CURRICULUM SWEDD – Guide de la mentore animatrice des espaces sûrs
-15437966444800Projet d’autonomisation des femmes et Dividende démographique dans le Sahel (SWEDD)
CURRICULUM SUR LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE ET LES COMPÉTENCES DE VIE POUR L’ANIMATION DES ESPACES SÛRS DANS LES PAYS DU SAHEL
«
ASSURER L’ÉPANOUISSEMENT DE LA JEUNE FILLE
»
GUIDE DE LA MENTORE
Animatrice des « espaces sûrs »
Octobre 2018
SOMMAIRE
Introduction
3
Bienvenue
5
I.Mieux connaitre vos cibles et mettre en œuvre une approche différenciée pour mieux accomplir votre mission
5
II.En quoi consistent les compétences de vie et en santé ?
9
III.Sessions
11
IV.Techniques de formation appropriées
13
V.Format de la session
15
VI.Préparation en vue d'une session
16
VII.Participation d'une intervenante extérieure
18
VIII.Quelques conseils pratiques complémentaires
19
Conclusion
25
Bibliographie
26
INTRODUCTION
Ce document, «
Assurer l’épanouissement de la jeune fille
», est un curriculum d’animation en santé et en compétences de vie. Il prend en charge les objectifs de
l’éducation sexuelle complète
définie comme « une manière d’aborder l’enseignement de la sexualité et des relations interpersonnelles qui soit adaptée à l’âge, culturellement pertinente et fondée sur des informations précises, réalistes et s’abstenant de jugements de valeur ».
Le curriculum est conçu comme un outil d’apprentissage utilisé dans les « espaces sûrs » mis en place en dehors des écoles dans le cadre du «
Projet SWEDD – Autonomisation des Femmes et Dividende démographique dans le Sahel
» pour accompagner les jeunes filles dans la
transition
n vers l’âge adulte. Son objectif est de faciliter, à travers les activités proposées aux jeunes filles, l’acquisition d’une information juste et scientifiquement établie, de savoir- faire et de compétences de vie qui leur permettront de mieux se connaître, d’avoir une estime de soi, de renforcer leurs capacités à prendre des décisions pour s’épanouir dans le présent et le futur, d’être capables de gérer leurs émotions et leurs stress, d’acquérir l’esprit critique, d’être capables de créativité et d’entreprenariat pour pouvoir assurer leur autonomie et leur dignité.
Ce curriculum est au service de la philosophie qui
sou
s
-tend
le Projet SWEDD et offre une vision d’ensemble, planifiée, structur
é
e et cohérente des directives
pédagogiques
selon lesquelles l’apprentissage s’organise
et est
géré dans les espaces
sûrs en
fonction des résultats attendu
s.
Pour élaborer un tel curriculum
devant faciliter
l'acquisition des compétences de vie et l’accès à l’information de qualité en santé sexuelle et reproductive qui soit applicable à l'ensemble des six pays, il a été entrepris un état des lieux des supports didactiques utilisés dans les divers programmes pertinents ciblant des adolescentes, des élèves ayant un faible niveau d'alphabétisation et mis en œuvre dans des milieux sociaux défavorisés dans le Sahel. L’inventaire critique des sources documentaires a porté sur des matériaux disponibles au niveau des équipes des pays du Projet SWEDD
, des programmes mondiaux collectés auprès de partenaires et d'institutions majeures
connues pour leur implication dans la promotion des espaces sûrs, l'éducation des filles et l'apprentissage social et
émotionnel et
des produits des recherches
portant sur les approches pédagogiques, les thématiques négligées et la documentation de bonnes pratiques. Cet exercice a permis d’identifier les contenus susceptibles d'être mis à profit par le SWEDD. Il a aussi révélé le besoin de disposer d’un cadre de référence qui concentre le paquet d’informations essentiel sur la santé sexuelle et reproductive des adolescentes et des jeunes et le socle de compétences de vie saine nécessaires à assurer le plein épanouissement des filles. C’est ce vide que ce curriculum ambitionne de combler en dotant les mentores d’un outil de formation susceptible d’être adapté aux réalités des « espaces sûrs » des divers pays du projet SWEDD.
Ce curriculum comprend deux parties : le cadre
d’information et d’orientation pédagogique destiné à la
mentore et
les modules présentés sous le format de sessions éducatives.
La première
partie aborde
les déterminations pédagogiques qui orientent le mode d’opérationnalisation des modules constitutifs du curriculum. Elle
informe sur
le pourquoi du curriculum, les cibles pour qui l’outil est conçu, l’approche qui guide le traitement des modules, les textes de base qui contextualisent les questions examinées, les intentions pédagogiques et le profil de sortie des jeunes filles encadrées dans les « espaces sûrs », les thématiques et les stratégies d’enseignement-apprentissage.
Elle a pour
fonction
d’être un guide pour l’utilisateur permettant
de baliser
la progression de la mentore en explicitant son rôle et en lui fournissant les outils et les stratégies à mettre en œuvre pour une animation de séance menée avec aisance et compétence.
La deuxième partie est consacrée au développement didactique des modules d’enseignement-apprentissage. Elle a été conçue conformément à une approche différenciée selon deux catégories de classes d’âge et a été présentée sous le format de deux livrets (Livret 1 pour les jeunes filles de 09 à 12 ans et Livret 2 pour les filles de 13 ans à 19 ans). Ces deux livrets constituent le cadre d’opérationnalisation du curriculum :
«
Assurer l’épanouissement de la jeune fille
» avec la mise en œuvre des stratégies d’enseignement-apprentissage pour prendre en charge les thèmes constitutifs des modules organisés selon trois axes (la santé, les compétences de vie ainsi que le genre et les droits humains) qui se recomposent de façon intégrée dans le contenu des 26 sessions éducatives. A la fin de chaque module, une banque de ressources propose à la mentore des informations et des supports didactiques pouvant être utilisés pour enrichir les contenus des activités d’enseignement-apprentissage. Le choix est laissé à la mentore
qui doit faire preuve de créativité et de discernement pour atteindre les objectifs assignés.
Pour une mise à l’œuvre efficace du curriculum, la mentore est outillée d’un guide d’usage. Ce guide est un cadre
d’information et d’orientation pédagogique. La mentore est informée sur l’état des apprenantes, leur déveppement cognitif et psychologique, l’usage des ressources disponibles dans les livrets 1 et 2 et sur le format de chaque session. Il est également mis à la disposition de la mentore une présentation des techniques d’animation des sessions éducatives et des techniques de formation adaptées à l’âge des apprenantes, des conseils pratiques pour la conduite d’une session éducative.
Bienvenue
Bienvenue aux mentores au sein des « espaces sûrs » du SWEED ! Nous vous remercions d'avoir choisi de travailler avec les filles et les jeunes femmes inscrites à notre programme. En tant que mentore, vous serez amenée à exercer une influence positive sur la vie des filles et, à travers elles, sur leurs familles et leurs communautés.
Vous partagerez avec vos mentorées des informations importantes qui leur permettront d'améliorer leur santé et leur bien-être. En outre, vous partagerez votre sagesse, votre expérience, votre amitié et vos connaissances afin de les aider à
devenir des femmes confiantes en elles, accomplies, heureuses et en bonne santé, comme vous l'êtes vous-même.
Nous espérons que vous progresserez et vous
vous
perfectionnerez vous aussi dans votre rôle de mentore. Vous apprendrez de nombreuses compétences de vie, des méthodes pour animer des discussions de groupe et des sessions de formation, ainsi que la manière dont les filles et les jeunes femmes traitent les informations et mènent à bien leur apprentissage.
Nous avons mis à votre disposition un outil baptisé « curriculum » pour une cible différenciée en vue de mieux prendre en charge le parcours de ces jeunes filles et femmes inscrites à ce programme.
Le curriculum est un parcours de formation sur la santé sexuelle et reproductive
et sur les compétences de vie saine conçu pour des jeunes filles scolarisées et non scolarisées fréquentant les « espaces sûrs ». Il est un outil à la disposition de la mentore ayant l’ambition de développer tout le potentiel physique, psychique, moral, émotionnel et entrepreneurial des jeunes filles qui fréquentent « ces espaces sûrs ».
Elles appartiennent à plusieurs générations qui se décomposent en deux groupes d’âge variable avec un développement biopsychologique non homogène : une cohorte des 09 à 12 ans et un autre groupe constitué des tranches d’âge allant de 13 à 19 ans.
I. Mieux
connaitre vos cibles et mettre en œuvre une approche différenciée pour mieux accomplir votre mission
Chaque
enfant est différent. Les enfants mûrissent tous à des rythmes différents et de différentes façons. Abordez chacune des filles ou jeunes femmes dont vous serez la mentore comme des individus que vous tentez d'apprendre à connaître.
Le tableau ci-dessous contient des indications générales sur les stades de développement que traversent les filles
à
la fin de l'enfance (entre 8 et 12 ans), à l'adolescence (entre 12 et 19 ans) et en tant que jeunes adultes (à partir de 19 ans). Vous exploiterez ces informations de deux façons essentielles : d'une part, pour comprendre les modes de pensée dont vos participantes sont capables (aptitudes cognitives), la manière dont leur personnalité et leurs valeurs évoluent (valeurs psychosociales
et identitaires), dont leur corps évolue (physique), ainsi que le développement de leurs relations (relations et sexualité). En second lieu, ce tableau vous permet de vous mettre à la place de vos participantes : rappelez-vous ce que vous avez ressenti à leur âge, à quels problèmes vous étiez confrontée, ce que vous ressentiez, ce qui comptait pour vous, les personnes dont l'avis comptait le plus pour vous, entre autres choses. Vous aurez davantage de facilité à nouer des liens avec les filles si vous faites preuve d'empathie à leur égard, en imaginant à quoi s'apparente leur existence de leur propre point de vue.
Les étapes ci-dessous décrivent la manière dont les filles doivent
théoriquement
se développer sur la base de conditions de vie saines et normales. Si une fille a été victime de malnutrition, a subi un traumatisme, n'a jamais fréquenté le milieu scolaire ou l'a quitté tôt, ou si elle souffre d'un handicap, son développement sera peut-être retardé ou interrompu dans certains domaines. Ayez conscience de ces différences.
STADES DE DÉVELOPPEMENT DES FILLES
Entre 8 et 12 ans
Entre 12 et 19 ans
À partir de 19 ans
CAPACITÉS COGNITIVES
Utilisent une logique simple
Réfléchissent aux faits et aux informations concrètes à l'instant présent (et non dans le futur)
N'ont pas confiance en elles et peuvent tenter de le masquer en faisant preuve de lourdeur ou d'irrespect
Ont une faible maîtrise d'elles-mêmes, ont besoin de
cadrage
Ont besoin des conseils d'un adulte
Utilisent une logique plus complexe
Réfléchissent à des situations imaginaires, à ce qu'elles ont déjà appris, à l'avenir
Comprennent les causes, les effets et les conséquences de leurs actes
Prennent des décisions en comparant différentes options
Sont capables de s'appuyer sur leurs acquis
Font preuve d'une attention plus soutenue
Sont capables de mieux utiliser leur esprit critique
Prennent des décisions en toute indépendance
S'appuient sur leurs propres expériences pour élargir leurs acquis (et peuvent écarter certaines informations si elles sont contraires à leur expérience)
Relient leurs acquis à des expériences réelles
Apprécient de pouvoir contribuer à l'apprentissage
VALEURS PSYCHOSOCIALES
ET IDENTITAIRES
Ont des sautes d'humeur, sont très sensibles aux compliments et aux critiques
Sont soucieuses de la façon dont elles sont jugées par leurs pairs et acceptées par leurs ami(e)s
Aspirent à davantage d'indépendance, d'intimité et de temps avec leurs ami(e)s ou pour elles-mêmes
Remettent en cause les valeurs et les règles de leurs aînés, ainsi que l'influence et les valeurs de leurs ami(e)s
Pensent en
termes de bon ou mauvais, juste ou
injuste, sans
option intermédiaire
S'identifient à un adulte qu'elles admirent, ne se sentent plus comme des enfants, mais pas encore comme des adultes
Comprennent et analysent leurs propres émotions
Deviennent plus autonomes et aspirent à davantage de pouvoir et d'indépendance
Définissent leur identité et leurs valeurs et veulent être acceptées par leurs ami(e)s
Estiment que leurs parents ou les adultes ne les comprennent pas, contestent et rejettent les règles
de leurs parents
Se comportent comme si elles avaient la science infuse
Peuvent être très centrées
sur elles-mêmes, leur apparence, leurs besoins et leurs désirs
Prennent des risques et testent les limites avec elles-mêmes et d'autres personnes
Sont intrinsèquement motivées (en elles-mêmes, moins influencées par les autres)
Prennent leurs propres décisions concernant leur rôle social et individuel
Possèdent une conscience d'elles-mêmes et un développement identitaire plus prononcés
Font preuve de meilleures capacités de régulation et de maîtrise d'elles-mêmes
Sont plus conscientes des besoins d'autrui et sont capables de faire preuve d'empathie
DÉVELOPPEMENT PHYSIQUE
Grandissent significativement,
ont besoin de beaucoup de sommeil
Peuvent arriver au seuil de la puberté et des menstruations
Voient leur confiance affectée par les modifications de leur corps et de leur apparence (par exemple, être troublées si leur développement se manifeste plus tôt ou plus tard que chez leurs pairs)
Se développent sur le plan physique et sexuel
Commencent à avoir des pulsions sexuelles
Puberté achevée, cessent de grandir physiquement
Diminution des risques liés à la grossesse pour la mère et le bébé
RELATIONS ET SEXUALITÉ
Tombent aisément et fréquemment amoureuses
Peuvent se sentir perplexes, effrayées ou inquiètes face à leur maturation
Peuvent prendre des décisions concernant les activités sexuelles d'après leurs connaissances (compréhension des risques
de grossesse, de VIH ou de MST), mais sont exposées à un risque de grossesse élevé
Comprennent la différence entre relations saines et malsaines, ainsi que leur propre sexualité
Peuvent nouer des relations amoureuses et se marier
Le risque d'isolement, d'agression ou de violence faite aux femmes
diminue
avec l'augmentation de l'âge du mariage, le niveau de scolarité, l'indépendance économique et une plus faible différence d'âge avec le conjoint
.
Source: Bastable et Dart (2008). Developmental Stages of the Learner.
Nurse as
educator :
Principles of teaching and learning practice
II. En
quoi consistent les compétences de vie et en santé ?
Les compétences de vie se définissent comme des capacités comportementales adaptatives et positives qui permettent aux individus de faire face efficacement aux exigences et aux défis de la vie quotidienne
. Cela signifie qu'une fille possédant des compétences de vie se connaît elle-même, est capable de se fixer des objectifs et de les atteindre, de prendre des décisions sensées, de nouer des relations saines, de faire valoir ses opinions à autrui (famille, conjoint, beaux-parents, médecin, dirigeants communautaires, etc.) et envers sa communauté, de résoudre des problèmes, de faire face aux situations et émotions difficiles, et de solliciter de l'aide en cas de besoin.
Les compétences spécifiques développées par les filles dans le cadre de ce programme se divisent en cinq catégories :
conscience de soi,
autogestion,
conscience sociale,
aptitudes relationnelles
,
prise de décisions responsable.
Veuillez-vous reporter à la liste des compétences dans l'encadré ci-dessous.
conscience
de soi
Identification des émotions
Reconnaissance des forces
Confiance en soi
Auto-efficacité
–
Autogestion
Fixation d'objectifs
Motivation personnelle
Gestion du stress
conscience sociale
Empathie
Respect d'autrui
–
Aptitudes relationnelles
Communication
Établissement de relations
Travail en équipe
–
Prise de décisions responsable
Identification des problèmes
Analyse des situations
Résolution des problèmes
Source :
CASEL
Les compétences en santé représentent
les informations et
les compétences dont les filles ont besoin pour prendre des décisions positives concernant leur santé, leur hygiène, leur santé sexuelle et reproductive, ainsi que leur alimentation. Outre ces informations, les filles apprendront comment accéder à des services, qui consulter pour demander conseil et quand solliciter de l'aide. Les compétences de vie que les filles développeront les aideront à mettre en pratique les connaissances sanitaires qu'elles auront acquises et à opérer des choix sains durant toute leur existence.
De quelle manière les filles bénéficient-elles des compétences de vie et en santé ?
Les sessions de formation ont pour but de
faire
bénéficier aux filles
des
compétences
de vie et en santé
,
non seulement par le biais d'un partage de connaissances et de compétences, mais aussi par l'établissement de relations saines avec les autres filles et avec une mentore adulte digne de confiance.
établissement
d’une relation de confiance avec les filles
:
Lors des sessions de formation aux compétences de vie et en santé, les filles font la connaissance d'un adulte de confiance : il s'agit de vous, leur mentore ! Vous les traiterez avec respect et les aiderez à comprendre
qu'elles méritent ce même traitement de la part de quiconque. Vous les aiderez à faire valoir leurs propres arguments, en leur demandant d'être à l'écoute de leurs propres opinions et pensées, et en étant vous-même à l'écoute de celles-ci. Vous instaurerez la confiance avec les filles afin qu'elles puissent se confier à vous et vous demander de l'aide lorsqu'elles en ont besoin. La présence d'un adulte digne de confiance dans l'existence de ces filles leur est d'un grand secours.
Établissement d'un réseau social favorable
: Les filles établiront également les liens entre elles durant les sessions de formation aux compétences de vie et en santé. Elles s'encourageront les unes les autres à apprendre, à se former et à partager leurs réflexions, ainsi qu'à nouer des amitiés saines. L'établissement d'un réseau d'amitiés fort et positif leur apporte des facteurs protecteurs et réduit les risques auxquelles elles peuvent être confrontées.
Développement de compétences et de connaissances :
Enfin, les filles développeront des compétences (telles que la prise de décisions) et des connaissances (telles que la maîtrise de l'hygiène menstruelle) pendant l'ensemble des sessions. Les filles pourront mettre leurs compétences en pratique dans tous les aspects de leur existence. Au cours des sessions, elles apprendront à mettre une compétence en pratique d'une certaine manière (par exemple, décider ce qu'elles doivent vendre au marché) ; mais après avoir acquis cette compétence, elles pourront utiliser celle-ci dans un autre domaine de leur existence, par exemple : comment dépenser et épargner de l'argent, ou décider si elles doivent participer à un programme de formation professionnelle. L'acquisition de connaissances spécifiques sur la manière de prendre soin de leur corps, leur santé sexuelle et reproductive, une alimentation saine, leurs droits, etc. leur procurera les informations essentielles dont elles ont besoin pour prendre des décisions et agir. Ensemble, ces connaissances et ces compétences constituent la base de l'autonomisation et de l'action positive.
Quels sont les bénéfices des compétences de vie et en santé ?
De nombreux bénéfices seront offerts aux filles du fait de leur participation aux programmes portant sur les compétences de vie et en santé. Les facteurs protecteurs se renforcent et les facteurs de risques régressent pour les filles du fait de l'établissement de relations avec des adultes dignes de confiance, des réseaux sociaux positifs, ainsi que des compétences et connaissances acquises. Ces avantages concernent :
l'amélioration des résultats sur le plan de l'éducation et de l'emploi, y compris les performances en milieu scolaire, les choix d'orientation professionnelle et l'augmentation des revenus ;
la diminution des effets négatifs tels que les comportements à risque (activités illicites, etc.), la toxicomanie et les troubles de la santé mentale ;
l'amélioration des choix et des résultats en matière de santé sexuelle et reproductive, tels que l'approfondissement des connaissances sanitaires, la capacité à participer à des processus décisionnels et l'usage du préservatif.
Les jeunes femmes formées aux compétences essentielles possèdent la confiance et les aptitudes nécessaires pour incarner des modèles au sein de leurs communautés et plaider en faveur d'un changement positif. Elles peuvent contribuer à changer les mentalités au sein de la communauté au sujet de ce qu'une fille est capable de réaliser et d'atteindre. Lorsque des jeunes femmes deviennent respectées et admirées au sein de leur communauté en raison de leur sagesse, de leurs aptitudes, de leur esprit d'entreprise et de leur capacité à plaider pour un changement communautaire positif, elles créent davantage d'opportunités pour d'autres jeunes femmes et d'autres filles de leur entourage.
Les filles dotées de ces compétences ont la capacité de changer le rôle que les femmes peuvent jouer dans la société, en créant une meilleure égalité, en combattant la violence basée sur le genre, en améliorant la santé et le bien-être de leur entourage, ainsi qu'en établissant et en contribuant à leur activité économique locale.
Enfin, la possibilité pour les filles d'acquérir des connaissances et des compétences de vie et en santé aura à terme un impact sur leur comportement en tant que mères. Des filles capables de préparer l'avenir, de s'affirmer et de négocier seront plus à même de retarder leur première grossesse, de pratiquer un espacement sain entre les accouchements, de consulter un médecin lorsque les enfants en ont besoin, et de valoriser l'alphabétisation et l'éducation de leurs propres enfants.
III. Sessions
Le développement des compétences de vie et en santé, de même que l'acquisition de tout autre type de compétence, doivent se faire dans un ordre logique : d'abord les fondamentaux, puis les compétences élémentaires, avant d'aborder les aspects plus difficiles et plus complexes. Les sessions énumérées ci-dessous sont donc présentées dans l'ordre recommandé.
Liste des sessions :
Les sessions sont au nombre de vingt-six (26) et se présentent ainsi :
Session
Estime de soi et Conscience de soi
Session
Les Valeurs
Session
Identifier et gérer mes émotions
Session
La puberté
Session
La Reproduction
Session
Menstruation et Hygiène de la jeune fille
Session
IST et VIH/Sida
Session
Planification familiale
Session
Nutrition
Session
Grossesses accouchement avortement
Session
Droits des filles et des femmes
Session
Sensibilisation aux questions de genre, Partie 1
Session
Sensibilisation aux questions de genre, Partie 2
Session
les violences basées sur le genre
Session
Risques liés à la mutilation génitale féminine
Session
Risques liés au mariage et à la grossesse précoces
Session
Relations saines et malsaines
Session
Résolution de problèmes et de conflits
Session
Négociation
Session
Relations interpersonnelles – Capacités à dire « NON »
Session
Techniques de refus (pression de la part de l'entourage)
Session
Capacités de communication et d'écoute
Session
Fixer des objectifs
Session
Travail en équipe
Session
Capacités d'encadrement et servir d'exemple
Session
Prise de décisions
Ces sessions s’inscrivent dans les trois domaines suivants :
La santé sexuelle et reproductive
: la puberté, la reproduction, la menstruation et Hygiène de la jeune fille, les IST y compris et VIH/Sida, la planification familiale, la nutrition, les grossesses, l’accouchement et l’avortement
Le genre et les droits humains
: les droits des filles et des femmes, les violences basées sur le genre, les
risques liés à la mut
ilation génitale féminine, les
risques liés au mariage et à la grossesse précoces.
Les compétences de vie :
l’estime en soi et la conscience en soi, les valeurs, la capacité à s’identifier et à gérer ses émotions, les relations saines et malsaines, la résolution de problèmes et de conflits, la négociation, les relations interpersonnelles et la capacité à dire « NON », les techniques de refus (pression de la part de l'entourage), les capacités de communication et d'écoute, l’aptitude à se fixer des objectifs et à travailler en équipe, à servir d'exemple et à prendre une décision motivée
IV. Techniques
de formation appropriées
Le développement didactique privilégie les méthodes actives et interactives d’acquisition des connaissances, des attitudes et compétences et des aptitudes à résoudre des problèmes, à faire face à des situations critiques où la fille jeune doit être capable de faire un choix raisonné et responsable.
Dans le déroulement des activités, plusieurs techniques de formation sont proposées. La mentore pourrait également recourir à d’autres techniques éprouvées dans son entourage ou s’appuyer sur le tableau suivant pour faire son choix en fonction de ses objectifs d’apprentissage et en gardant toujours à l’esprit que «la résolution d’un problème en équipe est l’une des valeurs réelles d’une approche
participative en éducation/formation ».
Tableau de quelques techniques de formation
TECHNIQUE
DEFINITION/DESCRIPTION
LE BRAINSTORMING
Le brainstorming ou remue-méninges est une méthode de travail en groupe qui permet de rechercher en groupe et en toute liberté un maximum d’idées sur un sujet donné. Il se déroule en trois étapes totalement distinctes: – la présentation du sujet; – la production des idées (idéation
);
– l’exploitation de la production (cristallisation)
LE THEATRE FORUM
Le
théâtre–Forum
, autrement appelé
théâtre de l’Opprimé
est une forme de communication qui fait de l’activité théâtrale un outil efficace pour la compréhension et la recherche de solutions.
C’ est, comme l'exprime son inventeur le Brésilien
A. Boal
le théâtre de la première personne du pluriel: " Nous avons un problème, nous vivons une situation que nous ne supportons plus ". L'histoire jouée est élaborée à partir d'un problème évoqué par une communauté qui se retrouve en conflit avec son entourage. La communauté ne voit pas d'issue à ce conflit, mais souhaite que la situation se dénoue car elle lui est inconfortable voire insupportable. Ce peut-être une situation amenée par une personne et dans laquelle se retrouve une communauté
Il permet, en somme, à un public dont la parole n’est pas souvent prise en compte de s’exprimer librement. Il
comporte
trois étapes : la mise en situation, le forum, le remplacement du personnage
L’OBJET-
LANGAGE
Un ensemble d’objets (photos ou d’image/dessins ou tout autre objet pertinent) à mettre à la disposition des apprenants comme « objet intermédiaire » pour faciliter la parole sur un sujet donné.
Le choix de l’objet est une forme d’identification: on attribue à la l’objet les attributs qui sont en soi; la photo va devenir une sorte de prolongement du sujet tout en restant un objet extérieur au sujet.
Le sujet peut parler de lui-même tout en se cachant derrière l’objet; chaque participant est responsable de ce qu’il attend
L’ÉTUDE DE CAS
C’est
quoi?
L’étude de cas est une technique qui propose des exemples (situation ou autre événement problématique) pour provoquer une discussion ou des commentaires de la part des participants.
En s’appuyant sur un questionnement individuel et une réflexion collective, elle favorise, ainsi, des échanges actifs et aisés entre les participantes.
L’efficacité d’une
telle
technique dépend
de : la qualité de l’analyse, la clarté, la cohérence, la capacité à prendre et à justifier ses décisions, la capacité à convaincre
LA SIMULATION : UNE VARIANTE DU JEU DE ROLE
La simulation se définit comme «un jeu de rôle portant reproduction d’une situation caractéristique d’un modèle simplifié mais réel donc authentique. Autrement dit c’est une technique qui vise à recréer une situation réelle à laquelle la participante pourrait être confrontée).
Dans une simulation, la participante joue son propre rôle en se projetant dans une situation réelle (alors que, dans un jeu de rôle, il campe un rôle ou un personnage).
En somme, l’intérêt de la simulation est qu’elle fournit l’occasion d’expérimenter une situation et d’observer la réaction des participants.
LE RECOURS A UNE PERSONNE RESSOURCE
C’est une technique d’animation consistant à faire intervenir dans la formation une personne-ressource (un spécialiste ou une victime ou un/une modèle, etc.) pour faire profiter aux apprenantes de son expertise ou de son expérience ou de son vécu présentés en général sous la forme d’informations objectives, de conseils, de témoignages, de récits de vie etc.
Source : GEEP-UNFPA (2017) Boite à outil de plaidoyer pour l’intégration de la SSRAJ à l’école
V. Format
de la session
Les sessions suivent un format identique. Une fois que vous maîtriserez celui-ci, vous pourrez le mettre aisément en pratique lors de l'animation des sessions.
Récapitulatif :
Numéro et intitulé du projet
Objectifs d'apprentissage :
indiquent ce que les participantes sont capables de faire après la session. Il s'agit de nos objectifs lors de l'animation de cette session.
Durée totale :
temps alloué à l'ensemble des activités de la session, à l'exception de l'accueil et des autres activités de mise en condition que vous souhaitez éventuellement inclure en début ou en fin de session.
Activités :
liste des activités de la session et durée estimative de chacune d'elles.
Matériel :
supports que vous utiliserez durant la session.
Toutes les sessions mentionnent un tableau à feuilles, des marqueurs, des feuilles de papier et des stylos à titre facultatif. Si vous disposez de ce matériel et que vos participantes ont un certain niveau d'alphabétisation, veuillez amener et utiliser ces articles afin de vous aider à animer la session et permettre aux participantes de prendre des notes ou de les utiliser durant les activités. Les sessions peuvent être conduites sans ces articles, mais si vous pouvez en faire usage, ils vous seront utiles autant qu'aux participantes.
Préparation de la séance :
cette section répertorie tout ce que vous devez préparer ou pratiquer avant d'animer la session.
Ressources complémentaires et adaptation :
cette section
c
omprend les documents
et des
fiches de ressou
rces destinées à favoriser une plus grande maitrise des contenus
.
Après la présentation des informations résumées, les activités de la session peuvent commencer. L'en-tête vous rappelle la durée de chaque activité.
Les invites au sein de la session comprennent :
DEMANDER
:
Posez ces questions à l'ensemble du groupe de mentorat. Il ne s'agit pas de questions rhétoriques ; il est donc souhaitable que les participantes répondent à chacune d'elles. En règle générale, essayez d'obtenir deux ou trois réponses à chaque question afin de recueillir une diversité d'opinions. Quelques questions sont suivies de réponses potentielles, marquées d'un astérisque (*). Vous pouvez les utiliser pour susciter la réflexion des participantes ou compléter leurs réponses.
Posez ces questions à l'ensemble du groupe de mentorat. Il ne s'agit pas de questions rhétoriques ; il est donc souhaitable que les participantes répondent à chacune d'elles. En règle générale, essayez d'obtenir deux ou trois réponses à chaque question afin de recueillir une diversité d'opinions. Quelques questions sont suivies de réponses potentielles, marquées d'un astérisque (*). Vous pouvez les utiliser pour susciter la réflexion des participantes ou compléter leurs réponses.
DIRE
:
Dites ces invites à haute voix aux participantes. Durant la mise en pratique de la session, essayez d'apprendre ce que vous devez dire, afin d'animer la session sans en lire directement le plan. Observez les participantes tout au long de la session et demandez-leur si elles comprennent bien celle-ci. Donnez-leur des explications supplémentaires si nécessaire.
FAIRE
:
Suivez les étapes indiquées sous l'en-tête « FAIRE ». Il s'agit généralement d'activités destinées à mettre en place et à conduire un exercice, un jeu, un jeu de rôle, une réflexion de groupe ou autre. Les étapes sont stipulées dans un ordre précis.
REMARQUE
POUR
LA
MENTORE
:
Ces conseils ont pour objet de vous guider lors du traitement de sujets ou d'activités difficiles, ou à vous aider à animer la session. Prenez-en note durant la phase de préparation, mais ne les lisez pas à haute voix aux participantes.
Après les activités de la session, vous trouverez des documents à distribuer et des fiches de ressources.
Les
documents à distribuer
sont conçus pour inclure des illustrations visuelles simples, ainsi que des textes destinés à venir en aide aux participantes illettrées ou à faible niveau d'alphabétisation. Veuillez préparer un exemplaire pour chaque participante et le distribuer lorsque vous y êtes invitée au cours de la session.
Les
fiches de ressources
contiennent des informations complémentaires sur le thème de la session à l'intention des mentores. Ces fiches à caractère informatif ne sont PAS censées être distribuées aux participantes, mais vous pouvez en exploiter le contenu afin de répondre aux questions ou fournir davantage de détails, selon les cas.
VI. Préparation
en vue d'une session
Instauration d'un espace sûr
Dans de nombreux pays, la liberté d'une fille est restreinte à mesure qu'elle grandit et que son univers se rétrécit. Lorsqu'elles atteignent l'âge de l'adolescence, les filles sont susceptibles de prendre part à davantage de tâches domestiques, ou d'être isolées afin d'éviter toute attention masculine indésirable. Cet espace sûr constitue parfois l'une des rares occasions où les filles peuvent se rencontrer à l'extérieur de leur domicile, se réunir avec des amies et s'exprimer librement.
D'après l'Organisation mondiale de la Santé :
Un environnement sûr et favorable fait partie de ce qui motive les jeunes à faire des choix sains. Dans ce contexte, « sûr » fait référence à l'absence de traumatisme, de stress excessif, de violence (ou crainte de violence), ou d'agression. « Favorable » signifie un environnement qui apporte une relation de proximité positive avec la famille, les autres adultes (y compris les enseignants, responsables de la jeunesse et
chefs religieux), ainsi que les pairs.
Comment pouvons-nous créer des environnements sûrs et favorables ?
Sélection et organisation d’un espace sûr
:
Tout d'abord, vous devez trouver un lieu adapté à la conduite des sessions sur les compétences de vie et en santé. Travaillez avec votre communauté pour trouver un espace physique (salle de
classe, centre communautaire, église ou mosquée, etc.) qui soit disponible au moment où vous en avez besoin pour chaque session. Il est préférable d'utiliser le même lieu à chaque fois. L'espace doit être confortable, d'une capacité suffisante pour accueillir votre groupe, bien éclairé (par des fenêtres ou des lampes) et propre. Cet espace doit également être privé, afin que les personnes extérieures au groupe ne puissent pas entendre ce que disent les filles. Saisissez cette opportunité pour renforcer le soutien manifesté au programme par la communauté en sollicitant son aide.
Déplacements vers et depuis les sessions :
Réfléchissez à des lieux qui permettent aux filles de se rendre aux sessions et d'en repartir en toute sécurité. Évitez les lieux où les filles doivent passer devant un bar ou un lieu où se rassemblent des hommes. Planifiez les sessions de telle manière que les filles puissent se déplacer de jour, sans être menacées de violence, de harcèlement ou de danger.
Code de conduite pour les classes d'âge :
Pour garantir un environnement sûr et favorable au sein du groupe, débutez le cursus par une session introductive au cours de laquelle les filles pourront se rencontrer, apprendre à se connaître, et rédiger, puis s'accorder sur un code de conduite auquel elles se conformeront pendant toute la durée du programme. Dites aux filles qu'elles peuvent réviser ou ajouter des règles à tout moment. Il convient que ce code comprenne des règles visant à créer un espace sécurisant sur le plan émotionnel, afin de permettre aux filles de partager et d'apprendre. Par exemple :
Faites preuve de gentillesse à l'égard des autres membres de notre groupe
Respectez les opinions des unes et des autres, même si elles sont différentes des vôtres
N'interrompez pas les autres
Ne vous moquez pas les unes des autres
Ne dévalorisez pas les autres filles
Ne partagez pas ce que disent les filles à l'extérieur du groupe
Animation :
Une fois que les filles ont élaboré leur propre liste de règles, demandez-leur d'accepter de suivre ce code pendant tout le temps où elles seront ensemble. En tant que mentore, votre tâche consiste à surveiller le comportement du groupe et à rappeler le code aux filles si elles viennent à se comporter d'une manière contraire à l'entente conclue. Votre capacité à apprendre dès que possible les noms des filles contribuera à ce que celles-ci se sentent en sécurité auprès de vous, leur mentore. Maintenez votre engagement pendant toute la durée de la session : abstenez-vous de consulter ou d'utiliser votre téléphone, sauf si cela entre dans le cadre des activités menées. Il est important que les filles comprennent et voient que vous êtes à leur écoute et que vous vous souciez de leur apprentissage et de leur motivation. Respectez la vie privée des filles en vous abstenant de partager leurs récits en dehors du groupe (sauf si une fille se trouve dans une situation dangereuse et que vous avez besoin d'aide), et ne les forcez pas à faire part de leurs opinions ou de leurs expériences lorsque vous discutez de sujets sensibles tels que les relations sexuelles, la violence ou les agressions.
Préparation à l'animation de la session
Lisez et prenez des notes :
Au moins un jour avant d'animer une session, lisez au moins deux fois entièrement le plan de la session. Prenez des notes pour vous-même et surlignez ou soulignez les points importants sur les différentes pages. Le simple fait d'inscrire ce que vous allez dire vous aidera à vous en souvenir au moment d'animer la session.
Faites des recherches complémentaires :
Consultez la fiche de ressources, si la session en prévoit une, afin de comprendre le sujet plus en détail. Cette démarche vous aidera à animer la session et à répondre aux questions.
Pratiquez :
Pratiquez la session à voix haute avec une autre mentore ou un(e) ami(e). Il y a beaucoup à apprendre sur l'animation d'une session simplement en y participant. Demandez par conséquent à l'un(e) de vos proches de vous aider à pratiquer une activité pour que vous puissiez vous glisser dans le rôle d'une participante. Définissez un jeu de rôle ou répondez à des questions à propos d'un scénario afin d'expérimenter vous-même de quoi il retourne.
Réfléchissez à une activité préliminaire amusante :
Allez-vous commencer les sessions par un jeu pour stimuler l'attention des filles ? Si oui, quel type de jeu ? Une chanson, une danse, un jeu d'imitation, des jeux de mots, etc. ?
Commencerez-vous plutôt par une question de présentation adressée à chaque fille ? Vous pouvez par exemple poser les questions suivantes : Comment allez-vous cette semaine ? Qu'avez-vous pensé de la session de la semaine dernière ? Qu'avez-vous appris ? Avez-vous pratiqué certaines de vos nouvelles compétences ? Pouvez-vous citer une chose amusante que vous avez faite cette semaine ?
Votre groupe commencera-t-il chaque fois par un rituel ? Votre groupe peut par exemple écrire un slogan d'encouragement ou une chanson qui lui est propre. Cela peut aider le groupe à se souder afin de partager quelque chose de spécial.
VII. Participation
d'une intervenante extérieure
Vous pouvez faire intervenir des personnes extérieures ayant des compétences spécifiques dans le souci de donner des informations pertinentes aux apprenantes ; il s’agira des personnes ressources ayant le
profil adéquat et les compétences requises sur les thématiques abordées à la session. Elles
peuvent par exem
ple être conseillère scolaire,
femme d'affaires, infirmière ou u femme médecin,
j
ournaliste, une activiste ou
militante des droits communautaires, ou encore une personnalité politique locale ou régionale. Les filles pourront s'identifier à cette intervenante et envisager un avenir meilleur pour elles-mêmes. Accordez-vous avec votre superviseur pour sélectionner et aborder des intervenantes extérieures, puis communiquez-leur les informations suivantes :
Lieu de la session
Sujet que vous souhaitez qu'elles abordent
Durée prévue de son intervention
Fournitures ou documents à distribuer dont vous souhaiteriez qu'elle se munisse, si possible
Temps qu'elle prévoit de consacrer aux questions/réponses
Renseignements sur vos filles (âge, scolarisation, situation professionnelle, statut marital, centres d'intérêt, etc.), afin que l'intervenante puisse planifier sa présentation en fonction des besoins et intérêts des filles
.
VIII. Quelques
conseils pratiques complémentaires pour ….
…une approche axée sur les filles
Les programmes axés sur les filles doivent refléter leur existence et offrir à celles-ci un espace sûr pour réfléchir, partager et nouer des relations amicales.
Le programme d'acquisition des compétences de vie et en santé est conçu de manière à apparaître familier aux filles : il doit faire écho à leur existence, aux défis qu'elles rencontrent et aux compétences qui leur seront les plus utiles. Rendez les sessions plus pertinentes en prenant leurs commentaires et leurs expériences comme exemples, en louant leur capacité à mettre en pratique leurs compétences de vie et en santé, et en faisant part de vos propres expériences familières.
Les filles et les jeunes femmes tirent bénéfice des espaces sûrs et du rapprochement avec d'autres filles. Dans cet environnement, les filles peuvent devenir des leaders, consolider leur confiance en elles et disposer d'un espace où elles peuvent célébrer les aspects merveilleux de leur condition féminine.
Lorsque des garçons et des filles participent ensemble aux activités, il est fréquent que les garçons soient plus loquaces et assument des rôles de leadership au sein du groupe. La présence de garçons peut également empêcher certaines filles de s'exprimer, de partager leurs peurs et leur insécurité, ou de poser les questions qui les placent dans une position gênante. En règle générale, les filles héritent généralement de davantage de tâches ménagères que leurs homologues masculins. Les activités menées dans un espace sûr donnent aux filles du temps loin de l'école, du travail et des tâches ménagères afin de développer des compétences, rire avec leurs ami(e)s et réfléchir à leur personnalité, leur existence et leur avenir.
Il est possible que votre groupe comprenne des filles scolarisées, non scolarisées, âgées de 8 à 25 ans, mariées, mères de famille ou en situation à risque. Faites- en sorte que les interactions que vous avez avec elles soient positives et pertinentes du point de vue de leur existence. En outre, ayez à l'esprit que, même si certaines filles n'ont été que partiellement, voire jamais scolarisées, elles n'en sont pas moins intelligentes, curieuses d'esprit, créatives et désireuses d'apprendre. Ce groupe est le leur et nous devons saisir cette opportunité pour apporter notre soutien et nos encouragements à toutes les filles.
…un mentorat de filles
Engagement en faveur des valeurs d'autonomisation et d'acquisition des compétences essentielles par les filles :
Consultez la documentation du programme et le cursus. Ce programme encourage les filles à gagner en confiance, prendre des décisions concernant leur existence, se fixer des objectifs, s'exprimer avec fermeté, retarder le mariage et la grossesse, faire valoir leurs droits à se protéger et améliorer leur santé, etc. Les filles n'acquerront ces compétences que si vous leur démontrez que vous croyez en ces valeurs, ainsi qu'en elles-mêmes. Lorsque vous commencerez à exercer votre mentorat :
Prenez à cœur votre travail auprès des filles et des jeunes femmes.
Approfondissez vos connaissances sur le rôle que jouent les droits des filles dans leur autonomisation.
Apprenez le cursus et enseignez-le avec enthousiasme.
Comprenez l'importance d'enseigner aux filles la santé sexuelle et reproductive et d'autres sujets sensibles.
Faites preuve d'ouverture en apprenant auprès des filles et en modifiant votre méthode d'animation et de mentorat pour répondre à leurs besoins.
Ayez conscience de votre rôle :
Le rôle d'un mentor est très différent de celui d'un enseignant. Les sessions consacrées aux compétences de vie et en santé sont plus interactives que l'enseignement classique. Elles misent davantage sur la participation et les expériences que les filles font partager au groupe. Le tableau ci-dessous illustre clairement en quoi consistent ces différences. Consultez l'ensemble du tableau et commencez à vous imaginer en train de jouer votre rôle de mentor auprès des filles.
UN ENSEIGNANT…
UN MENTOR…
Est la personne qui parle le plus
Demande aux filles de parler et fait preuve d'écoute
Demande aux élèves de se tenir tranquilles pendant son cours
Encourage les filles à se parler souvent entre elles
Demande aux élèves de mémoriser
Demande aux filles de développer leurs compétences et leur esprit critique
Donne la réponse aux élèves
Encourage les filles à partager leurs points de vue
Enseigne qu'il n'y a qu'une seule bonne réponse
Permet aux filles de réaliser que de nombreuses opinions ou idées peuvent être valables ou « bonnes »
Enseigne !
Aide les filles à apprendre par le biais de la découverte, du partage et de l'enseignement mutuels
Surveillance comportementale :
Une autre différence importante entre les enseignants et les mentors est que les premiers mettent l'accent sur le contenu qu'ils enseignent. Un mentor doit lui aussi se concentrer sur le contenu, mais en accordant une attention particulière au processus : de quelle manière les filles apprennent-elles ? Quelles sont celles qui s'expriment oralement ? Celles qui se taisent ? Dois-je encourager certaines filles à prendre la parole ou d'autres à adopter la position d'auditrices ? Se respectent-elles les unes les autres ? L'environnement permet-il aux filles de partager et d'apprendre de façon sûre ?
Durant les sessions, soyez vigilante aux situations dans lesquelles les filles ont des discussions entre elles ou travaillent en groupe. Si vous remarquez que certaines monopolisent la parole, ou se montrent moins respectueuses et aimables les unes envers les autres, il vous incombe d'intervenir et de rappeler l'accord qu'elles ont conclu, de manière à créer un espace sûr pour tout le monde. Si le problème n'est pas grave, accordez aux filles un peu de temps pour solutionner un problème par elles-mêmes. Il peut s'agir pour elles d'opportunités de pratiquer leurs compétences essentielles, telles que la résolution des conflits et la communication. Si la conversation prend une tournure agressive, menaçante ou dangereuse pour l'une quelconque des filles, intervenez et adressez-vous à un superviseur pour savoir comment agir.
Établissez des relations de confiance avec les filles :
L'une de vos tâches les plus importantes pour créer un programme sur la base d'espaces sûrs consiste à nouer de bonnes relations avec les filles de votre groupe. L'établissement d'une relation avec un adulte digne de confiance est extrêmement bénéfique aux filles. Comment établir ce type de relation ?
Demandez-leur de parler de leur existence, leurs sentiments, leurs expériences, leurs opinions et leurs pensées.
Soyez à leur écoute lorsqu'elles s'expriment et réagissent de façon appropriée. Ne les jugez pas. Faites plutôt preuve d'empathie, félicitez-les pour leurs succès, connectez-les aux ressources et apportez-leur de l'aide lorsque nécessaire.
Faites preuve de patience avec les filles. Elles ne peuvent pas avoir la même capacité de concentration, d'esprit critique ou de maîtrise de leurs émotions que vous en tant qu'adulte. Lorsque vous interagissez avec elles, essayez de vous remémorer ce que vous ressentiez à leur âge et faites preuve de patience lorsqu'elles tentent de s'exprimer ou de résoudre des problèmes, ou qu'elles font face à des situations émotionnelles.
Faites preuve de disponibilité pour parler, faire part de conseils ou venir en aide aux filles lorsqu'elles en ont besoin, dans la limite du raisonnable.
Partagez vos propres expériences avec elles. Partagez uniquement ce dont vous vous sentez capable. Les filles apprécieront de vous entendre évoquer votre propre existence lorsque vous aviez leur âge ou que vous avez été confrontée à des défis similaires. Elles pourront ainsi se représenter la manière de surmonter les problèmes et de réussir comme vous lorsqu'elles seront plus âgées !
Faites preuve de responsabilité. Si vous promettez aux filles de faire quelque chose pour elles, tenez parole. Si elles vous posent des questions auxquelles vous ne savez pas répondre, trouvez les réponses et faites-en part aux filles lors de la session suivante.
Incarnez un modèle :
En assumant le rôle de mentor, vous acceptez de jouer un rôle important dans la vie des filles. Durant la session, en présence des filles et dans la communauté, comportez-vous d'une manière qui soit à même d'inspirer les filles et de produire une impression positive sur leur famille et les membres de leur communauté.
Ayez conscience de vos limites :
Vous n'êtes ni la mère ni un membre de la famille des filles, et ne devez donc pas endosser la responsabilité de résoudre tous leurs problèmes. Réfléchissez à ce dont vous vous sentez capable de discuter avec les filles ou ce que vous pouvez faire pour elles. Vous ne devez en aucun cas leur offrir de cadeaux ou d'argent. Vous êtes là pour aider les filles à apprendre, pour les guider et pour les soutenir.
Faites état des situations de violence, de menace ou d'agression :
Rendez compte immédiatement à votre superviseur si vous soupçonnez ou avez connaissance d'un cas ou d'une menace de violence ou d'agression à l'encontre d'une fille. Agissez en toute discrétion (sans parler à d'autres personnes) afin de préserver la confidentialité sur la situation de cette fille. Vous pouvez lui dire que vous avez besoin de demander de l'aide à un membre de l'organisation, et que vous agissez, et agirez toujours dans son meilleur intérêt et pour la protéger des actes malveillants.
…. Des compétences d'animation
Réfléchissez à l'objectif :
Quelles sont les compétences et les informations que vous souhaitez que les filles apprennent et approfondissent, session après session ? Lors de la préparation et de l'animation de la session, n'omettez pas l'importance de mettre l'accent sur les objectifs majeurs du renforcement des compétences de vie et en santé. Vous aurez ainsi plus de facilité à vérifier auprès des filles qu'elles comprennent bien les activités de la session et ce que vous dites, et qu'elles sont capables de mettre en pratique ces leçons et ces compétences dans leur propre existence.
Préférez les conversations interactives aux cours magistraux :
Pour mener des sessions axées sur l'autonomisation et la vie des filles, il convient que vous pratiquiez des conversations interactives, plutôt que des cours magistraux où les conversations n'ont lieu que dans un seul sens. Les conversations interactives sont pratiquées tout au long du cursus d'un certain nombre de manières :
Sessions de réflexion en groupe à grande échelle
Discussions par petits groupes
Partage avec les pairs (deux ou trois filles ensemble)
Discussion interactive
Cours magistral
Appuyez-vous sur ce que partagent les filles :
Écoutez les filles évoquer leurs expériences. Lorsque la situation s'y prête, incorporez ces exemples et ces récits aux sessions. Cela permettra aux filles de connecter les compétences et les leçons à leur propre réalité et de retenir celles-ci plus facilement du fait de cette mise en correspondance possible.
Faites-leur résoudre des problèmes :
N'apportez pas immédiatement de solution à un problème rencontré par une fille. L'objectif est de développer sa capacité à résoudre ses propres problèmes, ce qui passe par des sessions impliquant d'autres filles. Posez des questions aux filles pour les guider dans leur processus de réflexion. Demandez : qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre dans ce cas ? À ton avis, qu'a ressenti ce garçon quand tu lui as dit ça ? À qui peut-on demander de l'aide dans ce cas-là ? Le meilleur moyen de venir en aide à une fille est de renforcer ses capacités, et non de résoudre le problème devant elle.
Aidez les filles à nouer des amitiés :
Les filles se feront des amies et tisseront des réseaux de soutien social au sein des espaces sûrs. Encouragez-les à faire part de leurs expériences à leurs amies, à s'amuser, à faire preuve d'empathie, à instaurer des relations de confiance, à se respecter les unes les autres et à faire des choix sains ensemble. Aidez-les à comprendre que certaines personnes peuvent être amies même si elles sont très différentes : timides ou extraverties, plus âgées ou plus jeunes, d'ethnie ou de religion différente, ou d'opinions ou croyances différentes. Expliquez-leur qu'elles peuvent apprécier la diversité et apprendre beaucoup de choses de la part de personnes différentes d'elles.
Demandez conseil à d'autres mentores et à votre superviseur :
Si vous ne savez pas comment animer une session, débattre d'un sujet ou aider une fille à résoudre un problème, adressez-vous à d'autres mentores et à votre superviseur pour obtenir des conseils. Évitez de mentionner les noms des filles, afin de préserver leur vie privée, sauf si vous estimez qu'elles sont en danger.
Sollicitez des commentaires de la part des filles :
Demandez régulièrement aux filles ce qu'elles pensent des sessions. Apprécient-elles le temps passé ensemble ? Apprennent-elles des choses ? Que souhaiteraient-elles apprendre d'autre ? Quelles sont les activités qu'elles apprécient le plus ? Quelle intervenante extérieure souhaiteraient-elles rencontrer ? Faites preuve d'ouverture vis-à-vis de leurs commentaires et remerciez-les de vous aider à rendre les sessions encore meilleures !
Fixez des limites et soyez sincère :
Si vous ne vous sentez pas à l'aise à l'idée de débattre de certains sujets avec les filles, ou si ces dernières vous posent des questions trop personnelles ou trop privées, dites-leur que vous ne souhaitez pas en parler et demandez-leur de cesser. Expliquez-leur comment fixer des limites et adoptez un ton de parole ferme.
Abordez avec soin les sujets sensibles :
Durant ce programme, vous serez amenée à aborder avec les filles des sujets sensibles tels que la violence basée sur le genre, les relations malsaines, les mariages précoces, le risque de grossesse précoce, l'excision et les relations sexuelles. Pensez en amont aux filles qui composent votre groupe et adaptez le ton de la session en conséquence. Si votre groupe compte par exemple des jeunes femmes enceintes, soyez sensible à leurs craintes de complications médicales, ainsi qu'aux risques pour elles-mêmes et pour leur bébé. Discutez avec votre équipe et vos superviseurs de la manière de conduire la session en présentant les informations à la fois avec franchise et tact.
Discussions relatives à la sexualité :
Il peut être délicat de débattre de santé sexuelle et reproductive avec les filles. Il se peut qu'elles se mettent à rire ou qu'elles cessent de répondre aux questions posées. Ces informations sont néanmoins absolument essentielles pour leur santé, et vous devez les aborder. Expliquez au groupe comment avoir une discussion sincère et fondée sur des faits concernant les organes génitaux et la reproduction. Cela aidera les participantes non seulement à acquérir les informations, mais aussi à s'exprimer sur ces questions parfois embarrassantes.
Traitement de la violence :
Si vous suspectez que des filles aient été victimes de violences, discutez avec votre superviseur des moyens d'améliorer l'accès des filles à une aide juridique, médicale et psychologique adéquate. Souvenez-vous que vous n'êtes ni la police, ni un médecin, ni un thérapeute. Vous ne pouvez pas, et n'êtes pas censée offrir ces services. En revanche, vous avez la responsabilité d'alerter votre superviseur pour tenter d'obtenir l'aide dont les filles ont besoin.
…. Une communication efficace
En tant que mentore, vos compétences les plus importantes sont vos aptitudes communicationnelles. Vous devez savoir écouter sans juger, et démontrer (au travers de votre langage corporel) que vous êtes à l'écoute des filles et que vous êtes soucieuse de leur sort lorsqu'elles s'expriment.
Écoute :
Lorsque vous discutez avec les filles, votre principale priorité est d'écouter attentivement et avec soin à ce qu'elles ont à vous dire. Pendant qu'elles s'expriment, faites preuve d'attention plutôt que de réfléchir à ce que vous allez dire par la suite. Posez des questions pour clarifier ce qu'elles vous disent et pour en savoir plus. Invitez-les à exprimer leurs réflexions et leurs sentiments. En faisant usage du questionnement et de votre capacité d'écoute, vous pouvez aider les filles à aiguiser leur sens critique et leur capacité à résoudre les problèmes. Vous les aiderez à comprendre leurs émotions et à apprendre à les gérer en en discutant avec elles. Voici quelques recommandations supplémentaires pour bien écouter :
Parlez moins, écoutez plus.
Reformulez avec vos propres termes ce qu'une fille vient de dire afin de vous assurer de l'avoir bien comprise.
Posez des questions simples et faciles à comprendre.
Réfléchissez à ce que la fille est susceptible de ressentir et questionnez-la dans ce sens.
Langage corporel :
Les filles perçoivent votre langage corporel
autant, sinon plus
que ce que vous dites. Utilisez votre corps pour leur montrer que vous êtes à leur écoute : mettez-vous face à elles lorsque vous conversez avec elles, établissez un contact visuel et adoptez les expressions faciales appropriées (sourire, clin d'œil, froncement de sourcils, etc.) Lorsque vous animez une activité collective :
Établissez un contact visuel avec toutes les filles, et non uniquement avec celles qui sont assises au premier rang.
Exprimez-vous avec vos mains ; ne parlez pas en ayant les bras croisés ou les mains dans les poches.
Lorsque les filles travaillent en petits groupes, déplacez-vous dans la pièce.
Utilisation de réponses dépourvues de jugement :
Tout le monde commet occasionnellement des erreurs, prend des décisions inadéquates ou formule des jugements erronés. Lorsque les filles vous font confiance, elles partagent avec vous et sont à la recherche d'un soutien, d'un conseil ou simplement de quelqu'un à qui parler. Il se peut également que les filles aient simplement des valeurs et des opinions différentes des vôtres et qu'elles souhaitent vous exprimer leur ressenti. Dans pareil cas, il importe que la fille n'ait pas l'impression que vous la jugiez. L'établissement d'une relation de confiance consiste notamment à permettre à la fille de comprendre qu'elle peut se confier à vous en toute sécurité. Si vous devez l'aider à comprendre qu'elle a fait un choix inadéquat, réagissez à l'idée ou au comportement, mais pas à la fille elle-même (elle n'est pas une « mauvaise personne », elle a simplement fait un mauvais choix). Voici quelques manières exemptes de jugement de poser des questions ou de commenter ce qu'une fille partage avec vous :
Qu'as-tu ressenti à ce moment-là ?
Tu as l'air très (heureuse, troublée, en colère, etc.) à propos de…
Explique-moi cela plus en détail, s'il te plaît.
À ton avis, qu'est-ce qui pourrait t'aider à résoudre ce problème ?
Bloqueurs de communication :
Une communication verbale ou non verbale défaillante peut conduire quelqu'un à cesser de vous parler. Consultez la liste suivante des choses À NE JAMAIS DIRE aux filles, sous peine de bloquer la conversation et le partage :
Ne faites pas comme si vous aviez réponse à tout (en disant par exemple : « voilà ce que tu dois faire… »).
Ne jugez jamais la fille ou d'autres personnes (en disant par exemple : « elle est vraiment stupide… »).
Ne dites pas à une fille ce qu'elle doit ressentir ou faire (en disant par exemple : « tu devrais être en colère contre lui ! »).
N'exigez pas de choisir le sujet de la conversation (en disant par exemple : « je n'ai pas envie de parler de ça. Ce que je veux savoir, c'est… »).
…
la protection de l'enfance
L'une des conséquences engendrées par l'établissement de relations de confiance avec les filles, c'est que celles-ci vous feront part de leurs blessures, de leurs peurs ou de leurs traumatismes. De tels récits peuvent parfois se révéler difficiles à entendre, et vous devez vous y préparer. Réfléchissez à la manière de traiter votre propre fardeau émotionnel, que ce soit en vous exerçant, en vous confiant à un(e) ami(e) (sans faire part du nom de la fille ou d'informations d'identification), ou encore en sollicitant l'aide de l'organisation. Il est important, pour votre propre bien-être, que vous sachiez reconnaître ce fardeau et le gérer de manière saine.
Lorsque vous apprenez qu'une fille a été blessée, est victime d'agression ou redoute des violences, signalez
immédiatement
les faits à votre superviseur. Suivre les protocoles de programme relatifs à la protection de l'enfance.
[REMARQUE À L'ATTENTION DES PARTENAIRES DE MISE EN ŒUVRE : Incluez les étapes que les mentores doivent suivre pour faire face à ces situations. Celles-ci doivent prévoir d'extraire la fille d'une situation dangereuse et de la mettre en rapport avec les services juridiques, sanitaires ou de conseil dont elle peut avoir besoin.]
Conclusion
La mentore occupe une place très importante
dans la mise en
œuvre
de ce
curriculum sur la santé sexuelle et reproductive et les compétences de vie
. Elle s’attelle à la
mission de
contribuer à l’épanouissement des jeunes filles fréquentant
les « espaces sûrs »
et en les accompagnant dans l’acquisition des outils de discernement qui
aide
nt
à prévenir les travers liés à l’adolescence, éclaire
nt
des choix pour des prises de décisions responsables et stimule
nt
au besoin l’utilisation de services disponibles dans les communautés.
C’est là un des objectifs du projet SWEDD
œuvrant
à
l’épanouissement au plan social et professionnel
des jeunes filles pour
leur permettre
de
mieux
contribuer au développement économique de leur pays.
La
mentore
en mesure
de jouer pleinement son rôle dans la ré
alisation ce noble dessein,
doit avoir le profil suivant
:
-être une jeune adulte responsable âgée entre 25 et 35 ans
,
– avoir au moins terminé ses études secondaires
-être membre d’une organisation communautaire de base (OCB)
,
–
avoir été formée en santé sexuelle et reproductive, en compétences de vie et en droits humains,
-être acceptée socialement et culturellement par la communauté dans laquelle elle intervient,
-avoir des capacités de leader,
-servir de modèle crédible pour le comportement social qu’on veut promouvoir,
-être modeste,
discrète
,
-être disponible pour conduire les activités de formation et d’animation des espaces sûrs,
-avoir le sens de l’écoute et de l’empathie,
-avoir le sens de l’engagement et de l’altérité
-etc.
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UNFPA, « Marrying too young » (2012)
Union Africaine, 2003, Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes (Protocole de Maputo)

