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Rapport Provisoire DDMI-GDDI CIV2023_ draft1

RAPPORT SUR L’INDICE DE SUIVI DU DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE
DDMI
CO
TE D’IVOIRE
BA
SE 2019
DRAFT
SOMMAIRE
TOC \o "1-3" \h \z \u 1.
C
OUVERTURE DE LA DEPENDANCE ECONOMIQUE
PAGEREF _Toc140252858 \h 4
INTRODUCT
I
ON
PAGEREF _Toc140252859 \h 6
1.1. CONTEXTE DEMOGRAPHIQUE ET SOCIO-ECONOMIQUE
PAGEREF _Toc140252860 \h 7
1.2. REVUE SELECTIVE DE LA LITTÉRATURE
PAGEREF _Toc140252861 \h 15
1.3. METHODOLOGIE DES COMPTES NATIONAUX DE TRANSFERTS
PAGEREF _Toc140252862 \h 17
1.4. RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc140252863 \h 21
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc140252864 \h 39
2.
Q
UALITE DU CADRE DEVIE
PAGEREF _Toc140252865 \h 40
RESUME
PAGEREF _Toc140252866 \h 41
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc140252867 \h 42
2.1. SITUATION DU CADRE DE VIE EN COTE D’IVOIRE
PAGEREF _Toc140252868 \h 43
2.2. REVUE SELECTIVE DE LA LITTERATURE
PAGEREF _Toc140252869 \h 47
2.3. CONCEPTS ET METHODOLOGIE DE L’IQCV
PAGEREF _Toc140252870 \h 51
2.4. RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc140252871 \h 55
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc140252872 \h 59
3.
D
YNAMIQUE DE LA PAUVRETE
PAGEREF _Toc140252873 \h 61
RESUME
PAGEREF _Toc140252874 \h 62
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc140252875 \h 63
3.1. CONTEXTE
PAGEREF _Toc140252876 \h 64
3.2.
REVUE SUCCINCTE DE LA LITTERATURE
PAGEREF _Toc140252877 \h 68
3.3. CONCEPTS ET METHODOLOGIE DE L’INDICE SYNTHÉTIQUE DE SORTIE DE LA PAUVRETE (ISSP)
PAGEREF _Toc140252878 \h 70
3.4. RESULTATS ET ANALYSES DES DYNAMIQUES DE LA PAUVRETE
PAGEREF _Toc140252879 \h 72
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc140252880 \h 82
4.
D
EVELOPPEMENT HUMAIN ETENDU
PAGEREF _Toc140252881 \h 85
RESUME
PAGEREF _Toc140252882 \h 86
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc140252883 \h 87
4.1. CONTEXTE
PAGEREF _Toc140252884 \h 88
4.2. REVUE DE LITTÉRATURE
PAGEREF _Toc140252885 \h 101
4.3. METHODOLOGIE
PAGEREF _Toc140252886 \h 104
4.4. RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc140252887 \h 108
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc140252888 \h 114
5.
R
ESEAUX ET TERRITOIRES
PAGEREF _Toc140252889 \h 121
RESUME
PAGEREF _Toc140252890 \h 122
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc140252891 \h 124
5.1. CONTEXTE DES RESEAUX ET TERRITOIRES EN CÔTE D’IVOIRE
PAGEREF _Toc140252892 \h 125
5.2. REVUE DE LA LITTERATURE SUR RESEAUX ET TERRITOIRES
PAGEREF _Toc140252893 \h 130
5.3. METHODOLOGIE DE CONSTRUCTION DE L’INDICE DES RESEAUX ET TERRITOIRES
PAGEREF _Toc140252894 \h 138
5.4. RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc140252895 \h 141
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc140252896 \h 149
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
PAGEREF _Toc140252897 \h 150
ANNEXE
S
PAGEREF _Toc140252898 \h 150
right259588000C
OUVERTURE DE LA DEPENDANCE ECONOMIQUE
RESUME
INTRODUCTION

La Côte d’Ivoire est engagée sur le chemin de l’Émergence depuis 2011. Cette ambition nationale, portée par le Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, s’est traduite en actions d’investissements stratégiques dans de nombreux domaines, entre autres, le développement d’infrastructures socio-économiques, le développement du capital humain, la promotion de l’emploi, la promotion de la bonne gouvernance, le maintien de la paix et la sécurité. Avec une croissance économique annuelle moyenne du PIB de 9,6% sur la période 2012 – 2015 (avant rebasage du PIB) et de 6,9% entre 2016 et 2019, la Côte d’Ivoire est en mesure de réussir son pari de maintenir, sur une longue période une croissance économique forte et robuste avec un revenu par tête élevé, caractéristique des pays émergents. Le revenu par habitant a ainsi progressé de près de 20% de 1425 dollars en 2015 pour s’établir en 2019 au-dessus de 1700 dollars.
La population de la Côte d’Ivoire croît à un rythme relativement soutenu. De 6 709 600 habitants en 1975, elle se situe en 2021 à 29 389 150 habitants. Elle s’accroit certes, mais à un rythme plus lent avec un taux de croissance moyen annuel de 3,8% entre 1975-1988, 3,3% entre 1988-1998 et 2,9% entre 1998-2021. Au rythme de 2,9%, la population actuelle serait multipliée par deux (2) dans 24 ans.
La densité de cette population évolue en corrélation avec l’augmentation de la population. Le pays compte actuellement 91 habitants au km². Aussi, plus de la moitié (52,5 %) de la population vit en milieu urbain. La distribution de la population selon le sexe révèle une population composée en majorité d’hommes. Ces derniers représentent un peu plus de la moitié de la population totale résidente (52 %) contre 48 % pour les femmes. La pyramide des âges reste caractéristique de celle des pays en voie de développement ; à savoir une base élargie qui se rétrécit régulièrement jusqu’au sommet. On note toutefois une amorce de modification de l’allure de la pyramide en 2021 par rapport à 1998. Un début de rétrécissement de la base et une partie médiane plus épaisse ; même si le sommet reste effilé. La réduction de la base est le reflet d’une probable baisse de la fécondité et a pour conséquence la réduction de la population à charge (taux de dépendance). Au regard du rythme d’évolution amorcée en 2012, tout le potentiel de l’économie ivoirienne se déploie et donne à espérer en des lendemains meilleurs en termes d’atteinte de son objectif d’émergence à plus ou moins brève échéance. Des changements structurels tant au niveau démographique qu’économique l’y aideront. Les taux de croissance démographique (2,9 %) et économique (autour de 9 %) en 2015 s’inscrivent dans cette dynamique. Côte d’Ivoire pourrait se situer autour de 2600 dollars US en 2020, alors qu’il n’était que de 1500 $ US en 2015, ce grâce à l’accroissement du PIB dû à la baisse du ratio de dépendance démographique. Une analyse du niveau du dividende démographique calculé pour la Côte d’Ivoire indique que près de 3% du taux de croissance du PIB en 2016 serait imputable au changement de la structure de la population toutes choses égales par ailleurs. Implications de politiques publiques Il importe de rappeler que l’ouverture de la fenêtre du dividende démographique se traduisant par un impact positif du changement de la structure par âge de la population sur la croissance économique, correspond en réalité à un réel potentiel, une somme de possibilités que le gouvernement que le pays dispose d’une main d’œuvre forte et productive susceptible de contribuer à la production nationale. Cette période qui dans le cas de
la Côte d’Ivoire s’étale sur un peu plus d’un demi-siècle (57 ans) est l’occasion pour les décideurs de mettre en œuvre de politiques proactives pour bénéficier du changement de la structure par âge sur la croissance. En effet, si des politiques économiques et sociales adéquates sont mises en œuvre sur cette période, des externalités positives pourront être capitalisées dans le domaine de la réduction de la pauvreté. Dans le cas contraire, sociale.
Fort de ce qui précède et au regard de la vision développementaliste des hautes autorités du pays, des actions et investissements à forts impacts doivent être mis en place afin de bonifier l’Indice de Développement Humain (IDH) et de catalyser l’amélioration des indicateurs sociaux pour une croissance inclusive. Ainsi, la vision du PND 2021-2025 est de placer l’Ivoirien au cœur du développement économique et social de notre pays. Elle s’appuie sur une approche organisée, volontariste et inclusive pour conduire la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire au terme de la décennie.
1.1.
CONTEXTE DEMOGRAPHIQUE ET SOCIO-ECONOMIQUE
Tendances Démographiques : structure et dynamique
En Côte d’Ivoire, le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2021) comptait la population à 29 389 150 habitants.
Cette population est composée de 52,2% d’hommes et de 47,8% de femmes, soit un rapport de masculinité de 109. Elle est extrêmement jeune, reflet d’une transition démographique lente. Plus de trois individus de la population sur quatre (75,6%) sont âgés de moins de 35 ans, l’âge moyen étant de 23 ans. Les moins de 15 ans représentent à eux seuls 38,2% des effectifs, les 15-64 ans 59,2% et les 65 ans et plus 2,6% de la population totale. L’extrême jeunesse de la population est une constance depuis le recensement de 1975, d’où des taux élevés de dépendance : 69 dépendants pour 100 actifs en 2021, soit 1,45 actif pour 1 dépendant (RGPH 2021). En ce qui concerne les personnes âgées (65 et plus), bien que leur proportion soit faible, leur effectif s’accroit dans la société passant de 226 125 en 1988, à 379 729 personnes en 1998 et, de 575 987 en 2014, à 754 461 en 2021 (RGPH, 1988, 1998, 2014, 2021).
En outre, la population ivoirienne est inégalement répartie sur l’ensemble du territoire national. L’armature urbaine est dominée par la métropole d’Abidjan qui concentre à elle seule plus du cinquième (21,5%) de la population totale du pays. La population ivoirienne a été multipliée près de dix depuis l’indépendance. De 3,865 millions d’habitants en 1960, la taille de la population ivoirienne a presqu’atteint les 30 millions en 2021. C’est la plus forte croissance enregistrée parmi les pays de l’UEMOA. Elle s’urbanise rapidement avec 32,0% de citadins en 1975, 39,0% en 1998, 42,5% en 1998, 50,3% en 2014 et 52,5% en 2021. Le taux d’urbanisation a dépassé depuis 2014, la barre symbolique de 50% (RGPH, 2021). La Division de la Population des Nations Unies estime qu’en 2050, trois Ivoiriens sur quatre pourraient résider en zone urbaine.
Cette croissance démographique exceptionnelle est due à une forte croissance naturelle ainsi qu’à une immigration importante. La progression est encore plus spectaculaire pour la
population urbaine dont la taille a été multipliée par 25 et plus particulièrement pour Abidjan dont le nombre d’habitants a été multiplié par 31, passant de
181 181
en 1960 à
5 616 633 en 2021
. Les taux intercensitaires moyens de croissance de la population issus des cinq recensements de la Côte d’Ivoire sont respectivement de 3,8%, entre 1975-1988, 3,3% entre 1988-1998, 2,6% entre 1998-2014 et 2,9% en 2021 soit des temps de doublement correspondants de 18 ans ; 21 ans, 27 ans et 24 ans ; ce qui laisse penser que la Côte d’Ivoire est entrée dans la première phase de la transition démographique caractérisée par une baisse perceptible de la mortalité et un maintien de la natalité à un niveau encore élevé. D’où l’augmentation continue de la population (Graphique 1).
Par ailleurs, l’espérance de vie à la naissance a progressé dans le pays passant de 44,9 ans 1960 à 58 en 2021 (INS, 2023). Ce qui représente un gain de 13,1 années de vie supplémentaire par rapport aux Ivoiriens nés au moment des indépendances. Le pays a aussi progressé en matière de développement humain, même si de nombreux efforts restent encore à faire. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, la Côte d’Ivoire a intégré la catégorie des pays à IDH moyen. En effet, le pays a enregistré un progrès de 0,12 point, passant d'un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,538 en 2020 à 0,550 en 2022, se classant ainsi 159
ème
sur les 191 pays et intégrant pour la première fois la catégorie des pays à IDH moyen.
Graphique 1
 :
Evolution de la population de la Côte d’Ivoire de 1920 à 2021
Source
 :
Institut National de la Statistique
Environnement économique
Après une décennie de crise politico-militaire, la Côte d’Ivoire renoue avec une dynamique de croissance forte et soutenue depuis 2012. De 2012 à 2019, son PIB a augmenté à un rythme élevé de 7% en moyenne, faisant de l’économie ivoirienne, l’une des plus dynamiques de l’Afrique Subsaharienne (FMI, 2020) (Graphique
2
). Cette hausse continue de la production a
été impulsée par la mise en œuvre de vastes chantiers de développement en infrastructures routières et socio-économiques de base (eau et assainissement, électrification, éducation, santé).
En 2020, la crise sanitaire liée à la Covid 19 a entraîné une contraction des activités à 2%. Toutefois,
l’économie s’est renforcée à nouveau avec une croissance du PIB de 7,4 % en 2021
montrant sa bonne capacité de résilience et de solides fondements structurels macroéconomiques. La croissance économique forte de cette dernière décennie s’est accompagnée d’une hausse significative du revenu par habitant de la Côte d’Ivoire qui s’élève en 2021 à 2378 USD soit une augmentation de 22% par rapport à son niveau de 2015 (WDI, 2022). Cette amélioration du revenu par tête sur la dernière décennie est nettement supérieure à la moyenne des autres pays de la CEDEAO.
Graphique 2
: Evolution du PIB réel et du taux de croissance annuel
du PIB réel
Source 
:
Auteurs à partir du WDI, 2022

Croissance et compétitivité
Les performances économiques enregistrées par la Côte d’Ivoire, avec 7,4% de croissance du PIB réel en 2021, montre
nt
la résilience de son cadre structurelle macroéconomique. En effet, l’activité économique en 2021 a évolué
e
dans un environnement socio-économique marqué par la maitrise de la pandémie de Covid-19 ainsi que le maintien de la stabilité socio-économique et sécuritaire. Elles pourraient également être associées à la poursuite des reformes nécessaires à l’accompagnement efficace de l’économie et la continuité dans la politique volontariste
d’investissement dans les secteurs moteurs de croissance économique, qui ont facilité le rebond de l’économie.
L’inflation
, quant à elle a
progressé de 4,2% en 2021 après 2,4% en 2020, au-delà du seuil communautaire maximum de 3%, sous l’effet principalement de l’augmentation des prix des produits comestibles (+7,4%). Cette évolution a été principalement impulsée par les produits alimentaires et boissons non alcoolisées dont la progression des prix est passée de 3,2% au mois de janvier 2021 au pic de 12,3% au mois de décembre.
Toutefois, les évolutions sectorielles de l’offre et de la demande restent pour l’essentiel responsable de ces performances économiques en registrées par le pays. Elles sont
tirées globalement du côté de l’offre par l’agriculture d’exportation, les industries extractives et manufacturières, les bâtiments et travaux publics, les transports et le commerce, et du côté de la demande par l’investissement et la consommation.
Secteur primaire
Le secteur primaire en Côte d’Ivoire a connu une hausse de 2,3% en 2021 contre 2,2% en 2020 (MEF, 2022). Cette hausse pourrait être due à la hausse de l’agriculture d’exportation (+4,9%) et de la pêche (+0,7%) en dépit du repli de l’agriculture vivrière (-0,4%) et de la sylviculture (-23,7%). L’agriculture d’exportation a bénéficié de la bonne tenue des cours, de la normalisation de la commercialisation, d’une bonne pluviosité et de l’entrée en production de nouvelles variétés du cacao à haut rendement. Ainsi, les productions de cacao (+2,6%), de noix de cajou (+14,1%), d’huile de palme (+16,9%), d’ananas (+18,6%), de banane dessert (+5,6%), de caoutchouc (+15,7%) et de coton graine (+14,1%) ont augmenté. Quant à la production de café (- 25,6%), elle a reculé sous l’effet du vieillissement du verger et du désintérêt des paysans. De même, la production de sucre s’est contractée de 12,9% du fait de la maladie de la mosaïque de la canne à sucre, des conditions climatiques défavorables et du rationnement de l’électricité qui a perturbé l'irrigation des plantations.
En ce qui concerne l’agriculture vivrière, la baisse est en lien principalement avec le repli des productions de tubercules et plantains (-1,6%) en dépit de la hausse des productions de céréales (+5,1%). Ce fléchissement de la production vivrière, qui a contribué à la hausse des prix des produits vivriers, sont attribuables principalement à la perturbation des ensemencements intervenue en 2020. Cette perturbation s’explique notamment par (i) des restrictions de déplacement en 2020 qui ont réduit la main d’œuvre provenant des pays voisins et perturbé les calendriers de mise en cultures de certains produits, (ii) des dérèglements climatiques et (iii) du déficit pluviométrique. En outre, la hausse de la production céréalière est liée principalement à l’augmentation de la production rizicole (+12,0%) liée à l’accroissement des superficies cultivées (15% sur l’irrigué de 23 618 ha à 27 235 ha, 8% sur le pluvial bas-fonds de 302 877 ha à 327 949 ha, et 3% sur le pluvial plateau de 308 806 ha à 318 009 ha).
Secteur secondaire
Selon le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF, 2022), le secteur secondaire a progressé de 4,4% en 2021 après une hausse de 1,9% en 2020. Cette évolution est
principalement associée à l’accélération des BTP (+8,3%), des produits pétroliers (+9,8%), de l’extraction minière (+3,2%) et des autres industries manufacturières (+9,6%) en dépit des baisses des industries agroalimentaires (-2,5%) et l’énergie (-5,5%). Les activités du BTP ont également connu une hausse liée à l’accélération et au démarrage des chantiers de construction notamment (i) le 4
ième
pont d’Abidjan reliant les communes de Yopougon et du Plateau, (ii) la tour F de la cité administrative du Plateau, (iii) le pont reliant les communes de Cocody et du Plateau, (iv) le barrage de Gribo popoli, (v) l’aménagement et le bitumage de l’autoroute Yamoussoukro-Bouaké, (vi) la construction de routes et échangeurs dans le cadre du projet de transport urbain d’Abidjan, (vii) les travaux de réfection des Tours C, D et E de la cité administrative, (viii) la réhabilitation de la côtière entre Abidjan et San Pedro, (ix) la construction et la réhabilitation des stades devant accueillir la coupe d’Afrique de Football en 2023 et (x) les travaux d’aménagement de la voie de contournement « Y4 ».
La hausse de l’extraction minière de 3,2% après 6,2% en 2020 a découlé de la progression des productions d’or (+8,7%), de diamant (+2,7%) et de nickel (+30,8%) en lien avec l’ouverture de nouvelles mines et de l’exploitation de nouveaux minerais.
Cependant, le ralentissement de sa croissance par rapport à 2020 a résulté de la chute de la production du manganèse (-27,5%) et de l’arrêt de la production de la bauxite. La diminution de la production manganésifère s’explique par la baisse du cours du minerai de manganèse sur le marché vers la fin de l’année 2021. Quant à la production de la bauxite démarrée en 2020, l’arrêt est dû des difficultés rencontrées par l’opérateur, du fait, entre autres, des coûts portuaires et du déficit en infrastructure au Port Autonome d’Abidjan. La progression des produits pétroliers a été soutenue par la vigueur de la consommation intérieure (+20,7%), tandis que les exportations ont progressé modérément (+0,9%).
En dépit de cette performance, la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) reste confrontée à l’érosion de ses marges de raffinage due à la montée des prix du pétrole brut. La baisse de la production d’électricité est imputable au repli de la production de source hydraulique due à la faiblesse des stocks d’eau dans les lacs de retenue des barrages hydroélectriques, en raison de la sècheresse survenue en 2020. La panne intervenue sur les équipements de la centrale thermique d’Azito explique également cette contreperformance et le fléchissement des industries agroalimentaires est en relation avec le rationnement de l’électricité.
Secteur tertiaire
Selon le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF, 2022), le secteur tertiaire a rebondi de 10,5% en 2021, après la quasi-stagnation de 0,7% en 2020, grâce aux reprises des transports (+15,1%), du commerce (+10,8%) et autres services (+8,0%), ainsi que la poursuite du dynamisme des télécommunications (+11,8%). La bonne performance des télécommunications est en relation avec la poursuite des investissements engagés et une plus forte utilisation des services dans un contexte post-Covid-19. En effet, les opérateurs de télécommunications ont poursuivi la vulgarisation du télétravail et des autres activités en ligne en rivalisant d’offres innovantes à destination de consommateurs en vue d’assurer la continuité de leurs tâches. Les transports et le commerce ont bénéficié de la reprise effective des activités économiques en relation avec la levée de certaines mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 notamment la fermeture des frontières.
Education
L’éducation-formation est un secteur prioritaire pour le Gouvernement
ivoirien qui y a toujours
consacré d’importants moyens soit environ 5% du PIB et 18% du budget de l’Etat en 2019. Ce dernier taux équivaut à 44% du budget de fonctionnement chaque année.
L’adoption

d’un Plan Sectoriel Education (PSE) 2016-2025, le développe
ment de l'Entrepreneuriat dans
le Système éducatif, la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle 2016 -2025, la Politique Nationale de l’Enseignement Supérieur 2019-2025 et le Programme Social du Gouvernement (PSGouv 2019-2020) traduisent l’engagement de l’Etat à rehausser le capital humain.
S’agissant de l’Education Nationale, l'objectif, au cours de cette p
ériode, était d'assurer une
scolarisation universelle de qualité, en particulier chez les filles et dans les zones reculées du pays. L’éducation de base comprend les ordres d’enseignements suivants : (i) le préscolaire ; (ii) le primaire et ; (iii) le secondaire général.
Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement a engagé d’importante
s réformes dans le secteur. Au
nombre de celles-ci figurent notamment : (i) la loi n°2015-635 du 17 septembre 2015 portant Politique de Scolarisation Obligatoire (PSO) dans l’enseignement de base ; (ii) la réduction de la barre d'admission en 6ème ; (iii) la réforme des collèges avec un accent mis sur la construction des collèges de proximité en vue de réduire les disparités sociales, géographiques et de genre en adaptant l’offre au milieu rural et favoriser l’accueil des filles ; (iv) la distribution de kits et manuels scolaires ; (v) la politique des cantines scolaires ; (vi) la politique d’intégration des écoles islamiques dans le système éducatif formel et ; (vii) l’implémentation du Contrat d'Objectif et de Performance (COP) comme outil de pilotage des priorités et d’accompagnement des actions planifiées pour assurer la réussite des apprenants.
Ces réformes ont eu pour conséquences, de donner un souffle nouv
eau à ce cycle d’enseignement.
Ainsi, au titre de la scolarisation au préscolaire et primaire, ce sont 33 698 nouvelles salles de classes qui ont été construites entre 2011 et 2019. De façon spécifique, ce nombre au préscolaire a évolué de 5 892 à 7 899 de 2016 à 2020, soit un accroissement de 34% en quatre (04) ans. Quant au primaire, il a évolué de 90 970 à 100 367 sur la même période, soit un accroissement de 10,32% des capacités d’accueils.
Pour le secondaire général, il est passé de 29 988 à 40 136 de 2016 à 2019.
A ces réalisations s’ajoutent
le recrutement de : 2 562 encadreurs au préscolaire (713 en milieu rural et 1 849 en milieu urbain) ; 11 937 d’instituteurs au

primaire (2 619 en milieu rural et 9 318 en

milieu urbain
)
; et 12
361 enseignants recr
utés dans le secondaire général.
Au secondaire général, le nombre de salles de classe a évolué de 29
988 en 2015 à 45 045 en 2020,
pour un effectif qui est passé 1 791 183 à 2 436 014 élèves. De façon spécifique, l’effectif des filles est passé de 757 660 en 2015 à 1 22 118 en 2020, soit un croit de 36%. Le nombre d’enseignants quant à lui est passé de 58 866 à 71 227 sur la même période. Ces progrès ont impacté positivement les deux (02) cycles du secondaire général.
En ce
qui concerne l’Enseignement Technique et la Formation Pr
ofessionnelle, l’objectif du
Gouvernement est d’apporter à chaque citoyen la connaissance, la compétence, la discipline et

la compétitivité lui permettant de stimuler l’économie nationale. Dans cette optique, deux (02) grands chantiers ont été ouverts pour la mise en œuvre de la réforme. Il s’agit de l’engagement de 11 réformes structurelles et de la rénovation du dispositif de Formation Professionnelle et
Technique.
L
a formation professionnel
le publique totalise 32 186
apprenants en 2020 contre 31 105 pour le privé
.
Au titre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
le Gouvernement ivoirien s’est
fixé pour ambition sur la période 2016-2020 de développer un système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique performant et compétitif en vue d’en faire un levier de l’émergence de la
Côte d’Ivoire
. Celle-
ci a
été matérialisée à travers plusieurs actions dont l’amélioration de la gouvernance du secteur et l’employabilité des diplômés de l’enseignement supérieur, le renforcement des infrastructures académiques, l’amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiants et le soutien aux activités de recherche.
Santé
Le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) définit les orientations stratégiques traduisant l’ambition du Gouvernement en matière de santé des populations pour la période 2021-2025. A la différence des PNDS antérieurs, celui-ci est adossé à la loi no 2019-677 du 23 juillet 2019 portant orientation de la politique de santé publique en Côte d’Ivoire. Aligné sur les priorités nationales définies dans le Plan National de Développement (PND) 2021-2025, le PNDS pose les bases du partenariat renouvelé entre le Gouvernement et ses partenaires à s’engager pour la réalisation par la Côte d’Ivoire des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, notamment l’ODD 3 et l’objectif 3 de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.
La vision du PNDS devrait se traduira concrètement par une amélioration du bien-être des populations grâce aux évolutions suivantes attendues :
Augmentation de l’espérance de vie de 57 ans en 2020 à 60 ans en 2025 ;
Réduction de la mortalité maternelle de 614 pour 100 000 NV en 2020 à 377 pour 100 000 NV en 2025 ;
Réduction de la mortalité infanto-juvénile de 96 ‰ en 2020 à 60,5‰ en 2025 ;
Réduction de la mortalité néonatale de 33‰ en 2020 à 22,5‰ en 2025.
L’atteinte de ces changements ultimes passe par une série de changements intermédiaires portés par les trois axes stratégiques du PNDS 2021-2025 qui sont (i)

l’amélioration de la gouvernance et du financement de la santé, (ii) le renforcement de l’offre et l’accessibilité des populations aux soins de qualité, et (iii) le renforcement de la promotion de la santé et de la lutte contre les maladies.
S’agissant des ressources humaines, grâce aux efforts entrepris depuis plusieurs années en matière de recrutement, le nombre de personnels de santé a fortement progressé.

Ainsi au plan national, entre 2016 et 2020, le ratio médecin-population est passé de 1,3 à 1,4 médecins pour 10 000 habitants. 39,82% des districts sanitaires ont atteint la norme que le pays s’est fixé (1 médecin pour 10 000 habitants) en 2020 contre 31,7% en 2016.
Le ratio infirmier-population est de 2,36 infirmiers pour 5 000 habitants en 2020 contre 2,04 en 2016 au plan national. Au niveau des districts sanitaires 92,03% en 2020 contre 34,14% en 2016 ont atteint la norme que le pays s’est fixé (1 infirmer pour 5 000 habitants).
Concernant le ratio sage-femme/femme en âge de procréer au plan national, il est en 2020 de 3,05 sage-femmes pour 3 000 femmes en âge de procréer soit une sage-femme pour 984 femmes en 4âge de procréer contre 2,07 en 2016. Au niveau des districts sanitaires 98,23% en 2020 contre 93% en 2016 ont atteint la norme que le pays s’est fixé (1 sage-femme pour 3 000 femmes en âge de procréer).
Pour ce qui est de la densité des personnels de santé (Médecin, infirmiers et sage-femmes) pour 10 000 habitants, même si elle est passée de 6,6 en 2016 à 8,57 en 2020, elle est encore en dessous du standard de l’OMS de 23 personnels de santé pour 10 000 habitants.

Le réseau sanitaire du pays est constitué de 2442 établissements de santé publique comprenant en 2020 selon la pyramide sanitaire pour le secteur public, 2311 ESPC au niveau primaire, 19 CHR et 100 HG au niveau secondaire et 5 CHU et 7 instituts spécialisés de soins au niveau tertiaire.
Le Ministère de la Santé de l’Hygiène publique et de la couverture maladie universelle a

bénéficié d’un budget
de
442 547 252 221 FCFA
en 2022, soit xx% du Budget national, dont xx% des investissements exécutés par l’Etat, xx% aux dépenses du personnel, xx% aux transferts courants. Les transferts en capital et les dépenses de fonctionnement sont les moins lotis avec respectivement xx% et xx%.
La population étant au cœur des politiques de développement de la Côte d’Ivoire, la planification familiale constitue une préoccupation majeure.
En matière de planification familiale, on note une faible prévalence contraceptive. Les résultats de l’EDS-CI de 2021 montrent que :
Parmi les femmes de 15–49 ans en union, 21 % utilisaient, au moment de l’enquête, une méthode contraceptive, en majorité une méthode moderne (18 %) ;
Seulement 3 % utilisaient une méthode traditionnelle, essentiellement, la méthode du rythme (2 %) ;
La méthode moderne la plus fréquemment utilisée est les implants (6 %), suivis de la pilule (5 %) et des injectables (5 %).
La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec les précédentes EDS met en évidence une tendance à la hausse de l’utilisation contraceptive par les femmes ivoiriennes. En effet, de 15 % en 1998–1994, la prévalence contraceptive, toutes méthodes confondues, est passée à 18 % en 2011–2012 et à 21 % en 2021. Pour les seules méthodes modernes, le pourcentage d’utilisatrices a nettement augmenté, passant, pour la même période, de 7 % à 13 % et à 18 %
.
Les résultats de l’EDS de 2021 montrent l’importance des besoins non satisfaits en matière de planification. Dans l’ensemble 22 % des femmes actuellement en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Les besoins satisfaits en matière de planification familiale représentent 21 % (c’est à-dire la proportion de femmes en union qui utilisaient, au moment de l’enquête, la contraception). Globalement, la demande totale en planification familiale s’élève à 43 %. Cette demande est satisfaite dans 49 % des cas et, dans 41 % des cas, par les méthodes modernes.
1.2.
REVUE SELECTIVE DE LA
LITTÉRATURE
La littérature sur la mesure de dépendance économique entre génération se centralise autour de deux principales théories
 : la théorie du cycle de vie et
les modèles de croissance à générations imbriquées.
Théorie du cycle de vie
La théorie du cycle de vie de Modigliani est une théorie développée par Franco Modigliani et Richard Brumberg en 1954 et par Modigliani et Albert Ando en 1963. Elle explique comment un agent économique
, considéré comme égoïste,
choisit son niveau de consommation et son niveau d'épargne au cours de sa vie. Selon cette théorie, le niveau d’épargne des individus dépend avant tout de leur âge, et moins du niveau des taux d’intérêt ou du revenu. Dans la première phase de leur vie, les individus épargnent et se constituent un patrimoine. Dans la deuxième phase, ils consomment une partie de leur patrimoine accumulé. Dans la troisième phase, ils utilisent leur patrimoine pour financer leur consommation.
Ainsi, comme dans la théorie du revenu permanent
de
Friedman
(
1957), les flux d'endettement et d'épargne servent à obtenir un profil de consommation stable à partir d'un profil de revenu fluctuant : l'épargne permet de lisser la consommation dans le temps en reportant une partie de la consommation vers les périodes où les revenus escomptés sont plus faibles, la « jeunesse » (période de formation ou début de la vie active) et la « retraite »
.
Toutefois, cette théorie ne permet pas d’expliquer le transfert intergénérationnel.
Modèles de croissance à générations imbriqués
Les modèles de croissance à générations imbriquées
viennent répondre à la nécessité de comprendre les transferts en génération
(Allais (1947), Samuelson (1958) et Diamond (1965))
. En effet, elles

sont des modèles économiques dans lesquels on considère deux types d'agents, les jeunes et les vieux. On considère que les agents vivent deux périodes. Pendant la première période, ils sont jeunes et vivent des revenus de leur travail. Pendant la deuxième période, ils sont vieux et vivent des revenus de leur épargne. Ces modèles ont été Samuelson a proposé un modèle de croissance à générations imbriquées qui a été étendu par Diamond pour inclure un gouvernement qui peut emprunter et prêter.

La caractéristique propre du modèle à générations imbriquées est que l'agent a un horizon de vie finie et qu'il n'épargne que pour sa retraite. En ce sens il ne se préoccupe pas du sort de ses descendants, et dans un premier temps on le suppose parfaitement égoïste. Cet égoïsme peut ne pas être favorables à l’ensemble des générations.
D’où l’intérêt des
modèle
s
à générations imbriquées
altruistes.
C'est Gary Becker (1974) qui rompt avec le modèle d'agent égoïste et introduit l'hypothèse d'altruisme pour expliquer les comportements de transferts privés.
Pour Baro
(1974)
, l'altruisme se traduit par des transferts volontaires d'une génération à l'autre, les parents laissent un héritage à leurs enfants.

Par ailleurs, dans leur article « Fertility Choice in a Model of Economic Growth »
Barro et Becker
(1989)
, soutiennent que les parents sont prêts à sacrifier une partie de leur consommation présente pour investir dans leurs enfants et garantir leur bien-être futur. De même, les enfants sont prêts à prendre soin de leurs parents âgés en leur fournissant des transferts financiers ou des soins, car ils ont un fort attachement familial et une responsabilité envers eux.
Dépendance économique et méthode des Comptes Nationaux de Transfert
La mesure de la dépendance économique dans cadre la capture d’un dividende démographique
est en étroite liaison avec la transition démographique. En effet, la transition démographique est à l’origine du processus du dividende démographique. La baisse de la mortalité infantile, suivie de la baisse de la fécondité, se traduit par une réduction du taux de dépendance des plus jeunes et une période pendant laquelle un pays dispose d’une proportion élevée de personnes en âge de travailler.

Cependant, cette potentialité ne peut être un bénéfice si l’employabilité de ces jeunes n’est pas assurée. En effet, Olaniyan et al. (2012) soutiennent que
lorsque l’économie
ne permet pas de créer suffisamment de travail pour une forte proportion de personnes sans emploi, elle ne
pas
peut produire à un niveau optimal
entravant ainsi la croissance économique.

Delaunay a observé
le cycle de vie familial pour suivre l’évolution des rapports de dépendance au sein des unités domestiques, de leur formation à la dispersion des membres. C’est aussi à cette échelle temporelle que la famille arbitre les équilibres changeants entre les actifs et ceux qui en dépendent, à la convergence des fonctions reproductives, résidentielles et productives du ménage.
Quant à
Dramani
(2019)
, une façon plus globale de traiter la coexistence intergénérationnelle et les transferts
au sein du cycle de vie économique consiste à utiliser l’approche des comptes de

transferts nationaux (NTA). Ces comptes constituent un système de comptabilité

permettant de mesurer les transferts intergénérationnels au niveau agrégé d'une

manière compatible avec le système des comptes nationaux du revenu et de
production (
Lee et Mason, 2011 ;
Bommier et Lee, 2003 ; Lee, 1994).
S’appuyant l
a
théorie
du cycle de vie
et sur leurs limites,
il élaboré un indice de dépendance économique basé sur l
es Comptes de Transferts Nationaux (NTA).
L’intégration de l’âge dans cette approche permet de faire un diagnostic devient possible sur le calendrier des équilibres et donc du gain économique attendu de la structure par âge. Cette prise en compte de variables démographique dans les mesures économiques avait été jugée nécessaire par Zanou (
1991
) pour
limiter l’effet négative de la croissance démographique.
Il défit ainsi la mesure du déficit de cycle de vie opérationnalisé par la différence entre la consommation et
le revenu du travail
.
1.3.
METHODOLOGIE DES COMPTES NATIONAUX DE TRANSFERTS
Les comptes nationaux de transferts (NTA) constituent un outil d’analyse des échanges intervenant entre des individus d’une même société. L’objectif des NTA est de mesurer comment, à chaque âge, les ressources économiques s’acquièrent et s’utilisent (Lee et Mason, 2011). Les NTA s’appuient sur une démarche internationale unifiée qui consiste à introduire l’âge dans la comptabilité nationale. Ils sont destinés à comprendre la façon dont les flux économiques circulent entre les différents groupes d’âge d’une population pour un pays et pour une année donnée. Ils indiquent notamment à chaque âge les différentes sources de revenus et les différents usages de ces revenus en termes de consommation, que celle-ci soit privée ou publique, et d’épargne (d’Albis et al. 2015). Ils permettent ainsi d’étudier les conséquences liées aux modifications de la structure par âge de la population.
L’approche des NTA n’est au fond qu’une manière de schématiser le cycle de vie, tout en permettant de le quantifier.
Elle est fondée sur une identité fondamentale qui stipule que, pour un âge donne, l’en- semble des flux sortants de revenus est égal a l’ensemble des flux entrants de revenus. C’est en partant de cette équation que Lee (1994) a introduit l’indicateur du déficit du cycle de vie qui devient l’élément central dans la méthodologie des NTA.
17731787693800Equation fondamentale des NTA et notion du déficit du cycle de vie
403875221365000Les NTA sont fondés sur une équation comptable qui stipule que, à chaque âge, les ressources doivent être égales aux usages qui en sont faits (United Nations, 2013) :
Yla+Yka+Ypa+τ+a=Ca+Sa+τ-(a)3676650180604Flux sortants
00Flux sortants
1375410197114Flux entrants
00Flux entrants
Le membre de gauche se compose de toutes les entrées courantes du groupe d’âge (a) : le revenu du travail
Yla, le
revenu du capital
Yka,
le
revenu du patrimoine

Ypa et les transferts reçus τ+(a). Le membre de droite est constitué de tous les flux sortants du groupe d’âge (a) : la consommation C(a), l’épargne S(a) et les transferts verses τ-(a). Ainsi, selon cette équation, la somme du revenu du travail, du revenu du capital, du revenu du patrimoine et des transferts reçus doit être égale à la somme de la consommation, de l’épargne et des transferts verses. Cette identité est obtenue aussi bien pour les valeurs agrégées que pour les valeurs par habitant à chaque âge. L’équation ci-dessus montre toutes les valeurs indicées par l’âge (a), mais l’identité est également valable pour les agrégats nationaux, en d’autres termes, tous les groupes d’âge combinés.
En réarrangeant les termes des flux entrants et sortants de manière à correspondre aux fondements conceptuels des NTA, l’équation permet de mettre en évidence le cycle de vie économique et les mécanismes économiques utilisés pour réaffecter les ressources entre les âges. Le cycle de vie économique est représenté sur le côté gauche (de l’équation ci-dessous) par le déficit de cycle de vie qui correspond, pour un âge donné (a), a la différence entre la consommation et le revenu du travail

(LCDa=Ca-Yl(a).
Ce déficit du cycle de vie donne lieu à des réallocations de ressources entre les âges qui prennent la forme soit de transferts publics ou prives nets (τ(a)=τ+(a)+τ-(a)), soit de réallocations d’actifs (Yk(a)+Yp(a)-S(a)). Cela est matérialise dans le membre de droite de l’équation suivante :
Chaque flux de l’équation est désagrégé de façon à distinguer le public et le privé.
Construction des profils de consommation et de revenu du travail
Pour déterminer les groupes d’âges pour lesquels la consommation est supérieure au revenu et ceux pour lesquels elle est inférieure, il faut déterminer les profils par âge de la consommation et des revenus. Ceci se fait en plusieurs étapes décrites comme suit :
la détermination d’un profil par âge au niveau individuel pour un flux donné, sur la base de données d’enquêtes réalisées auprès des ménages ou de données administratives.
En Côte d’Ivoire

l
es données de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM-2018), les données du budget de l’Etat, des annuaires statistiques de l’éducation, et d’autres documents administratifs
sont utilisés pour mesurer la consommation des ménages
;
ces profils issus de données d’enquêtes peuvent être un peu chahutes en raison des tailles d’échantillon. Pour cette raison, il a été procédé à leur lissage au cours des âges afin de les rendre plus homogènes ;
l’utilisation de données démographiques pour construire des profils provisoires agrégés (et non plus individuels) par âge. Soit x(a) la valeur d’une variable au niveau individuel pour le groupe d’âge (a), soit N(a) l’effectif de ce groupe d’âge, le profil agrégé X est

X=ax(a)×N(a) ;
l’ajustement des profils provisoires par le recours aux agrégats macroéconomiques issus de la comptabilité nationale, de telle sorte que le flux agrégé X coïncide avec la valeur de contrôle comptable au niveau agrégé correspondante C. Les profils par âge sont
ajustés
par le facteur correctif

c=CX. Les profils ajustes sont

xaj=x×c au niveau individuel et

Xaj=X×c au niveau agrégé. Ces profils ajustes permettent d’éliminer les éventuels biais d’échantillonnage et de rendre compatibles les comptes de transferts nationaux avec la comptabilité publique.
Ainsi, deux types de travaux empiriques doivent être menés. Premièrement, il faut calculer les agrégats macroéconomiques requis, à partir de la comptabilité nationale. Deuxièmement, il faut estimer les profils individuels (moyen) par âge qui permettront de ventiler ces grandeurs macroéconomiques.
Profils de consommation
La consommation dans les NTA se compose de la consommation publique et privée. La contrepartie des agrégats du Système des Comptes Nationaux (SCN) est la dépense de consommation finale de laquelle sont retranchées les taxes sur la valeur ajoutée et d’autres taxes sur la consommation.
La consommation publique : la consommation publique distingue trois postes de dépenses : la santé, l’éducation et les autres biens et services publics. Les dépenses publiques de santé et d’éducation sont affectées par l’âge, ceci, en s’appuyant principalement sur les dossiers administratifs. On utilise les données budgétaires pour établir des estimations de l’éducation par élève mais aussi des dépenses par niveau d’éducation. Ces données sont ensuite combinées avec l’âge et le taux de scolarisation pour estimer la consommation de l’éducation publique par tête et par âge. Les méthodes utilisées pour repartir les dépenses publiques de sante sont plus variées et plus sujettes à l’erreur. Dans certains pays, par exemple, les profils d’âge des patients hospitalisés et des patients extérieurs sont utilisés et combinés avec les estimations de couts par patient hospitalise ou non. Dans d’autres, des estimations très détaillées des dépenses publiques de sante par âge sont disponibles auprès des agences de gouvernement ou des instituts de sondages. Le profil par tête et par âge des dépenses publiques de consommation des autres biens et services, comme les forces militaires, les routes ou encore les égouts, est supposé être constant selon l’âge (Lee et Mason, 2011).
La consommation privée : De façon symétrique, la consommation privée est composée de trois postes, avec les dépenses liées à l’éducation, celles liées à la sante, et enfin les autres dépenses privées en dehors de la santé et de l’éducation. L’allocation des dépenses privées d’éducation repose sur l’estimation d’un modèle de régression expliquant les dépenses d’éducation du ménage en fonction des nombres d’enfants scolarisés de chaque âge. Une procédure similaire est utilisée pour les dépenses de santé qui sont estimées par un modèle linéaire en fonction du nombre d’individus de chaque âge dans le ménage. Les autres dépenses de consommation privée suivent une règle d’allocation discrétionnaire qui consiste à fixer des poids exogènes à chaque individu du ménage en fonction de l’âge (United Nations, 2013).
L’échelle d’équivalence utilisée attribue une valeur de 0,4 aux enfants jusqu’à l’âge de 4 ans inclus, ensuite cette valeur augmente proportionnellement à l’âge jusqu’à 20 ans ou elle devient égale a 1, et enfin elle reste constante au-delà de cet âge.
Le profil d’âge pour chaque type de consommation (éducation, santé, autres) est obtenu en faisant la moyenne des consommations par âge chez tous les membres pour l’ensemble des ménages.
Profils de revenu du travail
Le revenu du travail est la somme du revenu salarial et du revenu de l’auto-emploi.
Le revenu salarial :
le profil par âge du revenu salarie est calculé directement à partir des données d’enquêtes, en prenant la moyenne par âge des salaires et éléments de salaires.
Le revenu de l’auto-emploi :
le profil du revenu de l’auto-emploi s’obtient à partir des données d’enquête en calculant la moyenne par âge du revenu des travailleurs indépendants si les données le permettent.
Mais au cas seul le revenu mixte est disponible pour l’ensemble du ménage, l’approche préconisée dans le NTA est de traiter les deux tiers (2/3) du revenu mixte déclaré comme imputable au travail et de repartir ce revenu du travail familial aux travailleurs indépendants du ménage (dont les travailleurs familiaux non rémunérés) conformément à la proportion du revenu moyen du travail des employés de même âge.
Ratio de soutien économique et dividende démographique
Au-delà de l’analyse du cycle de vie économique, les NTA permettent de déterminer le Ratio de Soutien Economique (RSE) et de mesurer le dividende démographique. Le RSE est un indicateur conçu pour capter le poids que ressentent les travailleurs de la part des consommateurs à prendre en charge (United Nations, 2013). Il est déterminé en divisant le nombre de travailleurs effectifs (L) par le nombre de consommateurs effectifs (N) :
RSE=LN=aφ(a)×P(a)aρ(a)×P(a)Le nombre de travailleurs effectifs d’un âge (a) donné est obtenu en pondérant la population d’âge a par φ(a) qui représente la productivité du travail à l’âge (a). Cette productivité du travail à l’âge (a) est appréhendée par le revenu du travail à l’âge (a) rapporté au revenu moyen des individus âgés entre 30 et 49 ans. Le numérateur prend en compte donc la participation effective au marché du travail ainsi que le niveau du revenu du travail selon l’âge, et ne se restreint pas à la population active a priori.
De même, à un âge (a) donné, le nombre de consommateurs effectifs est donné par l’effectif de la population d’âge (a) multiplié par
ρ(a)
qui est
le rapport entre la consommation par tête à l’âge (
a) et
la consommation moyenne des individus âgés entre 30 et 49 ans.
Le dénominateur prend en compte la variation des besoins de consommation en fonction de l’âge.
Le calcul du RSE se fait sur toute la population en mesurant pour chaque année d’âge (en référence aux individus âgés entre 30 et 49 ans) ce que vaut le niveau du travail (à travers le revenu) et le niveau de la consommation des individus à l’âge considéré. Ainsi, le RSE reflète à la fois l’effet de la structure d’âge et les profils par âge de consommation et de production du revenu. En termes d’interprétation, le RSE représente donc le nombre de travailleurs effectifs par consommateur effectif. Ainsi, rapporté à 100, un ratio de soutien de 45% signifie qu’il y a 45 travailleurs effectifs pour 100 consommateurs effectifs. Lorsque ce ratio croit dans le temps, cela signifie que le travailleur effectif supporte de moins en moins de consommateurs, ceci permet de libérer des ressources économiques et correspond à une capture du dividende démographique. Le dividende démographique est donc appréhendé par un taux de croissance positif du ratio de soutien économique.
Indicateur de Couverture de
la
D
épendance
E
conomique
L’indicateur de couverture de la dépendance économique (ICDE) est une extension du Déficit du cycle de vie (LCD). L’ICDE désigne le rapport entre le surplus généré par les groupes d’âge économiquement indépendants et le déficit de celui des groupes d’âge économiquement dépendants. Mathématiquement, l’ICDE se détermine comme suit :
ICDE=-aLCDaDCa<YL(a)aLCDaDCa≥YL(a)Où
LCDa désigne le déficit du cycle de vie à l’âge a ;
DCa<YL(a) est une fonction indicatrice qui prend la valeur 1 si la consommation de l’individu est inférieure à son revenu du travail et 0 sinon, et
DCa≥YL(a) une fonction indicatrice qui prend la valeur 1 si la consommation de l’individu est supérieure ou égale à son revenu du travail et 0 sinon.
L’ICDE peut également s’écrire :
ICDE=Surplus agregéDéficit agregé jeunesse+Déficit agregé viellesseL’ICDE évalue la part des déficits des tranches d’âges économiquement dépendantes couverte par l’excédent de revenu dégagé par les groupes d’âge ayant un surplus économique. Il mesure la capacité d’un pays donné à satisfaire la demande sociale ou à combler le gap de consommation des individus économiquement dépendants par les seules ressources issues du travail.
1.4.
RESULTATS ET ANALYSES
Profils de Consommation
La consommation permet d’appréhender le niveau de vie des ménages d’un pays de même que leurs comportements dans la marche du pays vers son développement économique et social. Il s’agit spécifiquement de la consommation finale qui peut s’appréhender à deux niveaux : la consommation publique (CG) et la consommation privée (CF).

Les

NTA
mettent l’accent sur le capital humain et donc décomposent la consommation en consommation d’éducation, consommation de santé et autres consommations.
Les analyses suivantes abordent successivement chacune de ces trois composantes.
Profils de consommation en éducation
Le profil de consommation d
’
éducation est appréhend
é
de deux mani
è
res : le profil moyen (représentation

individuelle par âge) et le profil agr
égé
(représentation de la population par âge). Chaque type

de profil donne la représentation des dépenses publique et privée d
’
éducation. Les dépenses publiques

d
’
éducation représent
a
nt l
’
ensemble des charges supportées par l
’
Etat d
e Côte d’Ivoire en vue de
satisfaire les

besoins en éducation. Il s
’
agit des dépenses d
’
investissement et de fonctionnement par sous-secteur de

l
’
éducation (préscolaire, primaire, secondaire, supérieur et éducation non formelle). En ce qui concerne

les dépenses privées, elles sont
essentiellement
constituées des charges supportées par les ménages
ivoiriens
pour

l
’
éduc
a
tion de leurs enfants.
Profils moyens de consommation en éducation
Le graphique ci-dessous présente le profil
moyen
des dépenses publiques et privées en éducation par personne

et par âge
en 2019 et 2014
. Il montre que les dépenses publiques ou privées commencent à partir de 3 ans, âge du préscolaire,

et augmentent avec l’âge de l
’
individu.
En 2019, e
lles atteignent le niveau le plus é
levé

à
1
8
ans (
17 457

FCFA par

an) pour les dépenses privées et
à

12
ans (
167 410
FCFA par an) pour celles publiques
contre respectivement à 16 ans (45 143 FCFA par an) et à 14 ans (141 150 FCFA par an) en 2014. En outre, l
e niveau des dépenses publiques a considérablement

augment
é
dans ce secteur
de l’ordre de 16,5% entre 2014 et 2019
afin
notamment de
répondre
à
la demande de plus en plus croissante de formation de

capital humain.
A contrario, les dépenses privées ont considérablement baissé sur la période de l’ordre de 61,3%.
Cette augmentation
pourrait être associée aux
politiques et programmes éducatifs engagés par les autorités
depuis l’élaboration des trois générations de Plans Nationaux de Développement (PND) avec
la construction de nouveaux établissements dans le cadre du programme de construction de collège
s

de
proximité,
la
construction de salles de classes additionnelles dans des établissements existants
, le recrutement de nouveaux enseignants à tous les niveaux du système, et le renforcement du budget alloué au secteur.
Graphique 1
 :
Profils moyens de consommation en éducation en 2014 et 2019
right7009800Profils agrégés de consommation en éducation
Le profil agrégé de consommation d
’
éducation est obtenu par multiplication du profil moyen de consommation

d
’
éducation par les effectifs par
âge
de la population. Les résultats montrent qu
’
au niveau agrégé, les dépenses

les plus élevées sont captées par les individus âgés de 1
2
ans
en 2019,
qui mobilisent
près de 104
milliards de FCFA et

ceux

âgés de
13
ans qui captent
97,17
milliards de FCFA de dépenses publiques en éducation. Du
côté
des ménages,

la consommation privée d
’
éducation la plus élevé
e
est d
’
environ
8,
6 milliards de FCFA et est observée chez les

individus de 1
6
ans.
En 2014,
les dépenses
publiques
les plus élevées
étaient
captées par les individus âgés de 1
4
ans
,
qui mobilisent
près de 73
milliards de FCFA
.
Du
côté
des ménages,

la consommation privée d
’
éducation la plus élevé
e

était
d
’
environ
20,46
milliards de FCFA et ét
ait
observée chez les

individus de 1
6
ans.
Par ailleurs, les résultats montrent qu’en 2019 l’Etat finançait l’essentiel des dépenses d’éducation en Côte d’Ivoire soit 89% contre seulement 11%. En 2014, ces parts étaient respectivement de 79,6% et 20,4%. Cela démontre la volonté de l’Etat de renforcer ses investissements dans le capital humain des jeunes ainsi que l’amélioration de leurs capacités productives.
Aussi, l
es dépenses d’éducation tant privées que publiques se concentrent sur la population scolarisable (de 3 à
31
ans).

Sur l
’
ensemble du cycle de vie, la consommation publique d
’
éducation s
’
élève
à 1
3
52
milliards de FCFA
en 2019 contre seulement 1050,8 milliards de FCFA en 2014, soit une hausse de près de 29%. La consommation privée quant à elle s’établit à 166,8 milliards de FCFA en 2019 contre 268,5 milliards de FCFA en 2014, soit une baisse de 38%.
Le profil agrégé de la consommation publique d’éducation

montre que les dépenses d’éducation en Côte d’Ivoire sont principalement assurées par l’Etat.

La consommation agrégée publique d’éducation a représenté 89% de la consommation globale d’éducation. Les ménages n’ont assuré que 11% des dépenses globales d’éducation en 2019. En 2014, elles représentaient respectivement
79,6% et 20,4%.
Graphique 2
 :
Profils agrégés de consommation en éducation en 2014 et 2019
0-63500Profils de consommation de santé
La distribution des
dépenses agrégées
d’éducation par tranche d’âge offre un premier niveau d’analyse des arbitrages intergénérationnels. On note que le volume le plus important d
es dépenses agrégées d’éducation en 2019,
soit 4
76,01
milliards représentant 3
1
,
32
% des dépenses agrégées d’éducation est octroyé au niveau d’enseignement primaire correspondant à l’ensemble des enfants dont l’âge se situe
entre 6 et 11 ans.
En 2014, cette tranche d’âge ne captait que 380,81 milliards de Fcfa, soit une hausse de 25% sur la période.
Les tranches d’âge composées des populations de 12 à 15 ans, de 16 à 18 ans et de 19 à 29 ans représentent respectivement le premier cycle du secondaire (collège), le second cycle du secondaire (lycée) et le niveau supérieur. Par ordre d’importance des ressources
agrégées
d’éducation allouées, les élèves du primaire sont suivis par les élèves du collège qui concentrent 2
6
,
70
% des dépenses
agrégées
d’éducation soit
405,71
milliards
Fcfa
. Ainsi, l’éducation de base (du primaire au collège) qui regroupe l’ensemble des élèves de 6 à 15 ans capte plus de
881,72
milliards de FCFA soit près de
58,0
% de
s
dépense
s

agrégées
d’éducation. Cette priorité accordée à l’enseignement de base dans l’allocation des ressources répond à l’objectif de l’école obligatoire pour tous les enfants de 6 à 15 ans (éducation de base) concrétisé par la loi 95-696 du 07 septembre 1995.

Le niveau supérieur qui a capté
334,51
milliards de Fcfa
en 2019
représentant 2
2,01
% des dépenses
agrégées
d’éducation
contre 360,29 milliards en 2014. Cela pourrait justifier les
priorités de la politique d’éducation de l’Etat
avec l
a construction et le fonctionnement de nouvelles universités régionales semble justifier cette tendance.

La petite enfance (0 à 2 ans), les enfants de 3 à 5 ans (préscolaire) et les adultes de plus de 30 ans ont représentés moins de 4% des dépenses
agrégées
d’éducation. Ces franges de la population semblent être quasiment exclus des dépenses d’éducation.
Tableau
1
 :
Part des dépenses agrégées d’éducation par groupes d’âges
 
2014
 
2019
T
au
x Croiss
ance
Moy
en
2014-2019 (en %)
Groupes d'âges
Montant agrégé cumulé (milliards FCFA)
%
Montant agrégé cumulé (Milliards FCFA)
%
Moins de 6 ans
59.96
4.54
45.35
2.
98
-2
4
.
4
6 – 11 ans
380.81
28.86
476.01
31.
32
+25.0
12 – 15 ans
324.59
24.
60
405.71
26.
70
+24.99
16- 18 ans
191.81
14.
54
234.92
15.
46
+22.5
19-29 ans
360.29
27.
31
334.51
22.
01
-7.2
Plus de
30
ans
1.8
9
0.14
23.28
1.
53
+
1133,0
Total
1
 
3
19.34
100.0
 
1 5
19
.
78
100.0
+15.
2
Profils de consommation en santé
Le profil des dépenses de consommation en sant
é
est également d
é
clin
é
en deux

parties : le profil

moyen des dépenses de consommation en sant
é
qui montre la consommation par individu selon l’âge

et le profil agrégé qui concerne la population globale, selon l’âge. Pour chaque profil,
l’analyse porte sur
la

consommation publique
et la consommation privée. La consommation publique représente ce que

supporte l
’
Etat pour l
’
individu ou les individus et la consommation privée met en exergue
quant à elle
les dépenses
supportées par les ménages
pour satisfaire les besoins en sant
é
.
Profils moyens de consommation en santé

Les dépenses publiques moyennes de sant
é
par habitant
en 2019
sont évaluées au niveau national
à

13 100 Fcfa contre 9 500 Fcfa en 2014
.
En ce qui concerne les dépenses moyennes privées de santé, elles représentent respectivement 10 575 Fcfa et 25 240 Fcfa.
L’analyse montre en outre qu’en 2014, la consommation publique en santé représente en moyenne
7
,
6
% de la consommation finale publique et
27
,
3
% de la consommation totale en santé. En 2019, la consommation publique de santé a représenté 1
2
% de la consommation finale publique et
55,3
% de la consommation
totale
de santé. Ainsi, le niveau de consommation publique de santé
a progressé entre 2014 et 2019 de près de 38% contre une baisse de près de 58% du côté de la consommation de santé au niveau des ménages.
En 2019, la dépense moyenne de consommation publique de santé pour les enfants des tranches d’âge de 0 à 5 ans se situe au-dessus de la moyenne nationale avec en moyenne 28 936 Fcfa par enfant de cette tranche d’âge contre seulement 9 500 Fcfa en 2014, soit une progression de +205,1%. Ainsi, l’Etat continue de consacrer assez de ressources pour la santé de la petite enfance.
Les enfants de moins d’un an
en particulier
captent en moyenne près de 80 000 Fcfa des dépenses publiques de santé chacun.

On note que pour les populations âgées de plus de 50 ans, la dépense moyenne de
consommation publique de santé s’établit à 11 910 F
cfa
en 2019 contre 9 404 Fcfa en 2014, en-dessous de la moyenne nationale.
En ce qui concerne la consommation de santé au niveau des ménages, elle augmente tout au long du cycle de vie et surtout prend de l’ampleur à partir de 48 ans ou on note une augmentation accélérée jusqu’à 57 ans (15 857 F
cfa
). Après 57 ans on observe une baisse de la consommation de santé jusqu’à 63 ans (13 882 F
cfa
). Une nouvelle accélération est observée qui indique donc une accumulation des maladies liées au vieillissement jusqu’à 73 ans (20 395 F
cfa
). Les tranches d’âges de 48 à 57 ans et 63 à 73 ans sont délicates en matière de santé. Il y a donc un besoin de prise en charge ou de soutien de ces populations.
En comparant les profils de consommation privée de santé, il ressort que les consommations privées de santé en 2019 sont plus faibles sur tout le cycle de vie en 2019 relativement à l’année 2014.

Graphique 3
 :
Profils moyens de consommation en santé en 2014 et 2019
0-63500Profils agrégés de consommation de santé

Profils agrégés de consommation en santé
La consommation privée agrégée en santé a représenté en 2019, moins de 1% (0,8
3
%) de la consommation privée totale
contre 4,21% en 2014
. En revanche, au niveau du secteur public, c’est 10,8% de la consommation publique totale
en 2019
qui ont été consacrée à la santé
contre 6,52% seulement en 2014.
Le profil agrégé de la consommation publique de santé affiche une forte concentration des dépenses publiques de santé sur la petite enfance. En effet, les dépenses publiques de santé sur les enfants de moins de deux ans se sont élevées à 107 milliards soit 28% des dépenses publiques totales de santé en 2019
contre 23,5 milliards en 2014 représentant 10,8%
. Les personnes âgées de plus de 60 ans ne représentent que 3,6% des dépenses totales de santé
(13,9 milliards Fcfa).
Au total, la classe d’âge des jeunes de 3 à 29 ans concentre la plus grande part des dépenses agrégées de santé (publiques et privées) soit 43% suivi de la classe des adultes 30 à 59 ans avec 28,5% de la consommation totale des services de santé. La petite enfance 0-2 ans représente toutefois une part non négligeable des dépenses totales de santé soit 22,7%. Relativement à 2014, l’on note une légère baisse de la consommation agrégée des services de santé qui est passée de 607 milliards en 2014 à 555,02 milliards en 2019. La répartition suivant la structure par âge reste par ailleurs similaire à celle de 2014 avec une dominance de la consommation agrégée en services de santé des jeunes de 3 à 29 ans
captant 53,4%.
-63527495500Graphique 4 :
Profil
s

agrégés
de consommation en
santé
en 2014 et 2019
Profils de consommation de santé
Autres
types de
consommations
Les autres consommations sont toutes les dépenses en dehors de la santé et de l
’
éducation. Elles portent

sur l
’
alimentation, le logement, le transport, la communication, etc. Cette sous-section présente les

profils moyens et agrégés des autres consommations.
Profils moyens de
s autres
consommation
s
Les autres dépenses de consommation privée concernent toutes les dépenses de consommation des ménages hors éducation et santé. Selon la Classification des fonctions de consommation des ménages (COICOP), ces fonctions de consommation
sont : 1. Produits alimentaires ; 2. Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants ; 3. Articles d'habillement et chaussures ; 4. Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles ; 5. Meubles articles de ménage et entretien courant de foyer. Les autres consommations publiques sont les dépenses des Administrations publiques en dehors de celles en éducation et en santé. Elles sont essentiellement constituées des dépenses courantes (rémunérations des salariés, consommations intermédiaires,) nécessaires au fonctionnement de l’Administration (gouvernement, conseils régionaux, districts et mairies), des dépenses d’investissement en infrastructures et de la consommation de capital fixe. Le total des autres consommations a été rapporté à la population en supposant que chaque individu consomme le même montant des autres dépenses publiques.
En 2019, les dépenses agrégées autres que celles de l’éducation et de la santé ont cumulé à 24 857,9 milliards de Fcfa représentant 91,65% des dépenses totales de consommation des ménages et 66,4% du PIB. La consommation agrégée privée des ménages en biens et services autres que la santé et l’éducation en 2019 s’élève à 21 008,7 milliards de Fcfa. Cette consommation domine largement les dépenses de consommation privée globales des ménages avec une part de 98,4%. En revanche, la part des dépenses publiques autres que la santé et l’éducation se chiffrait à 1774,38 milliards de Fcfa soit 50,6% des dépenses publiques totales confirmant la priorité accordée par l’Etat à la santé et à l’éducation.
Le profil des autres consommations privées donne la tendance générale du profil moyen de consommation privée. On observe une augmentation des autres consommations privées sur la tranche d’âges de zéro (378 997 Fcfa) à 29 ans (1 208 264 Fcfa). Au-delà de 29 ans le niveau des autres consommations privées baisse de façon continue jusqu’à la tranche d’âges 50 ans (1 023 302 Fcfa).
Au niveau du profil moyen, les ménages ont consacré aux biens et services autres que l’éducation et la santé 814 374 Fcfa par individu en 2019. Par ailleurs, l’Etat Ivoirien a dépensé en 2019 en moyenne 68 781 Fcfa par individu pour les biens et services autres que la santé et l’éducation.
Sur tout le cycle de vie, la population active (15 à 59 ans) capte la part la plus importante des dépenses des ménages autres que la santé et l’éducation avec 69,54% du total des autres dépenses agrégées de consommation. Les tranches d’âge vulnérables et non productives de la population, 0-14 ans et les plus de 60 ans consomment respectivement 25,4% et 5% des dépenses totales de consommation privée autres que celles en santé et en éducation. La classe d’âge comprise entre 15 et 35 ans est la classe modale de la consommation moyenne privée autres que l’éducation et la santé. Alors qu’elle n’est pas la plus productive, cette classe réalise la dépense moyenne autre que la santé et l’éducation, la plus élevée, soit 1 087 925 Fcfa. La consommation moyenne de la classe d’âge de 36 à 59 ans s’élève à 1 069 091 Fcfa. Les individus de 60 ans et plus et ceux de moins de 14 ans dépensent en moyenne respectivement 843 859 Fcfa et 495 098 Fcfa en biens et services autres que la santé et l’éducation.

Relativement à l’année 2014 (Graphiques 17 et 18), la consommation agrégée des ménages en biens et services autres que la santé et l’éducation a plus que doublé en 2019, passant de 8 584,1 milliards à 21 008,7 milliards de Fcfa. En effet, les ménages ont consacré 814 374 Fcfa par individu en 2019 contre 443 144 Fcfa en 2014.

Graphique 5 :
Profils moyens de
s autres types de
consommation en 2014 et 2019
Revenu de travail
L'analyse du revenu du travail
par la méthode NTA
distingue le revenu moyen et le revenu agrégé. Le revenu moyen
du travail

(YL)

est la moyenne des salaires des salariés
(YLE)
et des travailleurs indépendants
(auto-emploi)
(YLS)
par âge, tandis que le revenu agrégé est obtenu en multipliant le revenu moyen par les effectifs par âge de la population. L'Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages 2018-2019 a permis de calculer le revenu moyen par membre du ménage et par âge.
Profil moyen du revenu du tra
vail et ses composantes
Le profil moyen du revenu du travail salarié (YLE) est déterminé directement en calculant pour chaque âge le salaire moyen pour l’ensemble des enquêtés de cet âge, le revenu des indépendants étant fixé à zéro. De façon analogue, le profil moyen du revenu de l’auto-emploi (YLS) est égal à la moyenne par âge des revenus de l’auto-emploi, les rémunérations des salariés étant fixées à zéro.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 11
 : Revenu moyen du travail et ses composantes
en 2014 et
2019
Source : CREG (2021)
Le profil moyen
de revenu présente une allure
en cloche

et cette allure est la même tant pour le profil du revenu moyen du travail salarié que pour le revenu moyen de l’auto-emploi
en 2014 et en 2019
.
Ils se déclinent essentiellement en quatre phases. Un niveau de revenu quasiment nul avant 15 ans, s’élevant progressivement jusqu’à atteindre son pic à 52 ans
avant de décroitre par la suite.
Ce maximum est atteint à 42 ans pour les salariés et 52 ans pour les travailleurs indépendants. Par ailleurs, il ressort du graphique qu’au-delà de l’âge de la retraite 65 ans, le revenu du travail
salarié
est
quasiment nul alors que celui des travailleurs indépendants jusqu’à plus de 90 ans.
L'auto-emploi offre des revenus
nettement
supérieurs à ceux de l'emploi salarié, représentant 76,6% du revenu total du travail et équivalant à 3,27 fois le revenu salarié.
Ce
t écart est caractéristique de la structure de l’
emploi en Côte d’Ivoire et dans les pays en développement
où l
a plupart des travailleurs indépendants sont dans des activités informelles
.
Les décideurs politiques peuvent exploiter le potentiel de l'auto-emploi pour améliorer les conditions de vie des populations, compte tenu de la capacité d'absorption importante du secteur informel en Côte d'Ivoire.
L’analyse comparée des profils moyens de revenu entre 2014 et 2019 met en évidence une croissance des revenus moyens pour chaque âge sur cette période. Le revenu moyen maximal est passé de 1 171 720 FCFA en 2014 à 1 708 425 FCFA en 2019. Cependant, il faut noter un décale de l’âge d’atteinte du revenu moyen maximal sur cette période. Cet âge est passé de 40 ans en 2014 à 52 ans en 2019.
L’écart en terme revenu moyen entre 2014 et 2019 est essentiellement dû à une forte augmentation du revenu des travailleurs indépendants. Le revenu
moyen
de l’emploi des salariés restant pratiquement
le même sur la période.
Profil agrégé du revenu d
u travail et ses composantes
Pour obtenir le profil agrégé du revenu du travail salarié et de l'auto-emploi, les revenus moyens sont multipliés par les effectifs de la population, puis ajustés aux macro
–
paramètres de contrôle. Dans le cas du revenu du travail salarié, l'agrégat " rémunération des salariés ", disponible dans les comptes nationaux, sert de macro
–
paramètre de contrôle. En revanche, pour le revenu de l'auto-emploi, qui n'est pas directement fourni par la comptabilité nationale, la méthodologie NTA recommande de prendre les 2/3 du revenu mixte de l'entreprise comme agrégat correcteur, considérant cela comme la rémunération du facteur travail.

Enfin, les profils agrégés et ajustés du revenu des salariés et des indépendants sont fusionnés pour obtenir

le profil agrégé du revenu du travail.

right31305500left31305500Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 12
 : Revenu total agrégé du travail et ses composantes
en 2014 et 2019
Source : CREG (2021)
Comme observé avec le revenu moyen, les revenus agrégés des travailleurs indépendants sont nettement plus élevés que les revenus des salariés.
Le profil agrégé de revenu présente une allure
en
cloche
quelle que soit la composante
.
Ce constat est le même pour les années 2014 et 2019.

En 2019, i
l
part d’un niveau quasiment nul avant 15 ans pour atteindre son maximum chez les personnes
autour de 36
ans
pour
le revenu agrégé
total et pour ses composantes.

En outres, l
’analyse de la courbe du revenu agrégé
aux âges avancées
indique une forte baisse du revenu des personnes du troisième âge. Cette baisse, déjà notable à 60 ans, devient presque négligeable au-delà de 65 ans.
Ce résultat met en évidence la faible couverture sociale combinée à un faible taux d’épargne de la population
qui rendent vulnérables les
personnes âgées
.
L’analyse comparatif du stock de revenu par âge présente comme observé pour le revenu moyen une tendance à la hausse
sur la période. En effet, le niveau maximum de revenu agrégé est passé de près de 300 milliards en 2014 à plus de 450 milliards en 2019. Par ailleurs,
les personnes du groupe d’âge 30-49 ans possèdent sur cette période plus de la moitié du revenu agrégé global.
Déficit du cycle de vie

Le déficit du cycle de vie désigne, à chaque âge, la différence entre la consommation et le revenu du travail des individus. Il permet de quantifier la demande sociale agrégée.
Dans cette partie, l
es analyses menées porteront sur les profils moyen et agrégé du déficit du cycle de vie. Ce déficit du cycle de vie, suivant la méthode NTA, se déduit de la différence entre la consommation (publique et privée) et des revenus de l’activité des travailleurs.
3.1. Déficit moyen du cycle de vie
685801609090Graphique … : Profils moyens de consommation et de revenu en 2019
00Graphique … : Profils moyens de consommation et de revenu en 2019
En Côte d’Ivoire, il ressort que le niveau de consommation est plus élevé que celui du revenu du travail chez les tranches d’âges 0-34 ans et 63 ans et plus
(graphique…)
. L’âge moyen des producteurs nets est de 45 ans. Celui des consommateurs nets pour la première période de dépendance (0-34 ans) est de 14 ans et de 71 ans pour la seconde période de dépendance économique (63 ans et plus). Le déficit observé pour la tranche d’âge 0-34 ans qui prend en compte la petite enfance et la jeunesse atteint son niveau maximal à l’âge de 18 ans et s’élève à 1 010 164 Francs CFA. Pour les personnes âgées de 63 ans et plus traduisant le période de vieillesse, le déficit maximal s’observe à l’âge de 90 ans et s’élève à 704 752 Francs CFA.
right6985Graphique…: Profil moyen du cycle de vie en 2019
0Graphique…: Profil moyen du cycle de vie en 2019
Source : C
alculs NTA CI, CREG-CREFAT
3.2.
Déficit agrégé du cycle de vie
Le surplus du cycle de vie est généré par les individus de la tranche d’âge 35-62 ans. Il ressort donc que la période pour laquelle on observe un surplus du cycle de vie a une durée de 27 ans. Le surplus maximal est atteint à l’âge de 51 ans et s’élève à 583 690 francs CFA. Lorsque l’on tient compte de la structure par âge en 2019
(graphique…)
, le surplus dégagé par les individus de la tranche d’âge 35-62 ans s’établit autour de 1 884,534 Milliards de francs CFA soit 5,5% du PIB. Ce surplus est transféré aux consommateurs effectifs c’est-à-dire les enfants et les jeunes adultes âgés de 0-34 ans ainsi que les seniors de 63 ans et plus.
Les individus de moins de 35 ans représentant 75,6% de la population totale en 2019 constituent la frange de la population qui consomment la part la plus importante des revenus générés par les producteurs effectifs. Le déficit à la jeunesse est estimé à 12 964,6 Milliards de CFA soit 37,8% du PIB. A contrario, les personnes âgées (63 ans et plus) représentent une faible importance numérique (soit 3,3% de la population en 2019). Elles enregistrent un déficit évalué à 321,8 Milliards de CFA soit 0,9% du PIB. Bien que cette tranche d’âge ait une consommation relativement moindre, elle n’arrive pas à générer suffisamment de revenu du travail pour satisfaire leur besoin de consommation.
2912745442595003025140235585Graphique … : Déficit du cycle de vie agrégé
0Graphique … : Déficit du cycle de vie agrégé
left74295Graphique…: Consommation et revenu agrégé
0Graphique…: Consommation et revenu agrégé
027305000Source : C
alculs NTA CI, CREG-CREFAT
La demande sociale est donc évaluée à 13 286,4 Milliards de CFA soit 38,7% du PIB qui représente plus de sept fois le surplus dégagé par les producteurs effectifs. Cela conduit à un déficit total estimé à 11 401,9 Milliards de CFA soit 33,2% du PIB en 2019.
En tenant compte de l’âge scolaire en Côte d’Ivoire et des facteurs socio-économiques et culturels (pauvreté, l’âge d’entrée dans le mariage, durée évolutive du parcours scolaire, …), à l’âge de 25 ans, les individus d
evraient déjà être sur le marché
du travail. Il ressort que la dépendance économique se poursuit pour les jeunes jusqu’à l’âge de 34 ans.
En Côte d’Ivoire, cette dépendance économique jusqu’à l’âge de 34 ans s’explique par la durée évolutive du parcours scolaire liée à des contingences socio-économiques (pauvreté, poids de l’institution familiale sur l’individu, la surqualification conséquence du non-dynamisme du marché du travail, etc.).
En considérant la structure par âge en 2019, il apparait que les jeunes de 25-34 ans captent 12% de la demande sociale qui s’élève à 1542,858 Milliards de CFA. Cette part aurait dû être marginale dans une économie qui arrive à satisfaire le besoin d’emploi des jeunes. On a ainsi de nombreux candidats potentiels à l’émigration clandestine.
A l’analyse, le niveau de consommation ne suit pas celui du revenu. Cette particularité de la consommation, caractéristique de l’économie ivoirienne, est la baisse relative de la consommation des producteurs actifs qui dégagent un surplus.
Cette situation traduit l’ampleur des transferts, de l’accumulation du patrimoine et de l’épargne des producteurs nets, dégageant le surplus, vers ceux qui sont déficitaires (jeunes et vieux). De façon spécifique, l
es transferts vers les « dépendants » se font prioritairement vers les plus jeunes comparativement aux personnes « dépendantes » plus âgées qui ont d’ailleurs dû dégager davantage de revenu du travail pour soutenir leurs consommations.
Ce phénomène est l’expression du poids des responsabilités sociales dès lors qu’on a un emploi (producteur effectif). En Côte d’Ivoire, si cela est révélateur généralement du poids de l’institution familiale sur le producteur actif, il rend spécifiquement compte de l’imaginaire de la réussite marquée par les types
d’investissement prioritaires (immobilier, charges d’éducation pour ses descendants, appui aux parents, le mariage, etc.).
3.3
. Déficit moyen du cycle de vie selon le genre
La méthode NTA permet aussi de mettre en évidence les inégalités entre les sexes au cours du cycle de vie économique. Pour rappel, les profils sont obtenus à partir de (i) l’estimation des profils individuels pour chaque poste (revenu du travail, consommation, cycle de vie), (ii) l’application du ratio de la moyenne selon le sexe.  
Le tableau
ci-dessous
décri
t respectivement le profil moyen de consommation et de revenu et le profil du cycle de vie selon le sexe. En 2019, les évidences laissent voir en Côte d’Ivoire une sensible similarité du profil de consommation entre hommes et femmes, mais il y a une dominance stochastique du revenu des hommes par rapport à celui des femmes sur tout le cycle de vie.
En moyenne, le niveau de consommation des hommes est plus élevé que celui des femmes sur la tranche d’âge 24-83 ans. En pourcentage, la consommation totale des femmes représente 49,8% du niveau national en 2019, contre 50,2% pour les hommes. Dans les tranches d’âge 10-23 ans, on note que les femmes consomment davantage que les hommes. Cette tendance se trouve être justifiée par les besoins physiologiques de la jeune fille qui attire l’attention de la société en comparaison au jeune homme.
L’analyse du profil de revenu du travail déroule un tableau de dominance des hommes sur les femmes sur tout le cycle de vie. Les hommes contrôlent 75% du revenu national du travail quand les femmes n’en possèdent que 25%.
En outre, pendant leur période de surplus, le revenu moyen le plus élevé des femmes apparait à 43 ans, soit 860 860 francs CFA, tandis que chez les hommes, il est en moyenne de 2 656 763 francs CFA à 54 ans.
Le surplus est généré chez les hommes, à partir de l’âge de 29 ans et dure jusqu’à l’âge moyen de 72 ans, soit une période d’accumulation de 43 ans. Sur tout le cycle de vie, les femmes ne dégagent aucun surplus et demeurent ainsi des consommatrices nettes. Cela sous-entend que depuis 0 an jusqu’à 90 ans, les femmes en moyenne consomment plus qu’elles n’ont de revenu, ce qui signifie qu’elles sont déficitaires sur tout le cycle de vie.
Cette différentielle de revenu entre hommes et femmes traduit l’importance des inégalités de revenus lié au faible accès des femmes aux emplois rémunérés sur le marché du travail et des opportunités économiques. En outre, le travail des femmes est sous valorisé par la comptabilité nationale car se déroulant le plus souvent dans la sphère domestique tel que les soins aux enfants, les tâches ménagères, etc.
Tableau…: Récapitulatif du déficit moyen des hommes et des femmes
HOMMES
FEMMES
Déficit moyen à la jeunesse (Fcfa)
18 790 938
24 479 593
0-24 ans
17 669 796
20 721 546
25-28
1 121 142
3 758 046
Déficit moyen à la vieillesse (Fcfa)
7 682 927
13 841 436
Surplus moyen (Fcfa)
-34 252 367
21 390 656
Demande sociale (Fcfa)
26 473 865
38 321 029
Déficit global
-7 778 502
59 711 685
Source :
calculs NTA, CREG-CREFAT, 2019
La similarité des profils de consommation chez les hommes et les femmes contraste avec les profils de revenu selon le sexe. Cela vient justifier les inégalités de répartition des richesses et mets une emphase sur la dépendance totale des femmes sur tout le cycle de vie.
En 2019, les résultats indiquent chez les hommes (0-28 ans) un déficit moyen à la jeunesse de 18 790 938 Fcfa,
un d
éficit moyen à la vieillesse de 7 682 927 Fcfa. La part du déficit moyen de la tranches d’âge 0-24 ans représente 94% du déficit global moyen à la jeunesse masculin, tandis que la tranche d’âge de 25-28 ans n’en représente que 6%. La tranche 0-24 ans capte l’ensemble des dépenses de consommation d’éducation, de santé et autres consommations.
Toujours selon le sexe, en 2019 le déficit moyen à la jeunesse (0-28 ans) chez les femmes est de 24 479 593 Fcfa contre un
d
éficit moyen à la vieillesse de 13 841 436 Fcfa. La part du déficit moyen de la tranches d’âge 0-24 ans représente 85% du déficit global moyen à la jeunesse féminine, tandis que la tranche d’âge de 25-28 ans n’en représente que 15%. Il ressort que les femmes de 0-24 ans sont moins dépendantes que les hommes du même groupe d’âge et celles de 25-28 ans sont plus dépendantes que les hommes du même groupe d’âge.
A l’analyse, ces données montrent qu’il existe des mécanismes importants de transferts des hommes vers les femmes. Ce qui pose d’un côté les problèmes de la faiblesse des revenus des femmes, de leur incapacité à dégager des surplus et au-delà de leur relative dépendance pendant la quasi-totalité du cycle de vie. D’un autre côté, la faible participation à l’activité économique, l’entrée tardive sur le marché du travail, la disparité salariale et l’insuffisante autonomisation sont autant de contraintes qui pèsent en général sur la femme.
III.3.4
. Déficit
agrégé
du cycle de vie selon le genre
Le profil agrégé selon le sexe indique chez les femmes, un déficit jusqu’à l’âge de 28 ans estimé à 6 942 milliards de francs CFA et un déficit à la vieillesse (72 ans et plus) de 133 milliards de francs CFA. Cela décrit un déficit global chez les femmes de 9 116 milliards de francs de CFA représentant 26,58% du PIB. Chez les hommes, la dépendance à la jeunesse (moins de 28 ans) entraine un déficit de 5 504 milliards francs CFA et celle à la vieillesse (plus de 72 ans) provoque un déficit de 42 milliards francs CFA. Soit un déficit global de 2 286 milliards francs CFA représentant 6,66% du PIB. En somme, la part du déficit agrégé des hommes représente 20% du déficit global, tandis que la part du déficit agrégé des femmes représente 80%. Cette évidence est confortée par les résultats trouvés plus haut.
Le surplus généré par les hommes de 29 à 71 ans est estimé à 3 261 milliards de francs CFA quand les femmes de la même tranche d’âge sont totalement dépendantes, soit un déficit moyen de 2 041 milliards de francs CFA. Cela suppose en outre que les femmes sont totalement dépendantes sur tout le cycle de vie car, les données révèlent que le surplus généré par les hommes finance le déficit des femmes sur tout le cycle de vie. Par ailleurs, le déficit global des femmes (9 116 milliards de francs de CFA) dans le déficit global d’ensemble (11 402 milliards de francs de CFA) est 4 fois plus élevé que celui des hommes (2 286 milliards de francs de CFA).
30257756985Graphique… : Déficit agrégé selon le sexe
00Graphique… : Déficit agrégé selon le sexe
left83185Graphique…: Profil agrégé du revenu et de consommation selon le sexe
00Graphique…: Profil agrégé du revenu et de consommation selon le sexe
left24828500
Source : Calcul NTA, CREG 2021
Les résultats décrivent qu’en 2019, le déficit des femmes (80%) équivaut à quatre cinquième (4/5) du déficit global sur tout le cycle de vie en Côte d’Ivoire. Il en découle évidemment une dépendance totale et un niveau d’autonomisation quasi-inexistant des femmes et des jeunes filles. L'indicateur d'inégalité de genre (IIG) qui reflète les disparités en matière d'éducation et d'autonomisation de la femme s’établit à un niveau encore très élevé (0,638 en 2020). Ils traduisent la persistance des inégalités fondées sur le sexe qui sont répandues à plusieurs niveaux, notamment dans l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’emploi, dans l’accès aux ressources et facteurs de production, dans la participation à la prise de décision et à la vie publique et politique.
Tableau…:Récapitulatif des déficits agrégés des hommes et des femmes
Déficit du cycle de vie agrégé homme (Milliards FCFA)
Déficit du cycle de vie agrégé femme (Milliards FCFA)
Déficit la jeunesse (Fcfa)
5 309
6 942
0-24 ans
195
6 113
25-28
195
829
Déficit à la vieillesse (Fcfa)
42
133
Surplus moyen (Fcfa)
-3 261
2 041
Demande sociale (Fcfa)
5 546
7 075
Déficit global
2 286
9 112
Source :
calculs NTA, CREG-CREFAT, 2019
Contraste selon le sexe entre 2014 et 2019
La consommation des femmes, nettement inférieure à celle des hommes en 2014 s’est rapprochée de cette dernière en 2019 où les différences ne sont plus très significatives entre les deux sexes.
Le revenu du travail des hommes s’est nettement amélioré relativement à celui des femmes.
Déjà faiblement excédentaire en 2014, les femmes sont devenues tout à fait dépendante économiquement sur tout le cycle de vie alors que les hommes ont accru leur indépendance économique en 2019.
La consommation agrégée a connu en 2014 une inflexion vers la baisse entre 15 et 22 ans. Une inflexion beaucoup plus prononcée s’observe en 2019. Cette « anomalie » qui traduit une baisse des effectifs des jeunes hommes entre les âges considérés, s’explique probablement par des départs de jeunes actifs soit du fait de l’émigration clandestine
qui s’accentuerait dans le temps ou des départs vers les pays voisins alimentés par l’instabilité politique de ces dernières années.
III.3.5. Déficit du cycle de vie par
district
Le déficit global en Côte d’Ivoire est estimé à 11401,89 mds FCFA. L’analyse du déficit du cycle de vie par districts laisse transparaitre que les 14 districts sont déficitaires à des degrés différents. Ce déficit est plus accentué dans le district AUTONOME D'ABIDJAN avec un déficit global de 4161,74 mds FCFA soit 36,6% dans le déficit national, alors qu’il est de 103,58 mds FCFA soit 0,9% dans le district du DENGUELE.
Ces déficits s’expliqueraient par les poids démographiques des districts déficitaires où la part des dépendants jeunes et personnes âgées est grande comparée aux autres districts moins peuplés.
Tableau 1: Déficit du cycle de vie par districts (montant en mds FCFA)
Districts
Consommation
Revenu du travail
Déficit Global
Part dans le déficit national
Montant
%
Montant
%
Montant
%
AUTONOME D'ABIDJAN
8 511,93
34,2%
4 350,19
32,3%
4 161,74
36,5%
AUTONOME DE YAMOUSSOUKRO
400,67
1,6%
206,28
1,5%
194,38
1,7%
BAS-SASSANDRA
1 911,13
7,7%
1 377,92
10,2%
533,21
4,7%
COMOE
1 277,13
5,1%
686,84
5,1%
590,29
5,2%
DENGUELE
243,13
1,0%
139,55
1,0%
103,58
0,9%
GOH-DJIBOUA
1 575,77
6,3%
818,66
6,1%
757,11
6,6%
LACS
1 151,01
4,6%
566,03
4,2%
584,98
5,1%
LAGUNES
1 349,76
5,4%
544,17
4,0%
805,59
7,1%
MONTAGNES
1 909,41
7,7%
1 015,95
7,6%
893,45
7,8%
SASSANDRA-MARAHOUE
2 018,77
8,1%
1 157,82
8,6%
860,95
7,6%
SAVANES
1 514,99
6,1%
914,59
6,8%
600,39
5,3%
VALLEE DU BANDAMA
1 428,10
5,7%
827,61
6,2%
600,49
5,3%
WOROBA
670,38
2,7%
494,45
3,7%
175,93
1,5%
ZANZAN
895,73
3,6%
355,95
2,6%
539,79
4,7%
COTE D'IVOIRE
24 857,91
100%
13 456,02
100%
11 401,89
100%
Ratio de soutien et premier dividende démographique

Ratio de soutien démographique
Le ratio de soutien traduit la capacité des adultes actifs à assurer,
par
leur production, les besoins de consommation de l’ensemble de la population.
Selon

le
profil pays 2019, l’évolution du nombre de producteurs effectifs pour 100 consommateurs
présente une

tendance à la hausse sur la période 1950-2095.
Cette hausse se caractérise particulièrement par une croissance continue du ratio de soutien démographique à partir de
l’année 2015.
Cela laisse entrevoir implicitement un changement favorable dans la structure par âge de la population
permettant d’ouvrir la première fenêtre d’opportunité du dividende démographique
. Ce changement favorable se traduit par un accroissement progressif du bien être en termes de consommation
.
-698529337000Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 27
: Analyse
du profil de ratio de soutien démographique en
2019
Source :
Calculs NTA, CREG-CREFAT, 2021
Cela dit, en 2020, le RSE se situe à 44,4 % et correspondra à 51,4 % en 2050. Cependant
,
pour mieux tirer profit de cette fenêtre d’opportunité, au regard de la situation précaire du marché du travail et de l’importance des déficits du cycle de vie observés, il conviendra de mener les investissements dans le capital humain afin d’accroitre le nombre et la productivité des travailleurs.
Premier dividend
e
démographique
La transition démographique est un moment critique du développement des opportunités pour les familles et les pays, car elle permet la création d'un cercle vertueux en améliorant l'éducation, le capital humain et la productivité économique. Le Dividende Démographique, qui nécessite des politiques sociales et économiques appropriées, a été observé dans les pays de l'Asie de l'Est et peut se reproduire dans le temps avec une baisse du ratio de dépendance.

La démarche des Transferts des Comptes Nationaux (NTA) propose des techniques de calculs qui permettent de savoir exactement à quelle période un pays peut bénéficier du premier Dividende Démographique. Ce dernier est calculé comme le taux de croissance du Ratio de Soutien Economique (RSE).
Le graphique
ci-dessous
met en évidence l’évolution
de la
trajectoire du premier Dividende Démographique pour la Côte d’Ivoire en 2019.

Il indique nettement l’existence de
s trois phases dans l’évolution de la trajectoire du dividende démographique.
La première phase sur la période
1950-19
67
où une première fenêtre d’opportunité a été ouverte. Ce résultat s’arrime avec la période de forte croissance économique constaté dans les années 1960 appelée le « miracle ivoirien ». Toutefois, cette dynamique à la hausse s’est estompée dans les années 1970
jusqu’
en 1993
. Cette période est marquée par la crise économique des années 1980 suivi
de troubles sociaux politiques
qui ont
réduit le pouvoir d’achat des populations
partant du soutien des actifs aux inactifs
.
La troisième phase se caractérise par une
réouverture
de la

fenêtre d’opportunités démographiques
sur la période post
1994
jusqu’à
l’horizon
2050
.
Bien que la crise politico-militaire de la période 1999
-2010 ait ralenti la croissance du ratio de soutien économique, celui est resté à la hausse.

Ces trajectoires illustrent que le pays bénéficie du dividende démographique et cela perdura dans le temps au moins jusqu’à l’horizon de notre analyse.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 28
:
Taux de croissance du
ratio de soutien économique
Source 
: Equipe NTA Côte d’Ivoire, CREG-CREFAT
Analyse de la couverture de la dépendance économique
(Dr Beugré)
L
’
indicateur synthétique analysé dans cette partie est l
’
indicateur de couverture de la dépendance économique (ICDE) qui évalue la part des déficits des tranches d’âge économiquement dépendantes couverte par l
’
excèdent de revenu dégagé par les groupes d’âge ayant un surplus économique.
L
’
ICDE est en effet une extension du Déficit du cycle de vie (LCD), et désigne le rapport entre le surplus généré par les groupes d’âge économiquement indépendants et le déficit de celui des groupes d’âge économiquement dépendants. Mathématiquement, l
’
ICDE se détermine comme suit :
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

4340437189251200Q
UALITE DU
CADRE DE
VIE
RESUME
Cette section vise à analyser l'indice de la qualité du cadre de vie en Côte d'Ivoire. Sept (07) sous-dimensions considérées essentielles dans la qualité du cadre de vie ont été utilisées pour construire et analyser cet indice. Ces sous-dimensions sont les suivantes : (i) Conditions de logement ; (ii) Liens sociaux ; (iii) Environnement ; (iv) Engagement civique et gouvernance ; (v) Bien-être subjectif ; (vi) Sécurité ; et (vii) Équilibre vie professionnelle-vie privée.
Les résultats révèlent qu'en 2019, le cadre de vie en Côte d'Ivoire avait une qualité moyenne avec un score de 54,2%. Il est également observé que tous les indices composant cet indicateur sont moyennement acceptables. Cependant, les liens sociaux et l'engagement civique ont une incidence négative sur la qualité de vie en Côte d'Ivoire, avec des valeurs respectives de 30,7% et 45,50%. Ainsi, la Côte d'Ivoire est confrontée à plusieurs défis majeurs concernant ces deux (02) sous-dimensions de la qualité de vie.
À la suite de l'analyse de cet indice, il est important de formuler quelques recommandations à l'attention des autorités afin de mettre en œuvre des politiques visant à améliorer le cadre de vie en Côte d'Ivoire et à maximiser le dividende démographique. Ces recommandations comprennent : i) l'amélioration des relations et de la solidarité au sein des ménages et des communautés ; ii) la poursuite du processus de réconciliation des populations par des mesures de détente ; iii) le renforcement des liens sociaux par la mise en place de programmes visant à promouvoir les relations sociales, la solidarité et la confiance au sein des communautés. Il convient d'encourager la participation aux activités associatives, de promouvoir le dialogue intergénérationnel et de renforcer les réseaux de soutien social ; iv) la promotion de l'engagement civique par la sensibilisation et la formation des citoyens à l'importance de leur participation active dans les affaires de la communauté et de la société ; v) la réduction des inégalités socio-économiques par la mise en place de politiques et de programmes favorisant l'accès à l'éducation, à la santé, à l'emploi et à des opportunités économiques équitables pour tous.
INTRODUCTION
La Côte d’Ivoire est un pays doté d’une diversité naturelle exceptionnelle, comprenant des ressources naturelles abondantes, des parcs nationaux préservés, des réserves forestières riches et des plages pittoresques. Toutefois, malgré ces atouts, le pays est confronté à plusieurs défis environnementaux qui affectent le cadre de vie de sa population. La dégradation des écosystèmes, la pollution de l’air et de l’eau, l’érosion côtière, l’urbanisation rapide, la gestion inadéquate des déchets et les problèmes d’accès aux services de base sont autant de préoccupations auxquelles la Côte d’Ivoire doit faire face.
Dans ce contexte, le concept de cadre de vie revêt une importance cruciale du point de vue social, économique et environnemental, contribuant ainsi à la qualité de vie des habitants.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la qualité de vie est définie comme la perception qu’un individu a de sa place dans l’existence, en lien avec sa culture, ses valeurs, ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses préoccupations.
L’orientation vers un cadre de vie de qualité signifie également que les individus, en tant qu’acteurs de leur environnement immédiat, acquièrent des expériences qui sont influencées par un contexte temporel, spatial et social bien structuré. Tous ces éléments contribuent, d’une manière ou d’une autre, à l’amélioration des conditions de vie humaine.
Dans le contexte de la capture du dividende démographique, la qualité du cadre de vie dans lequel vit un individu joue un rôle essentiel dans le développement de son plein potentiel et de son épanouissement. Il est important de reconnaître que dans la vie d’une personne, toutes les dimensions ne sont pas strictement liées à l’aspect financier. Ainsi, pour mieux prendre en compte cette dimension dans le progrès social, d’autres auteurs ont souligné l’importance d’évaluer l’angle mort de la qualité du cadre de vie, en utilisant des méthodologies telles que l’indice de bien-être multidimensionnel.
Dans cette optique, l’analyse et le suivi du dividende démographique ainsi que le fonctionnement des Observatoires du Dividende Démographique ont pris en compte la dimension de la qualité du cadre de vie, en s’inspirant des travaux de chercheurs renommés. Par exemple, selon les travaux de Amartya Sen, économiste et philosophe indien, la qualité de vie est mesurée par la capacité des individus à fonctionner dans différents domaines de la vie. De même, les recherches de Richard Easterlin, économiste américain, ont mis en évidence l’importance du bien-être subjectif et de la satisfaction individuelle dans l’évaluation du cadre de vie.
Le présent rapport
s’articulera autour de quatre (04) grandes parties ci-après : i) la première partie relève la
situation du cadre de vie en Côte d’Ivoire ;
ii) la deuxième partie présente la
revue sélective de la littérature
en termes de sources éventuelles et de revues documentaires ;
l
a troisième partie est relative aux Concepts et méthodologie de l’IQCV
et la quatrième partie
,
 relative aux Résultats de l’IQCV de la Côte d’Ivoire
,
analyse et interprète les résultats en ouvrant une lucarne sur l’IQCV selon le genre
et les principales
recommandations.
2.1.
SITUATION DU CADRE DE VIE EN COTE D’IVOIRE
Le cadre de vie en Côte d’Ivoire varie en fonction de plusieurs facteurs tels que la zone, le niveau de développement économique, les infrastructures disponibles, etc. Dans l’ensemble, la Côte d’Ivoire offre un cadre de vie diversifié avec ses avantages et ses défis.
Les zones urbaines, notamment Abidjan, la plus grande ville du pays, offrent généralement un cadre de vie plus moderne et développé. On y trouve des quartiers résidentiels avec des maisons et des appartements confortables, des centres commerciaux, des restaurants, des hôpitaux, des écoles internationales, des parcs et d’autres infrastructures. La ville d’Abidjan est réputée pour sa vie nocturne animée et ses nombreux événements culturels.
Dans les zones rurales, le cadre de vie est souvent plus simple et axé sur la production agricole, qui est l’une des principales activités économiques du pays. Les villages sont souvent composés de maisons traditionnelles en argile ou en bois, et les habitants vivent généralement de l’agriculture de subsistance. Cependant, de nombreux efforts sont en cours pour améliorer les infrastructures dans les régions rurales, notamment en termes d’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux services de santé.
En ce qui concerne la qualité de vie, la Côte d’Ivoire a connu une croissance économique significative au cours des dernières années, ce qui a contribué à l’amélioration des conditions de vie pour de nombreux Ivoiriens. Cependant, des défis subsistent, tels que l’inégalité des revenus, le chômage, la pauvreté et l’accès limité à certains services de base dans certaines régions.
Il convient également de noter que la Côte d’Ivoire est un pays multiculturel avec une riche diversité ethnique, linguistique et religieuse. Cette diversité se reflète dans le cadre de vie, les traditions, la cuisine et les festivals du pays, ce qui contribue à la richesse de la vie quotidienne en Côte d’Ivoire.
S’agissant des reformes en matière de logement, plusieurs actions ont permis de mettre en place un cadre institutionnel plus propice au logement. Les plus importants sont : i) l’adoption de la Loi portant Code la construction et de l’Habitat, relatif au bail à usage d’habitation ; ii) la Copropriété et, iii) la mise en place de mécanisme et d’instruments de financement du logement social. De plus, pour améliorer l’environnement des affaires, le Gouvernement a pris des
mesures en vue de mieux réglementer le secteur de la construction et d’accélérer la délivrance du Permis de Construire.
Au niveau des projets et programmes de logement, l’Etat a mis en place à l’échelon national, un Programme dénommé Programme Présidentiel de construction de Logements Sociaux et Economiques (PPLSE) dont l’objectif visé portait sur la construction de 150 000 logements à l’horizon 2020. Ce programme a été lancé en 2012 pour répondre à la crise persistante que connait le secteur du logement en Côte d’Ivoire, caractérisée par un déficit cumulé de l’offre estimé à plus de 400 000 unités, avec un taux d’accroissement de 10 % chaque année. L’Etat a fait le choix de recourir, en plus de la Société de Construction et Gestion Immobilière (SICOGI), à des entreprises privées.
Toutes ces actions ont permis d’améliorer les performances des indicateurs d’appréciations du cadre de vie et de l’Habitat. Selon l’INS, la proportion des personnes vivants dans un logement décent est passée de 30% en 2008 à 33,92% en 2016 puis à 51,2% en 2018. Concernant la part des dépenses de logement dans les dépenses totales des ménages en Côte d’Ivoire, elle varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que le niveau de revenu, le lieu de résidence (urbain ou rural) et la taille du ménage. Les dépenses de logement représentent en moyenne environ 10% à 25% des dépenses totales des ménages en Côte d’Ivoire.
En matière d’engagement civique, la Côte d’Ivoire connait une situation politique et sociale stable depuis la fin des tensions liées à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Ces élections ont enregistré un taux de participation de 53,9%. Les législatives du 6 mars 2021 ont vu la participation de la quasi-totalité des formations de l’opposition.
Pour ce qui est de la participation citoyenne, la Côte d’Ivoire compte de nombreuses organisations de la société civile engagées dans divers domaines, tels que les droits de l’homme, l’éducation, la santé, l’environnement, l’autonomisation des femmes, etc. Ces organisations jouent un rôle essentiel dans la promotion de l’engagement civique en sensibilisant les citoyens, en plaidant pour des politiques publiques inclusives et en mobilisant les communautés. De nombreux ivoiriens s’engagent bénévolement dans des initiatives et des projets communautaires visant à améliorer les conditions de vie dans leurs régions. Cela peut inclure des actions telles que la construction d’écoles, la distribution de fournitures médicales, la protection de l’environnement.
La lutte contre la pollution de l’air en Côte d’Ivoire est une préoccupation croissante en raison des effets néfastes sur la santé publique et l’environnement. Pour ce faire, le Gouvernement a mené plusieurs actions sur la période 2016-2020. Il s’agissait de : i) renforcer le cadre institutionnel et réglementaire de l’environnement ; ii) sensibiliser les populations en matière
de protection de l’environnement ; iii) renforcer la préservation de la biodiversité ; iv) renforcer la lutte contre l’érosion côtière ; v) promouvoir les filières vertes. Ce Plan de développement était accompagné dans sa mise en œuvre par la Stratégie Nationale de Développement Durable 2016-2020 qui a permis d’adopter la Loi d’orientation sur le Développement Durable.
Plusieurs réformes sont en cours en matière de préservation de l’environnement, notamment l’actualisation depuis 2019 de la Loi portant code de l’environnement qui date de 1996.
En matière de politique des ressources forestières, le Gouvernement a adopté en 2019, la Loi n°2019-675 du 23 juillet 2019, portant code forestier. Relativement à la politique sectorielle en matière d’aires protégées, l’application des dispositions de cette loi a conduit au plan institutionnel, d’une part à la création de l’OIPR par le décret n°2002-359 du 24 juillet 2002 portant création, organisation et fonctionnement de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) pour assurer la gestion des aires protégées, et d’autre part à la création de la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire (FPRCI) pour leur financement durable.
Au niveau de la lutte contre les changements climatiques, en 2015, la Côte d’Ivoire s’est engagée, à travers ses premières Contributions Déterminées au niveau National (CDN) en prélude à la COP 21 de Paris, à réduire ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) de 28,25%, soit un abattement d’environ dix (10) millions de tonnes eq CO2 à l’horizon 2030 par rapport au scénario de référence de 2015. L’évaluation desdites CDN a révélé quelques insuffisances notamment la non prise en compte de la foresterie dans les estimations et le manque de dispositif de suivi-évaluation des performances au regard des engagements climatiques du pays. Ainsi, conformément aux exigences de l’Accord de Paris, l’Etat de Côte d’Ivoire a procédé à une révision de ses CDN en actualisant les efforts de réduction des GES ainsi que l’évaluation de sa vulnérabilité et des options d’adaptation face aux changements climatiques.
Le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) est un organisme en Côte d’Ivoire chargé de la réglementation et de la gestion des installations classées pour la protection de l’environnement. Son rôle principal est de veiller à ce que les installations industrielles, agricoles ou commerciales respectent les normes environnementales et de sécurité. Les actions menées par cet organisme concernent : i)
évaluation des activités des installations pour déterminer leur classement en fonction des risques potentiels pour l’environnement et la santé publique ; ii) délivrance d’une autorisation pour pouvoir exercer leurs activités, après une évaluation approfondie des impacts environnementaux et des mesures de prévention et de contrôle mises en place ; iii) sanction en cas de non-conformité aux réglementations ; iv) sensibilisation des entreprises et du public aux enjeux environnementaux liés aux installations classées ; v) inspections régulières pour s’assurer que les installations respectent les normes
environnementales. Le CIAPOL s’efforce chaque année de réaliser 25% d’inspections sur les 4000 installations classées. Le CIAPOL s’évertue à déconcentrer ses antennes à l’intérieur du Pays. Ainsi, il a ouvert une antenne à San-Pedro, Bouaké et l’antenne de Korhogo est en cours d’installation.
Pour l’actuelle stratégie national de développement en cours d’exécution, les interventions du Gouvernement en matière de préservation de l’environnement et de promotion du développement durable comportent quatre (4) principaux axes : i) le renforcement de la gouvernance, ii) la Lutte contre les changements climatiques et amélioration de la résilience des populations ; l’amélioration de gestion des ressources naturelles y compris la biodiversité, et iv) la promotion et sensibilisation à des modes de production, de distribution durable sont les axes d(intervention du gouvernement dans le cadre la nouvelle stratégie de développement de la Côte d’Ivoire qui s’étend de la période 2021-2025.
Selon le diagnostic du PND 2021-2025, la vision du Gouvernement est l’accès à l’eau potable à tous et à moindre coût sur tout le territoire national à travers le développement des infrastructures de qualité. A ce titre, le Gouvernement a subdivisé le secteur en charge de l’eau Potable en deux sous-secteurs à savoir : i) l’Hydraulique Rurale (HR) composée de l’Hydraulique villageoise (HV) et l’Hydraulique villageoise Améliorée (HVA), et de l’Hydraulique Urbaine (HU). Le bilan du Gouvernement en 2020 fait ressortir une production d’eau au niveau national de 263 568 Km3 pour une consommation de 191 125 km3. (PND 2021-2025)
En milieu rural, le besoin en Hydraulique Villageoise qui s’élevait à 27 421 points d’eau a été réduit grâce à la réalisation de 17 503 ouvrages HV.
En matière de sécurité et de protection civile, la vision du Gouvernement était de renforcer la confiance entre la Police et la Population à travers une police de proximité, et de rapprocher le secours des populations par le déploiement des pompiers dans les régions et districts du pays. De ce fait, la situation sécuritaire du pays s’est améliorée entre 2016 et 2020 du fait de la baisse de l’indice de criminalité de la Côte d’Ivoire affichant 1,9 en 2019. (PND 2021-2025).
En dépit de ces avancées, il est constaté et la circulation des armes légères et de petits calibres dues : i) l’absence d’un cadre juridique limitant les actions de comNAt-ALPC ; ii) l’insuffisance des mesures d’accompagnant des déposants d’arme ; iii) la faible représentation au niveau local de la Commission national de lutte contre la prolifération des Armes légères et de petit calibre et à la porosité des frontières.
La loi de programmation des forces et défenses en accord avec le Plan National de développement avait prévu le recrutement de 2 249 policiers par an de 2016 à 2020 afin de
ramener le ratio d’un policier pour 680 habitants à un policier pour 400 habitants. A cause de l’insuffisance de capacité d’accueil de l’Ecole de police qui est largement dépassé car prévue pour 400 personnes, ce ratio n’a pu être atteint en 2020.
2.2.
REVUE SELECTIVE DE LA LITTERATURE
L’expression « Cadre de vie » représente un ensemble d’éléments matériels et immatériels permettant d’accroître le confort, de diminuer la pénibilité des tâches, de réduire les risques pour la santé, de

favoriser la convivialité, etc. Ribeyre (2005). Pour Jeanneaux (2006), le cadre de vie est un bien

collectif mixte sous l’influence des pouvoirs publics. En accord avec Colletis et Pecqueur (1995),

qui expliquent que le cadre de vie est constitué de biens environnementaux localisés tels que des

actifs et des ressources, Jeanneaux (2006), ajoute que le cadre de vie est composé des infrastructures informationnelle et matérielle. Donc l’infrastructure matérielle est, selon lui, composée de biens

économiques privés, de biens collectifs généralement fournis par la puissance publique locale et

d’actifs naturels. L’infrastructure informationnelle consiste, quant à elle, à l’ensemble des règles qui s’appliquent sur les biens supports et régissent leurs usages.
Les chercheurs en sciences sociales, en particulier en économie, ont cherché des mesures alternatives du bien-être en raison des limites des variables matérielles traditionnelles telles que le PIB/tête et la distribution des revenus.
L’OCDE a lancé l’initiative « Vivre Mieux » pour améliorer les mesures du bien-être subjectif et de la qualité de vie, qui a abouti à l’indice « Better Life Index » basé sur onze domaines.
(Martine Durand, 2011).
L’initiative de l’OCDE s’est inspirée du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi
(2009).
, qui souligne l’importance des facteurs objectifs et subjectifs dans la qualité de vie.
Le cadre de vie
est un concept complexe avec différentes dimensions telles que la sécurité, les pollutions, les espaces verts, l’emploi, etc. Les chercheurs ont proposé différentes définitions et indicateurs pour appréhender le cadre de vie.
Kouamé N’guessan (1983), par exemple,

traite de la préoccupation croissante de l’homme pour la qualité de vie et se concentre sur deux niveaux importants : le cadre de vie général dans lequel évolue une population et le cadre de vie individuel lié au logement. Il soulève la question de la qualité de vie en relation avec le logement, en soulignant que seules les personnes aisées peuvent se permettre de choisir un habitat répondant à leurs besoins et à leurs rêves, ainsi qu’un environnement non pollué et exempt de nuisances. Cependant, pour la majorité de la population, la qualité de vie peut sembler hors de leur portée, notamment en ce qui concerne les logements économiques destinés aux revenus faibles. L’auteur évoque plus largement la question de savoir si Abidjan, une ville en croissance qui échappe aux planificateurs, est capable d’offrir un cadre de vie de qualité à ses habitants
.
Les conditions de logement
ont un lien étroit avec le bien-être des individus. Certains travaux se sont concentrés sur l’amélioration des conditions de logement dans les pays en développement et ont souligné l’importance des transferts de fonds des migrants.
Denis Ekani (2023),

a consacré ses recherches aux problématiques liées à l’habitat informel, à l’accès au logement décent et aux politiques publiques en matière de logement. Ses études mettent en évidence les défis socio-économiques auxquels sont confrontés les habitants en matière de logement, ainsi que les inégalités qui en découlent.
Les réseaux sociaux bien établis peuvent favoriser la confiance, la tolérance, les échanges d’informations et l’action collective. Les contacts sociaux sont considérés comme une ressource pouvant influencer la qualité de vie. Pour le collège de France, (2023)
,
la construction et l’évolution des liens sociaux sont des éléments cruciaux pour comprendre la société. Les liens sociaux sont la base des relations sociales et de l’intégration des individus dans la société. Ils sont également liés aux mécanismes de régulation sociale. Cependant, il est important de noter
qu’un désintéressement ou une rupture de ces liens peut affaiblir la cohésion sociale, tout comme des liens trop contraignants peuvent empêcher l’autonomie individuelle.
Il est donc nécessaire de comprendre comment les liens sociaux sont formés et comment ils évoluent. Par exemple, l’individualisme excessif ou des inégalités sociales peuvent conduire à l’indifférence envers les autres et miner la solidarité sociale. La sociologie a étudié ces questions lorsqu’elle s’est interrogée sur la solidarité sociale face à l’individualisme croissant.
La pollution atmosphérique a un impact majeur dans les grandes villes industrielles, causant des problèmes de santé, de visibilité et de détérioration des biens. Alors que les niveaux de vie augmentent, la pollution est perçue comme une menace pour la qualité de vie.
Certains travaux ont examiné les problèmes de pollution environnementale en Côte d’Ivoire, notamment la dégradation de l’espace publics, les nuisances sonores
,
SY Oumar, CISSOKHO Dramane, NDIAYE Lat., (2022) décrivent la détérioration des espaces publics de la capitale économique ivoirienne malgré les efforts d’aménagement urbain entrepris par les autorités. L’objectif de l’étude est d’analyser les problèmes environnementaux causés par l’implantation des activités économiques informelles dans ces espaces publics. Pour mener cette étude, les chercheurs ont effectué des recherches documentaires, réalisé des observations sur le terrain et élaboré deux questionnaires, l’un destiné aux acteurs des activités économiques informelles et l’autre aux ménages du quartier. Grâce à l’utilisation d’un GPS, ils ont pu cartographier ces activités et localiser les problèmes environnementaux associés. Les résultats de l’étude mettent en évidence que les difficultés économiques et sociales, ainsi que le manque de régulation des autorités, favorisent l’occupation de l’espace public par les activités économiques informelles. Les conséquences de ces activités sur la qualité du cadre de vie comprennent la multiplication des dépôts sauvages d’ordures, le mauvais fonctionnement des infrastructures routières, la disparition des espaces verts et des aires de jeux, ainsi que l’émergence de diverses formes de nuisances et de pollutions. L’étude souligne les problèmes environnementaux engendrés par l’implantation des activités économiques informelles dans les espaces publics de la capitale économique ivoirienne. Elle met en évidence les facteurs qui favorisent cette occupation, ainsi que les conséquences néfastes sur la qualité du cadre de vie, notamment en termes de dégradation environnementale et de perturbation des infrastructures et des espaces de loisirs.
TAPE BIDI Jean (2000) explique la question de la gestion de l’eau en Côte d’Ivoire, un pays situé dans la zone tropicale de l’Afrique de l’Ouest. Grâce à des politiques gouvernementales adéquates, l’eau destinée à la consommation humaine et animale, ainsi qu’à l’irrigation, est disponible et distribuée à travers le pays. Cependant, une politique de l’eau à long terme est nécessaire pour protéger l’environnement contre la pollution et assurer une gestion plus rationnelle des ressources en eau. L’accent est mis sur la nécessité d’une coordination avec les pays voisins en matière de politiques de l’eau, car la Côte d’Ivoire dépend en partie de l’eau provenant de ces pays.
KONAN Léandre, LOBA Akou Don Franck Valery, GUEDE Cataud Marius, BOSSON Eby Joseph et YAPI Apollinaire, (2021) ont analysé l’état de la pollution atmosphérique dans le quartier d’Arras IV à Abidjan. Des prélèvements ont été effectués de jour et de nuit, mesurant les niveaux de particules fines et de gaz polluants. Les résultats montrent une pollution de l’atmosphère, avec une présence plus importante de gaz polluants la nuit en raison des activités informelles utilisant du charbon de bois. Les particules fines sont plus présentes en journée. Cette étude utilise également une méthodologie basée sur un SIG pour analyser les données géolocalisées.
Les activités contemporaines peuvent entraîner un déséquilibre entre le travail professionnel et la vie privée, ce qui peut affecter le bien-être des individus. Certains travaux ont souligné les difficultés de concilier vie professionnelle et vie privée, en particulier pour les parents.
Selon l’OCDE (2009) le temps de loisirs est un aspect essentiel de la qualité de vie des individus, et de nombreuses recherches ont été menées pour évaluer son importance et comparer les niveaux de vie à l’échelle internationale. Les données sur l’utilisation du temps provenant d’enquêtes nationales et internationales ont été utilisées pour mesurer le temps consacré aux différentes activités. La recherche portant sur « Temps de loisirs » révèle que selon les indicateurs présentés, en moyenne, les personnes de 15 ans et plus consacrent environ 25% de leur journée aux loisirs, 43% aux activités physiologiques, 17% au travail rémunéré ou à la formation, et 15% au travail non rémunéré. Les pays européens, en particulier l’Allemagne et la Belgique, consacrent généralement plus de temps aux loisirs, tandis que le Mexique y consacre le moins de temps. Il existe une disparité entre les sexes en ce qui concerne le temps de loisir, les hommes y consacrant autant, voire plus de temps que les femmes. Cela reflète la "double contrainte" auxquelles les femmes font face lorsqu’elles doivent concilier travail rémunéré et non rémunéré. Cette inégalité est plus marquée en Italie, au Mexique et en Pologne, tandis qu’elle est inexistante dans des pays comme le Canada et la Nouvelle-Zélande.
Le temps de loisir varie également en fonction de l’âge. Il diminue pendant la transition de la jeunesse à l’âge adulte, puis augmente chez les personnes d’âge intermédiaire et surtout chez les personnes âgées. Regarder la télévision et écouter la radio à domicile sont les loisirs les plus courants, notamment au Mexique et au Japon, représentant environ 50% du temps de loisir. D’autres activités de loisirs, telles que les passe-temps, les siestes, la navigation sur Internet et les conversations téléphoniques, arrivent en deuxième position, suivies de près par les visites et réceptions entre amis, les sorties culturelles et les activités sportives.
En résumé, le temps de loisirs occupe une part importante de la journée des individus, et son importance varie d’un pays à l’autre. Les différences de genre et d’âge influencent également la répartition du temps de loisir et les activités choisies.
Les institutions et leur mode de gouvernance jouent un rôle important dans le bien-être individuel des populations. Les chefs religieux musulmans au Sénégal ont également été étudiés pour leur influence sur la participation politique.
Pour YOUNG Lisa, au cours des trois dernières décennies, les Canadiens ont montré un désenchantement croissant à l’égard de la qualité de la vie démocratique dans leur pays. Les sondages d’opinion révèlent une insatisfaction envers la démocratie, un mécontentement envers la représentation politique et un soutien croissant à la démocratie directe. Les événements des années 1990, tels que le rejet de l’accord de Charlottetown lors d’un référendum national et l’émergence de partis régionaux, ont illustré le manque de soutien envers la politique traditionnelle. Cette insatisfaction et ce mécontentement sont des phénomènes complexes qui peuvent être attribués à des facteurs tels que la faiblesse des institutions et les changements sociaux et de valeurs dans la société canadienne.
DUBOIS (2018) relève que la participation électorale est une préoccupation majeure dans les démocraties occidentales. Au Québec et au Canada, les taux de participation aux élections générales ont connu un déclin depuis les années 1980, bien que les Québécois participent davantage aux élections fédérales. Ce rapport de recherche vise à comprendre les causes de la participation électorale et de l’abstentionnisme aux élections québécoises. Il complète les travaux antérieurs en examinant le phénomène de manière quantitative, en se basant sur des analyses antérieures sur les jeunes et en mettant en perspective les résultats de l’élection de 2008 avec ceux d’une enquête menée en 2018.
La participation électorale en Côte d’Ivoire varie d’une élection à l’autre. Le pays a connu plusieurs élections majeures au cours des dernières décennies, notamment les élections présidentielles et législatives. La participation électorale peut être influencée par différents facteurs tels que l’intérêt des citoyens pour le processus démocratique, la confiance dans les institutions électorales, l’environnement politique et social, ainsi que les conditions de sécurité.
Il est important de noter que la Côte d’Ivoire a traversé une période de crise politique et de violences post-électorales entre 2010 et 2011. Ces événements ont pu affecter la participation électorale à certaines élections. Cependant, le pays a également connu des élections où la participation a été relativement élevée, témoignant de l’engagement des citoyens envers le processus démocratique.
Plusieurs études sur le bien-être subjectif ont souligné la stabilité temporelle de ce phénomène et ont mis en évidence le rôle central de certaines dimensions de la personnalité, telles que le névrosisme et l’extraversion, qui ont été largement négligées dans les recherches sur le stress. L’intégration de ces dimensions de personnalité s’est révélée essentielle pour comprendre la stabilité temporelle et le bien-être subjectif lui-même. D’autres dimensions de la personnalité, telles que la conscienciosité, l’agrément et l’ouverture, commencent également à être prises en compte dans certaines études, mais nécessitent encore une exploration approfondie.
ROLLAND J.P (2000),

souligne l’importance d’intégrer les dimensions positives et négatives du bien-être subjectif dans la recherche sur les réactions aux situations problématiques. En examinant ces deux aspects, les chercheurs ont identifié l’existence de deux "filières" indépendantes, comprenant des dimensions telles que la personnalité, les émotions, les événements de vie, les styles d’adaptation, la satisfaction, l’ajustement et la détresse psychologique. Les conséquences de ces résultats pour les interventions individuelles et organisationnelles sont importantes. Il est suggéré que l’action visant à atténuer les résultats négatifs de l’ajustement aux situations problématiques nécessite la prise en compte de variables et de mécanismes spécifiques,

tandis que l’action visant à promouvoir les résultats positifs passe par d’autres variables et mécanismes.
Horia Kebabza (2004) dans les logiques de genre dans les quartiers impopulaires aborde les violences, l’insécurité et le genre, en se concentrant sur les jeunes filles des quartiers populaires. L’auteure soutient que les différentes formes de violence auxquelles ces filles sont confrontées découlent de leur émancipation croissante dans la sphère privée et publique, ce qui les expose à davantage de risques. Le sentiment d’insécurité qu’elles ressentent est considéré comme le résultat de la domination masculine. Les violences ne se limitent pas aux situations familiales, mais se manifestent également dans l’espace public, où les interactions entre les filles et les garçons peuvent parfois être violentes.
En conséquence, les filles qui s’aventurent dans cet espace public, perçu comme masculin et approprié par les garçons, doivent se soumettre à des règles plus strictes. Pénétrer et circuler dans cet espace suppose une acceptation des normes qui se traduisent par un contrôle et une appropriation des filles, en raison de l’association de la virilité à l’occupation de la rue. Il existe une dichotomie classique en termes de rapports sociaux de sexe entre un "homme public" et une "femme publique", où évoluer dans l’espace public est valorisant pour les hommes et dégradant pour les femmes. Les filles qui osent s’y aventurer acceptent donc tous les risques et sont souvent blâmées en cas de violences subies.
La forme extrême de violence évoquée est le viol collectif, souvent banalisé sous le terme de "tournante". Ce processus n’est pas réductible à une simple définition de viol collectif ou de viol en réunion, car il s’agit d’un dispositif spatio-temporel d’appropriation sexuelle de certaines femmes par un groupe d’hommes. Les récits de "tournantes" contribuent à la fois à la réalité et à la symbolique du viol collectif, en structurant les représentations collectives attachées aux filles, qu’il y ait de nombreux cas de viols ou non dans un quartier. Il est donc crucial d’analyser cette déformation et la contribution de la population des quartiers à la production et à la reproduction des différences de genre et des inégalités qui en découlent.
L’auteure souligne également que les représentations des jeunes des quartiers, confrontés à la crise économique, au chômage et à la précarité, sont marquées par leurs difficultés d’insertion. Ces représentations ont influencé les politiques publiques axées sur la prévention et la
répression, en considérant cette population de jeunes comme "à risques" et perçue sous l’angle des déficits.
En résumé, le texte examine les violences et l’insécurité vécues par les jeunes filles des quartiers populaires, en mettant en évidence les aspects de genre, de domination masculine et de contrôle de l’espace public. Il souligne également l’importance d’analyser les représentations sociales et les politiques publiques qui influencent la perception et la réalité de ces situations.
S
omme
toute,
cette revue sélective de la littérature souligne l'importance du cadre de vie dans la qualité de vie des individus et met en évidence les multiples dimensions qui le composent. Elle met également en évidence des problématiques telles que la pollution environnementale, la conciliation travail-vie privée et la satisfaction démocratique, qui nécessitent une attention particulière pour améliorer le bien-être des populations.
2.3.
CONCEPTS ET METHODOLOGIE DE L’IQCV
3.3.1. Concepts
3.3.1.1. Conditions de logement
Le logement est essentiel pour satisfaire les besoins élémentaires, mais, ne se résume pas à la possession des quatre murs et d’un toit. Les conditions de logement sont ici appréhendées par le nombre de pièces par personne, l’accès aux équipements sanitaires, principalement les toilettes et le coût du logement (CREFAT, 2018).
3.3.1.2. Liens sociaux
Le lien social se définit comme l’ensemble des liens culturels, sociaux, économiques et politiques qui relient les individus dans leur vie quotidienne au sein de groupes divers et qui assurent l’intégration sociale tant du point de vue individuel que celui de la société globale. La qualité du réseau social est l’indicateur permettant de mesurer le lien social. Il est exprimé par la proportion d’individus ayant des proches ou amis sur lesquels ils peuvent compter en cas de besoin. (CREFAT, 2018).
3.3.1.3. Environnement

L’environnement se définit comme l’ensemble des facteurs biologiques, chimiques et physiques interagissant avec l’homme et ses activités (Stockholm, 1972). Dans le cadre de la qualité du cadre de vie, l’environnement est caractérisé par deux indicateurs qui sont la qualité de l’eau et la pression atmosphérique. Le premier indicateur se définit comme le pourcentage d’individu satisfait de la qualité de leur eau et le second comme la concentration moyenne annuelle en microgramme par mètre-cube de particules fines dans les quartiers résidentiels (CREFAT, 2018).
3.3.1.4. Engagement civique et gouvernance

L’engagement civique et la bonne gouvernance sont des éléments clés dans l’atteinte des ODD. La participation des parties prenantes à l’élaboration de règlementations et celle électorale sont des indicateurs permettant d’apprécier l’engagement civique et la gouvernance. La participation des parties prenantes mesure le degré de transparence du gouvernement lors des processus d’élaboration des règlements. Quant à l’indicateur de la
participation électorale, il est le pourcentage d’inscrit sur les listes électorales ayant voté lors de l’élection la plus récente.
3.3.1.5. Bien-être subjectif

Dans l’évaluation de la qualité du cadre de vie, la mesure de sentiments bien que subjective est un complément idéal aux données objectives pour avoir une image fidèle à la situation réelle. Les données subjectives peuvent fournir une évaluation personnelle de l’état de santé, du niveau d’instruction, des revenus, du degré de bien-être et de la situation sociale des personnes concernées. La satisfaction à l’égard de la vie est l’indicateur qui permet de mesurer le bien être subjectif. Cet indicateur est le jugement global que les individus portent sur leur vie, plutôt que leurs sentiments du moment.
3.3.1.6. Sécurité

La sécurité est un état où les dangers et les conditions pouvant provoquer des dommages d’ordre physique, psychologique ou matériel sont contrôlés de manière à préserver la santé et le bien-être des individus et de la communauté. Les indicateurs de mesure de la sécurité sont le sentiment de sécurité des personnes lorsqu’elles marchent seules la nuit et le taux d’homicides. L’indicateur sentiment de sécurité des personnes lorsqu’elles marchent seules la nuit est le pourcentage des personnes qui déclarent se sentir en sécurité lorsqu’elles marchent seules la nuit. Quant aux taux d’homicides, il est le nombre annuel d’homicides volontaire pour 100 000 individus.
3.3.1.7. Equilibre vie professionnelle-vie privée

Le temps consacré aux loisirs et à soi et les horaires de travail lourds sont des indicateurs pour mesurer l’équilibre vie professionnelle- vie privée. Le temps consacré aux loisirs et à soi est le nombre moyen de minutes par jour consacré aux loisirs et aux préoccupations personnelles telles que dormir et manger. Les horaires de travail lourds sont le pourcentage d’employés travaillant au moins cinquante (50) heures par semaine en moyenne.
3.3.2. Méthodes de calcul de l’IQCV
La qualité du cadre de vie sera appréhendée par une enquête légère dans les capitales régionales/départementales. Cette méthode est dérivée de l’indice « Better Life Index de l’OCDE ». L’IQCV est obtenu en faisant la moyenne pondérée des indices normalisés des sous-dimensions.
3.3.2.1. Le « Better Life Index »

L’indicateur du vivre mieux, en anglais : Better Life Index, est un indicateur économique créé par l’OCDE en 2011, afin que les individus puissent comparer les pays selon leurs propres préférences au moyen de 11 thèmes (voir figure 3-1) considérés comme essentiels au bien-être.
Figure 3-1 : Cadre d’évaluation du bien-être et du progrès de l’OCDE
Source: OCDE, 2013
L’indicateur du vivre mieux s’inscrit dans le cadre du programme de l’OCDE « The Better Life Initiative » (l’Initiative du vivre mieux), lancé en mai 2011. Cette initiative s’appuie sur le rapport de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure de la performance économique et du progrès social.
Les onze critères du bien-être utilisés dans cet indicateur ont été choisis en tenant compte de la théorie comme de la pratique, et après consultation sur la meilleure façon de mesurer le bien-être à des fins de comparaison.
Mesurer le bien-être et le progrès est un des principaux objectifs que poursuit l’OCDE dans le cadre de l’Initiative du vivre mieux à travers différents axes de recherche et autres études en cours (OCDE). Afin que les mesures du bien-être aient un réel impact sur la vie des gens, elles doivent être intégrées
,
selon
l’organisation, au processus d’élaboration des politiques. Combler le fossé entre les mesures
du
bien
-être et l’intervention politique est ainsi un défi. Sur la base du cadre d’évaluation du bien-être et du progrès de l’OCDE, l’organisation fait avancer ces problématiques au moyen de différents travaux d’analyse.
L’agenda sur la mesure du bien-être nécessite des mesures statistiques nouvelles et de meilleure qualité pour combler le vide existant entre les statistiques économiques classiques parfois utilisées comme indicateurs indirects à la mesure du bien-être des personnes, et les indicateurs qui se rapportent plus directement à la vie des individus. L’OCDE a élaboré un certain nombre de lignes directrices et de cadres conceptuels pour aider ceux qui souhaitent développer de meilleures mesures du bien-être et font avancer l’agenda de la mesure du bien-être avec divers travaux.
Les pondérations sont attribuées par les utilisateurs qui construisent et adaptent leur propre indicateur. Pour ce faire, l’utilisateur doit noter chaque critère de 0 (« pas important ») à 5 (« très important ») et définir la pondération comme fraction de ce critère de sorte que la somme de toutes les pondérations soit égale à 100%.
Chaque critère du bien-être est mesuré à partir d’un à quatre indicateurs. À l’intérieur de chaque critère, on calcule la moyenne des indicateurs utilisés avec la même pondération.
La normalisation se fait à partir d’une formule classique qui permet de convertir les valeurs d’origine des indicateurs en nombres compris entre 0 (le pire résultat possible) et 1 (le meilleur résultat possible).
3.3.2.2. La qualité du cadre de vie dans le cas de l’observatoire du DD
La mesure de la qualité du cadre de vie dans notre cas s’appuie sur sept des onze thèmes constituant l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE. Les quatre autres non retenus sont pris en compte dans d’autres dimensions, notamment les profils NTA (revenu et patrimoine, emploi et salaires) et l’indice du capital humain (santé, éducation).
L’indicateur est ainsi conçu autour des sept champs suivants (i) Conditions de logement ; (ii) Liens sociaux ; (iii) Environnement ; (iv) Engagement civique et gouvernance ; (v) Bien-être subjectif ; (vi) Sécurité (vi) Equilibre vie professionnelle – vie privée.
Chaque champ est appréhendé par un ou plusieurs indicateurs permettant la comparaison internationale, régionale ou départementale. Il s’agira de fournir une note correspondant à l’indicateur sous-dimensionnel permettant d’appréhender le niveau de qualité atteint dans chaque sous-dimension. L’indicateur synthétique de qualité du cadre de vie est obtenu par agrégation des indicateurs sous-dimensionnels. Ces résultats sont présentés au niveau national pour appréhender le niveau de qualité du cadre de vie ; mais sont également présentés au niveau régional afin de cerner les disparités spatiales en termes de qualité du cadre de vie.
2.4.
RESULTATS ET ANALYSES
La qualité du cadre de vie d’une société est un indicateur essentiel pour évaluer le bien-être et le développement de ses citoyens. En Côte d’Ivoire, l’Indice de Qualité de la Vie (IQCV) permet de mesurer différents aspects qui contribuent à la satisfaction et à l’épanouissement des individus. Cet indice tient compte de diverses dimensions telles que la sécurité, les liens sociaux, l’engagement civique, l’éducation, la santé, l’emploi et le niveau de vie. En analysant les résultats de l’IQCV, nous mettrons en évidence les défis auxquels la société ivoirienne est confrontée dans ces domaines et proposerons des recommandations pour améliorer la cohésion.
Cette section présente les résultats obtenus à partir de la méthodologie décrite précédemment concernant la qualité du cadre de vie en Côte d’Ivoire, ainsi que leurs interprétations.
3.4.1 RÉSULTATS DE L’IQCV AU NIVEAU NATIONAL
Le graphique ci-dessous présente le résultat de l’indice de la qualité du cadre de vie (IQCV) de la Côte d’Ivoire pour l’année 2019.
Au niveau national, l’IQCV observé est de 54,2%, cela signifie qu’en termes de cadre de vie, la qualité est moyennement satisfaisante en Côte d’Ivoire en 2019.
Parmis les sept (07) sous-dimensions composant cet indicateur, cinq (05) ont un niveau moyennement satisfaisant (une valeur d’au moins 50%). Il s’agit des indices de la sécurité (59,9%), de l’équilibre travail-vie privée (66,3%), du Bien-être subjectif (50,2%), du logement (62%,0) et l’Environnement (58,9%)
Cependant, les indices relatifs aux liens sociaux et à l’engagement civique détériorent le niveau atteint en termes de qualité de cadre de vie avec respectivement des notes de 30,7% et 45,5%.
Graphique 3.1: IQCV de la Côte d’Ivoire en 2019

Source
:

Les liens sociaux jouent un rôle important dans notre vie quotidienne. Ils nous permettent de partager des expériences, des émotions, des idées et des valeurs avec les autres. Ils contribuent à notre sentiment d’appartenance et de connexion avec les autres membres de la société. Les liens sociaux peuvent également fournir un soutien émotionnel, pratique et matériel dans les moments difficiles.
La valeur faible de l’indice des liens sociaux traduit ainsi l’effritement du tissu social. Autrement dit, la détérioration progressive des liens sociaux, des valeurs communes et de la cohésion au sein de la société qui peut se manifester de différentes manières et peut résulter de divers facteurs. Cela pourrait s’expliquer par l’individualisme, et la méfiance à l’égard du voisinage et des communautés et les clivages politiques.
Il est important de noter que la Côte d’Ivoire a connu des périodes de tensions politiques et de conflits ethniques qui ont eu un impact négatif sur le tissu social du pays. Les événements tels que la crise politico-militaire de 2010-2011 et les conflits antérieurs ont pu contribuer à des divisions au sein de la société ivoirienne. Ainsi, la solidarité, la cohésion, l’entraide et le soutien mutuel semblent être compromis au point où il devient difficile de bénéficier d’aide ou de soutien en cas de besoin.
Quant à l’engagement civique qui est capté par le taux de participation aux élections et la participation des parties prenantes à l’élaboration des règlementations. Le niveau de l’indice laisse entendre le manque confiance des populations à l’égard des Institutions, les promesses électorales non tenues, la violence autour des différentes élections.
3.4.2 EVOLUTION DE L’IQCV ENTRE 2015 ET 2019
Le graphique ci-après qui présente l’évolution de l’IQCV entre 2014 et 2019 met en exergue les sous-dimensions de l’IQCV, au cours de la même période.
Au niveau national, entre 2015 et 2019, l’IQCV a baissé passant de 59% à 54,2% ; soit une chute de 5 points de pourcentage. Cela traduit une baisse de la qualité du cadre de vie entre ces deux périodes.
En dehors de l’environnement et de l’engagement civique qui se sont légèrement améliorés, dans toutes les autres sous-dimensions, les indices ont connu une baisse. Ces baisses sont plus remarquables au niveau de l’équilibre travail-vie privée et surtout des liens sociaux où les indices ont chuté respectivement de 13,5% et de 18,9%, entre 2015 et 2019
.
Graphique 3.2: Comparaison de l’IQCV de la Côte d’Ivoire entre 2015 et 2019
Source :
La Côte d’Ivoire fait face à des problèmes persistants de pauvreté et de manque de ressources. De nombreux citoyens vivent dans des conditions précaires, avec un accès limité aux services de base tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. Cette réalité socio-économique a un impact direct sur la qualité de vie des populations.
Un autre défi majeur est le niveau relativement bas des salaires moyens dans l’économie ivoirienne. Malgré la croissance économique que le pays a connue au cours des dernières années, la répartition des revenus reste inégale, avec une grande partie de la population touchée par la faiblesse des revenus. Cela limite les opportunités économiques et entrave l’amélioration des conditions de vie pour de nombreux Ivoiriens.
En outre, la cherté de la vie constitue un fardeau supplémentaire pour les citoyens ivoiriens. Les prix élevés des biens de consommation de base, tels que les denrées alimentaires et les produits de première nécessité, rendent la vie quotidienne de plus en plus difficile pour de nombreuses familles. Cette situation renforce les difficultés économiques auxquelles la population est confrontée.
3.4.3 IQCV SELON LE GENRE
Selon le genre, l’IQCV ne montre pas de disparités significatives entre femmes (54,8%) et hommes (53,8%). Le même constat se dégage au niveau de chaque sous-dimension hormis les liens sociaux où l’indice des femmes (35,0%) est meilleur que celui des hommes (26,8%).
Lorsqu’il s’agit des liens sociaux, on observe que les femmes sont généralement plus sociables, filiales et présentes au sein des associations. Elles ont tendance à entretenir davantage de relations sociales, à participer activement à la vie communautaire et à développer des réseaux
sociaux solides. Cette propension à l’interaction sociale peut contribuer à un meilleur indice dans cette dimension de l’IQCV.
En revanche, les hommes tendent à être plus méfiants et socialement distants. Ils peuvent être moins enclins à s’engager dans des relations sociales étroites ou à participer activement à des activités associatives. Cette attitude plus réservée peut se refléter dans l’indice des hommes en ce qui concerne les liens sociaux.
Il est important de noter que ces observations ne sont pas généralisées à toutes les femmes et à tous les hommes, car il existe une grande diversité de comportements et d’attitudes au sein de chaque genre. Les différences constatées peuvent être influencées par des facteurs culturels, des rôles de genre prédominants, des attentes sociales et d’autres variables complexes qui varient d’une personne à l’autre.
Graphique 3.3: IQCV de la Côte d’Ivoire selon le genre en 2019
Source:
3.4.4 IQCV PAR DISTRICT
Ce tableau présente l'Indice de Qualité de la Vie en Côte d'Ivoire (IQCV) par District autonome, classant les districts en fonction de leur niveau de qualité de cadre de vie. Les résultats montrent que parmi les quatorze (14) districts, huit (08) dépassent le niveau national en termes d'IQCV. Les Lagunes occupent la première position avec un indice de 58,7%, suivies des Savanes avec 58,5% et du District de Yamoussoukro avec 57,5%.
Le District d'Abidjan se classe quant à lui en cinquième position avec un indice de 56,8%.
Tableau 3.
SEQ Tableau \* ARABIC 1
:
Classement des Districts Autonomes de la Côte d'Ivoire selon leur IQCV
DISTRICTS
IQCV
RANG
Lagunes
58,70%
1
Savanes
58,50%
2
Yamoussoukro
57,50%
3
Denguelé
57,00%
4
Abidjan
56,80%
5
Lacs
56,10%
6
Vallee du Bandama
56,10%
7
Woroba
54,40%
8
Côte d’Ivoire
54,20%
 
Zanzan
53,20%
9
Comoé
52,00%
10
Sassandra-Maraohoué
51,80%
11
Goh-Djiboua
51,60%
12
Bas-Sassandra
51,50%
13
Montagnes
50,00%
14
Source:
Ces données indiquent que les districts des Lagunes, des Savanes, de Yamoussoukro et d'Abidjan ont généralement des niveaux de qualité de vie plus élevés par rapport au niveau national. Cela peut être dû à divers facteurs tels que les infrastructures, les services publics, les opportunités économiques, les services de santé et d'éducation, ainsi que d'autres dimensions qui contribuent à la qualité de vie.
Il convient de noter que ces chiffres ne reflètent pas nécessairement l'ensemble des conditions de vie dans chaque district, mais fournissent une mesure comparative de la qualité de vie relative entre les districts autonomes de la Côte d'Ivoire.
Le tableau indique également que six (06) districts ont des niveaux de cadre de vie inférieurs à celui du niveau national malgré leur niveau moyennement satisfaisant en qualité de cadre de vie. Les Montagnes se retrouvent en dernière position avec un indice de 50,0%, suivi de Bas Sassandra avec 51,5% et de Gôh-Djiboua avec 51,6%.
Ces données révèlent que ces districts rencontrent des défis particuliers en termes de qualité de vie, qui peuvent être liés à des disparités dans les infrastructures, les services publics, les opportunités économiques, l'accès à l'éducation et à la santé, ainsi qu'à d'autres aspects essentiels du bien-être.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
L’Indice de Qualité du Cadre de Vie (IQCV) fait partie des dimensions fondamentale du DDMI, indicateur de suivi du Dividende Démographique. Dans le cadre l’Observatoire National du Dividende Démographique (ONDD) de la Côte d’Ivoire, cet indicateur est calibré et suivi régulièrement selon la disponibilité des données.
L’IQCV de la
Côte d’Ivoire, comme des autres pays SWEDD et non SWEDD, est
composé de sept (07) sous dimensions essentielles ayant servi d’études et d’analyses. Il s’agit notamment de : (i) Conditions de logement ; (ii) Liens sociaux ; (iii) Environnement ; (iv) Engagement
civique et gouvernance ; (v) Bien-être subjectif ; (vi) Sécurité et (vii) Equilibre vie professionnelle-vie privée.
L’Indice de la Qualité du Cadre de Vie 2019 de la Côte d’Ivoire donne un résultat moyennement satisfaisant au vu du taux de 54, 2% même si une baisse a été observée entre 2015 et 2019 et des efforts sont plus qu’attendus dans la particitpation citoyenne et surtout sur le réseau social.
Selon le genre
, bien que l’Indice de Qualité de la Vie en Côte d’Ivoire ne montre pas de disparités significatives entre les femmes et les hommes dans l’ensemble, il met en évidence une différence notable en ce qui concerne les liens sociaux, où les femmes ont un indice supérieur due aux différences de comportements et d’attitudes sociales, avec les femmes montrant une plus grande propension à être sociables et à s’engager dans des relations sociales, tandis que les hommes peuvent être plus méfiants et socialement distants.
Par ailleurs, une attention particulière des autorités demeure importante afin de mieux cerner les besoins de la population. En définitive, toutes ces sous-dimensions qui ont été retenues dans le cadre de cette étude feront l’objet de suivi pour mieux appréhender les difficultés relatives au concept de la qualité de vie. Cela répondra donc à une prise en charge efficace des autorités quant aux besoins des populations en termes de l’amélioration de la qualité de leur cadre de vie.
A la suite de l’analyse de cet indice, il convient de formuler quelques recommandations à l’endroit des autorités en vue de l’implémentation des politiques visant l’amélioration du cadre de vie en Côte d’Ivoire pour une meilleure capture du Dividende Démographique.
Il s’agit de miser sur :
L’amélioration des rapports entre populations, des communautés, en toute la solidarité, le civisme au sein des ménages ou populations 
;
La poursuite du processus de
réconciliation des populations
;
Le r
enforce
ment

d
es liens sociaux
par la mis
e en place de programmes visant à promouvoir les relations sociales, la solidarité et la confiance au sein des communautés. Encourager la participation aux activités associatives, promouvoir le dialogue intergénérationnel et renforcer les réseaux de soutien socia
l
;
La p
romo
tion de
l
’
engagement civique
par la s
ensibilis
ation
et
la formation

d
es citoyens sur l'importance de leur participation active dans les affaires de la communauté et de la société
;
Le r
enforce
ment

de
la confiance dans les institutions en améliorant la transparence, la responsabilité et la lutte contre la corruption
;
La r
édu
ction

d
es inégalités socio-économiques
en m
ett
ant
en place des politiques et des programmes qui favorisent l
’
accès à l'éducation, à la santé, à l'emploi et à des opportunités économiques équitables pour tous. Réduire la pauvreté et promouvoir une répartition plus équitable des revenus

;
Le r
enforce
ment de
la gouvernance et
la
lutte contre la corruption
en

m
ett
ant
en place des mécanismes de gouvernance transparents, responsables et participatifs
et en r
enfor
çant les capacités d
es institutions chargées de lutter contre la corruption.
4289637190161300D
YNAMIQUE DE LA PAUVRETE
RESUME

La mesure de la pauvreté selon l’approche de
l’indicateur d’incidence de la pauvreté
indique qu’en Cote d’Ivoire, sur 100 personnes, 39 sont déclarées comme étant pauvres en 2018.
Mais cette situation ne
traduit pas
les dynamiques en termes de transitions dans les différents états de la pauvreté.
Il importe donc de renforcer cette analyse par l’approche de l’Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté (ISSP), qui, à la différence de l’indice d’incidence de pauvreté, mesure les niveaux de transition de la pauvreté de la population.
La méthode d’analyse utilisée
dans le cadre de cette étude
est celle issue des travaux de Dang et Lanjouw (2013) et de Dang, Lanjouw, Luoto et McKenzie (2011).
Celle-ci permet
de recueillir les mouvements d’entrée et de sortie de la situation de pauvreté
et de calculer
les indicateurs de
s
dynamique
s de pauvreté. L’étude couvre les 14 districts que compte la Côte d’Ivoire et s’appuie sur les résultats de la transition entre les enquêtes ENV 2008, ENV 2015 et l’EHCVM 2018. Ce qui
a permis de dégager les
deux
phases
(
200
8
-20
15
et 20
15
-201
8
) représentatives de
deux
périodes de transition de la pauvreté.
L’analyse des indicateurs des dynamiques de pauvreté révèle que
des disparités
sont observées
selon le milieu de résidence,
le district ou la région,
le sexe du chef de ménage
et
l’âge du chef de ménage
. En effet, l
e risque de demeurer dans la pauvreté apparait plus élevé en milieu rural qu’en urbain
,
l
e bien-être des populations est relativement élevé dans les deux capitales
que sont
Abidjan
et
Yamoussoukro
tandis qu’il
est encore précaire dans certains des ex-zones CNO notamment les districts du Denguelé, des Montagnes, du Woroba et des savanes
. La
vulnérabilité à la pauvreté est
par ailleurs
l
a
plus constatée chez les
ménages dirigés par les
femmes
de même que ceux ayant pour chefs les personnes âgées de 46 à 55 ans.
Par ailleurs,

les valeurs obtenues de l’ISSP montrent qu’e
n Côte d’Ivoire,
la proportion de ménages qui sont sortis de la pauvreté a augmenté d’une phase à une autre. En effet, elle est passée de 52,6% en 2015 à 61,64
%
en 2018. Ainsi, sur 100 ménages déclarés pauvres en 2015, environ 62 sont sortis de la pauvreté en 2018.
Ce qui constitue un potentiel économique important pour tirer le reste de la population vers le bien-être général
. En outre, l’analyse des dynamiques de transition révèle que
la classe moyenne a tendance à se rétrécir pendant que les franges de populations pauvres purs et non pauvres purs ont tendance à s’élargir.
Toutefois,
le
défi de la réduction de la pauvreté et d
e l’
amélior
ation

d
es capacités de résiliences des populations
demeure d’actualité. Pour le relever, il conviendrait de concevoir et de mettre en œuvre des politiques publiques ciblées et intégrées en matière de lutte contre la pauvreté. Les actions qui en découleront devront être adaptées aux différents états de pauvreté notamment la pauvreté chronique, la pauvreté transitoire et la non pauvreté pure.
INTRODUCTION
La lutte contre la pauvreté a toujours été au centre des politiques de développement économique, social et culturel du Gouvernement. En effet, l’Etat ivoirien a compris très tôt la nécessité d’investir dans les secteurs sociaux, notamment l’éducation, la santé et les infrastructures socio-économiques de base, pour améliorer le cadre et le niveau de vie des populations. Cette politique a donné lieu à l’adoption d’un programme national de lutte contre la pauvreté par le Gouvernement en 1997 et au démarrage du processus d’élaboration du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2000, dans le cadre de l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Ce processus a abouti à l’adoption du DSRP intérimaire (DSRP-I) en mars 2002 et du DSRP final en 2008 dont les axes 3 et 4 traitent de la création d’emplois et de richesses par le soutien au monde rural et la promotion du secteur privé comme moteur de la croissance, et de l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services sociaux de base, de la préservation de l’environnement, de la promotion de l’égalité de genre et de la protection sociale.
Dans cette même dynamique, deux plans nationaux de développement, PND 2012-2015 et PND 2016-2020 ont été élaborés et mis en œuvre de 2012 à 2020 en cohérence avec l’étude prospective « Côte d’Ivoire 2040 ». Le premier plan cité à repositionner la Côte d’Ivoire parmi les pays ayant les plus fortes performances économiques avec un taux de croissance annuel moyen de PIB de (avant rebasage du PIB) 9,6% sur la période. Le second plan quant à lui ambitionne d’assurer la marche de la Côte d’Ivoire vers l’émergence en garantissant une croissance forte, soutenue et inclusive dans un cadre macroéconomique stable, solidaire et générateur d’emplois. Il intègre les visions mondiales, continentales et nationales, à savoir (i) les Objectifs du Développement Durable (ODD), (ii) l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA) orienté vers la transformation structurelle des économies, la croissance inclusive, l’innovation, le transfert technologique et la recherche et développement, le développement humain et (iii) la Politique Nationale de Population formulée sous le prisme du dividende démographique.
Cependant, malgré un taux de croissance économique relativement stable et élevé établi en moyenne à 6,9% sur la période 2016-2019, l’incidence de la pauvreté reste à un niveau élevé même si l’on enregistre un fléchissement de 46,3% en 2015 à 39,4% en 2018 (Tome 1 PND 2021-2025). Bien que la tendance de l’incidence de la pauvreté soit baissière sur la période 2015-2018, elle n’indique pas le nombre de personnes qui se sont détachées de la pauvreté ou le nombre de personnes qui y ont basculé. Il est donc d’intérêt d’identifier les ménages qui sont restés pauvres, non pauvres, ou qui ont basculés dans la pauvreté ou dans la non pauvreté. La demande sociale qui en découle pourrait être résorbée par des politiques ciblées.
Par ailleurs, l’extrême jeunesse de la population ivoirienne (75,6%, RGPH 2021) implique des défis majeurs sur les plans économiques et sociaux (santé, éducation,
travail, logement). Une anticipation de ces défis permettrait de transformer l’existence d’une population jeune en opportunité, afin d’en faire un levier efficace en vue de soutenir la croissance et accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Ainsi, la maîtrise de la croissance démographique en vue d’assurer une transition rapide et le développement du capital humain pour favoriser une augmentation de l’espérance de vie et renforcer la productivité de la population active sont autant de défis que la Côte d’Ivoire doit relever pour réaliser une croissance économique forte, durable et inclusive. Pour ce faire, une étude des dynamiques de pauvreté en Côte d’Ivoire, suivant les approches cherchant à capter les mouvements d’entrée et de sortie de la situation de pauvreté en termes de probabilité, de durée ou de fréquence (approche Banque Mondiale), assortie de recommandations de politiques structurelles et conjoncturelles s’avère nécessaire.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le présent rapport qui retrace les résultats de l’étude des dynamiques de pauvreté en Côte d’Ivoire sur la période 2015-2019 grâce à l’exploitation des données issues de l’ENV 2015 et de l’EHCVM 2018 en cinq (5) sessions : (I) Contexte des dynamiques de pauvreté en Côte d’Ivoire, (II) Revue succincte de la littérature, (III) Concepts et méthodologie de l’Indice Synthétique de Sortie de Pauvreté (ISSP) et (IV) Résultats et analyse des dynamiques de la pauvreté ; (V) Conclusion et Recommandations.
3.1.
CONTEXTE
La pauvreté a connu des tendances irrégulières depuis 1985, année qui marque le début de sa mesure en Côte d’Ivoire (ENV, 2015). Ces tendances sont en lien étroit avec l
es réformes institutionnelles et économiques ainsi que les événements socio politiques et sécuritaires intervenus dans le pays. Pour atténuer l’incidence de la pauvreté sur le bien-être économique et sociale des populations, l’Etat avec l’appui des partenaires techniques et financiers a engagé d’importantes initiatives.
IV.1 contexte socio politique et sécuritaire
L’analyse de la pauvreté impliquent nécessairement la prise en compte du contexte sociopolitique et sécuritaire caractérisé par des crises successives et multiformes. A ce titre on relève l’avènement du multipartisme en 1990, le coup d'Etat militaire de 1999, la situation postélectorale de 2000, la crise militaro-politique de septembre 2002 ayant débouché sur la scission du pays et la crise postélectorale de 2011. Ces différentes crises ont pollué le climat des affaires et causé la dégradation des conditions de vie et du bien-être des populations.
IV.2 Contexte institutionnel et économique
Le contexte économique a été marqué par l’avènement des Programmes d’Ajustement Structurels (PAS) sur 1980-1994 et la dévaluation du FCFA en 1994 avec des effets très peu reluisant sur les conditions de vie des populations.
Soucieux d’améliorer le bien-être des populations, l’Etat a entrepris une série de réformes économiques et souscrit à des engagements internationaux au nombre desquels on relève :
L’élaboration et l’adoption par le Gouvernement ivoirien du programme national de lutte contre la pauvreté, appelé PNLCP (1997-2000) ;
L’engagement à la déclaration sur les Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD) en 2000 ;
Finalisation de la version du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en janvier 2009 ;
L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en 2011,
L’engagement à la déclaration sur les objectifs du développement durable (ODD) en 2015 ;
L’adoption de la Politique Nationale de Population (PNP) en 2015 ;
L’engagement à l’agenda 2063 de l’Union Africaine en 2015 ;
L’élaboration et la mise en œuvre des cycles 1 et 2 de nouvelles stratégies de développement appelé Plan National Développement (PND).
IV.3 Evolution de la pauvreté
La pauvreté a connu des évolutions irrégulières imputables en partie aux événements socio-politiques survenus à certaines périodes. On a observé :
Une hausse de 1985 à 1995 : Sur cette période, l’incidence de pauvreté est passée de 10% en 1985 à 32% en 1993 et à 36,8% en 1995.
Une baisse de 3,2 points de pourcentage entre 1995 et 1998 qui s’expliquerait
par une croissance non négligeable de l’économie ivoirienne consécutive aux retombées des mesures mises en place dans le cadre de la dévaluation de 1994.
Un regain de la pauvreté entre 1998 et 2008 avec des taux passant successivement de 33,6% en 1998 à 38,4% en 2002 et le pic de 48,9% en 2008. Ces regains de pauvreté pourraient s’expliquer par les effets néfastes du coup d’état de 1999, la crise postélectorale de 2000 et surtout la crise militaro politique qui a divisé le pays en deux.
Une baisse de 6,9 points de pourcentage entre 2015 et 2018, avec des taux respectifs de
46,3% et de 39,4%, grâce à une croissance économique forte et stable depuis 2012.
L’analyse de la pauvreté sous l’angle du milieu de résidence révèle une ruralisation de la pauvreté. En effet, comme le montre le graphique 1 ci-dessous, quelques soit la période, les ménages ruraux présentent les ratios de pauvreté les plus importants.
189230255905012890557785Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
:
Evolution du taux de pauvreté de 1985 à 2018 par milieu de résidence
0Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
:
Evolution du taux de pauvreté de 1985 à 2018 par milieu de résidence

Source : construit à partir des
données de l’ENV 2015 et de l’EHCVM 2018
IV.4 Distribution spatiale de la pauvreté
L’analyse de la pauvreté en 2018 selon les régions administratives nous permet de distinguer les régions à forte prévalence de pauvreté de celles à faible niveaux.
Les régions à forte incidence de pauvreté à savoir celles ayant des niveaux compris entre 56,5% et 67,8% sont par ordre d’importance les régions du Bafing (67,8%), du Kabadougou (66,4%), du Tonkpi (66,1%), du Cavally (65,8%), du Tchologo (62,8%), du N’Zi (62,8%), du Worodougou (58,7%) et du Hambol (58,5%).
A l’opposé, les régions à faibles niveaux de pauvreté à savoir celles ayant des proportions de pauvre variant entre 10,2% et 33,1% comprennent le district autonome d’Abidjan (10,2%), la région du Sud-Comoé (25,8%), de Yamoussoukro (26,5%), du Gontougo (32,1%) et la région du Gbeke (33,1%).
IV.5 Pauvreté selon certaines caractéristiques socio démographiques
Il semble exister un lien positif entre la pauvreté et la taille des ménages. Selon les données de l’EHCVM 2018, les niveaux de pauvreté sont relativement plus faibles dans les ménages de petites tailles et plus élevés dans ceux de grandes tailles. En effet, la proportion de personnes pauvres se situe respectivement à 1,6% et 7% dans les ménages d’une personne et de deux personnes alors qu’au sein des ménages de 13 personnes et de plus de 14 personnes, ces niveaux sont respectivement de 68,9% et 73,5%.
L’analyse des résultats de l’EHCVM de 2018 mettent en évidence la fragilité de la corrélation entre le genre et la pauvreté en Côte d’Ivoire. En effet la pauvreté affecte indifféremment les ménages dirigés par un homme que ceux dépendant économiquement d’une femme. Dans le premier cas, l’incidence de la pauvreté est de 36,8% contre 40% dans le second cas. Cette tendance se démarque des résultats de l’ENV 2015 qui ont montré que les ménages dirigés par les femmes et les hommes étaient identiquement affectés par la pauvreté.
On observe également que l’amélioration du niveau d’instruction est associée à une baisse régulière du niveau de pauvreté. En effet, le taux de pauvreté est plus élevé dans les ménages dirigés par les personnes sans niveau d’instruction avec une proportion de
53,5%. Il se réduit progressivement pour se situer à 18,4% chez les chefs de niveaux primaire, puis à 12,3% chez ceux de niveau secondaire 1, puis à 8,3% chez ceux de niveau secondaire 2 et à 7,5% chez ceux de niveau post secondaire et supérieure où il connaît son faible niveau.
Relativement à l’âge du chef de ménage, on note qu’en 2018 les niveaux relativement faibles de pauvreté s’observent au sein des ménages dirigés par les jeunes c’est-à-dire ceux de moins de 35 ans. A l’opposé on observe les niveaux les plus importants chez les ménages dirigés par les personnes plus âgées notamment celles ayant plus de 70 ans. En effet les faibles taux de pauvreté s’observent chez les ménages dont les chefs
ont moins de 26 ans, 26 à 30 ans, et 31 à 35 ans avec des niveaux respectifs de 30,7%, 31,1% et 36,9%. Cependant les forts taux s’observent chez les ménages dont les chefs sont âgés de 71 à 80 ans et de plus de 80 ans avec respectivement des proportions de pauvres de 43,9% et de 57,2%.
IV. 6 S
ituation de l’emploi et pauvreté
Selon l’EHCVM 2018, l’incidence
de
la
pauvreté
chez les
personnes de 16 ans
et
plus
est de
32,9%.
L’examen des résultats selon la situation de l’emploi tend à mettre en exergue l’effet amplificateur de l’absence d’emploi sur la pauvreté. En
fait,
l’incidence de la pauvreté chez les individus sans emploi (
36,8%
) est plus importante que celles en emploi (
30,2%)
.
L’analyse de la pauvreté a combiné la situation de l’emploi à d’autres caractéristiques.
Selon le genre, on remarque que
la pauvreté touche plus les femmes (35,1%) que les hommes (30,5%)
avec une proportion plus importante chez celles sans emploi (38,2%).
Selon le milieu de résidence, c’est sans surprise qu’on constate que la pauvreté est particulièrement marquée chez les personnes sans emploi en milieu rural (53,9%).
Selon le niveau d’instruction, on remarque
que
pour chaque situation d’emploi
,
la pauvreté
baisse
quand le niveau d’instruction s’élève. En effet le niveau de pauvreté est plus accentué chez les personnes sans emploi et sans niveau d’instruction (48%) contre un faible niveau chez les personnes
de
niveau supérieur
exerçant un emploi
(3,4%).
Selon la formalité de l’emploi, on observe une nette différence de l’incidence de la pauvreté qui est beaucoup plus marquée chez les personnes exerçant des emplois informels. Les résultats montrent que 31,3% des personnes en emploi informel sont touchées par la pauvreté alors que seul 5,4% des personnes en emploi formels en sont impactées.
IV. 7
Structure de consommation des ménages et pauvreté
L’analyse de
la structure de consommation des ménages selon le statut de pauvreté peut s’appréhender selon les dépenses moyennes et la part des ressources affectées à des dépenses de consommation.
Sous l’angle des dépenses moyennes, les résultats de l’EHCVM 2018 montrent que quel que

soit la fonction de consommation, les montants des dépenses sont plus élevées chez les ménages non pauvres que ceux qualifiés de pauvres. Les dépenses moyennes de consommation hors repas de fête s’élèvent à 3 303 547 FCFA chez les ménages non pauvres contre 1 717 914 chez les ménages pauvres.
S
elon
la part des ressources affectées aux dépenses,
l
a structure des dépenses de consommation montre que les ménages pauvres consacrent une part relativement plus importante
de leurs ressources
à
des dépenses de
l’alimentation
(
45,6%
)
que les ménages non pauvres
(
33,2%
)
.
Par ailleurs, en termes de montant alloués, il ressort que les ménages pauvres dépensent en moyenne 782 538 FCFA par an en alimentation contre près de 1 100 000 FCFA pour les ménages non pauvres.
Outre les dépenses de santé, les autres dépenses de consommations pour lesquelles la part des dépenses des ménages pauvres est plus importante que celles des
ménages
non pauvres sont les achats d’habillement (6,5% contre 5,3% pour les ménages non pauvres) et les dépenses de santé (3,7% contre 3% pour les ménages non pauvres).

REVUE SUCCINCTE DE LA LITTERATURE

La revue de la littérature étape préliminaire à la mise en œuvre de cette étude, permet de faire un tri à plat de l’ensemble des écrits ayant abordé des champs autour de la thématique de la dynamique de la pauvreté. Ainsi, la fouille documentaire fait ressortir de prime abord deux champs dans lesquels se distingue la pauvreté depuis l’antan. La pauvreté peut être monétaire ou elle peut être perçue à contrario d’un point de vue non-monétaire
CITATION Ale07 \l 12300 (BERTIN, 2007)
. Plus tard la prise en compte de ces différentes dimensions monétaires et non monétaires seront abordées dans différentes études et enquêtes réalisées auprès de la population. Les exemples de de l’Enquête sur le Niveau de Vie (ENV) et l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de vie des Ménages (EHCVM) permettent d’illustrer ces propos dans le contexte actuel des pays de l’UEMOA, en particulier en Côte d’Ivoire.
Selon Malthus (1766–1834) l’accroissement de la population est infini et a une progression géométrique, alors que les ressources disponibles, notamment les productions agricoles, n’augmentent que de manière arithmétique et restent limitées. Le risque à ce titre est donc d’aboutir à une surpopulation qui conduirait le monde à une paupérisation inéluctable.
TALNAN, E. & al, 2008
,
suite à leurs expériences auprès des populations pauvres du Bangladesh et de l’Amérique latine s’intéressent au lien qui prévaut entre la pauvreté et la fécondité dans le contexte de la Côte d’Ivoire. Contrairement à la pensée malthusienne qui pourrait se laisser présager, les résultats de leurs analyses ont montré que la baisse de la fécondité de la côte d’ivoire relève d’une première phase de transition de modernisation dans le contexte de crise dans lequel se trouvait le pays. Leur approche multiniveau permettait de dissocier et de voir d’une part les effets liés aux individus eux-mêmes et d’autre part, ceux liés au contexte dans lequel cette population cible se trouvait. Plusieurs sources de données ont alors accompagné ces travaux notamment les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS).
D’autres chercheurs, à l’exemple de
CITATION KON04 \l 12300 (KONE)
, adoptent des approches différentes. Ce dernier auteur privilégie une approche utilitariste de la pauvreté et le recours aux échelles d’équivalence dans le but de saisir les différences de taille et composition des ménages. Son analyse poursuit à terme de faire la lumière sur la féminisation de la pauvreté en lien avec la féminisation du statut de chef de ménage.
Au sorti
r
de ses investigations,
CITATION KON04 \l 12300 (KONE)

aboutit au fait que la pauvreté affecte indifféremment les ménages dirigés par des hommes que ceux dépendant économiquement d’une femme. Cette distinction se fait en plus de la discrimination sociale que subissent en général les femmes en matière de revenus et d’emplois. Au-delà du sexe du chef de ménage, l’auteur montre également au travers de ses travaux, l’influence déterminante du manque d’actif sur le marché du travail expliquant la
pauvreté des ménages. A de tels égards, le travail des femmes qu’elles effectuent de manière secondaire constitue l’une des articulations majeures qu’elles ont développé comme stratégies de survie, en particulier dans les ménages où le chef est un homme. L’exploitation des données de l’enquête sur le niveau de vie des ménages ivoiriens, réalisée en 1995 et couvrant l’ensemble du territoire de la côte d’ivoire a été mis à contribution pour aboutir à ces conclusions.
La mesure de la pauvreté n’a pas toujours été appréciée d’un point de vue monétaire. Elle est aussi appréciée par différents aspects, qui d’une manière ou d’une autre, expriment la limitation du bien-être des individus. C’est d’ailleurs la raison qui
motive
CITATION DEZ17 \l 12300 (DEZA, 2017)

qui par une approche multidimensionnelle à travers l’élaboration d’un proxy de niveau de vie basé sur les caractéristiques du logement et des possessions du ménage, s’intéresse à la cartographie de la pauvreté non financière dans le district d’Abidjan, à partir des données du RGPH 2014 de la Côte d’Ivoire.
Dans ces travaux, l’auteure aboutit à une catégorisation de la pauvreté en fonction des communes. Il ressort alors de ses conclusions que les communes périphériques d’Abidjan enregistrent les plus forts taux de pauvreté, touchant jusqu’à 92% des ménages. Cette dimension avait pourtant été omise des différents travaux effectués sur le même territoire vu que le niveau de représentativité des enquêtes ne permettait pas d’apprécier l’incidence de la pauvreté jusqu’à une telle unité d’analyse. Les travaux de l’auteure rejoignent également ceux de
CITATION KON04 \l 12300 (KONE)

en ce sens où les ménages classés pauvres sont dirigés par des femmes qui cumulent plusieurs autres caractéristiques sociodémographiques. Ces femmes sont âgées de 60 ans et plus, divorcées, séparées ou vivant dans une union polygame, sans instruction et analphabètes, en situation de handicap et sans extrait d’acte de naissance
CITATION DEZ17 \l 12300
(DEZA, 2017)
.
Au-delà de l’aspect ponctuel que pourrait inspirer la pauvreté à un moment donné au sein d’une population, ce sentiment d’insuffisance vis-à-vis d’une situation de référence donnée (qu’elle soit monétaire ou non) pourrait subir des évolutions au fur et à mesure du temps. Ainsi, l’état des individus pourrait changer au fil du temps, soit passer d’un état de pauvreté à un état de non-pauvreté et vice-versa. C’est en s’intéressant à ces changements d’état qu’est né le paradigme de la dynamique de la pauvreté. Plusieurs fois cité dans divers écrits, l’approche de Dang et al. (2014) et Dang et Lanjouw (2013) intervient comme une méthodologie privilégiée dans l’analyse de la dynamique de la pauvreté. En côte d’Ivoire, cette méthodologie a d’ailleurs été reprise par
CITATION COU16 \l 12300 (COULIBALY, 2016)

dans la cadre de l’analyse de la dynamique de la pauvreté entre 2008 et 2015. Les conclusions de ses travaux ont permis de voir que la pauvreté est fortement chronique en Côte d’Ivoire entre 2008 et 2015.
Pour preuve, le taux de pauvreté chronique était de 45,3 %. Quant à la pauvreté transitoire, les taux ont oscillé entre 4,8 % et 0,9 % respectivement pour la sortie et l’entrée dans la pauvreté au cours de la période. Par contre, les résultats montrent que la chance de sortir de la pauvreté est plus importante en milieu rural qu’en milieu urbain. C’est d’ailleurs pour cela que la baisse de la pauvreté a été plus importante dans ce milieu. En effet, l’évaluation de la pauvreté entre les deux années montre que la pauvreté a plus baissé en milieu rural passant de 62,2 % en 2008 à 56,8 % en 2015 tandis qu’en milieu urbain, on constate plutôt une hausse de la pauvreté passant de
29,1 % en 2008 à 35,9 % en 2015.Toutefois, la pauvreté reste à un niveau plus élevé en milieu rural.
Poursuivant les résultats de ces travaux
CITATION COU16 \l 12300 (COULIBALY, 2016)
indique que la baisse nationale de la pauvreté des individus est plus induite par la baisse de la pauvreté observée en milieu rural. Relativement à la sortie de la pauvreté entre les deux années, les individus vivant dans les familles dont le chef a un emploi ont eu une chance plus grande de sortir de la pauvreté entre 2008 et 2015. Aussi observe-t-on une chance plus grande de sortir de la pauvreté de ceux ayant pratiqué l’agriculture dans les zones rurales du pays durant la période.
Cette revue ne se réclamait pas d’être exhaustive. Cependant elle plante les fondements pour aborder les différents aspects méthodologiques liée à la mesure de la dynamique de la pauvreté sur le territoire ivoirien.
3.3.
CONCEPTS ET METHODOLOGIE DE L’INDICE SYNTHÉTIQUE DE SORTIE DE LA PAUVRETE (ISSP)

La Banque Mondiale suggère de recourir à des approches méthodologiques relatifs à la dynamique de la pauvreté qui permettent de capter les mouvements d’entrée et de sortie de la situation de pauvreté en termes de probabilité, de durée ou de fréquence.
Dans le cadre de la mesure des dynamiques de pauvreté, la méthode utilisée est celle des Pseudo-Panels, inspirée des travaux de Dang et Lanjouw (2013) et de Dang, Lanjouw, et McKenzie (2011). Cette méthode a l’avantage de permettre le suivi des dynamiques de pauvreté au sein d’une cohorte. En effet, cette méthodologie proposée par les auteurs peut être appliquée aux paramètres comptant à peine deux séries d’enquêtes, et permet également une analyse plus désagrégée au niveau des ménages. Elle exige donc de disposer au minimum de deux bases de données de même nature.
L’étude des mouvements des ménages et donc de ses membres à travers le seuil de pauvreté est

basée sur la lecture d’une matrice de transition de la pauvreté. La matrice de transition de la pauvreté indique le nombre de personnes ou de ménages entrés ou sortis de la pauvreté ainsi que ceux qui y sont restés pauvre ou non pauvre sur la période. Un ménage est jugé pauvre (non pauvre) si ses dépenses annuelles par équivalent adulte sont inférieures (supérieures) au seuil de pauvreté. En outre, la matrice de transition de la pauvreté permet de déterminer les indicateurs suivants :
PP
désigne les individus (ou ménages) qui étaient pauvres à la période 2015 qui sont restés toujours pauvres à la période 2018. Ils n’ont donc pas changé d’état de pauvreté. Ainsi PP signifie la pauvreté chronique ou la trappe à pauvreté
 ;
NPP
désigne ceux qui étaient non-pauvres à la période 2015 mais qui ont basculé dans la pauvreté à la période 2018
 ;
PNP
renvoie à ceux qui étaient pauvres au départ (i.e. à l’année 2015) mais qui sont sortis de la pauvreté à l’année 2018.
La vulnérabilité est la faible capacité de se prémunir contre le risque élevé de connaître l’état de pauvreté. Elle regroupe les catégories NPP et PNP.
NPNP
regroupe les individus (ou ménages) qui ont connu un état prolongé de non-pauvreté sur les deux années 2015et 2018. L’indicateur NPNP désigne donc la non pauvreté pure.
Tableau 1 : Probabilités conditionnelles d’entrée et de sortie de la pauvreté
2018
2015
Pauvre
Non Pauvre
Pauvre

PP
 : Nombre de ménages pauvres en 2015 qui sont restés pauvres en 2018
PNP :
Nombre des ménages sortis de la pauvreté entre 2015 et 2018
Non
Pauvre
NPP
 : Nombre de ménages qui ont basculé dans la Pauvreté en 2018
NPNP
:
Nombre de ménages restés non pauvres 2018
Sans mentions contraires, cette nomenclature est adoptée dans toute la suite du document.

L’indicateur de mesure de cette dimension est l’indice synthétique de sortie de la pauvreté (ISSP). Celui-ci a pour objectif de capter, parmi les populations en situation transitoire ou dans un état statique, celles qui sortent effectivement de la pauvreté. Mathématiquement, l’ISSP se présente comme une moyenne géométrique de deux sous-indices : l’indice de transition et l’indice de stabilité. Ces derniers sont obtenus à partir des formules ci-dessous :
Indice de transition= PNPPNP+NPPet
Indice de stabilité= NPNPNPNP+PPL’indice de transition capte le degré de transition de la pauvreté à la non pauvreté parmi les vulnérables ou les pauvres transitoires. Quant à l’indice de stabilité, il mesure le poids des ménages non-pauvres purs parmi les ménages qui perdurent dans un état stable sur les deux périodes. Ainsi, l’ISSP traduit ainsi le potentiel d’émergence en termes d’amélioration du niveau de bien-être dans une zone donnée.
La détermination de ces probabilités conditionnelles permet de calculer l’indice synthétique suivant la méthodologie décrite dans l’encadré ci-après :
Encadré 1 : Méthode de calcul de l'ISSP
Encadré 1 : Méthode de calcul de l'ISSP
ISSP est la moyenne géométrique de
l’indice de transition
dans la pauvreté et de
l’indice de stabilité
.
L’
indice de transition
se définit comme étant le rapport entre la proportion des personnes sorties de la pauvreté et la proportion des ménages ayant transité.
Indice de transition=P→NPP→NP+NP→PL’
indice de
stabilité

se définit comme étant le rapport
entre la part des ménages sortis de la pauvreté sur la période et
les ménages restés stables dans leur statut de pauvreté.
Indice de stabilité=NP→NPNP→NP+P→PAinsi, ISSP peut s’écrire sous la forme suivante :
ISSP=NP→NPP→P+NP→NP*P→NPP→NP+NP→P12ISSP est la moyenne géométrique de
l’indice de transition
dans la pauvreté et de
l’indice de stabilité
.
L’
indice de transition
se définit comme étant le rapport entre la proportion des personnes sorties de la pauvreté et la proportion des ménages ayant transité.
Indice de transition=P→NPP→NP+NP→PL’
indice de
stabilité

se définit comme étant le rapport
entre la part des ménages sortis de la pauvreté sur la période et
les ménages restés stables dans leur statut de pauvreté.
Indice de stabilité=NP→NPNP→NP+P→PAinsi, ISSP peut s’écrire sous la forme suivante :
ISSP=NP→NPP→P+NP→NP*P→NPP→NP+NP→P123.4.
RESULTATS ET ANALYSES DES DYNAMIQUES DE LA PAUVRETE
L’analyse des indicateurs classiques de la pauvreté donnent un aperçu général du niveau de vie en Côte d’Ivoire. Cependant
elle ne décrit pas les dynamiques qui pourraient exister entre un état de pauvreté et de
non-pauvreté. L’objectif des analyses des dynamiques de la pauvreté est de corriger cette insuffisance en mesurant l’ampleur des entrées et sorties de la pauvreté pour les différentes transitions, mais aussi
d’
analyser les facteurs qui influencent cette dynamique. Ces analyses se basent sur les résultats des enquêtes ENV 2008, ENV 2015 et EHCVM 2018. Elles couvrent le périmètre national (IV.1) et sont désagrégées selon le milieu de résidence (IV.2), le sexe du chef de ménage (IV.
3
), la tranche d’âge (IV.
4
) et le district (IV.
5
).
Elles aboutissent à la détermination et à l’analyse de l’Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté (IV.6).
IV.1 Dynamique de la pauvreté au niveau national : Transitions dans la pauvreté
Les résultats de l’étude des transitions de la pauvreté en Côte d’Ivoire de 2008 à 2018 peuvent s’analyser en deux phases : Une première phase de transition 2008 à 2015 et une seconde phase de transition de 2015 à 2018. Ces résultats indiquent des changements d’état de pauvreté pour plusieurs catégories de ménages que l’on qualifie de pauvreté pure ou chronique, de basculement dans la pauvreté, de sortie de la pauvreté et de non-pauvreté pure.
Tableau 4-1 : Transitions dans la pauvreté, 2008 – 2018
Transition
2008-2015
Transition 2015-2018
Ecart
Pauvreté chronique
23,0%
30,6%
+7,6%
Basculements
23,3%
8,9%
-14,4%
Sortie de la pauvreté
25,9%
15,7%
-10,2%
Non pauvreté pure
27,8%
44,8%
+17,0%
Sources : construit à partir des données de l’ENV 2015 et L’EHCVM 2018
Au niveau national, l’analyse des transitions de la pauvreté montre que de 2015 à 2018, 30,6% de la population se sont maintenus dans état de pauvreté. Ce qui signifie qu’environ 7 799 940
personnes en Côte d’Ivoire vivent dans un état de précarité, voire de pauvreté chronique. Ce résultat est d’autant plus alarmant qu’il est en hausse de 7 points de pourcentage par rapport à sa valeur de la période 2008-2015. A contrario, la proportion de personnes ayant demeurée dans un état de non pauvreté est passée de 27,8% à 44,8% de la première phase à la seconde, soit une augmentation de 17 points de pourcentage. Il en découle deux situations extrêmes car les franges de population pauvre et riche ont respectivement augmenté même si cette tendance est plus prononcée chez les non pauvres pures. Un constat qui pourrait s’expliquer par les performances macroéconomiques enregistrées en Côte d’Ivoire de 2012 à 2019. En effet, le taux de croissance moyen s’établit à 6,9% sur la période 2015-2019 et le taux de pauvreté a baissé de 5 points de pourcentage de 2015 à 2018 avec une persistance des inégalités de revenus (Indice de Gini 2018 : 0,351). L’embelli économique a donc profité à la classe des non pauvres au détriment des pauvres chroniques en raison des inégalités de répartitions des richesses.
Par ailleurs, les résultats indiquent que 8,9% de personnes ont basculées dans la pauvreté en 2019 tandis que 15,7% en sont sorties. Ces proportions sont respectivement en baisse de 14,4 et de 10,2 points de pourcentage par rapport à leur niveau de 2015. Ce qui implique que les franges de population qui basculent ou sortent de la pauvreté ont tendance à diminuer de la phase 1 à la phase 2. De plus, cela montre qu’en Côte d’Ivoire, il est plus probable de sortir de la pauvreté que d’y rester. Une
tendance qui traduit l’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté. Mis ensemble, ces deux formes de transition de la pauvreté constitueraient la classe moyenne ou la classe des vulnérables car elle est caractérisée par une faible capacité de résilience et une vulnérabilité des emplois dues aux différents chocs. La baisse de la proportion de personnes appartenant à cette classe en 2019 s’est faite au profit des classes de pauvreté pure et de non-pauvreté pure et traduit une diminution de la classe moyenne dans l’économie.
IV.2 Dynamique de la pauvreté selon le milieu de résidence
L’analyse au niveau national peut masquer des disparités selon le milieu de résidence. En effet, comme constaté au niveau des indicateurs classiques, la transition dans la pauvreté se fait de manière disparate selon les milieux dans lesquels les individus évoluent. L’examen des tableaux ci-dessus révèle que les risques de demeurer dans la pauvreté sont plus élevés en milieu rural quel que soit la phase de transition. Ainsi 44,48% de pauvres chroniques enregistrés en 2022 en milieu rural, 2,38 % à Abidjan et 22,07% dans les autres zones urbaines ont demeuré dans la trappe à pauvreté en 2018. De plus, la trappe à pauvreté et la classe des non pauvres pures à augmenter de la phase 1 à la phase 2.
Cependant, concernant la sortie de la pauvreté, les taux à Abidjan et autres urbain sont plus élevé qu’en milieu rural avec des valeurs respectives de 20,15%, 21,93%, et 12,32%. Cette situation serait la résultante de la plus forte capacité de résilience en milieu urbain. En effet, la majorité des activités en milieu rural sont des emplois indépendants agricoles qui sont généralement vulnérables aux variations des cours des matières premières et aux aléas climatiques ; Alors que dans le milieu urbain la majorité des individus sont en emplois formels ou indépendant non agricoles qui sont plus stables dans le temps que les emplois agricoles.
Par ailleurs, 69,63% et 43,41% des ménages non pauvres respectivement à Abidjan et autres urbain en 2015 sont restés dans leur état de non pauvreté en 2018 contrairement au milieu rural où 33,02% s’y sont maintenus. Cela corrobore ainsi la situation d’instabilité et de vulnérabilité dans le milieu rural.
Aussi avec un taux d’urbanisation sans cesse grandissant passant de 49 % en 2008 à 50,3% en 2014, les populations disposant de revenus conséquents migrent vers les agglomérations urbaines.
Les tableaux ci-dessous font la synthèse des différents niveaux de pauvreté au niveau national et selon le milieu de résidence.
Tableau : Matrice de transition dans la pauvreté de 2008 à 2018
Transition 2008-2015

PP
NPP
PNP
NPNP
Côte d’Ivoire
23,00
23,30
25,90
27,80
Milieu de résidence
Urbain
11,00
24,90
18,50
45,60
Rural
30,80
26,00
31,70
11,50
Transition 2015-2018
PP
NPP
PNP
NPNP
Côte d’Ivoire
30,58
8,87
15,70
44,85
Milieu de résidence
Abidjan Urbain
2,38
7,84
20,15
69,63
Autres Urbain
22,07
12,59
21,93
43,41
Rural
44,48
10,18
12,32
33,02
Sources : construit à partir des données de l’ENV 2015 et L’EHCVM 2018
IV.3 Dynamique de la pauvreté selon le sexe du chef de ménage
Les ménages dans un état de stabilité de la pauvreté entre 2015 et 2018 (ménages de pauvreté chronique et ménages de non-pauvre pur) sont en grande partie dirigés par des hommes. A contrario, les ménages en phase de transition de la pauvreté au cours de cette période (ménages de basculement dans la pauvreté ou ménages de sortie de la pauvreté) sont majoritairement dirigés par les femmes. En effet, selon
la figure 1,
seulement 24,36% des ménages pauvres dirigés par des femmes se trouvent dans une situation de pauvreté chronique contrairement à 30,71% dirigés par des hommes. Par ailleurs, 23,04% des ménages dirigés par les femmes en 2015 sortent de la pauvreté en 2018, tandis que 14,69% des ménages dirigés par les hommes réalisent cette performance.
En s’intéressant aux deux phases de transition notamment la première de 2008 à 2015 puis la seconde de 2015 à 2018, les tendances observées
auprès des
ménages
sur la première phase
s’alignent sur
avec celles de la deuxième phase
.
Ainsi, l
es ménages ayant des hommes chef de ménage ont plus tendance à rester dans la non-pauvreté pure et dans la pauvreté chronique comparativement à ceux dirigés par des femmes. Cependant dans la transition de la pauvreté, les ménages dirigés par les femmes ont tendance à sortir facilement de la pauvreté mais aussi à basculer facilement dans la pauvreté.
Toutefois, les ménages en transition de pauvreté sont en baisse de proportion, indépendamment du sexe, entre les deux phases de transition (
phase
de 2008 à 2015 puis
phase de
2015 à 2018). Par contre les ménages en stabilité de pauvreté ont des proportions qui augmentent aussi bien parmi ceux dirigés par les hommes que ceux dirigés par les femmes
dans
les phases de transition.
Ces résultats pourraient s’expliquer par les impacts des différentes stratégies menées par le gouvernement ivoirien sur l’ensemble de la période et des chocs exogènes (crise de l’agrobusiness en Côte d’Ivoire). Afin d’améliorer la situation économique et sociale des femmes, l’Etat a mis en place des infrastructures d’allégement des travaux des femmes, des technologies et équipements appropriés de transformation et de conservation des produits et des fonds de promotion économique et de soutien aux activités des femmes (Projet de Gestion Novatrice du Fond National des Femmes et Développement (PGNFNFD), FAFCI, fonds BACI de la promotion pour l’entreprenariat féminin).
Les femmes semblent dès lors plus réceptives à l’amélioration de leur condition économique.
Au-delà, les classes socio-économiques des pauvres et celles des non-pauvres se renforcent au détriment d’une classe moyenne. Ce fossé qui se crée entre les classes socio-économiques est observé aussi bien chez les ménages dirigés par les femmes que ceux dirigés par les hommes.
Figure
SEQ Figure \* ARABIC 1
 :
dynamique de la pauvreté selon le sexe du chef de ménage de 2008 à 2018
IV.4

Dynamique de la pauvreté selon l’âge du chef de ménage
La tranche d’âge où l’indice de sortie de la pauvreté est plus élevé entre 2015 et 2018 est celle des chefs de ménage âgés de moins de 26 ans. Cette situation cache pourtant des disparités en ce sens où près de 2 ménages sur 10
sur la même période dans cette tranche d’âge
vivent dans la pauvreté extrême. Quant aux ménages en transition de pauvreté, ils représentaient en tout une proportion de 43,05%.
Les non-pauvre purs terminent cette classification avec une proportion de
37% des ménages de cette tranche d’âge. La proportion des ménages en transition était l
a deuxième p
lus importante parmi les groupes d’âge et représente un fort potentiel de développement pour la côte d’ivoire. Du fait de leur jeune âge, ces ménages sont ceux sur lesquels le pays doit s’appuyer pour atteindre le dividende démographique.
Au niveau de la tranche d’âge 26 à 35 ans, la trappe à la non-pauvreté reste la plus importante et concerne une personne sur deux de cette tranche d’âge. Paradoxalement, la trappe à pauvreté est la plus importante dans ce groupe d’âge comparativement aux autres.
Cette évolution
reste

sensiblement l
a
même
auprès des groupes d’âges
de 36 à 45 ans
entre 2015 et 2018. La forte proportion des jeunes dans la catégorie des non-pauvres résulterait en partie de nouvelles sources de richesses, notamment le domaine du numérique. Selon les chiffres de
CITATION ART18 \l 12300
(ARTCI, 2018)
, l
e secteur de l’économie numérique en Côte d'Ivoire est générateur de plus de 7
000
emplois directs générés en 2007

à plus de 17
000
en 2016. Le volume d’emplois total direct dans le secteur de l’économie numérique est en

forte progression (9,6% de taux de croissance annuel moyen) sur la période de 2007 à 2016.
Cette création d’emplois impacterait de fait beaucoup plus les jeunes en ce sens qu’ils sont les plus intéressés au domaine du numérique.
Encore durant

la
deuxième phase de transition
(2015 à 2018)
, la proportion des ménages vulnérables (ménages en transition de pauvreté) augmente de manière fulgurante à partir de 45 ans, et les ménages en situation de non-pauvreté dès 56 ans atteignent une proportion de 40,78 %. Cette situation pourrait s’expliquer par le système social ivoirien qui privilégie à cet âge que les individus reçoivent de plus en plus de l’aide extérieure des personnes jadis à leur charge. Les individus à charge commencent alors à baisser et les seniors disposant de plusieurs sources de revenu et résistent plus à la pauvreté.
Entre 2008 et 2015 la tranche d’âge la plus vulnérable était celle de 26 à 35 ans. Cependant la tranche d’âge des seniors de plus de 55 ans avait l’une des proportions de vulnérable les plus importante sur cette période. Entre 2015 et 2018, la proportion la plus importante de personnes vulnérables sont âgées de 46 à 55 ans. La vulnérabilité semble alors avoir rajeuni entre 2015 et 2018. Cette situation pourrait s’expliquer par une prise en charge plus tôt des personnes seniors. La prise en charge sur la première transition se fait à partir de 55 ans alors qu’elle débute entre 2015 à 2018 à partir de 46 ans.
En poursuivant, l’on remarque également un rajeunissement des classes de pauvreté chronique et de la non-pauvreté pure au cours des deux phases de transition. En effet, entre 2015 et 2018, les valeurs les plus importantes de pauvreté chronique (21,83%) et de non-pauvreté pure (51,36%) ont été enregistrées auprès des chefs de ménage âgés de 26 à 35 ans.
Figure
SEQ Figure \* ARABIC 2
 : dynamique de la pauvreté selon l’âge du chef de ménage de 2008 à 2018

IV.5
Dynamique
de la pauvreté par district
Pour rappel, l’approche utilisée pour l’analyse de la dynamique de la pauvreté entre 2015 et 2018 est celle des pseudo-panels qui permet de suivre les dynamiques de pauvreté au sein d’une cohorte. L’intérêt de désagréger les indicateurs de dynamique de la pauvreté par district tient au fait que sa valeur au niveau national cache des disparités au sein des districts. Les résultats sont synthétisés dans
le graphique 2
ci-dessous.
-29781522034500336740522034500Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 2
: Dynamiques de la pauvreté selon les régions de 2008 à 2018 (en %)
Source : CREG-CREFAT
IV.5 .1 Pauvreté chronique suivant les districts de 2015 à 2018
Les résultats montrent une concentration des ménages vivants dans la trappe dans le district du Denguele où ils représentent 36,52% de la population. En dehors du Denguele, la trappe est remarquable au niveau du district des Montagnes, du Woroba, des Lacs et des Savanes où le pourcentage de ménages vivant dans la pauvreté chronique est compris entre 29% et 32%.
La crise militaro politique de 2002 caractérisée par l’enclavement des zones Centre Nord et Ouest (CNO) pourrait être à l’origine de la forte prévalence de la pauvreté chronique dans ces districts qui appartiennent toutes à cette zone.
Une comparaison des niveaux de pauvreté chronique entre les cycles 2008-2014 et 2015-2018 montre que l’ampleur de la pauvreté chronique a considérablement augmenté dans le Woroba (18,70% à 31,20) et dans les Lacs (15,40% à 29,66%). En revanche, elle est en baisse dans le district des Savanes (38,50% à 29,1%) et de la Vallée du Bandama (24,80% contre 15,41%).
4.2.2 Basculement dans la pauvreté suivant les districts de 2015 à 2019
On remarque que la proportion des personnes ayant basculé dans la pauvreté entre 2015 et 2018 est relativement plus faible à Abidjan avec un taux de 8,2%. Toutes fois les proportions élevées s’observent dans les districts du Bas-Sassandra (28,67%), du
Woroba (27,37%), des Montagnes (27,06%), de la Vallee du Bandama (25,68%), des Lagunes (25,57%) et du Sassandra-Marahoue (25,22%).
Comparativement au cycle 2008-2014, on remarque que les proportions des basculements dans la pauvreté ont quasiment baissé dans tous les districts à l’exception du Denguelé où sa valeur a augmenté de 11,19 points de pourcentage. Le bien être dans ce district suscite beaucoup d’inquiétudes car en plus d’avoir une proportion élevée de pauvres chroniques, de nouvelles personnes basculent dans la pauvreté. Cette situation s’expliquerait par l’effet combiné de la grave crise militaro politique de 2002 ainsi du climat d’insécurité de plus en plus fragile.
4.2.3 Sortie de la pauvreté suivant les districts de 2015 à 2019
Les sorties de la pauvreté par région suivent un rythme lent dans tous les districts du fait que proportion de ménages sortis de la pauvreté n’atteint 50% dans aucun district. Toutes fois le rythme varie considérablement d’un district à un autre.
Les districts qui enregistrent des proportions élevées de sortie de la pauvreté sont le Bas-Sassandra (28,67%), le Woroba (27,37%), les Montagnes (27,06%), la Vallée du Bandama (25,68%), les Lagunes (25,57%) et le Sassandra-Marahoue (25,22%). Les districts des montagnes et d’Abidjan présentent les plus faibles taux de sortie avec des proportions respectives de 17,75% et 20,51%.
En comparant les résultats au cycle 2008-2014, on note une dynamique encourageante en dans les districts du Zanzan et de la Vallée du Bandama où on observe une augmentation des proportion de sortie de pauvreté. Malheureusement les sorties de pauvreté se sont considérablement amenuisées dans les districts des Montagnes, du Sassandra-Maraohoue et du Bas-Sassandra.
4.2.4 Non-pauvreté pure suivant les districts de 2015 à 2019
Les non pauvres pure qualifiés de « 
riches
 » sont concentrés dans les deux capitales notamment à Abidjan où ils représentent une proportion de 69 ,29% et à Yamoussoukro où ils sont dans l’ordre de 43,25%. Cette réalité pourrait s’expliquer par l’attractivité et le dynamisme économique de ces deux pôles.
A l’opposé le district du Denguelé affiche un constat alarmant avec seulement 6,54% de non pauvres pures ; situation qui serait causée par l’effet combiné de la crise de 2002 aux crises sécuritaires dans cette partie.
En comparant ces résultats du cycle 2008-2014, on relève que la proportion des non pauvres pures a augmenté dans tous les districts à l’exception du Denguelé où la proportion a baissé de 8,57 points de pourcentage.
En examinant simultanément les différents indicateurs de dynamique de pauvreté, on conclut que le bien-être des populations est relativement élevé dans les deux capitales notamment
à
Abidjan
,
la capitale économique et Yamoussoukro
,
la capitale politique. Cependant, le niveau de bien être est précaire dans le district du Denguelé, des Montagnes, du Woroba et des savanes où on a des proportions importantes de pauvres chroniques contre de faibles proportions de non pauvre pur.
En effet
,
Abidjan enregistre la
plus
forte proportion de non pauvres purs et la
plus
faible part de pauvres chroniques et de personnes ayant basculé
es
dans la pauvreté. Le Denguelé
,
quant à lui
,
regroupe la proportion la plus élevée de pauvres chroniques et celle la plus faible de non pauvres pures.
IV.
6 Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté

19618331351597+2m ménages
00+2m ménages

L’Indice synthétique de sortie de la pauvreté au niveau national enregistre une progression de 7,97% entre 2015 et 2018, passant de 53,7% à 61,64%. Cette situation montre que 61,64% des ménages sont se sont maintenus dans un état de non pauvreté ou sont sortis de la pauvreté. Cette variation de près de 8% représente près de 2 millions d’habitants en considérant les projetions de 2018 de Banque Mondiale relatives à la population ivoirienne. En effet, l’indicateur de 2018 montre d’une manière générale, l’amélioration des conditions des ménages.
Cette hausse de l’ISSP est imputable à l’augmentation combinée des
Ainsi, il est visible qu’en Côte d’Ivoire, la capacité de sortir de la pauvreté est élevée à tous les niveaux sauf en milieu rural ou celui-ci est relativement faible. Ainsi, la Côte d’Ivoire dispose d’une bonne frange de sa population qui dispose d’un pouvoir d’achat élevé qui devrait être exploité pour booster la croissance économique.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
De façon globale, l’analyse de la dynamique de transition de la pauvreté entre 2015 et 2018 indique que 61 personnes sur 100 sont sorties de la pauvreté ou se sont maintenus dans la non pauvreté pure. La Côte d’Ivoire dispose ainsi d’une importante frange de sa population qui est à capacités de financement (ISSP = 61,34%). Cette frange de la population est plus urbaine (ISSP = 73,6%) que rurale (ISSP = 48,3%). Une
telle
performance
est
d’autant plus remarquable que l’ISSP est en hausse de 7,64 points de pourcentage par rapport à son niveau de la période 2008-2015. Cela s’explique par les effets vertueux
des investissements massifs
et des réformes
réalisés dans les secteurs porteurs de croissance depuis 2011.
En outre, il ressort de cette analyse que la proportion de ménages ivoiriens en situation de vulnérabilité a diminuée. En revanche, la proportion des ménages qui sont restés pauvres durant les deux phases de transition a augmenté ainsi que
celle des ménages
qui s
e sont
maintenu
s
en situation de non pauvreté. Autrement dit la classe moyenne à tendance à se réduire au profit des pauvres purs et des non pauvres purs. L’extension de la trappe à pauvreté (30,6%) constitue « une bombe à retardement » pour la cohésion sociale et la bonne marche de l’économie. Toutefois, la Côte d’Ivoire dispose d’une bonne frange de sa population (45%) qui est un véritable potentiel pour lui permettre de tirer profit du Dividende Démographique.
Cette dynamique est appréciée différemment selon que l’on soit en milieu rural ou urbain. Le risque de demeurer dans la pauvreté apparait plus élevé en milieu rural qu’en urbain et inversement les ménages urbains ont plus de chance de passer d’un état de pauvreté à un état meilleur de non pauvreté.
Par ailleurs,
la
dynamique de pauvreté par district nous a révélé que le bien-être des populations est relativement élevé dans les deux capitales notamment Abidjan
,
la capitale économique et
Yamoussoukro
,
la capitale politique. Cependant, le niveau de bien être est encore précaire dans certains des ex-zones CNO notamment les districts du Denguelé, des Montagnes, du Woroba et des savanes où on
enregistre
des proportions importantes de pauvres chroniques contre de faibles proportions de non pauvre pure.
Au niveau des caractéristiques sociodémographiques, durant les deux phases de transition, la pauvreté chronique et la non pauvreté pure ont concerné plus les ménages dirigés par les hommes tandis que la vulnérabilité à la pauvreté est le plus constatée chez les femmes.
Dans la même logique, l’âge du chef de ménage a eu un impact sur le niveau de pauvreté des populations

avec
un rajeunissement des classes de pauvreté chronique et de la non-pauvreté pure au cours des deux phases de transition. En effet,
sur la seconde phase (
2015
à
2018
)
, les valeurs les plus importantes de pauvreté chronique et de non-pauvreté pure ont été enregistrées auprès des chefs de ménage âgés de 26 à 35 ans
, ces valeurs autrefois enregistrées auprès des chefs de 46 à 55 ans (entre 2008 et 2015)
.
Malgré l’amélioration de l’Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté de la phase 1 à la phase 2, force est de constater que le
défi de la réduction de la pauvreté et d
e l’
amélior
ation

d
es capacités de résiliences des populations
reste d’actualité. Pour relever ce défi, il conviendrait de
concentrer les efforts sur
la réduction de la proportion de pauvres chroniques, l’exploitation du potentiel que représente la forte proportion de non pauvres purs et l’élargissement de la classe moyenne en maintenant
la classe moyenne haute (ceux qui ont franchi la ligne de pauvreté) dans un état de non pauvreté pur et
en
aid
ant
la classe moyenne basse (ceux qui ont basculé dans la pauvreté) à en ressortir
.
Recommandations
Dans le cadre de la conduite de politiques publiques en matière de
réduction de la pauvreté et d’amélior
ation

d
es capacités de résiliences des populations
, les actions suivantes pourraient être menées :
Diligenter une étude de caractérisation des différents états de pauvreté (pauvreté chronique, pauvreté transitoire, non pauvreté pure) en Côte d’Ivoire ;
Octroyer des transferts monétaires mensuels aux pauvres purs (PP) qui sont incapables de sortir de la pauvreté quelles que soient les actions menées en leurs faveurs afin d’assurer leur survie et d’améliorer leur niveau de consommation ;
Mettre en place un système intégré de filets sociaux au profit des pauvres chroniques (PP) capables de sortir de la pauvreté et des ménages vulnérables (classe moyenne basse ou NPP) pour
favoriser leur inclusion sociale et économique
 ; il s’agit de faire de ces ménages des bénéficiaires de projets sociaux complémentaires tels que :
Programme des Transferts Monétaires Productifs (PTMP) ;
Projet de mise à échelle des Association Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) ;
Projet de financement des Activités Génératrices de Revenus (AGR) ;
Cantines scolaires ;
Distribution gratuite de kits scolaires ;
Couverture Maladie Universelle ;
Programme de gratuité de soins ciblés…

Prendre des mesures
,

à l’instar de la mise en place de fonds de garantie,
pour faciliter l'inclusion financière
des ménages vulnérables
(la
classe moyenne haute
ou
PNP
)

en vue d’assurer
leur maintien dans la non pauvreté (accès à la microfinance et à la mésofinance) ;
Privilégier les femmes vulnérables dans le choix des bénéficiaires des fonds destinés aux femmes à l’instar du Projet de Gestion Novatrice du Fonds National Femmes et Développement (PGNFNFD) et du Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) ;
Privilégier les femmes vulnérables dans le choix des bénéficiaires des programmes et projets sociaux ;
Créer des conditions
nécessaires
pour
encourager
la consommation
locale
des
non pauvres purs
;
Inciter les non pauvres purs à investir localement pour créer de la richesse et des emplois ;
Mettre en place
un
programme
spécifique
de lutte contre la pauvreté
des
individus pauvres chroniques
de
la tranche d’âge de 26 à 35 ans
 ;
D
éplo
yer
et intensifi
er
des programmes
/ projets
sociaux dans les districts du Denguelé, des Montagnes, du Woroba et des savanes.
4289637190161300D
EVELOPPEMENT HUMAIN ETENDU
RESUME

La Côte d'Ivoire qui aspire à devenir un pays à revenu intermédiaire supérieur à l'horizon 2030, place la transformation structurelle de son économie au rang de ses priorités
. A cet effet, le capital humain, la clé de voute de cette ambition occupe une place importante dans les planifications de développement de la Côte d’Ivoire, notamment la vision 2030 et le PND 2021-2025.
L’indice de développement humain étendu (ou élargi) (IDHE) calculé au niveau de cette dimension 4 (Développement humain) s’inspire de la mesure de l’IDH du PNUD et s’inscrit dans une optique d’amélioration avec la prise en compte de nouvelles variables telles que : (i) l’Indice synthétique de Fécondité (ISF) mettant en exergue l’impact de la structure et de la dynamique de la population sur le système de production et (ii) la consommation de biens et services par tête à la place du PIB/tête pour montrer la capacité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent.
Les résultats de nos analyses sur l’IDHE attestent un niveau moyen du développement du capital humain en Côte d’Ivoire qui est de 0,607. S’il est vrai que ce résultat est insuffisant, il est cependant un peu meilleur à celui réalisé par le pays en 2015 (0,549). Par ailleurs, suivant une analyse sexospécifique, on observe que l’IDHE des hommes (0,640) est supérieur à celui des femmes (0,552) en Côte d’Ivoire. En effet, les femmes ont niveau de santé meilleur (0,675) à celui des hommes (0,649), contre des hommes qui ont des niveaux d’éducation et de bien-être meilleur à ceux des femmes. Ce niveau moyen d’IDHE est expliqué par les déficits observés principalement dans le secteur d’éducation. Considérant les sous dimensions au niveau des Districts du pays, on constate que ceux-ci performent au niveau de l’amélioration du niveau de vie par rapport à la ville d’Abidjan, avec des proportions au-delà de 80%. Par contre, au niveau de la santé, on note un faible niveau au niveau des Districts de Denguelé (44,6%), Montagnes (55,1%), Sassandra-Marahoué (61,2%), Savane (59,2%), Vallé du Bandama (65%), Worouba (55,1%) et le Zanzan (57,2%). Quant à l’éducation, à l’exception des districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro et le district des lagunes, tous les autres districts ont des niveaux de développement d’éducation faible, en deçà de 50%. Cette faiblesse est plus observée dans les districts de Denguelé (20,9%), de Woroba (23,2%) (et de Savanes (26,5%) par rapport au niveau national qui est de 45,9%.
Au nombre des principales recommandations proposées pour améliorer le niveau de la santé des populations ivoiriennes et contribuer à la capture du dividende démographique, on peut citer la nécessité de procéder à des investissements dans le système sanitaire (renforcer l’usage des méthodes de contraception moderne, assister les femmes en couches, renforcer les plateaux techniques) au niveau national, mais particulièrement dans les zones à faible indice de la santé. Egalement, au niveau de l’éducation, renforcer les investissements du système alimentaire des élèves, notamment par la construction des cantines scolaires dans les différentes zones, mais aussi promouvoir davantage la scolarisation de la jeune fille. De plus, le développement des métiers des formations techniques et professionnelles serait une opportunité pour le pays dans sa politique de transformation structurelle de son économie.
-101602611750INTRODUCTION
Selon l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA), le capital humain de l’Afrique sera entièrement développé en tant que ressource la plus précieuse, notamment par des investissements soutenus fondés sur l’universalité en matière d’éducation de la petite enfance et d’éducation de base. Egalement des investissements soutenus dans l’enseignement supérieur, la science, la technologie, la recherche et l’innovation devront être effectués, afin d’éliminer les inégalités entre les hommes et les femmes à tous les niveaux de l’éducation. Cette aspiration de l’UA rime avec l’objectif 4 des ODD 2030 des Nations Unies qui vise à assurer à terme, que tous les individus bénéficient sans discrimination d’une éducation et des possibilités d’apprentissage tout le long de leur vie, qui leur permettra d’être socialement productifs.
Les pays en développement, en général, et d’Afrique en particulier, se doivent de disposer des moyens et des ressources nécessaires pour piloter leur propre développement grâce à une amélioration du bien-être des individus. Cet intérêt au niveau international accordé au capital humain se décline au niveau des pays à travers des politiques et programme de développement.
Dans sa vision d’être à l’horizon 2030, un pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure, la Côte d’Ivoire à travers le PND (2021-2025) place la transformation structurelle de son économie au rang de ses priorités, avec un accent particulier sur le capital humain, clé de cette transformation structurelle. En effet, l’Indice de Développement humain (IDH) de la Côte d’Ivoire est passé de 0,538 en 2019 à 0,550 en 2021, soit une amélioration de 0,12 point (PNUD, 2022). Cette progression a permis au pays de sortir pour la première fois en vingt (20) ans, de la catégorie des pays à niveau de développement humain faible pour rejoindre celle à niveau de développement humain moyen. 
Pour consolider les acquis en matière de développement économique, et consciente des insuffisances en matière de capital humain, la Côte d’Ivoire s’est fixée à l’horizon 2025 de, (i) atteindre un taux net de scolarisation de 96,8%, couplé à un taux d’achèvement du primaire de 100% ; (ii) doubler le nombre d’apprenants pour 100 000 habitants dans l’enseignement technique et formation professionnelle, par rapport au niveau de 2019 qui était de 415 et (iii) lutter contre les inégalités d’emploi et baisser le taux d’emploi précaire à 13,1% par rapport à 16,10% en 2017.
De ce qui précède, le capital humain constitue un enjeu stratégique de développement, mais sa mesure holistique à l’échelle nationale et intra-nationale n’est toujours pas chose aisée, au regard de la dynamique des méthodologies mobilisées.
Le présent rapport portant sur la dimension 4 de l’Indice Synthétique de suivi du Dividende démographique (DDMI), relative au capital humain se structure comme suit :
Le contexte, situant l’état des lieux du développement du capital humain en Côte d’Ivoire à travers l’éducation, la santé et le niveau de vie des populations ;
La revue de littérature sur le capital humain ;
La méthodologie mobilisée pour les analyses ;
La présentation des résultats et les analyses portant sur les indices stratégiques (éducation, santé et niveau de vie) ;
La conclusion et les recommandations de politiques publiques.
026714504.1.
CONTEXTE

4.1.1-
Situation de l’éducation en Côte d’Ivoire
En matière d’éducation, on constate que des efforts ont été faits entre 2015 et 2019.

Des résultats probants ont été obtenus grâce aux politiques et réformes mises en œuvre dans le secteur de l’éducation/formation par le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire. Il s’agit notamment, i) de la Politique de Scolarisation Obligatoire (PSO), ii) de la distribution gratuite et régulière de manuels scolaires, iii) de la construction de collèges de proximité en milieu rural, iv) de la création de classes passerelles, et de la lutte contre les grossesses en milieu scolaire.
Enseignement primaire
Ainsi au primaire, le taux brut de scolarisation (TBS) et le taux d’achèvement (TAP) sont respectivement passés de 95,4% et 63,9% à 100,5% et 80,5% entre ces deux années, soit des bonds respectifs de 5,1 et 16,6 points de pourcentage. Les indices de parité entre les sexes (IPS) du TBS et du TAP bien que penchant en faveur des garçons se sont améliorées dans le sens des filles passant respectivement de 0,94 et 0,85 en 2015 à 1 et 0,98 en 2019. Quant au taux brut d’accès (TBA), bien qu’il ait connu une légère baisse entre 2015 et 2019 en passant de 103,2% à 101,1%, l’IPS de cet indicateur est quant à lui passé de 0,99 à 1, c’est-à-dire d’une très faible proportion d’inégalité en faveur des garçons à une égalité filles/garçons.
Premier cycle du secondaire général
D’importants progrès ont également été observés au niveau du premier cycle du secondaire général. Ainsi, pour ce cycle, le taux brut d’accès (TBA), le taux brut de scolarisation (TBS) et le taux d’achèvement (TAS) sont respectivement passés de 60,7% ; 53,8% et 36% à 74% ; 70,52% et 56,78%, soit des bonds respectifs de 13,3 ; 16,72 et 20,78 points de pourcentage. Les indices de parité entre sexes (IPS) du TBA, du TBS
et du TAS restent favorables aux garçons mais se sont améliorés dans le sens des filles, passant respectivement de 0,85 ; 0,80 et 0,78 en 2015 à 0,93 ; 0,89 et 0,87 en 2019.
Second cycle du secondaire général
On a également observé des progrès non négligeables au niveau du second cycle du secondaire général. Ainsi, pour ce cycle, le taux brut d’accès (TBA), le taux brut de scolarisation (TBS) et le taux d’achèvement (TAS) sont respectivement passés de 27,1% ; 28,1% et 20,1% à 31,33% ; 35,78% et 28,46%, soit des bonds respectifs de 4,23 ; 7,68 et 8,36 points de pourcentage. Les indices de parité entre sexes (IPS) du TBA, du TBS et du TAS bien que demeurant favorables aux garçons se sont améliorés dans le sens des filles, passant respectivement de 0,69 ; 0,68 et 0,73 en 2015 à 0,82 ; 0,79 et 0,80 en 2019.
Enseignement secondaire technique
Au niveau de l’enseignement secondaire technique, de 3 357 salles de classe en 2015, le pays est passé à 3 421 salles de classe en 2019, soit 64 salles de classe supplémentaires. Toujours en 2015, le pays comptait 55805 élèves dans l’enseignement secondaire technique dont 48,9% de filles contre 46 153 en 2019 dont 48,4% de filles. Ainsi, entre ces deux années, on observe une baisse de 17,3% des effectifs au niveau du secondaire technique.
Enseignement supérieur
Au titre des infrastructures en 2019, le dispositif de l’Enseignement Supérieur était composé de 438 établissements de formation dont 46 universités privées contre 6 publiques et 350 grandes écoles privées, soit une proportion de 90,41% des établissements sur toute l’étendue du territoire national. Pour cette même année, la Côte d’Ivoire compte 249 420 étudiants et 20 142 enseignants. Les étudiants inscrits dans les établissements privés d’enseignement supérieur sont au nombre de 122 735, dont 21.953 dans les universités privés et 100.782 dans les grandes écoles privées.
En dépit des progrès susmentionnés, des efforts restent à faire. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la durée moyenne de scolarisation des personnes âgées de 25 ans et plus en Côte d’Ivoire n’était que 5,3 ans en 2019. Il ressort par ailleurs que le taux d’alphabétisation en Côte d’Ivoire reste bas, à 43,9% contre 59,9% en Afrique subsaharienne et 77% au Ghana voisin (Florence, 2020).
4.2-
Etat du niveau de vie des populations en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, la lutte contre la pauvreté est amorcée depuis la période 2012-2015 et s’est renforcée en 2018. On estime selon l’ENV (2015) à environ 10 064 128, le nombre de pauvres avec un taux de pauvreté de 39,4% en 2018 contre 44,4% en 2015. Ce résultat a été possible grâce à l’effet conjugué des performances économiques remarquables et des mesures de politique sociale mises en œuvre par le Gouvernement ivoirien. Ces
résultats laissent transparaitre que le niveau de vie en Côte d’Ivoire a connu des progrès.
Entre 2015 et 2018, le pays a enregistré une croissance en faveur des pauvres que des riches
. En effet, l’analyse de l’indicateur du niveau de vie des ménages a permis de constater une amélioration de 37,3% pour les ménages pauvres dont les dépenses moyennes par tête sont passées de 177 623 FCFA à 243 963 FCFA entre les 2 années. En outre, le ratio de pauvreté s’est en revanche détérioré, passant de 44,4% à 39,4% sur la période. Il s’ensuit une amélioration de l’inégalité globale qui passe de 58,8% en 2015 à 35,1% en 2018.
La baisse de l’inégalité a contribué à réduire le taux de pauvreté en terme absolue mais aussi l’inégalité entre les revenus des ménages pauvres et des ménages non pauvres comme le témoigne les données du tableau ci-dessous. Ainsi, selon le statut de pauvreté, il ressort que le revenu moyen des « riches » est 5,2 fois plus important que celui des pauvres en 2015. En 2018, ce rapport s’établit à 2,8.
Tableau
4.1
: Examen de
l’évolution de la pauvreté

en Côte d’Ivoire (2015-2018)
ENV 2015
EHCVM 2018
Variation (%)
Principaux indices de pauvreté (%)
Ratio de pauvreté (P0)
44,4
39,4
-11,3%
Gap de pauvreté (P1)
15,9
11,6
-27,0%
Sévérité de pauvreté (P2)
7,7
4,7
-39,0%
Indices d’inégalité – Gini
Pauvres
0,192
0,155
-24,0%
Non pauvres
0,552
0,289
-50,9%
Ensemble
0,588
0,372
-40,3%
Dépenses moyennes par tête (FCFA par an)
Pauvres
177 623
230298,2
37,3%
Non pauvres
923 768
693263,3
-25,5%
Ensemble
592 177
510627,4
-13,4%
Rapport (Dépenses des non pauvres/Dépenses des pauvres)
5,2
2,8
–
Source : ENSEA (2019)
Cette baisse de la pauvreté s’est accompagnée de fortes disparités selon les niveaux d’urbanisation et les régions. Le taux de pauvreté en milieu rural (51.2%) était plus de deux fois supérieur au taux en milieu urbain (23.54%). Concernant les régions, le taux le plus faible est observé dans le district d’Abidjan (10.2%) et les plus élevés dans le
Bafing (68.5%) et le Tonpki (66.5%). Les estimations des seuils relatifs de pauvreté en termes réels ont connu également une tendance haussière ; était pauvre au sens monétaire en 2015 l’individu ayant moins de 269 075 FCFA/an. En 2019, il fallait 316 712 FCFA pour ne pas l’être. Dans la continuité de ces efforts, le Gouvernement a ainsi entrepris la mise en œuvre en place d’un outil technique permettant le ciblage des populations pauvres et vulnérables. Le Registre Social Unique (RSU) permettra de gérer l’affectation des ressources publiques consacrées à la lutte contre l’extrême pauvreté. La réussite d’un tel outil repose sur un mécanisme fiable, transparent doté d’un système de gestion de la performance évolutif.
Dans la mesure du développement humain, le niveau de vie est apprécié de manière simple soit par le PIB/tête, soit par la consommation par tête avec l’hypothèse que cette consommation est essentiellement basée sur le revenu du travail.
4.2.1 –

Produit intérieur brut (PIB)
Le PIB est un indicateur permettant de mesurer l’envergure de l’activité économique d’un pays sur la base de la richesse créée au sein d’un pays au cours d’une période (1 an en général).
Evolution de la croissance du PIB réel
En Côte d’Ivoire, selon les estimations de la banque mondiale, après une baisse importante du taux de croissance annuelle du PIB réel par personne pourvu d’un emploi observé en 2011, soit -6,2% l’on est passé de 8,5% en 2012, a une valeur oscillant autour de 6,5% de 2012 à 2016, faisant de la Côte d’Ivoire l’un des pays africains à forte productivité économique, en Afrique Sub-saharienne. Depuis 2016, on observe une tendance baissière de ce taux passant de 4,8% à 4,2% de 2017 à 2018, tendance qui se conservera jusqu’en 2020, selon les prévisions de l’Organisation Internationale du Travail.
Tableau
4.2
:
Evolution du PIB/habitant de la Côte d’Ivoire
Agrégats
unité
2014
2015
2016
2017
2018
2019
Variation du PIB en valeur
%
13,0
12,2
6,8
5,8
6,9
6,2
PIB par habitant à prix
courant
Milliards de FCFA
756,1
827,4
861,8
889,3
935,6
58,9
Source 
: RAPPORT VOLONTAIRE D’EXAMEN NATIONAL DE LA MISE EN ŒUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE EN CÔTE D’IVOIRE 2019 (Ministère du Plan et du Développement)
Évolution du PIB nominal par tête
Des données récentes de la banque mondiale sur le PIB par habitant classent la Côte d’Ivoire parmi les économies les plus dynamiques de la CEDEAO. Avec un PIB/habitant de 2 276,3 US $ environ 1,23 million F CFA, la Côte d’Ivoire se classe en
deuxième position après le Cap vert avec un PIB/ habitant de 3 603,8 US $. Elle est suivie par le Nigeria (2 229,9 US $), autrement dit un ivoirien a un niveau de vie supérieur à celle d’un nigérian. Viennent ensuite par ordre d’importance dans le classement, le Ghana (2 202 US $), le Sénégal (1446 US $), le Bénin (1 219 US $). Les autres pays de la région sont largement en dessous du PIB/habitant moyen de l’Afrique subsaharienne qui s’est établi à 1 596,2 dollars. Pour rappel, le PIB par habitant permet de refléter le niveau de vie des habitants et donc le niveau de développement du pays.
La forte croissance économique de la Côte d’Ivoire s’est traduite par des résultats mitigés en matière de développement humain. En effet, des régions et certaines franges de la population du pays n’ont pu bénéficier des avantages de cette croissance. Ainsi, en dépit des progrès enregistrés en matière de santé et d’éducation, la Côte d’Ivoire continue d’accuser du retard par rapport aux moyennes de sa région et du groupe de pays à revenu intermédiaire dont elle fait partie.
La pauvreté en Côte d’Ivoire est en nette diminution avec des disparités régionales mais toujours défavorable aux femmes et aux zones rurales.
Une pauvreté plus défavorable aux femmes qu’aux hommes : en 2018, la répartition des pauvres selon le genre est de 49,02%pour les hommes contre 51,98% pour les femmes. Ainsi, on estime la population féminine pauvre à 5 130 791 contre 4 933 337 pour la population masculine en 2018. Le défi consiste donc à prendre des mesures tendant à réduire la vulnérabilité des femmes face à la pauvreté. En 2020, selon l’INS, la pauvreté est plus accentuée en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi en 2018, l'on dénombrait 5 505 078 de personnes pauvres en milieu rural (54,7%) contre 2 485 840 en milieu urbain (24,7%). La tendance baissière globale observée entre 2015 et 2018 est confirmée selon le milieu de résidence avec une accentuation pour le milieu urbain. En effet, le taux de pauvreté dans ce milieu de résidence est passé de 35,9% en 2015 à 24,7% en 2018.
Ainsi pouvons-nous noter que le niveau de vie exprimé à travers le revenu national brut par habitant en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) de 2011, la Côte d’Ivoire a en 2018 un revenu de 3 589 dollars, alors qu’il était en moyenne, au cours de la même année, de 2 581 dollars en PPA pour les pays à faible revenu et de 3 443 pour les pays de l’Afrique au Sud du Sahara.
Tableau
 4.3 : R
écapitulatif de certaines données relatives au niveau de vie en Côte d’Ivoire
Indicateurs
Valeur la plus récente
Année
Ratio de la population pauvre disposant de moins de $ 1,90 par jour (2011 PPA) (% de la population)
11,4
2018
Espérance de vie à la naissance, total (années)
59
2021
Population, total
27 478 249
2021
Croissance de la population (% annuel)
2,5
2021
Migration nette
6 000
2022
Indice du capital humain (échelle comprise entre 0 et 1)
0,4
2020
4.3. La santé
L’Etat de la Cote d’Ivoire a toujours affirmé son engagement à faire de ce secteur, une priorité pour la réalisation du Dividende Démographique. Il constitue pour le Gouvernement, un pilier fondamental pour satisfaire l’aspiration de la population à un meilleur état de santé et de bien-être, sans discrimination. La mise en œuvre des orientations du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) (2009–2018) est en cohérence avec les stratégies retenues dans le Plan National de Développement (PND) dans son axe II « Développement du capital humain, protection sociale et développement durable ».
Malgré les progrès enregistrés14, la situation sanitaire15 en C
ô
te

d’Ivoire reste caractérisée par une mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile encore élevée et un taux de prévalence contraceptive relativement faible ,Pour la période des cinq dernières années avant l’EDS-CI 2021, le risque de mortalité infantile est estimé à 52 décès pour 1 000 naissances vivantes et le risque de mortalité juvénile à 24 ‰ ; Concernant les composantes de la mortalité infantile, elles se situent à 30 ‰ pour la mortalité néonatale et à 22 ‰ pour la mortalité post néonatale ;
Globalement, le risque de mortalité infanto-juvénile, c’est à dire le risque de décès avant l’âge de cinq.
A l’image du taux de mortalité néonatale, le taux de mortalité infanto-juvénile a connu la même évolution. De 59‰ en 2015 (EDSc), il est descendu à 51‰ en 2016 (EDSc) pour remonter à 56‰ en 2017(EDSc), très au-delà de la cible de 50‰ attendu en 2018 dans le Plan SRMNIA. L’état nutritionnel des enfants dans certaines régions ainsi que la santé des adolescent(e)s/jeunes, sont toujours préoccupants dans notre pays.
5.3.1. Système et état sanitaires
Politique en matière de santé
La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs de Développement durable (ODD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du Plan National de Développement Sanitaire deux (PNDS-II, 2009-2018) révisé pour la période (2019-2028)16. Cette politique vise essentiellement la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maitrise de la fécondité et l’accès accru aux services sanitaires de base pour les plus démunis.
La part du budget de l’Etat allouée au secteur de la santé est en hausse régulière ces dernières années.

La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du ministère de la santé qui est passé de 128,3 milliards à 213,3 milliards de Francs CFA (soit de 242 millions à 403,37 millions US$) entre 2012 et 2016, soit environ16, 6 % de croissance par an.
Le PNDS-II accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux IST/SIDA et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP).
Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (48% en 2021) reste stable. Cependant, les résultats des enquêtes sur les groupes à risque montrent des prévalences beaucoup plus élevées (5 à 25 %).
Pour les consultations prénatales, plus de 9 mètres sur 10 (93%) ont été consultées par un personnel médical formé pendant la grossesse en 2005. Pour les naissances survenues au cours des 5 dernières années, 40 % des mères (en 2005) ont bénéficié de l’assistance d’un personnel médical formé à l’accouchement. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans est marquée par une amélioration des taux correspondants en 2005 (59 %).
4.3.2 – Fécondité
Niveau de fécondité et tendance
Les données de l’EDS-MICS 2011 montrent que la fécondité des femmes en Côte d’Ivoire demeure élevée, puisque l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) y est estimé à 5,0 enfants par femme. Avec ces niveaux, Les femmes sans aucun niveau d’instruction sont les plus fécondes et ont, en moyenne, 3,2 enfants de plus que celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus. De même, le nombre d’enfants par femme est de 6,7 dans les ménages les plus pauvres contre moins que la moitié dans les ménages les plus riches (3,2).
Fécondité différentielle
Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence. Ce niveau global de fécondité cache des disparités importantes selon le milieu de résidence. Les femmes du milieu rural ont une fécondité beaucoup plus élevée que celles du milieu urbain. En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance en moyenne, à près de 3 enfants de plus que celles du milieu urbain. En outre, en milieu rural, la fécondité est beaucoup plus précoce puisqu’à 15-19 ans, le taux y est estimé à 197 ‰ contre 82 ‰ en milieu urbain. Selon les régions on peut distinguer trois groupes :
La Ville d’Abidjan se démarque nettement des autres régions par une fécondité basse (3,1 enfants par femme) ;
Des régions à fécondité moyenne (autour de la moyenne nationale) : Centre-Est (4,6), Sud (4,8), Sud-Ouest (5,0), Centre-Nord et Centre-Ouest (5,4) ;
Des régions à fécondité élevée : Nord-Est (6,0), Nord, Centre et Ouest (6,1) et un pic de 6,8 enfants au Nord-Ouest.
Fécondité des adolescentes
La fécondité des adolescentes, c’est-à-dire les jeunes femmes âgées de 15-19 ans, constitue un problème de santé. Pour cette raison, le niveau de leur fécondité occupe une place importante dans l’élaboration des politiques et la mise en œuvre des stratégies et des programmes de la santé de la reproduction. En effet, les enfants de mères jeunes (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées. De même, les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Enfin, l’entrée précoce des jeunes filles dans la vie féconde réduit considérablement leurs opportunités scolaires et leur participation dans la vie active.
On constate que 30% des adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde : 23 % ont déjà eu au moins un enfant et 7 % sont enceintes pour la première fois. Par rapport aux deux précédentes enquêtes, la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde a nettement diminué entre 1994 et 1998-1999 mais a demeuré stationnaire entre 1998-1999 et 2011-2012. En effet, de 35 % en 1994, cette proportion est passée à 31 % en 1998-1999, et à 30 % en 2011- 2012. C’est surtout la proportion d’adolescentes qui ont déjà eu au moins un enfant qui a diminué, passant de 30 % à 21 %.
4.3.3 –
Planification familiale
La planification familiale est une intervention à hauts impacts qui permet de maîtriser la croissance rapide de la population, de réduire significativement les avortements et les décès maternels. Au regard de son importance, et pour être en conformité avec les orientations de l’Union Africaine, la Côte d’Ivoire a retenu cette intervention dans la Feuille de Route, pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile (FDR-RMMNI) et dans le Cadre de l’Accélération de l’Objectif 5 du Millénaire pour le Développement.
Connaissance des méthodes contraceptives
Bien que la connaissance des méthodes contraceptives soit généralisée Chez les femmes de 15-49 ans, 94 % ont déclaré connaître au moins une méthode contraceptive

quelconque, 93 % une méthode moderne et 61 % une méthode traditionnelle.
Chez les hommes de 15-49 ans, 97 % ont déclaré connaître au moins une méthode contraceptive quelconque, 97 % une méthode moderne et 74 % une méthode traditionnelle.
Chez des femmes de 15-49 ans, l’utilisation de la contraception reste cependant très faible et est évaluée à 20 % pour l’ensemble des méthodes et à 14 % pour les méthodes modernes.
Chez les femmes en union, la prévalence contraceptive est de 18 % pour l’ensemble des méthodes et de 13 % pour les méthodes modernes.
Les méthodes contraceptives modernes les plus utilisées par les femmes en union sont la pilule (7 %), les condoms masculins (2 %) et
les injectables (2 %). Le DIU et la stérilisation féminine ne sont pratiquement pas utilisés par les femmes en union.
Prévalence contraceptive
Selon les données de l’EDS MICS 2011, Concernant le milieu de résidence, on enregistre un écart entre le milieu urbain et le milieu rural. En effet, 97 % des femmes du milieu urbain contre 92 % de celles du milieu rural connaissent au moins une méthode de contraception quelconque et 96 % des femmes du milieu urbain contre 91 % de celles du milieu rural connaissent au moins une méthode moderne. Chez les hommes en union, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives modernes est presque de 100 % en milieu urbain contre 98 % en milieu rural. Le niveau de connaissance des méthodes contraceptives, et en particulier les méthodes modernes, reste élevé quelles que soient les autres catégories sociodémographiques considérées. Toutefois, les femmes des régions du Nord (84 %) et du Centre-Ouest (89 %), celles n’ayant aucun niveau d’instruction (91 %) et celles des ménages les plus pauvres (90 %) se distinguent par un niveau de connaissance relativement plus faible.
Besoins non satisfaits
Les résultats de l’EDS MICS 2011 Les femmes actuellement en union non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (limiter les naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la naissance de l'enfant suivant (espacer les naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception. Les femmes ayant des besoins non-satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception constituent la demande totale en planification familiale. Bien que l’utilisation actuelle de la contraception soit relativement faible, les besoins en matière de planification familiale.
4.3.4 – Situation sanitaire
Le système de santé ivoirien est de type pyramidal comprenant trois (03) niveaux avec (02) versants : un versant gestionnaire ou administratif et un versant prestataire ou offre de soins. L’offre de soins comprend trois niveaux :
Le niveau primaire constitue la porte d’entrée dans le système de santé. Il est composé de tous les établissements sanitaires publics qui assurent une fonction de premier contact avec les usagers pour dispenser des prestations de type curatif, préventif, éducatif et promotionnel. Les structures de ce niveau font intervenir des techniques simples. Ce niveau est composé des Dispensaires Ruraux (DR), des Centres de Santé Ruraux (CSR), des Centres de Santé Urbains (CSU), des Centres de Santé Urbains Spécialisés (CSUS) et des Formations Sanitaires Urbaines (FSU).
Le niveau secondaire constitue le point de référence immédiat du niveau primaire. Il comprend tous les établissements de soins publics assurant une fonction de premier recours pour les cas ne pouvant pas être pris en charge par le niveau primaire et possédant une capacité technique de diagnostic et de traitement.
Ce niveau comprend les Hôpitaux Généraux (HG), les Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) et les Centres Hospitaliers Spécialisés (CHS) qui n’ont pas de statut d’Établissement Public National (EPN).
Le niveau tertiaire est constitué de toutes les structures sanitaires publiques assurant une fonction de second recours pour les cas ne pouvant pas être pris en charge par le niveau secondaire et possédant une capacité technique de diagnostic, de traitement, de formation et de recherche. Il comprend les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), l’Institut de Cardiologie d’Abidjan (ICA), l’Institut Raoul Follereau de Côte d’Ivoire (IRFCI), l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP), le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP)l’Institut National de la Santé Publique (INSP), le Centre National d’Oncologie et de Radiothérapie Alassane OUATTARA (CNOR-AO) et le Service d’Aide Médicale d’Urgence (SAMU).
Le versant offre de soins, comprend aussi le secteur sanitaire privé qui s’est développé ces dernières années avec l’émergence d’établissements sanitaires de toutes catégories.
En outre, d’autres ministères participent à l’offre de soins à travers leurs infrastructures sanitaires (Ministères en charge de : la défense, l’économie et des finances, la fonction publique, l’emploi, la solidarité, les affaires sociales, l’éducation nationale, l’intérieur, etc…). Pour renforcer le système de santé, les activités avec l’implication de la communauté sont entreprises. Le versant administratif comprend également trois niveaux :
Le niveau central avec le Cabinet du Ministre, la Direction Générale, les Directions Centrales et les Services rattachés, est chargé de la définition de la politique sanitaire, de l’appui et de la coordination globale de la santé.
Le niveau intermédiaire est composé de 20 Directions Régionales qui ont une mission d’appui aux Districts pour la mise en œuvre de la politique sanitaire.
Le niveau périphérique comporte 86 Directions Départementales de la santé ou Districts sanitaires, qui coordonnent l’activité sanitaire dépendant de leur ressort territorial. Ils fournissent un support opérationnel et logistique aux services de santé. Le district sanitaire est l’unité opérationnelle du système de santé.
En termes d’infrastructure fonctionnelle, la Cote d’Ivoire compte globalement selon le rapport annuel de la situation sanitaire (RASS 2020) 3411 ESPC (Établissement Sanitaire de Premier Contact), 131 hôpitaux de référence. Il faut noter que parmi ces hôpitaux de références 59 districts sanitaires sur 113, soit 52,21%, ont atteint la norme nationale en 2020. Au chapitre du plateau technique, la Cote d’Ivoire jusqu’en 2020 dispose de 164 blocs opératoires dont 46 non fonctionnels au plan national.
En Côte d’Ivoire, le nombre de laboratoires d’analyses de biologies médicales existant dans les établissements sanitaires publics du premier et deuxième niveau est passé de 265 en 2019 à 247 en 2020, soit une baisse de 6,79%. Sur les 247 laboratoires, 08 ne sont pas fonctionnels.
De façon récapitulatif, selon les indicateurs utilisés pour l’élaboration de ces données sanitaires en Côte d’Ivoire, le ratio national en termes de ressources humaines enregistré est de 1,40 médecins pour 10 000 habitants, de 2,36 infirmiers pour 5 000 habitants et de 3,05 sages-femmes pour 3 000 femmes en âge de procréer.
48,48% des régions sanitaires et 39,82% des districts sanitaires ont atteint la norme d’un (01) médecin pour 10 000 habitants.
100% des régions sanitaires et 92,03% des districts sanitaires ont atteint la norme d’un (01) infirmier pour 5000 habitants.
100% des régions sanitaires et 98,23% des districts sanitaires ont atteint la norme d’une (01) sage-femme pour 3000 FAP (Femme en Age de Production).
La densité nationale en professionnels de santé prestataires de soins (médecins, IDE, SFDE) pour 10 000 habitants est de 8,57.
Au niveau des infrastructures, on enregistre un ratio national de 1,29 ESPC pour 10 000 habitants et de 0,87 hôpital de référence pour 150 000 habitants.
84,84% des régions sanitaires et 56,63% des districts sanitaires ont atteint la norme de 1 ESPC pour 10 000 habitants.
51,51% des régions et 52,21% des districts ont un ratio hôpital de référence/population au-dessus de la norme nationale.
Concernant le plateau technique et les équipements, on dénombre :
1 bloc opératoire fonctionnel pour 218 624 habitants. 63,71% districts sanitaires abritent des blocs opératoires.
1 laboratoire public d’analyses de biologies médicales pour 110 684 habitants. 91,15% des districts sanitaires disposent de laboratoire public d’analyses de biologies médicales.
1 service public de radiologie pour 339 148 habitants.
55,75% des districts disposent d’un service de radiologie dans leurs établissements publics de soins.
En résumé, la Côte d’Ivoire a enregistré une bonne performance au niveau de tous ses indicateurs de santé en 2020, bien que cette année ait été marquée par une crise sanitaire mondiale due au Covid 19. Au niveau des ressources en santé, l’on enregistre une augmentation des ressources financières et des ratios de ressources humaines. Seul l’indicateur « densité en professionnels de santé » n’a pas atteint la norme parmi les indicateurs de ressources humaines. Les indicateurs des ressources matérielles enregistrent quant à eux des performances diverses. Pour les infrastructures le ratio Population/ESPC a atteint la norme contrairement au ratio Hôpital de référence/population. Au niveau du plateau technique et des équipements des services publics de santé, on note également une augmentation du nombre de blocs opératoires.
4.3.5 –
Etat nutritionnel des enfants
La situation nutritionnelle en Côte d’Ivoire demeure un problème de santé publique. Elle est mise en évidence à travers EDS 2021. Selon cette étude l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques
est très critique
. Dans l’ensemble, 23 % des enfants de moins de 5 ans accusent un retard de croissance ou sont atteints de malnutrition chronique (ils sont trop petits pour leur âge) et 8 % ont un retard de croissance sévère. Huit pour cent des enfants de moins de 5 ans sont émaciés ou souffrent de malnutrition aiguë (ils sont trop maigres par rapport à leur taille) et 2 % le sont sous la forme sévère. À l’opposé, 3 % des enfants présentent une surcharge pondérale. Les résultats montrent également que 14 % présentent une insuffisance pondérale (ils sont trop maigres par rapport à leur âge), y compris 4 % qui présentent une insuffisance pondérale sévère
.
Vaccination des enfants
La vaccination universelle des enfants contre les maladies courantes évitables par la vaccination est essentielle pour réduire la morbidité et la mortalité infantiles. En Côte d’Ivoire, le Programme élargi de vaccination (PEV) est chargé d’organiser, à l’échelle nationale, la vaccination des populations les plus vulnérables, principalement les enfants âgés de 0 à 11 mois et les femmes enceintes, et d’assurer la surveillance des maladies cibles du PEV. À ce titre, il a pour principale mission de réduire la morbidité et la mortalité liées aux Maladies Prioritaires Évitables par la vaccination (MEV). Dans la mise en œuvre de ses activités de vaccination conformément aux recommandations de l’OMS, le PEV considère un enfant complètement vacciné lorsqu’il a reçu le vaccin du BCG contre la tuberculose, trois doses de DTC-HepBHib contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae type B (Hib), et l’hépatite B, trois doses du vaccin contre la poliomyélite et le vaccin contre la rougeole. En outre, selon le calendrier vaccinal national, l’ensemble de ces vaccins devront être administrés au cours de la première année de vie. Au cours de l’EDS-CI 2021, les informations sur la couverture vaccinale ont été obtenues de deux façons : à partir des cartes de vaccination ou autre document où les vaccinations sont inscrites et les déclarations des mères.
Selon l’EDS 2021 Plus d’un enfant de 12–23 mois sur trois a reçu tous les vaccins de base (36 %)
,
19% enfants de 12–23 mois sont complètement vaccinés conformément au calendrier national, c’est-à-dire qu’ils ont reçu tous les vaccins appropriés pour leurs âges ; à savoir une dose du BCG, hépatite B (dose naissance), trois doses du pentavalent (DTC-HepB-Hib), trois doses du vaccin oral contre la polio, une dose de vaccin contre la Polio Inactivé, trois doses du vaccin contre le pneumocoque, deux doses du vaccin contre le rotavirus et une dose de vaccin contre la rougeole.
Le pourcentage d’enfants ayant reçu tous les vaccins de base varie de manière importante entre les régions. C’est la région de Yamoussoukro qui enregistre la
meilleure couverture vaccinale (58 %). Dans les régions de Zanzan (51 %), de la Vallée du Bandama (52 %) et des Lacs (50 %), la moitié des enfants ont reçu les vaccins de base. Par contre, dans les régions d’Abidjan (26 %), des Lagunes (26 %) et le Woroba (23 %), cette couverture vaccinale complète est plus faible
Mortalité
Mortalité maternelle
 : La mortalité maternelle est un indicateur particulièrement révélateur de la condition féminine, de l’accès des femmes aux soins de santé et de la façon dont le système de santé répond à leurs besoins. Il est donc important de pouvoir disposer d’informations sur les niveaux de la mortalité maternelle. L’analyse du phénomène portera sur la population en âge de procréer, à savoir les femmes de 15 à 49 ans (EDS 2021).
En 2020, nous avons enregistré 966 décès maternels en routine (MAGPI) pour 697 473 naissances vivantes, soit 138,50 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes contre 150,1 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2019. On enregistre une baisse de 11,60 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.
Au niveau régional, les régions sanitaires du Kabadougou (531,23 pour 100 000 naissances vivantes) du Gkekè (317,60 pour 100 000 naissances vivantes) et du Bélier (241,54 pour 100 000 naissances vivantes) ont les ratios de mortalité maternelle les plus élevés.
Mortalité infantile
 : Les informations sur la mortalité infantile et juvénile sont pertinentes pour l’évaluation démographique de la population et elles constituent un indicateur important du niveau de développement socio-économique et de la qualité de vie d’un pays. Elles peuvent aussi permettre d’identifier les enfants qui courent des risques élevés de mortalité et de mettre en place des stratégies pour réduire ces risques, telle que la promotion de l’espacement des naissances. Pour la période des cinq dernières années avant l’EDS-CI 2021, le risque de mortalité infantile est estimé à 52 décès pour 1 000 naissances vivantes et le risque de mortalité juvénile à 24 ‰.
Mortalité infanto-juvénile
 : Concernant la mortalité infanto juvenile, globalement, le risque de mortalité infanto-juvénile, c’est à dire le risque de décès avant l’âge de cinq ans, est de 74 ‰.
4.2.
REVUE DE
LITTÉRATURE
000Le lien entre le développement du capital humain et la croissance économique et le niveau de vie des agents économiques n’est pas nouveau dans la littérature économique (Kone, 2016). Les théoriciens de ces concepts érigent l’accumulation de la connaissance et de la santé au rang d’investissement au même titre que tous les autres. Pour Becker (1964), le capital humain regroupe l’ensemble des capacités productives dont dispose un individu par accumulation de connaissances générales ou spécifiques, de savoir-faire tout en tenant compte du maintien de son état physique de santé. La croissance économique résulte principalement de la qualité du capital humain qui se traduit par un accroissement des investissements dans l’éducation et la santé (Becker, 1964 ; Romer, 1990 ; Schumpeter, 1934 ; Bodman et Lee, 2013). Romer (1986) soutenait que les externalités positives liées à l’accumulation des connaissances étaient la première source de la croissance économique. La décroissance des rendements marginaux du capital et du travail est contrebalancée par les externalités positives dues à l’accumulation des connaissances. En clair, en investissant dans l'éducation le rapport de la productivité/gain des agents économique sera plus élevée et les individus seront plus productifs. Ce qui par déduction modifiera la structure de l'économie à travers la réorientation des activités les moins productifs vers les secteurs plus productifs. Cette configuration de l’économie contribuera, toutes choses étant égales par ailleurs, à une amélioration du niveau de vie des populations.
Les évidences théoriques ci-dessous mobilisent les politiques publiques à promouvoir les investissements dans l’accumulation du capital humain, notamment dans l’éducation et la santé. Par ailleurs, l'Afrique subsaharienne demeure l’une des régions au monde où les proportions budgétaires allouées au système éducatif et sanitaire sont importantes mais les résultats escomptés, en termes d’amélioration de la productivité, et de niveau de vie ne sont pas admiratifs (UNESCO, 2016 ; Banque Mondiale, 2018).
Les études empiriques portant sur la relation entre les dépenses publiques tendant à améliorer le capital humain, la croissance économique et le bien-être des ménages, peuvent se subdiviser en trois groupes d’analyse. Le premier est relatif à l’impact des dépenses sociales d’éducation et de santé sur la croissance économique et le bien-être des ménages, le second traite de la relation entre les dépenses d’éducation et la croissance économique et enfin le troisième appréhende l’influence des dépenses de santé sur la croissance économique et le bien-être des ménages.
Dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire, Keho (2009) a analysé le rôle de la croissance économique et des dépenses sociales sur la dimension sociale du développement durable du pays. Les
résultats de cette étude indiquent qu’à long terme il y’a une
absence de causalité entre la richesse créée dans le pays, les dépenses publiques et les indicateurs d’éducation. L’auteur trouve que la croissance économique est importante pour le développement humain et que le pays devra maintenir son taux à un niveau de même que le niveau des dépenses sociales pour faire face à la demande d’éducation et de santé d’une population croissante. Quant à
Kouassi (2021), il a analysé les effets du capital santé approximée par l'espérance de vie sur la croissance économique en Côte d'Ivoire de 1974 à 2014. Utilisant un modèle vectoriel à correction d'erreur (VECM) et au test de non-causalité de granger par approche séquentielle, les résultats ont révélé qu'il existe une relation de causalité unidirectionnelle à court et à long terme, allant du capital santé vers la croissance économique. Ces résultats impliquent que la mise en œuvre de programmes de santé plus robustes, favorise la croissance économique ivoirienne. Ainsi, une augmentation du budget alloué à la santé en Côte d'Ivoire contribue davantage à la croissance économique de long terme dans le pays.
Au demeurant, Coulibaly (2013) a évalué l’impact des dépenses publiques d’éducation sur la croissance économique également en Côte d’Ivoire. Les résultats de son étude ont
montré qu’en Côte d’Ivoire l’accroissement des dépenses publiques d’éducation a significativement un impact positif sur la croissance économique. Audet et al., (2006) utilisant une méthode à dominance stochastique, ont abouti à la même conclusion en précisant qu’une réallocation des dépenses publiques d’éducation vers le primaire et le secondaire est source de réduction de la pauvreté en Côte d’Ivoire. Ces résultats sont similaires à ceux de Diagne et al., (2013) au Sénégal. Il ressort des analyses de Diagne et al., (2013) que les constructions des cantines scolaires impactent positivement et significativement les résultats des élèves du primaire. En clair, ces résultats sont très importants car ils montrent que sans les aides ou appuis alimentaires, de nombreux enfants au Sénégal issus de familles pauvres ou qui résident en zone rurales seraient exclus du système éducatif. Ces résultats Diagne et al., (2013) se renforcent avec le rapport la BAD (2020), qui met en exergue l’existence d’une relation positive entre la nutrition et les aptitudes cognitives de la main d’œuvre. Assurément, le Quotient Intellectuel (QI) d’une personne peut être réduit de 5 points de pourcentage par un faible poids à la naissance, de 5 à 11 points de pourcentage par des retards de croissance et de 10 à 15 points de pourcentage par une carence en iode (BAD, 2020).
De plus, Koné (2016) a évalué l’impact des politiques de développement du capital humain sur la croissance économique et le bien-être des ménages en Côte d’Ivoire. Les résultats des simulations de cette recherche ont montré que les dépenses publiques d’éducation et de santé ont des impacts positifs sur la demande d’éducation et de santé, sur l’amélioration de la qualité du facteur travail et les capacités productives des ménages pauvres et vulnérables ivoiriens. Ces résultats révèlent également qu’il existe une corrélation positive entre les dépenses sociales de base d’éducation et de santé, la croissance économique et le bien-être en Côte d’ivoire.
En outre, Deme et Sanon (2022) ont indiqué que dans le cas du
Burkina Faso, la dépense publique en capital est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’activité économique et sociale, il n’en demeure pas moins indispensable de veiller à son utilisation effective de façon transparente, efficace et efficiente dans les  secteurs prioritaires que sont l’éducation, la santé, les infrastructures de transport, la lutte contre le terrorisme, les technologies de l’information et de la  communication et la situation des personnes déplacées internes pour assurer la croissance à long terme.
Des données empiriques montrent aussi clairement que les économies ayant des taux de croissance économique plus élevés sont celles où la pauvreté recule le plus vite (Banque Mondiale, 2014). Par contre, la croissance économique perd une partie de sa capacité à atténuer la pauvreté lorsque les inégalités sont initialement élevées, et plus encore si ces inégalités s’accentuent au cours du processus de croissance. Cet état de fait est conforme aux résultats de Fosu (2014), selon lesquels, les différences initiales en matière d’inégalités peuvent entraîner des différences considérables de l’élasticité de la pauvreté par rapport à la croissance économique. En effet, l’auteur démontre que la croissance économique explique la plupart des évolutions de la pauvreté dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Malgré le consensus théorique sur l’importance du capital humain, l’effet de celui-ci sur la croissance économique reste un sujet controversé dans des études empiriques (Tamboura et Zahonogo, 2022). En clair, les dépenses publiques en capital humain ont aussi un impact négatif sur la croissance économique (Eggoh et al., 2015).
D’autres études ont montré également qu’il existe une relation positive entre les dépenses d’éducation et de santé et le bien être des femmes. En effet, en analysant les politiques éducatives et de développement en Afrique, Hugon (2018) affirme que les effets de l’éducation sont intertemporels, intergénérationnels et incertains. Pour lui, l’éducation, notamment celle des femmes au niveau secondaire est un facteur de maîtrise de la fécondité, et donc susceptible de contribuer à la création de la richesse, de par la participation de celles-ci au marché de travail. Par ailleurs, Tsassa (2015) a mis en évidence l’influence de l’amélioration des investissements en éducation intégrant l’égalité de genre, la santé infantile et l’accès à l’eau potable, à la réduction du niveau de pauvreté des ménages en Côte d’Ivoire, permettant de renforcer leur niveau de bien-être. De même, Klasen (1999) a révélé que les différences entre hommes et femmes dans l'éducation expliquent de 0,4% à 0,9% des différences de taux de croissance observées entre les pays d'Asie de l'Est et ceux d'Afrique subsaharienne. Mieux, Mitra et al., (2015) ont aussi montré que la réduction des inégalités d'opportunités entraîne une augmentation de 1,3 point de la croissance économique et une amélioration de l'égalité de participation au marché à 1,2 point. Ainsi, la qualité de vie des ménages serait meilleure si la situation économique des femmes s’améliore (Handa, 1994).
028765504.3.
METHODOLOGIE
L’indice de Développement Humain Elargi (IDHE) mesure le niveau de développement humain d’une localité, tout en tenant compte de la durabilité ainsi que de l’optimalité des ressources humaines. Sa méthodologie dérive de celle de l’Indice du Développement Humain, développée par le PNUD (1990). Il prend en compte trois dimensions essentielles (i) Education, (ii) Santé et (iii) Niveau de vie. L’innovation majeure est l’introduction de l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF). L’ISF réfère au nombre d'enfants qu'aurait hypothétiquement une femme au cours de sa vie reproductive si elle connaissait les taux de fécondité par âge observés au cours d'une année civile donnée. Cet indice permet de prendre en compte l’optimalité de la population nécessaire à l’enclenchement d’une croissance économique soutenue d’une part, et d’autre part, la consommation par tête en lieu et place du PIB/tête, qui permet de mieux appréhender en plus du niveau de vie de la population, leur bien-être.
4.5.1-
Définition des variables
Dimension santé
La santé est appréhendée par l’espérance de vie à la naissance et l’indice synthétique de fécondité.
L’espérance de vie, élément fondamental dans l’appréciation de l'état de santé général d'une population, est définie comme l’âge moyen où décéderait une génération qui subirait, de sa naissance à sa disparition, les conditions de mortalité de l’année d’observation.
L’indice synthétique de fécondité (ISF) donne le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, dans les conditions de fécondité du moment, c'est-à-dire si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. Il permet d’apprécier la vitalité démographique d’un pays.
Dimension éducation

Elle donne une idée sur les efforts fournis ou à fournir en termes d’éducation. Elle comprend deux sous-dimensions :
La durée moyenne de scolarisation (DMS) qui donne pour un adulte le nombre d’années que celui-ci passe en moyenne en éducation. Cet indicateur reflète entre autres la qualité de la main d’œuvre d’un pays.
La durée attendue de scolarisation (DAS) ou espérance de vie scolaire, montre le niveau global de développement d’un système d’éducation en termes de la durée moyenne. Elle est définie comme le temps moyen (nombre d’années de scolarité) qu’un enfant en âge de scolarisation espère recevoir dans le futur du système éducatif.
Dimension Niveau de vie
Elle renvoie au nombre de biens et services que peut disposer un individu, un ménage ou un groupe social, en fonction de ses ressources. Dans le cadre de la mesure de l’IDHE, le Niveau de Vie est approximé par la consommation par tête en lieu et place du Revenu National Brut (RNB) par tête. Le fondement de cette approche est basé sur le fait que le revenu explique la consommation (Théorie de Keynes
4.5.2 – Variables, sources de données et méthodes de calculs
L'ensemble des données utilisées pour les calculs des indicateurs de développement humain avec l’approche IDHE est résumé dans le tableau ci-dessous. Les méthodes utilisées pour les calculer ainsi que les valeurs minimales et maximales qui les encadrent sont également indiquées dans ledit tableau.
Tableau
4.4
: Liste des dimensions, indicateurs et sources de données, méthodes de calcul, valeurs limites (IDHE)
Dimension
Indicateurs
Sources de données
Méthode de normalisation
Valeur minimale
Valeur maximale
Santé (IS)
Espérance de vie à la naissance (EVN)
Global data Portal
Indice d’Espérance de vie à la naissance
IEVN =valeur utilisée-valeur minimaleValeur maximale-Valeur minimale20
85
L’indice synthétique de fécondité (ISF)
EDS, 2021
Indice synthétique de fécondité normalisé
ISFNx=x3*10;3(x)+8-x8-3*1]3,8]x avec
x
=ISF
L’indice de Santé (IS)
IS= IEVN*ISFNCet indice est obtenu en faisant la moyenne géométrique de l’indice de l’espérance de vie à la naissance et de l’indice synthétique de fécondité normalisé.
Education (IE)
Durée Moyenne de Scolarisation (DMS)
EHCVM, 2018
Indice de Durée moyenne de scolarisation
IDMS=valeur utilisée-valeur minimaleValeur maximale-Valeur minimale0
15
Durée Attendue de Scolarisation (DAS)
EHCVM, 2018
Indice de Durée attendue de scolarisation
IDAS =valeur utilisée-valeur minimaleValeur maximale-Valeur minimale0
18
Indice de l’éducation ou indice combiné ou indice de niveau d’instruction (IE)
IE= IDMS*IDASCet indice est obtenu en faisant la moyenne géométrique des indices de la Durée Moyenne de Scolarisation et de la Durée Attendue de scolarisation.
Niveau de vie
(ICONST)
Consommation par tête
EHCVM (2018) et Comptes Nationaux
Indice de Consommation par tête
ICONST =ln⁡(valeur utilisée)-ln⁡(valeur minimale)ln⁡(Valeur maximale)-ln⁡(Valeur minimale)67 $
20 723 $
L’Indice de Développement Humain Etendu (IDHE)
IDHE=
3IS*IE*ICONSTCet indice est obtenu en faisant la moyenne géométrique des trois indices de santé, d’éducation et de consommation
Source : CREG
Tableau
4.5
: Signification des sous-dimensions et de la dimension
Indicateurs
Signification des sous-dimensions et de la dimension
IDHE
Permet de mesurer le niveau du développement humain durable
IS
Capacité à bénéficier d’une vie longue et saine
Assurer de façon durable une production optimale en anticipant le vieillissement de la population (choix de l’ISF)
IE
Capacité à accéder à l’éducation et aux connaissances
INV
Capacité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent
Source : CREG
Tableau
4.6
: Grille d’interprétation des résultats
Bornes
Grille
Inférieur à 50%
Rouge (Indice Faible)
≥50%, inférieur à 80%
Jaune (Indice Moyen)
≥80%
Vert (Indice Elevé)
Source : CREG
4.4.
RESULTATS ET ANALYSES
0-6350Les analyses effectuées dans le cadre de l’élaboration du présent rapport portant sur la dimension « développement humain élargi » s’observent à travers trois (03) sous dimensions que sont l’éducation, la santé et le niveau de vie.
Il ressort du graphique
ci-dessous
, que le niveau de développement du capital humain en Côte d’Ivoire est de 60,7%. Cette valeur traduit un niveau moyen du capital humain du pays, avec une amélioration des besoins des
ivoiriens
en santé
, en éducation
et en niveau de vie.
En effet, 60 ivoiriens sur 100 ont des capacités renforcées en aptitude, connaissance, expérience, capable de travailler tant pour eux que pour d’autres personnes dans la création des richesses. Autrement dit, la qualité de la main d’œuvre ivoirienne est en pleine amélioration. Ce résultat corrobore ceux du PNUD (2022) situant la Côte d’Ivoire dans le rang des pays à Indice de Développement Humain (IDH) moyen.
En clair,
le pays a enregistré un progrès de 0.12 point, passant d'un IDH de 0.538 qui le classait parmi les pays à IDH faible, à un nouveau IDH de 0.550. Par ailleurs, l’IDHE obtenu de nos calculs semble plus durable que l’IDH calculé le PNUD. En clair, l’IDHE intègre au-delà des trois facteurs
traditionnels
(Espérance de vie à la naissance, éducation, niveau de vie), un autre facteur de durabilité qu’est l’indice synthétique de la fécondité
(ISF)
.
Cet indice qu’est l’ISF, intègre à l’analyse, la dynamique de la structure par âge de la population.
Cette valeur d’IDHE au-delà de
50% traduit un accroissement des capacités des populations ivoiriennes à effectuer librement des choix de vie, tels que s’éduquer, se signer et autres (Sen, 1992). Pour Sen, la capacité d’un individu représente l’ens
e
mble des combinaisons de fonctionnements auxquelles il a accès, c’est-à-dire la liberté d’un individu à mener tel ou tel style de vie ou « la liberté d’une personne de choisir parmi des existences diverses ».
Nous pouvons donc déduit de l’amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes.
Graphique 
4.1
:
Indice d’éducation
Source : CREG (2023)
Il ressort du
graphique ci-dessus
, que l’indice d’éducation (IE) au niveau national en 2019 se situe à 45,9% et donc demeure faible bien qu’étant nettement en hausse par rapport à 2015 où il se situait à 33,7% ; soit un bond significatif de 12,2 points de pourcentage. Sur les 14 districts que compte le pays, 11 ont un IE en déca du niveau national et ont par conséquent un IE faible ; les 3 autres districts ont quant à eux un IE moyen. Les districts autonomes d’Abidjan et de Yamousssoukro ont les IE les plus élevés avec des valeurs respectives de 71,6% et 55,3%. Les IE les plus faibles sont observés dans les districts du grand Nord, notamment le Denguélé, le Woroba, les Savanes et le Zanzan avec des valeurs respectives de 20,9% ; 23,2% ; 26,5% et 29,3%. Ces différents résultats mettent donc en exergue des disparités régionales importantes à corriger en matière d’éducation.
Graphique 4.2 : Indice de santé
Source : CREG (2023)
Le graphique ci-dessus
montre que l’indice de santé (IS) au niveau national en 2019 est de 66,6% et donc se situe à un niveau moyen. Il faut noter qu’il est en hausse par rapport à 2015 où il se situait à 60,2% ; soit un bond de 4,4 points de pourcentage. Sur les 14 districts que compte le pays, 9 ont un IS moyen et parmi ces derniers 4 ont un IS supérieur à l’IS national. Les districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro ont les IS les plus élevés avec des valeurs respectives de 76% et 73,6%. Outre le district des montagnes qui a un IS faible avec une valeur de 40,1% ; les 4 autres districts ayant un IS faible sont ceux du grand Nord, à savoir, les savanes, le Zanzan, le Woroba et le Denguélé avec des valeurs respectives de 48,1%, 44,3%, 40,1% et 4,2%. On constate donc un IS très faible, voire alarmant dans le district du Denguélé.
Graphique 
4.3
:
Indice du niveau de vie
Source : CREG (2023)
Il ressort du graphique ci-dessus que l’indice de niveau de vie (INV) en 2019 est élevé dans chacun des 14 districts du pays. Ainsi les valeurs de l’INV vont de 82,4% (district du Woroba) à 100% (district autonome d’Abidjan).
Graphique 
4.4
: IDHE selon les dimensions
Source : CREG (2023)
Bien que le niveau du capital humain élargi de Côte d’Ivoire, est encourageant, cependant, il cache des irrégularités au niveau de l’éducation, avec un indice de 0,459, en deçà de la moyenne. Assurément, l’indice de l’éducation est capté par la durée moyenne de scolarisation (DMS) d’une part et la durée attendue de scolarisation
(DAS). Le DMS correspond au n
ombre moyen d’années d’études complétées par la population âgée de 25 ans et plus d’un pays donné, excluant les années passées en redoublement, tandis que le DAS est le
n
ombre total d'années de
 scolarisation
 qu'une personne d'un certain âge peut s'attendre à recevoir à l'avenir.
Selon l’EHCVM (2018), le DMS ou encore l’espérance de vie scolaire en Côte d’Ivoire est de 5,2 années. Ce résultat est en deçà la moyenne africaine de 2018 qui était de 5,8 années (BAD, 2020). En moyenne, les populations ivoiriennes de 25 ans et plus, espèrent achever seulement 5 années d’étude qui correspond au niveau primaire (CM1), compte tenu des conditions du
système éducatif. Par rapport aux pays tels que, l’Afrique du Sud, l’Ile Maurice, le Botswana et le Gabon, la scolarisation moyenne a dépassé huit (08) ans, ce qui est comparable à la scolarisation moyenne dans les pays à revenu intermédiaire supérieur d’Amérique latine et d’Asie.
Graphique 
4.5
: IDHE de 2015 et 2019
Source : CREG (2023)
De ce graphique ci-dessus, nous constatons une amélioration de l’IDHE de 2019 par rapport de celui de 2015, passant de 0,549 à 0,607, soit une amélioration du capital humain élargi de la Côte d’Ivoire de 5,8 points. Sur l’ensemble des sous indicateurs du capital humain élargi, la Côte d’Ivoire a performé par rapport à ceux de l’année 2015. En effet,
Au niveau de l’éducation,
la situation s’est substantiellement améliorée de
0,044 points de
2015 à 2019
. Cette amélioration serait la résultante des importants investissements en éducation effectués sur la période. Bien que les politiques publiques et reformes telles que « l’école obligatoire pour tous » ont amélioré le taux de scolarisation. Cependant, force est de noter que
de nombreux défis persistent
.
Au niveau du système sanitaire, par rapport à l’année 2015, la Côte d’Ivoire a enregistré une poussée de 0,049 points. Les investissements et actions engagés par l’Etat et partenaires ont permis d’obtenir ces résultats. Il s’agit entre autres de la construction de nouveaux hôpitaux sur l’étendue du territoire ivoirien, ainsi que l’équipement de ceux-ci. Au nombre de ces résultats, nous nous notons une hausse de la proportion d’accouchement (15-49 ans) assisté par un personnel de santé de qualifié de 59,4% en 2012 à 73% en
2016 puis de 94,3% en 2021, soit 34,9 points de plus en 2021 par rapport à 2012 (EDS, 2021). De même, on note un accroissement du pourcentage des femmes de 15-49 ans utilisant les méthodes de planification moderne.

L’accroissement de l’indicateur de niveau de vie observée de 2015 à 2019, estimée à 0,086 points témoigne de l’amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes sur la période observée. Ce résultat s’explique par une augmentation du niveau de consommation finale moyen, captant à la fois les niveaux de consommations publics et privés. Cela démontre qu’en moyenne, les ivoiriens (Etat ou privé) effectuent des dépenses dans la satisfaction de leur besoin individuel ou collectif. Par ailleurs, cette évolution peut s’expliquer par l’importance des biens de consommations publics entrepris par le Gouvernement ivoirien, en matière de constructions des écoles, des hôpitaux, des routes, etc.
Graphique 
4.6
: IDHE selon le Genre
Source : CREG (2023)
Suivant les tendances du graphique ci-dessus, nous observons qu’au niveau national, les hommes ont un indice de capital humain supérieur à celui des femmes, soit 0,640 contre 0,552. En effet, cet état de fait est la conséquence de ce que les hommes ont un niveau d’éducation et de vie supérieur à ceux des femmes. La durée moyenne de scolarisation des femmes est de 4,7 années contre 5,7 années pour les hommes. Mieux, la durée attendue de scolarisation est plus élevée chez les hommes (11,2 années) que chez les femmes (9,7 années). Egalement, les femmes ont un niveau de consommation final correspondant au tiers de celui des hommes. En d’autres termes, les dépenses des ménages sont principalement effectuées par les hommes.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
000Le présent rapport avait pour objectif de présenter un aperçu de la situation actuelle ainsi que des grandes tendances de l’évolution des indicateurs de développement humain élargi de la Côte d’Ivoire. Les principaux points ci-dessous s’en dégagent :
Par rapport à 2015, l’indice du capital humain élargie de la Côte d’Ivoire s’est amélioré en 2019 de 0,058 points. Par ailleurs, les hommes ont niveau de développement humain supérieur à celui des femmes ;
L’indice d’éducation de la Côte d’Ivoire s’est accru de 0,044 points par rapport à la valeur de 2019. Bien que l’indice se soit bonifié, cependant le niveau de l’éducation demeure faible en Côte d’Ivoire ;
Considérant les districts ivoiriens, outre le district des lagunes et le district enregistrant un indice d’éducation moyen, les autres districts enregistrent des indices faibles en deçà de 0,50 ;
L’indice de santé et de niveau de vie se sont respectivement amplifiés de 0,049 et de 0,086 en comparaison aux niveaux réalisés en 2015. Par contre, l’indice de santé s’est plus amélioré chez les femmes que chez les hommes, contrairement à l’indice de niveau de vie qui s’est accru chez les hommes.
Chaque être humain compte, et chaque vie humaine a la même valeur. Ce principe universel est au cœur du concept de développement humain tant au niveau national qu’international. Avec l’Agenda 2030 pour le développement durable, les Objectifs du développement durable et les promesses de ne laisser personne de côté, nous conduise au regard de tout ce qui précède, d’effectuer les recommandations ci-après :
Améliorer la qualité du système éducatif en accroissant
les investissements dans les équipements scolaires ;
Renforcer le système alimentaire des élèves de par la construction des cantines scolaires principalement dans les zones à faible indice de l’éducation ;
Développer davantage des programmes de prise en charge des filles à l’école notamment dans les districts du Nord et de l’Ouest de la Côte d’Ivoire ;

Renforcer la politique d’école de seconde chance pour les jeunes
avec un accent particulier sur
les femmes
et les jeunes filles
;
Renforcer les campagnes de sensibilisation dans les écoles sur l’usage des méthodes de contraception moderne ;
Renforcer les plateaux techniques de santé dans les zones rurales.
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MENETFP (2019) Statistiques scolaires de poche, Côte d’Ivoire.
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Union Africaine (2015), Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons, version populaire, p-28.
ANNEXES
000Annexe 4.1
 : Indice d’éducation par district, 2019
Source : CREG (2023)
Annexe 4.2
 : Indice de santé par district
Source : CREG (2023)
Annexe 4.3
: Indice du niveau de vie selon les districts
Annexe 4.4
 : IDHE selon les districts
4312285166497000R
ESEAUX ET TERRITOIRES
RESUME
La Côte d’Ivoire s’est engagée après son indépendance, dans des politiques d’aménagement du territoire dont les orientations ont toutes été guidées par des réflexions collectives sur le long terme. Les premières politiques d’aménagement du territoire développées (1960-1980) étaient orientées vers la recherche et le renforcement de l’unité nationale. Les actions réalisées à cet effet ont été nombreuses : programmes FRAR et FIAU, programmes et projets intégrés de développement régional (ARSO, AVB, programmes sucrier, palmier, cocotier, coton, etc.), fêtes tournantes de l’indépendance. Elles s’inscrivaient alors dans une logique d’équilibre des territoires régionaux car les études de planification avaient diagnostiqué dès le début des années 1970, l’approfondissement des disparités de développement entre les différentes régions du pays. Les zones forestières et pré-forestières apparaissant comme les véritables centres de développement économique attirant les populations et les investisseurs. Les résultats obtenus ont été globalement positifs en termes d’équipement du territoire.
Mais, le diagnostic de l’aménagement du territoire fait dans le cadre de la première étude prospective, « Côte d’Ivoire 2000 » a relevé les mêmes problèmes : persistance des disparités régionales, mauvaise répartition des investissements et des richesses, développement excessif de la ville d’Abidjan au détriment des autres centres urbains. Conformément aux orientations de l’étude, l’Etat a adopté une politique volontariste d’aménagement du territoire pour réduire les disparités de développement et assurer une meilleure ventilation des investissements nationaux et internationaux. Mais la vision harmonieuse et équilibrée du territoire national sous-tendue par les conclusions de l’étude n’a pu être mise en œuvre.
Et, l’étude prospective de 2010 a révélé que la trop grande centralisation de la planification a fortement réduit l’efficacité des interventions de l’Etat et est à l’origine de la mauvaise répartition des hommes et des activités sur le territoire. Cette étude a par ailleurs recommandé globalement la mise en place d’une politique de décentralisation progressive où les régions joueraient un rôle prépondérant notamment la promotion des dynamiques locales en s’appuyant sur les outils de la planification locale.
Aussi, les différentes politiques en matière d’aménagement du territoire ont fait l’objet d’une nouvelle étude rétrospective dans le cadre de l’étude prospective, « Côte d’Ivoire 2025 », avec une nouvelle orientation stratégique centrée sur la promotion d’un développement cohérent du territoire national par la responsabilisation des collectivités territoriales, la programmation et la gestion du développement avec un accent mis sur le renforcement des capitales régionales comme pôles économiques, la rationalisation de l’investissement public.
La mise en œuvre de cette stratégie a été contrariée en raison des crises sociopolitiques successives qu’a connu la Côte d’Ivoire depuis 1999.
Cependant, au regard de ce constat défavorable, de ces disparités grandissantes,
le Gouvernement ivoirien a engagé d’importants travaux d’aménagement du territoire et la construction de nouvelles infrastructures à l’échelon national
depuis la fin de la crise post-électorale de 2011
afin de répondre
de façon durable
à la demande sociale en constante croissance
et favoriser la capture du dividende démographique
.
Le Ministère du Plan et du Développement, en collaboration avec le Consortium régional de Recherche en Economie Générationnelle (CREG), l’appui de l’UNFPA, de la Banque Mondiale et l’UCP-SWEDD, a réalisé l’étude de la Dimension 5 de l’ONND :
≪
Réseaux et Territoires
≫
.
Ce rapport, conçu dans une démarche multidisciplinaire impliquant plusieurs acteurs, vise à contribuer au développement équilibre et plus inclusif de l’espace national au double plan de l’accès aux services sociaux de base et de la qualité de services offerts à la population.
En plus du contexte et de la brève revue de la littérature des réseaux et territoires, le présent rapport retrace des résultats en termes d’indices lies à l’attractivité et aux opportunités pour tirer profit du dividende démographique, et fait un certain nombre de recommandations.
INTRODUCTION
La Côte d'Ivoire est confrontée à une croissance démographique rapide, qui dans un contexte de rareté des ressources, représente un problème majeur pour son développement économique.
En effet, la population croît à un taux élevé (2,6% par an). A ce rythme, elle doublerait tous les 27 ans. Ce qui correspondrait à une population de plus 45 millions d’habitants en 2041. Sa population étant majoritairement jeune, les moins de 35 ans représentent près de 76 % du total de la population Leur prise en charge sociale s’avère donc importante. Ainsi, la dépendance des moins de 29 ans représente 6 065,5 milliards soit 36% du PIB en 2015. Les efforts de croissance économique constatés (9% du PIB en moyenne entre 2012 et 2015) ces dernières années ont été annihilés par la croissance démographique, traduisant une répartition de la richesse nationale inefficace. D’où l’importance de disposer d’une structure par âge favorable
à la production nationale. C’est bien l’intérêt du Dividende démographique.
La réponse à cette préoccupation a conduit les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique à élaborer une feuille de route continentale dans la mise en œuvre du Programme pour le développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 afin de tirer profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse.
Cette feuille de route se repose sur quatre principaux piliers notamment : (i) emploi et entrepreneuriat (ii) éducation et développement de compétences (iii) santé et bien-être (iv) droits, gouvernance et autonomisation de la jeunesse. Cette feuille de route a été traduite dans le programme national de développement à travers six (6) axes. Pour assurer une coordination efficace, il a été recommandé la mise en place d’observatoires multisectoriels nationaux et régionaux de suivi du dividende démographique afin de mesurer et de disposer d’informations sur le progrès pour l’atteinte des résultats de chaque pilier de la feuille de route. Cet observatoire suit le dividende démographique à travers cinq dimensions : i) Couverture de la Dépendance Economique, ii) Qualité du cadre de vie, iii) Transition dans la pauvreté, iv) Développement Humain Durable et v) Réseaux et Territoire.
La cinquième dimension qui fait l’objet du présent rapport, aborde la question de réseaux et territoire comme une thématique importante, traitant l’état du territoire et les interactions des acteurs qui le constituent. Il analyse ainsi l’interaction dans l’occupation territoriale, la migration, l’accessibilité et la qualité des infrastructures de base, les flux et capacités financiers.
Cette thématique est donc en lien avec l’axe IV du Plan National de Développement (2016-2020) qui a pour thème : « développement des infrastructures harmonieusement reparties sur le territoire national et préservation de l’environnement ».
Ce rapport s’articule autour des points suivants : le contexte, la méthodologie d’analyse, les liens entre l’indicateur réseaux et territoires et les ODD d’une part, et le PND d’autre part ainsi que les principaux résultats obtenus. Il formule enfin des recommandations de politiques publiques.
5.1.
CONTEXTE DES RESEAUX ET TERRITOIRES EN CÔTE D’IVOIRE
CONTEXTE DES RESEAUX ET TERRITOIRES DE LA CÔTE D’IVOIRE
Dynamique de la population
La dynamique de la population ivoirienne est marquée, par une croissance exceptionnelle depuis 1960. La Côte d’Ivoire compte actuellement 29 389 150 d’hommes et de femmes, selon les résultats du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH, 2021). D’un peu moins de 4 millions d’habitants en 1960, la taille de la population ivoirienne a atteint les 23 millions en 2014-2015, puis 29 389 150 d’habitants, selon les résultats du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH, 2021). Par ailleurs, l’analyse dynamique de la population révèle un taux de croissance moyen annuel de 2,9% en Côte d’Ivoire entre 1998 et 2021. Au regard des taux observés entre 1975 et 1988 (3,8%) et entre 1988 et 1998 (3,3%), on note que le rythme de croissance de la population ivoirienne est en constante baisse, selon les différents recensements.
La population de la Côte d’Ivoire est composée en majorité d’hommes. Avec un effectif de 15 344 990, la population de sexe masculin représente 52,2% de la population totale résidente, contre un effectif de 14 044 160 de femmes, soit 47,8%. Il en découle un Rapport de Masculinité (RM) global de 109 hommes pour 100 femmes en Côte d’Ivoire. Concernant la structure par âge, on note que la population ivoirienne demeure encore très jeune. En effet, 75,5 % de la population totale a moins de 35 ans, soit un peu plus de 3 personnes sur 4. Le taux de dépendance qui mesure le nombre de personnes d’âges inactifs (population de moins de 15 ans et population âgée de 65 ans et plus) pour 100 personnes d’âges actifs (population âgée de 15-64 ans révolus) est de 69,2%. Comparativement à ce qu’il était en 1998 (83 %), on note une baisse de la population à charge au cours de la période 1998 -2021.
Toutefois, cela induit des taux de dépendance démographique qui mettent hors de portée la fenêtre d’opportunité démographique (plus favorable à l’épargne, aux investissements productifs et aux investissements dans le capital humain) qui pourrait permettre de bénéficier comme les pays émergents d’un dividende démographique. Les jeunes, du fait de leur importance numérique et de leurs besoins notamment en santé et en éducation, consomment une part importante des revenus produits par les actifs.
Une population inégalement répartie à travers le pays
Une répartition spatiale inégale
La population est inégalement répartie sur l’ensemble du territoire national. Le poids démographique varie de façon disproportionnée selon les régions. Le District autonome d’Abidjan concentre 21,5 % de la population contre 0,5 % pour le Folon. La ville d’Abidjan, à elle seule, concentre 36% de la population urbaine, suivie de la ville de Bouaké qui concentre 4,7% de la population urbaine. Et 17 villes en Côte d’Ivoire sont peuplées de plus de 100 000 habitants. Et la majorité de la population vivant sur le territoire national réside dans les villes, soit 15 428 957 personnes (52,5%), contre 13 960 193 vivants dans les localités rurales (47,5%). Le taux d’urbanisation qui était à moins de 20% en 1963 est passé à 32% en 1975 et à 39% en 1988 pour atteindre 42,5%
en 1998 au rythme annuel moyen de 4,2% (RGPH 1998). La part de la population urbaine, estimée à la moitié de la population ainsi l’accélération du processus d’urbanisation du pays.
Une telle accélération de rythme de croissance urbaine est principalement due à l’exode rural des populations en quête d’emplois plus rémunérateurs, d’opportunités de formation et d’amélioration de leur niveau de vie ainsi qu’aux déplacements de populations occasionnés par les crises successives. L’une des priorités de la Côte d’Ivoire qui se veut un pays émergent à l’horizon 2020 est de favoriser le développement équilibré entre les milieux urbain et rural
.
.
La concentration de la population ou la progression fulgurante de la densité
Considérée au début des années 60 comme un pays de faible densité (12 habitants au km2) sur une superficie de 322 462 km2, la population ivoirienne s’est fortement accrue pour atteindre 29 389 150 millions d’habitants (RGPH 2014). L’évolution rapide de sa population et à la hausse de cet indice recouvre toutefois des disparités notables (RGPH 2021). La population ivoirienne est très mobile à l’intérieur de ses frontières nationales.
Un grand contraste dans la répartition territoriale des services sociaux de base
Au niveau de l’électrification, selon le RP 2021, 72,8% des logements sont branchés au réseau public. Quant à la couverture en eau potable, elle reste en progression, mais certains segments de la population sont encore insuffisamment approvisionnés. Ainsi, 86, 7% des ménages ont accès à une source d’eau de boisson améliorée. Toutefois, il convient de souligner que, parmi ces ménages, environ le ¼ (23, 3% ) utilise de l’eau de pluie protégée. Les installations modernes de source d’alimentation telles que le robinet sont plus présentes en milieu urbain (69, 5%) qu’n milieu rural (25,9%).
Migration et urbanisation
Migration
La Côte d’Ivoire connait un important mouvement migratoire interne et externe. Il convient de relever que la migration interne était estimée à 61% en 2014. Pour ce qui concerne la migration internationale, elle date de l’époque ancienne et s’intensifie durant la période coloniale, avec l'exploitation de plantation agricole débutée dans le Sud-Est puis dans le Centre-Ouest du pays. Le pays a ainsi enregistré, jusqu’au milieu des années 1990, une forte immigration nette venant des pays voisins. Ce qui a conduit dans les premières décennies suivant l’indépendance à des taux exceptionnels d’accroissement annuel de la population, de l’ordre de 4% par an dont 20% à 25% imputables à l’immigration nette. Le volume de la population étrangère résidant en Côte d’Ivoire a continuellement augmenté depuis 1975, passant de 1,47 million, soit 22% à 3,04 millions en 1988 (28%), puis à 4 millions de personnes en 1998 (26%). Le Recensement général de 2014 indique un peu plus de 5 millions de personnes de nationalité étrangère, soit 24% de la population totale dont près de la moitié (47,3 %)
est née en Côte d’Ivoire. Le recensement de 2021, à quant à lui dénombré une proportion de 22% la population étrangère vivant sur le territoire national.
Une urbanisation accélérée
L’urbanisation rapide mais non maîtrisée que connaît le pays depuis plusieurs années correspond à une transition urbaine et s’apparente même à une véritable révolution urbaine.
Le taux d’urbanisation qui était à moins de 20% en 1963 est passé à 32% en 1975 et à 39% en 1988 pour atteindre 42.5% en 1998 au rythme annuel moyen de 4.2% (RGPH 1998). La part de la population urbaine, estimée à la moitié de la population totale en 2014, pourrait atteindre 56.8% en 2018 confirmant ainsi l’accélération du processus d’urbanisation du pays. La ville d’Abidjan, la capitale économique, concentre à elle seule plus du tiers de la population urbaine.
Une telle accélération de rythme de croissance urbaine est principalement due à l’exode rural des populations en quête d’emplois plus rémunérateurs, d’opportunités de formation et d’amélioration de leur niveau de vie ainsi qu’aux déplacements de populations occasionnés par les crises successives et à l’immigration de populations, notamment en provenance des pays limitrophes.
Ce processus d’urbanisation non contrôlé s’est déroulé dans un contexte de crise économique et sociopolitique prolongée, d’un appauvrissement généralisé. Les investissements sociaux et les investissements productifs n’ont pas suivi le rythme de croissance urbaine. Ainsi, les agglomérations urbaines sont de plus en plus confrontées à large éventail de problèmes sociaux et environnementaux.
L’absence de solutions appropriées aux attentes sociales et économiques des citadins a conduit à la prolifération des activités informelles avec des conséquences néfastes sur le cadre de vie urbain.
Les principaux problèmes liés à l’urbanisation sont : (i) les insuffisances dans la planification et la gestion urbaine ; (ii) le non-respect des normes et des règles d’urbanisme ; (iii) les difficultés de mobilité urbaine ; (iv) la rareté, voire l’absence d’espaces publics de jeux, de loisirs, d’espaces verts ; (v) la forte pression sur les rares zones écologiques urbaines ; (vi) la destruction des zones écologiques urbaines au profit de l’habitat et des infrastructures ; (vii) la quasi-inexistence d’arbres le long de la voirie urbaine ; (viii) l’accroissement de la pollution urbaine dû aux industries, au transport, à la mauvaise gestion des eaux usées et pluviales et aux nombreux déchets et ordures ménagères ; (ix) la présence de nombreux quartiers précaires ; (x) la faible réalimentation de la nappe souterraine dans les grandes agglomérations, notamment à Abidjan due aux nombreuses constructions.
Tous ces problèmes ont pour corollaire la dégradation du cadre de vie. Le déficit de logements a entraîné la prolifération des quartiers précaires et bidonvilles dans le pays entier et dans le district d’Abidjan en particulier. En 2014, près de 20% de la population Abidjanaise réside au sein des 132 quartiers précaires que compte le district d’Abidjan. Cela pose la problématique de la ville inclusive et durable.
La question de l’assainissement qui inclue le drainage des eaux pluviales, l’évacuation des eaux usées, des déchets solides, des excréta et leur traitement est préoccupante. En
effet, sur 255 villes que compte le pays, seules Bouaké, Abidjan, Yamoussoukro, Daloa et San-Pedro sont dotées d’un schéma directeur d’assainissement.
La problématique de l’accès à l’eau potable demeure aussi une priorité à adresser, surtout en milieu rural. Il y a encore plus d’un Ivoirien sur cinq (21.6 %) qui n’a pas accès à une source d’eau de boisson améliorée. La proportion est 4 fois plus élevée en zone rurale (32.8 %) qu’en zone urbaine (7.6 %).
Par ailleurs, l’insalubrité s’amplifie, avec une envergure inquiétante au niveau de l’espace urbain du fait des comportements des populations concernées elles-mêmes. Environ quatre ménages sur cinq (74 %) se débarrassent directement de leurs ordures dans la nature. De même, 78.9 % des eaux usées des ménages sont évacuées soit dans la nature (60 %), soit dans la rue (18.9 %). Cela participe à la recrudescence des maladies dévastatrices comme le paludisme, avec la prolifération d’anophèles et autres agents pathogènes.
L’urbanisation accélérée et non maitrisée a besoin d’être accompagnée des commodités de base en quantité suffisante et en qualité, et plus globalement de capacités de réponses aux nouveaux besoins des individus et des ménages. Plutôt que d’améliorer le cadre de vie des populations, elle contribue à l’émergence de fléaux sociaux tels que l’insécurité, les nuisances sonores, les maladies d’origine hydrique et l’occupation anarchique des espaces publics. Un important déficit d’infrastructures, d’équipements et de services urbains de base caractérise presque toutes les cités urbaines du pays.
Mouvements financiers
La Côte d'Ivoire commerce avec tous les pays du monde et offre surtout aux investisseurs l'avantage d'être un pôle économique. Ceci lui a permis de conforter son 4e rang au sein des pays africains au sud du Sahara, derrière l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria en termes de flux entrants d’Investissements Directs Etrangers (IDE). Toutefois, fort des signes de vitalité et d’opportunités de diversification montrés par l’économie ces dernières années, le pays cherche à séduire les investisseurs, en améliorant l’environnement des affaires. Elle entend ainsi diversifier les partenaires, tout en continuant à s’appuyer sur son partenaire traditionnel, la France classée en 2016 au second rang des investissements étrangers en Côte d'Ivoire avec 16%. Le royaume du Maroc est, avec 22 % soit 147 milliards de francs CFA (environ 2,4 milliards de dirhams), désormais le principal investisseur en Côte d'Ivoire.
La diaspora ivoirienne est un acteur économique important. Elle est estimée à environ 1 500 000 personnes dont 127 000 dans la seule Île-de-France auxquels s'ajoutent ceux des autres villes françaises, des autres pays d'Europe (Belgique, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…), et ceux d'Amérique du Nord (Canada, États-Unis). En temps de crise, son rôle devient essentiel. Elle constitue un véritable soutien pour les familles restées au pays, mais aussi pour l'ensemble de l'activité économique. Dans certains secteurs, elle constitue un pourcentage non négligeable de la clientèle des entreprises. C'est le cas plus particulièrement du marché de l'immobilier pour lequel la diaspora ivoirienne représente entre 25 et 40 % des acheteurs.
Le taux de bancarisation reste
faible en Côte d’Ivoire avec
1
9,1%
en 201
9
(
BCEAO
). Concernant l
’utilisation
des services bancaires
, environ 19 personnes
physiques
sont

titulaires de compte de dépôt ou de crédit dans les banques
sur une
population adulte
de 100 personnes. Ce taux demeure faible malgré le nombre de banque en Côte d’Ivoire. Avec l’avènement des TIC et l’expansion des télécoms à travers le mobile money, l
'utilisation des services financiers
est portée à 77,2% (BCEAO)
.
5.2.
REVUE DE LA LITTERATURE SUR RESEAUX ET TERRITOIRES
Définitions des concepts
Réseau
Etymologiquement, le terme vient du latin « retiolus » pour désigner un ensemble de fils, de ficelles régulièrement entrelacés pour capturer certains animaux. Par analogie, le réseau désigne un ensemble permanent ou accidentel d’éléments entrelacés ou entrecroisés plus ou moins régulier pour atteindre un même objectif. Ainsi, différents types de réseau sont distingués : réseau hydraulique, réseau de forteresse, réseau routier, réseau ferroviaire, réseau radiophonique, réseau de télécommunications, réseau social, etc.
Antonelli (2003) écrit qu’« un réseau est un ensemble organisé d’unités de production partiellement séparables, caractérisées par des niveaux élevés de diversité, de complémentarité et d’interdépendance, aussi bien en ce qui concerne les technologies existantes que les technologies potentielles ».
Dans le cadre de ce travail, le réseau sera considéré comme le système d’inter connectivité existant entre les territoires et appréhendé à travers le développement du secteur routier et de transport, le développement du secteur des services de transferts monétaires ainsi que du développement des activités productives et ou commerciales.
Territoire
Pierre Larousse dans son Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (1875),
note que le mot vient du latin « territorium »
qui dérive de terra, « terre », qu’il s’agit d’une « étendue de pays qui ressortit à une autorité ou à une juridiction quelconque ».
Plus d’un siècle après, Alain Rey, dans le Dictionnaire historique de la langue française
le mot latin « territorium » signifie :
« étendue sur laquelle vit un groupe humain »
Pour Bailly (1994), le territoire est « un espace spécifique et non séparable de son contenu. Il se caractérise par une localisation et un groupe, un processus d’appropriation, un processus de gestion, un héritage et un projet ». Il intègre donc l’espace, le caractère juridique et institutionnel, les aspects politiques, sociologiques et culturels.
De ce point de vue, le territoire renvoie à l’unité administrative juridiquement délimitée. Possédant les attributs d’un espace territorialement découpé et circonscrit, il renferme le plus souvent un siège, un chef-lieu ou une capitale qui en constitue le principal centre des décisions et de la gouvernance des affaires générales de développement. Il a donc une fonction administrative en vue de cerner les contours de l’étendue et de faciliter la coordination.
Dans le cadre de cette étude, on entendra par territoire, l’unité administrative juridiquement délimitée selon le découpage administratif de la Côte d’Ivoire.
Fondements théoriques de la prise en compte de l’espace dans l’analyse économique
L’importance de l’espace dans l’analyse économique est prise en compte dans deux approches principales. Nous distinguons d’une part l’approche considérant le territoire comme une entité homogène, uniforme. D’autre part, il y’a l’approche qui
tente de mettre en exergue les potentialités diverses des territoires, éléments fondamentaux et essentiels pour le développement territorial équilibré.
Approche ponctiforme du territoire
L’analyse théorique de la prise en compte de l’espace dans l’analyse économique part de la reconnaissance du rôle de l’intégration régionale pour la croissance économique des pays. Bien que présente dans les théories économiques de l’échange et de la spécialisation commerciale, la notion d’espace n’a pas beaucoup été prise en compte dans la littérature économique pour l’étude du phénomène de

développement. Ainsi, dans la pensée économique classique, l’économie est confrontée à une théorie ponctiforme. L’exemple de la formation du prix sur un marché selon les classiques, indique que l’espace est neutre car n’influence guerre le processus. Le Maitre Vauban, Hay de Chastelet, Boisguilbert, Petty, Steuart entre autres, appréhendent de façon plus ou moins importantes les dimensions de l’économie dans les modèles spatiaux.
Cependant, les stratégies mises en place par les firmes en termes de délocalisation des structures, les politiques relatives à la mise en place des pôles économiques, le développement des zones urbaines au détriment des zones rurales constituent autant d’éléments qui remettent en cause la vision homogène de l’espace dans la théorie économique.
Approche de l’économie spatiale et régionale
Le relâchement des hypothèses portant sur l’homogénéité de l’espace est essentiel pour comprendre les disparités territoriales et l’action d’acteurs fondamentalement actifs sur l’organisation régionale et urbaine. On distingue deux écoles de pensées que sont l’école d’économie spatiale et l’école d’économie régionale (Heraud et Kahn, 2012).
◆
Infrastructure et Coût des échanges commerciaux
Selon Martin et Rogers (1995), lorsque le stock d’infrastructures influence les coûts d’échange interrégionaux, une amélioration des infrastructures dans une région par l’augmentation de la taxation conduira à une concentration des firmes dans cette région si et seulement si l’augmentation de la demande pour les biens domestiques liée à l’amélioration des infrastructures est supérieure à la diminution de la demande due à l’accroissement de la taxe. Lorsque le stock d’infrastructures influence les coûts d’échange interrégionaux, le désavantage initial d’une région (en donation de capital et/ou en taille) va être amplifié par une chute des coûts d’échanges interrégionaux. Dans ce cas, les importations de la région périphérique provenant de la région centrale deviennent relativement moins coûteuses, ce qui renforce les exportations et le processus d’agglomération des activités en région centrale.
Une implication importante de cette analyse est de montrer qu’il est nécessaire de différencier les politiques d’infrastructures en matière de localisation industrielle. Si dans la région périphérique le but est d’augmenter la convergence industrielle avec la région centrale, alors la politique doit être basée sur le développement d’infrastructures qui facilitent le commerce intra-régional plutôt que le commerce interrégional. Cependant, la polarisation dépend aussi des conditions initiales (dotations naturelles) des localités et par conséquent de l’histoire. Tous ces déterminants sont inhérents à une ou plusieurs localités alors que le problème qui se pose est de savoir à quelle échelle géographique ils s’appliquent.
◆
Infrastructure et productivité des entreprises
En termes d’influence directe des infrastructures sur la productivité des entreprises, Charlot (1999) soutient que les coûts de transport sont fonction des investissements publics qui génèrent dans le même temps des externalités qui transforment les combinaisons productives des firmes. En supposant que le stock d’infrastructures affecte la productivité des entreprises régionales de manière homogène sur tout le territoire régional et que les externalités liées au stock d’infrastructures sont purement régionales, les simulations montrent que l’intervention publique semble ne pas pouvoir contrecarrer les processus cumulatifs conduisant à la concentration spatiale des activités industrielles ; autrement dit ce sont les mécanismes purement économiques qui l’emportent.
Des auteurs ont aussi montré la nécessité de mener des politiques de redistribution et de convergence des régions. Pour ce qui est de l’évolution du bien-être avec le processus de concentration, Calmette et Le Pottier (1998) montrent que lorsqu’il y a émigration de la main-d’œuvre, le bien-être de la région périphérique diminue, ce qui incite davantage de travailleurs à migrer
vers
la région centrale. Si un gouvernement décentralisé existe en région périphérique, il peut vouloir stopper le processus de migration par une taxation de la population mobile et une redistribution en faveur de la population immobile (agriculteurs). Cette politique va dépendre du groupe d’agents ayant la majorité politique dans la région périphérique
III.
Prise en compte empirique de l’espace dans le développement territorial
◆
Agglom
é
rations de
d
é
veloppement territorial
L’existence de pôles économiques dans les économies contemporaines renvoie à la notion de polarisation. Boudeville (1966) définit la polarisation comme « un phénomène complexe, décomposable en une suite de blocs d’événements, qui se déroulent au cours du temps. Elle décrit comment naissent les pôles de développement et comment les impulsions qui en émanent se propagent dans le temps et dans l’espace. En d’autres termes, c’est un processus dynamique d’expansion et d’évolution séquentielle, à la fois technique et social ».
Dans la littérature, il existe deux approches du concept de polarisation spatiale selon qu’il s’agit du contexte francophone ou anglo-saxon. Chez les francophones, la polarisation spatiale recouvre fondamentalement deux aspects notamment l’attraction et la diffusion alors que les anglo-saxons mettent plutôt l’accent sur la concentration. Le premier aspect est le plus classique et désigne l’attraction qu’exerce un lieu, appelé centre ou pôle, sur un espace plus ou moins étendu et hétérogène et qui se trouve dans une situation de dépendance vis-à-vis de ce centre (Elissalde, 2011). L’espace peut être assimilé à un champ de forces économiques dans lequel existe une ou plusieurs localité(s) (commune, département, région…) qui exerce(nt) une attraction proportionnelle à son niveau de développement sur les autres localités environnantes. Le second aspect couvert par la polarisation concerne l’effet de diffusion ou d’entrainement qu’exerce le pôle sur le développement des localités environnantes. Cette approche est surtout imputable aux travaux de deux économistes Perroux (1950) et Boudeville (1966).
Perroux aborde une approche du développement qui considère l’existence d’un centre, constitué des pays développés, et d’une périphérie, constitué des pays pauvres de sorte que le développement de la périphérie dépend principalement de l’influence du
centre. Compte tenu de ces caractéristiques inhérentes à la polarisation spatiale, elle est souvent assimilée au résultat des effets de débordements géographiques.
Selon l’approche anglo-saxonne, on dit qu’un phénomène est spatialement polarisé, lorsqu’il tend à se concentrer davantage dans des localités particulières. D’après Lajugie et al. (1985), les auteurs anglo-saxons désignent par « polarisation » l’attraction exercée par des pôles sur l’espace environnant, avec pour résultat non pas la diffusion du développement mais sa concentration sur un espace restreint et, par conséquent, non pas l’atténuation mais l’aggravation des inégalités de développement.
Aujourd’hui, le terme est utilisé par d’autres sciences humaines comme la sociologie qui l’emploie pour rendre compte d’une aggravation des contrastes sociaux au sein d’une entité. Sassen (1996) parle ainsi de «polarisation sociale» pour qualifier les dynamiques sociales dans la «ville globale». Ainsi, le concept de polarisation spatiale renvoie aux relations d’attraction et de diffusion qu’exercent un ou plusieurs pôles sur les localités environnantes.
Le développement économique des territoires tel que conçu initialement, basé sur le système de production favorise les territoires métropolitains au détriment des territoires périphériques. En effet, le développement économique territorial dépendrait quasi exclusivement de son système productif, qu’il repose sur des ressources génériques ou spécifiques (ressources territoriales, savoir-faire, systèmes de production localisés). Le seul enjeu du développement économique serait donc l’attractivité du territoire auprès des entreprises et la compétitivité de celles-ci dans un contexte de globalisation des échanges. Ce phénomène s’est observé dans les années 80 avec une concentration des activités dans les agglomérations et leurs périphéries proches. Talandier (2008) s’intéressant au développement économique des territoires non métropolitains conclut que le développement d’un territoire dépend non seulement de son attractivité mais aussi de sa capacité à capter des flux de revenus, tout autant qu’à créer de la richesse. L’auteur conclut que le développement devient un enjeu de production mais aussi un enjeu de population qui capte ces revenus extérieurs.
En analysant le lien entre le développement local des territoires et les forces de polarisation urbaine,
Aubert, Lepicier et Perrier-Cornet (2006) mettent en exergue la relation que les périphéries instaurent avec les centres urbains, là où est localisé l’essentiel des marchés et où les forces d’agglomération donnent naissance aux dynamiques de croissance économique. Pour eux, la croissance régionale est principalement animée par la croissance urbaine, grâce aux effets de l’agglomération, favorables aux économies d’échelle et aux externalités. Les métropoles accroissent de cette manière leur pouvoir d’attraction sur les consommateurs grâce à une grande variété de produits disponibles. Les activités et les populations trouvent ainsi avantage à se regrouper, cumulativement, dans les centres. Cavailhes et Schmitt (2002)24, dans leur étude arrivent à la conclusion selon laquelle les migrations résidentielles constituent l’un des vecteurs essentiels de la mise en rapport des villes et des campagnes.
Le développement et la concentration très poussée des villes conduisent à une déconcentration de ces dernières (Aubert et al. 2006). Les zones rurales, selon leur position spatiale bénéficient de ce desserrement urbain à tel point que leur population est globalement stabilisée et que l’emploi non agricole est en croissance (Bessy-Pietryet
al. 2001). En termes de développement économique des territoires, il existe alors une certaine complémentarité dans la mesure où la ville concentre les facteurs stratégiques et la campagne les facteurs fixes (Aubert et al. 2006).
Pour Béchir (2011), les espaces économiques constituent sans doute un déterminant important des disparités régionales. Il préconise, dans les milieux ruraux, une transformation des structures et la réduction des écarts entre secteurs moderne et traditionnel à travers un accompagnement de la formation et de la mobilisation de la population. De plus, dans le monde urbain, l’état de concentration du réseau doit évoluer vers des formes d’organisation décentralisées, intégrées au plan régional et utilisatrices de la main-d’œuvre.
L’influence de la spécialisation du secteur des biens intermédiaires sur la concentration spatiale a été particulièrement abordée en économie urbaine dans les théories de la formation endogène des villes. Catin et Ghio (1999) montrent par exemple comment une spécialisation accrue dans le secteur des services à la production peut conduire à un processus de métropolisation en région centrale où les industries technologiques et les services se concentrent
◆
R
é
partition des infrastructures et services et d
é
veloppement des territoires
Les travaux portant sur l’impact socioéconomique de la répartition des infrastructures essentielles sur les collectivités territoriales sont en nombre limité (Gagnol et Héraud, 2001). Ces auteurs se sont plus intéressés à l’impact qu’à l’implantation d’une université d’enseignement supérieur sur le développement économique du territoire qui l’abrite. Dans ce domaine, Sauvage (1994) soulignait déjà que les retombées économiques des investissements publics méritent d’être précisément définies pour les collectivités territoriales, qui consacrent désormais des sommes importantes à l’enseignement et à la recherche. En relation avec le territoire, Merrien (1994) conclut que l’impact de l’université sur le développement économique local reste très difficile à cerner avec précision et demeure en tout cas forte- ment dépendant de la structure et de la taille des entreprises locales.
Dans leur travail sur les infrastructures de transport et la répartition spatiale des activités dans les pays en développement, Ghio et Van Huffel (2000) concluent que la réduction du coût de transport des biens au niveau interurbain favorise la localisation des firmes en ville périphérique au détriment relatif de la ville centrale tout en donnant lieu à une augmentation du niveau global de bien-être.
Les travaux de Krugman (1991a, b) complétés par ceux de Martin et Rogers (1995), Charlot (1999), Martin (1999) et Ghio et Van Huffel (2000) montrent que la chute des coûts de transaction peut avoir des effets différenciés selon que les infrastructures agissent au niveau intra ou inter-régional. Dans l’ensemble des travaux, les infrastructures inter-régionales influencent le transport des biens. Chez Martin et Rogers (1995), les infrastructures intra régionales facilitent le transport des biens alors que chez Ghio et Van Huffel (2000), les infrastructures intra-urbaines favorisent le déplacement de la main d’œuvre. Lorsque les infrastructures de transport permettent de diminuer les coûts de transaction à l’intérieur des régions périphériques, que l’on se place sous l’hypothèse d’immobilité d’une partie de la main d’œuvre (Martin et Rogers, 1995) ou sous l’hypothèse de congestion (Ghio et Van Huffel, 2000), il s’ensuit
un effet de revenu réel pour les agents domestiques qui va entraîner une augmentation de la demande finale locale ce qui peut inciter des firmes à se localiser dans ces régions.
Les effets paraissent donc bénéfiques : les infrastructures intra permettent d’obtenir à la fois une plus grande convergence des structures industrielles (puisqu’une plus grande partie des firmes se localise en périphérie) et une plus grande convergence des niveaux de bien-être puisque les habitants des régions périphériques bénéficient d’un effet de revenu réel. Lorsque les infrastructures de transport permettent de réduire les coûts de transaction entre les régions, sous l’hypothèse d’immobilité d’une partie de la main d’œuvre (Krugman, 1991a, b ; Martin et Rogers, 1995; Charlot, 1999 ; Martin, 1999), les régions centrales, parce qu’elles offrent déjà de vastes marchés, vont attirer de nouvelles firmes qui pourront notamment exploiter les économies d’échelle tout en ayant un accès facilité aux marchés des régions périphériques (et donc d’une partie de la main d’œuvre immobile).Dans ces conditions, le financement des infrastructures de transport tend à conduire à une polarisation plus forte des activités. Ce type de politique, s’il permet de désenclaver les régions pauvres, risque de les appauvrir relativement un peu plus. Sous d’autres hypothèses, Ghio et Van Huffel (2000) montrent que la chute des coûts de transport interrégionaux peut conduire à une réduction de l’agglomération des agents et des firmes dans les régions centrales, lorsque la congestion y est élevée. Dans ce cas, la baisse des coûts interrégionaux permet à la main d’œuvre mobile de se localiser dans les régions périphériques où elle peut consommer les biens produits en région centrale à moindre coût sans supporter les contraintes liées à la congestion au centre.
◆
Migrations, march
é
du travail et concentration des villes
Plusieurs déterminants expliquent le profil des migrants : déterminants individuels et des facteurs économiques et sociaux attachés aux mobilités géographiques. Dans cette dynamique « Sylvère Yao Konan » confirmera que de nombreux facteurs expliquent la migration dans le pays. On note que les migrations en direction de la Côte d’Ivoire ont été motivées par la recherche de meilleures conditions de vie (Konan et al, 2007). « Migration en Côte d’Ivoire : PROFIL NATIONAL 2009 » 
cote_profile_2009.pdf (iom.int)
Les liens entre migrations et fonctionnement des marchés locaux de l’emploi apparaissent essentiels. La mobilité est en effet appréhendée comme le résultat d’une décision individuelle visant à l’amélioration de la situation de l’individu à long terme (Greenwood, 1975). Cette amélioration peut notamment transiter par des salaires plus élevés en particulier pour les plus diplômés, ou par des perspectives d’embauche plus importantes en particulier pour les moins diplômés (Drapier et Jayet, 2002). Si d’autres facteurs liés aux aménités (environnement, qualités de la vie, biens et services publics locaux, etc.), sont avancés comme des éléments intervenant dans les décisions individuelles de mobilité géographique, des travaux rendent plus particulièrement compte du fait que celle-ci est induite par des déséquilibres entre économies locales comme par exemple les différents niveaux de chômage, ou pour les mobilités liées aux formations des écarts de réputation des établissements ou ceux liés aux débouchés professionnels offerts. Cette
théorie de l’attraction et de l
a répulsion (« push pull theory
») rest
e étroitement apparentée à l’ap
proche des migrations en termes de capital humain
.
◆
TIC et d
é
veloppement territorial
Gokra, Dja André Ouréga Junior (2017) « TIC et gouvernance des collectivités territoriales en Côte d’Ivoire : Le cas du conseil régional du Gbêkê »
fait une analyse du
niveau de pénétration des TIC dans la gouvernance des collectivités territoriales à partir du conseil régional du Gbêkê. En effet, les TIC ont introduit un nouveau modèle de gestion de l’administration locale en offrant beaucoup plus de proximité et d’opportunités économiques et touristiques aux régions.

TIC et gouvernance des collectivités territoriales en Côte d'Ivoire : Le cas du conseil régional du Gbêkê – Geracii – UQAM
Dramani (2013) s’intéressant aux impacts des infrastructures sur la concentration régionale des activités économiques et des disparités régionales, fait ressortir le rôle important joué par les TIC. Pour lui, le développement des TIC basé principalement dans les villes favorise l’accroissement des transferts de fonds des émigrés à leurs familles ; ceci contribue à rendre les villes plus attractives et donc renforce la concentration des activités dans les zones urbaines. De l’auteur côté, la quasi-inexistence des TIC dans les zones rurales associées aux frais de déplacement substantiels et du temps limitent les transferts de fonds d’un migrant et par conséquent, limite l’attrait et le développement des activités économiques en milieux ruraux.
Faini (2007) s’est intéressé à l’impact de la migration sur les pays d’origine. L’auteur, souligne que la migration présente des impacts négatifs sur les régions en ce sens qu’elle peut conduire au dépeuplement de régions entières avec une perte manifeste de bien-être pour les facteurs fixes. Les effets territoriaux de la migration tel l’exode de la main d’œuvre car elle pourrait également priver les régions d’émigration de leurs membres les plus qualifiés et les plus dynamiques. Pour l’auteur, les facteurs tels que les transferts de fonds, le retour de l’émigration et les incitations accrues en faveur de l’éducation permettent de compenser les effets négatifs des migrations.
◆
Type de territoires et disparités régionales
S’il est largement admis le rôle crucial de l’innovation dans le processus de croissance et de développement, il est également admis que les espaces ruraux constituent un terreau a priori peu propice à l’affirmation de logiques innovantes. La faible densité qui les caractérise s’associe à un « agencement socio-spatial singulier » (Barthe, Milian, 2011). Pour Barthe et Milian (2011) cités par Lacquement et Quéva (2016), les espaces ruraux sont marqués par les caractères suivants : « occupation humaine distendue et faible empreinte des infrastructures, activités principales basées sur la valorisation agricole et forestière, importance des espaces ouverts et rapports privilégiés à la nature ». Partant de là, les flux d’innovation sont plus orientés vers les villes au détriment des milieux ruraux. Ceci constitue un facteur qui renforce ainsi les disparités régionales où les villes demeurent davantage attractives et concentrées en activités économiques.
En définitive, il n’existe pas de consensus en termes de mesure globale de l’implication de la dimension spatiale dans la mesure du développement endogène. Cependant, au sortir des analyses théoriques, quatre champs se dégagent si l’on veut mettre en place un indicateur dans ce sens. Cet indicateur sera construit autour du champ de la migration des populations actives ainsi qu’autour du champ des flux des transferts
financiers et de biens et services, qui se trouvent dans la perspective théorique des modèles spatiaux. Par ailleurs, la construction de cet indicateur se fera autour des champs densité de population des communes, villes et départements (urbanisation) mais également autour de la répartition des infrastructures et services (infrastructure de base) tirés des perspectives des modèles de l’école d’économie régionale.
5.3.
METHODOLOGIE DE CONSTRUCTION DE L’INDICE DES RESEAUX ET TERRITOIRES
A.
METHODOLOGIE DE CONSTRUCTION DE L’INDICE DES RESEAUX ET TERRITOIRES
Pour appréhender l’état de la structure et du niveau d’interaction (migration et flux) des réseaux, l’Indice Synthétique Réseaux et Territoires (ISRT) est utilisé dans le cadre de ce travail. Il renseigne sur l’attractivité d’un territoire par rapport à d’autres mais aussi sur la mobilité, l’interaction et l’interrelation.
Pour le calcul de cet Indice quatre (4) sous dimensions sont retenues :
•
Migration
•
Urbanisation
•
Infrastructures et services sociaux de base
•
Flux et Capacités financiers
Ce calcul est fait à partir des étapes ci-dessus :
Préalable : choix de l’unité d’analyse
La disponibilité, la légalité, la légitimité et la représentativité des données guident le choix de l’unité
d’analyse. Dans le cadre de la Côte d’Ivoire, l’unité d’analyse choisie par la partie nationale est le district. La Côte d’Ivoire compte 14 districts y compris le District autonome d’Abidjan et de Yamoussoukro.
Construction de l’indicateur
◆

Etape 1 : Recueil des données
Chaque sous dimension des Réseaux et Territoires est appréhendée par un certain nombre d’indicateurs.
Tableau II
-1 : Liste des indicateurs par sous-dimension et leur définition
Indicateurs
Définitions
Sous-dimension : Urbanisation
Densité de la population de la zone
Nombre d’habitants au Km²
Taille moyenne des ménages
Nombre moyen de personnes par logement
Taux d’urbanisation
Part de la population urbaine sur la population totale de la zone
Ratio locataires / propriétaires
Rapport entre le nombre de locataires et le nombre de propriétaires
Sous-dimension : Infrastructures de base
aux d’accès aux services sociaux de base (eau, électricité, santé, …)
Proportion de population ayant accès aux services
Indicat
eur de qualité des services so
ciaux de base (éducation, électricité, eau,…)
Proportion de population satisfaite de la qualité des services
Taux d’accouchements assistés par du personnel soignant qualifié
proportion
d’accouchements assistés par du personnel qualifié
aux de demande satisfaite de contraception moderne
Proportion de la demande satisfaite de contraception par des moyens modernes
Sous-dimension : Migration
Indice d'entrée dans une zone
Rapport des entrants dans une zone sur la population totale de la zone
Indice de sortie d'une zone
Rapport des sortants d’une zone sur la population totale de la zone
Sous-dimension : Flux et capacité financières
Indice des transferts de fonds dans la zone
Poids des transferts totaux reçus et versés dans le PIB de la zone
Taux d’accès aux services de transferts formels
Proportion des individus ayant accès aux services de transferts formels
Consommation par tête dans la zone
Niveau moyen de consommation par tête dans la zone
Coût du panier de la ménagère
Coût des produits les plus consommés de la zone (opérationnalisé par la dépense alimentaire
Source : CREG-CREFAT 2019.
◆ Etape 2 : Normalisation
La normalisation se fait à partir d’une formule classique qui permet de convertir les valeurs d’origine des indicateurs en nombres compris entre 0 et 1.
xinorm=xi-min⁡(X)maxX-min⁡(X)Où
xinom est la valeur normalisée de la variable i.
◆ Etape 3 : Calcul des indicateurs sous-dimensionnels
Pour chaque sous-dimension, l’indicateur sous-dimensionnel est obtenu en faisant une moyenne géométrique des indicateurs qui la composent. La méthode de la moyenne géométrique est préférée à la moyenne arithmétique en ce sens que ce dernier ne prend pas en compte du poids des valeurs de chaque variable dans l’indicateur global (les effets de compensation entre les valeurs n’existent pas avec la méthode de la moyenne géométrique).
k=1,…,4 et d =1,…,n où n est le nombre d’indicateurs suivis dans la sous-dimension concernée. Etape 4 : Calcul de l’Indice Synthétique Réseaux et Territoires Récupérer tous les indices sous-dimensionnels (4 au total). Appliquer une moyenne géométrique à ces indicateurs pour obtenir l’Indice Synthétique Réseaux et Territoires (ISRT) :
◆ Etape 4 : Calcul de l’Indice Synthétique Réseaux et Territoires
Récupérer tous les indices sous-dimensionnels (4 au total).
Appliquer une moyenne géométrique à ces indicateurs pour obtenir l’Indice Synthétique Réseaux et Territoires (ISRT) :
Avec le nombre de sous-dimensions de la dimension globale réseaux et ter
ritoires (ici m=4), lk est l’in
dicateur calculé pour chaque dimension k, k=1,…,4.
Sources des données
La définition des indicateurs nécessite de spécifier la source des données nécessaires pour les calculer. Ces sources sont hiérarchisées selon le degré d’officialité au niveau national, leur exhaustivité par rapport à l’information recherchée et leur facilité d’accès (temps de collecte, coût de l’accès, etc.)
Les indicateurs et les données secondaires utilisés dans le cadre de ce rapport proviennent essentiellement des séries de données nationales et des statistiques officielles. Ces données sont issues pour l’essentiel des sources telles que le RGP 1975 et les RGPH (1988, 1998 et 2014), les EDS (Enquêtes Démographiques et de Santé) et l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), les Enquêtes de niveau de vie (ENV), les Enquêtes sur l’emploi. Elles ont été complétées par des données internationales compilées à partir des statistiques des Nations Unies (ONU), de la Banque mondiale, de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et d’autres sources officielles lorsque les données nationales ne sont pas disponibles. Le second aspect de la collecte des données a consisté essentiellement à rassembler des rapports et des documents de politiques en lien avec la thématique étudiée.
Les informations ont été collectées dans les domaines clés tels que la démographie, l’éducation, la santé et la santé de la reproduction, l’emploi, la gouvernance, la consommation, les revenus, l’environnement, l’économie, la migration etc. Des personnes ressources dans des structures étatiques, paraétatiques, de recherche et des organismes de développement, ont été rencontrées dans la mesure du possible pour fournir les données nécessaires. Les références internationales utilisées ont été celles de la Division de la Population des Nations Unies, de la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Union Africaine. Les sites Internet de partenaires internationaux et privés travaillant dans les domaines ciblés par les indicateurs de l’Observatoire ont été consultés.
5.4.
RESULTATS ET ANALYSES
L
’
Indicateur Synthétique Réseaux et Territoires (ISRT) rend compte de l
’
état de la structure et du niveau d
’
interaction (migration et flux) des réseaux dans un territoire donne. Un niveau élevé ou faible de cet indicateur serait la résultante des effets de l
’
état de la structure et / ou du niveau d
’
interaction. Les développements qui su
ivent donnent les résultats de cet
indicateur avec un expose détaille sur les indices sous-dimensionnels.
L
’
état de la structure ainsi que le niveau d
’
interaction des réseaux demeure faible en Côte d’Ivoire. En effet, l’ISRT, bien qu’ayant évolué en passant de
24,7% en 2014 à 35% en 2019,
reste inférieur à la valeur moyenne (50%). Cette situation est la résultante d
’
une urbanisation encore peu sa
tisfaisante (31,2%), ainsi qu’
une faiblesse de la mobilité humaine et financière avec des taux respectifs de (30,4%) et (19,9%) en 2019.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
: Indice Synthétique Réseaux et Territoires 2019
Source :
CREG 2023
Seul l
’
indice relatif aux infrastructures est à un niveau moyennement satisfaisant, ce qui traduit un accès et une qualité des services sociaux de base assez moyenne. L’indice d’infrastructures quant à lui a connu un bon qualitatif, passant d’à peu près 60%
en 2014 à environ 80% en 2019, m
ettant ainsi en lumière, les efforts du Gouvernement et les investissements massifs dans l’amélioration de l’accès aux infrastructures sociales notamment l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation.
L’analyse selon le genre indique qu’il n’y a pas de disparités particulières entre les hommes et les femmes avec des ISRT de 32,7% pour les femmes et 32,4% pour les femmes
D’un point de vue spatiale, il ressort que seulement (4) districts sur quatorze (14) ont des ISRT supérieurs à 50% avec trois districts notamment Abidjan, Yamoussoukro et la v
allée du Bandama pour
lesquels
,
l’indice atteint 60%. Ainsi, on peut en déduire que le développement local est en marche avec une quasi bonne répartition des infrastructures sociales de base, une urbanisation galopante et une mobilité humaine et financière en progression.
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 1
: ISRT selon les districts administratifs de Côte d'Ivoire
DISTRICTS
URBANISATION
MIGRATION
INFRASTRUCTURES
FLUX ET CAPACITES FINANCIERS
ISRT
AUTONOME D'ABIDJAN
85,8
45,
6
82
,
7
49
,
5
63
,3
VALLEE DU BANDAMA
26,9
77
76
,
1
44
,
4
51,4
AUTONOME DE YAMOUSSOUKRO
38
77,
1
84
,
6
44
,
8
57,7
COMOE
31,4
56,
0
81
,
2
45
,
8
50,6
MONTAGNES
21
46,
2
78
,
2
65
,
8
47,3
LACS
22,2
66,
4
77
,
6
41
,
7
46,7
LAGU
NES
27,6
52,
3
80
,
7
40
,
7
46,6
GOH-DJIBOUA
30,2
43
,
8
78
,
7
43
,
5
46,1
BAS-SASSANDRA
22,7
50
,
8
76
,
0
45
,
9
44,8
SASSANDRA-MARAOHOUE
27,6
46
,
6
73
,
7
43
,
2
45
SAVANES
23,4
39
,
1
77
,
1
41
,
4
41,3
WOROBA
16,8
43
,
6
75
,
0
42
,
4
39,1
ZANZAN
15,4
45
,
2
74
,
6
41
,
4
38,3
DENGUELE
15,6
40
,
8
74
,
2
42
,
1
37,5
COTE D'IVOIRE 2019
31,2
30
,
5
79
,
3
19
,
9
35
Source :
CREG 2023
IV.1. Analyse de l’indice d’urbanisation
L’urbanisation de la Côte d’Ivoire demeure encore très faible pour une meilleure exploitation du Dividende Démographique. En effet, évalué à 30,5% en 2014,
l’indice d’urbanisation s
’établit à 31,2% en 2019, soit une hausse d’environ un (1) point de pourcentage. Cette évolution est à due à l’augmentation du taux d’urbanisation et le ratio locataires / propriétaires avec des valeurs qui sont passées respectivement de 11,2% à 12,9%, de 50,3% à 50,7% et de 65,1% à 66,2% entre 2014 et 2019. Il est à noter qu’à part la densité de la populati
on, l’urbanisation et le nombre
de ménages propriétaires ont des indices supérieurs à 50%
depuis 2014, t
raduisant ainsi la forte propension des ménages ivoirien à être propriétaires de leurs logements et l’urbanisation galopante de la Côte d’Ivoire.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 2
: Indice d'Urbanisation en Côte d'Ivoire en 2019
Source :
CREG 2023
L’analyse des composantes de l’urbanisation au niveau des différents districts montre que des
disparités régionales demeurent. Les
régions du Nord du pays restent encore faiblement peuplées
tandis que le District autonome d’
Abidjan se démarque par sa forte population
représentant
plus du cinquième de la population totale
du pays
avec une densité (2662 hbts/km2
,
trente fois supérieure à la moyenne nationale
)
. Cette attractivité s’explique par le fait qu’Abidjan éta
nt la capitale économique,
concentre l’ensemble des i
nfrastructures économiques,
industrie
lle
s
avec
d
e meilleures
opportunités économiques pour les individus. Il est suivi par le district autonome de Yamoussoukro avec une densité de (115 hbts/km2).
La zone septentrionale du pays se distingue par sa plus forte concentration d’individus par ménages, avec le district des savanes en premier lieu
(7), suivi par le district du D
en
guele (6,5) et le district des L
agunes et du Woroba (5,9).
Les ménages vivant dans les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro ont les plus fortes propensions à être propriétaire de leurs logements. Cette situation pourrait s’expliquer par l’urbanisation galopante dans ces deux districts e
t l’évolution du niveau de vie
de
s
populations qui ont tendance à privilégier les acquisitions de biens durables (terrains, maisons, etc.).
Aussi, Ces résultats montrent que le critère de capture du dividende démographique relative à l’urbanisation est satisfaisant pour seulement le district d’Abidjan (85,8).
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 3
: Indice d'urbanisation selon les districts
Source : CREG 2019
IV.2. Analyse de l’indice de migration
La migration, due essentiellement ici par les mouvements des populations pour motif économique et/ ou motif social, est traduite par un indice faible, évalué à 30,5% en 2019. Cette situation est le corolaire de la faiblesse des flux d’émigration et d’immigration au niveau du pays avec un indice relatif aux sorties est de 14,1% contre 16,4% pour l’indice relatif aux entrées. Comparativement à 2014, il convient de noter que le comportement migratoire a fortement évolué passant de 13,8% en 2014 à 30,5% en 2019, avec un bond qualitatif en matière de sortie de la zone (3,7% à 14,1%) en seulement 5 ans. Cette évolution de la situation dépeint le changement de mentalité et du comportement migratoire en Côte d’Ivoire.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 4
: Indice de Migration en Côte d'Ivoire en 2019
Source : CREG 2023
Au niveau
des districts
,
le district autonome d’
Abidjan enregistre le plus grand flux d’entrée (37,2%), suivi du district du Bas-Sassandra (34,8%) et du district autonome de Yamoussoukro (34,3%). Les districts les moins visités sont principalement les districts des savanes et du Zanzan avec, des indices d’entrée évalués respectivement à 9,3% et 10,9%. Il ressort clairement que les zones d’Abidjan, Yamoussoukro, qui constituent les deux capitales du pays, et le district du Bas-Sassandra sont les zones les plus
attractives vers les lesquelles les populations des autres districts migrent le plus.
Pour le cas particulier du bas S
assandra, cela pourrait s’expliquer par le fait qu’elle soit une zone forestière favorable aux cultures industrielles et aux cultures de rente.
En matière d’émigration, les districts de Yamoussoukro, des lacs et de la vallée du Bandama constituent les zones de forte émigration avec des indices de sortie de la zone évalués à plus de 40% ; Ceux-ci s’élèvent à 42,9% pour Yamoussoukro et le district des lacs et 46,5% pour la vallée du Bandama. Les
districts d’Abidjan et du Bas S
assandra constituent les zones où les populations émigrent le moins avec 8,4% pour Ab
idjan et 16% pour le Bas-S
assandra.
Le cas particulier du district de Yamoussoukro qui est en même temps une zone forte immigration et de forte émigration peut s’expliquer par le fait qu’elle est une zone de transit pour les élèves et étudiants
. Les grandes écoles supérieures (INPHB) y sont.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 5
: Indice de migration selon les districts en 2019
Source : CREG 2023
IV.3. Analyse de l’indice de d’infrastructures
La Côte d’Ivoire a fait d’énormes avancées en termes d’infrastructures entre 2014 et 2019. En effet d’un indice établi à 58,6% au niveau national en 2014, a connu un bon d’environ 20 points de pourcentage en 2019
pour s’établir à
79,3%. Il se distingue par un indice d’accès de 73,7% et une appréciation de la qualité évaluée à 85,3%. Il constitue le seul indicateur du Dividende Démographique pour lequel la progression est satisfaisante avec une valeur à plus de 80%. Ces résultats sont encourageants pour le pays qui dans le cadre de la mise en œuvre de ses Plan Nationaux de Développement (2012 – 2015) et (2016 – 2020) a réalisé
d’importants
investissements dans l’amélioration des infrastructures sociales de base. En effet, le taux d’investissement global est passé d’une moyenne de moins de 10% du PIB sur la période 2000 à 2010 à 20% en moyenne sur la période 2012 à 2018. Quant à l’investissement public, il est passé de
994,2 milliards FCFA en 2014 à 1499,3 milliards de FCFA soit une croissance moyenne annuelle de 8,6%
. Cet accroissement de l’investissement public s’est traduit
par la réalisation de projets structurants dans les domaines d
es infrastructures routières
, de l’énergie, de l’eau, de l’éducation et de santé.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 6
: Indice d'infrastructures en Côte d'Ivoire en 2019
Source : CREG 2023
Au niveau régional, la qualité des services sociaux est satisfaisante dans l’ensemble des districts avec une valeur moyenne de 84,5% et l’accès aux services est évalué à 71,9% pour l’ensemble des régions.
Cette répartition presqu’équitable dénote de la politique d’aménagement du territoire mise en œuvre des dernières années.
III.5.4. Analyse des Flux et capacités financiers
Les flux et capacités financiers constituent l’une des quatre sous dimensions de la dimension « Réseaux et Territoire ». Leur appréciation est faite à partir de l’indice des flux et capacités financiers (IFCF) qui est capté à son tour par la combinaison de quatre (04) indicateurs qui sont :
l’indice des transferts de fonds dans la zone : C’est le poids des transferts totaux reçus et versés dans le Produit Intérieur Brut de la zone.
le taux d’accès aux services de transferts formels : C’est la proportion des individus ayant accès aux services de transferts formels de la zone.
l’indice de revenu : Il traduit le niveau moyen de consommation par individu dans la zone.
l’indice coût du panier de la ménagère : c’est le coût des produits les plus consommés de la zone. Il est capté à partir de la dépense alimentaire.
L’IFCF traduit la disponibilité et l’accès aux services financiers. Il suit la consommation et le coût du panier de la ménagère. Ainsi, la mobilité financière, l’autonomisation économique des ménages appréhendée à travers le revenu et le panier de la ménagère sont traduites par cet indicateur. Il est ressortit à 19,9% en 2019 contre 15,2% en 2014 et est inférieur à la valeur moyenne (50%). En d’autres termes, environ 20 individus sur 100 ont un accès équitable à la richesse nationale. Ce résultat est imputable au faible niveau enregistré par l’indice des transferts (3,7%), par l’indice revenu (17,3%) et par l’indice coût du panier de la ménagère (31,5%).
Graphique
7 : les composantes de l’IFCF.

Source : CREG 2023
Le taux d’accès aux services
de transferts formels
est par contre satisfaisant (77,9%)
. Ce résultat est en lien avec
l’expansion du secteur des Télécoms/TIC à travers le développement du mobile money, et du l’E-commerce
. En effet, le secteur des Télécoms/TIC a connu un développement spectaculaire avec les ventes d’équipements et des services à moindre coût accessible à toutes les couches de la population. Les services de d’internet, de vente en ligne et de mobile money ont été accessible à tous.
L’analyse
spatiale
montre que 41 à 50 individus sur 100 ont un accès équitable à la richesse nationale selon les districts en dehors du district des Montagnes qui affiche un niveau satisfait de 66 individus sur 100. (Cf. Annexes).
En effet le district des Montagnes est la zone de forte production agricole avec une importante population agricole. Ce district contribue fortement au PIB national à travers la production du binôme café cacao et des produits vivriers. La population agricole de cette région est en grande partie une population d’immigrés. Il existe d’important flux financiers dans la région, traduit par un fort taux de 99,8%, contribuant ainsi à l’amélioration de
l’indice des flux et capacités financiers (IFCF)
porté à 65,8%.
Selon le genre, il existe une différence observée chez les hommes que chez les femmes s’agissant de
l’indice des flux et capacités financiers
. Cette différence est portée par l’indice des transferts et l’indice de revenu. L’indice de revenu des femmes est plus faible que celui des hommes. Ce résultat corrobore celui du chapitre I relatif au déficit de cycle de vie. En effet les femmes ont un revenu de travail relativement faible que pour celui des hommes. Le surplus de leur consommation non couvert par leur revenu de travail est généralement financé par les transferts provenant des hommes. Ce qui se traduit par un indice de revenu des femmes moindre que celui des hommes et un indice de transfert des femmes un peu plus élevé que celui des hommes (9,8% pour les femmes contre 1,4% pour les hommes pour l’indice de transfert).
Graphique
8 : Indice
des flux et capacités financiers
en 2019 selon le sexe
Source : CREG 2023
Selon l’historique
l’indice des flux et capacités financiers
a
connu une amélioration passant de 15,2% en 2014 à 19,9% en 2019. Autrement dit
,
le nombre de personne ayant un accès équitable à la richesse a progressé passant de 15 personnes sur 100 en 2014 à 20 personnes sur 100 en 2019. Ce résultat est principalement le fruit de l’expansion du secteur des Télécoms/TIC à travers le développement du mobile money, et du l’E-commerce et de l’évolution des revenus des populations.
Pour ce qui concerne l’évolution des revenu, il est à noter que
le secteur public
a connu un
déblocage
des indice suivi
d’un avancement indiciaire qui impact sur le salaire des fonctionnaires
chaque deux ans
. S’agissant du secteur privé, la revalorisation du SMIG et la croissance économique stable enregistrée depuis 2022 impact
ent
considérablement sur le niveau de revenu des populations et par ricochet sur le coût du panier de la ménagère.
Graphique
9 :
Evolution de l’indice des flux et capacités financiers de 2014 à 2019
Source : CREG 2023
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
L’état de la structure et du niveau d’interaction des réseaux de la Côte d’ivoire reste faible malgré une progression de 2014 à 2019 en liaison avec une urbanisation encore peu satisfaisante, ainsi qu’une faiblesse de la mobilité humaine et financière. Seul l’indice relatif aux infrastructures qui a un niveau satisfaisant, traduisant un accès et une qualité des services sociaux de base assez moyenne. Cet indice a connu une progression satisfaisante mettant en lumière les efforts du Gouvernement à travers les investissements massifs dans l’amélioration de l’accès aux infrastructures sociales notamment l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation.
L’analyse selon le genre indique qu’il n’y a pas de disparités particulières entre les hommes et les femmes avec des ISRT.
D’un point de vue spatial, d’énormes disparités régionales ressortent, malgré les efforts des gouvernements dans la quête de l’équité territoriale.
Pour mieux profiter efficacement du dividende démographique à travers la dimension réseau et territoire, des efforts restent à faire. Il s’agit de :
Renforcer les actions sur l’inclusion financière
Renforcer le projet d’habitat sociaux
en
amélior
ant
le taux de ménages
propriétaires de leur logement
;
Veiller à l’applicat
ion de la décision du G
ouvernement relative au nombre de mois de caution de location de logements;
Mettre en œuvre les plans directeurs des grandes villes du pays;
Veiller au transfert efficace du transfert de la capitale
politique à Yamoussoukro ;
Renforcer les infrastructures sociales de base en vue d’améliorer de façon durable l’accès à l’eau potable et à l’électricité
.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
Annexe A : I
ndice des flux et capacités financiers
selon les districts
 
URBANISATION
MIGRATION
INFRASTRUCTURES
FLUX ET CAPACITES FINANCIERS
ISRT
AUTONOME D'ABIDJAN
89,3
45,6
82,7
49,5
63,9
WOROBA
50,8
43,6
75,0
42,4
60,3
VALLEE DU BANDAMA
44,4
77,0
76,1
44,4
60,0
COMOE
50,1
56,0
81,2
45,8
56,8
BAS-SASSANDRA
41,0
50,8
76,0
45,9
55,9
LAGUINES
43,9
52,3
80,7
40,7
55,4
GOH-DJIBOUA
48,1
43,8
78,7
43,5
53,6
LACS
50,7
66,4
77,6
41,7
52,5
AUTONOME DE YAMOUSSOUKRO
42,1
77,1
84,6
44,8
52,3
SASSANDRA-MARAOHOUE
50,2
46,6
73,7
43,2
52,2
SAVANES
47,0
39,1
77,1
41,4
49,2
ZANZAN
33,8
45,2
74,6
41,4
46,6
DENGUELE
32,4
40,8
74,2
42,1
46,1
MONTAGNES
28,1
46,2
78,2
65,8
43,5
COTE D'IVOIRE 2019
29,7
30,5
79,3
19,9
35,0
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