Sweddknowlege plateforme 20 août, 2026

CAMEROUN-RAPPORT ARRIMAGE BSDD ET ANALYSE SENSIBILITE BUDGETAIRE CMR 2024 300824 (1)

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
REPUBLIC OF CAMEROON
Paix – Travail – Patrie
Peace – Work – Fatherland
———
———
MINISTERE DE L’ECONOMIE, DE LA PLANIFICATION
ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
52705-24130000MINISTRY OF ECONOMY, PLANNING AND
REGIONAL DEVELOPMENT
———
———
SECRETARIAT GENERAL
SECRETARIAT GENERAL
———
———
DIRECTION GENERALE DE LA PLANIFICATION
ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
DIRECTORATE GENERAL OF PLANNING AND
REGIONAL DEVELOPMENT
———
———
PROJET D’AUTONOMISAITON DE LA FEMME ET DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE AU SAHEL
———
SAHEL WOMEN’S EMPOWERMENT AND DEMOGRAPHIC DIVIDEND PROJECT
———
ARRIMAGE DE L’INDICE SYNTHETIQUE DE SUIVI DU DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE ET AN
A
LYSE DE LA SENSIBILITE BUDGETAIRE AU CAMEROUN
327366542531810023539452660015006623054308019004690745281178000-221166258254500Rapport 2024
PLAN
TOC \t "Titre 4;5;TITRE 1 TDR;1;titre 2 bon;3;titre 3 bon;4;TITRE 1b;2" INTRODUCTION
PAGEREF _Toc175914521 \h 4
I.
DÉFINITION DES CONCEPTS
PAGEREF _Toc175914522 \h 8
II.
CONTEXTE ET JUSTIFICATION
PAGEREF _Toc175914523 \h 10
III.
OBJECTIFS
PAGEREF _Toc175914524 \h 17
IV.
MÉTHODOLOGIE
PAGEREF _Toc175914525 \h 17
Type de classification
PAGEREF _Toc175914526 \h 17
Fonctionnement budgétaire et convergence
PAGEREF _Toc175914527 \h 18
Transformation du budget classique au budget fonctionnel
PAGEREF _Toc175914528 \h 18
1.
La classification selon les Fonctions Principales :
PAGEREF _Toc175914529 \h 18
2.
La classification selon les Fonctions Secondaires
PAGEREF _Toc175914530 \h 19
3.
La classification selon la Nature Budgétaire
PAGEREF _Toc175914531 \h 19
Les types d’analyses
PAGEREF _Toc175914532 \h 19
V.
RÉSULTATS DE L’ARRIMAGE ET ANALYSE DE LA SENSIBILITE BUDGETAIRE
PAGEREF _Toc175914533 \h 19
CAPITAL HUMAIN
PAGEREF _Toc175914534 \h 20
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc175914535 \h 21
1.
Contexte
PAGEREF _Toc175914536 \h 21
2.
METHODOLOGIE
PAGEREF _Toc175914537 \h 23
3.
RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc175914538 \h 26
4.
CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS
PAGEREF _Toc175914539 \h 35
ECONOMIE
PAGEREF _Toc175914540 \h 1
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc175914541 \h 2
CONTEXTE
PAGEREF _Toc175914542 \h 3
1.
Contexte du secteur « Affaires économiques »
PAGEREF _Toc175914543 \h 3
2.
Contexte du secteur « BTP-Energie »
PAGEREF _Toc175914544 \h 3
3.
Pour ce qui est du sous-secteur de l’Energie
PAGEREF _Toc175914545 \h 4
4.
Sous-secteur du BTP
PAGEREF _Toc175914546 \h 5
METHODOLOGIE
PAGEREF _Toc175914547 \h 8
RESULTATS ET ANALYSES
PAGEREF _Toc175914548 \h 8
1.
Évolution des tendances des séries de budget et de DDMI entre 2001 et 2021
PAGEREF _Toc175914549 \h 8
2.
Interprétation des résultats des estimations économétriques
PAGEREF _Toc175914550 \h 11
CONCLUSION
PAGEREF _Toc175914551 \h 17
GOUVERNANCE
PAGEREF _Toc175914552 \h 19
Introduction
PAGEREF _Toc175914553 \h 20
1.
Contexte
PAGEREF _Toc175914554 \h 21
2-Méthodologie de l’arrimage du DDMI au budget fonctionnel
PAGEREF _Toc175914555 \h 28
3- Résultats et analyses
PAGEREF _Toc175914556 \h 31
Conclusion et recommandations
PAGEREF _Toc175914557 \h 39
RESEAUX ET TERRITOIRE
PAGEREF _Toc175914558 \h 41
INTRODUCTION
PAGEREF _Toc175914559 \h 42
CONTEXTE RESEAU PROFESSIONNEL ET RESEAU SOCIAL
PAGEREF _Toc175914560 \h 42
1.
Réseau professionnel
PAGEREF _Toc175914561 \h 42
2.
Réseau social
PAGEREF _Toc175914562 \h 44
Méthodologie d’arrimage du DDIM au budget de la fonction réseau
PAGEREF _Toc175914563 \h 46
Résultats et Analyses
PAGEREF _Toc175914564 \h 46
1.
Analyse descriptive des séries des fonctions réseau professionnel et réseau social
PAGEREF _Toc175914565 \h 46
2.
Analyse des élasticités des réseaux professionnel et social
PAGEREF _Toc175914566 \h 50
3.
Conclusion et Recommandations
PAGEREF _Toc175914567 \h 52
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
PAGEREF _Toc175914568 \h 55
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
PAGEREF _Toc175914569 \h 56
ANNEXES
PAGEREF _Toc175914570 \h 56
ANNEXE 1
PAGEREF _Toc175914571 \h 57
ANNEXE 2 – Liste des participants
PAGEREF _Toc175914572 \h 69
ANNEXE 2 – BIBLIOGRAPHIE
PAGEREF _Toc175914573 \h 71
INTRODUCTION
A travers
la feuille de route de l’Union Africaine pour la capture du dividende démographique, les Chefs d’Etat africains s’engagent à augmenter leurs investissements en vue d’accélérer la transition démographique et profiter du potentiel de la population d’ici 2063. L’Etat du Cameroun, dans sa Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), a fait de la promotion du dividende démographique un
levier de croissance
,
pour
l’émergence
estimée
à horizon 2035. Dans cette stratégie, le gouvernement camerounais reconnaît que « le développement d’un pays est intimement lié à la structure de sa population […] et inversement, ce développement n’est possible que s’il s’appuie sur une population ayant des caractéristiques appropriées telles que : une bonne formation ». Le dividende démographique (DD) occupe ainsi une place non négligeable dans l’élaboration des différentes politiques visant le développement en général et le capital humain en particulier. Ce pan important du développement du Cameroun est consacré dans un des quatre piliers que compte la SND30, intitulé « Développement du capital humain et bien-être »
Parmi les différentes questions à traiter relativement à la capture du dividende démographique, le Cameroun s’est engagé entre autres : à renverser la proportion des personnes à charge qui représentent 49% de la population notamment en réformant son système de retraite afin qu’il soit « un bonus pour le dividende démographique » ; à améliorer la compétence et l’employabilité des personnes actives dans une politique nationale de l’emploi (la priorisation de la formation professionnelle).
L’aspect régional du projet SWEDD est perçu comme utile non seulement parce qu’il existe d’importantes populations transitoires et des similitudes transfrontalières, mais aussi pour apporter des réponses plus fortes aux défis communs et pour développer l’économie politique en vue des objectifs à long termes de la transition démographique et de l’amélioration des résultats en matière de développement humain.
Le dividende démographique n’étant pas automatique et garanti, il est important d’identifier les investissements les plus porteurs pour sa capture. Les pays en Afrique subsaharienne et ceux du Sahel en particulier connaissent un accroissement rapide de leur population. L’accroissement rapide de la population et les taux de dépendance élevés affectent l’efficacité des structures budgétaires des familles et de l’Etat. En effet,
les ressources sont concentrées au système de gouvernance et aux besoins sociaux de plus en plus croissants en défaveur des dépenses d’investissement dans le capital humain et dans les affaires économiques. Les pays qui connaissent également des crises sécuritaires, environnementales et alimentaires récurrentes voient leurs chances de profiter du dividende démographique presque annihilées.
Le budget de l’Etat constitue le premier instrument de développement pour ces pays. Notre analyse est focalisée sur la mesure des effets des dépenses publiques sur le processus de la capture du dividende démographique au Cameroun. Il s’appuie sur une méthodologie qui mesure les élasticités relatives des dépenses dans les différentes fonctions budgétaires sur les indices de mesure du dividende démographique que sont : le capital humain, la transformation de l’économie, la gouvernance et les réseaux et territoire. Les résultats obtenus montrent que les fonctions de la dimension « Transformation de l’économie » ont des élasticités élevées comparées aux autres fonctions. Le niveau de l’élasticité est contre-intuitif pour les investissements dans l’éducation et la santé, certainement du fait des faiblesses en matière de planification stratégique dans ces secteurs et des besoins croissant. Il invite les décideurs à prioriser les investissements dans les secteurs du capital humain et à rationaliser les dépenses de fonctionnement des institutions.
L’Indicateur Synthétique de Suivi du Dividende Démographique qui est la synthèse des cinq dimensions s’établit pour le Cameroun à 47,5% inférieur à 50%, seuil acceptable. Des efforts restent à faire par le pays au niveau des différentes dimensions, en particulier les dimensions telles que le réseau et territoire, le déficit de cycle de vie, le capital humain étendu et les dynamiques de pauvreté. La mise en activités des populations, surtout jeunes, est nécessaire pour la capture du dividende démographique au Cameroun. Le Cameroun est donc à 2,5 % de l’exploitation de son dividende démographique. Cependant, ce gain économique dû à la dynamique de la population est effectif chez les hommes (54,6%) et pas encore chez les femmes (21,6%). Selon les régions, le dividende est en cours d’exploitation à Douala, Yaoundé, le Sud et le Sud-ouest. Des disparités existent donc en termes de gain économique de la population exploité sur tout le territoire national. L’inclusion de la croissance et le développement équilibré est d’intérêt de politique économique dans les documents stratégiques de politique publique.

Figure 1 : Modèle en diamant pour le DDMI/GDDI du Cameroun, 2019

Au regard de ces contraintes, il importe de mesurer à quel point le budget de l’Etat peut contribuer à atteindre les objectifs de croissance économique et de dividende démographique au Cameroun. Le dividende démographique se mesure à travers les changements positifs dans les indices synthétiques de ces composantes (CREG, Manuel de formation sur les dimensions et les indicateurs du dividende démographique, 2016). Cette analyse tente de faire un lien entre la structure du budget national et les indicateurs de suivi du dividende démographique (santé, éducation, affaires économiques, réseau social, BTP/énergies, institution, sécurité et réseau professionnel) et les 3 natures budgétaires (Fonction, Investissement, Transfert). Il s’agit d’une analyse partielle du fait qu’elle ne tient compte que du budget national et ne prend pas en compte les autres sources de revenus (rémunération du travail salarié et de l’auto-emploi) qui entrent dans le calcul du déficit de cycle de vie2 (différence entre le niveau de consommation et le revenu du travail).
En effet, la consommation finale est conçue comme la somme des consommations privées et publiques, ces dernières étant le fait de l’exécution du budget d’Etat. Elle ne tient pas non plus compte des ressources de l’aide au développement mobilisées en dehors de l’appui budgétaire. En effet, une part non négligeable de l’aide au développement ne passe pas par les canaux habituels de la chaine de dépenses publiques et est exécutée au profit des populations à travers des unités autonomes de
gestion de projets. Les résultats obtenus à travers une méthodologie simplifiée permettent de montrer à quel point la structure du budget peut favoriser la capture du dividende démographique si des efforts sont faits dans certains domaines pour renforcer le capital humain afin de profiter du potentiel de la population.
DÉFINITION DES CONCEPTS

Dividende démographique :
« Augmentation du produit intérieur brut par tête susceptible de découler de la proportion croissante des personnes qui touchent un revenu par rapport au nombre de consommateur d’une population, en raison de changements de la structure par âge de la population et de l’amélioration de la productivité résultante d’investissements dans la santé, l’autonomisation, l’éducation et l’emploi » (Programmation du Dividende Démographique : De la théorie a l’expérience, p.10)
Transformation budgétaire
La transformation budgétaire
consiste à
réorganiser
et analyser
les données du budget national
en créant des vecteurs de classification selon des fonctions liées
à l’indice de suivi des progrès pour la capture du dividende démographique
.
Budget de l’Etat
C’est un « Acte par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses

annuelles de l’État ». Aussi, le budget de l’Etat est
l’«
 Ensemble des comptes qui décrivent pour une année civile toutes les ressources et toutes les charges de l’État. ».
Budget Général
Il s’agit d’un document qui retrace toutes les recettes budgétaires et toutes les

dépenses de l’État (excepté recettes affectées aux budgets annexes et aux comptes spéciaux)
.
Budget Programme (BP)
C’est la nomenclature du budget de l’Etat qui permet de mettre en relation l’utilisation de crédits budgétaires et les politiques publiques mises en œuvre. Les crédits sont regroupés au sein des programmes.
Classification Fonctionnelle
La classification des transactions des dépenses en fonction des fins auxquelles ces transactions sont réalisées. Une classification fonctionnelle ne dépend pas des unités
qui réalisent les activités concernées.

Cela invite à pratiquer une nomenclature du fait de l’existence de différentes rubriques du budget.
La nomenclature budgétaire équivaut à un système de classification budgétaire. A cet effet, la nomenclature budgétaire suit le système de classification budgétaire. Il s’agit de la classification des opérations budgétaires en fonction de différents critères.
Les opérations budgétaires sont classées en :
Recettes : recettes du budget classées selon leur nature correspondant à l'assiette de l'impôt, et éventuellement selon leur source.
Dépenses : les dépenses du budget sont présentées selon les classifications administratives, par programme, fonctionnelle et économique.
La nomenclature budgétaire constitue un cadre de référence obligatoire.
Encadre 1
 : Notion de biens et de services publics
La théorie de l’équilibre général étudie la production et l’échange de biens privés. Les biens privés sont à la fois rivaux et excluables. Le principe de rivalité induit que la quantité consommée par un consommateur réduit d’autant la quantité disponible pour les autres consommateurs. Quant au critère d’excluabilité, c’est la possibilité d’exclure ou d’empêcher n’importe quel individu d’utiliser un bien. Ainsi, par opposition aux biens privés, les biens publics ne sont ni excluables ni rivaux
ADDIN ZOTERO_ITEM CSL_CITATION {"citationID":"0gHPsb1t","properties":{"formattedCitation":"(Mankiw and Taylor, 2013)","plainCitation":"(Mankiw and Taylor, 2013)","noteIndex":0},"citationItems":[{"id":662,"uris":["http://zotero.org/users/9636270/items/RLFEW8RI"],"itemData":{"id":662,"type":"book","abstract":"Trad. de : \"Economics\";Autre tirage : 2014;Glossaire. Index","event-place":"Paris","language":"fr","number-of-pages":"1175","publisher":"De BoeckP","publisher-place":"Paris","title":"Principes de l'économie","URL":"https://ulysse.univ-lorraine.fr/discovery/fulldisplay/alma991006910039705596/33UDL_INST:UDL","author":[{"family":"Mankiw","given":"N. Gregory"},{"family":"Taylor","given":"Mark P."}],"accessed":{"date-parts":[["2023",6,14]]},"issued":{"date-parts":[["2013"]]}}}],"schema":"https://github.com/citation-style-language/schema/raw/master/csl-citation.json"} (Mankiw and Taylor, 2013)
. Les deux critères susmentionnés sont valables pour caractériser tous les biens et services produits dans une économie et permet de les
classer
en quatre grandes familles à savoir : les biens privés, les biens communaux, les biens publics et les biens de club. Le tableau ci-dessous résume la typologie des biens classés selon les critères de rivalité et d’excluabilité.
Tableau
 : Typologie des biens
Avec exclusion d’usage
Sans exclusion d’usage
Rival
Biens privés
ex : pomme
Biens communaux
ex : pâturage
Non rival
Biens de club
ex : TV cryptée
Biens publics
ex : défense nationale
Selon
ADDIN ZOTERO_ITEM CSL_CITATION {"citationID":"pEb0wyfn","properties":{"formattedCitation":"(Mankiw and Taylor, 2013)","plainCitation":"(Mankiw and Taylor, 2013)","noteIndex":0},"citationItems":[{"id":662,"uris":["http://zotero.org/users/9636270/items/RLFEW8RI"],"itemData":{"id":662,"type":"book","abstract":"Trad. de : \"Economics\";Autre tirage : 2014;Glossaire. Index","event-place":"Paris","language":"fr","number-of-pages":"1175","publisher":"De BoeckP","publisher-place":"Paris","title":"Principes de l'économie","URL":"https://ulysse.univ-lorraine.fr/discovery/fulldisplay/alma991006910039705596/33UDL_INST:UDL","author":[{"family":"Mankiw","given":"N. Gregory"},{"family":"Taylor","given":"Mark P."}],"accessed":{"date-parts":[["2023",6,14]]},"issued":{"date-parts":[["2013"]]}}}],"schema":"https://github.com/citation-style-language/schema/raw/master/csl-citation.json"} Mankiw et Taylor (2013)
, les trois biens publics les plus important sont la défense nationale, la recherche fondamentale et la lutte contre la pauvreté. Pour
ADDIN ZOTERO_ITEM CSL_CITATION {"citationID":"F4SeecY4","properties":{"formattedCitation":"(Bozio et al., 2010)","plainCitation":"(Bozio et al., 2010)","noteIndex":0},"citationItems":[{"id":658,"uris":["http://zotero.org/users/9636270/items/FDMQTS3F"],"itemData":{"id":658,"type":"book","edition":"La découverte","event-place":"Paris","ISBN":"978-2-7071-6466-7","language":"fr","publisher":"Repères","publisher-place":"Paris","title":"Economie des politiques publiques","author":[{"family":"Bozio","given":"Antoine"},{"family":"Grenet","given":"Julien"},{"family":"Bach","given":"Laurent"},{"family":"Carbonnier","given":"Clément"}],"issued":{"date-parts":[["2010"]]}}}],"schema":"https://github.com/citation-style-language/schema/raw/master/csl-citation.json"} Bozio et al., 2010
, l’action publique ne se limite pas aux fonctions régaliennes de l’Etat mais s’élargi aujourd’hui à la fourniture de biens et services d’éducation, de santé, de protection sociale et de réduction des inégalités.

CONTEXTE
ET JUSTIFICATION
Le Cameroun ambitionne de devenir « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » à l’horizon 2035. La mise en œuvre de cette Vision a été programmée pour se réaliser en trois phases. A la suite de la première phase sur la période de 2010 à 2020, l’on est rentré dans la seconde, matérialisée par la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Cette dernière vise la transformation structurelle de l’économie en opérant des changements fondamentaux dans les structures économiques et sociales afin de favoriser un développement endogène, inclusif tout en préservant les chances des générations futures.
A cet effet, le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre des politiques adéquates dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accessibilité aux facilités sociales de base et de la protection sociale. Un des leviers sur lequel il compte s’appuyer est la capture du dividende démographique, replaçant ainsi le développement du capital humain au cœur des politiques publiques.
Politique budgétaire et dividende démographique
1-
Caractéristiques démographique et socioéconomique
La période des 20 dernières années a été marquée par des crises multiples tant sur le plan démographique que sur le plan socioéconomique. Toutefois, le Gouvernement a fait preuve de résilience fasse à ses différentes situations.
A-
Etat du capital humain
A.1 Santé
Le Gouvernement
s’
est engagé à faire du secteur de la santé une priorité pour la réalisation du Dividende Démographique
.
Il constitue un pilier fondamental pour satisfaire l’aspiration de la population à un meilleur état de santé et de bien-être, sans discrimination. Par ailleurs, la stratégie sectorielle de santé 2016-2027 (SSS) est adoptée comme contribution du secteur de la santé aux efforts de lutte contre la pauvreté. La première phase d’opérationnalisation de cette stratégie est faite à travers
le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2016-2020 dont l’objectif est de rendre accessibles les services et soins de santé essentiels et spécialisés prioritaires de qualité à au moins 50% de la population d'ici 2020.
A.1.1 Etat sanitaire
Ces deux dernières décennies sont marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé.
Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans
Santé maternelle et infantile
La proportion d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins de base a connu une tendance haussière depuis 1998, passant de 36% en 1998 à 52% en 2018.
Graphique : Evolution du pourcentage des enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins de base
(Intégrer le graphique
susmentionné
)
Mortalité maternelle et infantile
Santé de la reproduction
Connaissance et utilisation des méthodes contraceptives
Besoins non satisfaits
en contraception
A.2 Education
L’éducation et la formation constituent l’une des composantes majeures du développement humain. La gestion du secteur éducatif est assurée par cinq (5) ministères : le
ministère de l’Éducation
de Base pour l’Enseignement préscolaire, primaire, l’alphabétisation et l’éducation non formelle, le Ministère des Enseignements
Secondaires pour le niveau secondaire et l’enseignement normal, le Ministère de l’Enseignement Supérieur pour le niveau supérieur. A ceux-ci s’ajoutent le
ministère de l’Emploi
et de la Formation Professionnelle chargés, entre autres de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique pour l’encadrement de la jeunesse non scolarisée.
La coordination du secteur de l’éducation est faite par la sous-commission « Éducation et formation » du Comité de suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), appuyé par le Secrétariat Technique du secteur de l’éducation et de la formation.
Cadre juridique et règlementaire du secteur de l’éducation et de la formation
Le cadre juridique et réglementaire du système éducatif du Cameroun est régi par un ensemble de lois et de textes.
On distingue :
La loi d’orientation de l’éducation N° 98/004 du 14 avril 1998 qui fixe le cadre juridique général de l’éducation au Cameroun et s’applique aux enseignements maternel, primaire, secondaire général et technique, ainsi qu'à l'enseignement normal.
La loi N°2018/010 du 11 juillet 2018 régissant la formation professionnelle au Cameroun. Cette loi fixe le cadre juridique général ainsi que les orientations fondamentales de la formation professionnelle au Cameroun.
La loi N°2023/007 du 25 juillet 2023 portant orientation de l’Enseignement Supérieur au Cameroun qui détermine les orientations fondamentales de l’enseignement supérieur et fixe les règles générales d’organisation, de fonctionnement, de gestion, de financement et de contrôle des institutions supérieures d’enseignement et de formation post-secondaires, tant publiques que privées.
B-
Institutions (Gouvernance)
L’un des objectifs visés par la SND30 est d’améliorer la gouvernance pour renforcer la performance de l’action publique.
C-
Situation économique et sociale
L’économie camerounaise a connu une évolution en dents de scie sur la période 2010-2019. En effet, après une croissance continue du PIB réel entre 2010 et 2014 (de 2.9% en 2010 à 5.7% en 2014), puis une stagnation entre 2014 et 2015, on assiste à une décélération du rythme de croissance jusqu’à 2017, la croissance en volume du PIB réel étant passée de 5,7% en 2015 à 3,5% en 2017. Elle va ensuite remonter à 4,0% en 2018 avant de fléchir à nouveau pour s’établir à 3,5% en 2019.
Les baisses enregistrées pourraient être mises en rapport avec l’environnement international morose, caractérisé par le ralentissement de la croissance mondiale, des incertitudes sur les échanges et la baisse des prix des produits exportés notamment le pétrole brut. Sur le plan national, on a noté un recul du secteur secondaire et plus particulièrement des industries extractives. Par ailleurs, la persistance de l’insécurité dans certaines localités de l’Extrême-Nord (à cause de la secte terroriste Boko-Haram), la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, et l’incendie de la Société Nationales de Raffineries (SONARA) intervenue en fin mai 2019 ont également impacté négativement les activités économiques.
Graphique : Évolution du PIB (évolution des volumes en %)
L’économie camerounaise est la plus importante et la plus diversifiée de la région – elle représentait 45 % du PIB de la CEMAC en 2021 selon le FMI–, elle reste toutefois dépendante de produits bruts même si les dernières années ont connu une augmentation des exportations de quelques produits transformés
,
notamment
ceux
dérivés du cacao
(
INS, Compte nationaux).
Une analyse par secteur montre que le secteur primaire est en grande partie soutenue par l’agriculture (qui tend à se mécaniser) qui emploie près de la moitié de la population. La sylviculture et l’exploitation forestière contribuent également à la croissance.
Le secteur secondaire est grandement porté par les Bâtiments et Travaux Publics (BTP). Les grands projets en infrastructures visant à rendre le Cameroun émergent à l’horizon 2035 contribuent à la croissance. De même, les industries extractives et notamment les hydrocarbures y contribuent également. Les industries manufacturières contribuent très peu aujourd’hui à la croissance toutefois, il faut noter que ces dernières sont en hausses par rapport aux exercices précédents (avec l’arrivée de nouveaux acteurs dans le domaine de la cimenterie
etc.
).
Le secteur tertiaire est fortement dominé par les sous-secteurs des transports, du commerce et de la restauration. Malgré les différentes mesures mise en place par le Gouvernement avec la distribution d’ordinateurs aux étudiants, la création de centres numériques dans de nombreuses universités publiques, la réduction des droits de douane sur le matériel informatique, le secteur de l’information et de la communication contribue pour l’instant très peu à la croissance du PIB.
La consommation finale a affiché une hausse non négligeable de 3,4 % en 2019, tirée par les dépenses de consommation finale des ménages, elles-mêmes soutenues par les activités génératrices de revenus et les divers transferts reçus. La consommation publique (+0,5%) a contribué pour très peu en raison des nombreuses réformes entreprises par le gouvernement visant à contenir ses dépenses courantes.
Du côté de la demande, les investissements ont affiché une hausse que de +0,5% en 2019. Ceci du fait de la poursuite de certains des projets de première génération (chantiers routiers (autoroute Yaoundé-Douala), la poursuite de la construction de nombreux barrages hydroélectriques) et plusieurs autres infrastructures liées à l’organisation de la CAN les stades d’Olembé et de Japoma.
En prenant en compte l’inflation, on se rend compte que la croissance de la consommation finale est moins importante et se situe à 2,2%. Le taux de croissance de l’investissement devient négatif et se situe à -1,1%.
Procédure de budgétisation au Cameroun : De la préparation à l’évaluation de l’allocation et de l’efficacité du budget
A la suite de l’internalisation des directives CEMAC de 2011 relative à la loi de finances, le gouvernement a adopté un nouveau régime qui est venu renforcer celui de 2007. Il s’agit de la loi n°2018/012 du 11 juillet 2028 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques. Il fixe les règles relatives à la nature, au contenu, à la présentation, à l’élaboration et à l’adoption des lois de finances ainsi qu’à l’exécution et au contrôle du budget.
S’agissant de l’élaboration du budget, il est encadré par le décret n°2019/281 du 31 mai 2019 fixant le calendrier budgétaire de l’Etat, qui prescrit les différentes phases de l’élaboration du budget. Ainsi, le budget dont la préparation s’inscrit dans un processus continue, commence dès le mois de janvier s’achève en décembre par son adoption et promulgation. Il se regroupe en 04 grandes phases notamment :
La phase préparatoire, qui marque le début du processus, consiste à faire un état de lieux sur les réalisations antérieures mais également de faire des projections. De manière spécifique, elle consiste à faire un point sur les revues des activités, sur les projets d’investissements publics puis sur la performance.
La phase de cadrage macroéconomique et budgétaire. Un comité interministériel est dédié à l’élaboration du cadrage macroéconomique. Toutefois, il faut préciser que l’élaboration des Cadres de Dépenses à Moyen Termes (CDMT) et des Cadres de Budgétisation à Moyen Termes (CBMT) relève des organes constitutionnels, des départements ministériels et autres entités publiques. La production de ces deux documents, précède l’organisation du débat d’orientation Budgétaire (DOB) qui aboutit à la notification aux administrations des enveloppes triennales de dépenses puis de plafonds de crédit.

La phase de préparation détaillée du budget, est consacrée à la préparation des projets de budget et des projets de performance annuelle par les différentes institutions et administrations, qui seront examinés lors des conférences budgétaires.
La phase de finalisation et d’approbation. A l’issue des conférences budgétaires, le Ministre en charge des finances procède, sous la coordination du Premier Ministre Chef du Gouvernement à la finalisation du projet de loi finances ainsi que ses annexes. A la fin du processus, le projet de loi de finances est transmis par la présidence de la république au parlement pour adoption.
La problématique de l’allocation des ressources budgétaires qui se fait sous une approche de performance, obéit à double niveau. Tout d’abord, elle se fait en harmonie des prescriptions du Président de la République qui en précise les contours dans la circulaire de préparation du budget. L’allocation des ressources se doit de répondre aux problèmes contenus dans les documents stratégiques de la nation ou encore des priorités. Elle se fait ainsi en adéquation aux politiques publiques mis en œuvre.
OBJECTIFS
La transformation budgétaire vise à réorganiser les données du budget national et à les faire correspondre à une structure définie par la budgétisation sensible au Dividende Démographique (BSDD) à travers huit fonctions (08 fonctions liées au DDMI) : éducation, santé, sécurité, institution, réseau professionnel, réseau social, Bâtiment et Travaux Publics BTP/Energie, Affaires Economiques.
MÉTHODOLOGIE
Type de classification
Classification administrative
I
l s’agit de (i) présenter les dépenses budgétaires selon les services ou groupes de services chargés de leur gestion et (ii) d’identifier la hiérarchie du service chargé de l'exécution de la dépense.
Classification par programmes
L
es crédits budgétaires sont décomposés en programmes (ou en dotations) au niveau des Institutions et des ministères du pays. Le programme regroupe les crédits d'une direction (ou ensemble de directions) ou d'un service (ou ensemble de services).
Classification fonctionnelle
Elle consiste à
classer les dépenses budgétaires selon leurs objectifs socio-économiques.
Classification économique
I
l s’agit d’observer une cohérence avec le plan comptable de l'Etat avec une codification permettant d'identifier les dépenses par nature.
Autres types de classifications
I
l y a la classification par sources de financement où il s’agit d’identifier et de suivre les moyens de financement des dépenses budgétaires. Enfin, la classification par bénéficiaires où il s’agit d’établir le lien entre la dépense budgétaire et bénéficiaire final.
Fonctionnement budgétaire et convergence
Pour satisfaire aux fonctions d’allocation de ressources, de redistribution de revenus et de stabilisation de l’économie, les différentes méthodes de budgétisation semblent converger.
De cela, il se distingue quatre (04) composantes budgétaires et huit (08) fonctions budgétaires. Le budget fonctionnel retient donc l’attention dans le processus de budgétisation sensible au dividende démographique. Il se distingue à cet effet, les fonctions relatives au capital humain (Education et santé), à la gouvernance (Sécurité et institutions), la structure de l’économie (BTP-Energie et autres secteurs) et les réseaux professionnels et sociaux (communication loisir).
Transformation du budget classique au budget fonctionnel
Cette étape consiste à faire un parcours exhaustif du Budget classique pour classer chacune des lignes budgétaires à la fonction budgétaire qui lui correspond. Ce processus de transformation se fait selon trois étapes :
La classification selon les Fonctions Principales ;
La classification selon les Fonctions Secondaires et ;
La classification selon la Nature Budgétaire.
La classification selon les Fonctions Principales :
Le Budget Classique avec toutes ces composantes structurelles sont parcourus pour être remodelés en tenant compte des Huit Fonctions Principales. Pour se faire il a fallu regrouper les différents départements ministériels et Institutions Républicaines en tenant compte de leur missions respectives en ces huit fonctions du Budget fonctionnel à savoir :
L’Education
La Santé
La Sécurité
Les Institutions
Le Réseau Professionnel
Le Réseau Social
Les BTP-Energie
L’Economie
La classification selon les Fonctions Secondaires
Cet exercice consiste à faire correspondre à nouveau les dépenses effectuées au sein des départements et Institutions aux huit fonctions cette fois-ci en tenant compte des services dépensiers, de l’objet de la dépense et surtout de l’impact effectif de celle-ci.
La classification selon la Nature Budgétaire

Ce dernier consiste à reclasser les dépenses lors des deux premiers traitements en fonction des natures budgétaires à savoir
 :

Fonctionnement
Transfert
Investissement
Le résultat de ces différents exercices est ensuite présenté dans deux Tableaux croisés dynamiques :
Tableau Croisé Dynamique 1 en prenant :
En Ligne : la fonction principale et la fonction budgétaire
En colonne : l’année et la nature de la dépense
Tableau Croisé Dynamique 2 en prenant :
En ligne : la fonction budgétaire
En colonne : l’année et la nature de la dépense
Les types d’analyses
Analyse Economique du budget ;
Détermination des optimums Budgétaires sectoriels ;
Analyse de l’efficacité et de l’efficience de l’allocation budgétaire ;
Détermination des seuils budgétaires sectoriels.
Les sections suivantes porteront sur l’analyse économique du budget
Nomenclature (adoptée par l’équipe au cours des travaux)
.
RÉSULTATS

DE L’ARRIMAGE ET ANALYSE DE LA SENSIBILITE BUDGETAIRE
CAPITAL HUMAIN
INTRODUCTION
Le Cameroun se trouve à la croisée des chemins démographiques, avec une population en pleine expansion et une structure par âge en mutation. Cette transformation offre une opportunité unique de réaliser un dividende démographique, où l'augmentation de la population active et la réduction de la dépendance démographique peuvent stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté.

Cependant, pour maximiser cet avantage, il est crucial d'investir dans le capital humain, en particulier dans l'éducation, la santé et les compétences. Un capital humain développé est essentiel pour améliorer la productivité, l'innovation et la compétitivité, et ainsi stimuler la croissance économique.
Le dividende démographique et le capital humain sont donc étroitement liés. En investissant dans le capital humain, le Cameroun peut améliorer la qualité de sa population active, augmenter sa productivité et ainsi maximiser les retombées économiques du dividende démographique.
Pour maximiser cet avantage, il est crucial de disposer d'outils de suivi et d'analyse efficaces. C'est dans ce contexte que ce rapport présente l'arrimage de l'indice synthétique de suivi du dividende démographique et l'analyse de la sensibilité budgétaire au Cameroun.
Ce rapport décrit le cadre méthodologique qui a permis d’évaluer les progrès du Cameroun dans la réalisation du dividende démographique du capital humain et d'analyser l'impact des dépenses publiques en santé et en éducation sur la capture du bien-être du capital humain. L'indice synthétique de suivi du dividende démographique du capital humain permettra de mesurer les avancées du pays dans les domaines clés tels que l'éducation et la santé.
L'analyse de la sensibilité budgétaire évaluera l'impact des variations des dépenses publiques en santé et en éducation sur le bien-être des populations dans ces domaines et identifiera dans la nature du budget les points où les réformes peuvent être apportées pour maximiser l'effet du dividende démographique en santé et en éducation. Ce rapport fournira ainsi des recommandations ciblées pour les décideurs politiques et les partenaires de développement pour optimiser les stratégies de santé et d’éducation afin de garantir que le Cameroun tire pleinement parti de son dividende démographique en capital humain.
Contexte

La période des 20 dernières années a été marquée par des crises multiples tant sur le plan démographique que sur le plan socioéconomique. Toutefois, le Gouvernement a fait preuve de résilience fasse à ses différentes situations. Le capital humain occupe une place importante dans la Stratégie Nationale de Développement 2020 -2030 (SND30), traduisant ainsi l’intérêt des pouvoirs publiques à assurer le bien-être des populations.
Santé
Le Gouvernement est engagé à faire du secteur de la santé une priorité pour la réalisation du Dividende Démographique. Il constitue un pilier fondamental pour satisfaire l’aspiration de la population à un meilleur état de santé et de bien-être, sans discrimination. Par ailleurs, la stratégie sectorielle de santé 2016-2027 (SSS) est adoptée comme contribution du secteur de la santé aux efforts de lutte contre la pauvreté. La première phase d’opérationnalisation de cette stratégie est faite à travers le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2016-2020 dont l’objectif est de rendre accessibles les services et soins de santé essentiels et spécialisés prioritaires de qualité à au moins 50% de la population d'ici 2020.
Ces deux dernières décennies sont marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé.
En ce qui concerne l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, la prévalence du retard de croissance chez a augmenté de 1991 à 1998, passant de 31 % à 36 %. Elle a ensuite diminué pour atteindre 29 % en 2018. On constate également la même tendance en ce qui concerne la prévalence de l’insuffisance pondérale dont le niveau est passé de 12 % en 1991 à 18 % en 1998, et à 11 % en 2018. Par contre, l’excès pondéral qui touchait 5 % des enfants en 1991 concerne 11 % des enfants de moins de cinq ans en 2018 (INS, 2018).
Pour la santé maternelle et infantile,
La couverture en soins prénatals par du personnel formé a augmenté de façon régulière passant de 78 % en 1991 à 87 % en 2018. Par ailleurs, le pourcentage de femmes ayant effectué au moins quatre visites prénatales a augmenté de 16 points de pourcentage sur la même période. Il faut aussi relever que la proportion des femmes qui ont effectué une visite prénatale au premier trimestre, c’est-à-dire entre 1 et 16 semaines d’aménorrhée, après avoir stagné autour de 34 % entre 2004 et 2011, a augmenté pour atteindre 41 % des femmes en 2018 (INS, 2018).
La proportion d’enfants de 12-23 mois
ayant
reçu tous les vaccins de base a connu une tendance haussière depuis 1998, passant de 36% en 1998 à 52% en 2018.
S’agissant de la

mortalité maternelle et infantile,
le rapport de mortalité liée à la grossesse a d’abord augmenté, passant de 474 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours des 7 années ayant précédé l’EDSC-II de 1998 à 782 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours des 7 années ayant précédé l’EDS-MICS 2011, avant de diminuer pour retomber à 467 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours des 7 années ayant précédé l’EDSC-V de 2018. Chez les enfants de moins de 5 ans, il ressort Globalement qu’après la hausse entre 1991 et 1998, on observe depuis 1998 une tendance à la baisse des risques de décès des enfants avant l’âge de 5 ans. En effet, de manière générale, il y a eu une amélioration des indicateurs de santé des enfants.
Pour la santé la planification familiale,
chez
les
femmes de 15-49 ans en union, on note une augmentation régulière de la prévalence contraceptive moderne au détriment des méthodes traditionnelles : en effet, la prévalence de la contraception moderne est passée de 4 % en 1991 à 13 % en 2004 et à 15 % en 2018 tandis que la prévalence de la contraception traditionnelle qui était demeurée quasiment stable entre 1991 et 2004 a commencé à diminuer à partir de 2001 pour se situer à 4 % en 2018 (INS,2018). Par ailleurs, la demande totale en matière de planification familiale des femmes actuellement en union n’a pas varié de manière importante depuis 1991, passant de 38 % à 42 %. Il en est de même de l’évolution des besoins non satisfaits. Cependant, on observe une tendance à la substitution progressive des méthodes traditionnelles par la contraception moderne dans la satisfaction de la demande totale.
Education
L’éducation et la formation constituent l’une
des
composantes majeures du développement humain. La gestion du secteur éducatif est assurée par cinq (5) ministères : le Ministère de l’Éducation de Base pour l’Enseignement préscolaire, primaire, l’alphabétisation et l’éducation non formelle, le Ministère des Enseignements Secondaires pour le niveau secondaire et l’enseignement normal, le Ministère de l’Enseignement Supérieur pour le niveau supérieur. A ceux-ci s’ajoutent le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle chargés, entre autres de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique pour l’encadrement de la jeunesse non scolarisée.
La coordination du secteur de l’éducation est faite par la sous-commission « Éducation et formation » du Comité de suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), appuyé par le Secrétariat Technique du secteur de l’éducation et de la formation.
Cadre juridique et règlementaire du secteur de l’éducation et de la formation
Le cadre juridique et réglementaire du système éducatif du Cameroun est régi par un ensemble de lois et de textes. On distingue :
La loi d’orientation de l’éducation N° 98/004 du 14 avril 1998 qui fixe le cadre juridique général de l’éducation au Cameroun et s’applique aux enseignements maternel, primaire, secondaire général et technique, ainsi qu'à l'enseignement normal.
La loi N°2018/010 du 11 juillet 2018 régissant la formation professionnelle au Cameroun. Cette loi fixe le cadre juridique général ainsi que les orientations fondamentales de la formation professionnelle au Cameroun.
La loi N°2023/007 du 25 juillet 2023 portant orientation de l’Enseignement Supérieur au Cameroun qui détermine les orientations fondamentales de l’enseignement supérieur et fixe les règles générales d’organisation, de fonctionnement, de gestion, de financement et de contrôle des institutions supérieures d’enseignement et de formation post-secondaires, tant publiques que privées.
METHODOLOGIE
Soit Y, l’Indice synthétique de suivi du dividende démographique ou demographic dividend monitoring index (DDMI). Nous supposons que la production des biens et services publics prends la forme d’une fonction de Cobb Douglas. Ainsi :
Y=AKαLβ
(1)
Encadré 
: La fonction de production Cobb Douglass
En général, une fonction de production est une spécification de la façon dont la quantité de production se comporte en fonction des intrants utilisés dans la production. Ce concept peut être appliqué au niveau des entreprises individuelles, des industries ou des économies entières.
En économie, la forme fonctionnelle Cobb-Douglas des fonctions de production est largement utilisée pour représenter la relation entre une production et des intrants. Elle a été proposée par Knut Wicksell (1851 – 1926) et testée sur la base de données statistique par Charles Cobb et Paul Douglas en 1928.
La fonction utilisée par les auteurs pour modéliser la production se présente comme suit :
PL,K=ALαKβoù :
– P = production totale (la valeur monétaire de tous les biens produits au cours d'une année)
– L = facteur travail (le nombre total d'heures-personnes travaillées au cours d'une année)
– K = apport en capital (la valeur monétaire de toutes les machines, de tous les équipements et de tous les bâtiments)
– A la productivité totale des facteurs
–
α et β sont les élasticités de production du travail et du capital, respectivement. Ces valeurs sont des constantes déterminées par la technologie disponible.
L'élasticité de la production mesure la réactivité de la production à un changement des niveaux de travail ou de capital utilisés dans la production, toutes choses égales par ailleurs.
Du capital utilisé dans la production, toutes choses égales par ailleurs. Par exemple, si α = 0,15, une augmentation de 1 % du travail entraînera une augmentation d'environ 0,15 % de la production.
De plus, si :
α+β=1 , la fonction de production a des rendements d'échelle constants. En d'autres termes, si L et K augmentent chacun de 20 %, P augmente de 20 %.
Les rendements d'échelle
sont une propriété technique de la production qui permet d'examiner les changements dans la production à la suite d'un changement proportionnel dans la production qui examine les changements dans la production à la suite d'un changement proportionnel de tous les intrants (où tous les intrants augmentent d'un facteur constant).
Si la production augmente dans la même proportion, alors il y a des rendements d'échelle constants, parfois appelés simplement rendements d'échelle. Si la production augmente moins que cette variation proportionnelle, il y a des rendements d'échelle décroissants. Si la production augmente de plus de cette proportion, il y a des rendements d'échelle croissants (IRS).
Cependant, si :
α+β<1 , les rendements d'échelle sont décroissants, et si
α+β>1 , les rendements d'échelle sont croissants.
Dans l'hypothèse d'une concurrence parfaite, on peut montrer que α et β sont les parts du travail et du capital dans la production.
Nous considérons les fonctions économiques et budgétaires retenues dans la transformation budgétaire. En remplaçant la variable dépendante par le DDMI, et les variables indépendantes par les budgets fonctionnels des secteurs et en supposant qu’il n’y a pas de report de dépense, nous avons :
logDDMIj= βjlogDEPj
(2)
logDDMIj=α1logIFoncJ+ α2logIInvJ+α3logITrfJ
(3)
I(FonJ)= FoncJDEPJ
(4)
I(InvJ)= InvJDEPJ
(5)
I(TrfJ)= TrfJDEPj
(6)
DEPj=Foncj+Invj+Trfj
(7)
Avec j = fonctions budgétaires au nombre de 02 pour le cas du capital humain : Santé, Education, et :
Foncj : Budget Fonctionnement j
Invj : Budget d’Investissement j
Trfj : Budget de Transfert j
Foncj, Invj et Trfj , constituent les 03 natures du budget pour chaque fonction j.
Comme nous avons 02 fonctions, et que chaque fonction nécessite 06 équations, nous aurons au total 6×2 soit au total 12 équations. Par ailleurs, pour chaque année, on doit avoir les identités de convergence suivantes :
J=18DEPj=Budget exécuté
(8)
L’estimation est faite via le modèle à équations simultanées ou via le module modèle de Eviews.
logDDMIJ= βjlogDEPj (9)
DEPj=Foncj+Invj+Trfj  (10)
Foncj'= FoncjDEPj  (11) ;
Invj'= InvjDEPj (12) ;
Trfj'= TrfjDEPj (13)
Ou choisir une année de référence
DDMIj=DDMI de la fonction j;
(14)
Avec j=1 à 8 DEPj=Budget de la fonction j 
(15)
Par définition on a :
DEPj=Foncj+Invj+Trfj , à chaque instant t.
(16)

RESULTATS ET ANALYSES
ANALYSE DESCRIPTIVE DE L’EVOLUTION DDMI ET DES DEPENSES EN CAPITAL HUMAIN
Le graphique ci-dessus met en relation l’évolution des dépenses inhérentes au secteur de l’éducation et le bien-être des populations. En dépit des fortes fluctuations observées sur les dépenses d’éducation, celles-ci conservent une tendance haussière. Cette même tendance est également observée sur le bien-être que procure l’éducation aux populations. En somme, les dépenses d’éducation augmentent avec le bien-être que celle-ci procure aux populations. Cette évolution laisse entrevoir la présomption d’un coefficient d’élasticité positive entre le bien-être que les populations tirent de l’éducation et les dépenses liées à celles-ci.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
: Évolution du bien être résultant de l’éducation et des dépenses liées à l’éducation
Source : Équipe Pays et CREG
Sur le graphique ci-dessous, les dépenses globales d’éducation sont désagrégées en dépenses de fonctionnement, dépenses d’investissement et dépenses de transferts. Les dépenses de fonctionnement qui constituent le poste le plus important des dépenses d’éducation affichent une allure haussière. À contrario, les dépenses d’investissements ont une tendance baissière et les dépenses de transferts semblent stagner. Contrairement donc à ces deux derniers, les dépenses de fonctionnement d’éducation augmentent avec le bien-être que procure l’éducation aux populations. De l’évolution de ces courbes, il se dégage un constat selon lequel seules les dépenses de fonctionnement d’éducation pourraient impacter positivement le bien-être des populations.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 2
 : Évolution du bien être résultant de l’éducation et des différents types de dépenses liées à l’éducation
Source : Équipe Pays et CREG
Le
REF _Ref175753319 \h \* MERGEFORMAT Graphique
3
présente à la fois l’évolution des dépenses totales en Santé et son indicateur du bien être à savoir le DDMI santé. Hormis quelques points critiques observés en 2002 et 2008, les dépenses budgétaires en santé présentent une tendance croissante sur toute la période (2001 à 2021). Cette tendance ascendante du budget alloué à la santé s’accompagne pour le cas du Cameroun d’une croissance du bien-être santé qui est présenté ici par l’allure ascendante du DDMI santé. Ce qui traduirait une présomption à une causalité positive entre les deux grandeurs.
EVOLUTION DDMI SANTE ET LES DEPENSES DE SANTE
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 3
: Evolution croisée DDMI Santé et Budget total santé de 2001 à 2021
Source : Équipe pays & CREG
Le
REF _Ref175754252 \h \* MERGEFORMAT Graphique
4
ci-dessus permet une analyse affinée de la relation entre le DDMI Santé et les composantes des dépenses en santé à savoir : le fonctionnement, l’investissement et les transferts. Bien que l’évolution des dépenses d’investissement en santé soit en dents de scie, il ressort une certaine tendance croissante de 2001 à 2021. En portant une attention particulière aux dépenses de fonctionnement en santé, on observe également une croissance progressive et soutenue jusqu’en 2015. Cependant les dépenses de santé en termes de transferts ou subventions sont relativement constantes jusqu’en 2015. Il est important de noter qu’après l’année 2015 une évolution croissante mais saccadée est observée qui débute surtout par une chute des dépenses de fonctionnement en santé avant une reprise vers 2017.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 4
: Evolution croisée DDMI Santé et les fonctions du budget santé
Source : Equipe pays & CREG
TESTS DE STATIONNARITE
Le tableau ci-dessous présente les résultats du test de non-stationnarité des variables considérées. Les valeurs critiques ont été obtenues en utilisant la statistique de Dickey et Fuller Augmentée. L’hypothèse nulle étant que le processus testé soit non stationnaire ou encore possède une racine unitaire, nous classons comme variables dites intégrée : les dépenses totales d’éducation, les dépenses de fonctionnement en éducation et les transferts ou subventions en termes d’éducation ; nous classons comme variables stationnaires : les dépenses d’investissement en éducation, les dépenses de fonctionnement, d’investissement et de transfert en termes de santé.
Par conséquent dans la dimension du capital humain, le niveau des dépenses totales d’éducation d’une année est lié à celle de l’année précédente et les chocs que subissent ce pan de l’économie perdurent dans le temps. Cette persistance est supportée par les composantes de fonctionnement et de transferts ou subventions. Dans le secteur de la santé, les dépenses d’une année sont également liées à celle de l’année antérieure mais, ici les chocs semblent transitoires.
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 1
: Résultat des différents tests de stationnarité sur les variables
En niveau
En différence première
Val. Crit.
M. E. Cal.
Val. Crit.
M. E. Cal.
Décision
Education
Dépenses totales
2.881
1.000
-5.128
0.001
I(1)
Fonctionnement
3.706
0.999
-2.982
0.005
I(1)
Investissement
-4.503
0.002
–
–
I(0)
Transfert
-1.876
0.335
-5.694
0.000
I(1)
Santé
Dépenses totales
-3.587
0.056
–
–
I(0)
Fonctionnement
-3.429
0.022
–
–
I(0)
Investissement
-3.246
0.032
–
–
I(0)
Transfert
-3.605
0.015
–
–
I(0)
Val. Critique= Valeur critique ; M.E. cal= Marge d’erreur calculée à partir des données. Elle correspond à la probabilité empirique encore appelé p-value. Les valeurs critiques affichées proviennent du test Augmenté de Dickey et Fuller
ESTIMATION DES PARAMETRES
Le
REF _Ref175759666 \h \* MERGEFORMAT Tableau
2
présente les résultats issus des estimations économétrique des modèles présenté dans la section méthodologie pour la composante du capital humain. Pour chaque sous dimension du capital humain, à savoir l’éducation et la santé, nous avons estimé les élasticités du modèle d’équilibre partiel (équation 1) et celles du modèle de comportement par fonction du budget alloué à chaque sous-dimension (équation 2).
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 2
: Estimation des élasticités dépenses en santé – bien être sur la période 2001 – 2021
EDUCATION
SANTE
Equation 1
Equation 2
Equation 1
Equation 2
Elas.
M.e. cal
Elas.
M.e. cal
Elas.
M.e. cal
Elas.
M.e. cal
Dépenses totales
0.653***
0.000
–
–
0.123***
0.00
–
–
Fonctionnement
–
–
0.534***
0.000
–
–
0.073***
0.013
Investissement
–
–
-0.018
0.675
–
–
0.040***
0.017
Transfert
–
–
-0.039
0.414
–
–
-0.000
0.889
Informations et tests additionnels
R²
0.829
0.926
0.848
0.815
Dummy
NON
NON
OUI
OUI
Test d’exclusion
F-statistic
0.493
(2, 15)
0.620
0.180
(1, 15)
0.676
Chi-square
0.986
2
0.610
0.180
1
0.670
Source : Equipe pays & CREG
Analyse des résultats – Education
S’agissant de l’éducation, l’estimation de l’équation 1 montre qu’il existe un gradient positif entre les dépenses d’éducation et le bien-être qu’elle procure. En effet, le coefficient d’élasticité entre les dépenses d’éducation est non seulement positif, mais il est également significatif au seuil de 1%. Lorsque les dépenses publiques d’éducation augmentent d’un milliard, cela implique une augmentation du bien être de 0,65 unité côté population. Toutes choses restant égale par ailleurs, les dépenses publiques d’éducation expliquent à près de 83% le bien-être que les populations tirent de l’éducation. Ce résultat montre que les ménages sont les principaux bénéficiaires des dépenses d’éducation engagées par les pouvoirs publics au Cameroun.
Dans l’équation 2, les dépenses d’éducation sont désagrégées en dépenses de fonctionnement, dépenses d’investissement et dépenses de transferts. Le résultat obtenu est également celui prédit lors de l’observation de l’évolution des dépenses toutes catégories confondues et du bien-être. En effet, le coefficient d’élasticité entre le bien-être des populations résultant de l’éducation et la part des dépenses de fonctionnements est positif et significatif. Les élasticités des parts des dépenses d’investissements et de transferts sont non seulement négatifs, mais non significatifs. Les dépenses de fonctionnements pour l’éducation engagées par les pouvoirs publics affectent positivement le bien-être des populations. Lorsque la part des dépenses de fonctionnement augmente d’un point de pourcentage, cela contribue à améliorer le bien-être des populations de 0,534 point. En revanche, les dépenses de transferts et d’investissements n’ont aucun impact sur les ménages. La désagrégation des dépenses d’éducation améliore le pouvoir explicatif du modèle à près de 10 points de pourcentage.
Un résultat important découle des analyses ci-dessus. En effet, toutes les dépenses engagées par les pouvoirs publics au Cameroun ne sont pas toujours de nature à apporter des bénéfices à la population. Si les ménages tirent l’essentiel des bénéfices générées par les dépenses de fonctionnement, cela est loin d’être le cas pour les dépenses d’investissements et de transferts. S’agissant de l’investissement, les dépenses engagées par les pouvoirs publics pour le compte de l’éducatif n’ont cessé de baisser depuis plusieurs années. La baisse des dépenses d’investissements a été tellement important qu’ils ont cessé d’influencer le bien-être des populations. En revanche, les dépenses de transferts, telles qu’observées sur le graphique 2, sont restées relativement stables bien que le montant soit faible. Avec une population grandissante et les effets néfastes de la corruption, ces dépenses pourraient ne pas avoir été distribuées aux couches les plus défavorisées qui sont le plus dans le besoin d’où le résultat obtenu.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 5
: Test CUSUM sur la stabilité de l'équation 1 Éducation
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 6
: Test CUSUM Carré sur la stabilité de l'équation 1 Éducation
Source : Équipe pays & CREG
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 7
: Test CUSUM sur la stabilité de l'équation 2 Éducation
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 8
: Test CUSUM Carré sur la stabilité de l'équation 2 Education
Source : Équipe pays & CREG
Analyse des résultats – Sante
L’analyse de la sous-dimension santé du capital humain nous révèle qu’avec le modèle utilisé l’ajustement du bien être santé sur les dépenses de santé est bonne. Cela est confirmé par la valeur de 84.8% du coefficient de détermination ou R² associé l’équation 1 de la santé. Le signe positif associé au coefficient des dépenses totales de santé, accompagné de la significativité de ce paramètre indique que les dépenses de santé expliquent positivement le bien être santé des populations du Cameroun. En effet en supposant constant tous les effets extérieurs à la composante santé, lorsque les dépenses de santé augmentent d’un point, le bien être santé des populations augmentent de 0.123 point. Bien que positive et significative, il est à noter que cette valeur demeure cependant assez faible. Les tests complémentaires de robustesses à savoir le Test CUSUM simple, développé par
Brown, Durbin, et Evans en 1975
, et son complément CUSUM carré présentés respectivement dans les
REF _Ref175761087 \h \* MERGEFORMAT Graphique
9
et
REF _Ref175761097 \h \* MERGEFORMAT Graphique
10
nous assure de la stabilité de la valeur estimée obtenue. Ce le principe de cette procédure est de calculer, comme son nom l’indique, sa somme cumulée des résidus récursifs (ligne bleu) et de s’assurer que cette somme ne se retrouve pas en dehors du corridor de confiance (lignes rouges).
L’équation 2 du modèle lié à la sous composante santé présente les élasticités obtenues pour chaque fonction du budget santé de la période 2001 à 2021. Comme le témoigne le coefficient de détermination la modélisation ajuste à 81.5% la variable du DDMI santé. Les tests de significativité des paramètres révèlent que dans les différentes fonctions du budget alloué à la santé seules les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement causent (ont un impact significatif) le bien être santé des populations. Les transferts et/ou subventions en santé ont un impact non significatif. Un test d’exclusion sur l’élasticité lié au transfert confirme que cette valeur est statistiquement nulle. Bien que positives, les élasticités des dépenses de fonctionnement et d’investissement sur le DDMI santé sont toutes deux très faibles. Les tests additionnels de robustesses à savoir le Test CUSUM simple, et son complément CUSUM carré présentés respectivement dans les
REF _Ref175825176 \h \* MERGEFORMAT Graphique
11
et
REF _Ref175825187 \h \* MERGEFORMAT Graphique
12
nous assure de la stabilité de la valeur estimée obtenue. Ce le principe de cette procédure est de calculer, comme son nom l’indique, sa somme cumulée des résidus récursifs (ligne bleu) et de s’assurer que cette somme ne se retrouve pas en dehors du corridor de confiance (lignes rouges).
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 9
: Test CUSUM sur la stabilité de l'équation 1 Santé
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 10
: Test CUSUM Carré sur la stabilité de l'équation 1 Santé.
Source : Équipe pays & CREG
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 11
: Test CUSUM sur la stabilité de l'équation 2 Santé.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 12
: Test CUSUM Carré sur la stabilité de l'équation 2 Santé
Source : Équipe pays & CREG
CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS
L’objectif du rapport de cette composante était d’analyser la relation entre le bien-être que les populations tirent de l’éducation et de la santé et les dépenses publiques y afférentes afin de dégager des recommandations à l’endroit des décideurs politiques pour une orientation optimale des stratégies sectorielles dans les dits domaines. A cette fin, une modélisation temporelle aussi bien descriptive qu’inférentielle a été mobilisée. À la suite de cela, des résultats ont été obtenus. Globalement, les dépenses liées à l’éducation impactent positivement le bien-être en termes de besoin satisfaits en matière d’éducation des populations. Aussi, la désagrégation des dépenses d’éducation en nature économique révèle que seul le budget de fonctionnement a un effet positif et significatif sur le bien-être. En ce qui concerne la santé, l’analyse globale conduit aux mêmes résultats. Cependant, au niveau désagrégé, en plus du budget du fonctionnement, le budget d’investissement fait partie des natures économiques qui influencent positivement le bien-être.
De ces résultats découlent les recommandations suivantes :
Relativement à l’éducation,
La non-influence des dépenses d’investissement recommande un relèvement de l’’enveloppe budgétaire allouée aux investissements dans l’éducation.
Quant à la non-influence des dépenses de transfert, elle recommande une amélioration du mécanisme de suivi des dépenses de transfert en matière d’éducation.
Relativement à la santé,
Le faible impact du budget lié au fonctionnement et à l’investissement en santé sur le bien-être de la population, recommande un relèvement de l’enveloppe du budgétaire allouée à la santé de façon à se rapprocher significativement de l’engagement des 15% ratifier à la conférence d’Abuja 2001 de l’Union Africaine sur le financement des budgets nationaux de santé. Cette augmentation permettra de mieux financer les infrastructures, d'améliorer les conditions de travail des personnels de santé et de garantir des soins de qualité pour tous les citoyens ;
La non-influence des dépenses de transferts sur le bien-être recommande un renforcement les mécanismes de suivi de l’offre des services de santé et du financement vers les ménages en mettant en place des systèmes de collecte de données fiables et des plateformes numériques. Afin de mieux contrôler l'utilisation des fonds, de rendre les services plus transparents et d’adapter les interventions selon les besoins réels des ménages.
ECONOMIE
INTRODUCTION

Le Cameroun a élaboré depuis 2009 un Document de la Vision de son développement à l’horizon 2035. La première phase de cette vision a été opérationnalisée à travers le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). Suite aux résultats mitigés de la première phase, le pays a élaboré et met en œuvre depuis 2020, la Stratégie Nationale Développent à l’horizon 2030 (SND30) axée autour de quatre (04) grands piliers :
Transformation structurelle de l’économie nationale ;
Développement du Capital Humain ;
Promotion de l’emploi et de l’insertion des jeunes dans le circuit économique ;
La gouvernance, la décentralisation et la gestion stratégique de l’Etat.
En droite ligne avec ces grands axes, le pays s’est entre autres engagé dans le processus visant à exploiter le Dividende Démographique (DD) comme une des voies pour booster la croissance économique et améliorer les conditions de vie de sa population dans son ensemble. A cet effet, plusieurs actions et activités ont été entreprises afin de saisir la fenêtre d’opportunité offerte par le DD au Cameroun.
Pour suivre les progrès du pays dans cette voie, l’indicateur synthétique du suivi du dividende démographique ou Demographic Dividend Monitoring index (DDMI) est à l’heure actuelle le plus indiqué. Il est construit à partir de 5 dimensions, dont le déficit du cycle de vie, la qualité du cadre de vie, la transition dans la pauvreté, le développement Humain Etendu et les Réseaux et Territoires. Le DDMI permet ainsi : (i) de comprendre les évolutions positives ou négatives du bien-être de la population en fonction des dépenses publiques suivant quatre (04) principales composantes : « Capital humain », « structure de l’économie », « réseaux » et « gouvernance ».
Le processus d’opérationnalisation du DDMI nécessite six (06) étapes essentielles : (i) le développement des profils, (ii) la Rétropolation, (iii) la transformation budgétaire, (iv) l’élaboration du modèle d’allocation optimale du budget, (v) l’arrimage et l’estimation des élasticités sectorielles, (vi) la simulation des politiques économiques et (vii) la communication et le plaidoyer pour l’adoption. La 5
ème
étape qui fait l’objet de ce travail, nécessite l’élaboration de quatre (04) rapports préliminaires relatifs aux composantes susmentionnées. Le présent rapport porte ainsi sur la composante « structure de l’économie », qui comprend deux (02) secteurs : « affaires économiques » et « BTP-Energie »
L’objectif visé ici est de : (a) décrire l’évolution de l’indicateur de bien-être (DDMI) et celle des dépenses publiques dans le secteur entre 2001 et 2021, et (b) analyser la corrélation entre lesdites évolutions, afin de formuler des recommandations pertinentes pour une meilleure allocation des ressources dans le domaine.
CONTEXTE
Contexte du secteur « Affaires économiques »
La Stratégie Nationale de Développement SND30 2020-2030 (SND30), ambitionne faire du Cameroun un pays industrialisé et émergent à l’horizon 2030 à travers une transformation structurelle de son économie en mettant en place des
conditions favorables à la croissance économique et l’accumulation de la richesse nationale entre autres, en vue de garantir une croissance économique et un développement social durable et inclusif.
Malgré les contextes sociopolitiques aux niveaux international et national (crises sociales dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, lutte contre la secte Boko haram dans les régions de l’Extrême-Nord, afflux des réfugiés dans les régions de l’Est et du septentrion, etc.), la croissance économique du Cameroun bien que faible, est restée positive sur la période 2001-2021. Cette croissance est fortement soutenue par les secteurs secondaire (BTP-énergie avec d’importants investissements dans les grands projets infrastructurels, les industries extractives, notamment les hydrocarbures et les industries manufacturières, les avancées dans le numérique, etc.), et tertiaire fortement dominé par les sous-secteurs transports, commerce et restauration. Selon les prévisions de la SND30, la part du budget alloué au secteur BTP-énergie connaîtra une hausse considérable (passant de 5,1% en 2019 à 7,5% en 2021), les financements en partenariat public-privé ayant été privilégiés dans la réalisation des grands projets d’investissement public. En outre, la mise en œuvre des grands projets d'infrastructures dans les secteurs du transport, de l'énergie et l'aménagement des routes contribueront à une accélération de la croissance de ce secteur
De manière générale, pour ce qui est de l’allocation du budget de l’Etat en faveur de la composante « structuration de l’économie », on observe que sa part dans le budget total de l’Etat a globalement été croissante de 34,7% en 2001 à 40,3% en 2014. Toutefois, elle a fluctué au cours de la période, atteignant un minimum de 31,5% en 2006 et un maximum de 43,5% en 2012.
Il est question d’analyser les effets de cette croissance sur le bien-être de la population, principale bénéficiaire des investissements publics.
Contexte du secteur « BTP-Energie »

Pour son développement économique et social, le Cameroun s’est doté en 2009 d’une Vision de développement à long terme, avec pour ambition d’être « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité à l’horizon 2035 ». La première phase de mise en œuvre de cette Vision a été opérationnalisée par le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) qui constituait ainsi le cadre de référence pour la période 2010-2019. Mais bien avant, le gouvernement avait déjà amorcé sa mise en œuvre dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), élaboré pour la période 2003-2008.
Dans la continuité du Document Stratégique de Croissance et de l’Emploi DSCE, le Cameroun a décliné la suite de son plan de développement (Vision 2035) dans un nouveau document dénommé Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND-30), dans lequel est décrit l’ensemble de la stratégie des différents secteurs d’activité de son économie y compris pour ce qui est du secteur des infrastructures (BTP et énergies) et de l’économie.
En vue d’atteindre les objectifs définis dans la SND, le gouvernement du Cameroun s’est lancé dans de grands travaux, non sans avoir dégager de gros moyens financiers pour achever les projets de premières générations entamés lors de la décennie du DSCE. Ces choix fort du gouvernement sont ainsi visibles au travers de la croissance des budgets alloués aux administrations en charges de ces questions.
Pour ce qui est du secteur des infrastructures et de la transformation structurelle de l’économie, ils constituent les principaux piliers de la mise en œuvre du développement tel que pensé dans la SND-30. Ils visent notamment à assurer le désenclavement des bassins de production, l’écoulement des productions vers les marchés intérieurs et extérieurs et le transport des personnes de manière à réduire les coûts d’exploitation, l’approvisionnement des usines en matières premières, à tendre vers l’indépendance et autosuffisance en matière énergétique, et améliorer la compétitivité des entreprises nationales.
Pour ce qui est du sous-secteur de l’Energie

Le Cameroun se fondant sur son potentiel hydraulique, se fixe pour objectif de produire l’énergie en quantité abondante pour améliorer le cadre de vie de sa population, pour satisfaire son industrialisation, et devenir un pays exportateur d’énergie. Cette ambition impose une restructuration du secteur national de l’énergie et la mise en cohérence des grands compartiments de l’organisation de ce secteur avec des enjeux et des défis à relever, à court, moyen et long terme, depuis la production, jusqu’à la distribution en passant par le nœud critique des réseaux de transport interconnectés nationaux et régionaux actuels et futurs ».
A cet effet, trois (3) orientations sont retenues dans la SND-30 : (i) développer l’important potentiel hydroélectrique national ; (ii) développer les énergies alternatives pour mieux répondre aux besoins spécifiques tels que la cuisson des aliments, les transports notamment urbains, l’électrification urbaine, les industries manufacturières, etc. ; (iii) renforcer et optimiser l’utilisation de la biomasse. Toutes ces préoccupations sont prises en comptes dans le Plan de Développement du Secteur de l’Electricité (PDSE 2030).
Pour ce qui est de la production et de la distribution d’eau et de l’assainissement, en 2022, la croissance de la branche « production et distribution d’eau et assainissement » est de 2,6% après 0,1% en 2021 (RASIPEFIN, 2023).
Pour ce qui est de la production d’électricité, on note une nette amélioration de la production, due principalement à l’injection dans le système des premiers méga watts à la suite de l’entrée en service de certains barrages hydroélectriques à l’instar de Mekin et Lom-Pangar(voir
Tableau 1
ci-après).
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 1
: Production d’électricité (en Mwh)
Libellés
2019
2020
2021
Production d’Eneo
5 300 982
5 296 132
5 087 279
Achats effectués par Eneo
1 705 258
1 697 327
2 000 000
Total production d’Eneo
7 006 240
6 993 459
7 087 279
Source
 : Rasipefin, 2023
Sous-secteur du BTP
Le Gouvernement a envisagé un vaste plan de développement de ses infrastructures de transport assurant le désenclavement des bassins industriels, l’approvisionnement des usines en matières premières (particulièrement d’origine minière), l’écoulement des productions vers les marchés intérieurs et extérieurs, ainsi que le transport des personnes. Toutes choses qui réduiront les coûts des facteurs de production et amélioreront la compétitivité des entreprises nationales, tout en renforçant l’attractivité du pays. Les actions prioritaires identifiés dans sa stratégie nationale ont porté sur : (i) le renforcement des programmes d’entretien et de réhabilitation des infrastructures ; (ii) l’extension et la densification des infrastructures et des réseaux de transport routier, ferroviaire, fluvial, maritime et aérien ; et (iii) la gestion domaniale et cadastrale.
Dans le DSCE, le Cameroun s’était fixé pour objectif de faire passer la densité de son réseau bitumé de 0,27 km/1000 hbts en 2010 à 0,34km/1000 hbts en 2020. A la suite du DSCE, le Gouvernement a entrepris dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, de porter la densité du réseau bitumé de 0,32 à 0,48Km pour 1000 habitants.
Politique des logements
« En 2018, plus de 50% de la population camerounaise résidait en zone urbaine. Par ailleurs, la majorité des industries sont installées au centre ou à la périphérie des grandes villes. Or, les villes camerounaises n’offrent pas un cadre de vie approprié pour leurs habitants en même temps qu’elles ne disposent pas d’infrastructures économiques favorisant les échanges commerciaux. Bien que des efforts considérables aient été consentis par les pouvoirs publics, les réponses apportées semblent insuffisantes au regard des enjeux, notamment en matière de planification urbaine et de coordination opérationnelle », SND-30.
Ainsi, dans le cadre de la seconde phase de la Vision 2035, le Gouvernement mettra un accent particulier sur les grandes villes du pays en vue d’en faire des pôles de croissance économique et des agglomérations urbaines modernes. A cet effet, un programme de modernisation urbaine sera mis en œuvre sur la période 2020-2030 à travers :
La construction des voies de contournement et des pénétrantes ;
L’aménagement des zones industrielles et le renforcement de la planification urbaine ;
L’amélioration de l’accès au logement et aux autres services sociaux (éducation, santé, eau, énergie, y compris énergies renouvelables).
Les activités des BTP se poursuivent à travers : (i) la construction des routes, bâtiments et autres infrastructures ; (ii) la réhabilitation, la maintenance et l’entretien des infrastructures. « Ainsi, En 2022, la valeur ajoutée de la branche « bâtiments et travaux publics » progresse de 4,6% après 2,7% en 2021. L’amélioration dans sous composante est attribuable, entre autres, à la densification de la construction des routes et autres infrastructures dans le cadre du PLANUT, à l’accroissement de 64,7% du linéaire d’ouvrages d’art réhabilité et au démarrage de la construction et de la réhabilitation de plusieurs bâtiments et édifices publics, RASIPEFIN, 2023 ».
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
: Budget total sous composante BTP-Energétique
Source
 : Equipe pays & CREG
Dès le lancement du DSCE en 2010, on observe une nette croissance des dépenses affectées à la composante BTP-Energie, qui va doubler au terme de la période de sa mise en œuvre. Ainsi à l’analyse du budget de la composante BTP-Energie, on peut voir sur la période 2010-2021 une croissance continue du budget alloué à cette composante. Le budget annuel est ainsi passé de 540,18 milliards à 1282,68 milliards soit plus du double qu’au début de cette décennie.
Comme le montre la courbe ci-dessus, l’année 2011 a marqué le début de l’envoler des dépenses liées à ce secteur, avec notamment le lancement des grands projets d’investissements infrastructurels dans le cadre des « Grandes Réalisations » du Chef de l’Etat. Le pic observé à partir de 2016, s’explique par le lancement des grands travaux liés à l’organisation des Coupe Nation Africaine (CAN) féminine de 2016 et la CAN Total Energie Cameroon-2021. L’organisation de ces deux compétitions ont entrainé d’importantes dépenses dans quasiment tous les secteurs de l’économie notamment dans le secteur des infrastructures notamment les infrastructures sportives dans tous coins du pays, l’amélioration de la voirie de toutes les villes devant attribuer les compétitions sans oublier l’amélioration de certaines infrastructures des télécommunications.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 2
: Budget par nature économique de la sous composante BTP-Energétique
Source 
: Equipe pays & CREG
Dans Dans le même temps, une analyse de la structure des dépenses par nature économique montre bien une volonté du gouvernement du Cameroun à se doter de nouvelles infrastructures en quantités et surtout de qualités. Comme le montre le graphique ci-dessus dès 2010, on observe une nette progression des dépenses liées à l’investissement de cette sous composante BTP-Energie passant de 431,43 milliards en 2010 à 1218,57 milliards en 2021, soit une évolution de près du triple.
En perspective, quelques grands projets ont été engagés et sont en cours de mis en œuvre. Il s’agit entre autre :
Aménagement hydroélectrique de Lom Pangar (Barrage d'une capacité de retenue d’eau de 6 milliards de mètre cube, Usine de pied de 30 Mw. Lignes d’évacuation : 305 km en 90 kV et électrification de la Région de l’Est ; Complexe industrialo portuaire de Kribi (Phase2 : Prolongement de la digue de protection de 675m ; Extension du terminal à conteneur de 700m ; et Réalisation d’une zone d’entreposage de 3ha…) ; Aménagement Hydroélectrique de Memve'ele (Centrale électrique de 211 Mw, Ligne de transport d'électricité (Nyabisan-Ebolowa-Yaoundé) ; Aménagement Hydroélectrique de Nachtigal (Centrale électrique de 420 Mw, Ligne de transport d'électricité (65km Nachtigal-Yaoundé) ; Aménagement Hydroélectrique de Mekin (Centrale électrique de 15 Mw, Ligne de transport d'électricité (Mbalmayo-Mekin) ; Projet de Remise à Niveau des Réseaux de Transport d’Electricité et de Réforme du Secteur (PRRTERS) ; Aménagement hydroélectrique de Bini à Warak ; Projet d’Alimentation de Yaoundé et ses environs en eau Potable à partir de la Sanaga (PAEPYS) ; Aménagement de l’entrée Est de la ville Douala (10 km en 2X3 voies à partir du carrefour des fleurs vers le pont de la Dibamba).
METHODOLOGIE

La sensibilité budgétaire est analysée à travers les élasticités calculées à partir des deux équations suivantes :
logDDMIj= βjlogDEPj+Ej
(1)
logDDMIj=αj1logIFonJ+ αj2logIInvJ+αj3logITrfJ+Ej
(2)
right6460Et

j = 1 et 2 (
les
2
secteurs de la composante
)
Fonj : Budget Fonctionnement j
Invj : Budget d’Investissement j
Trfj : Budget de Transfert j
Foncj, Invj et Trfj Constituent les 03 natures du budget pour chaque fonction j.
0Et

j = 1 et 2 (
les
2
secteurs de la composante
)
Fonj : Budget Fonctionnement j
Invj : Budget d’Investissement j
Trfj : Budget de Transfert j
Foncj, Invj et Trfj Constituent les 03 natures du budget pour chaque fonction j.
Avec :
IFonJ= FoncJDEPJ
(3)
IInvJ= InvJDEPJ
(4)
ITrfJ= TrfJDEPj
(5)
DEPj=Fonj+Invj+Trfj
(6)
RESULTATS ET ANALYSES
Évolution des tendances des séries de budget et de DDMI entre 2001 et 2021
Evolution du budget et du DDMI dans secteur « BTP-Energie »
Le
Graphique 1
ci-après donne une représentation de l’évolution de l’indicateur de bien-être de la population (DDMI_BTPENER) et des dépenses publiques (BGT_BTP_TOT) dans le secteur « BTP-Energie » sur la période 2001-2021.
De manière globale, en dehors d’un pic supérieur observé en 2013, la tendance montre que l’indicateur de bien-être est plus ou moins stable à la baisse sur toute la période. A contrario, les dépenses publiques dans le secteur sont essentiellement à la hausse, passant d’environ 310 milliards à 1450 milliards entre 2001 et 2021, en dehors d’une légère baisse entre 2001 et 2004, ainsi que de 2016 à 2020.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 3
 : Evolution du DDMI et du budget dans le secteur BTP-ENERGIE entre 2001 et 2021
Source :
Equipe pays & CREG
Evolution du budget par nature et du DDMI dans secteur « BTP-Energie »
Les évolutions de l’indicateur de bien-être de la population (DDMI_BTPENER) et des parts selon la nature des dépenses publiques (BGT_BTP_TOT) dans le secteur « BTP-Energie » sur la période 2001-2021, sont données par le
Graphique 2
suivant.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 4
 : Evolution du DDMI et des part du budget par nature dans le secteur BTP-ENERGIE entre 2001 et 2021
Source :
Equipe pays & CREG
Alors que l’indicateur de bien-être présente la baisse stable déjà décrite ci-dessus, la part des dépenses en investissement dans le secteur est plutôt globalement à la hausse, passant de 74% à 84%, soit un taux d’accroissement annuel de 0,6% entre le début et la fin de la période. Toutefois, la courbe montre que la part de l’investissement dans les dépenses consacrées au secteur « BTP-Energie » a connu plusieurs pics notables à la baisse (2004, 2012 et 2020) sur la période. La part des dépenses consacrées en fonctionnement dans le secteur a plutôt globalement régressé sur la période (de 20% à 3%), malgré un pic à la hausse observé en 2004. Celle des dépenses en transferts présente quant à elle une allure essentiellement constante et stable autour de 6%, malgré quelques pics à la hausse observé en 2012, 2015 et 2020. L’examen de ces trois dernières séries de données indique par ailleurs que les dépenses publiques dans le secteur « BTP-Energie » sont fortement consacrées à l’investissement, et faiblement aux transferts.
Evolution du budget et du DDMI dans secteur « Affaires économiques »
Le
Graphique 3
ci-après donne une représentation de l’évolution de l’indicateur de bien-être de la population (
DDMI_ECONOMIE
) et des dépenses publiques (BGT_ECO_TOT) dans le secteur « Affaires économiques », sur la période 2001-2021.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 5
 : Evolution du DDMI et du budget dans le secteur des Affaires Economique entre 2001 et 2021

Source :
Equipe pays & CREG
On peut relever que le budget total consacrées aux « affaires économiques » a nettement augmenté au fil du temps, passant de 225,86 milliards en 2001 à 701,59 milliards en 2021. Toutefois, avant de reprendre cette tendance haussière en 2020, ce budget a connu une baisse notoire entre 2019 et 2020, et des baisses plus légères en 2009 et en 2016. Parallèlement, en évoluant de manière croissante sur la période 2001 à 2019, la série du DDMI suggère une amélioration, bien que faible, du bien-être des populations, associée à une augmentation des dépenses publiques dans ce secteur.
Evolution du budget par nature et du DDMI dans secteur « Affaires économiques »
Les évolutions de l’indicateur de bien-être de la population (DDMI_ECONOMIE) et des parts selon la nature des dépenses publiques (BGT_ECO_TOT) dans le secteur « Affaires économiques » sur la période 2001-2021, sont données par le
Graphique 4
ci-après.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 6
 : Evolution du DDMI et des parts du budget par nature dans le secteur des Affaires Economique entre 2001 et 2021
Source :
Equipe pays & CREG
A l’opposé de la tendance haussière observée sur l’indicateur de bien-être, la part des dépenses consacrées à l’investissement dans le secteur « affaires économiques » semble plutôt globalement stable à la baisse entre 2001 et 2021. En effet, malgré quelques pics à la hausse (2005 et 2007) et à la baisse (2008 et 2011), cette part est passée de 63% à 57% entre le début et la fin de période.
Pour ce qui est de l’évolution de la part des dépenses en fonctionnement dans les dépenses totales du secteur, on observe essentiellement une double tendance : celle-ci a connu une tendance haussière sur la période 2001-2011, passant de 30% à 46%, puis une tendance baissière de 2011 à 2021, variant de 46% à 33% du budget total du secteur. La séquence de la part des dépenses du secteur des « affaires économiques » consacrées aux transferts a augmenté faiblement, passant de 6% en 2001 à 10% en 2021. Par ailleurs, il y a lieu de remarquer que les dépenses du secteur des affaires économiques sont beaucoup plus absorbées par les investissements, suivi du fonctionnement.
Interprétation des résultats des estimations économétriques
Étude de la robustesse
Avant toute interprétation des résultats obtenus du calcul des élasticités, il est nécessaire de s’assurer de la robustesse des données utilisées. A cet effet, deux types de tests ont été effectués (voir Tableaux et Graphiques en annexe). Le premier est le Correlogramme des séries « loguées » de celles décrites ci-dessus et des séries des dépenses correspondantes. En outre, les tests de « CUSUM » et « CUSUM of Squares » sur les quatre (04) équations à estimer pour les deux (02) modèles de la composante « structuration de l’économie » ont été effectués.
De manière générale, seules les séries : du budget consacré aux transferts dans le secteur « BTP-Energie », de la part des transferts dans le secteur « BTP-Energie » et de la part des transferts dans le secteur « Affaires économiques » sont stationnées à niveau. Les autres séries de données ont nécessité une différentiation, à l’exception de la série du budget consacré aux transferts dans le secteur « Affaires économiques », qui même après différentiation n’est pas stationnaire.
Pour ce qui est des seconds tests, tous les modèles ont été significatifs au « CUSUM » et au « CUSUM of Squares », en dehors du modèle mettant en relation l’indicateur de bien-être (DDMI_BTPENER) et les natures budgétaires dans le secteur « BTP-Energie ».
Secteur « BTP-Energie »
Relation entre le DDMI et le budget total du secteur des BTP et énergie
Un premier examen de la stabilité de la relation entre le DDMI et le budget total du secteur des BTP et énergie a révélé un modèle structurellement instable entre 2012 et 2019, et ponctuellement instable entre 2008 et 2010. Pour corriger cette instabilité, une nouvelle estimation a été faite en introduisant dans le modèle le vecteur retardé des résidus. Ceci a en effet permis de valider, comme l’illustrent les graphiques ci-dessous, l’hypothèse de stabilité du dernier modèle estimé.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 7
: CUSUM et CUSUM-CARRE du modèle DDMI-Budget dans le secteur des « BTP-Energie »
Source :
Equipe pays & CREG
Relation entre le DDMI et structure par nature du budget dans le secteur des BTP et énergie
L’étude de la stabilité du modèle économétrique mettant en relation le DDMI et les parts du budget par nature dans le secteur des BTP et énergie a révélée dans un premier temps une instabilité structurelle du modèle à partir de 2018, et une instabilité ponctuelle entre 2008 et 2012, puis entre 2015 et 2018. Ainsi, l’intégration du vecteur retardé des résidus a permis de corriger l’instabilité structurelle, bien que le modèle soit resté ponctuellement instable entre 2015 et 2018. La correction de cette nouvelle instabilité a été faite en introduisant une variable indicatrice dans le dernier modèle estimé. Cela a effectivement conduit à la validation de l’hypothèse de stabilité ponctuelle du modèle.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 8
: CUSUM et CUSUM-CARRE du modèle DDMI-Structure par nature du Budget dans le secteur des « BTP-Energie »
Source :
Equipe pays & CREG
Secteur des affaires économiques
Relation entre le DDMI et le budget total du secteur des affaires économiques
L’étude de la stabilité du modèle économétrique mettant en relation le DDMI et le budget total du secteur des affaires économiques a révélée dans un premier temps une instabilité structurelle du modèle entre 2012 et 2019, puis une instabilité ponctuelle entre 2010 et 2018. Face à cela, le vecteur retardé des résidus a été intégré dans l’équation qui a été estimée à nouveau, conduisant ainsi à une stabilisation structurelle du modèle. Toutefois, il convient de souligner que ce modèle est resté ponctuellement instable entre 2009 et 2014. Pour corriger cette instabilité ponctuelle persistante, une variable muette, prenant la valeur 1 sur la période 2009 à 2014 et 0 pour toutes les autres années, a été intégré une fois de plus au modèle estimé. Au sortie de cette dernière estimation, le modèle est ponctuellement stabilisé. En effet, les courbes de CUSUM et de CUSUM-carré (courbe en bleu) évoluent bien dans le corridor de l’intervalle de confiance (droites en pointillé rouge), comme l’indique les graphiques ci-dessous.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 9
 : CUSUM et CUSUM-CARRE du modèle DDMI-Budget dans le secteur des « Affaires économiques »
Source :
Equipe pays & CREG
Relation entre le DDMI et les parts du budget par nature dans le secteur des affaires économiques
Les courbes de CUSUM et CUSUM-carré évoluant chacune dans les limites de l’intervalle de confiance, l’hypothèse de stabilité structurelle et ponctuelle du modèle économétrique mettant en relation le DDMI et les parts du budget par nature dans le secteur des affaires économiques est bien validée.
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 10
: CUSUM et CUSUM-CARRE du modèle DDMI-Budget dans le secteur des « Affaires économiques »
Source :
Equipe pays & CREG
Résultats des estimations
Les élasticités des deux (02) modèles estimés dans le secteur BTP-Energie sont tous significatifs au seuil de 1%. Toutefois, ces coefficients semblent présenter un paradoxe. En effet, alors que l’élasticité sectorielle entre la satisfaction des services BTP-Energie et les dépenses totales consacrées aux BTP-Energie est négative, celles associées aux différentes natures budgétaires dans le même secteur sont toutes positives (voir
Tableau 2
ci-après). De fait, l’évidence apportée par les données montre qu’une augmentation de 1% du budget total de ce secteur est associée à une baisse la satisfaction des services BTP-Energie de 0,15%. Autrement dit, malgré l’accroissement des ressources budgétaires du secteur BTP-Energie, le bien-être des populations dans ce secteur semble se détériorer. En revanche, lorsque l’analyse est approfondie suivant les différentes natures budgétaires, il ressort qu’une augmentation de 1% des dépenses de fonctionnement (respectivement des dépenses d’investissement et des transferts) se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une augmentation la satisfaction des services BTP-Energie de 0,19% (respectivement 0,70% et 0,11%). Cela signifie que le bien-être des populations dans le secteur BTP-Energie a tendance à s’améliorer avec un accroissement des ressources de chacune des natures budgétaires. Néanmoins, il est important de préciser que les effets sont disproportionnés par nature budgétaire. Bien entendu, l’effet de la dépense publique dans ce secteur sur le bien-être des populations est plus important avec l’augmentation des dépenses d’investissement, mais faible avec l’augmentation des transferts. En outre,
l’élasticité obtenu en estimant la relation entre le DDMI et le budget total du secteur BTP-Energie corrobore bien les tendances des deux séries obtenues dans la partie descriptive. Toutefois, une étude monographique dans le secteur informerait davantage.
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 2
 : élasticités des modèles économétriques estimés
DDMI
FON
INV
TRF
TOT
BTP-ENERGIE
0,194***
0,696***
0,110***
– 0,146***
ECONOMIE
0,296***
0,753***
0,215***
-0,208
***
Source :
Equipe pays & CREG
Les séries décrites plus haut ont permis de voir effectivement que le Cameroun a augmenté de façon considérable ses dépenses dans le secteur des « BTP-Energie », plus ou moins au cours de la dernière décennie. Ceci peut évidemment s’expliquer par la fait que
le pays s’est engagé depuis quelques années dans les « grands chantiers de l’Etat » consistant principalement à la construction de barrages, des ports en eaux profondes et des routes, afin de produire suffisamment d’énergie et d’infrastructures nécessaires au lancement de la troisième phase de la Vision de son développement, qui est consacrée à l’industrialisation. Non seulement certaines de ces infrastructures ne sont pas encore opérationnelles, mais surtout l’industrialisation pour laquelle ont été commandées n’est pas encore implémentée de façon conséquente. Aussi, malgré l’augmentation des dépenses dans le secteur, les effets ne se feront véritablement ressentir positivement sur le bien-être de la population qu’après l’industrialisation qui permettra une meilleure répartition des dividendes tirés de ce secteur principalement consacré aux investissement pour la création de la richesse.
Cependant, à défaut d’une augmentation du bien-être de la population avec les dépenses dans le secteur, on se serait attendu tout au moins à une stagnation de celui-ci. Cela peut également se comprendre par le fait que nombre d’infrastructures, notamment de transports routiers, aériens… déjà réalisées par l’Etat dans le secteur, ne rencontre pas toujours les besoins des populations, en raison du fait qu’elles connaissent une dégradation rapide, outre le fait que certaines indemnités liées aux déguerpissement des riverains lors de la construction de celles-ci, ne sont pas toujours payées à temps. De plus, bien que les taux d’accès à certaines facilités sociales comme l’électricité, le gaz, l’eau, le logement etc. aient augmenté, leur approvisionnement connait des ruptures régulières, empiétant ainsi sur le bien-être des populations.
Par ailleurs, les coefficients d’élasticités par nature budgétaire montrent que lors qu’on augmente la part des dépenses consacrées à l’investissement, au fonctionnement ou aux transferts dans le budget total dédié aux « BTP-Energie », le bien-être de la population le secteur croit également. En outre, ledit bien-être de la population croit d’autant plus rapidement lorsque la part de l’investissement dans le budget total du secteur est importante, compte tenu du fait que le coefficient d’élasticité associé est de 0,696, plus important que celui associé aux parts des dépenses en fonctionnement (0,194) et en transfert (0,11). Aussi, une amélioration de la part des transferts dans les dépenses totales en « BTP-Energie » permettrait d’avoir des effets positifs plus importants et directs sur le bien-être de la population.
Pour ce qui est du secteur des Affaires Economiques, deux modèles ont également été estimés. Une s’agit d’une part de la relation entre le DDMI et les dépenses publiques totales dans le secteur des affaires économiques, et d’autre part celle entre le DDMI et les parts du budget par nature de ce secteur. Les statistiques d’appréciation de la qualité du modèle (Durbin-Watson, CUSUM et CUSUM-carré) indiquent que les deux modèles sont bien spécifiés, avec des coefficients stables. De plus ces coefficients sont statistiquement significatifs au seuil de 1%. Néanmoins, en analysant l’élasticité du budget total du secteur des affaires économiques par rapport au DDMI, il ressort qu’une augmentation
de 1%
du budget total du secteur des affaires économiques est associée à une diminution du DDMI de 0,21%. Autrement dit, une augmentation des dépenses publiques liées aux affaires économiques se traduit par une réduction du bien-être des populations dans ce secteur. Ce résultat assez paradoxale peut s’expliquer par le fait que depuis 2010 avec le DSCE qui visait essentiellement l’augmentation de la richesse et des emplois décents, l’Etat a consacré plus d’argent aux affaires économiques. Toutefois, ces investissements semblent avoir été davantage consacrés à la création de la richesse qui n’a pas été redistribuée convenablement à travers notamment une création intensives d’emplois décents. Ainsi, on peut observer que le taux de croissance du PIB est en augmentation de 2,5% en 2009 à 5,8% en 2015 et 4,1% en 2018, alors que près de 90% des emplois du secteur sont restés dans le secteur informel. Ce qui signifie que les dépenses dans ce secteur n’ont pas suffisamment atteint la cible.
S’agissant de la relation entre le DDMI et les parts du budget par nature dans le secteur des affaires économiques, les élasticités indiquent une relation positive dans laquelle une augmentation des dépenses de fonctionnement
de 1%
entraine, ceteris paribus, une augmentation du DDMI d’environ 0,30%. De même une augmentation des dépenses d’investissement
de 1%
se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une augmentation du DDMI de 0,75%. Enfin, une augmentation des transferts
de 1%
se traduit, à toutes autres variables fixes, par une augmentation du DDMI de 0,22%. Contrairement à l’effet sectoriel global, ces résultats montrent que l’accroissement des ressources par nature budgétaire contribue de manière symétrique à accroitre la satisfaction des populations dans ce secteur.
CONCLUSION

Dans c
e chapitre sur l’arrimage du DDMI à la composante « structure de l’économie », il s’agissait dans un premier temps d’étudier la tendance des séries de
l’indicateur de bien-être (DDMI) et celle des dépenses publiques dans le secteur entre 2001 et 2021. Dans un second temps, il était question d’analyser la corrélation entre ces deux séries de données, afin de mieux apprécier l’influence des dépenses publiques sur le bien-être des populations, et entreprendre des actions nécessaires. Il ressort des analyses descriptives que si le budget alloué au secteur des BTP-énergie a augmenté entre 2001 et 2021,
passant d’environ 310 milliards à 1450 milliards,
le DDMI associé à ce secteur a en revanche
connu une tendance baissière sur la même période. Par ailleurs, l’examen des parts de ce budget en nature, révèle que les dépenses publiques dans le secteur « BTP-Energie » sont fortement dominées par les dépenses d’investissement, et faiblement par les transferts.
Dans le secteur des affaires économiques, la série des dépenses publiques et celle de l’indicateur de bien-être présente une tendance similaire croissante.
En effet, une augmentation du budget total consacrées aux « affaires économiques » de 225,86 milliards en 2001 à 701,59 milliards en 2021 est associée à une augmentation du DDMI sur la même période, de 0,23 à 0,36, suggérant une amélioration, bien que faible, du bien-être des populations, suite à une augmentation des dépenses publiques dans le secteur. En outre, il faut préciser que les dépenses de ce secteur sont également fortement absorbées par les investissements et faiblement par les transferts.
Ces analyses ont été renforcées par les estimations économétriques qui ont montré qu’une augmentation du budget total autant dans le secteur BTP-Energie que dans le secteur des Affaires Economiques, a plutôt tendance à réduire le bien-être des populations. Ce résultat paradoxal pourrait s’expliquer pour le premier secteur, par le retard enregistré dans la livraison des grands projets structuraux, le fait que les investissements réalisés dans ce secteur
ne rencontrent pas toujours les besoins des populations, mais aussi le fait les réalisations elles-mêmes connaissent très souvent une dégradation plutôt rapide. Pour ce qui est du secteur des Affaires Economiques, une élasticité négative est attribuable à une mauvaise redistribution des richesses créées par l’Etat. En effet, les dépenses de ce secteur n’atteignent pas toujours la cible. En outre, comme on pouvait s’y attendre, les élasticités liées au budget par nature dans chacun des secteurs, indiquent un effet positif de ces dépenses sur le bien-être des populations.
Au regard des résultats obtenus, il est suggéré au Gouvernement de :
D’après les résultats obtenus, l’augmentation des dépenses globales dans le secteur des BTP-Energie ne se traduit pas malheureusement par une amélioration du bien-être des populations dans ce secteur. Ce qui est entre autres attribuable à la lenteur des travaux, la mauvaise qualité des réalisations qui très souvent se dégradent plus rapidement que prévu, et fait que ces réalisations ne rencontrent pas toujours les besoins et attentes de la population. Ainsi, pour corriger cela, l’Etat devrait mettre sur pied des stratégies de contrôle et de supervision plus strictes afin de s’assurer non seulement de la qualité des réalisations qui lui sont livrées, mais aussi du respect des délais de livraison. Il devra par ailleurs rehausser la part des transferts dans les dépenses publiques de ce secteur, en raison du fait qu’il s’agit de la nature budgétaire qui est directement dédiée aux cibles ;
Dans le secteur des affaires économiques, une valeur négative de l’élasticité s’explique principalement par le fait que la redistribution des richesses créées par l’Etat n’atteint pas toujours les populations, l’Etat devrait alors accélérer l’industrialisation du pays, pour permettre aux populations de bénéficier des dividendes qui proviendront des investissements colossaux déjà effectués jusqu’ici
dans les différents secteurs.
GOUVERNANCE
Introduction
Les institutions constituent la base de l’action de l’État à travers les structures étatiques et leur fonctionnement. L’atteinte de l’objectif à long terme du Gouvernement camerounais, qui est celui de faire du Cameroun un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité à l’horizon 2035 est étroitement liée à une gestion saine et transparente des affaires publiques. Ainsi la qualité de la gouvernance des institutions est un facteur déterminant dans le bien-être des ménages. Elle assure une bonne circulation de l’information et une redistribution optimale des ressources pour la production du bien-être aux populations. Les orientations majeures en matière de gouvernance ayant été d’abord énoncées dans le PNG, programme initial et programme révisé, c’est dans le DSCE qu’ont été systématisées les principales actions et mesures actuellement en vigueur. Ces orientations visent à promouvoir la bonne gouvernance et améliorer l’environnement sociopolitique dans le but de rétablir la confiance et la sérénité des citoyens et des investisseurs. L’amélioration des performances des services publics est axée sur le recentrage de l’allocation des ressources disponibles dans les secteurs prioritaires, ainsi que sur la généralisation des instruments appropriés conçus dans le cadre du budget programme et de la gestion axée sur les résultats. La lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics demeure une orientation majeure dans la nouvelle stratégie de gouvernance. Selon les classements par les institutions internationales sur la perception de la gouvernance, le Cameroun doit encore faire des efforts pour l’amélioration de ce domaine (136
ème
sur 174 pays en 2014 du point de vue de la perception de la corruption, 172
ème
rang sur 189 pays en 2015 et 37
ème
place sur 54 pays africains selon la Fondation Mo Ibrahim qui classe chaque année tous les pays africains en fonction de l’état de la gouvernance). Après avoir assouvi les besoins essentiels, les populations aspirent à la sécurité qui est le besoin de se protéger contre les agressions physiques, psychologiques et économiques. Ces dernières années, la principale menace dans le pays porte sur le risque terroriste qui inquiète considérablement la population (67 %) et le sentiment de sécurité parfaite est plutôt résiduel (9 %) (ECAM, 2014). L’État du Cameroun, dans sa Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), a fait de la promotion du dividende démographique un levier de croissance, pour l’émergence estimée à horizon 2035. L’Indicateur Synthétique de Suivi du Dividende Démographique (DDMI) qui mesure la capture du dividende démographique s’établit pour le Cameroun à 47,5% inférieur à 50%, seuil acceptable. Des efforts restent à faire par le pays au niveau des différentes dimensions. Afin de procéder à l’arrimage de l’indice de suivi du dividende démographique au budget fonctionnel, le présent rapport s’est penché sur cette activité dans le domaine de la gouvernance composé des secteurs des institutions et de la sécurité.
Le rapport a trois principales sections notamment le contexte, la méthodologie et la présentation des résultats et leurs analyses. Le contexte retrace l’évolution des deux secteurs de la gouvernance sur les vingt dernières années au Cameroun. La méthodologie de l’arrimage utilisée a été développée par le CREG. Les résultats portent sur la description de l’évolution des séries de DDMI et de budget fonctionnel rétropolées, le calcul des élasticités budgétaires, y compris les tests statistiques et économétriques.
Contexte

La mesure de la dimension « Qualité du cadre de vie » pour l’analyse et le suivi du dividende démographique, a été prise en compte en s’inspirant de la méthodologie du Better Life Index développée par l’OCDE. Cette méthodologie se base sur sept (07) variables à savoir : (i) Conditions de logements, (ii) les liens sociaux, (iii) l’environnement, (iv) l’engagement civique et gouvernance ; (v) le bien-être subjectif ; (vi) la sécurité et (vii) l’équilibre vie privée et vie professionnelle. Ces sous-dimensions permettent de construire un indice composite appelé l’Indice de Qualité du Cadre de vie (IQCV), qui permet de renseigner sur le progrès réalisé par un territoire sur l’aspect « amélioration du cadre de vie » pour une meilleure capture et exploitation du dividende démographique.
De ces sous-dimensions, la gouvernance et la sécurité qui constituent la fonction institution fait l’objet de cette analyse. L’amélioration de leur indice contribue à l’augmentation de l’indice de qualité du cadre de vie qui a une incidence certaine sur le PIB et le capital humain.

Gouvernance
Le concept de gouvernance est intégré au Cameroun, tel que le fait observer la Stratégie Nationale de Gouvernance (MINEPAT, 2015) ainsi que les orientations des institutions internationales, comme le processus par lequel les différents pouvoirs de l’État (exécutif, législatif et judiciaire) se coordonnent pour créer un large consensus et réguler l’ensemble des décisions et actes politiques dans la perspective de construire une République exemplaire. Quatre piliers sont ici retenus :
–
L’état de droit qui englobe le cadre institutionnel et juridique, le système judicaire, le système électoral, les droits de l’Homme, le maintien de l’ordre et la sécurité ;
–
la participation qui renvoie à la démocratie participative et à la gouvernance locale ;
–
la transparence avec trois composantes à savoir la transparence des politiques publiques, la performance et qualité du service public et l’environnement économique ;
–
la redevabilité qui renvoie à l’obligation de rendre compte et qui se traduit entre autres par la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics.
Le diagnostic de la situation des affaires publiques au Cameroun fait observer que les choses ne sont pas de nature à assurer l’atteinte de l’objectif à long terme du pays à savoir être un pays émergent en 2035. En effet, la Stratégie Nationale de la Gouvernance affirme que la quasi-totalité des ménages au Cameroun considère la corruption comme un réel problème dans le pays et plus de la moitié d’entre eux situe ce fléau parmi les principales causes de pauvreté.
En réaction à cet état de choses, le Cameroun a mis en œuvre un ensemble d’actions dont les plus importantes sont :
–
La mise en place des institutions et autres structures telles que le Sénat, Elections Cameroon (ELECAM), le Programme National de Gouvernance (PNG), la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), l'Agence Nationale d'Investigation Financière (ANIF), le Programme de Modernisation de l’Administration Camerounaise par la Gestion Axée sur les Résultats (PROMAGAR), le Tribunal Criminel Spécial (TCS), le Cameroon Business Forum (CBF) etc.
Ces actions font face les unes comme les autres à des problèmes :
–
Cadre institutionnel et juridique : régulation indéterminée (l’immobilisme parlementaire), la concentration rétive de la régulation au sommet de l’exécutif. Les conséquences qui en découlent sont : la non effectivité de certaines institutions prévues par la constitution et la production non systématique des textes, législatifs ou règlementaires.
–
Système judiciaire : la fragilité de l’appareil judiciaire centrée sur l’indépendance relative du pouvoir judiciaire, l’inadéquation des capacités, l’inadéquation des structures et des moyens.
–
Système électoral : la fiabilité insuffisante du système électoral qui se traduit par la régulation judiciaire incertaine, la faible garantie d’équité du jeu électoral, la faible assurance de la qualité du dispositif opérationnel.
–
Droits de l’Homme : le faible développement des droits de l’homme manifesté par la faible appropriation des droits humains, la visibilité limitée de l’action des structures étatiques chargées des droits humains, l’insuffisance des ressources humaines et financières et la faible intervention des organisations de la société civile.
–
Environnement économique : gouvernance économique peu efficiente causée par l’accompagnement inefficient du secteur privé par le secteur public et l’environnement opérationnel peu favorable aux activités économiques.
–
Maintien de l’ordre et sécurité : le dispositif d’ordre et de sécurité inadéquat avec un maintien de l’ordre civil inadapté et la couverture sécuritaire insuffisante.
–
Gouvernance locale : la lenteur du processus de décentralisation marquée par la faiblesse des ressources et moyens transférés aux CTD, l’accompagnement inefficient, la configuration et capacités inadaptées des CTD ;
–
Démocratie participative : la faible implication des acteurs civils à la gestion des affaires publiques.
–
Transparence des politiques publiques : faible arrimage des politiques publiques au système PPBS manifestée par des stratégies sectorielles, thématiques ou ministérielles non achevées, la programmation budgétaire non arrimé aux priorités du développement et la faiblesse du système d’information des politiques publiques ;
–
Performance et Qualité du service public : la gestion inefficiente des services publics avec le système de Gestion des Ressources Humaines inefficace, la gestion budgétaire déficiente, le management global faible ;
–
Lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics : l’efficacité insuffisante du dispositif de lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics marquée par la faiblesse des dispositifs de contrôle des finances publiques, l’inadéquation entre la perception du phénomène de la corruption et sa répression la répression insuffisante de la corruption et de détournements de deniers publics.
L’État camerounais oppose à cette situation une vision qui se décline en ces termes : « Une gouvernance saine, inclusive, transparente et efficace pour l’émergence ». Elle traduit la volonté de l’État de promouvoir :
–
la cohérence, la cohésion, la coordination et la rationalisation de l’action gouvernementale ;
–
la célérité dans le traitement des dossiers, le respect des échéances et la continuité du service public ;
–
la durabilité qui se réfère à l’évaluation des politiques publiques et à la prise en compte de l’intérêt des générations futures.

Sécurité
L’indicateur dans ce contexte c’est le sentiment de sécurité des personnes lorsqu’elles marchent seules la nuit. Cet indicateur fait penser au cadre sécuritaire en termes de mesures qui sont de nature à garantir la sécurité des personnes de manière à susciter chez ces dernières une certaine assurance. Il ressort d’une enquête (ECAM, 2014) menée sur la gouvernance, la paix et la sécurité au Cameroun que ces dernières années, la principale menace porte sur le risque terroriste. Par ailleurs, 48% d’adultes ont peur de marcher seuls la nuit dans leur quartier ou village et 40% de rester seuls à leur domicile la nuit. La nuit est toujours plus anxiogène pour les urbains alors que le sentiment d’insécurité est plus fort de jour pour ceux du milieu rural. Au total, 27% d’adultes assurent se sentir globalement en sécurité.
S’agissant de la criminalité, 29% d’adultes ont été victimes d'une agression ou d'un vol au cours des douze mois précédant l'enquête. Les vols hors du domicile et les effractions à domicile sont les plus répandues : ils ont affecté, chacun, au moins une fois, 14% de la population adulte. Les crimes et délits sont peu rapportés et quand ils le sont, ce n’est pas nécessairement auprès des autorités de police et de gendarmerie chargées de les enregistrer.
En termes de perception, 7% de la population considèrent que le risque d’être victime de la criminalité est élevé et 21% pensent qu’il est plutôt élevé. La possession d’armes à feu est très peu répandue : 3% d’adultes affirment qu'eux-mêmes ou un autre membre de leur ménage en possèdent. En outre, 15% d’adultes expriment le besoin d’en posséder. Par ailleurs, la proportion de la population adulte qui déclare avoir été menacée par une arme n’est pas négligeable : 8% au total dont 3% par une arme à feu et 5% par un autre type d’armes, comme les armes blanches (couteaux, machettes, etc.).
Dans ce contexte général, les relations interpersonnelles au sein de la population sont marquées d’une certaine méfiance : 51% de la population déclarent faire confiance à la plupart des gens qui les entourent. Des sept groupes considérés, la confiance envers les membres de sa famille est plus élevée (88%) qu’envers d’autres groupes (personne d’un autre groupe ethnique, religieux, d’une autre nationalité, d’une autre langue, opinion politique, les voisins).
Si l’on s’intéresse plus particulièrement aux forces de l’ordre, ces dernières sont jugées plus ou moins efficaces dans la résolution des problèmes de sécurité : 12% de la population les jugent très efficaces et 44% assez efficaces. Par ailleurs, la population estime que les forces de l’ordre se livrent à différentes formes de discrimination, notamment suivant le statut économique : 73% des adultes pensent que les forces de l'ordre ne traitent pas de la même manière les pauvres et les riches.
Malgré les critiques formulées précédemment, de manière générale, la grande majorité des adultes (69%) fait confiance à l’État pour assurer sa protection, celle de sa famille ou encore de ses biens contre la criminalité.
Les femmes en principe sont les principales victimes de la qualité d’un environnement peu rassurant en termes de sécurité pour deux principales raisons à savoir l’attirance du sexe et la vulnérabilité physique. Elles constituent la cible des violeurs et des agresseurs de jour comme de nuit de toute évidence.
Evolution du DDMI_Institution
De 2001 à 2021, l’évolution de la série DDMI des Institutions montre que le sentiment de bien-être des populations face aux institutions a connu deux tendances. Une tendance baissière, avec des pics entre 2003 (0,6 point) et 2014 (0,3 point) et tendance haussière à partir de 2014.
Ce sentiment de bien-être a augmenté un peu plus de 0,1 point entre 2001 et 2003 (0,6 point), pour chuter en 2004 (0,4 point). Entre les années 2004 et 2006, en passant par 2005, où il est observé une légère amélioration de la confiance aux institutions. Par contre, à partir de 2014, il est noté une évolution constante du bien-être des populations par rapport aux institutions.

Evolution de la série DDMI_Institution
Source : Equipe pays & CREG 2024
Evolution du DDMI_Sécurité
En matière de sécurité au cours des 20 dernières années, la confiance de la population à la sécurité dans le pays a connu trois tendances. Ce sentiment de confiance est en augmentation entre 2001 et 2005, puis décroit entre 2005 et 2013. Le bien-être sécuritaire de la population augmente entre 2013 et 2014, pour rester stable jusqu’en 2021. Ceci pourrait s’expliquer par le dispositif sécuritaire mis en place par le pays pour contrecarrer d’une part les attaques de la secte Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord à partir de 2014 et d’autre part pour faire face à la crise sécuritaire qui a déclenché en 2017. Cette tendance s’est maintenu jusqu’en 2021.
Source : Equipe pays & CREG 2024
Evolution DDMI_institution et budget total
Par ailleurs, il ressort du graphique sur l’évolution du DDMI des institutions et le budget y affèrent que, le budget alloué aux institutions a une tendance haussière et le sentiment de bien-être de la population a une tendance à la baisse au cours de la période d’observation. L’augmentation des dépenses des institutions n’a pas d’effets significatifs sur le bien-être des citoyens. Toutefois, en 2002, il est observé une hausse des dépenses pour les institutions. Cet accroissement pourrait être lié aux élections législatives et municipales organisées au cours de cette année. Aussi, la chute des dépenses des institutions en 2014 seraient liée à la réorientation des ressources publiques en vue de faire face aux troubles sécuritaires dues incursions de la secte Boko Haram dans la Région de l’Extrême-Nord.
Source : Equipe pays & CREG 2024
Evolution DDMI_Sécurité et budget total
Le graphique de l’évolution du DDMI sécurité et le budget total, montre une tendance à la hausse du budget de la sécurité avec des pics entre 2001 et 2021. Au cours cette période, il est relevé une tendance baissière du bien-être de la population. Cette évolution indique que les dépenses de sécurité n’ont pas d’effet sur le bien-être sécuritaire. En effet, la tendance haussière du budget de la sécurité pourrait s’expliquer par les multiples défis sécuritaires auxquels le pays a fait face. Il s’agit entre autres des incursions de la secte boko haram dans la région de l’Extrême-Nord, la crise sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et la sécurisation de la frontière avec la République Centrafricaine.
Source : Equipe pays & CREG 2024
2-Méthodologie de l’arrimage du DDMI au budget fonctionnel
Soit Y, l’Indice synthétique de suivi du dividende démographique ou demographic dividend monitoring index (DDMI). Nous supposons que la production des biens et services publics prends la forme d’une fonction de Cobb Douglas. Ainsi :
Y=AKαLβ
(1)
Encadré : La fonction de production Cobb Douglass
En général, une fonction de production est une spécification de la façon dont la quantité de production se comporte en fonction des intrants utilisés dans la production. Ce concept peut être appliqué au niveau des entreprises individuelles, des industries ou des économies entières.
En économie, la forme fonctionnelle Cobb-Douglas des fonctions de production est largement utilisée pour représenter la relation entre une production et des intrants. Elle a été proposée par Knut Wicksell (1851 – 1926) et testée sur la base de données statistique par Charles Cobb et Paul Douglas en 1928.
La fonction utilisée par les auteurs pour modéliser la production se présente comme suit :
PL,K=ALαKβoù :
– P = production totale (la valeur monétaire de tous les biens produits au cours d'une année)
– L = facteur travail (le nombre total d'heures-personnes travaillées au cours d'une année)
– K = apport en capital (la valeur monétaire de toutes les machines, de tous les équipements et de tous les bâtiments)
– A la productivité totale des facteurs
–
α et β sont les élasticités de production du travail et du capital, respectivement. Ces valeurs sont des constantes déterminées par la technologie disponible.
L'élasticité de la production mesure la réactivité de la production à un changement des niveaux de travail ou de capital utilisés dans la production, toutes choses égales par ailleurs.
Du capital utilisé dans la production, toutes choses égales par ailleurs. Par exemple, si α = 0,15, une augmentation de 1 % du travail entraînera une augmentation d'environ 0,15 % de la production.
De plus, si :
α+β=1 , la fonction de production a des rendements d'échelle constants. En d'autres termes, si L et K augmentent chacun de 20 %, P augmente de 20 %.
Les rendements d'échelle
sont une propriété technique de la production qui permet d'examiner les changements dans la production à la suite d'un changement proportionnel dans la production qui examine les changements dans la production à la suite d'un changement proportionnel de tous les intrants (où tous les intrants augmentent d'un facteur constant).
Si la production augmente dans la même proportion, alors il y a des rendements d'échelle constants, parfois appelés simplement rendements d'échelle. Si la production augmente moins que cette variation proportionnelle, il y a des rendements d'échelle décroissants. Si la production augmente de plus de cette proportion, il y a des rendements d'échelle croissants (IRS).
Cependant, si :
α+β<1 , les rendements d'échelle sont décroissants, et si
α+β>1 , les rendements d'échelle sont croissants.
Dans l'hypothèse d'une concurrence parfaite, on peut montrer que α et β sont les parts du travail et du capital dans la production.
Nous considérons les fonctions économiques et budgétaires retenues dans la transformation budgétaire. En remplaçant la variable dépendante par le DDMI, et les variables indépendantes par les budgets fonctionnels des secteurs et en supposant qu’il n’y a pas de report de dépense, nous avons :
logDDMIj= βjlogDEPj
(2)
logDDMIj=α1logIFoncJ+ α2logIInvJ+α3logITrfJ
(3)
I(FonJ)= FoncJDEPJ
(4)
I(InvJ)= InvJDEPJ
(5)
I(TrfJ)= TrfJDEPj
(6)
DEPj=Foncj+Invj+Trfj
(7)
Avec j = fonctions budgétaires au nombre de 08 : Santé, Education, Institutions, sécurité, Réseaux social, réseaux professionnel, BTP-Energie et Economie, et :
Foncj : Budget Fonctionnement j
Invj : Budget d’Investissement j
Trfj : Budget de Transfert j
Foncj, Invj et Trfj , constituent les 03 natures du budget pour chaque fonction j.
Comme nous avons 08 fonctions, et que chaque fonction nécessite 06 équations, nous aurons au total 6×8 soit au total 48 équations.
Par ailleurs, pour chaque année, on doit avoir les identités de convergence suivantes :
J=18DEPj=Budget exécuté
(8)
L’estimation est faite via le modèle à équations simultanées ou via le module modèle de Eviews.
logDDMIJ= βjlogDEPj
(9)
DEPj=Foncj+Invj+Trfj 
(10)
Foncj'= FoncjDEPj 
(11)
;
Invj'= InvjDEPj (
12) ;

Trfj'= TrfjDEPj
(13)
Ou choisir une année de référence
DDMIj=DDMI de la fonction j;
(14)
Avec j=1 à 8 DEPj=Budget de la fonction j 
(15)
Par définition on a :
DEPj=Foncj+Invj+Trfj , à chaque instant t.
(16)
3- Résultats et analyses
Evolution Ddmi_institution et ses natures budgétaires
La courbe du DDMI institution a connu deux principales phases sur la période d’observation. Une première allant de 2001 à 2013 caractérisé par une tendance baissière avec un pic de croissance en 2003 sur la période. Une deuxième phase de 2014 à 2021 marquée par une croissance accélérée de cette dernière. Les dépenses de fonctionnement des institutions sur la période ont connu des fluctuations atteignant leur niveau le plus bas en 2015 et le niveau le plus haut en 2016. Les transferts quant à eux sont restés relativement constant entre 2001 et 2014 avant de connaitre des fluctuations de 2015 à 2021 atteignant leur pic en 2015. En ce qui concerne les dépenses en investissement, bien qu’ayant été variable, elles ont connu une tendance globale à la baisse.
Source : Equipe pays & CREG 2024
Evolution Ddmi_securite et ses natures budgétaires
L’examen des graphiques ci-dessous révèle que le DDMI sécurité bien qu’ayant été variable sur la période a connu une tendance globalement ascendante. Les dépenses de fonctionnement quant à elles évoluent en dent de scie avec un pic de 482,9 milliards en 2021et un minimum de 156,6 milliards en 2001. En ce qui concerne les dépenses d’investissement en sécurité, elles ont connu une tendance baissière alors que sur la même période les dépenses en transfert de sécurité sont restées relativement stables malgré une importante hausse de l’ordre de 53,4 milliards en 2015.
Source : Equipe pays & CREG 2024
Examen de la stationnarité des séries
L’examen des corrélogrammes et les différents tests effectués sur nos séries montre que les variables Log_ifon Log_sfon Log_sinv Log_strf sont toutes stationnaires à niveau I (0). La variable Log_itrf est I (0) avec trend et constante, la variable Log_iinv est quant à elle stationnaire en différence première I (1). Les variables Log_ddmi_institution et Log_ddmi_sécurité présentent quant à elles des points de ruptures nécessitant un traitement particulier afin de les rendre stationnaire. Les résultats des différents tests sont consignés dans le tableau ci-dessous :
Tableau
SEQ Tableau \* ARABIC 1
: Résultat des tests de stationnarité des séries
Variables
Niveau de stationnarité
Log_ifon
I (0)
Log_iinv
I (1)
Log_itrf
I (0) avec trend et cste
Log_sfon
I (0)
Log_sinv
I (0)
Log_strf
I (0)
Log_ddmi_institution
Présence de ruptures
Log_ddmi_sécurité
Présence de ruptures
Source : Equipe pays & CREG 2024
Estimation des différents modèles
L’objectif de notre travail étant de mesurer l’effet des dépenses de gouvernance sur le DDMI, il sera question pour nous de calculer les élasticités de ces différentes variables afin de voir leur réel impact sur le bien-être de la population.
Résultat estimation du DDMI institution avec le budget total
Les résultats de l’estimation du modèle (1) pour la fonction institution de la gouvernance
sont consignés dans le tableau ci-dessous :
Source : Equipe pays & CREG 2024
Les résultats de notre estimation montrent que le coefficient des dépenses budgétaires dans les institutions est positif et significatif au seuil de 5%. Ceci signifie qu’une augmentation de 1 point des dépenses budgétaires induit une augmentation du DDMI des institutions de 0,68 point. Afin d’avoir un modèle stable dans le temps, nous avons introduit des variables dummy qui permettent d’atténuer l’effet de rupture présente dans la série. Les graphiques ci-dessous ressortent les résultats du test de stabilité de la série.
Graphique : Test de stabilité linéaire des paramètres estimés du modèle DDMI Institution
Graphique : Test de stabilité structurelle des paramètres estimés du modèle DDMI institution
Résultats des tests de stabilité du modèle
Source : équipe pays & CREG
Résultat estimation du DDMI sécurité avec le budget total
L’estimation du DDMI sécurité par les dépenses de budget total a permis d’obtenir les résultats ci-dessous.
Tableau n : Estimation des élasticités budgétaires du DDMI sécurité
Source : Equipe pays & CREG 2024
Les résultats de la modélisation montrent que le coefficient de la variable budget total est significatif, mais négatif, ce qui implique qu’une hausse des dépenses budgétaires dans le domaine de la sécurité n’a pas induit la satisfaction de la sécurité auprès de la population. Au contraire, la confiance dans la sécurité a baissé sur la période d’analyse. En d’autres termes une hausse du budget total de 1 point induit une baisse du bien-être sécuritaire de 0,14 point.
La série n’étant pas stable dans le temps, nous avons eu recours à des dummy afin d’éviter des régressions fallacieuses. Les tests de robustesse des estimations sont appréciés à travers les tests de Cusum et Cusum Square ci-après. Les paramètres estimés sont donc linéairement (CUSUM) et structurellement (CUSUM Square) stables.
Graphique : Test de stabilité linéaire des paramètres estimés du modèle DDMI Sécurité
Source : Equipe pays & CREG 2024
Graphique : Test de stabilité structurelle des paramètres estimés du modèle DDMI Sécurité
Source : Equipe pays & CREG 2024
Estimation ddmi_institution et sécurité avec les natures budgétaires
Il s’agit dans cette section de mesurer l’effet de la nature budgétaire sur le DDMI des institutions et de la sécurité
Estimation ddmi_institution avec les natures budgétaires
Les résultats de notre estimation montrent qu’au seuil de 5% les dépenses d’investissement et les transferts ont une influence positive sur la confiance de la population envers les institutions. Par contre, les dépenses de fonctionnement n’influencent guère la perception de la population quant aux institutions. Au regard donc de ces résultats, nous constatons qu’une hausse du budget d’investissement de 1 point induit une hausse du DDMI de 0,24 point ; de même, une hausse des transferts de 1 point entraine une hausse du DDMI de 0,11 point.
Tableau n+1 : Estimation des élasticités budgétaires du DDMI Institution
Source : Equipe pays & CREG 2024
Source : Equipe pays & CREG 2024
Source : Equipe pays & CREG 2024
Estimation ddmi_securite avec les natures budgétaires
Des résultats de notre estimation, il en ressort que les dépenses de fonctionnement et d’investissement ont une influence sur la perception qu’ont les populations de la sécurité à l’inverse des transferts qui n’ont aucune influence sur cette dernière. Ainsi donc, une hausse des dépenses de fonctionnement de 1 point entraine une hausse de la perception qu’ont la population de la sécurité de 0,94 point alors que 1 point de d’investissement engendre une hausse du ddmi de 0,15 point.
Source : Equipe pays & CREG 2024
Source : Equipe pays & CREG 2024
Source : Equipe pays & CREG 2024
Conclusion et recommandations
L’objectif de ce travail était d’analyser la sensibilité budgétaire du DDMI à travers le calcul des élasticités budgétaires. La méthodologie de notre travail consistait à partir des données recueillies auprès des différentes institutions du secteur public et des ménages d’analyser l’évolution des différentes fonctions de la gouvernance d’une part et l’évolution de ces dernières avec les natures budgétaires d’autre part afin d’avoir un aperçu des liens éventuels pouvant exister entre celles-ci sur une période de 20 ans. Par la suite, il était question d’apprécier les effets des dépenses budgétaires et des natures budgétaires sur la confiance qu’ont les populations de la sécurité et des institutions. Cette relation s’est faite à travers une analyse économétrique qui a permis d’estimer les paramètres des différentes variables. Les outils statistiques utilisés à cet effet étaient les logiciels Excel et Eviews.
Il ressort globalement qu’au cours des 20 dernières années, qu’une augmentation des dépenses budgétaires dans les institutions améliore le niveau de confiance des citoyens aux institutions du pays. Cette amélioration de la confiance est due aux dépenses d’investissements et des transferts au niveau des institutions.
En matière de sécurité, l’accroissement des dépenses totales n’améliore pas la tranquillité sécuritaire au sein de la population. Cette perception est due principalement aux dépenses de transferts qui soit insuffisantes ou qui n’atteignent pas la destination prévue. Au vu de ces résultats, il est suggéré les recommandations suivantes :
Améliorer le suivi de l’exécution du budget en matière de sécurité;
Maintenir les dépenses en faveur des investissements et fonctionnements en matière de sécurité ;
Améliorer le suivi de l’exécution du budget des dépenses de transfert en matière sécurité.
Maintenir le budget total alloué aux institutions ;
Maintenir les dépenses d’investissement et transfert dans le domaine des institutions ;
Améliorer le suivi des dépenses de fonctionnement alloués aux institutions.
RESEAUX ET TERRITOIRE
INTRODUCTION
L'analyse du volet réseau dans les dépenses gouvernementales est particulièrement pertinente, car elle permet de mettre en évidence les investissements réalisés pour : améliorer la connectivité des citoyens ; renforcer les échanges entre les administrations ; favoriser la participation citoyenne. Elle permet aussi d’identifier les leviers d'amélioration et de s'assurer que les investissements réalisés contribuent à une meilleure qualité de service pour les citoyens et à un fonctionnement plus efficace des administrations.
Etymologiquement, le terme vient du latin « retiolus » pour désigner un ensemble de fils, de ficelles régulièrement entrelacées pour capturer certains animaux. Par analogie, le réseau désigne un ensemble permanent ou accidentel d’éléments entrelacés ou entrecroisés plus ou moins régulier pour atteindre un même objectif. Ainsi, différents types de réseau sont distingués : réseau hydraulique, réseau de forteresse, réseau routier, réseau ferroviaire, réseau radiophonique, réseau de télécommunications, réseau social, etc.
Dans le cadre de ce travail, le réseau sera décliné en réseau social et réseau professionnel. Les départements ayant pour fonctions principales le « réseau social » et le « réseau professionnel » relèvent des secteurs communication, postes et télécommunication, arts, cultures, sports, loisirs, jeunesse, genre, famille, sécurité sociale, emploi, affaires sociales, pour ne ceux citer que ceux-là.
Définition de réseau social
Définition de réseau professionnel
CONTEXTE RESEAU PROFESSIONNEL ET RESEAU SOCIAL

Dans une démarche participative fondée sur les Grandes Ambitions du Chef de l'Etat, les aspirations des populations camerounaises et les engagements internationaux souscrits par le Gouvernement, il s'est dégagé une vision partagée du Développement au Cameroun à l'horizon 2035. Elle se formule ainsi qu'il suit : « LE CAMEROUN : UN PAYS EMERGENT, DEMOCRATIQUE ET UNI DANS SA DIVERSITE ». Dans cette formulation, le Cameroun uni dans sa diversité est un pays où l'unité et l'intégration nationales sont vécues dans le respect des différences et des identités. Les valeurs telles que le respect de l'autorité, la cohésion, la solidarité, l'intégrité, le travail et la fierté sont les références aux comportements individuels et collectifs. Le fonctionnement de la société se fonde sur la concertation, le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le recours à la médiation ou à la justice. Ces éléments constituent la fonction de réseau.
Réseau professionnel
Cette section regroupe les domaines : communication, postes et télécommunication, travail et sécurité sociale, intégration régionale et coopération Nord-Sud.
L’amélioration des réseaux de communication et télécommunications fait partie intégrante de la Vision de développement à l’horizon 2035.
La stratégie de développement des télécommunications repose sur la poursuite des investissements en vue de la modernisation des infrastructures, de l'extension de la couverture géographique, du déploiement progressif de la fibre optique, de la densification des réseaux mobile et fixe, et de l'amélioration de la qualité de service et l'offre de nouveaux produits plus attractifs.
Les objectifs stratégiques du domaine des Télécommunications/TIC à l'horizon 2020 étaient notamment de : (i) porter la télé densité fixe à 45% et la télé densité mobile à 65% ; (ii) doter 40 000 villages de moyens de télécommunications modernes ; (iii) faire passer le débit de transfert des données à 3800 Mb/s en 2020 ; (iv) multiplier par 50 le nombre d'emplois directs et indirects. Pour l'atteinte des objectifs que le Gouvernement s’était fixés dans le domaine des Télécommunications/TIC, un certain nombre de programmes ont été conduits.
En 2002, le Cameroun disposait d'un indice d'accès au numérique (IAN) estimé à 0,16, ce qui le classait parmi les pays à faible accès au numérique. En 2014, l’IAN est passé à
0,36
. Cette valeur classe le Cameroun parmi les pays à accès moyen.
Cette valeur est cohérente avec l’ambition de la stratégie pour la Croissance et l’Emploi, qui se proposait de relever ce défi de passer à un indice d'accès de 0,5 en 2030.
En 2005, la télé densité fixe est de 0,7% et la télé densité mobile de 15%
. En 2020, la télé densité fixe est passée à 3.2% et la télé densité mobile est passée à 82,8%
. Ainsi, l’objectif de 65% en terme de télé densité mobile a été largement dépassé grâce aux coûts de télécommunication qui ont connu de fortes baisse sur les deux dernières décennies. En terme d’utilisation des appareils de téléphonie fixe, leur usage est délaissé à la faveur des appareils mobiles.
En matière de communication pour le développement, les autorités camerounaises sont conscientes du rôle de la communication de proximité dans l'accès du citoyen à l'information afin de permettre à celui-ci de prendre les meilleures décisions dans le sens de l'augmentation de ses revenus, de la commercialisation des productions, des choix pertinents en matière d'emploi, d'éducation, de santé, etc. Dans ce sens, la promotion des radios communautaires, engagée depuis le DSRP de première génération, au regard des impacts positifs constatés, s’est poursuivie à travers l'appui à la mise en place de plusieurs centaines de radios communautaires pour les femmes, les jeunes, en milieu rural, notamment.
Pour ce qui concerne le domaine postal et des services financiers postaux, la stratégie s’est proposée d'organiser et de rendre significative à l'horizon 2020 l'offre publique et privée de service postal de manière à satisfaire pleinement la demande en quantité et en qualité à des prix abordables. Le Gouvernement entendait ainsi construire un secteur postal intégrant massivement les TIC afin de répondre aux besoins d'offre de service universel de qualité et de satisfaire aux exigences nouvelles de la clientèle en matière de messagerie et des services financiers postaux.
Selon le rapport de l’Union Postale Universelle (UPU) de 2022
, le
nombre moyen d'habitants desservis par un bureau sédentaire est passé de 99 116 habitants en 2018 à 101 969 habitants en 2021. Selon ce même rapport, un bureau de poste sédentaire couvrait en moyenne 1 909,4 km2 en 2018 et 1 821,62 km2 en 2021.
En matière d’intégration régionale et coopération Nord-Sud, l
e premier challenge était la consolidation de l'espace CEMAC en veillant à tirer le maximum des avantages des dispositions des traités en matière de libre circulation des hommes et des biens. A cet effet, la responsabilité du Gouvernement camerounais a été importante pour impulser cette dynamique d'intégration et s'imposer en assumant sans ambages son leadership dans la sous-région. Le second défi était le marché de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale avec des marchés à fort potentiel de développement. Le troisième enjeu était celui de l'intensification des relations économiques avec le Nigeria et leur canalisation vers les circuits formels.
Les autorités ont veillé à la consolidation des marchés européens avec les échanges des produits « traditionnels » composés de matières premières brutes ou de première transformation (bois, cacao, café, banane, hévéa, etc.) en sortie et des produits industriels lourds en entrée. La signature récente de l'accord de partenariat économique (APE) avec l'Union Européenne va progressivement instaurer une zone de libre-échange entre les pays ACP et les pays membres de l'Union Européenne. Quant au marché nord-américain, le Cameroun entend désormais tout mettre en œuvre pour tirer avantages des dispositions de l'AGOA qui offrent des opportunités d'exportations surtout dans le textile et les produits culturels.
Entre 2017 et 2021
, les exportations du Cameroun sont passées de 3 846,5 milliards à 4 120,7 milliards. Sur la même période, les importations sont passées de 4 369,9 milliards à 5 047,5 milliards. La croissance de ces agrégats a été limitée par une baisse en 2020 lié à la COVID19, ayant lourdement affecté les activités en 2020.
Réseau social
Les stratégies de développement du secteur social devaient permettre, non seulement d'améliorer les conditions de vie des populations, mais aussi de disposer d'un capital humain solide, capable de soutenir la croissance économique. Ainsi, les autorités ont poursuivi la réalisation des investissements en faveur des différentes catégories sociales, dans les domaines de la santé, l'éducation et la formation professionnelle avec une attention particulière pour les jeunes et les femmes, ainsi que pour l'encadrement et la prise en charge des autres groupes socialement fragilisés.
La mise en place de programmes spécifiques de création d'emplois en faveur des couches sociales les plus défavorisées (jeunes, femmes, groupes vulnérables et personnes handicapées) ainsi dans la fonction publique a complété l'offre d'emplois décents.
La Vision de développement à l’horizon 2035, prévoit de renforcer la solidarité et l’unité nationale à travers : (i) la sensibilisation et la lutte contre les replis identitaires ; (ii) le développement de la culture camerounaise dans son ensemble ; (iii) l’introduction des langues nationales dans l’enseignement ; (iv) la représentation équitable de tous les segments de la société ; (v) le renforcement des solidarités dans le processus de décentralisation.
Pour la promotion du genre, le Gouvernement poursuit la sensibilisation des parents et de la communauté notamment dans les zones rurales à fortes pesanteurs des coutumes traditionnelles pour permettre à la jeune fille de bénéficier des mêmes conditions d'accès à l'éducation. Dans le même souci, l'Etat et la communauté veillent à une représentativité équitable des filles, tous secteurs confondus pour ce qui est de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur ou de l'accès à l'emploi.
Un accent particulier est mis sur les conditions favorables à l'épanouissement de la femme et sa meilleure contribution au développement socio-économique, ainsi que sur l'encadrement des enfants, des jeunes et des femmes par la création et la réhabilitation des structures d'encadrement. L'Etat favorise l'initiation et la formation des femmes aux techniques culturales appropriées capables de réduire la pénibilité de leurs tâches et d'améliorer leur rendement et leur aptitude à commercialiser leur production. Par ailleurs, un soutien social est apporté aux femmes et aux enfants en situation difficile.
En matière de protection sociale, la vision de développement du Cameroun à l’horizon 2035 vise à « faire de la population l’acteur principal de son propre développement » en assurant de manière globale, une redistribution équitable des fruits de la croissance. En effet, les écarts en matière de redistribution peuvent menacer la cohésion sociale.
Dans le but de consolider les acquis et d'élargir le champ de la sécurité sociale, le Gouvernement a réformé le dispositif central de protection sociale au Cameroun. L'objectif était d'intégrer progressivement l'ensemble des catégories sociales jusqu'ici en marge du système.
Toutefois, en matière de chômage, on observe entre 2005 et 2021, une augmentation du taux de chômage au sens BIT des personnes de 10 à 64 ans. En 2021, seulement 11,0% des travailleurs bénéficient d’une assurance dans le cadre de son emploi principal
.
Les autorités continuent de promouvoir la solidarité nationale par la lutte contre l'exclusion sociale des groupes marginalisés et la mise en œuvre des initiatives locales d'entraide, d'accompagnement et d'encadrement familial et des individus. Il s'agit également d'assurer la prise en charge communautaire des personnes vulnérables, de mettre en place des fonds de solidarité nationale et de prendre en compte l'approche vulnérable dans les politiques et programmes de développement
Selon le Plan d’action national pour l’emploi des jeunes (PANEJ) 2016-2020
, entre 2003 et 2013, 231 717 jeunes ont bénéficié de programmes et projets relatifs à l’emploi des jeunes parmi ces jeunes, 140 274 ont bénéficié d’emplois directs créés par ces programmes et projets.
Méthodologie d’arrimage du DDIM au budget de la fonction réseau
Les données utilisées proviennent pour les fonctions budgétaires réseaux professionnel et social du MINFI et pour le DDMI réseau des données d’enquêtes. Chaque fonction budgétaire est au travers de quatre (4) séries qui s’étalent sur la période 2001-202 Une série qui capte le budget total alloué à la fonction pour la période considérée et trois (3) séries qui représentent la décomposition global par nature (fonctionnement, investissement et transfert) du budget.
La sensibilité du DDMI aux variations budgétaires est analysée à travers les élasticités calculées à partir des deux équations suivantes :
Le modèle
logDDMIj= βjlogDEPj+Ej
(1)
logDDMIj=αj1logIFonJ+ αj2logIInvJ+αj3logITrfJ+Ej
(2)
Avec :
IFonJ= FoncJDEPJ

IInvJ= InvJDEPJ

ITrfJ= TrfJDEPj
DEPj=Fonj+Invj+TrfjRésultats et Analyses
Il s’agit de la présentation descriptive des séries des fonctions réseaux professionnel et social d’une part et d’autre part des résultats de la modélisation économétrique des équations du modèle global et du modèle par nature réalisé.
Analyse descriptive des séries des fonctions réseau professionnel et réseau social
Le montant annuel du budget alloué aux fonctions réseau professionnel et réseau social a cru sur la période 2001 à 2021 passant de 17,44 à 33,45 milliards pour le réseau professionnel et de 51,31 à 138,56 milliards pour le réseau social. Le graphique ci-dessus présente un budget professionnel relativement stable sur la période 2001 à 2007 suivi d’un creux de 7,86 milliards en 2008. La sous période 2009 à 2019 débute par une croissance lente de la série jusqu’en 2015 suivi d’une croissance rapide entre 2016 et 2019 et j’achève par un pic de 185,55 milliards en 2019.
En ce qui concerne l’évolution du budget alloué à la fonction réseau social, elle varie lentement en dents de scie entre 2001 et 2012. Entre 2015 et 2020, il a connu de fortes variations. Il a été observé une alternance annuellement les pics et les creux les plus importants de la période d’étude avec le pic le plus important de 367,78 milliards en 2019 et de 97,07 milliards en 2020.
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 1
: Evolution du budget alloué au réseau professionnel et social
Le graphique ci-dessous présente l’évolution de la décomposition du budget du réseau professionnel par nature. Il ressort que budget d’investissement évolue au même rythme que le budget total. Il a été assez stable entre 2001 et en dents de scie entre
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 2
:Evolution du budget alloué au réseau professionnel par nature
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 3
: Evolution du budget alloué au réseau social par nature
Elle permet de constater qu’en moyenne dans la période 2015-2021, le fonctionnement représente le tiers (32,2%) des ressources affectées par l’Etat au réseau professionnel. L’investissement représente les 2 tiers (67,0%) restants. Les transferts sont quasiment nuls (0,8%). Si la valeur du fonctionnement a globalement diminué sur la période passant de 82,2% à 54,9%, celui de l’investissement qui a fait le chemin inverse partant de 16,3% à 44,7%. Ces chiffres globaux sont toutefois trompeurs car d’une année à l’autre, les poids changent énomément avec le fonctionnement et l’investissement qui ont des amplitudes de point de pourcentage autour de 75.
La part annuelle des dépenses liées au réseau professionnel est faible et en moyenne inférieure à 1% entre 2015 à 2021. Sur la période, Elle a baissé sur les trois natures. En fonctionnement, elle est passée de 2,38% à 0,47%, en investissement de 0,57% à 0,49% et en transfert de 0,11% à 0,2%. Ce qui dénote un recul de la fonction réseau social dans les priorités de l’état
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 4
:Evolution de la part par nature du budget alloué au réseau professionnel
Elle permet de constater qu’en moyenne dans la période 2015-2021, le fonctionnement représente les trois quarts (74,9%) des ressources affectées par l’Etat au réseau social. L’investissement suit avec 15,7% et les transferts 9,4%. Si les valeurs du fonctionnement et des transferts ont diminué sur la période passant respectivement de (76,0% à 74,4%) et (13,5% à 9,4%), celui de l’investissement a fait le chemin inverse partant de 10,6% à 17,2%. Ces chiffres globaux sont toutefois trompeurs car d’une année à l’autre, les poids changent énormément. A titre d’exemple, en 2016 le fonctionnement représentait à lui-seul 95,0% du secteur réseau social
La part annuelle des dépenses liées au réseau professionnel est faible dans le budget de l’état entre 2015 à 2021 (en moyenne un peu plus de 1%). Sur la période, elle a toutefois augmenté sur les trois natures. En fonctionnement, elle est passée de 0,80% à 1,83%, en investissement de 0,13% à 0,55% et en transfert de 0,44% à 1,00%. Ce qui dénote une avancée de la fonction réseau social dans les priorités de l’état
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 5
:Evolution de la part par nature du budget alloué au réseau social
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 6
:Evolution du budget du réseau professionnel et du DDMI du réseau professionnel
Source : Equipe nationale et CREG, 2024
Graphique
SEQ Graphique \* ARABIC 7
: Evolution du budget du réseau social et du DDMI du réseau social
Analyse des élasticités des réseaux professionnel et social
Les élasticités sont les résultats d’une modélisation économétrique dont la spécification est principalement établie à partir de la stationnarité des séries. Le test de stationnarité d’augmented Dickey fuller présenté dans le tableau suivant a été utilisé pour confirmer les décisions sur la stationnarité des séries prises au moyen des corrélogrammes situé en annexe.
Le tests de racine unitaire permet de conclure que les séries fonctionnement et investissement du réseau professionnel sont intégrés d’ordre un et la série transfert stationnaire à niveau. Pour ce qui est des natures du réseau social, le fonctionnement est intégré d’ordre un et l’investissement et le transfert sont intégrés d‘ordre deux.
Tableau : Test de stationnarité d’Augmented Dicky Fuller (ADF)
En niveau
En différence première
Val. Crit.
M. E. Cal.
Val. Crit.
M. E. Cal.
Décision
Réseau professionnel
Fonctionnement
-1,964
0,298
-5,692
0,0002
I(1)
Investissement
-1,993
0,286
-5,696
0,0002
I(1)
Transfert
-4,517
0,002
I(0)
Réseau social
Fonctionnement
-3,218
0,034
–
I(1)
Investissement
-2,670
0,099
-2,891
0,065
I(2)
Transfert
2,976
1,000
0,907
0,992
I(2)
Val. Crit= Valeur critique au seuil de 5% ; M.E. cal= Marge d’erreur calculée à partir des données. Elle correspond à la probabilité empirique encore appelé p-value. Au
Les tests de stationnarité ont permis d’obtenir la spécification des équations à modéliser pour chaque fonction. A la suite de chaque modèle, il a été réalisé le test de stabilité de cusum afin de se rassurer de la robustesse des modèles significatifs retenus.
L’élasticité du modèle globale de la sensibilité de l’indice du bien être DDMI du réseau professionnel à la variation du budget du réseau professionnel permet de conclure qu’une augmentation de 1% du budget total du réseau professionnel accroit le DDMI de 0,028%. Cela pourrait indiquer que le niveau de dépenses actuelles est déjà satisfaisant et qu’une augmentation n’est pas indispensable
Il ressort également du tableau que le DDMI du réseau social n’est pas sensible à une variation du budget du réseau social. En effet, l’élasticité calculée n’est pas statistiquement significatif au seuil de 5%. Ceci peut s’expliquer par la faible part que constitue les dépenses dans ce secteur ou alors par la qualité de la dépense qui n’agit pas directement sur le quotidien de la population. Des réformes devraient être envisagées dans le secteur
Tableau : Résultats des élasticités partielles du modèle global
DDMI
Modèle global
Elasticité
P-value
Réseau professionnel
0,028***
0,0085
Réseau social
0,023
0,1480
Le résultat de la modélisation de la sensibilité du DDMI du réseau professionnel à la variation des natures du budget du réseau permet de dire qu’au seuil de 5%, une augmentation de 1% du budget de fonctionnement du réseau professionnel entraine une augmentation de 0,16% du DDMI du réseau professionnel. Tandis qu’une augmentation de 1% de l’investissement conduit à une augmentation de 0,26%. Par ailleurs, à ce seuil la variabilité des transferts n’affecte pas le DDMI. Il serait donc important dans la redistribution du budget affecté au réseau professionnel d’affecter un peu plus de ressources à l’investissement dont l’effet est plus important sur le bien-être des populations
Les valeurs d’élasticité par nature du bien-être du DDMI de réseau social montrent d’une augmentation de 1% du budget de fonctionnement accroit le bien être de 0,043%, tandis d’une augmentation des transferts de 1% accroit le bien être de 0,06% Cependant, l’investissement affecte pas le bien être.
Tableau : Résultats des élasticités partielles
DDMI
Fonctionnement
Investissement
Transfert
Elasticité
P-value
Elasticité
P-value
Elasticité
P-value
Réseau professionnel
0,16**
0,0131
0,26***
0,0001
0,004
0,7268
Réseau social
0,043**
0,0166
0,001
0,969
0,06***
0,0000
Conclusion et Recommandations

S’agissant des ministères en charges du réseau professionnel
Dans l’allocation des ressources, privilégier les dépenses en investissement par rapport à ceux de fonctionnement. Pour les transferts, il est important de réévaluer les besoins des bénéficiaires potentiels afin de faire une allocation optimale.
S’agissant des ministères en charge du réseau social,
il est important de communiquer sur les actions gouvernementales dans le domaine. Les effets des actions en matière d’autonomisation de la femme ou d’inclusion des populations vulnérables sont lentes et difficilement perceptibles à court terme. De plus, le poids des coutumes, fait en sorte que les progrès en matière de genre soit peu ou pas apprécier. Donc la sensibilisation des leaders d’opinion est tout aussi importante.
Annexe
Annexe : Corrélogramme de la nature fonctionnement du réseau professionnel
Annexe : Corrélogramme de la nature investissement du réseau professionnel
Annexe : Corrélogramme de la nature transfert du réseau professionnel
Annexe : Corrélogramme de la nature fonctionnement du réseau social
Annexe : Corrélogramme de la nature investissement du réseau social
Annexe : Corrélogramme de la nature transfert du réseau social
Annexe : Test de cusum du modèle global DDMI professionnel
Cusum
Cusum carré
Annexe : Test de cusum du modèle global DDMI social
Cusum
Cusum carré
Annexe : Test de cusum de l’équation 2 du DDMI professionnel
Cusum
Cusum carré
Annexe : Test de cusum de l’équation 2 du DDMI social
Cusum
Cusum carré
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

ANNEXE 1
Fonctions budgétaires
2015
2016
2017
2019
2020
2021
Total général
Affaires Economiques
1244,39
1100,37
1271,07
1760,06
1365,43
1807,40
8548,70
BTP-Energie
470,14
974,07
1086,99
1242,81
962,35
888,55
5624,91
Education
320,38
366,00
198,15
331,49
233,16
327,01
1776,19
Institutions
1137,44
1028,44
983,30
1278,37
1355,01
1620,12
7402,68
Réseau professionnel
47,95
37,41
80,79
95,98
16,53
21,77
300,44
Réseau social
17,45
89,72
28,45
71,24
52,93
64,26
324,05
Santé
48,09
83,49
139,15
129,20
118,71
188,66
707,31
Sécurité
296,82
128,32
225,64
266,16
259,12
261,38
1437,44
Total général
3582,66
3807,83
4013,53
5175,32
4363,23
5179,15
26121,72
Fonctions budgétaires
2015
2016
2017
2019
2020
2021
Total général
Affaires Economiques
34,7%
28,9%
31,7%
34,0%
31,3%
34,9%
32,7%
BTP-Energie
13,1%
25,6%
27,1%
24,0%
22,1%
17,2%
21,5%
Education
8,9%
9,6%
4,9%
6,4%
5,3%
6,3%
6,8%
Institutions
31,7%
27,0%
24,5%
24,7%
31,1%
31,3%
28,3%
Réseau professionnel
1,3%
1,0%
2,0%
1,9%
0,4%
0,4%
1,2%
Réseau social
0,5%
2,4%
0,7%
1,4%
1,2%
1,2%
1,2%
Santé
1,3%
2,2%
3,5%
2,5%
2,7%
3,6%
2,7%
Sécurité
8,3%
3,4%
5,6%
5,1%
5,9%
5,0%
5,5%
Total général
100,0%
100,0%
100,0%
100,0%
100,0%
100,0%
100,0%
De manière globale, les dépenses par fonction et par nature se présentent comme suit :
Fonction
FON
INV
TRF
TOTAL GENERAL
Affaires Economiques
8,64%
18,40%
5,69%
32,73%
BTP-Energie
5,83%
14,87%
0,84%
21,53%
Education
4,91%
0,53%
1,35%
6,80%
Santé
1,09%
1,23%
0,38%
2,71%
Réseau professionnel
0,28%
0,87%
0,01%
1,15%
Réseau social
0,93%
0,21%
0,10%
1,24%
Institutions
20,97%
4,67%
2,69%
28,34%
Sécurité
4,94%
0,44%
0,12%
5,50%
Total général
47,60%
41,22%
11,18%
100,00%
Importances relatives des fonctions
Année
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
16,17%
51,27%
49,15%
2016
16,52%
34,84%
55,40%
2017
17,73%
39,10%
60,64%
2019
23,10%
41,90%
52,83%
2020
16,26%
47,59%
48,95%
2021
17,71%
54,36%
43,40%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
4,02%
80,86%
15,12%
2016
13,54%
81,22%
5,24%
2017
35,14%
63,85%
1,01%
2019
29,19%
70,67%
0,13%
2020
36,08%
59,07%
4,86%
2021
31,49%
64,31%
4,20%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
1,14%
27,41%
13,15%
2016
7,83%
45,90%
12,75%
2017
21,47%
37,43%
2,88%
2019
14,79%
39,16%
0,35%
2020
15,15%
36,55%
9,06%
2021
10,89%
28,49%
6,18%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
71,13%
10,95%
17,92%
2016
78,45%
6,46%
15,09%
2017
58,70%
14,35%
26,96%
2019
75,31%
5,86%
18,83%
2020
67,13%
6,83%
26,04%
2021
75,13%
5,27%
19,60%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
13,77%
2,53%
10,62%
2016
17,05%
1,37%
13,80%
2017
6,54%
1,53%
14,04%
2019
10,18%
0,87%
13,01%
2020
6,83%
1,02%
11,77%
2021
9,56%
0,86%
10,62%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
9,65%
69,00%
21,36%
2016
20,72%
66,44%
12,84%
2017
38,60%
53,45%
7,95%
2019
54,93%
29,19%
15,88%
2020
54,12%
24,96%
20,92%
2021
39,57%
48,79%
11,64%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
0,28%
2,39%
1,90%
2016
1,03%
3,22%
2,68%
2017
3,02%
4,01%
2,91%
2019
2,89%
1,68%
4,27%
2020
2,80%
1,91%
4,81%
2021
2,90%
4,59%
3,64%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
82,24%
16,53%
1,23%
2016
8,39%
90,26%
1,34%
2017
6,24%
93,42%
0,33%
2019
7,37%
92,27%
0,36%
2020
33,97%
64,97%
1,06%
2021
54,90%
44,68%
0,42%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
2,38%
0,57%
0,11%
2016
0,19%
1,96%
0,13%
2017
0,28%
4,07%
0,07%
2019
0,29%
3,95%
0,07%
2020
0,24%
0,69%
0,03%
2021
0,47%
0,49%
0,02%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
75,97%
10,55%
13,47%
2016
94,96%
3,05%
2,00%
2017
82,88%
11,03%
6,10%
2019
49,99%
39,07%
10,94%
2020
72,30%
13,28%
14,43%
2021
73,36%
17,25%
9,39%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
0,80%
0,13%
0,44%
2016
5,06%
0,16%
0,45%
2017
1,33%
0,17%
0,46%
2019
1,45%
1,24%
1,62%
2020
1,67%
0,45%
1,48%
2021
1,83%
0,55%
1,00%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
71,82%
17,88%
10,30%
2016
75,57%
18,96%
5,47%
2017
67,68%
25,27%
7,05%
2019
72,28%
17,49%
10,23%
2020
80,27%
10,77%
8,96%
2021
74,53%
12,64%
12,84%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
49,35%
14,67%
21,67%
2016
46,14%
11,31%
14,08%
2017
37,41%
13,40%
18,23%
2019
37,68%
9,97%
27,25%
2020
47,46%
9,39%
23,52%
2021
46,98%
10,21%
34,45%
Année
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
89,81%
4,79%
5,40%
2016
81,15%
16,62%
2,22%
2017
96,35%
2,35%
1,31%
2019
88,55%
10,38%
1,07%
2020
84,82%
14,42%
0,77%
2021
94,93%
3,45%
1,62%
Annee
Fonct.
Inv.
Transf.
2015
16,10%
1,03%
2,97%
2016
6,18%
1,24%
0,71%
2017
12,22%
0,29%
0,78%
2019
9,61%
1,23%
0,59%
2020
9,59%
2,40%
0,38%
2021
9,65%
0,45%
0,70%
Période 2015-2021
ANNEXE 2
– Liste des participants
Noms et prénoms
Equipe nationale
1
Dr
MBAH Glory
2
M. MATIP Alain
3
M. NDEFFO
4
Mme KOUTY Adèle
5
Dr GADO Thierry
6
Dr AMBA Marius
LE²A, UY2-SOA
656-082-448
7
Dr CHOUAPI Nadège
8
Dr FOUEGAP Patrick
9
Mme NJANKO Eulalie
10
Mme FONKEM Diane
11
M. KONLACK Giscard
12
M. DZOYEM Germain
MINESEC/DPPC/CELPLAN
675-053-679
13
Mme AVOMO MVOM Doline
MINEFOP/DEPC/CEPS/CEA2
693-884-994
14
Dr MBONO Arthur
MINSANTE/DSF
697-171-465
15
M. Mbia Mvondo Jean Luc
MINEPAT/DADM
696-810-976
16
M. YANGOUO MOULIOM Fabrice
17
M. GARANSOU YAOUNA
18
Mme NANFAK Aude
19
M. LAHE Martheley
20
Mme MASSE Eithel
21
Mme NGACHE
22
Mme DJINAN Prudence
Equipe CREG
1
Pr Latif DRAMANI
2
M. SEUKAP Roger
3
Dr Camille GUIDIME
4
M. Edem AKPO
5
Dr OGA
6
Dr Boubacar DIALLO
7
M. BABAKE
8
M. Franck OLANIRAN
9
Mme Mame Coura DIAYE epse KAMA
ANNEXE 2 – BIBLIOGRAPHIE
INS (2004) : Rapport de l’Enquête Démographique et de Santé
INS (2011) : Rapport de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs
Multiples
INS (2018) : Rapport de l’Enquête Démographique et de Santé
MINEPAT (2020) : Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30)

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