en 2014 soit une baisse pour l’ensemble du pays de onze points de pourcentage. Ce taux cache une certaine disparité spatiale de la pauvreté en faveur du milieu urbain. En effet, l’incidence de la pauvreté dans le milieu rural est de 44,4% contre 16,7% dans le milieu urbain. Par ailleurs, la profondeur de la pauvreté au niveau national est estimée à 9,4%, soit 14% pour le milieu rural contre, seulement 4,3% pour le milieu urbain. De même, la sévérité de la pauvreté en 2014 est de 4,1% au niveau national répartie entre le milieu urbain et rural respectivement à hauteur de seulement de 1,8% et 6,3%.
Au Niger, la population pauvre a largement diminué entre 2008 et 2014. En effet, l’incidence de la pauvreté s’est établie à 45,4% en 2014 contre 59,5
%
en 2008. La profondeur de la pauvreté est estimée à 13,4% en 2014. Par ailleurs, la pauvreté est dans une certaine mesure influencée par le niveau d’urbanisation. Le taux de pauvreté est nettement plus fort en milieu rural (où plus de la moitié des individus est pauvre) qu’en milieu urbain. De plus, l’écart de pauvreté est beaucoup plus élevé en milieu rural. En effet, il est de l’ordre de 15% en milieu rural contre 3,6% en milieu urbain en 2011.
De façon globale, la
proportion de la
population pauvre des pays SWEDD est en baisse continue, et demeure un phénomène plus rural qu’urbain.
Toutefois, m
algré
cette baisse, l’effectif de
la population vivant encore en deçà du seui
l de pauvreté demeure important
.
EMPLOI ET MARCHE DU TRAVAIL
Le secteur primaire concentre la majeure partie des emplois dans les pays SWEDD. Au Burkina
Faso
, 78,4% de l’emploi total se trouve dans le secteur agricole contre 5,3% pour l’industrie et 13,5% pour les services
en 2014
. Or, on sait que ce secteur renferme en grande partie des emplois de l’informel contrairement aux autres secteurs. Il en est de même pour d’aut
res pays de la zone, comme la Côte d’I
voire et le Mali avec respectivement des taux de 48,3% et 41,5% de l’emploi total.
La demande d’emploi dans les milieux urbains est plus dynamique que celle dans les milieux ruraux. Cela s’explique par l’inégale répartition spatiale des activités économiques qui a pour conséquence une certaine polarisation de l’emploi. En milieu urbain, la zone d’agglomération est caractérisé
e
par la diversité des activités et des offres, donc plus de potentialités et donc d’opportunité d’emploi. A l’inverse, l’activité principale dans le milieu rural est l’
a
griculture, dans la majeure partie des pays SWEDD. Dans les pays comme le Mali, les politiques mise
nt
en œuvre pour lutter contre le chômage ont permis de régresser ce dernier de 2007 à 2014, passant de 9,6% à 6,4%. Les crises politiques subies par la majorité des pays ont fait fuir les investisseurs et les possibilités d’emploi ce qui réduit considérablement le marché du travail. Le Niger est le pays qui enregistre le taux de chômage le plus faible malgré l’accroissement continu de sa population active. Cela peut s’expliquer par le fait qu’une part impor
tante de sa jeune population dépourvue de qualification ne
recherche d’emploi.
Graphique
STYLEREF 1 \s 1
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 4
: Taux de chômage au sens BIT dans les pays SWEDD, 2014

Source :
CREG
2019
, à partir des données Banque Mondiale
La demande d’emploi dans les milieux urbains est plus dynamique que celle dans les milieux ruraux. Cela s’explique par l’inégale répartition spatiale des activités économiques qui a pour conséquence une certaine polarisation de l’emploi. En milieu urbain, la zone d’agglomération est caractérisé
e
par la diversité des activités et des offres, donc plus de potentialités et donc d’opportunité d’emploi. A l’inverse, l’activité principale dans le milieu rural est l’
a
griculture, dans la majeure partie des pays SWEDD. Dans les pays comme le Mali, les politiques mises en œuvre pour lutter contre le chômage ont permis de régresser ce dernier de 2007 à 2014, passant de 9,6% à 6,4%. Les crises politiques subies par la majorité des pays ont fait fuir les investisseurs et les possibilités d’emploi ce qui réduit considérablement le marché du travail. Le Niger est le pays qui enregistre le taux de chômage le plus faible malgré l’accroissement continu de sa population active. Cela peut s’expliquer par le fait qu’une part impor
tante de sa jeune population dépourvue de qualification ne
recherche d’emploi.
Par ailleurs on constate que le chômage dans les pays SWEDD n’est pas conjoncturel mais structurel. En effet, un manque d’industrialisation des pays, l’inadéquation de la formation et le manque de
l’esprit entrepreneurial chez les jeunes aggravent le chômage. Souvent les employeurs exigent aussi un minimum d’expérience pour embaucher, alors que les opportunités de stage sont rares et peu de diplômés ont la chance de décrocher un poste de stage conforme à leur domaine d’étude. En Burkina, en 2000, le chômage des diplômés du supérieur était de 7%, alors que celui des diplômés du secondaire était de 19,7%. Plus les diplômes sont élevés, plus les possibilités d’obtention d’un emploi sont élevées et plus le taux de chômage diminue.
En Côte d’Ivoire, la proportion de la main-d’œuvre diplômée du supérieur en pourcentage de la population en âge de travailler est de 65,9% contre 44,8% pour les diplômés du secondaire (ENSETE, 2013). Au Tchad, 90% des emplois en 2011 proviennent du secteur informel contre 10% seulement pour le secteur formel. L’efficacité externe du système éducatif est remise en cause à cause de la faiblesse des taux d’insertion des diplômés dans le marché de l’emploi. Contrairement aux autres pays, le taux d’emploi pour le niveau secondaire au Tchad est de 83% contre 69% pour le supérieur.
La zone SWEDD est également confrontée à des inégalités de genre sur le marché du travail. Dans la plupart des pays membres,
les femmes en âge de travailler sont confrontées à un chômage chronique ou ne cherchent pas d’emploi pour des raisons culturelles ou religieuses.
De ce fait, l
e chômage affecte plus les femmes
que les hommes
.

La Mauritanie est le pays où l
es
inégalité
s
se
font
plus sentir dans la zone. En effet, en 2014, le taux d’activité des hommes s’élève à 69% contre 27,5% chez les femmes.
A l’inverse, au Tchad,
le chômage touche plus la population masculine avec 6,8% contre 4,2% chez les femmes
.
SERVICES SOCIAUX DE BASE
Les services sociaux de base font référence aux infrastructures relatives à l’eau, l’électricité, à l’éducation, à la santé, au transport, au marché, etc. Dans la région SWEDD, des disparités d’accès à ces services aussi bien d’un pays à un autre, qu’à l’intérieur d’un même pays.
Au Bénin, le tiers de la population n’a pas
ac
cès à une source d’eau potable et
la
moitié
est dépourvue des
services d’assainissement améliorés. Selon le RGPH4 (2013), le
taux d
’ac
cès à l’eau potable est de 63,5% en milieu rural contre 78
% en milieu urbain. S’agissant de l’électricité, le taux national d’électrification est de 33,2 %. En milieu urbain, il s’établit à 61,2 % et seulement 8,2 % en milieu rural.
L
a couverture en infrastructures sanitaires
connait
une amélioration ces dernières années malgré une répartition inégale. Dans le secteur de l’éducation, nonobstant les efforts déployés par l’Etat et les partenaires financi
ers en matière de construction
des salles de cl
asses, on observe un déficit
en
équipements et matériels

didactiques et pédagogiques
dans les établissements scolaires
.
En effet, les ratios places assises/élèves et élèves/
maître
(
respectivement 0,84 et 45 en 2015
)
demeurent encore quelque peu écartés des normes indiquées.
Au
Burkina Faso, les infrastructures
scolaires ont enregistré un total de 2 
720 établissements d'enseignements post-p
rimaires et secondaires, dont 1 521 pour le public et 1
199 pour le privé en 2015. Sur le plan sanitaire, selon l’annuaire statistique
de la santé
de 2015, l’évolution du nombre d’infrastructures entre 2011 et 2015 a permis d’accroitre l’offre de services sur le territoire national. En effet, le nombre de
structures
sanitaires de base
est passé de 1 443 en 2011 à 1 
698 en 2015. Et par conséquent, la fréquentation des
structures
sanitaires est passée de 56,5% en 2009 à 62,5% en 2014 (EMC, 2014). En 2015, le taux d'électrification, qui mesure la proportion des ménages disposant d'un abonnement d'électricité avec un opérateur, était de 59,88% en milieu urbain, 3,06% en milieu rural et 18,83% en moyenne nationale.

Les infrastructures routières de ce pays sont globalement en bon état même si ses indicateurs de densité semblent
relativement bas par rapport aux
normes
internationales
.
En Mauritanie,
on observe une
faible utilisation des services de santé
à cause
de la faible qualité des soins, du manque de médicaments essentiels et d'équipements, d'une répartition inégale des ressources humaines. La disponibilité moyenne des médicaments
essentiels est de seulement 33
% (Enquête d'évaluation de la disponibilité et de l'état de préparation des formations sanitaires, 2016)
. Dans l
e secteur de l’électri
cité, les a
utorités se sont engagées à garantir un accès universel à des services énergétiques durables à moindre coût et à mettre à la disposition des opérateurs économiques une électricité fiable et sécurisée. En dépit de ces programmes et des réalisations, le sous-secteur de l’électricité souffre des problèmes liés à la faiblesse du cadre institutionnel et organisationnel et de l’insuffisance des ressources humaines qualifiées, mais aussi de l’urbanisation anarchique et de la hausse des cours des hydrocarbures.
Au Mali, l
a répartition des réseaux d’infrastructure
s
reflète la distribution de la population et se concentre stratégiquement sur l’intégration du pays avec les réseaux régionaux et les points d’exportation. La densité des infrastructures de transport, d’énergie et TIC est donc plus forte au sud qu’au nord du pays qui est un désert inaccessible
.
Le secteur de l’eau et de l’assainissement connait des réalisations à savoir une augmentation modérée de la population ayant accès à des sources d’eau et d’assainissement améliorées. Ces réalisations restent toutefois insuffisantes au vu
des
coûts élevés
des services et
de l’écart existant entre les zones rurales et urbaines
en termes d’accès.
Au Niger,
des efforts considérables ont été faits pour réhabiliter et étendre le réseau d’infrastructures routières du pays. Ainsi, le réseau de routes bitumées a progressé de 10,3% e
ntre 2011 et 2015, atteignant 4 
469 km. Quant aux routes en terre c
onstruites, elles ont atteint 8 
544 km en 2015, soit une hausse de 21,7% par rapport à 2011. Ces réalisations ont permis d’améliorer substantiellement le ratio de routes en terre en bon état, passant de 76% en 2011 à 81,6% en 2015.
Toutefois, la densité du réseau routier demeure encore faible. Dans le secteur de l’énergie, le
Niger a vu ses performances opérationnelles et financières augmenter et ses tarifs aux usagers être au niveau de recouvrement des coûts. Mais ces réalisations restent limitées par les problèmes de développement de la capacité de production, d’accroissement du volume, de la fiabilité et de la qualité d
e la distribution d’électricité, ce qui rend le pays fortement dépendant
des importations d’énergie à partir du Nigeria.
METHODOLOGIE
——————————————————————————-
DEMOGRAPHIC DIVIDEND MONITORING INDEX
:
CONCEPT ET
DEFINITION

Le

Demographic Dividend Monitoring
Index
(DDMI) ou I’Indice Synthétique de Suivi du Dividende Démographique (I2S2D) est un indicateur servant à faire le suivi du dividende démographique en synergie avec le développement durable. Il permet à un pays ou à un territoire de pouvoir évaluer sa progression en ce qui concerne la capture du dividende démographique. Le DDMI porte sur cinq (05) dimensions : (i) la dépendance économique, (ii) la qualité du cadre de vie, (iii) les transitions dans la pauvreté, (iv) le
développement
humain élargi, et (v) les réseaux et territoires. Chaque dimension couvre un (01) à sept (07) champs ou sous-dimensions. A leur tour, les sous-dimensions sont constituées de plusieurs indicateurs élémentaires qui leur sont spécifiques.
Par construction, le DDMI est dépourvu d’unité et sa valeur varie entre 0 qui indique une situation exécrable et 1 qui révèle une situation excellente. Il est obtenu par la moyenne géométrique des indicateurs synthétiques découlant des cinq (05) dimensions mentionnées ci-avant. Sa formule est la suivante :
DDMI=5ICDE×IQCV×ISSP×IDHE×ISRToù
ICDE
est l’indicateur de couverture de la dépendance économique,
IQCV est l’indicateur de la qualité du cadre de vie,
ISSP
est l’indicateur synthétique de sortie de la pauvreté,
IDHE
est l’indicateur de développement humain élargi, et
ISRT
est l’indicateur des réseaux et territoires.
Le dividende démographique est l’apport économique qui découle d’une baisse de la fécondité suivie d’un changement de la structure par âge de la population. Les conséquences d’un tel phénomène vont au-delà de l’aspect purement démographique ou économique, et portent également sur d’autres secteurs. Bien qu’il soit évident que la transition démographique constitue son point de départ, l’atteinte du dividende démographique est accompagnée de changement dans plusieurs secteurs qui interagissent avec ce dernier. C’est notamment le cadre de vie, les transitions dans la pauvreté, le capital humain, la mobilité territoriale, entre autres. Le DDMI permet d’appréhender les évolutions positives ou négatives de ces secteurs qui permettent de créer des conditions favorables à l’optimisation du dividende démographique.
Les dimensions ou composantes de DDMI présentent des valeurs ou scores qui varient entre 0 et 1. La dimension est dégradée ou d’un niveau faible lorsque sa valeur est inférieure à 50% (zone rouge de la figure ci-dessous). Entre 50% et 79%, la composante est moyennement satisfaisante (partie jaune). Pour des valeurs supérieures ou égales à 80%, la composante est à un niveau élevé et donc très satisfaisante (partie verte).
Le DDMI s’interprète différemment en fonction de sa valeur. En effet, le DDMI est jugé faible si sa valeur est deçà de 50%. Cela implique que le pays (ou la zone) n’exploite pas le dividende démographique. Une valeur comprise entre 50 % et 79 % traduit une exploitation moyenne du dividende. Par contre, l’exploitation du dividende démographique est optimale lorsque le DDMI est supérieur ou égal à 80 %.
Graphique
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 1
: Les dimensions du DDMI
Source : Dramani (2019)
,
CREG/CREFAT (2017)

A un niveau régional composé de plusieurs pays, le DDMI n’est qu’une synthèse (moyenne géométrique) des indicateurs dimensionnels régionaux obtenus à partir d’indicateurs nationaux. Les sections qui suivent présentent les méthodes d’élaboration des indicateurs synthétiques régionaux spécifiques à chacune des cinq dimensions du DDMI.
INDICATEURS COMPOSITES DIMENSIONNELS ET REGIONAUX
Le DDMI
est un indicateur
permet de
faire un suivi minutieux de l’atteinte du dividende démographique en évaluant les progrès réalisés dans plusieurs secteurs simultanément. Il est
constitué de cinq (05) composantes (ou dimensions) énumérées plus haut. Chaque composante comporte un certain nombre d’indicateurs élémentaires qui lui sont spécifiques. Le DDMI régional découle de l’agrégation d’indicateurs dimensionnels régionaux. Les méthodes de construction des indicateurs dimensionnels régionaux varient d’une dimension à une autre.
Dimension 1 : Couverture de la dépendance économique
Définition et calcul de l’indicateur composite
La dépendance économique se définit comme une situation où le revenu du travail d’un individu est en deçà de sa consommation. Le déficit est dans ce cas financé par le travail d’autres individus (transferts notamment) ou la désépargne ou encore le revenu des actifs (Bloom et al. 2006 ; Lee et Mason, 2011 ; Dramani, 2016 ; Dramani et Oga, 2017).
La méthodologie des comptes nationaux de transferts (NTA) définit le déficit du cycle de vie comme étant la différence entre la consommation et le revenu du travail. Un solde positif de cette différence est un déficit de revenu et correspond à une situation de dépendance économique. En revanche, un solde négatif est un surplus correspondant à une situation où l’individu a un excédent de revenu du travail par rapport à sa consommation (United Nations, 2013).
La dimension « Couverture de la dépendance économique » est mesurée par l’Indicateur de couverture de dépendance économique (ICDE), qui est le rapport entre le surplus de revenu des individus non-dépendants et le déficit des personnes économiquement dépendantes :
où

sous la condition

 ;

sous la condition

.
avec
et
représentent respectivement la consommation agrégée et le revenu du travail agrégé des individus d’âge
a.
Ainsi, l’ICDE évalue la part des déficits des tranches d’âge économiquement dépendantes couverte par le surplus de revenu du travail dégagé par les groupes d’âge non dépendants. Il mesure la capacité du pays à satisfaire la demande sociale des individus économiquement dépendants par les seules ressources issues du travail.
Le calcul de l’ICDE régional nécessite de disposer les profils par âge de consommation et de revenu du travail pour la région SWEDD. Il faut noter que ces profils sont disponibles pour chaque pays du SWEDD pris individuellement. Les profils nationaux des pays sont élaborés à partir de la méthodologie des Comptes nationaux de transferts (NTA). Pour plus de détails sur les NTA, le lecteur est
invité à consulter l’ouvrage ‘‘
Measuring and Analysing the Generational Economy
’’
des Nations Unies (2013). Dans le présent rapport, il sera juste exposé la
méthode de
construction du profil régional en utilisant les profils nationaux déjà élaborés. Ainsi, les points ci-dessous décrivent la technique d’agrégation permettant d’obtenir le profil régional de la zone SWEDD à partir des profils individuels des pays.

Construction du profil régional
Le calcul du profil régional suppose la disponibilité des profils individuels des pays constituant
la
région
en question
. Une fois que ces profils sont disponibles, il est important de vérifier ces deux points essentiels à prendre en considération avant toute agrégation à l’échelle régionale. Il s’agit de vérifier si :
(i) les profils pays sont exprimés dans la même unité monétaire ;
(ii) les profils pays ont la même année de base.
Parmi les 07 pays constituant la zone SWEDD, la Mauritanie est le seul pays dont la devise (Ouguiya mauritanien) est différente des 06 autres
qui
utilisent le franc CFA. Ainsi, la zone SWEDD n’est pas homogène du point de vue monétaire. De plus, les années de base de profil diffèrent d’un pays à un autre. En effet, le profil du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie et du Niger porte sur l’année 2014. Celui du Bénin et du Mali a pour année de base 2015, et celui du Tchad concerne l’année 2011. En somme, l’unité monétaire des profils pays n’est pas unique et les années de base ne sont pas les mêmes.
La construction du profil régional s’effectue au moyen d’une moyenne pondérée
des profils individuels (encore appelés profils nationaux) des pays
. Cependant elle nécessite d’aligner tous les pays de la zone sur une même année de référence et d’exprimer les profils individuels dans la même unité monétaire.
Ainsi, pour élaborer le profil régional à partir des profils pays
, les étapes suivantes ont été suivies :
a) Choix d’une année de référence
Etant donné que les profils des pays sont à différentes dates, il est important de choisir une année unique devant servir de référence pour la mise à jour des profils
nationaux
. L’année de référence doit être choisie de sorte que les résultats au niveau régional restent fiables. Elle doit ainsi obéir aux deux conditions suivantes :
l’année de référence choisie doit être l
a
plus proche possible de l’année des profils des différents pays,
les comptes nationaux doivent être disponibles pour la date de référence choisie ;
Puisque 2014, 2015 et 2011 constituent l’année de base de 04 pays, 02 pays et 01 pays respectivement, l’année de référence appropriée pour le profil régional est 2014. En effet, les dates de profils de la majorité des pays sont plus proches de 2014. De plus, tous les pays SWEDD disposent des comptes nationaux définitifs pour l’année 2014.
b) Ajustement des profils pays par rapport aux agrégats de l’année de référence
Les profils nationaux dont l’année de référence est différente de 2014 devraient être ajustés par rapport aux agrégats macroéconomiques (macro-contrôles) de l’année 2014. En d’autres termes, il s’agit de faire une mise à jour des ces profils en considérant les macro-contrôles de 2014.
Soit
le profil
national
moyen
à l
’âge
a
(
a
= 0,1,…,90)
pour
une année de référence
r
différente de 2014
et
pour un pays quelconque. Le profil moyen est mis à jour à l’année
2014
par le biais d’un coefficient correcteur
calculé de la manière suivante :
où
correspond au macro-contrôle de l’année
2014
et
l’effectif de la population d’âge
a
à l’année de base
2014
. Ainsi, le profil moyen mis à jour à l’année
2014
, noté
, s’obtient par la multiplication du profil moyen
de l’année de référence
r
et du coefficient correcteur
:
Le profil agrégé mis à jour à l’année
2014
, noté
, est égal au produit du profil moyen à jour

et
l’effectif
de la population
d’âge
a
à l’année
2014
:
c) Conversion en une base monétaire unique
Après avoir mis à jour les profils nationaux, l’étape qui suit est la conversion de ces profils en une base monétaire unique. Le dollar US est l’unité monétaire retenue et tous les profils nationaux sont convertis en dollar US de l’année 2014.
d) Calcul des moyennes pondérées et détermination de l’ICDE régional
La dernière étape consiste à déterminer le profil régional en agrégeant les profils nationaux. Dans ce genre de cas, la moyenne arithmétique est la couramment utilisée car elle est considérée comme la statistique de la tendance centrale qui représente le mieux la distribution.
Etant donné que les profils nationaux sont des moyennes par âge de la consommation et du revenu du travail des individus, alors facteur de pondération dans le calcul du profil régional sera les effectifs par âge de la population.
Soient
le profil moyen national à l’âge
a
de l’année 2014 du pays
j
, et
l’effectif de la population d’âge
a
à l’année 2014 du pays
j
. Le profil moyen régional à l’âge
a
de la zone SWEDD pour l’année 2014, noté
, est obtenu comme suit :
Le profil agrégé régional à l’âge
a

(
noté
)
qui en découle est le produit du profil moyen régional à l’âge
a
par l’effectif de la population d’âge
a
de la zone SWEDD. Il est obtenu par l’expression suivante :
A partir du moment où le profil régional de 2014 est construit pour les indicateurs NTA (consommation et revenu du travail), il est aisé de déterminer le profil du déficit du cycle de vie de la zone SWEDD, d’identifier les surplus et déficit, et de calculer l’ICDE régional. En effet, l’ICDE du SWEDD est donc :
où :
, avec
quel que soit
, représente le surplus total du SWEDD ; et
, avec
quel que soit
, désigne le déficit total du SWEDD.
Dimension 2 : Qualité du cadre de vie
Définition
Le cadre de vie est conçu comme l’ensemble d’éléments entourant la vie d’une personne. C’est l’environnement dans lequel on vit, considéré du point de vue de son influence sur le bien-être de l’individu.
La mesure de la qualité du cadre de vie a fait l’objet de plusieurs études ayant abouti à l’
Indicateur de Vivre Mieux
(OCDE, 2011), encore appelé Indicateur de la qualité du cadre de vie, en abrégé IQCV. Dans sa formulation standard, l’IQCV couvre onze (11) champs (ou sous-dimensions) considérés comme essentiels au bien-être. Mais dans le cadre de suivi du dividende démographique, seuls sept (07) des onze sont retenus dans la dimension Qualité du cadre de vie, les quatre (04) étant pris en compte par les autres dimensions du DDMI.
Sous dimensions, indicateurs élémentaires et construction d’indicateurs régionaux
Les composante de cadre de vie qui sont considérées dans la présente étude sont :
Engagement civique
et la gouvernance, Liens sociaux, Environnement, Conditions de logement, Equilibre travail-vie privée et Sécurité. Ces sous-dimensions sont mesurées à partir d’un à quatre indicateurs élémentaires pour chaque pays (voir tableau ci-
dessous
). La construction de l’IQCV régional suit les différentes étapes qui suivent.
a) Normalisation
Les différents indicateurs élémentaires ne sont pas exprimés dans la même unité. Pour des raisons de comparabilité et avant de faire toute sorte d’agrégation, il est primordial de normaliser ces indicateurs. La normalisation se fait à partir d’une formule classique variable selon l’indicateur, qui permet de convertir leurs valeurs d’origine en des nombres compris entre 0 (le pire résultat possible) et 1 (le meilleur résultat possible).
Certains indicateurs ne nécessitent pas de normalisation parce qu’ils sont déjà exprimés sous forme de proportion dont les valeurs extrêmes 0 et 1 renvoient à des situations mauvaise et excellente respectivement. C’est le cas de la participation électorale ou de la qualité du réseau social dont les valeurs sont comprises entre 0 et 1 et où un taux élevé indique une situation souhaitable. Par contre, pour d’autres indicateurs (comme pollution atmosphérique ou horaires de travail lourds), il faut impérativement effectuer une normalisation et une transformation afin de les déposséder d’unités et/ou de ranger leurs valeurs entre 0 (pire situation) et 1 (meilleure situation).
Le tableau ci-dessous indique les formules de normalisation pour chaque indicateur élémentaire qui nécessite une normalisation ou une transformation. Le type de normalisation appliqué à chaque indicateur élémentaire est justifié par un certain nombre d’études théoriques et empiriques mettant en relation l’indicateur et le bien-être des individus (OCDE, 2011, 2013).
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 1
: Indicateurs par sous-dimension de l’IQCV et leur formule de normalisation
Sous-dimensions
Indicateurs élémentaires (x)
Formule de normalisation
Engagement civique
Participation électorale
Participation des parties prenantes à l'élaboration des réglementations
Liens sociaux
Qualité du réseau social
Environnement
Pollution atmosphérique
1 –
Min(x ;
50)

/

50
Qualité de l'eau
Logement
Nombre de pièces par personne
Min(x ; 1)
Accès aux équipements sanitaires de base
Coût du logement
1 – Min(x ; 0,5) / 0,5
Équilibre travail-vie
Horaires de travail lourds
1 – x
Temps consacré aux loisirs et à soi
1 – |x – 16| / 16
Bien-être subjectif
Satisfaction globale à l’égard de la vie
Sécurité
Sentiment de sécurité des personnes lorsqu'elles marchent seules dans la nuit
Taux d'homicides
1 –
Min(x ;

2
0)

/
2
0
Source :
CREG
2019
, à partir de OCDE (2013).
b) Indicateurs élémentaires agrégés à l’échelle régionale
Cette étape consiste à calculer les indicateurs élémentaires régionaux. Ces indicateurs régionaux sont une moyenne pondérée des indicateurs normalisés des pays. Ainsi, l’agrégation porte sur les indicateurs normalisés (et non sur les indicateurs élémentaires bruts) car la normalisation rend plus ou moins comparables entre pays les indicateurs qui ne sont pas forcément mesurés de la même façon par les pays. Les variables de pondération par indicateur élémentaire sont spécifiées dans le tableau ci-dessous.
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 2
: Variables de pondération par indicateur élémentaire de l’IQCV
Indicateurs élémentaires
Variable de pondération
Participation électorale
Nombre d’électeurs
Participation des parties prenantes à l'élaboration des réglementations
Population totale
Qualité du réseau social
Population totale
Pollution atmosphérique
Superficie du pays
Qualité de l'eau
Population totale
Nombre de pièces par personne
Nombre de ménages
Accès aux équipements sanitaires de base
Nombre de ménages
Coût du logement
Nombre de ménages
Horaires de travail lourds
Nombre de salariés
Temps consacré aux loisirs et à soi
Nombre de salariés
Satisfaction globale à l’égard de la vie
Population totale
Sentiment de sécurité des personnes lorsqu'elles marchent seules dans la nuit
Population totale
Taux d'homicides
Population totale
Source :
CREG
2019.
c) Indicateurs sous-dimensionnels régionaux et calcul de l’IQCV régional
Les indicateurs sous-dimensionnels régionaux sont une agrégation des indicateurs élémentaires (normalisés) régionaux qui composent chaque sous-dimension. En effet, les indicateurs sous-dimensionnels sont une moyenne arithmétique des indicateurs normalisés avec la même pondération.
En définitive, l’IQCV régional de la zone SWEDD est une moyenne arithmétique des indicateurs sous-dimensionnels régionaux avec des valeurs de pondération indiquées dans le tableau ci-dessous. Les valeurs de pondération sont définies en fonction de l’importance que les individus accordent aux différentes sous-dimensions par rapport à leur bien-être.
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 3
: Valeurs de pondération des sous-dimensions de l’IQCV
Sous-dimensions
Engagement civique
Liens sociaux
Environnement
Logement
Équilibre travail-vie
Bien-être subjectif
Sécurité
Pondérations
3
3
4
4
3
3
4
Source :
CREG
2019
, à partir de OCDE (2013).
Dimension 3 : Transitions dans la pauvreté
La mesure et l’analyse de la pauvreté sont d’une importance particulière dans le processus de suivi et d’évaluation de l’efficacité des politiques publiques, mais aussi dans la surveillance de l’évolution de la situation en ce qui concerne la capture du dividende démographique. Les travaux de Sen (1998) indiquent la complexité et du caractère multidimensionnel de la notion de pauvreté.
Au regard des fortes inégalités dans la distribution des richesses et de la grande vulnérabilité des ménages des pays en développement, il parait encore plus important de mieux comprendre le phénomène qu’est la pauvreté et de mieux cibler les populations à risque. A cet égard, les études de la dynamique de la pauvreté ont pour objectif d’identifier les individus qui entrent ou sortent de la pauvreté au fil du temps et d’en analyser les principaux facteurs qui jouent un rôle important dans cette mobilité dans la pauvreté.
C’est dans ce sens que l’Indicateur synthétique de sortie de la pauvreté (ISSP) a été conçu pour mesurer les transitions dans la pauvreté afin d’évaluer le risque plus ou moins grand de voir le bien-être des populations s’améliorer ou se dégrader relativement à la diminution ou à la persistance dans la pauvreté.
L’ISSP s’appuie sur une nouvelle approche de mesure des transitions dans la pauvreté de Dang et Lanjouw (2013). Ces derniers ont développé une méthode de construction de pseudo-panel et d’estimation de la matrice de transition de la pauvreté à partir de deux ou plusieurs enquêtes ménages. Le principe de cette méthodologie consiste à suivre des cohortes d’individus (ou de ménages) dans le temps.
En considérant deux période T1 et T2, la méthode permet d’estimer les 04 états de pauvreté suivants :
: la proportion d’individus qui sont restés pauvres sur les périodes T1 et T2 (pauvreté chronique ou permanente),
: la proportion d’individus ayant transité d’un état de pauvreté à un état de non pauvreté entre T1 et T2 (sortie de la pauvreté),
: la proportion d’individus ayant transité d’un état de non pauvreté à un état de pauvreté entre T1 et T2 (basculement dans la pauvreté), et
: la proportion d’individus qui sont demeurés non pauvres sur les deux périodes T1 et T2 (non pauvreté pure).
Ces 04 états de pauvreté sont construits pour chaque pays de la zone SWEDD. Au niveau régional, la proportion d’individus vivant dans un état de pauvreté est une moyenne de la proportion d’individus dans cet état de pauvreté dans les pays membres pondérée par la population nationale. Ainsi, en désignant par
la proportion d’individus de la zone SWEDD vivant dans un état quelconque de pauvreté (pauvreté chronique
, basculement
, sortie
, ou encore non pauvreté pure
),
on a :
où
est la proportion d’individus
vivant dans
cet état de pauvreté dans le pays
j
, et
la population totale du pays
j
.
L’Indice synthétique de sortie de la pauvreté (ISSP) est un indicateur conçu à partir des quatre différents états de pauvreté ci-dessus présentés. L’ISSP permet de capter, parmi les populations en situation transitoire ou dans un état statique, celles qui sortent effectivement de la pauvreté. Pour la zone SWEDD, l’indicateur de sortie de la pauvreté, noté
,
se
présente comme suit :
La construction de l’ISSP introduit deux nouveaux indicateurs dont il représente la moyenne géométrique. Il s’agit de l’indice de transition et de l’indice de stabilité. Ces derniers sont obtenus à partir des formules ci-dessous :
Et
L’indice de transition capte le degré de transition de la pauvreté à la non pauvreté parmi les vulnérables ou les pauvres transitoires. Quant à l’indice de stabilité, il mesure le poids des ménages non-pauvres purs parmi les ménages qui perdurent dans un état stable sur les deux périodes.
Ainsi,
traduit ainsi le potentiel d’émergence en termes d’amélioration du niveau de bien-être dans la région SWEDD.
Dimension 4 : Capital humain élargi
Définition
Le capital humain recouvre l’ensemble des connaissances, des qualifications, des compétences et autres qualités qui favorisent le bien-être personnel, social et économique. C’est un concept complexe juxtaposant des compétences innées ou acquises via l’éducation, la formation ou l’expérience.
Dans
le cadre des observatoires du dividende démographique, le capital humain est assimilé au développement humain car il représente la composante principale de ce dernier. En effet, le capital humain occupe une place de choix dans le développement des pays. Easterly (2006) montre qu’un pays initialement mieux doté en capital humain croit plus vite qu’un autre pays qui en est moins doté. En conséquence, les investissements en capital humain deviennent un enjeu véritable. D’où Nubukpo (2007) montre que les pays de l’UEMOA doivent poursuivre leurs efforts dans les dépenses publiques en éducation et en santé. C’est dans ce sens que Fall et al. (2012) montrent qu’il est important qu’une coordination efficace se réalise dans l’orientation des dépenses publiques pour impacter la croissance économique.
Indice de développement humain élargi (ou capital humain élargi)
L’indice de développement humain élargi (IDHE) est une extension de l’indice de développement humain (IDH) développé par le PNUD. L’IDHE mesure le niveau de développement humain d’une localité, tout en tenant compte de la durabilité ainsi que l’optimalité des ressources humaines. Sa méthodologie dérive de celle de l’IDH. Il prend en compte trois dimensions essentielles : éducation, santé et le niveau de vie. L’innovation majeure est l’introduction de l’indice synthétique de fécondité pour prendre en compte l’optimalité de la croissance démographique nécessaire à l’enclenchement d’une croissance économique soutenue d’une part, et d’autre part, la consommation par tête en lieu et place du RNB par tête, qui permet de mieux appréhender en plus du niveau de vie de la population, leur bien-être économique.
L’IDHE est une moyenne géométrique des indices composites sous-dimensionnels ; ces derniers étant eux-mêmes déterminés à partir de la moyenne géométrique des indicateurs qui composent chaque sous-dimension. Etant donné que les indicateurs ne sont pas exprimés dans la même unité, ceux-ci sont normalisés entre les valeurs 0 (pire) et 1 (excellent).
La sous-dimension Santé
La santé est appréhendée par l’espérance de vie à la naissance et l’indice synthétique de fécondité.
L’espérance de vie, élément fondamental dans l’appréciation de l'état de santé général d'une population, est définie comme l’âge moyen où décéderait une génération qui subirait, de sa naissance à sa disparition, les conditions de mortalité de l’année d’observation.
L’indice synthétique de fécondité (ISF) donne le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, dans les conditions de fécondité du moment, c'est-à-dire si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. Il permet d’apprécier la vitalité démographique d’un pays.
La sous-dimension Education
Cette sous-dimension donne une idée sur les efforts fournis ou à fournir en termes d’éducation. Elle comprend deux indicateurs :
La durée moyenne de scolarisation (DMS) qui indique pour un adulte le nombre d’années que celui-ci passe en moyenne en éducation. Cet indicateur reflète entre autres la qualité de la main-d’œuvre d’un pays.
La durée attendue de scolarisation (DAS) ou espérance de vie scolaire, montre le niveau global de développement d’un système d’éducation en termes de la durée moyenne. Elle est définie comme le temps moyen (nombre d’années de scolarité) qu’un enfant en âge de scolarisation espère recevoir dans le futur du système éducatif.
La sous-dimension Niveau de vie
Elle renvoie au nombre de biens et services dont peut disposer un individu, un ménage ou un groupe social, en fonction de ses ressources. Dans le cadre de la mesure de l’IDHE, le niveau de vie est approximé par la consommation par tête en lieu et place du RNB par tête.
Construction d’Indice de développement humain élargi régional
L’IDHE régional est construit en suivant les étapes ci-dessous :
calcul d’indicateurs élémentaires régionaux ;
normalisation des indicateurs élémentaires régionaux ;
calcul d’indicateurs sous-dimensionnels régionaux, et
agrégation d’indicateurs sous-dimensionnels régionaux.
La construction de l’IDHE régional nécessite de disposer des indicateurs élémentaires régionaux. Les indicateurs élémentaires de l’IDHE ne souffrent d’aucune ambiguïté en termes de définition ou de mesure. Tous les pays SWEDD mesurent ces indicateurs suivant le même standard et aucun indicateur n’a été remplacé par une variable proxy. De ce fait, ces indicateurs sont comparables entre les pays SWEDD.
I
l est
donc
possible de calculer aisément les indicateurs élémentaires régionaux en prenant une moyenne pondérée des indicateurs élémentaires nationaux.
Les variables de pondération sont indiquées dans le tableau ci-dessous. Toutefois pour le cas de l’indicateur de consommation par tête, une conversion dans une même unité monétaire (USD ppa) est nécessaire avant tout calcul. Le tableau ci-dessous détaille les différentes étapes de construction de l’IDHE régional.
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 4
: Méthode de construction de l’IDHE régional
Sous-Dimensions
Indicateurs élémentaires nationaux
Etape 1 : Calcul d’indicateurs élémentaires régionaux
Etape 2 : Normalisation
des indicateurs élémentaires régionaux
Etape 3 : Calcul d’indicateurs sous-dimensionnels
régionaux
Etape 4 : Calcul de l’IDHE régional
Nom
Unité
Type d’opération
Variable de pondération
Santé
Espérance de vie à la naissance
année
Moyenne arithmétique
Population totale
Indice d’Espérance de vie à la naissance
 :
IEVN =valeur régionale-2080-20Indice de santé :
IS =IEVN*ISFNIDHE=3IS*IE*INVL’indice synthétique de fécondité (ISF)
enfant
Moyenne arithmétique
Nombre de femmes en âge de procréer
Indice synthétique de fécondité normalisé
 :
ISFNx=x3*10;3(x)+8-x8-3*1]3,8]x avec
x
=ISF
régional
Education
Durée moyenne de scolarisation
année
Moyenne arithmétique
Nombre de personnes âgées de 25 ans et plus
Indice de Durée moyenne de scolarisation
 :
IDMS=valeur régionale-015-0Indice d’éducation :
IE= IDMS*IDAS-00,978-0Durée attendue de scolarisation
année
Moyenne arithmétique
Nombre de personnes scolarisées
Indice de Durée attendue de scolarisation
 :
IDAS =valeur régionale-018-0Niveau de vie
Consommation par tête
USD ppa
Moyenne arithmétique
Population totale
Indice de Consommation par tête
 :
ICONST =ln⁡(valeur régionale)-ln⁡(67)ln⁡(20 723)-ln⁡(67)Indice de niveau de vie :
INV= ICONSTSource :
CREG
2019.
Dimension 5 : Réseaux et Territoires
Définition
Un réseau désigne un « ensemble
organisé d’unités de production partiellement séparables, caractérisées par des niveaux élevés de diversité, de complémentarité et d’interdépendance, aussi bien en ce qui concerne les technologies existantes que les techno
logies potentielles » (Antonelli,
2003)
. Un territoire, quant à lui, est un
espace spécifique et non séparable de son contenu. Il se caractérise par une localisation et un groupe, un processus d'appropriation, un processus de ges
tion, un héritage et un projet (Bailly, 1994)
. Il intègre donc l’espace,

le caractère juridique et institutionnel, les aspects politiques, sociologiques, culturels.
Guigou et al. (2001)
montrent que l’espace se façonne dans sa prise en compte économique et sociale à travers les interactions des acteurs. Les flux extérieurs, notamment les transferts des migrants par le bien de réseau de communication contribuent à la dynamique territoriale des pays (Dramani, 2013).
Ainsi, les réseaux et territoires sont constitués des éléments de « structures » entre lesquels s’établissent des interactions qui sont susceptibles d’avoir un impact sur l’économie locale.
Indicateur des réseaux et territoires
L
’indicateur
synthétique
de réseaux et territoire
s (ISRT)
renseigne sur la mobilité territoriale en décrivant l’attractivité des zones, la migration humaine, les flux financiers et de biens et services, ainsi que la répartition des infrastructures d’un territoire national.
Ainsi, l’ISRT
couvre les quatre
champs : la migration, l’urbanisation, les infrastructures et les flux financiers.
Il est alors une combinaison des indicateurs composites sous-dimensionnels construits pour chacun de ces quatre champs. Ainsi, il sera construit dans un premier temps un indicateur composite pour chaque sous-dimension notamment Attractivité (migration
XE "migration" ), Urbanisation, Infrastructures et services de base, et Flux et capacités financiers. Chacun de ces indicateurs composites est lui-même une combinaison de variables simples qu’il faut normaliser auparavant, car celles-ci ne sont pas exprimées dans la même unité.
Les indicateurs (variables) élémentaires qui composent chaque sous-dimension sont indiqués dans le tableau ci-dessous.
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 5
: Sous-dimensions et indicateurs élémentaires des Réseaux et Territoires
Sous-dimensions
Indicateurs élémentaires
Urbanisation
Densité de la population
Taille moyenne des ménages
Taux d'urbanisation
Nombre de ménages locataires
Nombre de ménages propriétaires
Migration
Nombre de migrants entrants
Nombre de migrants sortants
Population totale
Infrastructure et services sociaux de base
Taux d’accès aux infrastructures et services sociaux de base
Taux de qualité des infrastructures et services sociaux de base
Taux de demande satisfaite de contraception moderne
Taux d’accouchements assistés par du personnel soignant qualifié
Flux financiers
Montant des transferts reçus
Montant des transferts versés
Produit intérieur brut (PIB)
Taux d’accès aux services de transferts formels
Revenu national brut par habitant
Consommation alimentaire par tête
Source : CREG/CREFAT (2017), Dramani (2019).
Construction de l’ISRT régional
La construction de l’ISRT régional est effectuée à partir des indicateurs élémentaires nationaux. Lorsqu’on dispose des indicateurs élémentaires nationaux, les étapes suivantes sont suivies pour déterminer l’ISRT régional.
calcul d’indicateurs élémentaires régionaux ;
normalisation ;
calcul d’indicateurs sous-dimensionnels régionaux, et
agrégation d’indicateurs sous-dimensionnels régionaux.
Il est important de noter que les indicateurs élémentaires sont normalisés de sorte que les valeurs soient comprises entre 0 (le pire score) et 1 (le meilleur score). L’indice sous-dimensionnel régional est obtenu par la moyenne géométrique des indicateurs régionaux normalisés qui composent la sous-dimension. L’ISRT régional représente lui aussi la moyenne géométrique des indices sous-dimensionnels régionaux. Le tableau ci-après résume la méthode de calcul de l’ISRT régional.
Tableau
STYLEREF 1 \s 2
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 6
: Méthode de construction de l’ISRT régional
Sous-Dimensions
Indicateurs élémentaires nationaux
Etape 1 : Calcul d’indicateurs élémentaires régionaux
Etape 2 : Normalisation
et/ou calcul d’indicateurs intermédiaires
Etape 3 : Calcul d’indicateurs sous-dimensionnels
régionaux
Etape 4 : Calcul de l’I
SRT
régional
Type d’opération
Variable de pondération
Urbanisation
Densité de la population

(
dens
)
Moyenne arithmétique
Superficie
Indice d’urbanisation :
Taille des ménages

(
t
me
n
)
Moyenne arithmétique
Nombre de ménages
Taux d'urbanisation

(
t
urb
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Nombre de ménages locataires

(
loc
)
Somme
Ratio locataires sur propriétaires :
Nombre de ménages propriétaires

(
pro
)
Somme
Migration
Nombre de migrants entrants
(
entr
)
Somme
Indice
d’entrée :

&
Indice
de sortie :
Indice migration
 :
Nombre de migrants sortants

(
sort
)
Somme
Population totale

(
pop
)
Somme
Infrastructures et services sociaux de base
Taux d’accès à l’eau
(
ac1
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indice d’accès aux infrastructures et services sociaux de base
 :
Indice
Infrastructures et Services sociaux de base :
Taux d’accès à l’électricité
(
ac2
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux d’accès à la santé
(
ac3
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux d’accès à l’école primaire
(
ac4
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux d’accès au marché
(
ac5
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux d’accès au transport
(
ac6
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux de demande
s
satisfaite
s

en
contraception
(
ac7
)
Moyenne arithmétique
Nombre de femmes en âge de procréer
Indicateur de qualité de l’eau
(
qt1
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indice
de qualité

des
infrastructures et services sociaux de base
 :
Indicateur de qualité de l’électricité
(
qt
2
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indicateur de qualité de la santé
(
qt
3
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indicateur de qualité de l’école primaire
(
qt
4
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indicateur de qualité du marché
(
qt
5
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Indicateur de qualité du transport
(
qt
6
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Taux d’accouchements assistés par du personnel soignant qualifié

(
qt7
)
Moyenne arithmétique
Nombre de femmes en âge de procréer
Flux et capacités financiers
Transferts reçus, en USD ppa
(
trr
)
Somme
Indice des transferts :
Indice Flux et capacités financiers :
Transferts reçus, en USD ppa
(
trv
)
Somme
PIB, en USD ppa
Somme
Taux d’accès aux services de transferts formels

(
stf
)
Moyenne arithmétique
Population totale
RNB par hbt, en USD ppa
Moyenne arithmétique
Population totale
Consommation alimentaire par hbt, en USD ppa
(
cpc
)
Moyenne arithmétique
Population totale
Source :
CREG
2019.
ANALYSE DES RESULTATS
——————————————————————————-
La présente section est consacrée aux résultats de la construction des indicateurs régionaux de DDMI. Elle commence par l’analyse des résultats de chaque dimension prise isolément et se termine par la synthèse des cinq dimensions.
DIMENSION 1 : DEFICIT DU CYCLE DE VIE
Le déficit de cycle de vie permet de mesurer la contribution des individus effectivement actifs selon leurs classes d’âge au financement de la consommation des individus inactives. Il représente la différence entre les profils de consommation et de revenu du travail pour chaque individu d’un âge donné. On observe donc soit un excédent lorsque la rémunération du travail excède la consommation, soit un déficit dans le cas contraire. L’étude des déficits et des excédents observés aux différents âges permet de mesurer le poids relatif des générations et d’analyser les éventuelles inégalités intergénérationnelles. Elle permet également d’apprécier le volume des transferts dont bénéficient individus économiquement dépendants notamment les jeunes et les séniors. Ces deux groupes de personnes sont celles qui sont "naturellement" les plus touchées par
la
dépendance économique.
La méthodologie des NTA utilisée ici a
perm
is
de percevoir de façon très complète les groupes d’âge ou les générations qui ont besoin des transferts au cours d’une période donnée afin d’apprécier les niveaux individuel et global de la dépendance économique dans la zone SWEDD. Le graphique
ci-après présente

les
profils
moyens
par âge de consommation et de revenu
permettant d’identifier les âges qui sont économiquement dépendants et ceux qui ne le sont pas.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 1
: Profils moyens de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014
Source :
CREG
2019.
Il ressort de l’analyse du graphique que, dans la zone SWEDD, le niveau de consommation dépasse celui du revenu du travail au cours des deux périodes du cycle de vie suivantes : 0-27 ans et 64 ans et plus. Les individus appartenant à ces tranches d’âges consomment plus qu’ils ne produisent. Ces derniers ont nécessairement eu recours à d’autres sources de revenus pour leur consommation. L’âge moyen à partir duquel les individus deviennent économiquement indépendants
(
c’est-à-dire l’âge moyen à partir duquel ils produisent plus qu’ils ne consomment
)
est estimé à 28 ans dans la zone SWEDD. Dans cette zone, les individus retombent dans la dépendance économique à partir de 6
4
ans. En d’autres termes, à partir de cet âge, ils redeviennent des consommateurs nets. La période de 0-27 ans correspondant à celle de l’enfance et de la jeunesse concentre ou dégage la majeure partie du déficit économique de la zone. en 2014, le déficit maximal est observé à l’âge de 16 ans et s’élève à 676 dollars US. Cela montre que la zone SWEDD fait face à un problème de jeunesse. Pour la période de vieillesse (64 ans et plus), le déficit le plus élevé est observé pour la tranche d’âge de 84-85 ans et s’élève à 726 dollars US en 2014.
A l’inverse, les individus de la tranche d’âge de 28 – 63 ans dégagent un surplus économique. Autrement dit, leur revenu du travail arrive à couvrir entièrement leur consommation ; ce qui leur permet de financer la consommation d’autres individus notamment les jeunes et les séniors qui sont dans la dépendance économique. Dans la zone SWEDD, la durée
de cumul du surplus économique
est estimée 36 ans en 2014. Toutefois, il faut noter quelques disparités entre les différents pays. Par exemple, la durée
de cumul
d
u
surplus est estimée à 41 ans au Burkina Faso alors qu’elle est de 34 ans au Tchad pour la même année.
Ces différences s’expliquent par l’hétérogénéité perceptible aussi bien au niveau des dates (année d’âge) de début du surplus qu’au niveau des dates (en année) de fin de surplus. La durée de surplus relativement longue de Mauritanie (39 ans) comparativement aux autres pays de la zone s’explique d’une part par l’espérance de vie relativement la plus élevée (63 ans) de la zone SWEDD et d’autre part par le revenu relativement élevée des seniors qui sont aussi bien dans l’emploi salarié que dans l’auto-emploi. Par contre, les performances du Burkina
Faso
s’expliquent par une indépendance économique ou une entrée précoce des jeunes Burkinabè sur le marché de travail.
Tableau
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Tableau \* ARABIC \s 1 1
: Récapitulatif des durées de cumul de surplus dans les pays SWEDD (en années)
Zone / Pays
Début du surplus
Fin du surplus
Durée
Bénin
28
60
33
Burkina Faso
26
66
41
Cote d’Ivoire
29
63
35
Mali
27
62
36
Mauritanie
30
68
39
Niger
28
63
36
Tchad
28
61
34
SWEDD
28
63
36
Source :
CREG
2019.
En moyenne pour l’ensemble des pays du projet SWEDD, le surplus maximal est estimé à 758 dollars US et est observé à partir de 43 ans. En termes agrégé, le surplus généré par les individus de 28 à 63 ans s’élève à 15,052 Milliards de dollars US (voir graphiques ci-dessous). Ce surplus est destiné au financement des besoins des enfants et jeunes de 0-27 ans ainsi à la prise en charge des besoins des séniors de 64 ans et plus. Les jeunes de moins de 28 ans consomment une part très importante des revenus
produit
es
par les travailleurs effectifs du fait de l’importance de leurs besoins en santé et en éducation
,
notamment. De plus, ils représentent une part importan
t
e de la population totale de la zone en termes d’effectif (70,2% de la population totale en 2014). Par contre, les personnes âgées de 64 ans et plus, relativement peu nombreuses (2,9% de la population en 2014) ont une consommation faible et ne dégagent pas de revenus du travail suffisants pour la satisfaire.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 2
: Profils agrégés de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014
Source :
CREG
2019.
Cette demande sociale évaluée à 37,172 milliards de dollars US en 2014 est plus de deux (02) fois supérieure à l’excédent dégagé par la population des producteurs effectifs de la même année. Ce qui conduit à un déficit total estimé à 22,12 milliards de dollars US pour la zone SWEDD en 2014. Le déficit des jeunes représente environ 97% du déficit total contre 3% pour les seniors. Une telle situation est le reflet de leur prédominance numérique mais également de l’importance des niveaux de consommation intergénérationnelle. Ces informations permettent ainsi d’illustrer le déséquilibre financier global qui existe entre les deux tranche d’âge déficitaires (0-27 ans et 64 ans et plus) et celle dégageant du surplus économique (28-63 ans). La situation décrite ci-dessus soulève le problème de financement de ce déficit, de la prise en charge des populations dépendantes et de la capacitation des jeunes qui représentent un potentiel humain considérable dont la valorisation constitue un défi majeur. En effet, la forte dépendance à la jeunesse montre que le surplus économique enregistré ces dernières années par chacun des
sept (07)
pays du SWEDD reste insuffisant pour faire face aux défis des jeunes qui demeurent confrontés à un chômage et à un sous-emploi important.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 3
: Déficit du cycle de vie agrégé dans la zone SWEDD, 2014
Source :
CREG
2019.
Ce graphique montre le poids très important du déficit à la jeunesse contre un surplus économique relativement très insignifiant dans la région SWEDD. Cela témoigne des défis que doivent faire face les décideurs de la zone qui dispose pour la plupart de populations très jeunes. Si les tendances de croissance démographique sont maintenues au rythme actuel, les jeunes (19% de la population SWEDD est jeune de 15 – 2
4
ans) vont gonfler le marché de travail qui est par ailleurs très rigide. Ces nouveaux entrants sur le marché du travail vont se répartir entre les diverses catégories existantes notamment l’emploi informel, l’emploi précaire, le chômage mais aussi l’inactivité. Il faudra donc créer les conditions nécessaires pour que cette jeunesse, majoritairement urbaine, puisse accéder à des emplois décents et prendre part à l’élaboration des politiques de développement du pays aux niveaux central et décentralisé.
Couverture de la dépendance économique
Une personne est économiquement dépendante lorsque son revenu du travail ne couvre pas entièrement sa propre consommation. Ainsi, une partie de sa consommation serait financée par le travail d’autres individus. Dans une population, la couverture de la dépendance économique est mesurée par le rapport entre le surplus dégagé par la population active et la somme de déficit à la jeunesse et à la vieillesse. Ce taux de couverture est encore appelé Indicateur de couverture de la dépendance économique (ICDE). Il permet de mesurer la capacité des travailleurs à pouvoir supporter les besoins de consommation des personnes dépendantes.
Dans la zone SWEDD, la dépendance économique est observée chez les individus de 0-27 ans et 64 ans et plus. Leur déficit est estimé à 37,172 milliards de dollars US. Les personnes de la tranche d’âge 28-63 ans quant à elles, génèrent un surplus qui s’élève à 15,052 milliards de dollars US et ne couvrent que 40,5% du déficit des personnes dépendantes. L’ICDE ainsi calculé révèle un écart 9,5 points par rapport à la cible moyenne de 50% de couverture de dépendance économique dans la zone SWEDD
.
Ratio de soutien régional
Dans la zone SWEDD le ratio de soutien économique (RSE) s’établit à 40,8% en 2014. En d’autres termes, 40 travailleurs effectifs peuvent prendre en charge 100 consommateurs effectifs et donc, pour 60 individus, la demande en termes de consommation n’est pas satisfaite. Un tel niveau du ratio dénote d’une forte dépendance économique de la population SWEDD. Une analyse désagrégée montre que le RSE est de 0,5% chez les enfants, de 4,7% chez les jeunes, de 34,6% chez les adultes et de 1% chez les seniors. De tels résultats appellent de notre part un certain nombre de commentaires :
Un ratio de soutien des enfants faible mais non nul pour la tranche d’âge 0-14 ans, montre
en réalité
que
la contribution au RSE global est de
0,5%
.
Ce ratio qui devrait être nul, si toutes les dispositions de lutte contre le travail des enfants étaient appliquées, interpelle notre réflexion. Mais également, la faiblesse du ratio de soutien économique pour cette tranche d’âge est plus expliquée par le poids pléthorique de la population des enfants de 0-14 (47%) et moins par la faiblesse du nombre de travailleurs effectifs dans cette tranche d’âge. En effet, la zone SWEDD comptabilise des milliers d’enfants qui travaillent et génèrent un revenu.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 4
: Ratio de soutien économique par tranche d’âge de la zone SWEDD, 2014

Source :
CREG
2019.
Le fait même qu’un enfant de moins de 15 ans puisse être impliqué dans une quelconque activité productive est dramatique à plusieurs titres. D’une part, l’entrée précoce dans la vie active réduit fortement le temps de présence à l’école de ces enfants ou les contraint à sortir très tôt du système éducatif. D’autre part, le fait que des enfants de cet âge puissent être amenés à travailler pour soutenir l’effort collectif dans un ménage est la résultante, dans la plupart des cas, de l’extrême pauvreté et de la vulnérabilité des ménages d’origines.
Quant au RSE des jeunes, il montre que ces derniers ne s’assument pas économiquement. En effet, il ressort pour la zone SWEDD que, pour les jeunes de 15-24 ans, seul 5% de ces derniers ont une demande satisfai
t
par leur propre travail. Ce qui résume la situation de précarité économique dans laquelle se trouvent ces jeunes et la lourde charge qu’ils représentent en termes de transferts aussi bien publics que privés.
Cette forte dépendance économique à la jeunesse est expliquée par de multiples faits : (i) les jeunes sont les premières victimes du chômage ; (ii) les jeunes en emploi, sont, pour la plupart, absorbés par les secteurs informel et traditionnel et/ou sont en situation de sous-emploi, avec
de faibles revenus du travail ;
(iii) l’entrée dans la vie active est souvent tardive pour ces jeunes, les pr
e
m
iers
demandeurs étant confrontés aux dures réalités du monde du travail.
Par ailleurs, la sortie tardive de ces jeunes de la situation de dépendance économique, qui fait suite à leur difficulté à trouver des emplois et/ou à la nature précaire des emplois qu’ils occupent, retarde de manière substantielle, le processus de constitution d’un patrimoine suffisant, ce qui aura une incidence certaines sur leur probabilité de se retrouver encore en situation de dépendance économique en fin de vie.
Les adultes sont la tranche d’âge la moins dépendante économiquement. En effet, leur ratio de soutien économique s’établit à 0,3
5
pour la zone SWEDD. Donc, pour la tranche d’âge 25-64 ans, 3
5
adultes producteurs supp
ortent la charge de 100
consommateurs effectifs
de tous âges
.
Mais en limitant uniquement aux consommateurs adultes, le ratio passe à 88%.
Ce qui fait de cette tranche d’âge, la m
oins dépendante économiquement de
toutes les tranches d’âge confondues.
Dans la réalité des faits, cette part non dépendante des adultes ne "soutient" pas intrinsèquement que les autres adultes dont la demande n’est pas satisfaite, elle endosse également les transferts en direction des autres tranches d’âge. Ce qui fait de cette catégorie de la population, celle dont les charges économiques
supportées
sont les plus lourdes. Cette situation a pour conséquence une faible accumulation de leurs avoirs et actifs, qui ne sont très souvent pas suffisants pour financer leurs propres vieillesses.
Enfin, les séniors quant à eux, vivent encore de leur revenu du travail plutôt que de leur revenu du patrimoine uniquement. L’analyse fait ressortir que

1% des seniors (65 ans et plus) génèrent encore un revenu du travail, alors qu’à ces âges, ces seniors devraient plutôt vivre de leur pension de retraite ou de leurs patrimoines constitués tout au long de leur cycle de vie.
En considération de l’âge légal d’admission à la retraite dans les 6 pays SWEDD, il parait évident que ces revenus sont majoritairement tirés de l’auto-emploi, ce qui confirme, la part importante des secteurs informel et traditionnel dans les emplois. Par ailleurs, une telle situation montre également l’insuffisance des dispositions prises par les individus eux-mêmes, par les familles et par les pouvoirs publics pour anticiper le financement de la consommation des personnes âgées. Au niveau microéconomique, la réalité est que ces séniors travaillent à des âges avancés, pour se prendre en charge et pour également assurer les transferts vers les plus jeunes, ce qui, dans ce cercle vicieux de la dépendance, créé aussi un effet d’éviction sur le marché du travail vis-à-vis de ces mêmes jeunes.
DIMENSION 2 : QUALITE DU CADRE DE VIE
En moyenne et sur l’ensemble des pays membres du Projet SWEDD, le cadre de vie est d’une qualité relativement satisfaisante. En effet, l’indice de qualité du cadre de vie (IQCV) de la région est de 53,7% en 2014. Ce score est supérieur au seuil minimal de 50% requis pour entamer l’exploitation ou la capture du dividende démographique. En d’autres termes, les populations de la zone SWEDD bénéficient d’un cadre de vie relativement de bonne qualité susceptible d’avoir des effets positifs sur l’exploitation de leurs potentialités démographiques
.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 5
: IQCV et ses composantes dans la région SWEDD
Source :
CREG
2019.
Ce score est le fruit d’importants efforts consentis dans plusieurs domaines ou dimensions en lien avec
le cadre de vie par les pays de la région. Ainsi, l’indice de qualité du cadre de vie est moyennement satisfaisant dans une perspective de capture du dividende démographique. Toutefois, d’importants efforts nécessitent d’être consentis pour éviter une rapide dégradation de ce score qui est juste à 4 points du seuil minimal de 50%. Le score relativement satisfaisant de l’IQCV de la zone SWEDD est principalement porté par la performance réalisée dans les sous-dimensions « 
Liens sociaux
 » avec un
score de 54,9%, « 
Bien-être subjectif
 » avec un score de 54,6%, « 
Equilibre Travail/Vie privée
 » avec un score de 77,8% et « Sécurité »
avec

un score de 51,4%. Ces scores traduisent, non seulement les progrès réalisés par les pays en termes d’amélioration du cadre de vie, mais également sont les reflets de certaines caractéristiques socio-culturelles des pays
a
fricains notamment ceux de la zone SWEDD.
En effet, les pays
a
fricains sont sociologiquement et culturellement caractérisés par la solidarité et l’entraide familiale ; ce qui leur confère une meilleure qualité de leur réseau social. Ainsi,

le score de 54,9% de la sous-dimension « 
Liens sociaux
 » caractéris
ant la qualité du réseau social
reste relativement faible au regard des caractéristiques socio-culturelles des pays. Ce score
, quoique supérieur au seuil minimal de 50%,
traduirait une détérioration du tissu de solidarité qui caractérise les pays
a
fricains notamment ceux du SWEDD. Cela résulterait également une forte hétérogénéité des liens sociaux au sein des pays SWEDD.
A
lors que le Niger, le Bénin et le Tchad présentent un score de liens sociaux relativement élevés de 74%, 63% et 63,1% respectivement en 2014, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire obtiennent des scores dimensionnels de liens sociaux relativement faibles de 32,3% et 49,6%. De faibles scores ou une dégradation du score de la sous-dimension « 
liens sociaux
 » est symptomatique d’une dislocation sociale pouvant conduire à une crise sociale. Toutefois, des efforts doivent être encore engagés en vue d’une amélioration du cadre de vie au Mali (56,3%) et en Mauritanie (58%). Le score de la sous-dimension « Bien-être subjectif » de 54,6% moyennement satisfait, bien qu’étant la résultante de l’ensemble des politiques pouvant affecter la vie des individus, revêt également un caractère purement subjectif lié à la sociologie et l’environnement de vie. En effet, au-delà des éléments relatifs aux conditions matérielles de vie, le bien-être des populations Africaines est également conditionné par des considérations et valeurs socio-culturelles et sociétales.
Dans la région SWEDD, environ 55% de la population affirme
être satisfaite
à l’égard de
la
vie en 201
4
. Cette proportion est relativement très élevée dans les pays comme la Mauritanie, le Niger et le Tchad avec des scores de 94,1%, 75,3% et 74,1% respectivement. Cela traduirait le ressenti positif des populations vis-à-vis des politiques publiques mise
nt
en œuvre dans ces pays. Toutefois, la situation en termes de bien-être subjectif est encore critique dans certains pays de la région SWEDD tels que le Bénin et le Burkina Faso avec des scores de 32,8% et 26,6 respectivement en 2014. La sous-dimension « 
Equilibre Travail/vie privée
 » constitue une des sous-dimensions du cadre de vie où la région SWEDD réalise de bonne performance. En effet, le score de l’indice pour la région est de 77,8% en 2014. En d’autres termes, environ 78% de la population active occupée, il réalise un parfait équilibre entre leur travail professionnel et leur vie privée ; ce qui leur permet une optimisation de leur potentiel humain. Plus précisément, 78% de la population de la région SWEDD dispose de temps accordé au plaisir (loisir et aux activités personnelles) et réalise moins de travaux lourds. Au sein de la région, l’indice de cette sous-dimension est particulièrement élevé dans certains pays tels que Mali (85,4%) et le Niger (82,1%).
Par contre, le Tchad réalise une performance moyennement satisfaisante de 52,6% qui s’avère relativement faible au regard de l’ensemble des autres pays de la région. Pour ce qui concerne le sentiment de sécurité, la région SWEDD présente un score moyennement satisfaisant. En effet, le score de la sous-dimension « 
Sécurité
 » est de 51,4 en 2014 dans cette région. Ce qui signifie que 51% environ des populations de la région SWEDD déclare se sentir en sécurité ou encore estime la situation sécuritaire de la région paisible et favorable à l’exploitation de leur potentiel humain. Bien que satisfaisant, la sécurité dans cette région nécessite une attention particulière au regard des défis de sécurité rencontrés par les pays notamment les groupes d’attaques terroristes à l’instar de
Boko Haram
. Toutefois, le sentiment de sécurité est à relativiser au sein des pays du SWEDD. En effet, si à l’échelle de la région, la sous-dimension « 
Sécurité
 » enregistre un score moyennement acceptable, des pays tels que le Niger (85,6%), la Côte d’Ivoire (63%) affichent des scores relativement élevés témoignant ainsi l’impact positif des efforts en faveur de l’amélioration de la sécurité dans ces pays. Le sentiment sécurité reste très critique dans les pays tels que le Bénin (38,8%), le Burkina Faso (33,5%), le Mali (31,5%) et le Tchad (45,4%)
qui
sont, à l’exception du Bénin, en proie à des attaques terroristes et des conflits intercommunautaires.
Par ailleurs, au-delà des quatre (04) sous-dimensions qui contribuent positivement à l’amélioration du score de l’indice de qualité du cadre de vie dans la région SWEDD, trois autres sous-dimensions constituent des défis importants pour l’IQCV de la région. Il s’agit principalement des sous-dimensions « 
Engagement civique et gouvernance
 », « 
Environnement
 » et les « 
conditions de logement
 ». En effet, le score de la sous-dimension « 
Environnement
 » de 46,9% apparaît faible et inférieur à 50%. Cela est principalement dû à l’état avancé de la pollution de l’air dans la plupart des pays de la région. Toutefois, bien que les pays membres du projet SWEDD aient réalisé des avancées en matière d’amélioration de l’accès et de la qualité de l’eau, la perception des populations demeurent relativement mitigée.
En moyenne, les pays tels que le Bénin (57,2%), la Côte d’Ivoire (57,5%) et le Mali (55%) affichent des scores sous-dimensionnels moyennement satisfaisants et supérieurs au seuil minimal de 50% requis pour l’exploitation du dividende démographique. Ces pays ont connu de progrès considérables en termes de la pollution de l’air notamment dans les métropoles mais également ces pays ont consenti d’importants efforts en termes de l’amélioration de la qualité de l’eau. De l’autre côté, les pays tels que le Burkina Faso (44,7%), la Mauritanie (44,3%), le Niger (22,4%) et le Tchad (45,2%) affichent des scores peu satisfaisants (en dessous du seuil de 50%) quant à la situation environnementale. Ces pays sont géographiquement enclavés et caractérisés par le désert avec son cortège de tempêtes de sable qui contribuent à la dégradation de la qualité de l’air.
Pour la région SWEDD, l’engagement civique et gouvernance demeurent un défi important à relever dans la quête de création d’un cadre de vie propice au plein épanouissement du potentiel humain. En effet, en ce qui concerne la sous-dimension « Engagement civique et gouvernance », la région SWEDD affiche un score relativement peu satisfaisant de 47,4% en 2014. Ce score paraît faible car il est inférieur au seuil de 50% nécessaire à l’amélioration de l’IQCV pour une éventuelle capture du dividende démographique. La région est encore, en ce qui concerne cette sous-dimension, à 3 points environ du seuil de 50% pour commencer à contribuer favorablement à la capture du dividende démographique. Cette faible performance sous-dimensionnelle est imputable à deux facteurs. Il s’agit d’un relatif désengagement noté en ce qui concerne la participation de la population aux joutes électorales pour lesquelles celle-ci affiche une méfiance en raison de la mauvaise gouvernance. De plus, il est à noter également la relative faible implication de la population dans l’élaboration des règles et lois régissant la gestion de la cité. Toutefois, il existe une certaine disparité au sein de la région SWEDD quant à cette sous-dimension de la qualité du cadre de vie. Parmi les sept (07) pays du projet SWEDD, deux (02) obtiennent des scores relativement satisfaisants au regard de l’engagement civique et gouvernance. Il s’agit du Bénin et du Niger qui affichent des scores de 61,4% et 51,1% respectivement. Pour les cinq (05) autres pays du projet SWEDD à savoir le Burkina Faso (48,5%), la Côte d’Ivoire (42,9%), le Mali (44,3%), la Mauritanie (38,8%) et le Tchad (43,7%), des efforts importants restent à faire pour l’amélioration de la situation de l’engagement civique et de la gouvernance nécessaire pour un cadre de vie de bonne qualité dans la région. Ces efforts concernent prioritairement une implication active des populations dans la gestion de la cité et de mettre en œuvre des pratiques de bonnes gouvernance dans le but de rétablir la confiance entre les populations et les décideurs politiques.
Les conditions de logement restent l’un des défis majeurs affectant négativement le cadre de vie dans la région SWEDD. En effet, la sous-dimension « 
Conditions de logement
 » présente un score de 47,8% inférieur à 50%. En d’autres termes, cette sous-dimension plombe l’indice de la qualité du cadre de vie dans la région. Cela est dû principalement au coût du logement relativement élevé notamment dans les métropoles des pays de la région. Bien que la région a fait de
s
progrès considérable
s
dans l’amélioration de l’accès aux équipements sociaux de base et sanitaires, la répartition inter-pays et au sein des pays. L’hétérogénéité au regard de cette sous-dimension est relativement plus prononcée au sein de la région. Le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie affichent respectivement des scores de 50,2% ; 63,9% et 55,9%. Pour ces pays, les conditions de logement contribuent moyennement à l’amélioration du cadre de vie dans le but d’accélération du processus du dividende démographique. Le score de cette sous-dimension est particulièrement faible au Mali (35%) où des efforts importants restent à faire. Les autres pays tels que le Burkina Faso, le Niger et le Tchad présentent des scores aussi faibles de 40,5% ; 43,5% et 48,7% respectivement.
DIMENSION 3 :
TRANSITIONS DANS LA
PAUVRETE
Au niveau régional, 23% des individus sont sortis de la pauvreté. Il convient de constater que c’est au Burkina Faso (35,2%) qu’on note le niveau de sortie de la pauvreté le plus élevé alors que les taux les plus faibles sont observés au Mali (16,2%), au Niger (16%) et en Mauritanie (15,3%)
.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 6
: Sortie de la pauvreté dans les pays de la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
En ce qui concerne le basculement dans la pauvreté, 19,7% des individus de la zone SWEDD sont passés d’un état de non pauvreté à un état de pauvreté sur une certaine période. Plus spécifiquement, c’est en Mauritanie (4,3%) qu’on note le plus faible niveau d’entrée dans la pauvreté suivi du Tchad (11,9%) et du Niger (13,2%). Par contre, des pays comme le Burkina Faso, le Bénin et la Côte d’ivoire ont des niveaux assez élevé de basculement dans la pauvreté avec 28,7%, 27,7% et 23,3% respectivement.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 7
: Basculement dans la pauvreté des pays de la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
Par rapport à la trappe à pauvreté, les résultats montrent qu’au niveau des pays SWEDD, 24,3% des individus demeurent dans la pauvreté. La pauvreté chronique est plus accentuée au Tchad (34,8%), au Niger (32,2%) et au
M
ali (31,4%). A l’inverse, des pays comme le Burkina Faso et le Bénin enregistrent des niveaux de trappe à pauvreté relativement faible, avec 11,5% et 12,4% respectivement.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 8
: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
Pour ce qui est de la non pauvreté pure, la proportion de ceux qui restent stable dans la non pauvreté est élevée en Mauritanie (53,7%). De plus, des pays comme le Niger (38,6%), le Mali (36,9%), le Bénin (36,1%) et le Tchad (33,1%) ont des niveaux de non pauvreté pure au-dessus de la moyenne régionale évaluée à 33%. Les niveaux de non pauvreté pure les plus faibles sont enregistrés en Côte d’ivoire (27,8%) et au Burkina Faso (24,7%).
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 9
: Non-pauvreté pure des pays de la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
Une analyse au niveau régional des dynamiques de pauvreté montre qu’au sein des pays de la zone SWEDD, 33% de la population demeurent dans la non pauvreté contre 24% qui restent pauvres sur une période assez longue. Pour ce qui des situations de transition dans la pauvreté, 23 % de la population sont sorties de la pauvreté contre 20% qui ont basculé dans la pauvreté.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 10
: Transitions dans la pauvreté au niveau régional, SWEDD
Source :
CREG
2019.
L’ISSP au niveau régional s’établit à 55,7%. Pour chaque pays de la zone SWEDD, l’ISSP est supérieur à 50%. Ce qui dénote une possible amélioration du niveau de bien-être des populations. En particulier, la Mauritanie (72,2%), le Burkina Faso (61,4%) et le Bénin (58,7%) présentent les meilleures potentialités d’émergence suivis du Tchad (55,4), du Niger (54,7%), de la Côte d’ivoire (53,7%) et du Mali (52,5%).
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 11
: ISSP des pays de la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
DIMENSION 4 : DEVELOPPEMENT HUMAIN
ELARGI

L’indice de développement
h
umain
élargi (ou é
tendu
), en abrégé IDHE,
est relativement faible au niveau de la zone SWEDD avec un score de 43,2%. Ce faible score est plus expliqué par la contre-performance réalisée au niveau de la sous-dimens
ion éducation évaluée à 26,2%. Le niveau du développement humain élargi le plus faible est observé au Niger (31%) et au Tchad (36%). En revanche, les scores les plus élevés de l’IDHE sont détenus par la Mauritanie (57%) et la Côte d’Ivoire (51%).
En matière d’éducation,
le Niger
et
le Burkina Faso détiennent les stocks de capital humain les plus faibles au niveau de la
région
SWEDD avec respectivement des scores de 18,2% et 19,4%. Au Burkina Faso, la situation du capital humain est assez préoccupante au regard des statistiques disponibles. En matière d’éducation, la durée moyenne de scolarisation de la population adulte âgée de 25 ans ou plus était de 1,4 an en 2014, et la durée attendue de scolarisation est de 7,7 ans pour la population de 7 à 24 ans pour la même année (EMC, 2014). Par contre la Mauritanie, grâce à ces divers moyens et politiques consacrés par le gouvernement depuis une décennie pour améliorer l’accès à l’éducation, a le score le plus élevé avec 0,647.
Dans ce pays, l
e taux brut de scolarisation a atteint 100,9% (97 pour les garçons et 105 pour les filles) en 2014 quant au taux d’achèvement, il a connu une amélioration sensible en passant de 59% à 72 % en 2014.
La sous-dimension santé ainsi que la sous-dimension niveau de vie sont à des scores acceptables car supérieurs
au seuil de 50%. En effet, ces deux sous-dimensions

présentent des scores de
50,5%
et
57,2%

respectivement. En matière de santé, la Mauritanie avec un score de 0.677 tire plus l’indice vers la cible suivie du Bénin (0.665) et de la Cote d’ivoire (0.617). Des efforts doivent être faits par les pays comme le Tchad (0.306) et le Niger(0.402) dont les scores demeurent insuffisants. De plus, la fécondité est très élevée dans la zone SWEDD avec un ISF moyen de 5,5 supérieurs à celui de l’Afrique subsaharienne estimé à 4,7. Pour le Niger, l’indice synthétique de fécondité qui malgré une légère baisse entre 2012 et 2017 reste un des plus élevés
au monde
. Ce taux
élevé
est lié à la faible utilisation des méthodes de contraception moderne
, entre autres
.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 12
: Indicateur de développement humain étendu par pays et au niveau régional
Source :
CREG
2019.
L’indice de niveau de
vie est
faible au Bénin

(0,486) et au Mali

(0,451). Avec un tel niveau de vie, le Bénin
et le Mali devront
faire de
s efforts à concurrence de 0,02 point et 0,05 point respectivement
pour combler
leur gap par rapport à 50%
. Au Mali, le ratio de soutien économique situé à 43% montre la forte dépendance économique. La durée du cy
cle de vie pendant laquelle le M
alien produit en moyenne un surplus est d’
environ 37 ans (de 27 à 63 ans). L
es personnes de moins de 26 ans et celles de plus de 63 ans
sont
économiquement dépendant
es
car ayant une consommation supérieure à leur revenu du travail. L’indice du niveau de vie estimé à 67% pour la Mauritanie demeure être le plus élevé
de la région. Elle est
suivi
e
de la
C
ote d’
I
voire (0,647), du Burkina Faso (0,560) et du Tchad (0,544). Cette performance de la Mauritanie est d
ue
au fait que le pays a connu des avancées importantes sur le plan social marqué par le recul de 11 points du taux de pauvreté entre 2008 et 2014.
Globalement,
l
’indice de développement
h
umain étendu demeure élevé en Mauritanie
(0,512) et en Côte d’Ivoire (0,
571). Les autres pays de la zone SWEDD ont des scores au-dessous de la barre des 50%. Des efforts doivent être effectués pour co
mbler les gaps qui varient de 2,
1% pour
le Bénin à 19,
1% pour le Niger.
DIMENSION 5 : RESEAUX ET TERRITOIRES

L’Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) met en évidence l’attractivité territoriale à travers le degré d’urbanisation, les réalisations en matière d’infrastructure ainsi que la mobilité financière et humaine.
Un
clustering
des variables a permis de construire des indicateurs sous-dimensionnels qui permettront de déterminer l’ISRT
.
Sur la base de ces résultats
, une analyse sera d’abord effectuée au niveau régional en vue de déterminer les forces et les faiblesses de la zone en matière de fluidité dans la mobilité territoriale des personnes, des biens et des services ainsi que de la disponibilité des infrastructures idoines. Ensuite, une analyse en termes d’orientation des investissements publics sera faite.
L’attractivité régionale
du
SWEED est globalement très faible, avec une valeur de l’indicateur des réseaux et territoires de 16,8%. Ce niveau est de loin inférieur à la moyenne cible de 50%. La distribution au niveau des pays de la zone révèle cependant une certaine disparité. En effet, la majeure partie des pays, à l’exception de la
C
ôte d’Ivoire (24,7%), ont des indices inférieurs à 20%. Cette situation défavorable est la résultante de la faiblesse des performances observées pratiquement au niveau de toutes les dimensions de l’indicateur (
Cf.
Graphique ci-dessous
).
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 13
: Indice Synthétiques Réseaux et Territoires par pays et au niveau régional
Source :
CREG
2019.
L’occupation spatiale, de même que la qualité des logements sont faiblement satisfaisantes dans les pays de la zone. L’indice relatif à l’urbanisation, globalement de 17, 4%, est de loin inférieur à la moyenne préconisée.
L’indice relatif à la migration est l’indice principal qui plombe l’ISRT au niveau régional avec une moyenne de 9%. Ce résultat, qui renseigne sur les mouvements des populations pour motif économique et/ou social, est très faible au niveau de la zone SWEDD. L’analyse par pays montre la même tendance. En effet, tous les indices sont en deçà de 10% exceptés pour la Mauritanie (19,9%), la Côte d’Ivoire (13,8%) et le Burkina Faso (12,1%).
Les flux financiers, pour leur part, sont également à des niveaux faiblement satisfaisants. A l’échelle régionale, on relève ainsi un indice de 11% ce qui traduit une mobilité financière marginale dans toute la zone SWEDD. Une situation similaire est observée au niveau des différents pays dans lesquels le score le plus élevé est enregistré en Côte d’Ivoire (15,2%).
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 14
: Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) dans la zone SWEDD
Source :
CREG
2019.
Les infrastructures pour leur part sont à un niveau moins critique. L’indice au niveau régional, bien qu’étant en deçà de l’objectif de 50%, est plus proche de celle-ci avec 46,6%. Il reflète un niveau globalement insatisfaisant en termes d’accessibilité aux infrastructures de base. Il est cependant à préciser que cette sous composante de l’indice des Réseaux et Territoires constitue le maillon fort qui porte ce dernier à l’échelle régionale de même qu’à l’échelle pays. Dans les pays comme la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et le Burkina Faso, qui affichent des scores respectifs de 58,6% ; 64,3% ; 50,3%, l’accès de même que la qualité des infrastructures est moyennement satisfaisant.
SYNTHESE DES DIMENSIONS : LE DDMI
 
Au niveau régional, le
DDMI
qui fait la synthèse des cinq dimensions
se situe à 39%. En se basant sur la grille de lecture définie dans la partie méthodologie, l’on peut déduire de ce résultat que la zone SWEDD n’exploite pas encore le dividende démographique (DD) vu que la valeur de DDMI est de 11 points en deçà de 50%. Cette contreperformance de la région est cohérente avec les résultats nationaux selon lesquels aucun pays n’exploite le DD. Avec respectivement des scores de 46% et 44%, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire sont les seuls pays SWEDD dont le DDMI est supérieur à la moyenne régionale, mais demeure inférieur
au seuil de
50%. Pour les autres pays de la zone, le score varie entre 30% au Tchad et 38% au Burkina Faso.
Les « bons résultats » de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire découlent du bon score enregistré dans le capital humain élargi et dans la qualité cadre de vie notamment. En effet, pour le capital humain par exemple, ces deux pays sont les seuls dont le score de l’IDHE dépasse la barre des 50%. A l’opposé, les contreperformances réalisées en matière de capture de DD par les pays en queue de peloton, à savoir le Tchad et le Niger, découlent des piètres résultats enregistrés non seulement dans le capital humain, mais surtout dans les réseaux et territoires où le score observé est de 10% et 6% respectivement pour ces pays.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 15
: Scores des DDMI nationaux et régional
Source :
CREG
2019.
L’analyse du graphique ci-dessous montre que la faiblesse du DDMI régional résulte surtout du faible niveau de l’ISRT d’une part, qui enregistre un score de 17%. D’autre part, il faut noter que des niveaux relativement bas de la couverture de la dépendance économique (41%) et du développement humain étendu (43%) dégradent également le DDMI et le « plongent dans le rouge ».
En effet, la dépendance économique est relativement élevée dans la région SWEDD et elle est observée de la naissance à l’âge de 27 ans, et chez les séniors de plus de 63 ans. Le déficit de ces personnes dépendantes est estimé à 37,2 milliards USD contre un surplus de 15,1 milliards USD pour les travailleurs. Et ce surplus
ne finance que
41% du déficit des personnes dépendantes. Le déficit du cycle de vie global de la zone SWEDD est ainsi élevé, soit 22,1 milliards USD représentant 23% du PIB de la zone.
En outre, le capital humain et les réseaux et territoires sont des composantes de DDMI pour lesquelles le score régional n’est pas reluisant. Bien que les taux de scolarisation soient élevés dans la zone, les durées moyennes de scolarisation demeurent encore très faibles et sont en deçà de 2 ans dans la plupart des pays
membres
. Aussi la fécondité et la mortalité se hissent-elle
à d
es niveaux
qui sont parmi
les plus élevés
au
monde. Les flux migratoires et financiers ainsi
que
l’urbanisation sont également faibles en dépit d’une bonne progression en termes de dotation en infrastructures et services sociaux de base.
Graphique
STYLEREF 1 \s 3
SEQ Graphique \* ARABIC \s 1 16
: Synthèse des indicateurs dimensionnels régionaux
Source :
CREG
2019.
Sur les 05 composantes de DDMI, les bons scores de zone SWEDD sont observés sur la qualité du cadre de vie (54%) et sur les transitions de la pauvreté (56%). Cela révèle que le cadre de vie y est globalement satisfaisant, et que les dynamiques de pauvreté sont plus orientées dans le sens de la sortie. En effet, les populations de la zone SWEDD bénéficient d’un cadre de vie relativement de bonne qualité susceptible d’avoir des effets positifs sur l’amélioration de leur bien-être. Tous les pays de la zone, à l’exception du Burkina Faso, dispose
nt
d’un cadre de vie qui se situe au-dessus du niveau minimal requis
pour
une perspective de capture de DD et d’amélioration du bien-être. Cette amélioration du bien-être se traduit d’ailleurs par les transitions positives dans la pauvreté qu’on observe dans la zone. Ainsi, en moyenne 56 ménages sur 100 sont récemment sortis de la pauvreté ou se sont longtemps
stabilis
és dans la non pauvreté.
Ce
ci
traduit l’existence d’un réel potentiel d’émergence dans les pays SWEDD
Cependant, malgré de bons résultats engrangés dans la qualité du cadre de vie et dans les dynamiques de pauvreté, l’exploitation du dividende démographique dans la région SWEDD reste fragilisée par une forte dépendance économique de sa population, un faible niveau de capital humain et un système dérisoire des réseaux et territoires.
CONCLUSION ET
RECOMMANDATIONS
——————————————————————————-
Les résultats de l’analyse des perspectives de capture du dividende démographique (DD) dans la région SWEDD montrent que l’exploitation du DD n’est pas encore amorcée dans la région. En effet, a
u niveau régional, l’indicateur
du
DDMI se situe à 39%.
La Mauritanie et la
Côte d’Ivoire
sont les seul
s
pays à enregistrer des scores supérieurs à la moyenne régionale (respectivement 46% et 44%). Toutefois, le DDMI demeure faible pour ces pays car inférieur au seuil (50%).
Pour les autres pays de la zone, le score varie entre 30% au Tchad et 38% au Burkina Faso.
Une analyse plus approfondie relative aux 05 composantes du DDMI montre que l’indicateur est porté par l’indice de la
quali
té du cadre de vie (54%) et
l’indice synthétique de sortie de pauvreté
(56%). Cependant,
la faiblesse du capital humain et un système dérisoire des réseaux et territoires de la zone fragilisent l’exploitation du DD dans la zone SWEDD.
Un diagnostic de l’indicateur du DDMI fournit les résultats en lien avec ses
cinq (05) dimen
sions conformément aux
quatre piliers du dividende démographique
de
l’Union Africaine.
En ce qui concerne la
couverture de la dépendance économique
, il ressort de l’analyse que, dans la zone SWEDD, les individus appartenant aux tranches d’âge
0-27 ans et 64 ans et plus consom
ment plus qu’ils n’en produisent. En d’autres termes, ces individus sont économiquement dépendants.
L’âge moyen à partir duquel les individus deviennent économiquement indépendants est estimé à 28 ans dans la zone SWEDD.
La durée du surplus économique observé
est estimée 36 ans en 2014. Toutefois, il faut noter quelques disparités entre les différents pays. Par e
xemple, la durée du
surplus est estimée à 41 ans au Burkina Faso alors qu’elle est de 34 ans au Tchad pour la même année.
L
’
indicateur du cadre de vie (IQCV)
fournit, dans la région SWEDD, un
score relativement satisfaisant
. Il est
principalement porté par la performance réal
isée dans les sous-dimensions telles que les liens sociaux (54,9%), le Bien-être subjectif (54,6%), l’Equilibre Travail/Vie privée

(
77,8%
) et la
Sécurité
 
(
51,4%
)
.
Des disparités sont également notées :
le Niger, le Bénin et le Tchad présentent un score de liens sociaux relativement élevés de 74%, 63% et 63,1% respe
ctivement en 2014 tandis que des pays comme
le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire obtiennent des scores dimensionnels de liens sociaux relativement faibles de 32,3% et 49,6%.
Par ailleurs, l’
engagement civique et la gouvernance
, l’
environnement et les conditions de logement
constituent des défis importants à relever dans la zone SWEDD.
L
’analyse des
dynamiques de pauvreté
a
u niveau régional
montre que l
’
indice
synthétique de sortie
de pauvreté
(
ISSP
)
s’établit à 55,7%.

Ce qui dénote une possible amélioration du niveau de bien-être des populations

au niveau régional.
En particulier, la Mauritanie (72,2%), le Burkina Faso (61,4%)
et le Bénin (58,7%) présentent
les meilleures potentialités d’émergence suivis du Tchad (55,4), du Niger (54,7%), de la Côte d’ivoire (53,7%) et du Mali (52,5%).

Un diagnostic
des différentes transitions dans la pauvreté

révèle
que
, sur la
période
2008-2014,

un cinquième
(1/5)

de la population

(20%)
de la zone SWEDD
a basculé dans la pauvreté, et 23% en est sortie.
Ainsi,

les transitions sont plus orientées vers le sens de la sortie que vers le
sens de
basculement.
Sur la même période, 24% des individus sont des pauvres chroniques alors que
33%
sont des non pauvres permanents. Là aussi, les individus qui se sont stabilisés dans la non pauvreté sont plus important
s
que ceux qui vivent dans la trappe à pauvreté
.
Une analyse de l’IDHE a mis à nu la faiblesse du

développement humain
dans la région SWEDD avec un score estimé à 43,2%.
Cela est la conséquence d’un faible niveau de la composante Education
. Le Niger et le Tchad détiennent les
niveaux de
développement humain étendu les plus faibles avec respectivement des scores de 0.309 et 0.357 tandis que la Mauritanie enregistre le niveau le plus élevé en terme de développement humain élargi avec un IDHE estimé à 0.571.
Enfin
l’
Indicateur synthétique
des
réseaux et territoires
(ISRT)
, cinquième dimension du DDMI

qui renseigne sur l
’attractivité
d’une zone
est globalement très faibl
e dans la région SWEDD, avec une valeur estimée à 16,8%. L
a majeure partie des pays
de la zone
, à l’exception de la
C
ôte d’Ivoire (24,7%),
tous les autres pays
ont des indices inférieurs à 20%.
De manière plus approfondie, les résultats démontrent que l
’indice relatif à la migr
ation est l’indicateur qui
plombe l’ISRT au niveau régional avec une moyenne de 9%.

L’analyse pa
r pays montre que
les indices
se référant à la migration
sont en deçà de 10%
pour tous les pays
excepté
la Mauritanie (19,9%), la Côte d’Ivoire (13,8%) et le Burkina Faso (12,1%).
En outre,
l
’indice relatif à l’urbani
sation dans la zone est de 17,4% donc
de loin inférieur à la moyenne préconisée.
A l’échelle régionale, on relève ainsi un indice de 11%
en ce qui concerne les flux financiers,
ce qui traduit une mobilité financière marginale dans toute la zone SWEDD.
Le
score le plus élevé
é
t
ant
enregistré en Côte d’Ivoire (15,2%). Les infrastructures sont à un niveau moins critique. L’indice au niveau régional, bien qu’étant en deçà de l’objectif de 50%, est plus proche de celle-ci avec 46,6%. Dans les pays comme la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et le Burkina Faso, qui affichent des scores respectifs de
58,6% ; 64,3% ; 50,3%, l’accès

et
la qualité des infrastructures
y

sont
moyennement satisfaisant
s
.
Au terme de cette étude,
il ressort que la non exploitation du DD dans la région SWEDD est surtout lié
e
à la
forte dépendance économique de sa population, à l’insuffisance du niveau actuel du capital humain et la faiblesse des réseaux et
territoires. Ainsi, d
es recommandations sont formulées pour résorber ces insuffisances
 :
accroitre les investissements dans l’éducation pour tous et de qualité ;
mettre en œuvre des politiques pour
encourager la scolarisation des filles et leur maintien à l’école ;
sensibiliser davantage la population sur l’utilisation des méthodes contraceptives pour maitriser la croissance démographique ;
mettre en œuvre et opérationnaliser l’assurance maladie universelle pour réduire les dépenses de santé qui constituent un fardeau économique pour les ménages ;
réorganiser le secteur informel en mettant en œuvre non seulement des projets structurants mais aussi, formaliser de façon progressive les entreprises de ce secteur en tenant compte de leurs statuts ;
améliorer la connectivité et l’attractivité des pays notamment à travers le développement du réseau des transports au niveau infranational et régional ainsi que par le développement de pôles de développement ;
assurer un meilleur aménagement du territoire en termes de répartition spatiale des services et infrastructures entre les régions, par l’accroissement des investissements y afférant.
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