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RAPPORT PROVISOIRE NTTA CAMEROUN PRESENTATION (1)

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PROFIL NATIONAL DES COMPTES DE TRANSFERTS DE TEMPS (RAPPORT NTTA)

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INTRODUCTION
Les Comptes nationaux de transferts de temps (NTTA) représentent un compte satellite pour le temps de travail permettant de quantifier et de valoriser la production et la consommation de temps des activités domestiques occupant une partie du temps journalier des individus.
Lesdites activités malheureusement, ne sont pas quantifiés en terme d’heure dans le PIB , Pourtant ces activités permettent de connaitre les véritables conditions de vie des populations .Les NTTA ont donc le mérite de valoriser la production des activités domestiques, dans le SCN, selon les tranches d’âge et le genre dans une société où les femmes sont la plus part du temps marginalisées sur le marché de l’emploi formel et confinées au foyer et aux activités domestiques non rémunérées. En effet, les femmes passent la majeure partie de leur temps dans ces activités et ce temps sera véritablement consommé par les membres de leur famille. La valorisation de ce temps appréhendé par les NTTA sera donc mieux perçu dans ce rapport qui reviendra d’abord sur le contexte et la problématique du travail domestique puis présentera l’analyse de la production du temps de travail domestique ,l’analyse de la consommation du temps de travail domestique et enfin l’estimation du cout total des travaux domestiques .

CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE
Au terme de la mise en œuvre du DSCE, le Cameroun a adopté en 2020 la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Elle s’appuie sur les leçons de la mise en œuvre du DSCE dont elle prend le relais jusqu’en 2030, dans la perspective de l’accomplissement des objectifs de la deuxième phase de la Vision 2035. La SND30 entend opérer des reformes qui permettront au système productif national de devenir plus compétitif
la SND30 met en perspective un cadre d’objectifs stratégiques articulé avec des cibles comme suit : Améliorer les conditions de vie des populations et leur accès aux services sociaux de base en assurant une réduction significative de la pauvreté et du sous-emploi. Comme cibles principales, il s’agit : (i) de ramener le taux de pauvreté de 37,5% en 2014 à moins de 25% en 2030 ; (ii) de ramener le sous-emploi de 77% en 2014 à moins de 50% en 2030 ; (iii) de porter l’Indice du Capital Humain de 0,39 en 2018 à 0,55 et l’Indice de Développement Humain de 0,52 en 2016 à 0,70 en 2030.
Tous ces objectifs n’ont que pour finalité le bien être de la population, Population qui aujourd’hui croit à un rythme assez frénétique.

En effet, selon les dernières projections du BUCREP de 2019, l’effectif total de la population tend à se doubler d’ici 2040.

Toujours d’après ces projections du BUCREP, la population camerounaise est estimée au 1er juillet 2019 à 24 348 251 personnes, dont 50,6% de femmes. La population camerounaise est essentiellement jeune. En effet, plus de la moitié de la population du Cameroun a moins de 20 ans, la population de moins de 15 ans représente 42,5% de l’ensemble, et la population de 65 ans ou plus s’élève à seulement 3,6%.Ce qui traduit de faibles possibilités d’épargne et d’investissements productifs et un faible Indice de Développement Humain de ces deux groupes.

A cet effet, plusieurs initiatives ont été développées dans le but d’optimiser le dividende démographique par les décideurs politiques puisque de nombreuses questions subsistent quant à la matérialisation effective, l’ampleur, la distribution, les conditions de ce dividende et son impact réel sur la croissance économique.

Pour répondre à ces questions. L’une de ces initiatives est l’adhésion du pays au projet SWEDD qui dans sa composante 3 vise à appuyer la mise en œuvre d'un programme politique qui met la transition démographique, le capital humain et l'égalité des sexes au centre des stratégies pour la croissance et la réduction de la pauvreté en Renforçant la capacité d'élaboration, de suivi et d'évaluation des politiques liées aux questions de dividende démographique .La méthode des comptes de transferts de temps (NTTA) met ainsi en évidence le temps consacré aux activités domestiques productives non incluses dans l’évaluation du produit national brut (PIB) et qui pourrait expliquer les faibles revenus des femmes et par conséquent leur faible contribution à l’économie du pays.

FAITS STYLISES SUR LA LEGISLATION DU TRAVAIL
1. Le travail en général
L’insertion des actifs sur le marché du travail est appréhendée à travers la situation d’activité des personnes actives, les secteurs d’activité dans lesquels ces personnes exercent leur emploi, les Groupes Socio-économiques (GSE) des actifs occupés, leurs profils et la dynamique de leurs emplois.

IV.1.1. Taux d’activité et taux d’emploi
Le taux d’activité au sens élargi, défini comme l’ensemble de la population occupée, de celle ayant effectivement chercher un acte de recherche d’emploi et de celle qui n’a pas cherché mais qui est disponible à travailler (chômeur découragé) rapporté à l’ensemble de la population en âge de travailler (14 ans ou plus auxquels on inclut les 10 à 13 ans), est passé de 70,4% en 2010 à …% en 2021. Cette tendance masque globalement d’importantes disparités entre les milieux, sexes ou groupes d’âge. Suivant le milieu de résidence, le taux d’activité en milieu urbain est passé de …% en 2021 à 61.8% en 2010 il était de 61,8% en milieu urbain contre 76,4% en milieu rural. Par ailleurs, il était de 74,6 % chez les hommes et de 66,4% chez les femmes, soit près de 10 points d’écart. Cet écart était encore plus important entre régions d’enquête où il est passé de 52,0% dans l’Adamaoua à 84,3% à l’Ouest.
Ces écarts sont également observés entre les groupes d’âge. En effet, le groupe des 10-14 ans enregistre le taux le plus bas (36,2%) et les 35 -64 ans (91,5%) celui le plus élevé. Ce taux était de 72,0% chez dans le groupe de la population des jeunes (15-34 ans). Il reste plus important pour l’ensemble de la population dite active (15-64 ans) que pour les jeunes. Chez les populations d’âge supérieur à 65 ans, ce taux d’activité élargi est en deçà de celui des jeunes avec une différence importante entre les sexes.
D’une manière générale, le taux d’activité élargi semble constant sur la dernière décennie malgré quelques variations entre les milieux, les sexes ou les groupes d’âge. En effet, en 2005, ce taux au niveau national était estimé à 71,5 %. Il a été évalué à 70,4 % en 2010 et se situe à …% en 2021. Ces tendances se retrouvent également au niveau du taux d’emploi.
Le taux d’emploi se définit comme le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler. Cet indicateur traduit la capacité d’une économie à utiliser ses ressources en main-d’œuvre. Selon les résultats de l’EESI3, ce taux se situe à …% en 2021.
Il était de 66,4% en 2010 et de 68,3% en 2005. Il paraît assez proche du taux d’activité (traduisant un faible niveau du chômage) avec des disparités semblables.
Il est de 71,7% chez les hommes et de 61,4% chez les femmes. Par ailleurs, le milieu rural (74,6 %) enregistre un taux plus important que le milieu urbain (54,7 %). Les villes de Douala et Yaoundé, qui pourtant abritent environ 6 entreprises sur 10, se caractérisent par les taux d’emploi relativement faibles, respectivement 56,7% et 51,5%. Chez les jeunes, le taux est estimé à 65,6%.

2. le travail domestique
Selon l’Enquête sur l’Emploi du Temps au Cameroun de 2014, la valeur totale des activités productives ne relevant pas du SCN est estimée à 2 819 milliards de FCFA. Elle est constituée du travail domestique évalué à 2 246 milliards de FCFA (79,7%), des services rendus aux membres du ménage qui représentent 445 milliards de FCFA (15,8%) et des services/aides communautaires à d’autres ménages estimés à 128 milliards (4,5%). Les femmes participent à cette production non prise en compte dans le PIB à hauteur de 2 098 milliards, soit 76,5% de la valeur totale de cette catégorie d’activité. Une analyse du PIB 2014, qui est de 17 276,3 milliards de FCFA, montre que ces activités productives non intégrées dans la comptabilité nationale, représentent dans l’ensemble 16,3% du PIB.
D’après la même étude Concernant le temps que les femmes accordent à ce travail domestique non rémunéré, il ressort que les femmes y passent 2 à 3 fois plus de temps que les hommes, quel que soit le niveau d’instruction. Dans la catégorie des soins et des services non rémunérés aux membres du ménage, les femmes y consacrent beaucoup plus de temps que les hommes et ce, d’autant que leur niveau d’instruction est élevé. Pour les services d’aide à la communauté, ce sont les hommes qui y passent plus de temps que les femmes.

REVUE DE LITTERATURE SUR LE TRAVAIL DOMESTIQUE
De nombreux auteurs se sont intéressés au travail domestique c’est notemment le cas de Nordhaus et Tobin, 1973; Stiglitz et al., 2009 ; Ponthieux et Meurs, 2015.
Mais certains ont révolutionné la pensée sur le travail domestique tel que Reid (1934) qui critiqué le fait que la production domestique ne soit pas prise en compte dans les comptes du revenu national.De ce fait, il a proposé une méthode pour estimer la valeur du travail domestique.
En 1965 , Becker a conçu un nouveau cadre d’analyse plus complet sur l’arbitrage entre le travail domestique et travail marchand. Puis en 1976, Hawrylyshyn a utilisé aux États-Unis, huit méthodes d’évaluation domestique en montrant que la valeur des activités domestiques accroît le PIB de 30 à 40 %.
Plus récemment en 1981, Chadeau et Fouquet ont fourni des fourchettes variant de 32 à 77 % du PIB et en 2004, Charmes et Unni ont démontré qu’en Afrique du Sud le travail non rémunéré représente 65,2% du travail total chez les femmes et 30,9% chez les hommes en 2000. Ces taux étaient respectivement de 45,3% et 20,3% au Bénin en 1998 et de 56,3% et18% à Madagascar en 2001.
Malheureusement au Cameroun seul le travail domestique remunéré à fait l’objet de quelques publications mais le travail domestique non rémunéré cette n’a pas encore fait l’objet des recherches. Les données existantes sont celles de l’Enquête sur l’emploi du temps et les ménages.

METHODOLOGIE
1. Méthodes d’estimation (CWW méthodologie)
La méthodologie de construction des comptes nationaux de transferts de temps commence par la réalisation de l’enquête budget-temps. La base de données issue de cette enquête permet de déterminer le temps consacré aux activités productives non incluses dans l’évaluation du revenu national. Une liste de onze groupes d’activités1 est généralement utilisée si les données le permettent. Après l’identification des activités pertinentes, l’exploration des données en temps selon l’âge et le sexe sont nécessaires avant l’imputation d’un salaire. Bien que les différences temporelles soient essentielles pour comprendre la nature du genre de la production, le but ultime est de comparer le NTTA au NTA. Ce qui doit donc nous amener à transformer les unités de temps en unités monétaires. Les chercheurs du réseau des NTA utilisent unanimement la méthode « specialist replacement » pour valoriser les entrées detemps. La méthode de salaire moyen est utilisée dans cette étude.

Le processus d’élaboration dudit document a été participatif et rendu possible grâce à la contribution de la partie nationale, de l’accompagnement technique du Fonds des Nations Unies pour la Population et du Centre de recherche en économie générationnelle (CREG) de l’Université de Thiès .

Ainsi une partition sera faite et travaillera sur le cycle de vie de l’individu contrairement à ECAM qui se base sur le ménage de ce fait on valorise les services domestiques rémunérés et les services de soins non rémunérés aux personnes.

ANALYSE DES RESULTATS DE L’ESTIMATION ET DE LA VALORISATION DU TEMPS DOMESTIQUE
Les analyses sont regroupées en trois sections: les soins aux personnes, les mobilités (courses, recherches d’eau de bois…) et les travaux ménagers.

ANALYSE DES RESULTATS DE L’ESTIMATION ET DE LA VALORISATION DU TEMPS DOMESTIQUE – SOINS

Soins aux membres du ménage
Une partie du temps de travail domestique est dédiée aux soins aux autres membres du ménage. Selon la nomenclature ICATUS les services de soins non rémunérés aux membres du ménage et de la famille comprennent :
* la garde d’enfants et enseignement
* les soins aux adultes dépendants
* l’aide aux adultes et aux membres de la famille non dépendants
* les voyages et l’accompagnement des personnes et des biens relatifs aux services de soins non rémunérés pour les membres du ménage et de la famille
* les autres activités liées aux services de soins non rémunérés pour membres du ménage et de la famille
On exclut :
* les travaux et activités connexes (par exemple une employée de maison non résidente s’occupant de l’enfant de ses employeurs) ;
* les services domestiques non rémunérés pour les membres du ménage et de la famille (par exemple : laver les habits des enfants) ;
* le bénévolat non rémunéré, stagiaire et autre travail non rémunéré.

4.4.1 Production et consommation de temps domestique
Dans la production des soins aux autres membres du ménage, la participation des femmes est de 2,2 heures par semaine contre seulement 1,3 heures pour les hommes. Il existe toutefois des disparités en fonction de l’âge. Dans l’enfance, ces soins sont très faibles. A partir de 15 ans, le temps accordé à ces soins augmente et les femmes y participent plus que les hommes. Cette différence de temps accordée atteint son apogée à l’âge de 31 ans où les femmes accordent à ces soins 5,5 heures par semaine contre seulement 2,2 heures pour les hommes. Soit une différence de 3,3 heures.
Entre 44 et 64 ans, bien que la différence soit faible, les hommes accordent plus de temps aux soins aux autres membres du ménage que les femmes. Après 65 ans, les femmes accordent à nouveau plus de temps aux soins des autres que les hommes.
Ces différences en fonction des générations peuvent s’expliquer par les entrées en union (mariages) plus tardives chez les hommes que chez les femmes. En effet, les femmes entrent en union relativement tôt et prennent soin de leurs enfants pendant que hommes du même âge sont encore dans le célibat (donc sans enfant à charge). Entre deux âges, les femmes n’ont généralement plus d’enfant à charge. Ce qui est le contraire de leurs égaux hommes qui ont des enfants mineurs. Aux âges avancés, les femmes culturellement aident leurs progénitures en prenant soin de leurs petits enfants et prennent en plus soin de leurs conjoints généralement plus âgés qu’elles et parfois déjà dépendants du fait des maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète,
S’agissant de la consommation des soins des membres du ménage, le graphique xxx nous montre que l’essentiel des bénéficiaires sont les enfants et plus particulièrement les nourrissons. A l’adolescence, les individus consomment moins ces soins qui sont inférieurs à une heure par semaine. Cette tendance se poursuit jusqu’à la vieillesse.
Cette faible dépendance en soins des personnes âgées peut s’expliquer par la mondialisation qui a entrainé une réduction de la solidarité intergénérationnelle (les enfants ne ressentent plus le devoir de s’occuper de leurs parents âgés). De plus, les progrès dans le domaine de la santé, permettent aux personnes âgées d’être de plus en plus autonomes.
. Graphique xxx: Profil de temps pour l’activité domestique « Soins aux membres du ménage »

4.4.2 Valorisation du temps domestique : Production et consommation moyennes annuelles
Le graphique XXXX présente l’évolution suivant l’âge d’un individu et selon son sexe, des ressources financières qu’il aurait perçue si les soins procurés aux autres membres du ménage avaient fait l’objet de rémunération. Cette rémunération correspond à la valeur de la production moyenne annuelle de temps de soin. Il montre aussi la valeur des soins dont a bénéficié chaque membre du ménage selon son âge et son sexe. Cette valeur est la consommation moyenne annuelle de temps de soins.
Concernant la valeur de la production moyenne annuelle de temps de soins offerts par les hommes, elle évolue en cloche. On observe un accroissement régulier passant de 11 886 FCFA à l’âge de 10 ans pour atteindre un maximum de 49 334 FCFA à 46 ans. Passé ce plafond, cette production diminue pour tendre à s’annuler après 80 ans.
Chez les femmes par contre, on obtient deux pics de production moyenne annuelle de temps de soins à 30 ans et à 70 ans. A 30 ans, cette production est de 70 501 FCFA, elle tombe à 15 010 FCFA à 57 ans pour remonter jusqu’à 36 557 FCFA à 70 ans. Ce double-pic peut s’expliquer par le cycle de la vie de la femme. Au fur et à mesure que la jeune fille grandit, elle accroît sa capacité à fournir des services. Étant jeune mère et épouse, elle est appelée à fournir des services de soins au bénéfice des enfants, de son époux et des autres membres du ménage. Au fur et à mesure que ses enfants grandissent, ils tendent à prendre en charge une partie des services que la femme fournissait auparavant, on observe alors une décroissance du temps de soins produits. Par la suite, son statut de grand-mère l’amène à produire des soins au bénéfice de ses petits-enfants, et éventuellement de son mari âgé. Avec le poids de l’âge, ses services diminuent.
Pour presque tous les âges, la valeur de la production de temps de soins offerts par les femmes est supérieure à celle des hommes. Cependant, on observe sur la période de 40 à 62 ans que les hommes ont une production plus élevée en valeur que les femmes. Ceci peut s’expliquer par le fait que pour un âge donné, les hommes ont en général des enfants plus jeunes comparés aux femmes du même âge. Dans la quarantaine, les hommes ayant encore de jeunes enfants, leur consacre assez de temps pour leur soin et avec les enfants grandissants, ces charges diminuent.
L’évolution de la consommation moyenne annuelle de soins montre une valeur monétaire plus élevée pour les enfants de moins de 5 ans. Cette consommation décroît rapidement passant de 136 585 FCFA chez les nourrissons de sexe masculin à 4 480 FCFA pour le jeune garçon de 12 ans. La consommation décroît presque aussi rapidement chez la fille de moins de 15 ans, passant de 99 226 FCFA chez le nourrisson à 63 FCFA chez la fille de 15 ans.
Graphique xxx: Valorisation monétaire moyenne de l’activité « Soins aux membres du ménage »

4.4.3 Valorisation du temps domestique au niveau national
Cette partie analyse les gains et les coûts générés par une génération d’âge qui allouerait une partie de son temps aux soins des membres du ménage. Il s’agit de ce que la génération de personnes pourrait gagner en termes de revenus en monnayant le temps domestique qu’elle produit, ou devrait dépenser en consommant ces soins. Ainsi, le graphique ci-dessous décrit l’évolution au fil des âges, de la valeur de la production agrégée ainsi que de la valeur monétaire de la consommation agrégée du temps domestique en rapport avec les soins.
La production des femmes domine celle des hommes jusqu’à environ 40 ans. Par la suite, jusqu’à 60 ans, la production des hommes se trouve légèrement en dessus de celle des femmes. Dès l’âge de 10 ans, la production de temps de soins des jeunes filles évolue régulièrement pour atteindre le pic de 14,1 milliards FCFA à l’âge de 28 ans. Cette production agrégée connait alors une tendance baissière sur le reste de la vie. La production des hommes quant à elle progresse de 2,7 milliards dès l’âge de 10 ans jusqu’à 5,4 milliards à l’âge de 40 ans. Elle connait alors une tendance baissière mais demeure supérieure à celle des femmes pratiquement jusqu’à 60 ans.
En ce qui concerne la consommation agrégée, on constate qu’au début de la vie, celle des petits garçons est supérieure à celle des petites filles. La consommation des garçons est de 63 milliards FCFA tandis que celle des filles est de 45 milliards FCFA. Ces consommations chutent toutes drastiquement pour atteindre 2,7 milliards autour de l’âge de 10 ans. La consommation des filles progresse alors jusqu’à atteindre un pic de 6,2 milliards FCFA à l’âge de 22 ans. Celle des garçons connait aussi une tendance croissante également jusqu’à l’âge de 22 ans où elle atteint 2,1 milliards FCFA. Par la suite, les deux consommations connaissent une tendance baissière.

Graphique xxx: Valorisation monétaire de l’activité « Soins aux membres du ménage»

ANALYSE DES RESULTATS DE L’ESTIMATION ET DE LA VALORISATION DU TEMPS DOMESTIQUE – MOBILITES

Profil moyen de production et de consommation du temps des mobilités
Parmi les travaux domestiques non rémunérés réalisées par les membres du ménage pour assurer leur bien-être, certaines nécessitent des déplacements parfois sur de très longues distances. C’est le cas pour les courses, la recherche du bois et de l’eau, etc. c’est l’ensemble de ces travaux domestiques non rémunérés qui sont classées dans la catégorie dite de mobilités. Au Cameroun, les mobilités représentent en moyenne 24% des activités non rémunérés des ménages. Cette proportion est relativement plus importante chez les hommes (23%) comparés aux femmes.
En termes de production de temps, il ressort du graphique xxx que le maximum de temps consacré en moyenne par les femmes pour les mobilités est de 3,12 heures par semaine, contre 2,43 heures pour les hommes. Chez les femmes, ce temps maximum s’observe entre 20 ans et 25 ans, alors que chez les hommes, il est plutôt observé entre 40 ans et 45 ans. La baisse de la production observée chez les femmes à partir de 40 ans marque le moment où les enfants commencent à participer aux travaux domestiques et la hausse observée à partir de 67 ans marque le moment où les enfants partent définitivement de la maison pour devenir totalement indépendant des parents. Globalement le temps moyen consacré aux mobilités diminue avec l’âge que ce soit chez l’homme comme chez la femme. Au Cameroun, la participation aux activités ménagères classées dans la catégorie des mobilités relève à la fois de la responsabilité des femmes et des hommes, même si la femme y est un peu plus impliquée en termes du volume d’heures qu’elle y consacre à l’exception des âges compris entre 50 ans et 70 ans. La participation à ces activités se fait dès le bas âge c’est-à-dire un peu plus avant 10 ans indépendamment du sexe. Il s’agit là du résultat d’une socialisation qui amène les enfants, indépendamment du sexe, à s’impliquer très tôt dans les tâches ménagères.
En termes de consommation du temps, il ressort de l’examen du graphique que le temps consommé des mobilités par les femmes est quasiment identique à celui des hommes jusqu’à l’âge de 45 ans. Indépendamment du sexe, le temps maximum des mobilités consommé est de 2 h par semaine et il s’observe entre 50 ans et 55 ans et à la fin du cycle de vie chez les hommes et les femmes respectivement. Au-delà de cet âge, on assiste à une sorte d’alternance entre l’homme et la femme :
De 45 à 55 ans et de 66 à 69 ans, le temps consommé par la femme est inférieur à celui consommé par les hommes ;
De 56 à 65 ans et de 70 à la fin du cycle de vie, le temps consommé par la femme est supérieur à celui consommé par les hommes ;
Cette alternance se fait pratiquement durant la période où la production du temps des mobilités des hommes est supérieure à celle de la femme. En définitive, il est possible d’affirmer que les hommes et les femmes ont quasiment le même comportement de consommation du temps des mobilités.
En comparant la production et la consommation de temps mobilités, il ressort que les hommes et les femmes sont pratiquement excédentaires sur le cycle de vie, autrement ils consomment moins de temps qu’ils n’en produisent. Ils sont déficitaires avant l’âge de 10 ans et à partir de 70 ans c’est-à-dire leurs consommations dépassent leurs productions. Cependant à partir de 10 ans jusqu’à 69 ans, elles dégagent un surplus énorme entre la consommation et la production.

1. Transferts de temps domestique aux activités de soins non rémunérées (Recherche d’eau, du bois et le shopping)

De l’examen du graphique XX, il ressort que les femmes transfèrent plus de temps pour la réalisation des travaux de soins non rémunérés qu’elles n’en reçoivent tout au long de leur cycle de vie. Il en est de même pour les hommes qui transfèrent plus jusqu’à l’âge de 70 ans. Ainsi, le temps transféré pour la recherche de l’eau, du bois et pour faire du shopping pour le ménage est de presque nul avant l’âge de 09 ans pour les jeunes filles et les garçons. Dès l’âge de 10 ans, le temps transféré pour ces tâches augmente considérablement et atteint ainsi 2.5 heures par semaines, ceci jusqu’à l’âge de 49 ans chez les femmes. Le temps transféré commence à chuter chez ces dernières à partir de 50 ans jusqu’à la fin de leur cycle de vie, estimé à 85 ans. Quant au temps reçu par chez les femmes,
Chez les femmes, le transfert de temps commence dès l’âge de 10 ans avec environ 2.5 heures par semaine et garde la constance jusqu’à l’âge de 37 ans. Le temps transféré commence à décroît à partir de 40 ans à 2.37 heures par semaine ensuite jusqu’à l’âge de 80 ans où il est de l’ordre de 0,43 heure par semaine. En revanche, le transfert de temps reçu par les femmes décroît dès la naissance et atteint son minimum autour de 24 ans à 1.084 heure par semaine, puis augmente jusqu’à l’âge de 55 ans et rechute au vieil âge. Cette tendance pourrait s’expliquer non seulement par le fait qu’autour de 30 ans, les femmes bénéficient de l’appui de leurs enfants ou d’un parent proche pour les travaux domestiques mais aussi d’un appui supplémentaire
Chez les hommes, le temps transféré est faible par rapport à celui de la femme. Il est nul jusqu’à 9 ans chez le jeune garçon, augmente dès 10 ans pour atteindre 2 heures par semaine, puis commence à chuter jusqu’à l’âge de 13 ans à 1.4 heure par semaine avant de renouer avec l’augmentation du temps transféré jusqu’à l’âge de 54 ans. Quant au temps reçu, il est inférieur à celui transféré et décroît continuellement tout au long du cycle de vie. Il est de 1,7 heure par semaine entre 0 et 10 ans. Il est encore moins important entre 15 à 70 ans à 1.24 heure par semaine.
Avant l’âge de 10 ans, tout ce qui est produit est encore consommé par les jeunes garçons. Ceci pourrait s’expliquer par le fait qu’aux jeunes âges, les jeunes garçons sont beaucoup plus chouayés et n’exercent aucune tâche domestique, ils sont parfois concentrés devant les chaines de télevision pour suivre les émissions à la télé, soit à jouer au ballon dans la cour.
Dans la même veine, de 0 à 74 ans, le transfert reçu par les hommes est au dessus de celui reçu par les femmes. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les hommes n’en produisent pas assez et de ce fait, ils ne peuvent pas transférer au-delà de ce qu’ils ont reçu.
En somme, il ressort que les femmes consacrent davantage assez de temps que les hommes au travail de soins non rémunéré, avec un écart de 2,5 heures en moyenne par semaine alors que les hommes se situent en moyenne à 2 heures par semaine. Ainsi, le temps transféré par les femmes pour les travaux domestiques est plus important que celui qu’elles reçoivent alors que chez les hommes, la tendance est contraire.

2. Valorisation du temps domestique en termes de mobilité
Cette section analyse de la valeur monétaire de la production et consommation moyennes et agrégées du temps pour les différents groupes d’âge. Elle présente dans un premier temps la dynamique de la valeur monétaire de la production et de la consommation annuelle moyenne de temps en termes de mobilité en fonction du cycle de vie et selon le genre, et reprend ensuite les mêmes analyses pour ce qui est des production et consommation agrégées.

Le graphique xx ci-dessous montre que l’évolution de la dynamique de la valeur monétaire du temps produit en termes de mobilité (recherche du bois, recherche de d’eau et autres courses effectuées hors du ménage pour le compte du ménage) est globalement décroissante avec l’âge tant chez les femmes que chez les hommes. La production moyenne chez les femmes est quasiment stabilisée a 5 200 FCFA entre 10 et 40 ans ou elle commence à décroitre fortement jusqu’à environ 3 200 FCFA a 50 ans. Une décroissance plus modérée est observée jusqu’à 67 ans ou l’on observe une hausse de la courbe. En effet, la valeur monétaire annuelle moyenne du temps produit par une femme en termes de mobilité passe de 21 700 FCFA a 67 ans a 29 160 à 72 ans à partir d’où elle décroît de manière continue jusqu’à la fin de la vie. Cette hausse pourrait s’expliquer par le fait qu’à cet âge certaines femmes voient leurs conjoints cesser d’exercer pour devenir inactif et dans une certaine mesure des personnes à charge. Le fait qu’à partir de 60 bon nombre de femmes deviennent grands parents et secourent leurs descendances directes dans les courses et commissions à faire au profit des nouveaux nés ou enfants (petits enfants et arrières petits-enfants) peut également expliquer l’accroissement de la valeur monétaire du temps produits en termes de mobilité qui est observé.
La dynamique de la valeur monétaire du temps en termes de mobilité produit par les hommes est différente de celle des hommes à plusieurs égards. Premièrement, la valeur moyenne pour les hommes oscille entre 32 120 FCFA et 40 300 FCFA entre 10 et 40 ans chez les hommes alors qu’elle se stabilise autour de 5 200 FCFA chez la femme sur le même intervalle. Cette différence s’explique notamment par le fait que le taux d’occupation est plus élevé chez les hommes. Deuxièmement, cette valeur décroît de manière continue 40 000 FCFA a 54 ans quasiment constante jusqu’à la fin de la vie chez les hommes tandis qu’elle rebondit à 67 ans chez les femmes ou on observe une croissance jusqu’à 71 ans. En outre, entre 48 et 70 ans, la valeur moyenne annuelle du temps produit par les hommes en termes de mobilité est supérieure à celle produite par les femmes. Ce gap atteint le maximum à l’âge de 67 ans qui est l’âge vers lequel plusieurs individus entrent en cessation d’activité professionnelle. Il est également observé une diminution de la valeur monétaire du temps produit dans la mobilité entre 10 ans et 20 ans chez les hommes. Ceci peut s’expliquer par le fait que cette tranche d’âge correspond à l’éducation secondaire et le début de l’entrée dans la vie estudiantine. Les rapports de genre prédisposent les hommes à passer plus de temps hors du ménage contrairement aux femmes qui, même lorsqu’elles n’abandonnent pas l’école, réussissent mieux dans la conciliation entre la vie scolaire et le travail domestique.
Comme on pouvait s’y attendre, le gap entre la valeur du temps produit et celle du temps consommé est plus important chez les femmes. Ceci traduit un transfert important de valeur du temps en matière de mobilité de la part ces dernières. En particulier, les femmes transfèrent de la valeur (monétaire) du temps en termes de mobilité de 10 à 73 ans qui correspond à la période d’activité. Par contre elles sont consommatrices nettes de valeur de temps de 73 jusqu’à la fin de leurs jours. En effet, la valeur annuelle moyenne de production du temps en matière de mobilité (courbe en trait rouge) est en dessous de la valeur annuelle moyenne de consommation du temps en matière de mobilité (courbe en pointillés rouge). Ce constat est cohérent avec le fait qu’à partir du troisième âge les individus deviennes généralement des personnes à charge dont les jeunes générations prennent soin. Cette réalité est la même chez les hommes chez qui la valeur moyenne annuelle de consommation de temps en termes de mobilité devient supérieure à celle de la production à partir de 69 ans. Par contre la valeur du temps consommé au troisième âge a tendance à s’accroitre légèrement chez la femme alors qu’elle est continuellement décroissante chez l’homme.
Valeur monétaire de la production et la consommation moyennes annuelles

3. Estimation du coût total des travaux domestiques (valorisation)

Il ressort de ce graphique que la valeur monétaire que représenterait la production du temps domestique pour les activités de mobilité (courses, recherche du bois, recherche de l’eau, etc.) chez les femmes pourrait atteindre un maximum de 15,3 milliards de F CFA à l’âge de 18 ans contre un peu moins de 15 milliards de F CFA à 10 ans chez les hommes. La valeur monétaire de ce travail non rémunéré en termes de mobilité au Cameroun, tout en étant supérieure à celle des hommes, se réduit progressivement avec l’âge et devient identique à partir de l’âge de 48 ans. Toutefois, entre 49 et 68 ans, cette valeur est nettement moins importante que celle des hommes.
La production totale du temps domestique en ce qui concerne les activités de mobilité connait une évolution décroissante en fonction de l'âge, chez les hommes (graphique 3.m). Un phénomène similaire se reproduit chez les femmes mais à partir de 18 ans.
La valeur monétaire de la consommation du temps domestique pour ce qui des activités de mobilité connait une évolution décroissante en fonction de l'âge, indépendamment du sexe (graphique 3.m). En terme monétaire, chez les 0-15 ans, les garçons consomment plus que les filles alors que les filles sont plus productrices que les garçons en temps domestique de mobilité. Ce déficit est un peu résorbé chez les 18-42 ans ou les femmes sont relativement plus consommatrices que les hommes.
Entre 0 et 15 ans, la consommation de temps domestique de mobilité varie de 12 à 8 milliards de francs CFA et passe de 8 à moins d’1 milliards de francs CFA de 15 à 65 ans.
La comparaison entre la production et la consommation valorisée de temps domestique de mobilité révèle que les femmes sont plus productrices nettes que les hommes, particulièrement chez les 10-50 ans.
Les résultats ainsi obtenus indiquent qu’une éventuelle valorisation du travail domestique pour la mobilité entrainerait une augmentation substantielle de leur revenu comparativement aux hommes. Toutefois, ce revenu baisserait avec l’âge.
Si les travaux domestiques liées à la mobilité (courses, recherche de l’eau, recherche du bois, etc.) jusque-là considérées non rémunérées étaient valorisées, sa production en valeur monétaire s’élèverait à 719 milliards de F CFA. La contribution des femmes (61%) à ce montant total serait largement supérieur à celui des hommes (39%). Par ailleurs, en l’exprimant par rapport au PIB obtenu en tenant compte de cette valorisation, cette production représenterait 3,1% du PIB (1,3% chez les hommes et 1,8% chez les femmes), soit 23,8% de l’apport total de la valorisation des travaux domestiques dont la part dans le PIB se situerait a 13%.
Les résultats obtenus devraient amener les uns et les autres à peut-être changer le regard porté sur le travail domestique et la considération à donner à la femme pour ce travail.

Graphique 3.m : Coût total des travaux domestiques liés à la mobilité

ANALYSE DE LA PRODUCTION ET DE LA CONSOMMATION DU TEMPS DE TRAVAIL DOMESTIQUE – TRAVAUX MENAGERS

1. Production et consommation du temps des travaux ménagers
La production du temps des travaux domestiques, également appelée production du travail domestique non rémunéré, fait référence à l'ensemble des activités et des tâches effectuées au sein d'un ménage pour assurer le bon fonctionnement de celui-ci. Ces activités comprennent généralement des tâches telles que la cuisine, le nettoyage, le lavage de la vaisselle et des vêtements, le soin des enfants, des personnes âgées ou des membres du ménage malades, la gestion des achats domestiques, et d'autres responsabilités liées à la maintenance du foyer.
La production du temps des travaux domestiques se rapporte à la réalisation effective des tâches ménagères, tandis que la consommation du temps des travaux domestiques porte sur la manière dont le temps est utilisé pour effectuer ces tâches et comment il est réparti entre les différentes activités au sein du ménage. Les deux concepts sont importants pour comprendre la dynamique du travail domestique non rémunéré et ses implications sur la vie quotidienne des individus et des familles.

Le graphique ci-dessous illustre comment le temps consacré à la production et à la consommation des travaux ménagers varie en fonction de l'âge et du sexe des personnes âgées de 10 ans ou plus.
Chez les femmes, le temps moyen consacré à la production des travaux ménagers évolue de manière régulière en fonction de l'âge, passant de moins d'une heure par semaine à l'âge de 10 ans à un pic de 17 heures et 32 minutes à l'âge de 28 ans, puis diminuant progressivement pour atteindre 5 heures et 45 minutes chez les femmes de 85 ans.
Pour ce qui est des hommes, la durée moyenne hebdomadaire consacrée à la production des travaux ménagers suit la même tendance en fonction de l'âge que chez les femmes, mais les valeurs sont généralement plus basses pour chaque tranche d'âge. Le pic de durée est de 10 heures et 52 minutes, tandis que la valeur pour les hommes de 85 ans est de 2 heures et 36 minutes.
En ce qui concerne la répartition du temps consacré aux travaux ménagers, les disparités entre les sexes sont généralement minimes. Dans la tranche d'âge de 0 à 5 ans, on observe que les garçons consomment légèrement plus de temps pour les travaux ménagers que les filles, avec un écart d'environ une heure. Par exemple, chez les enfants de moins d'un an, les garçons consacrent en moyenne 7 heures et 5 minutes par semaine à ces tâches, tandis que les filles y consacrent 6 heures et 3 minutes.
Cependant, entre 5 et 30 ans, la consommation de temps consacré aux travaux ménagers est plus élevée chez les filles que chez les garçons, atteignant son maximum à 7 heures et 48 minutes pour les femmes de 26 ans. Dans la tranche d'âge de 31 à 60 ans, les différences entre les sexes en termes de consommation de temps pour les travaux ménagers sont presque négligeables.
En revanche, chez les personnes plus âgées, on constate que les femmes consomment davantage de temps pour les travaux ménagers que les hommes. Cette analyse met en évidence des variations intéressantes dans la répartition du travail domestique en fonction de l'âge et du genre.

En conclusion, l'analyse des concepts de production et de consommation du temps des travaux domestiques au Cameroun met en évidence plusieurs tendances significatives en ce qui concerne la répartition des responsabilités domestiques en fonction de l'âge et du sexe.
Tout d'abord, il est clair que la production du temps des travaux domestiques augmente régulièrement avec l'âge, atteignant des sommets à différents moments pour les hommes et les femmes. Les femmes semblent généralement consacrer plus de temps aux travaux ménagers que les hommes, bien que les valeurs absolues varient en fonction de l'âge.
En revanche, les disparités entre les sexes sont relativement moins prononcées en matière de consommation de temps des travaux ménagers qu’en matière de production.
En somme, ces résultats soulignent la persistance des inégalités de genre en matière de travail domestique non rémunéré, tout en montrant que la répartition de ces responsabilités évolue tout au long de la vie. Ces conclusions invitent à réfléchir aux politiques et aux efforts visant à promouvoir une répartition plus équitable du travail domestique entre les sexes, notamment en encourageant une plus grande participation des hommes aux tâches ménagères et en reconnaissant la valeur du travail domestique non rémunéré pour les individus et les familles.

2. Production et consommation du temps des soins aux membres du ménages

3. Production et consommation du temps de mobilité

4. Analyse des transferts du temps des travaux domestiques

1. Transfert du temps des travaux ménagers
Le temps peut être transféré d’une personne à l’autre au sein du ménage. Par exemple, lorsqu’une femme cuisine pour sa famille. Le temps transféré à chaque membre de la famille, y compris elle-même, est égal à la durée totale nécessaire pour la préparation de ce plat, divisé parle nombre total de membres de la maisonnée:
Dans le graphique XX ci-dessous, les tendances en matière transfert de temps sont présentées tant pour les femmes que pour les hommes.

Graphique XX: Transfert de temps des travaux ménagers selon le sexe

* Transfert de temps des travaux ménagers pour les hommes
Il ressort du graphique XX, que de sa naissance jusqu’à l’âge de 24 ans environ, les hommes consomment du temps plus qu’ils n’en produisent. De 25 à 77 ans, la production de temps des hommes dépasse leur consommation, ils recoivent moins de temps au cours de cette tranche d’âge. Au delà de 77 ans, les courbes s’inversent à nouveau, et les hommes recoivent plus de temps qu’ils n’en produisent. Cette tendance s’écarte de celle observée dans certains pays d’Afrique de l’Ouest notamment le Burkina Faso et la Guinnée, où la courbe de production de temps ménagers pour les hommes est inférieure à celle relative à la consommation sur tout le cycle de vie. Autrement dit, dans ces pays, les hommes consomment du temps plus qu’ils n’en produisent tout au long de leur vie.
La production maximale de temps par les camerounais avoisinne 14 heures par semaine est est atteinte vers 40 ans environ.

* Transfert de temps des travaux ménagers pour les femmes
Avant l’âge de 11 ans, les femmes consomment plus de temps qu’elles n’en produisent. Entre 11 et 78 ans, elles sont plus productrices que consommatrices de temps. L’âge pour lequel elle enregistre le nombre maximal d’heures transférées est 28 ans avec un pic de 22 heures par semaine. Après 80 ans, la tendance s’inverse à nouveau et elles redeviennent plus consommatrice que productrice de temps.

* Transfert de temps des travaux ménagers : femmes vs hommes
De manière générale, les hommes et les femmes consomment le temps de travail ménagers de la même manière tout au long de la vie. Quelques légères différences peuvent être observées en faveur des hommes avant 5 ans, puis autour de 60 ans. Mais elles ne sont pas significatives.
Cependant, en matière de production du temps de travail ménagers, une distinction nette entre les sexes s’observent à partir de 10 ans. A 14 ans, les jeunes filles produisent deux fois plus de temps de travail ménagers que les garçons et ce jusqu’à l’âge de 30 ans environ. Leur production va ensuite chuter puis passer en dessous de celles des hommes après 40 ans pour rebondir vers 60 ans.
Davantage de mesures devrait être prise pour alléger le travail domestique des femmes au cours de la jeunesse.

2. Production et consommation du temps des soins aux membres du ménages

3. Production et consommation du temps de mobilité

5. Estimation du coût total des travaux domestiques (valorisation)

1. Coût des travaux ménagers

Profil moyen de la valeur monétaire de la production du temps dédié aux travaux ménagers :
L'évolution de la valeur monétaire moyenne par individu de la production du temps consacré aux travaux ménagers suit une courbe en cloche tout au long de la vie. Cependant, cette production est plus précoce et plus importante chez les femmes que chez les hommes.
Chez les femmes, la production du temps dédié aux travaux ménagers augmente rapidement à partir de l'âge de 10 ans, atteignant son niveau le plus élevé à 30 ans (160 972 FCFA) avant de diminuer progressivement. Elle est estimée à 62 037 FCFA à l'âge de 83 ans, lorsque la production de temps dédié aux travaux ménagers rejoint sa consommation.
La production du temps pour les travaux ménagers chez les hommes augmente également avec l'âge, atteignant un premier pic à 39 ans (123 855 FCFA). À partir de cet âge, la production de temps dédié aux travaux ménagers diminue légèrement avant de connaître un autre pic à 66 ans (126 337 FCFA). Après cet âge, cette production diminue plus rapidement que chez les femmes.
Les courbes de production du temps pour les travaux ménagers des femmes et des hommes se croisent en deux points, à 62 ans (124 929 FCFA) et à 78 ans (79 215 FCFA). Ces évolutions révèlent une période pendant laquelle la production de temps dédié aux travaux ménagers devient plus importante chez les hommes. L'âge critique de 62 ans pourrait correspondre au départ à la retraite de nombreux hommes, ce qui expliquerait cette augmentation de la production de temps dédié aux travaux ménagers. Cependant, cette prédominance masculine cesse à 78 ans.
Profil moyen de la valeur monétaire de la consommation du temps dédié aux travaux ménagers :
La valeur monétaire moyenne de la consommation du temps dédié aux travaux ménagers varie peu en fonction de l'âge et du sexe des individus, mais elle est généralement plus élevée chez les hommes.
Chez les hommes, la consommation du temps des travaux ménagers en valeur monétaire commence à 80 000 FCFA et diminue jusqu'à son niveau le plus bas vers l'âge de 11 ans (64 044 FCFA) avant de remonter pour se maintenir autour de 80 000 FCFA après l'âge de 25 ans. Cette consommation atteint un pic à l'âge de 66 ans (99 218 FCFA) avant de connaître une baisse.
En ce qui concerne la valeur de la consommation du temps des travaux ménagers chez les femmes, elle semble plus stable. Elle est estimée à environ 56 323 FCFA à la naissance, augmente lentement pour atteindre un premier pic à 22 ans (74 323 FCFA), puis diminue progressivement. Ce premier pic pourrait correspondre à une période d'études ou d'entrée dans la vie professionnelle, nécessitant un soutien accru pour les tâches ménagères chez les femmes. La consommation atteint un deuxième pic à l'âge de 59 ans (73 515 FCFA).
En résumé, l'analyse comparative des valeurs de la production et de la consommation du temps dédié aux travaux ménagers indique que les femmes génèrent un excédent beaucoup plus tôt, avec une amplitude plus importante et sur une période plus longue que les hommes. La période pendant laquelle les femmes présentent un excédent susceptible d'être transféré s'étend de 12 à 83 ans, soit une durée de 71 ans, tandis que chez les hommes, cette période va de 25 à 75 ans, soit une durée de 50 ans.

Profil agrégé de la valeur monétaire de la production et de la consommation du temps dédié aux travaux ménagers :

De façon globale, c’est à partir de 13 ans que les femmes camerounaises produisent plus de temps ménager qu’elle ne consomme alors que pour les hommes il faut attendre jusqu’à l’âge de 23 ans. A partir de ces âges, hommes comme femmes dégagent des surplus de production nette positif durant tout le restant de leurs cycles de vies. L’Analyse comparée des travaux ménagers produits par chaque camerounais suivant le sexe fournit des informations complémentaires ; en effet elle révèle que tout au long de cycle de vie les femmes produisent plus que les hommes. Cependant cette inégalité s’observe sur deux phases : une phase de divergence (de 10 à 24 ans) et une phase de convergence (25 et plus). La phase de divergence entre les deux sexes passe de l’âge minimale à partir duquel les enfants quelques soit leurs sexes, sont à même d’effectuer des tâches ménagères de façon autonome jusqu’à l’âge de 24 ans. Durant cette phase les filles subissent plus de pression dans les ménages comparativement aux garçons. De façon équivalente, en supposant toutes choses restantes égales par ailleurs, les filles Camerounaises par rapport aux garçons, produisent beaucoup plus de temps ménager du primaire jusqu’au supérieur. La production du temps ménager atteint sa valeur maximale respectivement à 24 ans chez la femme et 28 ans chez l’homme pour des montants respectifs de 35 et 18 milliards de Francs CFA. Il s’agit également des âges autour desquels les jeunes camerounais commencent à produire plus qu’ils ne consomment puisque 27 ans est bien compris entre 24 ans et 28 ans. Par conséquent à partir de ce moment les camerounais ont tendance à substituer leurs temps ménager pour la production rémunérée. L’implication directe étant qu’après ces âges la production du temps ménager diminue et entame sa phase de convergence entre les sexes accompagnée d’un mimétisme (temporel) entre les deux courbes. L’Analyse de la consommation du temps ménager au Cameroun, nous révèle trois (03) grandes phases. Durant la première phase, on observe que les garçons consomment plus de temps de la naissance jusqu’aux portes de l’adolescence (13 ans). Cet écart peut s’expliquer par le fait qu’en moyenne les garçons sont beaucoup plus turbulents à la naissance que les filles ; En effet ceux-ci ont pour habitudes de pratiquer des activités physiques (courir, jouer au ballon) alors que les dernières jouer sagement avec leurs poupées. La seconde phase montre une relation inverse entre la consommation des filles et celles des garçons. En effet le début de cette phase (13 ans) marque la période de puberté chez la fille. Ceci explique le transfert dans la consommation (exemple : attention, accompagnée du changement physique) du temps ménager des garçons vers les filles. Cette petite phase de déséquilibre s’estompe totalement à 28 ans. Après cette phase le temps de ménage consommé par les hommes et celui des femmes présente une certaine co-relation convergente jusqu’à la vieillesse.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ANNEXES

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