Currriculum SWEDD Techniques animation pour les mentores des espaces sûrs
Projet d’autonomisation des femmes et Dividende démographique dans le Sahel (SWEDD)
CURRICULUM SUR LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE ET LES COMPÉTENCES DE VIE POUR L’ANIMATION DES ESPACES SÛRS DANS LES PAYS DU SAHEL
« ASSURER L’ÉPANOUISSEMENT DE LA JEUNE FILLE »
LES TECHNIQUES D’ANIMATION
Octobre 2018
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SOMMAIRE
Introduction
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Le brainstorming ou remue-méninges
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Le théâtre-forum
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L’objet-langage
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L’étude de cas
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La simulation/le jeu de rôle
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Le recours à une personne-ressource
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Références documentaires
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INTRODUCTION
Le SWEED a produit un curriculum sur la santé sexuelle et reproductive et sur les compétences de vie saine conçu pour des jeunes filles scolarisées et non scolarisées fréquentant les « espaces sûrs ». Il s’agit d’un outil mis à la disposition de la mentore ayant l’ambition de développer tout le potentiel physique, psychique, moral, émotionnel et entrepreneurial des jeunes filles qui fréquentent « ces espaces sûrs ». Elles appartiennent à plusieurs générations qui se décomposent en deux groupes d’âge variable avec un développement biopsychologique non homogène : une cohorte des 09 à 12 ans et un autre groupe constitué des tranches d’âge allant de 13 à 19 ans.
Le développement didactique envisagé privilégie les méthodes actives et interactives d’acquisition des connaissances, des attitudes et compétences et des aptitudes à résoudre des problèmes, à faire face à des situations critiques où la fille jeune doit être capable de faire un choix raisonné et responsable.
Dans le déroulement des activités, la mentore pourrait également recourir à des techniques éprouvées dans son entourage ou s’appuyer sur celles proposées dans ce présent document pour faire son choix en fonction de ses objectifs d’apprentissage et en gardant toujours à l’esprit que «la résolution d’un problème en équipe est l’une des valeurs réelles d’une approche participative en éducation/formation ».[1]
La liste des techniques indiquée ci-dessous est donc loin d’être exclusive
* Le brainstorming ou remue-méninges
* Le théâtre-forum
* L’objet-langage
* L’étude de cas
* La simulation/le jeu de rôle
* Le recours à une personne-ressource
Pour chacune de ces techniques, ce présent document se propose d’informer la mentore sur ses caractéristiques propres (c’est quoi ?) et les modalités de sa mise en œuvre (comment faire ?) en vue de la mettre dans les meilleures dispositions pour réussir ses interventions au profit des mentorées ; elle est ainsi assurée d’agir « en connaissance de cause ».
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LE BRAINSTORMING
● C’est quoi ?
Le brainstorming ou remue-méninges est une méthode de travail en groupe qui permet de rechercher en groupe et en toute liberté un maximum d’idées sur un sujet donné. Il se déroule en trois étapes totalement distinctes : – la présentation du sujet ; – la production des idées (idéation) ; – l’exploitation de la production (cristallisation)
● Comment procéder ?
Étape 1 : la présentation
1. La mentore présente d’abord le sujet au groupe(sous forme de question) en s’assurant que chaque membre du groupe est d’accord pour traiter ce sujet et a bien compris la même chose
2. Puis, elle rappelle ou explique les 4 règles fondamentales du brainstorming :
* Tout dire (variété, diversité ; c’est aussi l’invitation au « délire », à l’ivresse verbale…).
*En dire le plus possible (la quantité en plus…).
* Piller les idées des autres (rebondir, développer les idées). Tout est permis : variantes, analogies, oppositions, nuances…
* Ne pas critiquer, ni discuter, ni juger les idées émises, même si elles sont incongrues, bizarres, insolites
Étape 2 : la production
La mentore incite les membres du groupe à produire un maximum d’idées dans le respect les règles du brainstorming et les affiches ou les note toutes, sans exclusive
Étape 3 : l’exploitation
La mentore relit avec le groupe toutes les idées notées pour :
– reformuler ou préciser les idées floues ;
– éliminer, si besoin est, les idées hors sujet avec l’accord du groupe ;
– regrouper les idées strictement identiques par thèmes ou par familles.
– procéder à un tri ou à une comparaison ces familles d’idées classées selon des critères avec des outils d’aide à la décision.
On peut par exemple classer les cinq meilleures, et élire la première. Ce tri – après idéation – pour s’orienter vers la ou les idées qui semblent le plus innovantes se fait typiquement dans l’étape de cristallisation de la démarche de créativité
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LE THEATRE FORUM
C’est quoi ?
Le théâtre–Forum, autrement appelé théâtre de l’Opprimé est une forme de communication qui fait de l’activité théâtrale un outil efficace pour la compréhension et la recherche de solutions.
C’ est, comme l'exprime son inventeur le Brésilien A. Boal le théâtre de la première personne du pluriel : " Nous avons un problème, nous vivons une situation que nous ne supportons plus ". L'histoire jouée est élaborée à partir d'un problème évoqué par une communauté qui se retrouve en conflit avec son entourage. La communauté ne voit pas d'issue à ce conflit, mais souhaite que la situation se dénoue car elle lui est inconfortable voire insupportable. Ce peut-être une situation amenée par une personne et dans laquelle se retrouve une communauté
Il permet, en somme, à un public dont la parole n’est pas souvent prise en compte de s’exprimer librement. Il comporte trois étapes : la mise en situation, le forum, le remplacement du personnage
Comment procéder ?
Le théâtre-forum se déroule en trois étapes : la mise en situation, le forum, le remplacement du personnage.
La mise en situation
La mentore conçoit ou évoque une situation s'inspirant de situations réelles et représentative de la problématique collective, désigne des participantes « préparées/informées » pour la jouer devant le public constitué par les autres participantes . La scène jouée termine mal pour au moins un des protagonistes.
Le forum
Une fois la scène jouée, la mentore invite chacune des participantes à s'interroger sur : ꞏ
– ce qu'il a observé dans cette scène (que raconte cette histoire ?), ꞏ
– ce qu'il a ressenti ou pensé en voyant cette scène, ꞏ
– ce que les protagonistes ressentent de l'intérieur :
Exemples de questions à poser
« Est-ce que cette situation vous parle et est-ce que vous vous y reconnaissez ? Est-ce qu’il y a un problème dans cette situation ? Qui a un problème ? » Si le remplacement a transformé de façon claire la situation, on peut demander au public ce qui a changé et comment le protagoniste a fait. Puis demander aux personnages comment ils se sentent.
Ainsi, on a une vision extérieure (observation) et intérieure (introspection). Si des objections ou commentaires sont apportés par le public, on reformule et on invite à aller plus loin : « Est-ce que tu as une proposition ? » pour rebondir de façon fluide vers une autre proposition » source : » « LE THEATRE-FORUM « Le théâtre-forum : une approche de développement relationnel » de l’ouvrage « Le monde change. Et nous ? » de Véronique Guérin, psychosociologue
La mentore écoute et reformule les différents points de vue en juxtaposant, par la suite, les différentes perceptions, elle invite chacune à élargir sa vision du monde favorise l'émergence de propositions concrètes d'attitudes jusqu'à ce qu'une spectatrice accepte de monter sur scène pour remplacer le personnage en difficulté
Le remplacement
Du fait de la nouvelle attitude de la spectatrice , les autres personnages réagissent différemment et l'histoire prend un autre cours.
À la fin du remplacement, la mentore demande aux spectatrices les changements observés de l'extérieur Parfois, le public a l'impression que rien n'a changé, et c'est exact en termes de faits ou de résultats mais en fait le changement est en train de se mettre en œuvre à l'intérieur des personnages.
Elle interroge alors les personnages sur leurs états intérieurs et les changements qu'ils perçoivent à l'intérieur d'eux-mêmes.
Puis la mentore cherche à synthétiser en quelques phrases les apports de l'intervention mais aussi les questions, les risques ou les enjeux qu'elle amène. L'objectif est d'impulser d'autres propositions pour que s'installe progressivement une dynamique de recherche collective.
La conduite de la mentore"
1. la mentore doit éviter tout geste qui puisse manipuler ou influencer le spectateur. Il ne doit pas tirer de conclusion qui ne soit pas évidente. Il doit toujours les remettre en question et les énoncer sous forme interrogative et non-affirmative, de sorte que les spectateurs puissent répondre "oui" ou "non", nous avons dit "ceci et non cela",
2. la mentore ne décide rien d’elle-même. Il énonce les règles du jeu, mais en acceptant dès le début que le public les modifie, si cela est jugé nécessaire à l'étude du thème proposé.
3. la mentore doit constamment renvoyer les doutes au public pour que ce soit lui qui décide. ça marche ou ça ne marche pas ? C'est juste ou c'est faux ? Et surtout par rapport aux interventions des spectateurs : souvent un spectateur dit "Stop !" avant que l'acteur précédent ait fini son intervention. Le Joker doit alors le faire patienter avec tact, et aussi sentir le désir du public qui peut très bien avoir compris et vouloir aller plus loin. Une autre situation délicate que le Joker doit pouvoir renvoyer au public, est d'évaluer si le spectateur protagoniste est vainqueur ou non ; s'il l'est, tous pourront remplacer les oppresseurs, mais dans ce cas seulement. Encore une fois, la décision revient au public.
4. la mentore doit être attentive à toutes les solutions "magiques". Elle peut interrompre l'action d'une spectatrice-protagoniste si elle considère cette action-magique, sans décréter qu'elle l'est, mais en interrogeant le public. Parfois, les solutions proposées sont aux antipodes du magique : elles sont insuffisantes. Dans ces cas-là, la mentore doit essayer de pousser les spectateurs à trouver des solutions plus actives. La solution magique est trompeuse, mais la solution insuffisante est démobilisatrice.
Notons aussi que, lorsque le public crie que telle solution n'est pas magique, que cette solution est possible, ce cri est le début d'une démarche auto-active de la part du spectateur, stimule pour une action réelle.
5. la mentore doit aider les spectateurs à formuler leurs pensées, à préparer leurs actions. Maïeutique : le Joker est un accoucheur.
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L’OBJET-LANGAGE
C’est quoi ?
Un ensemble d’objets (photos ou d’image/dessins ou tout autre objet pertinent) à mettre à la disposition des apprenants comme « objet intermédiaire » pour faciliter la parole sur un sujet donné.
Le choix de l’objet est une forme d’identification : on attribue à la l’objet les attributs qui sont en soi ; la photo va devenir une sorte de prolongement du sujet tout en restant un objet extérieur au sujet.
Le sujet peut parler de lui-même tout en se cachant derrière l’objet; chaque participant est responsable de ce qu’il attend
Comment procéder ?
Une séance d’objet-langage se déroule en deux temps :
◾ 1er temps : Le choix des objets
La mentore énonce d’abord question (e.g. « A l’aide de deux photos, dites ce qu’est pour vous se séparer, se retrouver »), puis dispose les photos sur des tables.
Elle demande à chaque participante choisir individuellement un objet, celui qui lui « parle » le plus. Ce choix se fait dans le silence, par le regard et sans limite de temps. Une des singularités de la méthode réside dans le fait que l’animateur aussi choisit un objet
◾ 2e temps : Les échanges en groupe.
La mentore invite chaque participante va maintenant parler au groupe de son objet . Puis, chaque participante va écouter ce que les autres participantes, celles qui ont envie de s’exprimer, ont à dire sur son objet. .
La spécificité de la technique objet-langage
Le fait que le sujet réponde à la question posée à l’aide d’un objet va permettre la mise en place d’un espace de jeu entre mobilisation de la pensée en images et mobilisation de la pensée en idées. L’objet, objet médiateur, va inviter l’imaginaire dans cet espace transitionnel qu’est le préconscient. L’objet va avoir un rôle transformateur mais aussi intégrateur. Ce travail de groupe et en groupe cherche à aider le sujet à une prise de conscience de la subjectivité de ses représentations et une appropriation de certains aspects de soi.
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L’ÉTUDE DE CAS
C’est quoi ?
L’étude de cas est une technique qui propose des exemples (situation ou autre événement problématique) pour provoquer une discussion ou des commentaires de la part des participants.
En s’appuyant sur un questionnement individuel et une réflexion collective, elle favorise, ainsi, des échanges actifs et aisés entre les participantes.
L’efficacité d’une telle technique dépend de : la qualité de l’analyse, la clarté, la cohérence, la capacité à prendre et à justifier ses décisions, la capacité à convaincre
Comment procéder ?
Première phase
La mentore présente le cas choisi à chaque participante pour recueillir les premières réactions et événement en vue de compléter et/réajuster, au besoin, la proposition
Deuxième phase
La mentore constitue des sous-groupes de 3 à 5 participants pour qu’elles procèdent à
* l’Analyse de la situation : en identifiant par exemple les faits (affirmations argumentées), les acteurs (statuts, rôles, interaction), le problème (derrière les problèmes de types symptomatiques, les problèmes les plus profonds, plus permanents)
* des prises de décision : en indiquant les solutions possibles, leurs conséquences, les solutions choisies parmi toutes celles énoncées.
* la réalisation d’un plan d’action : en proposant les moyens et la manière de le mettre en œuvre.
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LA SIMULATION : UNE VARIANTE DU JEU DE ROLE
C’est quoi ?
La simulation se définit comme «un jeu de rôle portant reproduction d’une situation caractéristique d’un modèle simplifié mais réel donc authentique. Autrement dit c’est une technique qui vise à recréer une situation réelle à laquelle la participante pourrait être confrontée).
.Dans une simulation, la participante joue son propre rôle en se projetant dans une situation réelle ( alors que, dans un jeu de rôle, il campe un rôle ou un personnage).
En somme, l’intérêt de la simulation est qu’elle fournit l’occasion d’expérimenter une situation et d’observer la réaction des participants.
Comment procéder ?
Phase de clarification
La mentore commence par expliquer aux mentorées ses attentes, les objectifs, les rôles et le déroulé de l’activité, en s’assurant qu’elles ont bien compris.
Phase de mise en oeuvre
Les participantes procèdent à la simulation en mettant en scène les rôles dévolus et la mentore surveille le déroulement de l’activité en évitant d’influencer les choix et comportements des participantes, en les mettant à l’aise dans l’interprétation de la situation, en restant attentif pour repérer des conflits potentiels dont l’amplitude dépasse le cadre prévu par le jeu (certains jeux mettent en scène des situations conflictuelles), en veillant à la gestion du temps ;
Retour sur l’activité
A la fin du jeu, la mentore veille à ce que l’analyse mette l’accent sur les comportements des participantes et non sur les rôles qu’elles ont joués, en les amenant d’abord à répondre à des questions individuellement, avant d’entamer une discussion de groupe pour dégager les éléments essentiels relatifs à leur perception en tant qu’apprenant et la perception du rôle joué.
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LE RECOURS A UNE PERSONNE RESSOURCE
C’est quoi ?
C’est une technique d’animation consistant à faire intervenir dans la formation une personne-ressource (un spécialiste ou une victime ou un/une modèle, etc.) pour faire profiter aux apprenantes de son expertise ou de son expérience ou de son vécu présentés en général sous la forme d’informations objectives, de conseils, de témoignages, de récits de vie etc.
Comment procéder ?
Cette technique comporte deux phases : la préparation et le déroulement
La préparation
La mentore identifie la personne, l’informe sur ses attentes au regard des objectifs visés par l’activité de formation, puis l’encadre, au besoin dans la préparation de son exposé, en vue de s’assurer qu’il prend en charge ses attentes.
Le déroulement
Durant l’exposé de la personne-ressource, la mentore pourrait au besoin intervenir pour inciter les participantes à poser des questions, à poser elle-même des questions afin d’orienter la personne-ressource.
A la fin de l’exposé, elle pourrait inviter les participantes à rendre compte des enseignements tirés de l’activité, avant de revenir en collaboration avec la personne ressource, sous forme de synthèse, sur les leçons à retenir
NB : si la personne ressource est une victime, l’activité peut se prolonger par une étude de cas (cf. étude de cas)
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REFERENCES DOCUMENTAIRES
GEEP UNFPA (2017). Boite à outils de plaidoyer pour l’intégration de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive des adolescents/tes et des jeunes (ESSRAJ) a l’école. GEEP UNFPA, 2017
GUERIN, V. (sd) le théâtre-forum :une approche pour développer les compétences relationnelles des enseignants
VACHERET C. (2000) « Photo, groupe et soin psychique », Presses Universitaires de Lyon,
« Le théâtre-forum :Transformer le spectateur en protagoniste d'action théâtrale » www.theatrons.com
CURRICULUM APPRENTISSAGE EN ANIMATION EN AMONT POUR LA CONCEPTION PARTICIPATIVE DES AHA : Module 13: Techniques d’animation, facilitation, modération et communication en milieu rural
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[1] Ministère de la Santé du Sénégal, Grandir en harmonie – Guide de l’utilisateur, Document non daté, Dakar, p.10

