Sweddknowlege plateforme 20 août, 2026

ESPACES SURS ET CLUBS DES FUTURS MARIS

Project de l'autonomisation des femmes du Sahel et de dividende
démographique
Appel Régional à Propositions (composante 1.2)

ESPACES SURS ET CLUBS DES FUTURS MARIS
Introduction : La composante 1.2 du projet SWEDD cherche à mettre en place un mécanisme de financement régional pour la conception, le financement et l'évaluation des programmes pays visant à autonomiser les femmes et les filles. L'objectif de cette composante est d'augmenter la demande pour les services de SRMNIN par (i) une meilleure prise de conscience des populations sur l’existence de ces services, et (ii) soutenir l'autonomisation des adolescentes et des femmes. Cela se fera en soutenant des interventions innovantes et fondées sur des preuves qui ont le potentiel d'être développées à l’échelle régionale, avec des évaluations d'impact rigoureuses pour documenter les impacts sur les filles et leurs familles.
Chaque programme pays sera composé d'un ou plusieurs projets. Ce document fournit un modèle pour les propositions de projet. Les propositions complètes doivent être soumises au Comité National de Pilotage (CNP) pour examen.

1. Équipe de rédaction du projet :
* Madame GourouzaAichatou, Directrice du Renforcement de l’Environnement Institutionnel et de la Promotion de la Femme et du Genre au Ministère de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant.
* Madame Paul Haoua, Chef de Division Programmation (DEP) au Ministère de la Santé Publique.
* Madame Sékou DijéOuagani, Directrice de la Protection des Jeunes au Ministère de la Jeunesse et des Sports.
* Monsieur Issa Sadou, Chargé de Programme Genre et Droits Humains à l’UNFPA.

2. Thématiques :

Le projet s’inscrit dans la thématique : Compétences de vie et connaissance de la santé reproductive chez les adolescentes et les jeunes. Les interventions visent à renforcer la capacité des filles à mener des vies saines et productives et soutenir un environnement communautaire favorable avec l’implication des hommes.

3. Justification.
Les contraintes auxquelles ce projet est adressé sont les suivantes :
Le mariage précoce des filles compromet la réalisation et la jouissance de presque tous leurs droits. Le droit à consentir librement et pleinement au mariage est reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et dans de nombreux instruments successifs de droits humains[1] – consentement qui ne peut être libre et plein si un partenaire au moins est très immature. Le mariage précoce a de profonds effets sur le plan physique, intellectuel, psychologique et émotionnel de la fille et met fin aux possibilités d’éducation et de croissance individuelles. Il est presque toujours synonyme de grossesses et d’accouchement prématurés et d’une existence d’asservissement domestique et sexuel sur laquelle elles n’ont nul pouvoir [2] Ces problèmes constituent une priorité car le Niger est un pays où la majorité de la population est jeune, 53 %[3] de sa population totale à moins de 15 ans (58 % a moins de 19 ans, et 67 % a moins de 24 ans). La population âgée de 10-14 ans représente 14% de la population du Niger dont 82% vivent en milieu rural et 18% en milieu urbain ; quant à la tranche d’âge de 15-19ans, elle représente 11% de la population dont 76% en milieu rural et 24% en milieu urbain.
L’âge de 12 ans est considéré comme une période critique pour la jeune fille. C’est une période pendant laquelle surviennent plusieurs aspects ou problèmes, y compris, trop souvent le mariage précoce. Selon le rapport UNICEF 2011 « Situation des Enfants dans le Monde », le Niger est en tête de liste des pays à forte prévalence de mariages précoces avec un taux de 75% suivi du Tchad (72%) et Mali (71%).La répartition est de 42% dans les zones urbaines et 84% en milieu rural. Ainsi, 59% des adolescentes de 15-19 ans sont mariées et 36.1% sont mariées avant 15 ans.

Par ailleurs, les données statistiques montrent que l’âge moyen au premier rapport sexuel est de 15,1 ans chez les filles. 35% des adolescentes ont eu le 1er rapport sexuel avant 15 ans et le plus souvent dans le cadre du mariage, puisqu’au niveau national 36.1 % des jeunes filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, 75% avant l’âge de 18 ans. Dans l’ensemble, ces jeunes filles contractent des grossesses précoces (selon les normes, la fille doit prouver sa fécondité quelques mois après son mariage) et la conséquence est que 40% des 15 à 19 ans sont déjà mères ou enceintes. Ainsi donc, les adolescentes constituent 19% de l’ensemble des femmes en âge de procréer et contribuent pour 14% à la fécondité totale des femmes.
En effet, le Niger est un pays où, du fait de cette forte croissance démographique, le ratio de dépendance est élevé ; autrement dit il y a plus d’inactifs (de personnes ne travaillant pas qui dépendent des autres) que d’actifs (108/100). Dès lors il est admis que le Niger n’a pas encore véritablement entamé la dernière partie de la transition démographique : la baisse de la fécondité et la présence de plus d’actifs que d’inactifs ; ce qui augure d’une situation insoutenable à long terme sur les ressources du pays.

En effet, le programme qui sera mis en place apportera des solutions concertées avec tous les acteurs pour éviter les conséquences suivantes :
* Une catégorie négligée : Une des conséquences est que dès que l’adolescente est mariée, elle est négligée — elle n’est plus la jeune fille sous la protection des parents, elle n’est pas non plus la femme mariée d’un certain âge qui joue un rôle social et familial reconnu. Aucune politique ou aucun programme ne lui est adressé de manière spécifique. Dès lors, elle fait face à de multiples défis qui limitent sa capacité à protéger sa santé et son bien-être.

* Santé. Les grossesses précoces sont la cause de taux élevé de mortalité maternelle et de morbidité maternelle telle la fistule obstétricale et des taux élevés de mortalité infantile.

* Education. Le mariage précoce prive immanquablement les adolescentes d’âge scolaire du droit à l’éducation nécessaire à leur développement personnel, à leur préparation à la vie d’adulte et à leur contribution efficace au bienêtre futur de leur famille et de la société. Un lien est établi entre le fait d’être scolarisé et des reculs de l’âge du premier rapport sexuel, du mariage et de la grossesse. Quand la scolarisation fait défaut, le premier rapport, le mariage et la grossesse sont tous précoces. Le corollaire de cette précocité est la morbidité et la mortalité des adolescentes ou des infirmités telles que la fistule obstétricale.

* Isolement social. Avec le mariage, elles subissent une réduction soudaine de leur mobilité et de la taille de leurs réseaux sociaux d’où un isolement social qui les coupe de certains droits essentiels, sans compter les lourdes responsabilités qu’elles vont devoir assumer avec le nouveau statut.

* Pauvreté. La pauvreté est une conséquence socio-économique du mariage des adolescentes. Avec un niveau d’étude bas, elles ont des opportunités limitées, ce qui agit comme un frein à leur développement socio-économique et limitent leur possibilité de s’extraire de la pauvreté, avec ses enfants et sa famille.

* Violence et autres risques. Souvent, ces adolescentes sont mariées à des hommes plus âgés ce qui les exposent au risque d’être infectées par le HIV et ont peu ou pas de pouvoir dans le foyer d’où les violences basées sur le genre qu’elles peuvent subir, en l’occurrence la soumission aux rapports sexuels non consentis. Fréquemment les filles mariées subissaient de violences domestiques prolongées, mais se sentaient incapables de quitter cet état du fait de contraintes économiques, d’absence de soutien familial, et d’autres facteurs sociaux.

* Droits. Les adolescentes mariés ne choisissent pas librement leurs maris, ce qui en plus du manque d’éducation et d’accès à la santé les prive de la jouissance de leurs droits humains.

Le projet apportera également des solutions concertées avec tous les acteurs à trois niveaux :
* Au niveau de la fille : Les adolescentes sont instruites, qualifiées et en bonne santé et ont atteint leur potentiel, leur permettant de défendre leur droits, de réduire leur vulnérabilité et de participer activement au développement socio-économique de leurs communautés
* Au niveau de la communauté: Chefs traditionnels, leaders religieux, parents et autres détenteurs de pouvoir sont des acteurs de changement positif des normes sociales et promeuvent activement le mariage plus tardif dans leur communauté
* Au niveau national:
* Les lois existantes sur l'âge du mariage (14 ans pour les filles) sont révisées et appliquées.
* Les besoins multisectoriels des adolescentes sont pris en compte dans les politiques et programmes nationaux.

Le projet s’aligne avec le Plan de Développement Economique et Social, cadre de référence nationale ; il s’aligne également sur les politiques sectorielles suivantes :
* la Politique Nationale de la Jeunesse à travers le Programme Stratégique accès des jeunes aux connaissances et aux opportunités d’apprentissage continu et de développement des compétences et le Programme Stratégique Protection des Jeunes.
* La Politique Nationale Genre dans ses orientations stratégiques 1 et 3 qui traitent de la promotion équitable de la situation et de la position sociale de la femme et de l’homme au sein de la famille et de la communauté et du renforcement de l’application effective des droits des femmes et des petites filles, de la lutte contre les violences basées sur le genre, de la participation équitable des hommes et des femmes à la gestion du pouvoir.
* En ce qui concerne la Politique Nationale de Santé, l’axe stratégique 2 vise entre autres l’amélioration de l’offre et de la qualité de la prestation à travers la promotion de la santé de la reproduction et la promotion de la santé des jeunes et des adolescents.

4. Objectif du projet.
Objectif général : Contribuer à la réduction du mariage des enfants et des grossesses précoces chez les adolescentes de 10 à 19 ans au Niger.

Objectifs spécifiques :

* Renforcer les compétences de vie courante et les connaissances en santé de la reproduction des adolescentes afin qu’elles exercent et jouissent de leurs droits humains fondamentaux.
* Pourcentage d’adolescentes ayant acquis les connaissances de base dans les espaces surs. Référence : 0% et cible : 95%
* Pourcentage d’adolescentes dans les espaces sûrs mariées ayant adopté une méthode de planification familiale. Référence :5% et cible :50%
* Pourcentage d’adolescentes dans les espaces sûrs sachant lire, écrire et calculer. Référence : % et cible : 95%.

* Renforcer les capacités des communautés et des leaders pour un changement des normes sociales.
* Pourcentage de leaders et communautés ayant signé la déclaration d’engagement. Référence : % et cible : 90%
* Pourcentage de leaders et communautés ayant mis en œuvre le plan d’action. Référence : % et cible : 90%

* Favoriser des changements d’attitudes et de comportement sur la santé sexuelle et reproductive et à l’égalité entre les sexes chez les jeunes garçons de 10 à 24 ans.
* Proportion de jeunes garçons dans les clubs de futurs maris ayant adopté des attitudes et un comportement en faveur de la SSRA et de l’égalité des sexes. Référence : % et cible : 90%

5. Le ciblage.
Les bénéficiaires seront les adolescentes, les ménages, les communautés, les leaders religieux et les chefs traditionnels, les jeunes garçons
Le projet ciblera directement les adolescentes et les jeunes garçons.
* 10-14 déscolarisées/non scolarisées, non mariées
* 10-14 déscolarisées/non scolarisées, mariées
* 15-19 déscolarisées/non scolarisées, mariées
* 15-19 ans /déscolarisées, non-scolarisées, non mariées.
Cette cible est une priorité pour ce projet car c’est cette catégorie qui est sujette au mariage précoce, à la non-jouissance des droits, aux grossesses précoces, aux fistules génitales et à la mortalité maternelle ; par ailleurs elles contribuent à la fécondité.
1. Nombre de bénéficiaires directs prévu:
Il sera ciblé 30.000 adolescentes et 10.000 jeunes garçons,
Les bénéficiaires indirects: Les cibles secondaires concernent les catégories suivantes : Il n’est pas clair comment ces filles scolarisées seront des cibles secondaires si toutes les participantes dans les espaces surs sont des filles non-scolarisées/déscolarisées.
* 10-14 scolarisées, non mariées
* 15-19 scolarisées, non-mariées
Dans une même communauté il serait bien d’instaurer une relation entre les filles des espaces sure qui sont déscolarisées et non scolarisés et les filles scolarisés dans l’optique de leur permettre d’échanger leurs connaissances et leurs pratiques.
Ensuite les filles des Espaces Surs désireuses de retourner à l’école seront encouragées notamment à travers le volet éducation par les cours de soutien ou des écoles de seconde chance. Il est à noter que les filles scolarisées sont déjà sont prises en compte par d’autres programmes financés par d’autres partenaires à savoir l’UNCEF, le PAM, le programme du Ministère des Enseignements Secondaires en partenariat avec l’UNFPA.
* Les jeunes garçons de 15-24 ans /déscolarisés, non-scolarisés, non-mariés
* Les leaders religieux et les chefs traditionnels
En ce qui concerne les garçons et les hommes, leur implication permettra de mieux protéger les filles en rendant l’environnement social favorable à la promotion de la santé de la reproduction et la lutte contre les violences basées sur le genre. Ces cibles seront également touchées à travers les campagnes médiatiques de communication pour un changement de comportement.
Ces deux groupes d’hommes sont considérés cibles secondaires, bien que il y aura des activités qui les engagent, parce que toutes les activités du projet SWEDD ont pour but d’améliorer la situation des filles (et des femmes). Alors le travail avec les jeunes gens et les leaders masculins représentent un autre chemin vers ce but principal.
2. Localisations géographiques:

Les cinq régions dont Tillabéry, Maradi, Tahoua, Zinder, Dosso.Les mêmes critères seront appliqués au niveau du choix des districts, villes etc.

1. Comment avez-vous décidé cette décision?
.
Les adolescentes de 10-19 ans constituent 19% de l’ensemble des femmes en âge de procréer et celles de 15-19 ans contribuent pour 14% à la fécondité totale des femmes.
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2. Ces emplacements sont-ils fixes ou est-ce que le projet pourra potentiellement être mis en œuvre dans d'autres endroits?

Les emplacements seront fixes pour bien mesurer les effets. Ce sont les communes et les communautés des régions retenues
Interventions.
Stratégie 1 : Espaces surs (pour renforcer les compétences et connaissances des adolescentes)
L’Initiative Adolescentes est conduite au Niger par UNFPA, sous la tutelle du Ministère de la Population, de la Promotion des Femmes et la Protection des Enfants, avec comme partenaires d’exécution, les ONGs nationales Lafia Matassa et Songes. Le modèle comporte plusieurs étapes :
1. Identifier les zones prioritaires : Il s’agit des zones défavorisées où le taux de mariage d’enfants est élevé et où le taux de prévalence contraceptive est particulièrement faible. Les zones visées sont aussi de préférence des communes de convergence dans lesquelles les agences du système des Nations Unies interviennent ensemble pour augmenter la résilience des communautés.
2. Sélectionner les bénéficiaires : Ce sont des jeunes filles de 10 à 19 ans, nonscolarisées ou déscolarisées, vulnérables au mariage forcé, aux grossesses précoces et aux violences. Parmi elles, certaines sont déjà mariées et mères.
3. Définir des « espaces sûrs » : C’est le lieu privilégié où les filles sont accueillies pour les séances modulaires d’éducation non-formelle.
4. Identifier et former des « mentors » : Ce sont des femmes issues des communautés qui forment et suivent les jeunes filles participantes et leur servent de modèles.
5. Proposer un paquet d’activités holistique : Séances modulaires, alphabétisation, bilan de santé, mise à jour de l’état civil, visites à domicile, dialogues communautaires.
6. Assurer un suivi-évaluation du Programme : Les données sur les jeunes filles sont collectées et analysées, les activités sont évaluées grâce à une démarche participative.

* Le recrutement des mentors et des facilitateurs
* La formation des mentors et des facilitateurs
* Le recrutement des filles
* Organisation des sessions modulaires
* Organisation des dialogues communautaires
* Organisation des séances d’alphabétisation fonctionnelle
* Organisation des visites à Domicile par les mentors
* Organisation des activités physique et sportive
* Organisation des activités socioéducatives
* Bilan et diffusion des résultats
Stratégie 2 : Sensibilisation et dialogue communautaire (pour le changement des normes sociales)
* Organisations des dialogues communautaires
* Déclaration d’engagement par les leaders et les chefs religieux
* Elaboration d’un plan d’engagement
* Mise en œuvre du plan
* Diffusion des dialogues par les radios communautaires
* Production des émissions par les radios communautaires
* Implication et engagement des chefs traditionnels et leaders religieux sur la base d’un programme d’action annuel.

Stratégie 3 : Clubs des futures maris (pour le changement de comportements et attitudes des jeunes garçons)
* Elaboration des modules des clubs de futurs maris
* participation de ce module au niveau régional
* définition des critères de choixdes guides adultes et des critères de choix des membres des clubs
* Recrutement des guides adultes des futurs maris
* Formation des guides adultes
* Recrutement des membres des clubs
* Organisation des réunions des clubs
* Suivi et évaluation des activités des clubs
* Bilan et diffusion des résultats

3. S’il ya plusieurs interventions:

Ces interventions sont complémentaires en ce sens qu’elles concourent au changement des comportements et des normes sociales chez les individus et dans les communautés.
Elles contribuent à retarder l’âge des mariages précoces, retarder les grossesses, espacer les naissances, augmenter l’utilisation des services de santé et les consultations pré et post natales, améliorer la qualité des relations dans le couple.

3. Est-ce que certaines de ces interventions pourraient être mises en œuvre comme des activités autonomes, ou est-ce que tous les bénéficiaires doivent recevoir l'ensemble des interventions?
Théoriquement les espaces sûrs apparaissent comme une intervention plus efficace quand il existe aussi un club de futurs maris dans la même communauté ; c’est pour dire que les activités autonomes ne seront pas privilégiées mais plutôt la mise en œuvre d’un paquet d’intervention ciblant différents segments de la population (adolescentes, jeunes garçons, leaders, communautés.)

Liens. .
* Le programme Illimin qui est en cours d’exécution par deux ONGs sous la tutelle du Ministère de la Population et l’appui financier et technique de l’UNFPA, a les mêmes objectifs, les mêmes cibles et le même modèle d’intervention que notre projet. Les clubs des futurs maris sont également mis en œuvre par UNFPA et ses partenaires. Ces clubs sont parrainés par les Ecoles des Maris dans l’optique d’opérer un transfert de connaissances et de compétences à travers le dialogue parents – enfants, étant entendu que les parents sont les membres des Ecoles des Maris et les enfants sont les membres des clubs de futurs maris.

* Le projet d’appui à la population et santé renforcera les capacités des écoles des maris et des espaces surs autour des activités de changement de comportement et des normes sociales.

* Il existe aussi un projet d‘étude et de recherche sur les espaces sûrs de Mercy Corps et celui de l’Université de Californie à Maradi ; c’est une référence pour une évaluation qualitative de ce projet.
* MSI intervient au niveau des centres des jeunes à travers des prestations de PF/SR fournies par les MSI Ladies.Un espace est aménagé pour les jeunes et les adolescents et une fréquence est définie pour les prestations de la sage femme. En amont une mobilisation est faite avec comme trame de fond la convivialité (éducation par le divertissement).Les interventions du PAM et de l’Unicef à l’endroit des adolescentes dans les régions de Maradi et de Zinder dans son volet nutrition.Afin d’éviter les duplications, nous proposons un mapping des projets avec les partenaires et nous cela nous guidera dans les choix des communes.
Les ONGsPatfinder, ANBEF, PSI, ANIMAS, HOPES CONSULTING, Plan International, Care, Save the Children, l’ACTN participeront au partage des expériences et mapping des interventions.
Un plan d’action national multisectoriel en faveur des adolescents a été élaboré sous la tutelle du Ministère de la population avec l’appui de l’Unicef et des autres partenaires.
Dans le cadre du SWEED, ce projet a des liens avec les autres composantes, notamment la composante opportunité économiques en ce qui concerne les AGRset l’apprentissage des métiers pour les adolescentes des espaces surs ; pour ce qui est de la composante maintien des filles à l’école, les cours de remédiation seront d’une importance capitale pour le retour des adolescentes déscolarisées à l’école.

6. Innovation.
Les dimensions innovantes sont : la multi-sectorialité, caractère régional du projet avec des avantages comparatifs, intégration des activités physiques et sportives et activités socioéducatives au niveau des espaces sûrs, relation entre les espaces sûrs et les clubs de futurs maris, le recrutement des guides adultes au niveau des clubs des futurs maris., les clubs des futurs maris constituent en soi une innovation de par l’implication des jeunes de 15 à 24ans qui seront guidés par un de leur parent choisi en tant que modèle dans la communauté, respecté à la fois par les jeunes et les parents.
Expérimenter la méthodologie GEAS d’évaluation des changements de comportements chez les adolescents-es de 10 – 14 ans.
Cette méthodologie est une analyse des différences et des similitudes de processus qui influent sur les trajectoires de santé des garçons et des filles dans différents milieux culturels. L’étude de l’intersection entre contexte culturel et processus de santé. Peu d’études empiriques sur cette période critique du développement. C’est au cours de la période du début de l’adolescence que la socialisation au genre s’intensifie. Les normes de genre sont susceptibles d’influencer directement le développement de la sexualité au ainsi que de nombreux autres enjeux de santé qui émergent au cours de cette période de la vie.
Les principales questions de recherche qui guide l’étude GEAS
* Quels sont les facteurs qui contribuent à entretenir des normes de genre inéquitables et délétères pour la santé des jeunes adolescents?
* Comment les normes de genre influencent-elles un large spectre d’enjeux de santé qui émergent à l’adolescence et persistent à l'âge adulte

7. Les modalités de mise en œuvre.
Les filles sont réunies par groupe de 25, encadrées par une mentor, elles se retrouvent dans un « espace sûr ». Chaque groupe de 25 suit les sessions modulaires une fois par semaine et une séance d’alphabétisation. Les filles suivent également des séances ludiques et interactives sur des thématiques diverses : l’hygiène et la santé, le corps et la sexualité, la gestion de son argent et l’épargne, mais aussi l’estime de soi, la prise de décision, la prise en parole en public. Les filles bénéficient aussi d’un bilan de santé et de la mise à jour de leur état civil. – – Les communautés, notamment les parents et familles, sont impliquées dans l’évolution de ces filles, grâce à des visites à domicile menées par les mentors et grâce à des séances de dialogues communautaires organisées par les facilitateurs communautaires.
En ce qui concerne les jeunes garçons, ils seront réunis dans des clubs sous la supervision des guides qui les encadrent.
Difficultés potentielles : le nombre et position géographique de certaines localités ; la collecte et la remontée des informations ; le déficit institutionnel lié à la coordination et à la mise en œuvre des activités du projet et aux conflits d’intérêt.
Rôles et attributions des différents intervenants :
Le Ministère de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant assure la tutelle du projet ; le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le Ministère de la Santé Publique participent à la mise en œuvre ;
Il est nécessaire de faire un appel d’offre aux ONG et organisations de la société civile.
De manière spécifique :
Le MP/PF/PE : assure la coordination et la synergie entre les différents intervenants ; organise le bilan périodique des activités et le suivi et l’évaluation des activités.
Le MJS : attribue les espaces sûrs dans les centres des jeunes,organise les activités sportives et socioéducatives, participe à l’élaboration des modules des clubs de futurs maris et à leur recrutement, participe aux missions de suivi et évaluation.
Le MSP : attribue les espaces sûrsau sein des CSI, élabore des supports de communication SR/PF en collaboration avec les autres partenaires, participe au suivi.
Évaluation de l'impact.Espaces sûrs + Ecoles des futurs maris.
La proposition vise à évaluer ensemble et séparément deux approchespermettant de promouvoir le changement des normes et des comportementschez les jeunes filles et les garçons.
1. Objectifs d’apprentissage : l’évaluation serait organisée autour de deux questions principales :
* Quel est l’impact des espaces sûrs sur les indicateurs de compétences de vie et connaissance SR pour les filles participantes ? Sur lemariage précoce et l’autonomisation économique ?
* Quel est l’impact des espaces sûrs conjointement avec les écoles des futurs maris sur les mêmes indicateurs ?
2. Groupe de comparaison. Sélection aléatoire des villages pour un groupe de contrôle et deux groups de traitements.
3. Traitements expérimentaux

Cadre de mesure des résultats
Sommaire
Résultats escomptés
Indicateurs de performance
Hypothèses/Risques
But
Objectif global
Contribuer à la réduction du mariage des enfants et des grossesses précoces chez les adolescentes de 10 à 19 ans au Niger.
Impacts

Les jeunes filles se marient à un âge plus avancé

* Age moyen au premier mariage des filles
* Proportion des adolescentes mariées
* Age moyen au premier accouchement
* L’intervalle intergénésique >=2 ans
Hypothèses :
1. Ressources prévues pour la mise en œuvre du programme sont disponibles et sont efficacement utilisées
2. Les communautés adhèrent aux objectifs du projet
Risque :
Instabilité socio politique
Objectifs spécifiques
OS:1 : Renforcer les compétences de vie courante et les connaissances en santé de la reproduction des adolescentes afin qu’elles exercent et jouissent de leurs droits humains fondamentaux

Effets
1. Les adolescentes sexuellement actives utilisent les méthodes de planification familiale à l’issue de chaque cohorte
2. Les adolescentes s’affirment et ont un mot à dire concernant leur mariage
Pourcentage d’adolescentes ayant acquis les connaissances de base dans les espaces surs.
Pourcentage d’adolescentes dans les espaces sûrs mariées ayant adopté une méthode de planification familiale
Pourcentage d’adolescentes dans les espaces sûrs sachant lire, écrire et calculer
Hypothèses :
Disponibilité des méthodes de planification familiale
Risque :
Rupture de stock
OS2:- Renforcer les capacités des communautés et des leaders pour un changement des normes sociales
2.1. les leaders et les communautés protègent les droits des adolescentes
Pourcentage de leaders et communautés ayant signé la déclaration d’engagement
Pourcentage de leaders et communautés ayant mis en œuvre le plan d’action.

OS 3: Favoriser des changements d’attitudes et de comportement sur la santé sexuelle et reproductive et à l’égalité entre les sexes chez les jeunes garçons de 10 à 24 ans.
3.1. les jeunes garçons sont conscients de leurs rôles et responsabilités vis-à-vis des adolescentes

Proportion de jeunes garçons dans les clubs de futurs maris ayant adopté des attitudes et un comportement en faveur de la SSR et de l’égalité des sexes

Hypothèses :
Les ressources sont disponibles pour mettre en œuvre la stratégie
Les communautés adhèrent à la stratégie
Risque :
Instabilité politique

8. Chronologie

2016
2017
2018

1er tri
2ème tri
3ème tri
4ème tri
1er tri
2ème tri
3ème tri
4ème tri
1er tri
2ème tri
3ème tri
4ème tri
Stratégie 1 EspacesSurs

Stratégie 2 dialogue communautaire

Stratégie 3 clubs des futurs maris

4. Combien de temps va durer ce projet? Le projet sera mis en œuvre de manière progressive ou tout en même temps?
Ce projet va durer 3 ans et sera mise en œuvre annuellement. Pour les Espaces Sûrs, étant donné que le modèle d’intervention existe déjà, le SWEDD va intéresser les zones qui ne sont pas touchées par UNFPA afin de produire un effet de masse et de d’enrôler le maximum d’adolescentes de 10-19 ans.
Pour les dialogues communautaires aussi, le modèle existe avec UNFPA.
En ce qui concerne les Clubs des Futurs Maris, il est nécessaire de faire une expérience pilote à petite échelle, la première année avant de généraliser, même s’il est retenu que le modèle proposé sera un peu différent de celui mis en œuvre par UNFPA et ses partenaires. Cependant il est plus judicieux de faire une mise en œuvre progressive en fonction des zones disposant déjà d’Espaces Sûrs

9. Budget: .
________________
BUDGET
2016
2017
2018

Design du programme

Espaces Sûrs
Reviser la stratégie de communication SR/PF
5 000 000

Elaborer et reproduire les supports de communication SR/PF
30 000 000

Recruter les mentors et les facilitateurs
7 000 000
7 000 000
7 000 000

Former les mentors et les facilitateurs
70 000 000
70 000 000
70 000 000

Recruter les filles
10 896 666
10 896 666
10 896 666

Organiser les sessions modulaires
187 336 184
187 336 184
187 336 184

Organiser les dialogues communautaires
58 327 051
58 327 051
58 327 051

Organiser les séances d’alphabétisation fonctionnelle
221 237 044
221 237 044
221 237 044

Organiser des activités physique et sportive
5 000 000
5 000 000
5 000 000

Organiser des activités socioéducatives
4 000 000
4 000 000
4 000 000

Evalueret diffuser les résultats
5000000
5 000 000
5 000 000

Budget espaces surs
603 796 945
568 796 945
568 796 945
1 741 390 835
Clubs de futurs maris
Elaborer des modules des clubs de futurs maris
15 000 000

Disséminer le module des clubs de futurs maris au niveau régional
20 000 000

Définir des critères de choix des guides adultes et des critères de choix des membres des clubs
10 000 000

Recruter des guides adultes pour les futurs maris
10 019 676
10 019 676
1 019 676

Former les guides adultes
15 030 744
15 030 744
15 030 744

Recruter les membres des clubs
20 048 038
20 048 038
20 048 038

Organiser les réunions des clubs
20 075 058
20 075 058
20 075 058

Suivre et évaluer les activités des clubs
20 117 278
20 117 278
20 117 278

Faire le Bilan et diffuser des résultats
10 447 382
10 447 382
10 447 382

Budget clubs des futurs maris
140 738 176
95 738 176
86 738 176
323 214 528
Communautés et leaders

Organiser des dialogues communautaires

Elaborer un plan d’engagement
15 183 247
15 183 247
15 183 247

Mettre en œuvre du plan
20 286 324
20 286 324
20 286 324

Produire et diffuser les émissions par les radios communautaires
10 699 033
10 699 033
10 699 033

Impliquer les chefs traditionnels et leaders religieux engagés sur la base d'un programme d’action annuel.
11 092 239
11 092 239
11 092 239

Budget communautés et leaders
57 260 843
57 260 843
57 260 843
171 782 529
Organiser des visites à Domicile par les mentors et les guides
23 107 328
23 107 328
23 107 328

Budget VAD
23 107 328
23 107 328
23 107 328
840 990 211

Total couts FCFA
824 903 292
744 903 292
735 903 292

Contractualiser avec les ONG ; kits équipements
65 992 263
59 592 263
58 872 263

Total couts CFA
890 895 555
804 495 555
794 775 555
2 490 166 666
Total couts USD
1 781 791
1 608 991
1 589 551
4 980 333

________________
ANNEXE
1. Descriptions détaillées des thématiques :

1. Thématique 1 : Compétences de vie et la connaissance de la santé reproductive. Les interventions qui renforcent les capacités des filles à mener des vies saines et productives et soutenir un environnement communautaire favorable. Cela comprend renforcement de la prestation des compétences d'enseignement de la vie et de la santé reproductive pour les filles. Les exemples incluent: des clubs de filles communautaires ou scolaires qui offrent des compétences de vie aux filles, les interventions de sensibilisation au niveau communautaire harmonisées avec des activités de type CCSC qui ciblent les maris, les parents et / ou d'autres membres de la communauté. Ces activités peuvent être mises en œuvre en tant qu’interventions autonomes ou intégrées avec d'autres activités (par exemple, l'école formelle, la formation aux moyens de subsistance).

2. Critères pour évaluer les projets :
Afin d’assurer une certaine priorisation, il est important de noter que un maximum de 3 projets sera approuvé pour chaque pays. Lors de la sélection des projets à inclure dans le Programme Pays, les critères suivants seront appliqués:
1. Le(s) projet(s) proposé(s) aborde(nt) un problème de haute priorité ou contrainte à l'autonomisation des filles.
2. Les interventions proposées sont fondées sur des preuves, ce qui signifie qu'elles ont été évaluées précédemment soit dans ce contexte ou dans un autre.
3. Les interventions proposées s’inscrivent dans une ou plusieurs des thématiques décrites ci-dessus.
4. Les interventions proposées peuvent être répliquées dans les autres pays du Sahel. Une préférence sera accordée aux propositions qui peuvent être mises en œuvre dans plusieurs pays. Par exemple, si la même intervention (ou similaire) est proposée par plusieurs pays, permettant ainsi une évaluation régionale, leCSR peut choisir de donner la priorité à cette intervention sur les autres.
5. Le Programme Pays comprend au moins une stratégie viable pour évaluer rigoureusement un ou plusieurs projets en utilisant des méthodes expérimentales ou quasi-expérimentales. Il faut noter que tous les projets ont besoin d'avoir une évaluation d'impact rigoureuse. Après le processus de proposition, les pays recevront de l’assistance technique supplémentaire pour concevoir et mettre en œuvre une évaluation d’impact d'un ou plusieurs projets, afin d'harmoniser les modèles d'évaluation et de maximiser l'apprentissage entre-pays et régional.
6. Les modalités d'exécution proposées impliquent les organisations communautaires de base (OCB), les organisations de la société civile (OSC) et / ou des conseils locaux.
7. Les interventions proposées sont conformes aux interventions existantes (ie pas de chevauchement avec d'autres programmes financés par les gouvernements ou bailleurs). Plus précisément, les modalités de mise en œuvre doivent s’appuyersur des arrangements institutionnels existants dans le cadre d’autres projets (par exemple, dans le cas où des transferts de fonds pour les filles sont proposés, ils devront utiliser les registres et les systèmes existants).

________________
[1]Pratiquement toutes ses dispositions de la Convention des Droits de l’Enfants qui a été ratifiée par le Niger se rapportent de quelque façon à la question du mariage précoce – voir annexe 2 pour les articles précis

[2]UNICEF( 2001) : Digest Innocenti : Le mariage précoce
[3]Population Council: « Etude approfondie sur les adolescents : exploiter les données pour identifier et atteindre les jeunes les plus vulnérables. Niger 2006 »,

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