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Policy note BSDD CAMEROUN

POLICY NOTE SUR LA BUDGETISATION SENSIBLE AU DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE AU CAMEROUN
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Description générée automatiquement 1. Contexte et justification
Le Cameroun ambitionne de devenir « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » à l’horizon 2035. La mise en œuvre de cette Vision a été programmée pour se réaliser en trois phases. A la suite de la première phase sur la période de 2010 à 2020, la seconde phase est matérialisée par la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Cette dernière vise la transformation structurelle de l’économie, en opérant des changements fondamentaux dans la structure économique et sociale, afin de favoriser un développement endogène et inclusif, tout en préservant les chances des générations futures. A cet effet, le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre des politiques adéquates dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accessibilité aux facilités sociales de base et de la protection sociale. Un des leviers sur lequel compte le Cameroun pour contribuer à l’atteinte des objectifs de cette Stratégie (SND 30) est la capture du dividende démographique, replaçant ainsi le développement du capital humain au cœur des politiques publiques.
Pour permettre aux pays d’exploiter pleinement le dividende démographique (DD), leurs budgets doivent y être arrimés afin d’optimiser suffisamment l’allocation des ressources, et d’améliorer l’efficacité des plans, politiques, stratégies et programmes dédiés à sa capture. A cet effet, le CREG a proposé une démarche consistant d’abord à restructurer le budget classique en budget fonctionnel et arrimer par la suite, chaque fonction budgétaire aux dimensions et sous – dimensions de l’Indice synthétique de Suivi du Dividende Démographique (DDMI). L’analyse de la sensibilité budgétaire par l’exploitation ou le truchement des élasticités des différentes fonctions budgétaires par rapport au DDMI, permet de procéder à une allocation budgétaire optimale favorable à la capture du dividende démographique. Le Cameroun s’est approprié cette méthode développée par le CREG, en vue de disposer d’un outil pour assurer une meilleure programmation budgétaire et capitaliser le potentiel démographique national.
Le présent policy brief synthétise les résultats de l'analyse de la sensibilité budgétaire pour le Cameroun, et propose des orientations pour une allocation des dépenses publiques cohérente avec la capture du Dividende Démographique, conformément aux objectifs nationaux qui figurent dans la SND 30.

2. Analyses Résultats des séries DDMI rétropolées
La rétropolation est un processus qui consiste à estimer ou à reconstruire des données anciennes. Pour la réaliser, l’Indice synthétique de suivi du Dividende Démographique (DDMI) est calibré. Il convient le rappeler, cet indicateur de Bien-être, en abrégé DDMI, synthétise les contributions de cinq (05) dimensions à savoir : – l'Indice de Couverture de la Dépendance Économique (ICDE) ; – l'Indice de Qualité de Cadre de Vie (IQCV) ; – l'Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté (ISSP) ; l'Indice de Développement Humain Étendu (IDHE) et – l'Indice Synthétique de Réseaux et Territoires (ISRT).
Le processus de passage du DDMI aux fonctions budgétaires consiste à passer au peigne fin toutes les séries du budget et du DDMI préalablement calculé, l’objectif étant de vérifier la cohérence d’ensemble des grandeurs, de contrôler la qualité des séries et de construire les comptes de DDMI correspondant aux fonctions budgétaires avant la phase d’analyse descriptive et des estimations.
Le graphique ci-dessous résume l’évolution des parts ou contributions moyennes quinquennales des différentes dimensions du DDMI. Les points saillants qui en ressortent sont les suivants :
* Sur la période 2001-2005, l’ISSP occupe la première place dans la contribution au DDMI avec 9%, suivie de l’IQCV et de l’IDHE avec respectivement 8% et 7% comme contribution au DDMI. Enfin, l’ISRT et l’ICDE viennent en dernières positions, avec les valeurs respectives de 2% et 1%.
* Sur la période 2006-2010, les contributions de l’IQCV et de l’ISSP sont majoritaires, avec chacune 9%. Ensuite l’IDHE avec 8%, puis l’ICDE et l’ISRT, avec chacun 2% comme contribution au DDMI.
* Sur la période 2011-2015, les dimensions IDHE et ISSP viennent en première position avec chacune 10% comme contribution au DDMI, suivies de l’IQCV avec 9% et enfin l’ICDE et l’ISRT en dernière position, avec chacune 3% comme contribution au DDMI.
* Sur la période 2016-2019, l’IDHE et l’ISSP affichent les meilleures contributions avec chacun 11%. Ensuite vient l’IQCV avec 10% et enfin l’ICDE et l’ISRT, avec respectivement 6% et 3% comme contribution à l’indicateur de suivi du DD.
Graphique 1 : Evolution des contributions moyennes quinquennales des dimensions du DDMI

Source : CREG & équipe-pays, 2024

Dans l’ensemble, au cours des années 2001-2019, le bien-être des populations camerounaises était majoritairement dû aux actions visant à réduire la pauvreté et développer le capital Humain qu’à celles relatives à la Couverture de la Dépendance Économique et la Gestion efficace des Réseaux et Territoires.

3. Analyse des structures budgétaires
Le passage du budget classique au budget fonctionnel sus-évoqué donne lieu la réorganisation des dépenses publiques suivant les huit (08) fonctions suivantes : Education, Santé, Sécurité, Institution, Affaire Economique, BTP-Energie, Réseau Social et Réseau Professionnel. Les Graphiques 2 et 3 ci-après montrent l’évolution des contributions ou parts moyennes desdites fonctions budgétaires aux dépenses totales de l’Etat sur les périodes 2001-2014 et 2015-2021. L’analyse des séries du budget fonctionnel sur les deux (02) sous-périodes (2001-2014 et 2015-2021) montre globalement que les contributions moyennes des huit (08) fonctions budgétaires dans les dépenses publiques sont restées relativement stables entre les deux périodes. Il convient de relever que :
* La part de la Fonction – Economie (Affaires économiques et BTP-Energie) dans le budget général, demeure plus importante sur les deux périodes (36% sur la période 2001-2014 et 45% sur la période 2015-2021). Cette prépondérance de la contribution de la fonction-Economie prouve toute l’importance accordée par l’Etat Camerounais au financement des activités de production de biens et services publics, traduisant les efforts déployés par l’Etat dans le financement d’infrastructures et équipements publics, sources de croissance forte et soutenue.
* Les fonctions Education et Santé viennent ensuite avec respectivement 26% et 9% sur la période 2001-2014 et 21% et 7% sur la période 2015-2021, montrant d’une part l’intérêt accordé par l’Etat au développement des compétences et d’autre part les efforts fournis par l’Etat pour améliorer les incitations financières du personnel de santé ainsi que le plateau technique. Cependant, une baisse importante des budgets alloués pour ces fonctions s’observe sur les deux périodes.
* Les fonctions Sécurité et Institution affichent respectivement 14% et 12% sur la période 2001-2014, puis 10% chacune sur la période 2015-2021. En effet, bien que des crises sécuritaires aient induits des investissements supplémentaires dans ces domaines, les besoins en termes de capital humains et reproductifs n’ont cessé de croitre.
* La fonction Réseau social (7ème) et la fonction Réseau professionnel (8ème) arrivent en dernières positions, avec des parts respectives dans le budget total de 2% et 1% sur la période 2001-2014, et de 5% et 2% sur la période 2015-2021. Les faibles parts de ces deux fonctions dans le budget publique national montrent que les dépenses de loisirs ou de prestige et de communication ne constituent pas des priorités de l’Etat Camerounais au cours de ces deux dernières décennies.

Graphique 2 : Structure des fonctions budgétaires 2001 2014

Source : CREG & équipe-pays, 2024

Graphique 3 : Structure des fonctions budgétaires 2015 2021

Source : CREG et équipe-pays, 2024

4. Analyse de la sensibilité budgétaire
L’analyse de la sensibilité budgétaire permet au travers de l’estimation des élasticités, de déterminer les effets des dépenses publiques consacrées à chaque fonction budgétaire sus-présentée, ainsi que ceux de leurs structures par nature (Investissement, Fonctionnement et Transfert), sur l’Indicateur de Suivi de la capture du DD, qui mesure le bien-être de la population (DDMI). Les résultats pour le Cameroun sont synthétisés dans le tableau ci-dessous.
Tableau1 : Résultats des estimations des élasticités
Rubriques
Elasticités Budgétaires
Composantes budgétaires
Fonctions budgétaires
INVESTISSEMENT
FONCTIONNEMENT
TRANSFERT
TOTAL
Structure de l’économie
BTP-Energie
0,696***
0,194***
0,110***
– 0,146***
Economie
0,753***
0,296***
0,215***
-0,208***
Capital humain
Education
-0,018
0,534***
-0,039
0,653***
Santé
0,040***
0,653***
-0,000
0,123***
Gouvernance
Institutions
0,248***
0,211
0,11***
0,683***
Sécurité
0,153***
0,94**
0,040
-0,145***
Réseaux Professionnels et Sociaux
Réseau professionnel
0,26***
0,16**
0,004
0,028***
Réseau social
0,001
0,043**
0,06***
0,023
Source : CREG & équipe-pays, 2024
***1%, ** 5%, *10% sont des seuils de significativité
Ces résultats permettent d’analyser pour chaque fonction budgétaire, les effets qu’engendrerait la modification des dépenses publiques ainsi que leur structure par nature, sur le bien-être de la population.
La spécification d’un modèle adéquat après le test de stationnarité des variables dont la plupart, sont intégrées d’ordre un, a permis d’estimer les élasticités budgétaires et de procéder à leur analyse. Ainsi donc :
– Education
S’agissant de l’éducation, l’estimation des élasticités montre que globalement, il existe un lien positif entre l’augmentation des dépenses publiques en matière d’éducation et l’amélioration du bien-être procuré à la population dans le domaine. En effet, le coefficient d’élasticité entre les dépenses d’éducation est à la fois positif et significatif au seuil de 1%. Ainsi, lorsque les dépenses publiques augmentent d’un milliard pour l’éducation, cela implique une augmentation de 0,65 unité, du bien-être de la population. Ce résultat montre que les ménages sont les principaux bénéficiaires des dépenses d’éducation engagées par les pouvoirs publics au Cameroun.
Plus spécifiquement, le coefficient d’élasticité entre le bien-être des populations résultant de l’éducation et la part des dépenses de fonctionnements dans le domaine, est positif et significatif. Les élasticités associées aux parts des dépenses d’investissements et de transferts dans l’éducation sont plutôt négatives, mais non significatives. Ainsi, les dépenses de fonctionnements pour l’éducation engagées par les pouvoirs publics affectent positivement le bien-être des populations. Lorsque la part des dépenses de fonctionnement augmente d’un point de pourcentage, cela contribue à améliorer le bien-être des populations de 0,534 point. En revanche, les dépenses de transferts et d’investissements n’ont pas un impact significatif sur les ménages. L’analyse des dépenses d’éducation selon leur nature (investissement, fonctionnement et transfert) permet d’expliquer avec plus de précision, l’influence de ces dépenses sur le bien-être des populations.
Un résultat important découle des analyses ci-dessus : toutes les dépenses engagées par les pouvoirs publics au Cameroun dans le domaine de l’éducation ne sont pas de nature à apporter des bénéfices à la population. Si les ménages tirent l’essentiel des bénéfices générés par les dépenses de fonctionnement, cela est loin d’être le cas pour les dépenses d’investissements et de transferts. S’agissant de l’investissement, la baisse des dépenses engagées par les pouvoirs publics au fil des années pour le compte de l’éducatif, pourrait expliquer leur faible influence sur le bien-être des populations. En revanche, les dépenses de transferts sont restées relativement stables bien que le montant soit faible. Avec une population grandissante et les effets néfastes de la corruption, ces dépenses pourraient ne pas avoir atteint les couches les plus défavorisées, qui en ont le plus besoin, d’où le résultat obtenu.
– Santé
L’analyse de la sous-dimension santé du capital humain nous révèle qu’avec le modèle utilisé l’ajustement du bien être santé sur les dépenses de santé est bonne. Cela est confirmé par la valeur de 84,8% du coefficient de détermination ou R² associé l’équation 1 de la santé. Le signe positif associé au coefficient des dépenses totales de santé, accompagné de la significativité de ce paramètre indique que l’augmentation de ces dépenses agit positivement sur le bien-être sanitaire des populations du Cameroun. En effet, en supposant constant tous les effets extérieurs à la fonction santé, lorsque les dépenses de santé augmentent d’un point, le bien-être des populations dans le domaine augmente de 0,123 point. Bien que positive et significative, cette valeur est assez faible.
En outre, les tests de significativité des paramètres révèlent que dans les différentes fonctions du budget alloué à la santé, seules les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement ont un effet significatif, sur le bien-être des populations dans le domaine. Les transferts et/ou subventions en santé ont un impact non significatif. Bien que positives, les élasticités associées à la part des dépenses de fonctionnement et d’investissement sur le bien-être sanitaire de la population, sont toutes deux très faibles.
-BTP-énergie
Les élasticités des deux (02) modèles estimés dans le secteur BTP-Energie sont tous significatifs au seuil de 1%. Toutefois, ces coefficients semblent présenter un paradoxe. En effet, alors que l’élasticité sectorielle entre la satisfaction de la population tirée des services BTP-Energie et le total des dépenses publiques qui y sont consacrées est négative, celles associées aux différentes natures budgétaires dans le même secteur sont toutes positives. De fait, l’évidence apportée par les données montre qu’une augmentation de 1% du budget total de ce secteur est associée à une baisse de la satisfaction des services BTP-Energie de 0,15%. Autrement dit, malgré l’accroissement des ressources budgétaires du secteur BTP-Energie, le bien-être des populations dans ce secteur semble se détériorer. En revanche, lorsque l’analyse est approfondie suivant les différentes natures budgétaires, il ressort qu’une augmentation de 1% des dépenses de fonctionnement (respectivement des dépenses d’investissement et des transferts) se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une augmentation de la satisfaction des services BTP-Energie de 0,19% (respectivement 0,70% et 0,11%). Cela signifie que le bien-être des populations dans le secteur BTP-Energie a tendance à s’améliorer avec un accroissement des ressources de chacune des natures budgétaires. Néanmoins, il est important de préciser que les effets sont disproportionnés par nature budgétaire. Bien entendu, l’effet de la dépense publique dans ce secteur sur le bien-être des populations est plus important avec l’augmentation des dépenses d’investissement, mais faible avec l’augmentation des transferts.
Le paradoxe apparent relevé plus haut peut toutefois trouver quelques explications. En effet, l’examen de l’évolution des dépenses publiques dans ce secteur permet de voir effectivement que le Cameroun a augmenté de façon considérable ses dépenses dans le secteur des « BTP-Energie », plus ou moins au cours de la dernière décennie. Ceci peut évidemment se comprendre par le fait que le pays s’est engagé depuis quelques années dans les « grands chantiers de l’Etat » consistant principalement à la construction de barrages, des ports en eaux profondes et des routes, afin de produire suffisamment d’énergie et d’infrastructures nécessaires au lancement de la troisième phase de la Vision de son émergence, qui est consacrée à l’industrialisation. Non seulement certaines de ces infrastructures ne sont pas encore opérationnelles, mais surtout, l’industrialisation pour laquelle elles ont été commandées n’est pas encore implémentée de façon conséquente. Aussi, malgré l’augmentation des dépenses dans le secteur, les effets ne se feront véritablement ressentir positivement sur le bien-être de la population qu’après une industrialisation plus intensive, qui permettra une meilleure répartition des dividendes tirés de ce secteur principalement consacré aux investissements pour la création de la richesse.
Cependant, à défaut d’une augmentation du bien-être de la population avec les dépenses dans le secteur, on se serait attendu tout au moins à une stagnation de celui-ci. Cela peut également se comprendre par le fait que nombre d’infrastructures, notamment de transports routiers, aériens, et autres, déjà réalisées par l’Etat dans le secteur, ne rencontrent pas toujours les besoins des populations, en raison du fait qu’elles connaissent une dégradation rapide, outre le fait que certaines indemnités liées aux déguerpissements des riverains lors de la construction de celles-ci, ne sont pas toujours payées à temps. De plus, bien que les taux d’accès à certaines facilités sociales comme l’électricité, le gaz, l’eau, le logement etc. aient augmenté, leur approvisionnement connait des ruptures régulières, empiétant ainsi sur la satisfaction et le bien-être des populations.
Par ailleurs, les coefficients d’élasticités par nature budgétaire montrent que lorsqu’on augmente la part des dépenses consacrées à l’investissement, au fonctionnement ou aux transferts dans le budget total dédié aux BTP-Energie, le bien-être de la population le secteur croit également. En outre, ledit bien-être de la population croit d’autant plus rapidement lorsque la part de l’investissement dans le budget total du secteur est importante, compte tenu du fait que le coefficient d’élasticité associé est de 0,696, plus important que celui associé aux parts des dépenses en fonctionnement (0,194) et en transfert (0,11). Aussi, une amélioration de la part des transferts dans les dépenses totales en « BTP-Energie » permettrait d’avoir des effets positifs plus importants et directs sur le bien-être de la population.
-Affaires Economiques
Pour ce qui est du secteur des Affaires Economiques, les coefficients sont statistiquement significatifs au seuil de 1%. Néanmoins, en analysant l’élasticité liant le budget total du secteur au bien-être de la population mesuré par le DDMI, il ressort qu’une augmentation de 1% des dépenses publiques du secteur est associée à une diminution de 0,21% dudit bien-être. Ce résultat assez paradoxal peut s’expliquer par le fait que depuis 2010 avec le DSCE qui visait essentiellement l’augmentation de la richesse et des emplois décents, l’Etat a consacré plus d’argent aux affaires économiques. Toutefois, ces investissements semblent avoir été davantage consacrés à la création de la richesse qui n’a pas été redistribuée convenablement à travers notamment une création intensive d’emplois décents. Ainsi, une augmentation du taux de croissance du PIB de 2,5% en 2009 à 5,8% en 2015 et 4,1% en 2018 est observable, alors que près de 90% des emplois du secteur sont restés dans le secteur informel. Ce qui signifie que les dépenses dans ce secteur n’ont pas suffisamment atteint la cible.
S’agissant de la relation entre le bien-être (DDMI) et les parts du budget par nature dans le secteur des affaires économiques, les élasticités indiquent qu’une augmentation des dépenses de fonctionnement de 1% entraine, ceteris paribus, une augmentation d’environ 0,30% de la satisfaction des besoins de la population dans le domaine. De même une augmentation des dépenses d’investissement de 1% se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une augmentation du bien-être de 0,75%. Enfin, une augmentation des transferts de 1% se traduit, à toutes autres variables fixes, par une augmentation de 0,22% du bien-être de la population dans le secteur des affaires économiques. Contrairement à l’effet sectoriel global, ces résultats montrent que l’accroissement des ressources par nature budgétaire contribue de manière symétrique à accroitre la satisfaction besoins de la populations dans ce secteur.
-Institutions
Les résultats des estimations montrent que le coefficient d’élasticité associé aux dépenses budgétaires dans le secteur Institution est positif et significatif au seuil de 5%. En effet, une augmentation d’une unité monétaire des dépenses budgétaires induit une augmentation de 0,68% de la satisfaction des besoins de la population dans ce secteur. Ces résultats montrent aussi qu’au seuil de 5%, toutes choses étant égales par ailleurs, l’augmentation de la part des dépenses publiques en investissement et en transfert a une influence positive sur le bien-être de la population dans le secteur Institution. Par contre, les dépenses de fonctionnement n’influencent guère la perception qu’ont les populations des institutions. Il appert de ces résultats qu’une hausse du budget d’investissement de 1 point induit une hausse de l’indicateur de bien-être DDMI, de 0,24 point. Dans la même dynamique, un accroissement d’un point pour les transferts, entraine une hausse du DDMI de 0,11 point.
-Sécurité
Les résultats de la modélisation montrent que le coefficient de la variable budget total est significatif, mais négatif, ce qui implique qu’une hausse des dépenses budgétaires dans le domaine de la sécurité n’a pas induit la satisfaction de la sécurité auprès de la population. Au contraire, la confiance dans la sécurité a baissé sur la période d’analyse. En d’autres termes une hausse du budget total de 1 point induit une baisse du bien-être sécuritaire de 0,14 point.
Il en ressort aussi que les dépenses de fonctionnement et d’investissement ont une influence significative sur la satisfactions des besoins de population au sujet de la sécurité, à l’inverse des dépenses en transferts dans le domaine, qui n’ont aucune influence sur cette dernière. Ains, une hausse des dépenses de fonctionnement de 1% entraine une hausse de la satisfaction des besoins sécuritaires qu’ont la population de la sécurité de 0,94%, alors qu’une telle hausse en investissement engendre plutôt une hausse de 0,15% desdits besoins.
-Réseau Professionnel
L’élasticité du modèle globale de la sensibilité de l’indice du bien-être DDMI du réseau professionnel à la variation du budget du réseau professionnel permet de conclure qu’une augmentation d’une unité monétaire du budget total du Réseau Professionnel accroit le bien-être de 0,028% dans cette fonction.
Le résultat de la modélisation de la sensibilité du DDMI du réseau professionnel à la variation de la nature du budget du réseau permet de dire qu’au seuil de 5%, toute chose étant égale par ailleurs, une augmentation de 1% du budget de fonctionnement du Réseau Professionnel entraine une augmentation de 0,16% du bien-être de la population dans la fonction Réseau Professionnel. Tandis qu’une augmentation de 1% de l’investissement conduit à une augmentation de 0,26% de ce bien-être. Par ailleurs, à ce seuil, la variabilité de la part des transferts n’affecte pas l’indicateur de bien-être (DDMI). Il serait donc important dans la redistribution du budget affecté au réseau professionnel, d’allouer un peu plus de ressources à l’investissement, dont l’effet est plus important sur le bien-être des populations.
-Réseau social
Pour ce qui est des résultats concernant le Réseau Social, il ressort également que le bien-être pour cette fonction n’est pas sensible à une variation du budget du réseau social. En effet, l’élasticité calculée n’est pas statistiquement significative au seuil de 10%. Ceci peut s’expliquer par la faible part des dépenses dans ce secteur, ou alors par la qualité de la dépense qui n’agit pas directement sur le quotidien de la population.
Les valeurs des élasticités associées aux natures des dépenses dans le secteur Réseau Social, montrent qu’une augmentation de 1% de la part du budget de fonctionnement y accroit le bien-être de la population de 0,043%, tandis qu’une augmentation de la part des dépenses en transferts de 1%, accroit le bien-être de la population de 0,06%. Cependant, l’investissement n’affecte pas de façon significative la satisfaction des besoins de la population dans ce secteur.

Recommandations :
* Améliorer l’offre des services d’éducation en tenant compte des besoins spécifiques des populations dans chaque zone d’intervention ;
* Mobiliser davantage de ressources financières et humaines pour améliorer la situation sanitaire au niveau national et local ;
* Accélérer les processus d’industrialisation et d’urbanisation afin de créer des pôles de croissance dans la plupart des régions ;
* Accroître les investissements visant à renforcer le tissu social et le sentiment d’appartenance au sein des populations.

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