Evaluation technique et financière du Secrétariat Technique Régional du projet SWEDD
Évaluation technique et financière du Secrétariat Technique Régional du projet SWEDD – ICI-santé, IRESCO, OASYS
RFP numéro UNFPA/WCARO/RFP/18/007
Evaluation technique et financière du Secrétariat Technique Régional du projet SWEDD, Dakar, Sénégal
Rapport définitif
31 mai 2019
Evaluation réalisée par le consortium ICI-Santé/IRESCO/OASYS
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Liste des experts
Experts
Position
Docteur Jean-Pierre GUENGANT
Expert démographe, chef de mission
M. Nicolas de METZ
Expert Logistique des produits de la santé de la reproduction
M. Bayebié François BADO
Expert financier
M. Anthelme Ulrich ADOMBI
Expert financier
M. Tiburce Aimé NYIAMA
Expert Suivi-Evaluation
M. Nicolas de METZ
Expert Logistique des produits de la santé de la reproduction
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Table des matières
Acronymes 4
Listes de tableaux 5
Résumé exécutif, conclusions et recommandations 6
Conclusions 8
Recommandations 10
Introduction 12
1. Contexte 14
2. Méthodologie de l'évaluation 16
3. Résultats de l'évaluation 17
3.1. Pertinence et réactivité 17
3.2. Efficacité 23
3.3. Pérennité et durabilité 31
3.4. Efficacité (volet financier) : 37
3.5. Efficience (volet financier) : 42
3.6. Valeur ajoutée, coordination et positionnement stratégique du STR/UNFPA : 48
3.7. Leçons apprises 59
Annexe 1 : Agenda de la mission 60
Annexe 2 : Guide d’entretien 61
Annexe 3 : Informateurs 64
Annexe 4: Principaux documents consultés 66
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Acronymes
ANO : Avis de Non-Objection
AT : Assistance Technique (du STR)
CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
CCSC : Communication pour le Changement Social et de Comportement
CREFAT : Centre de Recherche en Economie et Finance Appliquées de Thiès
CRP : Comité régional de pilotage
DAP/PAD : Document d’Approbation de Projet / Project Appraisal Document
DBC : Distribution à base communautaire
DD : Dividende démographique
DPVEDD : Déclaration de politique visant à exploiter le dividende démographique
GAR : Gestion Axée sur les Résultats
I2S2D : Indice de Synthétique de Suivi du Dividende Démographique
IDA : Association internationale de développement / International Development Association
LNCM : Laboratoire National du Contrôle des Médicaments
LQAS : Lot Quality Assurance Sampling ou Enquêtes par échantillonnage par lots pour l'assurance de la qualité
NTA : National Transfer Accounts ou Comptes de Transferts Nationaux)
ONG : Organisation non gouvernementale
OSC : Organisation de la société civile
OOAS : Organisation Ouest Africaine de la Santé
PAT : Plan Annuel de Travail
PTAB : Plan de Travail Annuel Budgétisé
PTF: Partenaires Techniques et Financiers
RMNCH : Reproductive, maternal, newborn and child health
SIGL : Système d’information en gestion de la logistique
SPSR : Sécurisation des Produits de la Santé de la Reproduction
SSR : Santé Sexuelle et Reproductive
SR : Santé de la Reproduction
SMNIN : santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle
STR : Secrétariat technique régional
SWEDD : Sahel Women’s Emporwerment and Demographic Dividend / Autonomisation des Femmes
et Dividende Démographique au Sahel
UGP : Unité de Gestion du Projet
UNFPA : Bureau régional du Fonds des Nations unies pour la population pour l’Afrique de l’Ouest et
du Centre (WCARO Western and Central Africa Regional Office)
TDR : Termes de référence
TTL : Task Team Leader (chef de projet) Banque mondiale –
UGP : Unités de Gestion du Projet
UNICEF : Fonds des Nations unies pour l'enfance
USD : Dollars des Etats Unis
Listes de tableaux
Tableau I : principaux indicateurs démographiques et Santé Sexuelle Reproductive 14
Tableau II : Activités planifiées et réalisées par pays et sous-composante en 2017 et 2018 18
Tableau III : illustration de contraintes rencontrées par le STR dans l’exécution des plans d’AT 25
Tableau IV : Résultats atteints au niveau des pays 27
Tableau V : Taux d'exécution programmatique au niveau régional 28
Tableau VI : Résultats planifiés et atteints par composante, 2016-2018 28
Tableau VII : Offre d'AT fournie aux pays du SWEDD par le STR en USD 29
Tableau VIII: Classement des pays selon l’importance de l’AT reçue 30
Tableau IX: Ensemble des réunions régionales de haut niveau 2016-2018, toutes composantes 31
Tableau X : Activités de formation et nombre personnes formées en 2017 34
Tableau XI : Formation et octroi de bourses en analyse statistiques et démographique 35
Tableau XII : Total des fonds versés par les pays à l'UNFPA pour la période 2016-2018 en USD 37
Tableau XIII : Activités planifiées et réalisées par composantes, 2016-2018 38
Tableau XIV : Montants alloués et dépensés en USD par composantes 39
Tableau XV : Répartition des montants alloués et dépensés par composantes 40
Tableau XVI : Résultats planifiés et atteints par année et par composante 42
Tableau XVII : : Ratio résultats atteints et ressources utilisées 43
Tableau XVIII : Dates de signature des conventions et des décaissements du financement de l’AT par les pays 2016-2018 45
Tableau XIX : Exécution des dépenses par rapport aux ressources mobilisées 47
Tableau XX : Exécution des dépenses par rapport aux montants alloués 47
Tableau XXI : Temps additionnel consacré au SWEDD par le personnel de WCARO 49
Tableau XXII : Personnel des bureaux pays consacrant une partie de leur temps au SWEDD 49
Tableau XXIII : Mécanismes et instruments de collaboration et de coordination SWEDD 57
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Résumé exécutif, conclusions et recommandations
Les principaux résultats de l’évaluation sur l’efficacité technique et financière de l’assistance fournie par le STR dans le cadre du SWEDD sont présentés ci-dessous. Ils sont basés sur les constats et conclusions tirés des 21 questions des TDR de l’évaluation, regroupés selon les six critères thématiques de l’évaluation indiqués dans les TDR.
1. Pertinence et réactivité de l’AT
L’assistance technique (AT) fournie par le STR a été globalement pertinente. Elle est aussi bien alignée sur les priorités des pays et sur son mandat. De fait, les services d’AT planifiés sont fondés sur les priorités nationales, en particulier celles aujourd’hui consignées dans les PTA conjoints. Elles adressent les trois composantes du SWEDD. Cependant, la justesse et la complétude des prévisions techniques et financières des PTA n’ont pas toujours été optimales. Aussi, il est nécessaire d’améliorer la prise en compte des spécificités/procédures propres aux différents acteurs, et la nécessaire adaptation des approches régionales au niveau pays.
Le STR s’est aussi assez bien adapté à l’évolution des besoins dans la planification et la mise en œuvre de l’AT aux niveaux des pays et de la région. Malgré le retard de démarrage du projet, le STR a efficacement assuré sa mise en place, et géré l’ajustement programmatique correspondant. Ce résultat a été atteint grâce à la réponse apportée au déficit initial de prise en compte de la complexité du projet, de la faible préparation de la plupart des pays à mettre en œuvre le projet, et des différences entre pays. Cette réponse a consisté essentiellement en un renforcement des savoirs et savoir-faire et des capacités d’adaptation des acteurs au niveau national.
2. Efficacité de l’AT
L'apport de solutions adéquates d’AT selon les demandes nationales est salué. Le caractère proactif du STR a conduit à prêter une attention particulière dans les PTA conjoints mis en œuvre par les bureaux pays et le PTA du STR au contexte de fragilité dans certains pays, et au renforcement des capacités des partenaires de mise en œuvre du projet. En dépit du retard accusé dans le démarrage du projet, la diversité des mécanismes d’AT a permis de répondre adéquatement et promptement aux demandes d'AT des pays. Au niveau des partenaires de mise en œuvre du projet sur le terrain, notamment les ONG-OSC (qui n’ont été contractualisées que récemment), une attention particulière est requise à leur égard pour ajuster les approches et modèles de communication, ainsi que le monitorage des activités pour le changement social avec les populations cibles.
On peut affirmer au regard de la documentation générale et des témoignages recueillis auprès des informateurs de l'évaluation que la performance concernant l’atteinte des résultats est élevée mettant en évidence la solide capacité du STR à mettre en œuvre les activités planifiées dans ses plans d'action.
Le taux d’exécution programmatique est de 90% et les plans d’accélération adoptés en 2017, ont permis une augmentation du taux de décaissement des UGP. Un renforcement et une adaptation par rapport au contexte pays des bureaux pays de l’UNFPA sont toutefois nécessaires pour la mise en œuvre de l’AT de proximité, utile aux UGP, dont certaines ont connu une forte mobilité de tutelle ministérielle et en personnel.
Concernant l’estimation de l’équité de l’AT selon les besoins et contextes des pays, le plus gros investissement, un quart des dépenses d'AT (27%) a été fait au Niger, pays dont l'IDH est le moins élevé, la population la plus importante parmi les cinq pays du Sahel, et pour lequel le financement initialement prévu était aussi le plus important, entièrement sous forme de prêt. Viennent ensuite le Mali (20% des dépenses) dont le financement est aussi sous forme de prêt, puis le Burkina Faso (17% des dépenses) avec un financement mixte don et prêt, la Côte d’Ivoire (15% des dépenses), le Tchad (13% des dépenses) avec un financement sous forme de prêt, et enfin la Mauritanie (8% des dépenses) qui a la plus petite population, le niveau d'IDH le plus élevé, et qui bénéficie d’un don avec contrepartie. Au regard de ces critères, on peut raisonnablement affirmer que l’AT fournie aux pays l’a été de manière équitable, compte tenu des spécificités propres à chaque pays.
3. Pérennité et durabilité
L’AT fournie par l’UNFPA/STR a permis un transfert efficace de compétences, notamment en ce qui concerne les capacités pour la passation des marchés, et les capacités à rédiger les plans de travail et les sous-projets à soumettre à la Banque mondiale. Les actions de l’UNPFA.STR ont aussi abouti à plusieurs résultats probants pérennes dont la transformation de trois institutions de formation de sages-femmes en centres d’excellence (Enseignement désormais basé sur le système LMD), l’existence d’un laboratoire de contrôle qualité des produits SRMNIN certifié ISO dans l’espace des pays SWEDD, et le renforcement de plusieurs institutions Africaines. Elles ont conduit aussi à la constitution d’un pool d’experts en CCSC, sur les questions relatives à l’autonomisation économique, à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, dans les stratégies communautaires concernant les clubs de maris et futurs maris ainsi que sur les Comptes de Transferts Nationaux. Ce renforcement des compétences constitue une base de durabilité pour la poursuite des activés correspondantes sans AT.
Cependant, les besoins d’AT supplémentaires exprimés de manière quasi unanime par nos informateurs dans le champ huit sous-composantes du projet indiquent qu’il est encore trop tôt pour conclure que les actions entreprises depuis 2018, ont conduit dans la plupart des domaines couverts par le SWEDD à des résultats pérennes permettant aux pays de continuer la mise en œuvre des activités du projet et obtenir les résultats escomptés sans AT. La forte mobilité du personnel parmi les parties prenantes (UGP, Ministères et ONG, OSC), et le maintien des personnels après les formations diplômantes reçues dans leur statut antérieur, pose aussi le problème de l’utilisation effective, efficace et durable des compétences et outils fournis par le STR.
4. Efficacité (volet financier)
Conformément à leurs engagements contractuels, les pays SWEDD ont effectivement versé chaque année à l’UNFPA/STR, 13% des fonds reçus de l’IDA de la Banque mondiale, même si des retards récurrents sont à déplorer. Au 31 décembre 2018, l’UNFPA a ainsi perçu trois tranches d’avances de 5,2 millions de dollars US chacune, soit un total de 15,6 millions sur les 26 millions prévus pour la durée du projet. Cela a permis au STR d’avoir dans l’ensemble, un niveau de réalisation des activités globalement satisfaisant. Le taux d’exécution des activités planifiées pour les trois années considérées s’établit à 90%%, et il a considérablement augmenté entre 2016 et 2018. Cependant, seulement 77% des montants alloués pour la réalisation des activités du STR ont été dépensés au cours de la même période.
Les taux d’exécution financière de la composante 3 supérieur à 100% en 2017 et 2018 sont expliqués par le caractère dynamique de la planification induite par le STR en accord avec les pays et la Banque mondiale. En fait, la composante 3 du projet supporte aussi bien l’ensemble des coûts liés au personnel (coûts régulièrement croissants du fait des opérations du projet), des frais liés au fonctionnement (communication, fourniture de bureau, achat de matériel) ainsi que le financement des PTA non prévu dans le projet initial. Pour de raisons de clarification, il serait opportun d’adopter une ventilation des dépenses plus conforme à leur répartition par composante avec notamment une affectation des postes de dépenses de fonctionnement (salaires des personnels, missions…) en fonction des composantes auxquelles elles se rapportent.
Fin 2018 les dépenses effectuées pour la réalisation des activités du STR s’élevaient à 12°373°783,83 USD soit 48% des 26 millions de dollars US prévus, ce qui laisse un solde à percevoir (et à justifier) confortable de 13 626 216,17 USD, ce qui justifie l’extension du projet sans fonds supplémentaires.
5. Efficience
Le taux d’atteinte des résultats planifiés (milestones) a augmenté entre 2016 et 2018, passant de 73% en 2016, à 80% en 2017, et à 96% en 2018. Aussi, le taux d’exécution des activités planifiées pour les trois années considérées s’établit à 90%, et il a considérablement augmenté entre 2016 et 2018. Mais seulement 77% des montants alloués pour la réalisation des activités du STR ont été dépensés au cours de la même période. On peut donc dire globalement que la gestion des ressources financières allouées au STR a été efficiente.
Les dépenses effectuées pour la mise en œuvre des différentes activités des trois composantes sont aussi restées inférieures aux montants alloués à chacune d’entre elle sur les trois années. Toutefois l’évolution des taux d’exécution financière est contrastée selon les composantes. Ce taux a augmenté régulièrement pour la composante 3, passant de 71% en 2016 à 109% en 2017, puis à 108% en 2018. Pour la composante 1, le taux d’exécution financière a augmenté de 49% en 2016 à 63% en 2018, après un taux très bas : 34% en 2017. Enfin le taux d’exécution financière de la composante 2 est passé après un maximum de 90% en 2016, à 30% en 2017, pour se relever à 49% en 2018, ce qui reste néanmoins le taux le plus faible des trois composantes. Le redressement des niveaux d’exécution entre 2017 et 2018 pour les composantes 1 et 2, est la conséquence des actions de l’UNFPA/STR en 2017 pour accélérer la mise en œuvre du projet.
L’expertise fournie par le STR dans le cadre de son appui technique au niveau régional a été appréciée. Les profils des consultants ont été jugés adéquats et répondant aux besoins. L’apport de l’appui technique au niveau des procédures de passations de marchés a été particulièrement apprécié.
Au total, diverses contraintes au niveau du STR (lenteur du recrutement des personnels, décaissements tardifs des fonds par les pays …) et au niveau des pays (changements de Ministres en charge du SWEDD, changements de responsables des UGP, lourdeur des procédures nationales …) ont retardé le démarrage du projet. Cependant les réponses apportées par le STR/UNFPA peuvent être jugées satisfaisantes.
6. Valeur ajoutée, coordination et positionnement stratégique du STR/UNFPA
Les informations recueillies font ressortir l’importance du temps que consacre le personnel du Bureau régional (hors personnel STR) et des bureaux pays de l’UNFPA à la mise en œuvre des activités du SWEDD. La localisation du STR au Bureau régional à Dakar lui permet de partager ses bureaux et de bénéficier de sa logistique : facilités de communication, de sécurité, de logistique, et appui administratif. Le partage des bureaux avec le Bureau régional permet aussi au personnel du STR de partager l’expérience des autres professionnels du bureau. Plus globalement, ce positionnement permet au STR et au SWEDD de capitaliser sur la valeur ajoutée de l’UNFPA, organisation spécialisée des Nations unies qui a une longue expérience sur les thématiques du SWED.
Les inconvénients du positionnement du STR à Dakar qui sont cités par certains informateurs relèvent surtout de la confusion qu’ils font entre le projet SWEDD et le STR d’une part, et l’UNFPA d’autre part. En bref, ils souhaiteraient que le SWEED et le STR soient visibles en tant que tel, localisé dans un pays du SWEDD et ne soit pas vu, selon eux, comme un simple démembrement de l’UNFPA et de son Bureau régional de Dakar. Ce point de vue ignore le fait que le STR n’est pas une institution, pas plus que le SWEDD. Ceci dit, les avantages d’une relocalisation du STR dans un pays du SWEDD, n’apparaissent pas vraiment convaincants pour une majorité des informateurs, et une telle relocalisation entrainerait des frais considérables.
L’UNFPA/STR a contribué significativement à l’efficacité de la synergie entre les institutions régionales, par rapport au mandat de secrétariat du CRP à travers diverses interventions régionales et de coordination de l’AT dans la région. Les communiqués finaux des réunions du CRP qui se sont tenues depuis novembre 2015, attestent à la fois des travaux effectués par le CRP et par les comités techniques. L’attribution de responsabilités complémentaires au STR avec l’inscription d’activités de supervision et de validation des activités et demandes de financement des UGP a permis d’améliorer l’interaction entre les partenaires. Les recommandations des CRP et l’encadrement des travaux des comités techniques sont relativement bien pris en compte dans les activités prévues dans les PTA de l’UNPFA/STR.
On notera cependant la faiblesse du reporting et du suivi par rapport aux actions d’appui aux instances de coordination, Ainsi, on note l’absence d’un outil de suivi des travaux et des résolutions / recommandations du CRP et au niveau des travaux spécifiques des six comités techniques. Il faut souligner aussi la faiblesse de la lisibilité de l’action des CNP/Pays et les difficultés à concilier les agendas gouvernementaux et ceux du programme.
Conclusions
L’évaluation technique et financière du STR, quoique réalisée dans des délais très courts, a pu néanmoins atteindre ses objectifs, à savoir : présenter les résultats préliminaires de l’évaluation au Conseil Régional de Pilotage le 29 mars 2019 à Abidjan, et finaliser un rapport d’évaluation couvrant les 21 questions posées dans les TDR.
Les principaux résultats de l’évaluation, selon les six thématiques des TDR sont les suivants :
Concernant la pertinence et la réactivité de l’AT, l’évaluation conclut que l’assistance technique fournie par le STR a été globalement pertinente et correctement alignée sur les priorités des pays et sur son mandat. Le STR s’est aussi assez bien adapté à l’évolution des besoins dans la planification et la mise en œuvre de l’AT aux niveaux des pays et de la région. Cependant, la justesse et la complétude des prévisions techniques et financières des PTA n’ont pas toujours été optimales. Aussi, il est nécessaire d’améliorer la prise en compte des spécificités/procédures propres aux différents acteurs, et la nécessaire adaptation des approches régionales au niveau pays.
Dans des contextes nationaux différents à plusieurs égards et susceptibles de changements rapides, il convient de renforcer les mécanismes de communication et de planification entre le STR, les bureaux pays de l’UNFPA et les UGP pour assurer une meilleure planification des activités régionales et d'appui aux pays.
Sur l’efficacité de l’AT, la diversité des mécanismes d’AT a permis de répondre adéquatement et promptement aux demandes d'AT des pays. Le STR a démontré sa solide capacité à mettre en œuvre les activités planifiées dans ses plans d'action. Cette assistance fournie aux pays l’a été de manière équitable, compte tenu des spécificités de chaque pays.
L’optimisation de l’efficacité de l’AT requiert cependant d’harmoniser les calendriers des réunions de planification des activités en finalisant les PTAB et PTA conjoints au plus tard en novembre de l’année n-1 pour approbation par les CNP en décembre, puis examen et approbation par le CRP au mois de janvier suivant.
Parallèlement, il conviendra de négocier avec les parties prenantes un décaissement plus rapide des pays vers l'UNFPA, ainsi qu’un calendrier de versement du STR vers les bureaux pays de l’UNFPA, permettant une disponibilité adéquate des moyens à mettre en œuvre pour l'exécution des plans annuels, tant au niveau régional qu’au niveau des pays.
Au niveau des partenaires de mise en œuvre du projet sur le terrain, notamment les ONG-OSC (qui n’ont été contractualisées que récemment), une attention particulière est requise à leur égard pour ajuster les approches et modèles de communication, ainsi que le monitorage des activités pour le changement social avec les populations cibles. Il convient de les impliquer davantage dans la programmation des activités, en les faisant participer aux réunions et activités des instances du Projet (Comités Nationaux de Pilotage, CRP etc.).
En termes de pérennité et durabilité de l’AT fournie par l’UNFPA/STR, celle-ci a permis un transfert efficace de compétences. Les actions de l’UNPFA.STR ont ainsi abouti à plusieurs résultats probants pérennes comme la création de capacités au niveau national pour la passation des marchés, la rédaction de sous-projets, la transformation de trois institutions de formation de sages-femmes en centres d’excellence, et le renforcement de plusieurs institutions Africaines. Elles ont conduit aussi à la constitution de pools d’experts en CCSC et sur les Comptes de Transferts Nationaux. Ce renforcement des compétences constitue une base de durabilité pour la poursuite des activés correspondantes sans AT. Toutefois des besoins d’AT supplémentaires sont exprimés de manière quasi unanime par nos informateurs dans les huit sous-composantes du projet. La forte mobilité du personnel parmi les parties prenantes (UGP, Ministères et ONG, OSC), et le maintien des personnels après les formations diplômantes reçues dans leur statut antérieur, pose le problème de l’utilisation effective, efficace et durable des compétences et outils fournis par le STR.
C’est pourquoi, il convient de s’assurer que les ressources humaines formées dans le cadre du SWEDD sont effectivement et correctement utilisés et en mesure de se réapproprier les compétences et outils fournis par le STR.
Au sujet de l’efficacité-financière, conformément à leurs engagements contractuels, les pays SWEDD ont effectivement versé chaque année à l’UNFPA/STR, 13% des fonds reçus de l’IDA de la Banque mondiale, même si des retards récurrents sont à déplorer. Cela a permis au STR d’avoir dans l’ensemble, un niveau de réalisation des activités globalement satisfaisant. Les taux d’exécution financière de la composante 3 supérieur à 100% en 2017 et 2018 sont expliqués par le caractère dynamique de la planification induite par le STR en accord avec les pays et la Banque mondiale. En fait, la composante 3 du projet supporte aussi bien l’ensemble des coûts liés au personnel (coûts régulièrement croissants du fait des opérations du projet), des frais liés au fonctionnement (communication, fourniture de bureau, achat de matériel) ainsi que le financement des PTA non prévu dans le projet initial.
Pour de raisons de clarification, il serait opportun d’adopter une ventilation des dépenses plus conforme à leur répartition par composante avec notamment une affectation des postes de dépenses de fonctionnement (salaires des personnels, missions…) en fonction des composantes auxquelles elles se rapportent.
En termes d’efficience-financière, le taux d’atteinte des résultats planifiés (milestones) a augmenté entre 2016 et 2018, passant de 73% en 2016, à 80% en 2017, et à 96% en 2018. Aussi, le taux d’exécution des activités planifiées pour les trois années considérées s’établit à 90%, et il a considérablement augmenté entre 2016 et 2018. Mais seulement 77% des montants alloués pour la réalisation des activités du STR ont été dépensés au cours de la même période. On peut donc dire globalement que la gestion des ressources financières allouées au STR a été efficiente L’expertise fournie par le STR dans le cadre de son appui technique au niveau régional a été appréciée. Les profils des consultants ont été jugés adéquats et répondant aux besoins. L’apport de l’appui technique au niveau des procédures de passations de marchés a été aussi très apprécié. Malgré, les diverses contraintes rencontrées au niveau du STR (lenteur du recrutement des personnels, décaissements tardifs des fonds par les pays …), et au niveau des pays (changements de Ministres, de responsables des UGP, lourdeur des procédures nationales …) les réponses apportées par le STR/UNFPA peuvent être jugées satisfaisantes.
Toutefois, avec la montée en charge du projet, l’adhésion au SWEDD du Bénin, et la perspective de nouvelles adhésions, le besoin de nouveaux recrutements se fait sentir. Il convient donc d’estimer le nombre et le profil des ressources humaines nécessaires au niveau des bureaux pays de l'UNFPA et du STR pour répondre aux besoins croissants des UGP et des parties prenantes, et développer des partenariats innovants pour mobiliser des ressources additionnelles.
Concernant enfin la valeur ajoutée par le STR, son rôle de coordination et son positionnement stratégique au sein du Bureau régional de l’UNPPA, le STR a contribué significativement à l’efficacité de la synergie entre les institutions régionales par rapport à son mandat de secrétariat du CRP au travers de diverses interventions régionales et de coordination de l’AT dans la région. La localisation du STR au Bureau régional de l’UNFPA à Dakar lui permet de partager ses bureaux et de bénéficier de sa logistique. Le partage des bureaux avec le Bureau régional permet aussi de mobiliser pour le SWEDD une part non négligeable du temps de travail des personnels non SWEDD du Bureau. Elle permet également au personnel du STR de partager l’expérience d’autres professionnels confirmés. Plus globalement, ce positionnement permet au STR et au SWEDD de capitaliser sur la valeur ajoutée de l’UNFPA, organisation spécialisée des Nations unies qui a une longue expérience sur les thématiques du SWEDD. Les inconvénients du positionnement du STR à Dakar qui sont cités par certains informateurs relèvent surtout de la confusion qu’ils font entre le projet SWEDD et le STR d’une part, et l’UNFPA d’autre part.
Il convient à ce sujet d’expliquer chaque fois que nécessaire la logique et les avantages majeurs pour l’atteinte des objectifs du projet au niveau des pays comme au niveau régional, du positionnement stratégique et géographique du STR au sein du Bureau régional, de l’UNFPA.
Parallèlement, il convient de rappeler en tant que de besoin le statut de l’UNFPA et le mandat du STR en détaillant précisément les rôles et fonctions de ce dernier et ceux des bureaux pays de l’UNFPA auprès des CNP et des UGP.
Enfin, afin que la valeur ajoutée par le STR soit davantage reconnue, il convient d’assurer une meilleure visibilité et une accessibilité au grand public des résultats/publications du projet au niveau régional et au niveau des pays, notamment les profils et les études sur le Dividende Démographique, et les notes de politique.
Recommandations
Recommandation 1 : Expliquer chaque fois que nécessaire la logique et les avantages majeurs pour l’atteinte des objectifs du projet au niveau des pays comme au niveau régional, du positionnement stratégique et géographique du STR au sein du Bureau régional, de l’UNFPA.
Recommandation 2 : Rappeler en tant que de besoin le statut de l’UNFPA et le mandat du STR en détaillant précisément les rôles et fonctions de ce dernier et ceux des bureaux pays de l’UNFPA auprès des CNP et des UGP.
Recommandation 3 : Harmoniser les calendriers des réunions de planification des activités pour une plus grande efficacité en finalisant les PTAB et PTA conjoints au plus tard en novembre de l’année n-1 pour approbation par les CNP en décembre, puis examen et approbation par le CRP au mois de janvier suivant.
Recommandation 4 : Négocier avec les parties prenantes un décaissement plus rapide des pays vers l'UNFPA, ainsi qu’un calendrier de versement du STR vers les bureaux pays de l’UNFPA, permettant une disponibilité adéquate des moyens à mettre en œuvre pour l'exécution des plans annuels, tant au niveau régional qu’au niveau des pays.
Recommandation 5 : Adopter une ventilation des dépenses du STR plus conforme à leur répartition par composante avec notamment une affectation des postes de dépenses de fonctionnement (salaires des personnels, missions…) en fonction de leur finalité.
Recommandation 6 : Estimer le nombre et le profil des ressources humaines nécessaires au niveau des bureaux pays de l'UNFPA et du STR pour répondre aux besoins croissants des UGP et des parties prenantes, et développer des partenariats innovants pour mobiliser des ressources additionnelles.
Recommandation 7 : Renforcer les mécanismes de communication et de planification entre le STR, les bureaux pays de l’UNFPA et les UGP pour assurer une meilleure planification des activités régionales et d'appui aux pays.
Recommandation 8 : Sensibiliser les ONG et les OSC aux objectifs du SWEDD, et les impliquer davantage dans la programmation des activités, en les faisant participer aux réunions et activités des instances du Projet (Comités Nationaux de Pilotage, CRP etc.).
Recommandation 9 : S’assurer que les ressources humaines formées dans le cadre du SWEDD sont effectivement et correctement utilisées et en mesure de se réapproprier les compétences et outils fournis par le STR, et proposer un plan de dévolution des compétences pour corriger les insuffisances constatées.
Recommandation 10 : Assurer une meilleure visibilité et une accessibilité au grand public des résultats/publications du projet au niveau régional et au niveau des pays, notamment les profils et les études sur le Dividende Démographique, et les notes de politique.
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Introduction
Cette évaluation fait suite à une recommandation du Comité Régional de Pilotage du projet SWEDD (Sahel Women’s Empowerment and Demographic Dividend) qui s’est tenu du 26 Février au 1er mars 2018, à Bamako au Mali demandant de « Procéder à une évaluation technique et financière du Secrétariat Technique Régional » (STR).
Le contenu de l’Assistance Technique (AT) du STR et sa contribution à l’atteinte de l’objectif global du projet SWEDD qui est : « d’accélérer la transition démographique, de déclencher le dividende démographique et de réduire les inégalités de genre dans la région du Sahel » n’est donc pas concerné par cette évaluation « technique et financière ». Il ne s’agit donc pas d’une évaluation de l’atteinte de l’objectif global du projet et de ses objectifs spécifiques.
Lancé en novembre 2015 à Niamey le projet SWEDD dont les composantes et sous-composantes sont présentées dans l’encadré ci-dessous a concerné jusqu’à fin 2018 six pays (Burkina-Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Il est doté d’un budget total de 26 millions de dollars US. Le dispositif de mise en œuvre et de coordination de ce projet régional qui implique outre les six pays cités, un bailleur de fonds principal, la Banque mondiale / IDA (International Development Association), et deux agences inter-gouvernementales (l'une du système des Nations unies, l’UNFPA, l'autre de la CEDEAO, l’OOAS) est complexe. De plus, la Mauritanie et le Tchad, ne sont pas membres de la CEDEAO et de ce fait, pas membres de l'OOAS. Les « dispositions institutionnelles et de mise en œuvre » du projet sont décrites dans le DAP/PAD (Document d’Approbation de Projet ou Project Appraisal Document) et reprises dans le Manuel Opérationnel Régional élaboré en 2016.
Concernant les flux financiers, les fonds de l'IDA/Banque mondiale sont transférés d'une part à chacun des pays, d'autre part à l'OOAS selon le schéma ci-dessous :
Les pays exécutent les composantes nationales du projet et transfèrent une part des fonds reçus (13%) à l'UNFPA pour l'assistance technique. Le Bureau régional de l'UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de Dakar où est localisé le STR engage les dépenses relatives aux activités d'AT.
On notera que le principe de transfert d'une partie des fonds d'AT aux bureaux pays de l’UNFPA pour l'AT locale a été décidé et mis en œuvre à partir de 2017 lorsque fut décidée l'accélération du projet par la mise en œuvre de plans conjoints spécifiques dans chacun des pays, renforçant ainsi le rôle des bureaux pays de l'UNFPA dans l'appui et la facilitation de l'exécution du projet.
L’évaluation a couvert les années 2016, 2017 et 2018 et elle a été réalisée entre le 14 mars et le 30 avril 2019 dans un temps très court compte tenu de la complexité du projet et de l’importance des matériaux à analyser. Du 14 au 20 mars, les évaluateurs ont enchainé réunions et échanges avec le personnel du Bureau régional et du STR pour finaliser le rapport de démarrage et le guide d’entretien, puis conférences et échanges téléphoniques avec différents acteurs du SWEDD du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad. Ensuite du 21 au 25 mars ils ont participé à des réunions et échanges au Mali et en Côte d’ivoire avec différentes parties prenantes, puis ils ont participé les 26-27-28 mars à Abidjan à la réunion régionale des coordonnateurs du projet, tout en préparant parallèlement la présentation des résultats préliminaires de leur évaluation pour la réunion du CRP qui a été effectivement délivrée comme prévu le 29 mars. Courant avril les évaluateurs ont travaillé à distance sur l’abondante documentation collectée. S’ils ont demandé et obtenus sans difficultés du STR des compléments d’informations, ils ont été confrontés au manque de taxinomie ou classification de nombre de documents souvent présentés selon des formats variables selon les années et les pays.
Malgré ces difficultés, nous devons souligner ici la disponibilité, l’excellent accueil, et l’appui essentiel apportés aux évaluateurs par les personnels du STR et du Bureau régional de Dakar, ainsi que par les personnels des représentations pays de l’UNPFA pour l’organisation dans des délais extrêmement courts des télé conférences, et l’organisation au Mali et en Côte d’Ivoire des déplacements, réunions et rendez-vous de la mission. Que toutes/tous ces collègues en soient ici très chaleureusement remerciées.
ENCADRE : Composantes et sous-composantes du SWEDD
Composante 1 : Améliorer la demande pour les services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle en favorisant les changements sociaux et comportementaux et l’autonomisation des femmes et des adolescentes.
Composante 2 : Renforcer les capacités régionales pour la mise à disposition des produits de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle (SRMNIN) et de personnel qualifié.
Composante 3 : Favoriser l’engagement politique et renforcer la capacité d’élaboration des politiques liées au dividende démographique et la mise en œuvre du Projet.
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Sous composante 1.1. Lancer une campagne médiatique régionale.
Sous composante 1.2. Mettre en place un fonds régional pour la conception, le financement et l'évaluation des programmes autonomisation femmes et filles.
Sous composante 2.1. Encourager l'harmonisation régionale de l'enregistrement et du contrôle qualité de produits nutritionnels et de santé de reproduction maternelle, néonatale, infantile (RMNCHN*).
Sous composante 2.2. Renforcer les efforts des pays pour améliorer la performance de leur chaîne d'approvisionnement RMNCHN*.
Sous composante 2.3. Créer un monitoring régional des stocks de produits contraceptifs.
Sous composante 2.4. Appuyer les institutions de formation des sages-femmes rurales dans les pays cibles pour améliorer la qualité et augmenter le nombre de sages-femmes et autres personnels impliqués dans la santé RMNCHN*.
Sous composante 3.1. Renforcer la sensibilisation et l'engagement politique en matière de RMNCHN* aux niveaux régional et national (a : Créer un suivi régional et un mécanisme de reddition de comptes sur le dividende démographique, b) Aide à la création ou au renforcement des réseaux régionaux existants avec parlementaires, chefs religieux/traditionnels, OSC.
Sous composante 3.2. Renforcer les capacités d'élaboration des politiques, de suivi et d'évaluation liées aux questions de dividendes démographiques.
Sous composante 3.3. Renforcer capacités de mise en œuvre projet.
Note * RMNCHN Reproductive, Maternal, Newborn and Child Health
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1. Contexte
Le Sahel est l’une des régions les plus pauvres au monde, où l’extrême pauvreté, les changements climatiques, les conflits armés et l’insécurité menacent la vie de millions de personnes. Le manque d’opportunités économiques, en particulier pour les jeunes, combiné avec la faiblesse des services sociaux de base et l’absence de filets sociaux rendent les populations plus vulnérables à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition, à la radicalisation et aux maladies.
Dans la plupart des pays de la région, les efforts de croissance économique remarquables observés au cours des deux dernières décennies, avec des taux de croissance de l’ordre de 5% par an, sont anéantis par des taux de croissance démographique rapide qui accentuent la pauvreté en amenuisant les revenus par habitant. Des milliers de femmes meurent chaque année de causes évitables liées à la grossesse. Alors que les avantages de la scolarisation sont bien reconnus, dans certains pays, des millions d’enfants sont privés d’éducation et se retrouvent dans la rue à cause des conflits qui limitent leurs possibilités d’accès à l’école.
Pour apporter une réponse à ces défis et améliorer le bien-être des populations de la région du Sahel, le projet « Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel » (SWEDD) a été développé à l’initiative du Président Mahamadou Issoufou du Niger, à qui les autres Chefs d’Etats se sont joints pour sa mise en place, avec pour principal objectif : « l’accélération de la transition démographique en vue de créer les conditions d’un Dividende Démographique (DD) à travers le renforcement de l’autonomisation des femmes ». Il s’agit d’un Projet d’envergure régionale qui a regroupé jusqu’à fin 2018 six pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).
Les trois composantes et huit sous-composantes du SWEDD (voir encadré en Introduction) prévoient diverses actions permettant d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. Le tableau d’indicateurs ci-dessous illustre l’ampleur des défis à relever pour accélérer la transition démographique et renforcer l’autonomisation des femmes.
Tableau I : principaux indicateurs démographiques et Santé Sexuelle Reproductive
Indicateurs
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Mali
Mauri-tanie
Niger
Tchad
Population en 2015 (en milliers)
18 111
23 108
17 468
4 182
19 897
14 009
Population en 2030 (en milliers)
27 382
33 337
27 057
6 077
34 994
21 460
Fécondité, enfants par femmes 2015
5,44
4,98
6,15
4,74
7,29
6,05
Nbre idéal d'enfants chez les 20-24 ans
4,9
4,8
5,5
5,5
8,6
7,7
Demande en planification familiale
40,7
45,3
36,3
40,1
29,9
28,6
% de la demande en espacement
70,3%
73,5%
70,8%
70,6%
86,0%
81,1%
IDH 2015/ rang sur 188 pays
185
171
175
157
187
186
Inégalité de genre 2015/rang sur 159pays
146
155
157
147
157
157
Sources : United Nations, World Population Prospects 2017, EDS, UNDP Human Development Report 2016
Avec la poursuite des tendances actuelles, c’est à dire une transition démographique lente, la population des six pays SWEED qui était estimée à 97 millions en 2015 devrait atteindre selon les projections 2017 des Nations unies 150 millions en 2030, c’est-à-dire augmenter de 55%. Certes, la fécondité qui en 2015 variait en gros de 5 enfants par femme (4,7 en Mauritanie) à plus de 7 enfants au Niger, devrait diminuer, mais lentement, d’un enfant par femme environ d’ici 2030, toujours selon les projections tendancielles 2017 des Nations unies.
Cette fécondité élevée est le résultat comme l’indique le Document de Projet (DAP/PAD) de plusieurs facteurs, dont la faible autonomisation des femmes, leurs faibles niveaux d’éducation et une faible utilisation de la contraception.
Concernant la contraception, il faut souligner que sa faible utilisation est liée à une demande faible. En effet, selon les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), seulement entre 30% et 45% des Sahéliennes en union de 15 à 49 ans expriment un besoin en contraception, contre 60-70 à 90% dans les pays émergents. Cela veut dire qu’en gros entre une femme sur deux et une femme sur trois au Sahel n’expriment aucun besoin en la matière. Ceci est lié à un désir d’enfants toujours très fort, y compris chez les jeunes femmes (y compris parmi celles qui sont éduquées). Ainsi, selon les résultats des dernières EDS, les jeunes filles de 20 à 24 ans donnent toujours des nombres idéals d’enfants se situant entre 5 et près de 9 enfants. Il est difficile dans ces conditions d’anticiper une accélération de la transition démographique, d’autant plus que la faible demande exprimée en contraception l’est essentiellement pour des raisons d’espacement (entre 70% et 86%). Le graphique ci-dessous illustre selon les résultats de 71 EDS réalisées dans divers pays en développement, la relation entre la demande exprimée en contraception et le pourcentage de la demande en espacement.
Source : Guengant J-P ; Afrique subsaharienne : faut-il accélérer la baisse de la fécondité pour atteindre le dividende démographique et l'émergence économique ? Paris : IEDES, 2019, p. 89-102. (Monographies Sud-Nord ; 9)
Figure 1 : résultats des EDS sur la demande en contraception et sur la demande
Comme on peut le voir, la demande exprimée en contraception dans les pays d’Asie et d’Afrique du Nord et d’Amérique latine, qui ont quasiment tous achevé leur transition démographique, se situe entre 60-70 et 90%. Mais la demande à des fins d’espacement y représente moins de la moitié de la demande exprimée (en moyenne un tiers). Par contraste, la faible demande dans les pays SWEDD est essentiellement une demande en espacement, ce qui semble indiquer que les Sahéliennes voient aujourd’hui la planification familiale et la contraception essentiellement comme un moyen d’espacer les naissances pour réaliser dans de meilleures conditions le nombre idéal d’enfants toujours élevé qu’elles indiquent lors des enquêtes.
Ces dimensions essentielles : faiblesse de la demande exprimée, persistance d’un fort désir d’enfants, et demande essentiellement aux fins d’espacement sont déjà partiellement prises compte dans le projet SWEDD. Elles méritent cependant de l’être davantage si l’on veut atteindre l’objectif d’accélération de la transition démographique, notamment dans les campagnes pour le changement de comportement et les autres activités des diverses composantes et sous-composantes du projet. En effet, sans changement des normes sur la taille de la famille et sur la perception de la contraception (qui concerne à la fois espacement et maîtrise de la fécondité), les taux de prévalence contraceptive risquent fort de rester de l’ordre de 45 à 50%, et la fécondité de stagner entre 4 et 5 enfants par femme comme cela a été observé dans plusieurs pays (notamment au Kenya et au Ghana, malgré l’antériorité de leurs politiques de population). Les récentes augmentations de la fécondité révélées par les dernières EDS réalisées au Mali et au Bénin doivent interpeller à ce sujet.
En clair, la recherche de l’accélération de la transition démographique et de la capture du Dividende Démographique, doivent s’appuyer sur des analyses fines et une claire indentification des leviers à mettre en œuvre.
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2. Méthodologie de l'évaluation
Comme indiqué en Introduction, l’évaluation technique et financière du STR a été réalisée en deux temps. Du 14 mars au 29 mars, les évaluateurs se sont rendus successivement au Sénégal au Bureau régional de l’UNFPA à Dakar où se trouve le STR, puis à Bamako au Mali et à Abidjan en Côte d’Ivoire. A l’occasion de ces déplacements, ils ont collecté une documentation abondante et échangé avec divers informateurs impliqués dans la mise en œuvre du SWEDD. Puis le mois d’avril a été consacré à l’analyse des matériaux collectés (notes des entretiens, documents collectés en mars complétés par des documents complémentaires) et à la rédaction du rapport provisoire de l’évaluation. Enfin après partage à Dakar avec les personnels du Bureau régional et du STR, et prise en compte des diverses remarques formulées sur le rapport provisoire et de données foncières mises à jour (notamment pour l’exercice 2018), le présent rapport a été finalisé.
Tel qu’indiqué dans le rapport de démarrage[1], cette évaluation qui couvre les années 2016, 2017 et 2018 a utilisé une approche méthodologique participative combinant la collecte de données qualitatives et quantitatives de nature primaire et secondaire. Les échanges au Bureau régional de Dakar se sont faits, soit à l’occasion d’entretiens individuels, soit lors de réunions. Pour les quatre pays SWEDD non visités par les évaluateurs (Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Tchad), les échanges se sont faits par entretiens individuels par téléphone ou par conférences téléphoniques à partir du Bureau régional de Dakar. Ces échanges ont impliqué essentiellement les personnels des bureaux pays de l’UNFPA appuyant la mise en œuvre du SWEDD, et les responsables des UGP (Unité de Gestion du Projet) et leurs collaborateurs, et dans certains cas avec des bénéficiaires du projet (Ministères essentiellement). Dans les deux pays visités (Mali, Côte d’Ivoire), les échanges se sont faits à l’occasion d’entretiens individuels directs, et lors de réunions avec les personnels concernés des bureaux de l’UNFPA, avec les responsables des UGP et leurs collaborateurs, et avec des bénéficiaires du projet (Ministères et ONG/OSC). Au Mali, les évaluateurs se sont entretenus avec le Ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire (Président du Comité Régional de Pilotage de mars 2018 à mars 2019), et en Côte d’Ivoire, ils ont échangé avec le chef de Cabinet de la Ministre de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté et ses collaborateurs. Les évaluateurs se sont également entretenus avec les trois chefs de projet (Task Team Leader – TTL) de la Banque mondiale chargés du SWEDD respectivement pour le Mali et le Tchad, pour le Niger, et pour le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie. Au total, les évaluateurs ont échangé avec une centaine de personnes ou informateurs.
Les entretiens avec ces informateurs ont été conduits selon le Guide d’entretien (voir Annexe 2) qui reprend les 21 questions évaluatives des TDR de l’évaluation et les hypothèses et indicateurs qui leur sont associés.
La démarche évaluative adoptée a été la suivante : 1) pour l’évaluation technique, aux 14 questions concernées portant sur la pertinence/réactivité, l’efficacité; la durabilité/pérennité, et la valeur ajoutée de l’AT, on a associé une ou plusieurs hypothèses de vérification, et un ou plusieurs indicateurs ; 2) pour l’évaluation financière, aux 7 questions concernées portant sur l’efficacité et l’efficience, on a associé une ou plusieurs hypothèses de vérification et un ou plusieurs indicateurs. On a vérifié ensuite si les indicateurs retenus, confirmaient ou non les hypothèses posées, et fait une synthèse de cette confrontation entre hypothèses et indicateurs.
A partir de là, des conclusions ont été tirées par rapport aux six critères thématiques de l’évaluation : pertinence/réactivité, efficacité, durabilité/pérennité, valeur ajoutée d’une part, et efficacité et efficience d’autre part. Ceci a permis d’identifier les forces et faiblesses, opportunités et menaces associées au projet, puis de faire des constats et tirer des conclusions sur la validité des hypothèses initiales, retenir quelques leçons et identifier les bonnes pratiques, afin in fine d’élaborer des recommandations pour l’amélioration de l’AT.
On notera cependant que la « proximité » de certaines questions entre elles, et par conséquence la « proximité » des hypothèses et indicateurs qui leur sont associés, entraine un certain nombre de redondances dans les résultats de l’évaluation. Mais celles-ci sont soulignées et renvoient chaque fois que possible aux autres questions concernées.
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3. Résultats de l'évaluation
Les résultats de l’évaluation reprennent les 21 questions évaluatives de la matrice d’évaluation qui figure dans l’annexe 1 du rapport de démarrage validée le 18 mars 2019. Tel qu’indiqué précédemment, chaque question a fait l’objet d’une ou plusieurs hypothèses, vérifiées par un ou plusieurs indicateurs renseignés à partir d’un constat triangulé utilisant sources documentaires et interviews menés auprès d’informateurs.
1. Pertinence et réactivité
La pertinence est le critère d’évaluation qui vise à dégager l’adéquation de l’Assistance Technique (AT) de l’UNFPA/STR par rapport à la fois aux besoins des pays, au mandat du STR, aux priorités du projet et aux résultats attendus par les pays.
1. Question 1 : Planification de l’AT
Dans quelle mesure l’AT du STR dans la mise en œuvre du SWEDD est-elle (i) adaptée aux besoins des pays (ii) en ligne avec le mandat du STR et (iii) répond-elle aux priorités du projet dans les pays et au niveau de la région ? Est-ce que les actions prises par le STR reflètent adéquatement les résultats attendus par les pays ?
1. H1 : Les pays disposaient d’une liste d’actions prioritaires en matière d’AT dans les domaines du SWEDD
* Disponibilité de documents par pays mentionnant les actions prioritaires en matière d’AT
Plusieurs des documents fournis par l’UNFPA/STR et par les parties prenantes dans les pays, comprennent une description des actions prioritaires en matière d’AT en faveur du SWEDD. Les principales sources indiquant ces priorités sont les PTA pays (2016-2018), les PTA conjoints (2017-2018), les Plans d’accélération de 2017. L’équipe d’évaluation n’a eu que tardivement accès aux PTA 2016-2018 des pays et on relèvera que le rapport annuel 2016 du STR mentionne les prestations d’AT offertes aux six pays pour les trois composantes projet. Globalement, les priorités formulées par les pays reflètent dans leurs forme et substance, le concept et les interventions formulés dans le Document d’Approbation de Projet (DAP ou PAD Project Appraisal Document) du SWEDD et le Manuel Opérationnel du STR.
Les PTA conjoints, les plans d’accélération et les rapports d’accélération montrent qu’entre 2017 et 2018, les demandes en AT ont été très variables selon les pays et composantes. Les activités planifiées et réalisées par pays et sous-composante, vont de 8 et 9 pour le Mali en 2017 et 2018, à 44 et 94 pour le Tchad en 2017 et 2018 (Tableau 2). Cette grande variabilité aurait pu être moindre si la taxonomie ou classification des services en AT avait suivi le canevas de PTA partagé avec les pays qui comprend des rubriques harmonisées par composantes et sous-composantes, ce qui apparemment n’a pas été le cas, notamment en 2018.
Pour les deux années 2017-2018 on a dénombré un total de 381 activités planifiées et réalisées par pays et sous-composante : 139 au titre de la composante 1 (36%), 136 pour la composante 3 (36%) et 106 pour la composante 2 (28%)
On notera que les activités planifiées et réalisées ont augmenté entre 2017 et 2018, passant de 163 à 218, avec en 2018 une répartition plus équilibrée par composante qu’en 2017, mais avec des différences importantes par sous-composante, les activités pour les sous-composantes 1.2 et 1.3 étant les plus nombreuses en 2017 comme en 2018.
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Tableau II : Activités planifiées et réalisées par pays et sous-composante en 2017 et 2018
Source : PTA conjoints 2017 et 2018
2. H2 : l’AT fournie par le STR est alignée sur les priorités des pays et sur son mandat
* Prise en compte des besoins exprimés dans les PTA des UGP
Le DAP/PAD indique les responsabilités incombant à l’UNFPA dans le cadre du projet SWEDD. Il s’agit pour le STR d’assurer au niveau régional : 1) la coordination de l’AT, 2) la mise en œuvre de programmes, 3) la coordination du Secrétariat du CRP, 4) le partage de connaissances, 5) le renforcement de l'harmonisation des politiques, et 6) d’apporter son appui aux activités nationales dans le cadre du projet. De fait, l’alignement de l’AT fournie par l’UNFPA/STR sur son mandat est effectif, puisque les actions menées par l’UNFPA/STR ont porté sur l’ensemble des six responsabilités qui lui sont dévolues.
Depuis l’étape de planification, l’action de l’UNFPA/STR est fondée sur la logique du projet SWEDD. Il est évident dans l’analyse du « contexte stratégique » et dans l’exposé du concept de projet du DAP/PAD que le SWEDD a été conçu : sur la base des réalités de la faible maitrise des problèmes de santé de la reproduction et de leur impact négatif sur la maîtrise de la croissance démographique, des inégalités de genre, de la vulnérabilité économique des femmes, et de l’absence de conscience de l’opportunité de développement qu’offre la capture du dividende démographique dans les visions de développement.
Le mandat assigné à l’UNFPA/STR d’accompagner le projet SWEDD dans les réponses correctrices à ce contexte est intégré par l’institution depuis la planification de ses actions jusqu’à leur mise en œuvre. La structure des PTA de l’UNFPA/STR dans le cadre du projet SWEDD sur laquelle s’aligne le rapport annuel, organise les prévisions de services d’AT selon les trois composantes et les huit sous-composantes. Les autres rubriques des PTA portent sur la coordination et les activités régionales complétant ainsi la prise en compte de l’ensemble de son mandat par l’UNFPA/STR. Sur l’ensemble de la période évaluée (2016-2018), la revue des différents rapports périodiques (trimestriel, annuels, revues PTA…), et plus particulièrement la revue de l’exécution des PTA, n’a relevé l’omission d’aucune des responsabilités statutaires de l’UNFPA/STR dans le cadre du SWEDD.
L’alignement de l’AT fournie par l’UNFPA/STR sur les priorités des pays est effectif et suffisant et le niveau de réalisation des priorités consignées dans les PTA-conjoints franchit le seuil de l’accès universel (x>80%). Au moment de la présente évaluation (mars-avril 2018), les services d’AT exprimés dans le cadre des PTA validés ont généralement bénéficié de l’appui technique de l’UNFPA/STR, honorant ainsi son mandat. Ce que confirme les taux élevés de réalisation des PTA de l’UNFPA/STR et des PTA conjoints, avec une couverture globale des services d’AT attendus de 85% en 2017 et 2018. Les entretiens avec les parties prenantes dans les différents pays ont par ailleurs relevé la disponibilité et l’engagement de l’UNFPA/STR à apporter leur soutien avec sollicitude. Les différents acteurs s’accordent avec les données documentaires sur le fait que l’UNFPA/STR a répondu aux attentes des pays en matière d’appui au démarrage des activités du projet grâce à une AT déterminante en matière de : (a) aide à la formalisation des propositions pays ; (b) aide à la formalisation des PTA nationaux ; (c) aide à la mise en place des activités.
Toutefois, quelques limites dans les réponses d’AT apportées sont à relever.
L’appréciation incomplète des risques liés aux contextes et à la capacité de mise en œuvre des pays est associée au décalage de plusieurs activités des pays de 2016 à 2017. Parmi les facteurs explicatifs, les rapports annuels 2016 et 2017 de l’UNFPA/STR relèvent principalement des lenteurs liées à la faible maîtrise de la passation des marchés, aux procédures administratives et financières des États, à la complexité du montage institutionnel du projet soumis à divers processus (Banque mondiale, État), et aux démarches procédurières. En conséquence, plusieurs prestations d’AT devant accompagner ces activités ont dû être ajournées, et le taux de réalisation des résultats d’AT planifiés en 2016 n’a été que de 77%.
La planification et la conception des sous-projets s’est faite de façon conjointe avec les pays. La sous-estimation de certains d’entre eux peut relever d’une mauvaise appréciation par les acteurs nationaux de leurs besoins réels. Le rapport annuel 2017 du STR indique à ce sujet que les budgets de certaines activités des sous-projets pays se sont souvent avérés inadéquats du fait de la sous-estimation des coûts. Ceci a particulièrement concerné les coûts des équipements et matériels destinés aux bénéficiaires de la composante 1 sur l’autonomisation des femmes et des adolescentes, et aux structures d’exécution de la sous composante 2.4, appui aux écoles de sages-femmes, par exemple au Tchad. Ces problèmes ont été pris en compte au travers la restructuration (réallocation et extension des fonds du crédit) demandée par les pays et approuvée par la Banque mondiale.
On note également des différences de niveau d’élaboration des documents (PTA et Plans d’Accélération) d’un pays à l’autre. L’insuffisance entre autres d’un référentiel taxinomique c’est-à-dire de classification des activités et sous-activités d’AT, et les niveaux d’appropriation disparates aboutissent à des PTA pléthoriques côtoyant d’autres plutôt trop modestes. Ces disparités dans la planification pourraient être rattrapées par une harmonisation plus avancée de l’AT. Des documents spécifiques qui vont dans cette voie ont été établis, tels « le plan d’assistance technique rapprochée de l’UNFPA au projet pour l’exercice 2018 » du Tchad, élaboré en janvier 2018.
Enfin la détermination des priorités en matière d’AT a été quelquefois perçue comme dirigiste (top-down). Malgré la prépondérance d’une appréciation positive de l’AT reçue par les parties prenantes, celles-ci ont relevé la difficulté d’exprimer les spécificités propres à leur pays dans le contexte prévalent de régionalisation/harmonisation des activités de l’AT. Les stratégies régionales précèdent les stratégies nationales et arrêtent les fondamentaux à partir desquels les pays doivent pouvoir procéder à une adaptation. Des modèles de campagne de communication et des interventions standardisées (espaces sûrs, clubs de maris et futurs maris) sont proposés aux pays avec une certaine latitude d’adaptation. Toutefois, les parties prenantes dans les pays ont émis des réserves sur la tendance à la standardisation au détriment de spécificités nationales (Mauritanie, Mali, Niger, Côte d’Ivoire). Dans le cas du Mali, par exemple, le recours aux initiatives d’autonomisation basée sur le développement d’activités artisanales traditionnelles génératrices de revenus, comme la couture, l’élevage et agriculture a fait débat, du fait de l’absence d’initiatives visant la formation à de nouveaux métiers, non traditionnels, comme ceux liés à l’informatique.
3. H3 : l’AT fournie était susceptible de contribuer aux résultats attendus par les pays
* Les PTA conjoints permettent d’atteindre les résultats attendus
Les services d’AT planifiés dans les PTA des six pays reposent substantiellement sur le renforcement de la capacité des acteurs nationaux. Il s’agit de renforcer leurs capacités à mettre en place le projet (identification des acteurs, orientation, mise en place des instances de coordination – Unités de Gestion du Projet UGP, comités techniques -, mise en place des ressources), à mettre en œuvre diverses activités/interventions, à élaborer des propositions d’actions pour mobiliser les fonds, et à assurer le suivi-évaluation et l’ajustement des diverses activités et interventions retenues. Ce type d’appui au processus de projet des programmes de développement est une pratique universelle, destinée à améliorer la maîtrise des interventions et leur efficacité.
Comme indiqué dans le DAP/PAD, les activités d’AT consignées dans les PTA conjoints, portent sur la vulgarisation et le renforcement de la maitrise de pratiques qui ont fait leurs preuves en Asie et en Afrique de l’Est. En effet, pour accompagner les pays vers la capture du dividende démographique, l’AT planifiée dans les PTA conjoints envisage l’appui à l’amélioration : 1) de la santé de la reproduction, néonatale, infantile et nutritionnelle 2) de l’autonomisation économique des femmes, 3) de l’éducation, et 4) l’appui à la réduction du phénomène du mariage précoce des filles. Les huit sous-composantes du SWEDD structurent les activités spécifiques à mener dans ce sens, et les activités d’AT des PTA conjoints prévoient l’appui particulier nécessaire pour les sous-projets, interventions, activités des pays qui visent l’accélération de la transition démographique et favorisent l’autonomisation des femmes et adolescentes. De même, le paquet d’activités vulgarisé par l’UNFPA/STR, comprend l’appui à l’élaboration de sous-projets, et à la mise en place d’initiatives qui ont fait leurs preuves comme bonnes pratiques à haut impact sur les changements escomptés dans les pays (maîtrise des problèmes de santé de la reproduction, de santé infantile, de démographie, d’égalité de sexe et d’insertion socioéconomique des jeunes…). Il s’agit par exemple de modèles de projets pour le développement d’espaces sûrs, de clubs de maris et futurs maris, de scolarisation optimale des filles, d’activités génératrices de revenus pour l’autonomisation économique des femmes et des adolescentes.
De l’avis dominant parmi les parties prenantes, dont la Banque mondiale, les UGP, les ministères concernés et les Organisations de la Société Civile (OSC), la planification de l’AT dans le cadre des PTA a été globalement pertinente pour permettre d’atteindre les résultats escomptés par les pays. La prise en compte de certaines activités dans les PTA a contribué à la perception d’un fort potentiel de contribution de l’AT à l’atteinte des résultats. Les activités d’AT particulièrement appréciées par les pays sont celles qui ont contribué :
1. à la mise en place du SWEDD ;
2. à la planification (élaboration des PTA de 2016 à 2018 et des plans d’accélération en Juin 2017) ;
3. à l’élaboration des sous-projets (autonomisation des femmes, distribution des produits SMNIN) pour faciliter les décaissements ;
4. à la maitrise des procédures de passation de marchés ;
5. à l’élaboration des curricula de formation des sages-femmes ;
6. à la mise en place et à l’opérationnalisation des observatoires du Dividende Démographique ;
7. au plaidoyer pour un environnement facilitateur ;
8. à la mise en place de stratégies alternatives permettant la disponibilité des produits en santé de la reproduction jusqu’au dernier km ;
9. à la mise en œuvre du suivi des projets.
La Banque mondiale a particulièrement loué la planification du processus d’appels à projets qui s’est avéré une initiative appropriée quant à l’effectivité et au succès des sous-projets d’autonomisation et de distribution des produits de SMNIN (santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle).
« Sur ces 200 millions USD (alloués au projet), les parties autonomisation et distribution des produits santé n’étaient pas assez préparées d’où l’investissement du STR/UNFPA (technique et financier) dans un processus d’appels à propositions. L’appui du STR a représenté les 95% de l‘effort. Ce processus aurait pris trop de temps à la Banque Mondiale » [Banque mondiale, Mali].
Toutefois, il convient de noter quelques limites dans la justesse et la complétude des prévisions techniques et financières des PTA.
Tel qu’indiqué plus haut, des sous-estimations de coûts ont affecté les prévisions financières concernant des équipements. Aussi, selon plusieurs informateurs, l’approche d’AT régionale serait allée trop vite dans certains cas avec des actions ne prenant pas suffisamment en compte la faible préparation de la plupart des pays à mettre en œuvre le projet, et les différences entre pays.
Par ailleurs, certaines hypothèses faites durant la planification sans étude préalable se sont avérées inexactes. Par exemple l’hypothèse qu’une agence de communication locale pourrait prendre le relais pour l’adaptation de la stratégie régionale de communication au contexte de chaque pays, s’est révélée inappropriée dans certains pays
En fait, il a manqué un plan de gestion des risques et un plan de suivi spécifique en la matière. La prévention ou l’atténuation des effets de la forte rotation du personnel du secteur public impliqué dans le projet n’ont pas été anticipés dans les PTA conjoints. Il en est de même quant aux urgences humanitaires dont le DAP/PAD souligne la récurrence dans la région Afrique de l’Ouest, mais sur lesquels les PTA conjoints sont souvent restés muets. Concernant la planification financière, le niveau d’analyse prévisionnel programmé pour encadrer la planification n’a pas toujours été suffisant pour une budgétisation adéquate des intrants, sur la durée des projets. L’ambition d’aller rapidement au mécanisme d’achat groupé des produits SRMNIN n’a pas été précédée de mesures de planification intégrant la gestion des importantes disparités dans les procédures de chaque pays. Cette initiative d’AT a buté contre des préliminaires insuffisamment pris en compte dans la planification des efforts d’harmonisation des procédures entre les pays. De l’avis des UGP de la Mauritanie et du Niger, cela a contribué au retard accusé dans la mise en œuvre de ce mécanisme.
2. Question 2 : Adaptation à l’évolution des besoins
De manière dynamique, comment le STR a-t-il su s’adapter à l’évolution des besoins des pays dans la planification et la mise en œuvre des interventions du projet SWEDD dans les pays et au niveau régional ?
4. H1 : Le STR a su s’adapter à l’évolution des besoins au niveau national et régional
* Existence ou non de changements/besoins qui affectent la planification et la mise en œuvre des activités d’AT du STR
Depuis début 2016, le projet a connu des changements importants qui ont eu un impact sur la mise en œuvre des activités d’AT du STR, qui ont dû s’accroitre, se recentrer ou s’étendre. Tout d’abord, il y a eu un retard important dans la mise en œuvre du projet qui a été décalée d’un an et demi (de janvier 2016-à juin 2017). Ainsi, aucun sous-projet pays n’a été mis en œuvre en 2016, la plupart des cibles d’indicateurs étant reportées à 2017. Ensuite des sollicitations d’appui ne figurant pas dans les prévisions initiales sont apparues.
On trouvera ci-dessous les principaux changements qui ont affecté la planification et la mise en œuvre des activités d’AT du STR :
1. le passage d’une cible de produit régional de deux centres d'excellence opérationnels pour la formation des sages-femmes à trois, ceci à la demande des pays ;
2. la revendication du choix d’un autre laboratoire pré-qualifié en plus de celui planifié dans le DAP/PAD ;
3. l’émergence de nouveaux besoins d’AT, comme par exemple la formation sur la gestion axée sur les résultats ;
4. la demande de prolongation de la durée de la mise en œuvre du SWEDD jusqu’en 2023, bien au-delà de la date de clôture initialement prévue en 2018 ;
5. le rayonnement politique du projet engageant les États et leaders de haut niveau, ce qui a conduit le SWEED à adopter de nouveaux arrangements dans l’agenda régional et à organiser/appuyer divers événements ;
6. l’émergence de réticences parmi les pays à décaisser rapidement sur les fonds reçus de la Banque mondiale les montants prévus pour le budget d’AT de l’UNFPA/STR
* Mises en œuvre d’interventions d’AT adéquates et opportunes
En réponse à ces changements, l’AT de l’UNFPA/STR a procédé à divers ajustements avec une réussite suffisante quoique quelquefois incomplète.
Ainsi, la réponse de l’UNFPA/STR au retard d’un an et demi dans la mise en œuvre complète du projet a été efficace et unanimement perçue comme salutaire pour remettre le projet sur la ligne de la performance.
L’UNFPA a accompagné la longue mise en place du projet dans les pays en la capitalisant comme période de construction des prérequis manquants dans les pays. Selon les parties prenantes, tant au niveau du STR qu’au niveau des pays, la mise en place des prérequis aurait nécessité de planifier une longue phase préliminaire, difficilement acceptable par rapport à un agenda de financement de projet fondé sur la promptitude des résultats. Les prérequis en question impliquent la maîtrise de savoirs et savoir-faire nécessaires au vu de la nouveauté des concepts nouveaux du SWEDD (« transition démographique », « dividende démographique », « capitalisation du dividende démographique », « éducation différentielle » etc.) ; et des stratégies (« espaces sûrs », « clubs des maris et futurs maris », soutien à la scolarisation des filles…) ; approche innovante de formation des sages-femmes. L’autre écueil qu’il a fallu maîtriser tient à la complexité des arrangements institutionnels et des procédures, (y compris pour la mobilisation des acteurs de mise en œuvre et des prestataires), et aux modalités de passation des marchés selon les règles de la Banque mondiale assez différentes des pratiques habituelles dans les institutions ministérielles. Le renforcement des capacités de recrutement des acteurs et de passation des marchés s’est imposé comme un autre préalable.
L’UNFPA/STR s’est par conséquent investi dans la mise en place de ces prérequis en développant/mettant à disposition des supports d’information, des outils de gestion (Termes de référence TDR, procédures, manuels, formulaires de PTA…), en organisant des rencontres d’orientation, en mettant en place des procédures d’appel à candidatures et en offrant supervision et coaching aux parties prenantes pour faciliter la maîtrise des savoirs, des savoir-faire et leur application, ceci jusqu’à l’arrivée à terme de la phase de préparation début 2017. Malgré l’accompagnement offert jusqu’à l’élaboration des PTA 2017, la mise en œuvre des activités du projet est restée embryonnaire dans l’ensemble des six pays jusqu’à quasiment mi 2017. L’UNFPA STR a dû coacher à partir de mi 2017, l’élaboration de plans d’accélération et leur mise en œuvre, y compris en intensifiant et diversifiant les mécanismes d’AT, en contractant des consultants internationaux et nationaux et des institutions prestataires d’accompagnement, et en organisant des séminaires/ateliers, rencontres de partage. Tout ceci a abouti une intensification de la mise en œuvre et la production de résultats permettant de remplir la matrice des progrès du projet. L’on est parti d’une situation où aucun sous-projet pays n’était mis en œuvre en 2016, à un avancement de la plupart des cibles d’indicateurs qui avaient été reportées à 2017.
Concernant les sollicitations d’appui ne figurant pas dans les prévisions initiales du projet, on peut citer, outre le passage de deux à trois centres d'excellence opérationnels pour la formation des sages-femmes (par ajout d’un centre revendiqué par la Côte d’Ivoire), l’introduction de formations à la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) du fait de l’insuffisance de la culture des résultats chez les parties prenantes nationales, et l’extension de la période de mise en œuvre du SWEDD de 2018 à 2023 suite à la demande de prolongation du Comité Régional de Pilotage (CRP) formulée en février 2018.
L’UNFPA/STR a dû également développer une réponse d’AT à la hauteur du rayonnement politique du SWEDD. Les chefs d’État, les premières dames ont été atteints par le plaidoyer et le rayonnement du projet SWEDD. Cela a engendré des situations associant ou impliquant ces hautes personnalités dans le projet et il s’en est suivi une accélération de l’articulation entre les activités du projet et les politiques et stratégies de développement et l’intéressement des pairs. L’UNFPA/STR a donc intégré un agenda d’action des premières dames à l’échelle de la coordination régionale. Aussi, la préparation des CRP, et la tenue des cérémonies et actions évènementielles de haut niveau de la coordination régionale du SWEDD (tel le forum de partenariat public-privé des 17-18 décembre 2018 à Abidjan pour la mobilisation de ressources additionnelles) ont intégré la participation de hautes autorités des États hôtes, y compris des échanges en audience avec chef d’État (Bamako, mars 2018). Un accompagnement a également été offert aux États dans le processus d’intégration des questions du Dividende Démographique dans leurs stratégies et politiques de développement. Par exemple la Mauritanie qui a intégré le concept du SWEDD dans sa Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAP), a été suivie par l’ensemble des pays qui ont intégré, ou se sont engagés à intégrer dans leurs documents et agendas de développement la question de la capture du Dividende Démographique et l’autonomisation des femmes et des adolescentes.
Enfin, la controverse sur le reversement au STR des 13% des budgets SWEDD accordés aux pays, tient selon les parties prenantes (mais aussi selon le DAP/PAD et le Manuel des opérations du STR) à l’impression que l’argent appartient au pays, et que l’UNFPA qui est vu comme leur prestataire est redevable devant eux de l’utilisation de ces fonds. Ceci a conduit à un décaissement assez retardé des payements dus par les pays à l’UNFPA/STR. Les efforts de l’UNFPA pour résoudre ce problème sont restés vains. Cependant, l’implication de la Banque Mondiale pourrait porter des fruits à terme, à travers un éventuel changement du circuit de paiement à l’UNFPA/STR.
2. Efficacité
Pour mesurer l'efficacité de l'AT apportée par le STR, il convenait d'examiner quatre questions afin de permettre : 1) d'apprécier la satisfaction des clients de l'AT, 2) de mesurer le niveau d'atteinte des résultats attendus du STR dans les pays et au niveau régional, 3) d'examiner dans quelle mesure l'AT apportée par le STR a profité de manière équitable aux pays SWEDD, et 4) d'identifier la valeur ajoutée apportée par le STR dans la mise en œuvre du SWEDD dans les pays. L’efficacité comme critère d’évaluation est mesurée par les trois hypothèses suivantes : les clients et partenaires du STR sont satisfaits des actions d’AT fournie, les résultats attendus du STR ont été atteints dans les pays et au niveau régional, et les actions du STR ont favorisé l’atteinte des résultats attendus dans les pays.
3. Question 3 : Satisfaction, adéquation, promptitude, solutions de l'AT
Quelle est l’appréciation des clients du STR (UGP et CNP des pays SWEDD; CRP); de ses partenaires (OOAS; Banque Mondiale), relativement aux actions d’assistance technique apportées par le STR ? Ont-elles adéquatement répondu à leurs attentes conformément à son mandat ? Étaient-elles temporelles ? Ont-elles positivement répondu aux besoins exprimés et apporté des solutions utiles ?
5. H1 : les clients et partenaires du STR sont satisfaits des actions d’AT fournies
L'assistance technique apportée aux pays SWEDD par l’UNPA/STR doit permettre de les accompagner dans le développement de leur capacités et compétences pour l'atteinte des résultats qu'ils se sont fixés. Le contenu de l'AT est défini conjointement par les pays et l’UNPA/STR, la majeure partie ayant été identifiée pour donner suite à des diagnostics lancés par le STR dans les pays en 2016. Cette AT est mise en œuvre par le staff de l'équipe du STR, par des consultants internationaux, par des sociétés prestataires ainsi que par des consultants nationaux déployés par les bureaux pays de l'UNFPA sur budget STR. L'ensemble des composantes/thématiques du projet est concerné et inclut un partenariat spécifique avec l'OOAS pour la thématique santé. Conformément aux accords signés avec les pays « l'UNFPA constitue, à sa discrétion, une équipe de membres du personnel, consultants et fournisseurs qualifiés chargée de mettre en œuvre le programme d'Assistance Technique[2] ».
* Adéquation par rapport aux besoins
Les informateurs de l'évaluation et particulièrement les Unités de Gestion de Projet (UGP) ainsi que les ministères impliqués dans le projet indiquent que des solutions adéquates ont été apportées face aux besoins, tant par l'AT ciblant les besoins spécifiques des pays et fournie localement, qu'à travers les ateliers et les rencontres régionales. Le caractère proactif du STR a conduit à prêter une attention particulière dans les PTA conjoints mis en œuvre par les bureaux pays et le PTA du STR au contexte de fragilité dans certains pays, et au renforcement des capacités des partenaires de mise en œuvre du projet. Ont été particulièrement appréciées : l'AT pour le développement des propositions des pays et des sous-projets, l'AT et les formations en passation de marchés selon les procédures de la Banque mondiale ainsi que l’AT dédiée au développement et à la mise en œuvre des plans d'accélération. Il en va de même pour les formations à la mesure d'impact des activités de communication par la méthode de sondage LQAS (Lot Quality Assurance Sampling ou Enquêtes par échantillonnage par lots pour l'assurance de la qualité), des appuis au diagnostic des systèmes de distribution comme préalable au développement d'initiatives pilotes pour couvrir le dernier kilomètre, et pour les formations aux NTA (National Transfer Accounts ou Comptes de Transferts Nationaux). Les réponses d’AT apportées répondant aux attentes et permettant d'accéder à des méthodes adaptées à leurs contextes respectifs.
Toutefois nos informateurs ont mentionné que le type et niveau des besoins en AT peut varier selon les situations locales. Des regrets ont été mentionnés par un pays concernant la maîtrise des systèmes d'information pour la gestion de l'approvisionnement et de la distribution des produits par rapport à des solutions jugées parfois trop uniformes, compte tenu des caractéristiques propres des systèmes nationaux en place e. L'action du STR a donc été jugée déterminante pour satisfaire les besoins d'opérationnalisation effective du projet dans les pays, et accompagner les diagnostics et le développement de solutions visant au renforcement des systèmes et à la mise en œuvre d'activités à l'échelle régionale, comme la campagne régionale de Communication pour le Changement Social et de Comportement (CCSC).
* Adéquation par rapport au mandat du STR
Comme décrit dans le DAP/PAD et repris dans les conventions entre les pays et l'UNFPA, et déjà mentionné à la Question 1, le mandat du STR est d'assurer l’AT pour le compte de l’UNFPA dans la mise en œuvre du SWEDD. A ce titre il est chargé d'assurer (1) la coordination de l’AT au niveau régional, (2) la mise en œuvre de programmes au niveau régional, (3) la coordination du Secrétariat du CRP, (4) la génération et le partage de connaissances au niveau régional, (5) le renforcement de l'harmonisation des politiques au niveau régional, et (6) l'appui aux activités nationales dans le cadre du projet. Concernant :
1. la coordination de l’AT au niveau régional : celle-ci a été perçue comme satisfaisante malgré certains conflits de calendrier entre des activités au niveau régional et des activités planifiées dans les plans d'action des pays. Les délais de notification de certaines activités au niveau régional ont été jugés par certains informateurs comme trop courts par rapport aux délais d’obtention de leurs ordres de mission (délais qui peuvent être de deux voire trois semaines) ;
2. la mise en œuvre de programmes au niveau régional : la campagne de communication régionale (CCSC) est probablement l'activité la plus importante directement pilotée par le STR. Elle n'a pas appelé de critique quant à sa mise en œuvre par les informateurs de l'évaluation. Le processus de définition d'une procédure commune de consultation de fournisseurs de médicaments (« achats communs ») est également cité. On note cependant des délais importants dans la mise en place de la plateforme de suivi régional des stocks de contraceptifs, laquelle permettrait à chacun des pays de disposer d'une information stratégique utile pour, le cas échéant, ajuster leurs commandes et trouver des réponses en cas de situation de stock critique. Les formations sur les NTA et le Dividende Démographique du CREFAT de Thiès n’ont pas donné lieu non plus à des critiques ;
3. la coordination du Secrétariat du CRP : elle a été saluée par le président 2018 du CRP : Adama Tiémoko Diarra,, Ministre l'Aménagement du territoire et de la Population qui a reçu les évaluateurs en ses bureaux à Bamako. Les trois réunions annuelles ordinaires du CRP qui se sont tenues en novembre 2015, janvier 2017 et février-mars 2018 ont été organisées dans des conditions satisfaisantes, et elles ont fait l’objet de comptes-rendus. Ces réunions ont été précédées de la réunion des coordinateurs, moment jugé précieux pour partager les expériences et contraintes et ajuster les approches ainsi que les plans d'action. L’organisation et la tenue de deux réunions exceptionnelles du CRP pour la validation des sous projets des pays a également été une contribution adéquate de l’UNFPA/STR pour la mise en œuvre effective d'activités, alors que la phase de démarrage du projet avait connu des lenteurs et retards par rapport à la planification initiale. Les mesures pratiques adoptées à partir de 2017 telles que les conférences téléphoniques, le renforcement de la supervision dans les pays par les visites de l'équipe de l’UNFPA/STR sont notées comme des solutions pertinentes qui ont contribué à une meilleure coordination de l'AT ;
4. la génération et le partage de connaissances au niveau régional : celles-ci sont très appréciées par les bénéficiaires interviewés. Ceci concerne tant les modèles de CCSC, que les liens mis en place avec des universités extérieures à la CEDEAO ou les expériences en matière de renforcement des systèmes de distribution et de contrôle de qualité des médicaments en collaboration avec l'OOAS. Aussi, les formations et missions organisées dans le cadre de la composante 3, notamment par le CREFAT de l’Université de Thiès, sur les NTA et le Dividende Démographique, contribuent à la formation d’une expertise régionale ;
5. le renforcement de l'harmonisation des politiques au niveau régional : d'un point de vue politique, le rôle joué par le l’UNFPA/STR est salué, qu'il s'agisse de l'organisation de rencontres régionales ou de la prise en charge de responsables de haut niveau pour des rencontres régionales ou continentales pour assurer la promotion et le plaidoyer pour la prise en compte de l'autonomisation des femmes et du Dividende Démographique dans les politiques de développement des pays. Par ailleurs, la sous-composante 2.1. (sur l'harmonisation régionale de l'enregistrement et du contrôle qualité des produits SMNIN) menée en coordination avec l'OOAS, a été citée par plusieurs informateurs comme contribuant à l'autonomisation des pays : dans le contrôle de qualité des médicaments par le renforcement de leur capacité technique, et en équipements de leurs Laboratoires Nationaux du Contrôle des Médicaments (LNCM) ;
6. l'appui aux activités nationales dans le cadre du projet : conformément aux accords d'assistance signés avec chacun des pays « Le Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre (WCARO) de I'UNFPA, basé à Dakar, Sénégal, abritera le secrétariat technique régional du projet et sera responsable du renforcement des capacités de gestion de projet des agences d'exécution aux niveaux national et régional ». Le document spécifie bien la possibilité pour l'UNFPA d'avoir recours à ses personnels, mais aussi à des consultants ou prestataires, dans la mise en œuvre de l'AT. Mais, c’est ce point qui pose le plus de questions avec la complexité des mécanismes de mise en œuvre du projet lequel implique de très nombreux partenaires et des situations très hétérogènes selon les pays. Le plus grand point de frustration se cristallise autour du rôle que doivent jouer les bureaux pays de l’UNFPA avec une revendication partagée par ces derniers et les UGP de disposer de plus de moyens financiers et de plus d'autonomie dans la gestion de l'AT. Le transfert direct des fonds (délégation de service) aux bureaux pays de l’UNFPA est intervenu en 2017 après concertation avec la Banque mondiale, les bureaux pays et le siège de l’UNFPA. A noter que certains bureaux pays de l’UNFPA ont parfois mis du temps à mobiliser et maintenir les ressources humaines spécifiques (désignation d’un point focal SWEDD) pour fluidifier l'AT.
* Promptitude des actions du STR
La promptitude dans la mise en œuvre de l'AT a souffert de contraintes importantes liées en partie à des facteurs externes au STR. Au début du projet la signature tardive des accords entre les pays et l'UNFPA
Tableau III : illustration de contraintes rencontrées par le STR dans l’exécution des plans d’AT
– les six accords ont été signés généralement fin 2015, en moyenne plus de 210 jours après la signature des accords de financement correspondants avec la Banque mondiale[3], puis un délai notable jusqu'au décaissement des premiers fonds par les pays au STR (120 jours de retard en moyenne). Il est à noter aussi que la mise en œuvre des plans d'action est tributaire de leur validation par le CRP, et de la mise à disposition des fonds par les pays au STR (Figure 1).
* Apports de solutions utiles par le STR
Le statut du STR intégré au Bureau régional de l'UNFPA pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre lui confère un atout majeur qu'il place au service des pays SWEDD. Les bureaux pays de l’UNFPA que l'on peut également considérer comme un démembrement/une extension dans les six pays du STR, en plus de leur rôle spécifique dans l'identification et l'apport d'AT, mobilisent des ressources additionnelles permettant dans certains pays une mise à l'échelle plus rapide, notamment en termes de couverture géographique des interventions au niveau des communautés. On peut retenir à ce sujet le cas du Mali où l’on a multiplié les expériences de renforcement du système de distribution jusqu'au dernier kilomètre, et celui du Niger où il a été possible de couvrir un plus grand nombre de villages adhérant aux principes des clubs des maris et des futurs maris et de multiplier les espaces sûrs.
Pour fluidifier l'AT, mais également les acquisitions opérées par les UGP, ces dernières mentionnent avec satisfaction la mise en place de solutions ad hoc telles que les demandes d’Avis de Non-Objection (ANO) groupées trimestrielles. La réactivité du STR dans l'identification d'une expertise de haut niveau pour accompagner le processus de certification des LNCM, activité menée conjointement avec l'OOAS, est également appréciée et a permis de déboucher sur des premiers résultats concrets, notamment en Côte d'Ivoire. Les informateurs mentionnent également l'approche LQAS et le développement de compétences nationales dans les pays permettant de mesurer l'efficacité des CCSC, comme une solution novatrice et appropriée.
* Niveau de satisfaction des clients et partenaires
Pour ajouter à ce qui précède, quelques témoignages illustrent le niveau de satisfaction des clients et partenaires. Le chargé de projet de la Banque mondiale du Mali indique que l'UNFPA a joué rôle déterminant, fiduciaire et technique, dans le partage d'expériences, dans l'organisation d'évènements pour la mobilisation de ressources additionnelles, ainsi que dans la préparation du projet au Benin. Des informateurs des UGP mentionnent qu'il existe à présent une forte réactivité du STR et de la Banque mondiale dans la mise en place de l’appui technique et la délivrance des ANO. Un représentant des Nations unies d'un pays indique que « malgré la complexité bureaucratique, dans notre pays, de tous les projets de la Banque mondiale, ce projet (le SWEDD) est le seul qui avance ». A noter que certaines UGP et bureaux pays de l'UNFPA ont exprimé le souhait d’avoir un mécanisme direct d'acquisition de l'AT auprès du STR. Aussi, les pays ont exprimé le souhait de disposer de rapports financiers du STR plus détaillés, demande qui a été prise en compte par les services financiers du STR pour 2019.
4. Question 4 : Atteinte des résultats
Dans quelle mesure les résultats attendus du STR ont-ils été atteints dans les pays et au niveau régional ? Et dans quelle mesure les actions du STR ont-elles favorisé l’atteinte des résultats dans les pays ?
6. H 1 : les résultats attendus du STR ont été atteints dans les pays et au niveau régional
* Proportion des résultats atteints du STR au niveau des pays
Tableau IV : Résultats atteints au niveau des pays
Résultats atteints au niveau des pays
2017
2018
Base : 2016
Cible annuelle
Valeur atteinte
Cible annuelle
Valeur atteinte
R1 I1: Taux de décaissement des UGP
Burkina Faso
15,3%
30,0%
37,3%
56,2%
42,0%
Cote d’Ivoire
17,9%
30,0%
35,0%
ND
ND
Mali
21,9%
30,0%
29,0%
ND
ND
Mauritanie
25,0%
37,0%
53,0%
ND
ND
Niger
0,0%
30,0%
19,0%
90,0%
54,6%
Tchad
ND
ND
ND
ND
ND
R2 I1 : Taux d’exécution programmatique du Plan d’accélération
Burkina Faso
37,0%
50,0%
48,8%
53,0%
63,7%
Cote d'Ivoire
7,0%
75,0%
21,0%
ND
ND
Mali
48,0%
90,0%
62,0%
ND
ND
Mauritanie
16,0%
70,0%
53,0%
ND
ND
Niger
0,0%
75,0%
30,5%
95,0%
47,1%
Tchad
ND
ND
55,0%
ND
ND
R2 I2 : Taux d’exécution budgétaire du Plan d’accélération
Burkina Faso
9,7%
18,0%
20,8%
18,0%
70,0%
Côte d'Ivoire
0,0%
75,0%
95,0%
ND
ND
Mali
18,3%
80,0%
54,7%
ND
ND
Mauritanie
17,6%
70,0%
53,0%
ND
ND
Niger
0,0%
70,0%
38,7%
100%
90,0%
Tchad
ND
ND
99,9%
ND
ND
Sources : Rapports annuels de mise en œuvre du projet SWEDD,
Bureaux pays UNFPA
Le STR accompagne la partie de l'AT opérée par délégation par les bureaux pays de l’UNFPA. Ces deniers mettent à disposition une partie du temps de leur personnel technique et de support (généralement financé sur fonds propres) pour appuyer la mise en œuvre des PTAB. L'efficacité des plans conjoints qui incluent les besoins en AT est mesurée chaque année à travers deux résultats et trois sous résultats. Les performances de la mise en œuvre des plans d'accélération ont été bonnes en 2017 avec une nette amélioration du taux de décaissement des UGP, et un niveau correct de l'exécution programmatique de l'AT comparés aux objectifs fixés. Fin 2018, la qualité du rapportage et la documentation des indicateurs étaient encore insuffisantes, et il apparaissait que les objectifs de taux de décaissement des UGP n’étaient pas atteints, tandis que l'atteinte des objectifs en matière d'AT était variable selon les pays. Certains pays ont souffert de la mobilité du personnel UNFPA (Mali, Niger), tandis qu'à l'inverse le positionnement d'un assistant technique permanent financé par le projet en Mauritanie a permis d'accompagner l'UGP et les différents départements sectoriels avec efficacité. Mais la mobilité des ressources des UGP reste dans certains cas un facteur contraignant
* Proportion des résultats atteints du STR au niveau régional
Le STR dispose de plans d'actions annuels conjoints STR/OOAS listant les activités d'AT par composante et sous-composantes du projet. La réalisation effective des activités est ensuite rapportée dans les rapports trimestriels (trois par an) et annuels du STR.
La mesure du taux d'exécution des activités prévues dans les plans d'actions conjoints annuels du STR et de l'OOAS révèle d'une part une augmentation de l'activité d'accompagnement aux pays d'une année sur l'autre, et d'autre part une augmentation du taux de réalisation de ces dernières. Ainsi plus de 87% des 22 activités prévues en 2016 ont été réalisées, tandis qu'en 2018, 91% des 94 activités prévues ont été mises en œuvre et réalisées (Tableau 5).
Le renseignement de ces performances est d’un bon niveau, et les éléments décrits dans les rapports annuels sont liés avec les activités des PTA conjoints. Par ailleurs, les rapports annuels du Bureau régional se font au travers d’un système de suivi-évaluation propre à l’UNFPA et qui inclut les activités du SWEDD.
Tableau V : Taux d'exécution programmatique au niveau régional
Par activité de l'AT selon programmation annuelle
Nbre activités planifiées
Nbre activités réalisées
Taux d'exécution
Composante 1
Composante 2
Composante 3
2016
22
17
77,3%
66,7%
75,0%
87,5%
2017
77
67
87,0%
94,4%
76,3%
95,2%
2018
94
89
94,7%
95,5%
97,4%
91,2%
Total
193
173
89,6%
91,3%
85,7%
92,1%
Source : Rapports annuels STR SWEDD 2016, 2017, 2018
Au regard de la documentation générale : rapports techniques (missions d'AT, ateliers, synthèses de situation), rapports de progrès, et des témoignages recueillis auprès des informateurs de l'évaluation, on peut affirmer que la performance des actions d’AT reste élevée, mettant en évidence la solide capacité du STR à mettre en œuvre les activités planifiées dans ses plans d'action. Un meilleur accompagnement/ou une meilleure visibilité de la part dévolue aux bureaux pays de l’UNFPA reste cependant nécessaire.
7. H2 : les actions du STR ont favorisé l’atteinte des résultats attendus dans les pays
* Proportion des résultats acquis dans les pays avec l’appui de l’AT du STR
Le projet dispose d'un cadre de résultats défini en 2016 lequel figure dans le Manuel d'Opérations du Projet validé la même année. Au cours de la mise en œuvre du projet il a été constaté que des ajustements étaient nécessaires, et le STR a préparé avec les pays un nouveau cadre mis à jour qui devrait être validé pour l'année 2019.
Étant donné les retards enregistrés dans la mise en œuvre du projet il est prématuré de prétendre vouloir renseigner un certain nombre d'indicateurs de résultats, par rapport au cadre défini en 2016. Par ailleurs on constate dans les rapports annuels un changement de format dans le rapportage des résultats par le STR. Concernant la capacité du STR à accompagner les pays dans l'atteinte des résultats, la partie mesurable à ce stade est l'atteinte des indicateurs d'étapes, les « milestones » prévus dans les plans d'actions annuels et rapportés annuellement.
Le taux d’atteinte des résultats planifiés dans les PTA : 85% sur les trois années peut être considéré comme satisfaisant, d’autant plus qu'il a augmenté passant à 73% en 2016, à 80% en 2017, et à 94% en 2018 (Tableau 6). Il existe toutefois des variations selon les composantes. Ainsi la composante 1 a un taux d’atteinte des résultats sur les trois années de 80%, contre 86% pour la composante 3, et 90% pour la composante 2. La composante 2, pour laquelle les « milestones » ont probablement été planifiés de manière plus réaliste, a un taux d’atteinte des résultats de 100% pour 2017 et 2018.
Tableau VI : Résultats planifiés et atteints par composante, 2016-2018
Par résultats attendus de l'AT selon programmation annuelle
Nbre résultats planifiés
Nbre résultats atteints
Taux d’atteinte des résultats planifiés
Composante 1
Composante 2
Composante 3
2016
11
8
72,7%
75,0%
66,7%
75,0%
2017
10
8
80,0%
66,7%
100,0%
66,7%
2018
23
22
95,7%
87,5%
100,0%
100,0%
Total
44
33
75,0%
80,0%
60,0%
85,7%
Source : Rapports annuels STR SWEDD 2016, 2017, 2018 (Niveau d’atteinte des indicateurs d’étapes (milestones) par composante.
Le doublement du nombre de résultats atteints de 8 en 2016 et 2017 à 17 en 2018, et l’augmentation du taux d’atteinte des résultats planifiés au cours la période, soulignent la capacité du STR à définir de manière réaliste les mesures d'accompagnement des pays dans un contexte de démarrage difficile, et de nécessaire accélération de la mise en œuvre du projet à partir de 2017.
5. Question 5 : Equité de l'AT selon leurs besoins et leurs contextes
Dans quelle mesure les activités d’assistance technique du STR ont-elles profité équitablement aux pays du SWEDD ?
8. H 1 : Les pays SWEDD ont eu un accès équitable à l’AT du STR compte tenu de leurs besoins et de leurs contextes
* Proportion comparée de l’offre d’AT fournie aux pays du SWEDD par le STR
La comparaison des volumes en appui technique discutée dans la question d'évaluation sur la pertinence de l'AT (Question 1) met en évidence l'absence de systémisation de la taxonomie ou classification de l'AT, rendant de ce fait une comparaison numérique aléatoire.
De même la comparaison du volume financier dépensé en AT pour chacun des pays en 2018, n’est pas le bon indicateur pour mesurer l’équité de l’AT. Les choix budgétaires des pays relatifs à l'expression de demandes spécifiques d’AT sont du ressort des pays. Toutefois, les détails de cette demande sont discutés en amont avec l'UNFPA/STR qui appuie le processus d'élaboration des PTAB.
Tableau VII : Offre d'AT fournie aux pays du SWEDD par le STR en USD
2018
Fonds reçus par le STR
Allocation budgétaire
Fonds reçus par les bureaux pays
Taux exécution budgétaire
Montant dépensé
Burkina Faso
mars 2018
$65 135
ND
68,0%
$44 292
Côte d'Ivoire
avril 2018
$250 782
novembre 2018
83,5%
$209 503
Mali
avril 2018
$313 000
août 2018
24,2%
$75 840
Mauritanie
juillet 2018
$114 714
ND
98,0%
$112 420
Niger
février 2018
$210 980
septembre 2018
90,0%
$189 882
Tchad
avril 2018
ND
ND
ND
ND
Sources : Rapports annuels projet SWEDD des bureaux pays UNFPA 2018
On peut ajouter cependant que l'invitation aux rencontres et ateliers régionaux est établie sur une base équitable quant au nombre de participants par pays, en tenant compte le cas échéant de la composition de leurs CNP respectifs, le nombre moyen des partenaires d'implémentation étant de huit, quoique variable par pays. Par ailleurs, malgré certaines offres de services parfois uniformes, le STR a souvent su adapter l'AT aux besoins et contextes locaux. Les entretiens menés avec les informateurs des six pays n'ont pas non plus évoqué la question de l'équité. Bien que le taux de 13% soit jugé « élevé » par certains informateurs, il ne s'appuie pas sur une argumentation chiffrée. D'ailleurs nombre d'informateurs indiquent ne pas pouvoir se prononcer à ce sujet.
L'application standardisée du taux de 20% des 13% pour les appels de fonds annuels du STR soulève des questions chez une majorité des informateurs de l'évaluation (notamment les UGP) qui pointent l'insuffisance de détails dans les rapports financiers du STR qui leur ont été communiqués jusqu’ici. Toutefois ce mode d'allocation des fonds offre une sécurité au STR qui dispose ainsi de provisions pour couvrir les périodes de début d'année, et peut ainsi faire face aux retards de décaissement par les pays (voir Question 3 sur la promptitude de l’AT).
Selon les renseignements fournis par les deux techniques de collecte (entretiens semi-structurés et recherche documentaire) utilisées pendant cette évaluation, la question de l'équité en termes d'assistance technique reçue n’a pas fait l'objet de commentaire ou récrimination particulière.
6. Question 5 b : Équité de l’AT reçue
Dans quelle mesure les activités d’assistance technique du STR ont-elles profité équitablement aux pays SWEDD ?
9. H1 : les pays SWEDD ont bénéficié de manière équitable de l’AT du STR
* Classement des pays selon l’importance de l’AT reçue
L’examen du total des dépenses AT pour les trois composantes de 2016 à 2018, permet de classer les pays de 1 à 6, selon l’importance de celles -ci : de 1 pour le pays où les dépenses ont été les plus importantes à 6 pour le pays où les dépenses ont été le moins importantes, ceci selon un certain nombre de critères (importance de la population, rang de l’Indice de développement humain IDH, importance du financement prévu initialement etc.) (Tableau 8).
Tableau VIII: Classement des pays selon l’importance de l’AT reçue
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Mali
Mauri-tanie
Niger
Tchad
Rang dépense la plus importante
4
3
2
6
1
5
Importance de la population
3
1
4
6
2
5
Rang IDH 2015 sur 189 pays
3
2
4
1
6
5
Budget initial dans le DAP/PAD
3
4
2
6
1
5
Dons
X
X
Centre régional d'excellence
X
X
X
Sources : Rapports annuels projet SWEDD
Le plus gros investissement avec un quart des dépenses d'AT (27%) a été fait au Niger, pays dont l'IDH est le moins élevé, la population la plus importante parmi les cinq pays du Sahel et pour lequel le financement initialement prévu était aussi le plus important, entièrement sous forme de prêt. Viennent ensuite le Mali (20% des dépenses) dont le financement est aussi sous forme de prêt, puis le Burkina Faso (17% des dépenses) avec un financement mixte don et prêt, la Côte d’Ivoire (15% des dépenses), le Tchad (13% des dépenses) avec un financement sous forme de prêt, et enfin la Mauritanie (8% des dépenses) qui a la plus petite population, le niveau d'IDH le plus élevé, et qui bénéficie d’un don avec contrepartie.
Au regard de ces critères, on peut raisonnablement affirmer que l’AT fournie aux pays l’a été de manière équitable, compte tenu des spécificités propres à chaque pays.
7. Question 6 : Valeur ajoutée de l'AT, éléments à pérenniser
Dans quelle mesure l’AT du STR a-t-elle apporté de la valeur ajoutée à la mise en œuvre du SWEDD dans les pays et quels sont les éléments de cette valeur ajoutée à pérenniser
10. H1 : l’AT du STR a apporté une valeur ajoutée dans la mise en œuvre du SWEDD dans les pays
* Existence d’interventions/approches spécifiques du STR ayant apporté une valeur ajoutée
L'UNFPA étant l'agence en charge des questions de population et de santé de la reproduction dans le système des Nations unies, et les axes d'intervention du projet étant en adéquation avec l'approche de l'UNFPA dans un certain nombre de pays du Sahel au moment de la conception du projet (exemple « l'école des maris » développée au Niger ainsi que « les espaces sûrs »), c'est donc assez naturellement qu'il s'est vu confier la fonction d’AT du projet via un Secrétariat Technique Régional ou STR. La localisation du STR dans le Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre offre l'avantage de potentialiser l'expertise apportée au projet puisqu'en plus de l'équipe spécialement dédiée, des experts de haut niveau participent aux appuis techniques ainsi qu'à la promotion du projet et au plaidoyer en faveur de la mobilisation de ressources additionnelles et l'adhésion des dirigeants des pays de la région à la question du Dividende Démographique et de l'autonomisation des femmes et des adolescentes. Ainsi la notion de Dividende Démographique est intégrée progressivement dans les politiques et stratégies nationales de développement et fait à présent l'objet d'un positionnement des États au niveau continental[4] .
Au niveau technique il convient de noter l'identification et la mise à disposition d'experts qui ont permis par exemple les évolutions favorables enregistrées dans la mise en œuvre de la sous composante 2.1. dont la coordination est confiée à l'OOAS. Le processus de certification des LNCM[5], le développement de l'approche commune pour la consultation des fournisseurs de médicaments constituent des premiers résultats favorisant l'émergence de solutions appropriées et conformes aux standards internationaux. C'est un progrès notable en termes d'autonomie et de proactivité pour les pays de la sous-région qui sont souvent tributaires de fournisseurs plus éloignés. C'est également un acquis intéressant dans le cadre de la « coopération Sud-Sud » avec la participation du LNCM du Cap-Vert qui a constitué une référence au début du processus.
* Nombre de domaines et volumes des interventions, évènements de hauts niveaux organisés
Les rencontres régionales, qu'il s'agisse d'ateliers de formation, de partage de diagnostics préalables au développement des campagnes de communication et de plans de renforcement des systèmes de santé de la reproduction, mais également des réunions de haut niveau pour le plaidoyer ou la mobilisation de ressources supplémentaires, ont constitué une part importante de l'effort déployé par le STR dans l'accompagnement de la mise en œuvre des trois composantes du projet.
Tableau IX: Ensemble des réunions régionales de haut niveau 2016-2018, toutes composantes
2016
2017
2018
Total
Toutes réunions régionales et haut niveau
10
13
8
31
Sources : Rapports annuels du STR 2016, 2017, 2018, et Fichier STR Cadre des résultats du STR consolidé 2018
Ce type d'activité a concerné les trois composantes du projet permettant d'une part de répondre à des besoins de planification et d'opérationnalisation des solutions apportées pour renforcer les systèmes (renforcement des dispositifs de contrôle des médicaments, des systèmes de distribution, mise en place de centres d'excellence permettant le développement des connaissance des personnels paramédicaux au niveau master, établissement d'observatoires du Dividende Démographique dans les six pays couverts par le projet), mais également de sensibiliser, mobiliser et outiller des représentants de la société civile et des organisations basées sur la foi pour assurer le relai dans les pays et les communautés visées par le projet. Ces évènements de haut niveau représentent des volumes de financement et d'effort élevés. Ils ont été nécessaires en première partie de projet et ont été possibles notamment grâce au réseau de l'UNFPA, agence des Nations unies qui assure la fonction de STR. Le nombre de ces évènements a un peu diminué en 2018, mais ceci au profit de la mise en œuvre des actions dans les pays, actions de renforcement des systèmes et actions de proximité auprès des populations cibles.
3. Pérennité et durabilité
1. Question 7 : Appropriation de l’AT
Quel a été le niveau d’appropriation de l’AT du STR et des outils de mise en œuvre par les UGP dans les pays et pour les interventions régionales ?
11. H1 : les UGP se sont appropriés l’AT et les outils de mise en œuvre proposés par le STR
* Utilisation effective des compétences transférées par les parties prenantes
Les compétences transférées par l’AT aux parties prenantes l’ont été à partir des pays et au niveau régional, l’un n’excluant pas l’autre. Elles sont de nature diverse.
Les compétences transférées avec succès mentionnées par les informateurs concernent surtout les capacités pour la passation des marchés, et les capacités à rédiger les plans de travail et les sous-projets à soumettre à la Banque mondiale. A certains moments, l’AT a répondu à un besoin spécifique d’un pays, comme par exemple le Plan d’Assistance Technique en appui à l’accélération de la mise en œuvre du PTAB 2017 du Niger, ou la Proposition de canevas pour les rapports de progrès dans la mise en œuvre des plans accélérés pour la Mauritanie. Dans ce type de cas, les parties prenantes ont été sont en principe capables ensuite de résoudre le problème spécifique posé sans AT.
Concernant les composantes, on peut citer l’utilisation des compétences transférées qui concernent : pour la composante 1, l’animation des clubs de maris et futurs maris et des espaces surs, la définition de campagnes nationales de communication ; pour la composante 2, l'élaboration de plans d'actions, pour le renforcement des LNCM, le développement de plans nationaux de transformation de la chaine d'approvisionnement, l'évaluation de la performance des systèmes d'information de la gestion logistique (SIGL) ; pour la composante 3, la réalisation des Comptes de Transferts Nationaux (NTA), et le calcul des indicateurs des cinq dimensions de l’Indice de Synthétique de Suivi du Dividende Démographique (I2S2D) (ou Demographic Dividend Monitoring Index DDMI), qui portent sur :(i) la couverture de la dépendance économique, (ii) la qualité du cadre de vie, (iii) les transitions dans la pauvreté, (iv) le développement humain élargi, et (v) les réseaux et territoires.
Ces compétences sont utilisées dans les pays. Toutefois, si on en juge par rapport aux besoins d’AT exprimés (voir plus bas Question 9), elles ne sont pas encore entièrement maîtrisées partout.
* Utilisation effective des outils par les parties prenantes
Divers outils ont été apportés aux parties prenantes par l’AT.
On peut citer d’abord les guides/manuels élaborés pour l’animation des clubs de maris et futurs maris et des espaces surs, et pour la « Promotion du genre et des compétences de vie pour l’autonomisation des jeunes filles déscolarisées ou non scolarisées » (exemple Cahier de l’apprenant).
Mais, les principaux outils restent les brochures/guides/manuels/stratégies élaborés par l’l’UNFPA/STR ou des cabinets/prestataires détaillant la démarche à suivre par les pays pour élaborer et mettre en œuvre une activité particulière du SWEDD. Citons en particulier les documents suivants :
1. : la Stratégie régionale de communication pour le changement social et de comportement (CCSC) 2017-2019 (84 pages) ;
2. : le Guide saturation+ comment concevoir et mettre en œuvre une campagne médiatique pour le changement social et comportemental (10 pages) ;
3. : le Manuel de formation sur le système d’information de l’Observatoire du Dividende Démographique (49 pages) ;
4. : le Manuel de formation sur les dimensions et indicateurs de suivi de l’Observatoire du Dividende Démographique (154 pages) ;
5. : (le Guide de) Programmation du dividende démographique : de la théorie à l’expérience – banque mondiale, UNFPA, Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, (147 pages) :
6. : la brochure Observatoire régional du Dividende Démographique – rapport de synthèse (32 pages) ;
7. : le Guide révisé de la mise place et du fonctionnement d’un observatoire pour le suivi des indicateurs sur le dividende démographique dans le cadre du projet SWEDD (32 pages).
Notons d’abord que ces documents ne comportent pas de date de publication et, qu’à part les manuels qui ne sont pas sur Internet, ils sont accessibles sur des sites différents (certains sur le site http://www.projetswedd.org/, d’autres sur le site https://wcaro.unfpa.org/fr), ce qui ne facilite pas leur accès et leur interprétation par rapport à l’avancée du projet sur le thème du Dividende Démographique, ces documents sont aussi largement redondants.
Les documents pour la conception et la mise en œuvre des campagnes nationales de CCSC nationales sont certainement utilisés. Ils le sont aussi pour la production de documents sur le Dividende Démographique : Profils démographiques, Policy Briefs, Rapports annuels sur le Dividende Démographique, Rapports sur les cinq dimensions de l’Indice de Synthétique de Suivi du Dividende Démographique (I2S2D), mais cette utilisation se fait toujours sous le contrôle du CREFAT. On notera au sujet des productions des pays sur le Dividende Démographique, en particulier les Profils démographiques et les Policy Briefs produits en 2016-2017, qu’ils ne sont pas accessibles sur Internet, ce qui limite leur utilisation, et est difficilement acceptable pour des publications censées faire largement connaitre des résultats scientifiquement établis sur la dynamique démographique et le Dividende Démographique.
2. Question 8 : Pérennité de l’AT
Dans quelle mesure l’effet de l’AT du STR/UNFPA à la mise en œuvre du projet SWEDD dans les pays est-il pérenne ? Les pays SWEDD pourront-ils, sans AT, continuer la mise en œuvre et obtenir les résultats escomptés ?
12. H1 : les pays SWEDD sont en mesure d’utiliser les compétences et les outils transférés par l’AT du STR
* Nombre de parties prenantes nationales (ONG, Ministères) impliquées dans le projet dont les capacités ont été renforcées par le STR.
En trois ans, les actions de l’UNPFA.STR ont abouti à plusieurs résultats probants pérennes.
Le meilleur exemple à ce sujet est certainement la transformation de trois institutions de formation de sages-femmes en centres d’excellence (Enseignement désormais basé sur le système LMD avec les changements institutionnels appropriés). Une autre grande première à mettre à l’actif de l’UNFPA/STR est l’existence désormais d’un laboratoire de contrôle qualité des produits SRMNIN certifié ISO dans l’espace des pays SWEDD. On peut citer également le renforcement des institutions Africaines (CREFAT, CIRES, ENSEA, ISSP, INFAS, ENSP, les centrales d’achat) et le renforcement déjà mentionné des capacités des cadres africains et du Sahel dans la gestion administrative, et aussi dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement.
Par ailleurs, les diverses actions de l’UNPFA.STR ont abouti à un renforcement des compétences des pays dans plusieurs domaines. Ainsi, l’existence d’une stratégie de communication a conduit à la constitution d’un pool d’experts en CCSC permettant aux pays de disposer de référentiels pour répondre à travers la mobilisation communautaire aux normes, attitudes et pratiques sociales pour garantir la durabilité des résultats. De même un pool d’experts a été constitué sur les questions relatives à l’autonomisation économique, à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, ainsi que dans les stratégies communautaires concernant les clubs de maris et futurs maris. Ce renforcement des compétences constitue une base de durabilité pour la poursuite des activés correspondantes sans AT. Dans d’autres domaines, il est encore trop tôt pour conclure que les actions entreprises depuis 2018, ont déjà conduit à des résultats pérennes permettant aux pays de continuer la mise en œuvre des activités du projet et obtenir les résultats escomptés sans AT. On peut citer à ce sujet, le processus de transformation des chaînes d’approvisionnement avec le partenariat public privé pour la distribution au dernier km qui est un résultat tangible allant dans le sens de la pérennisation, mais qui n’était pas encore finalisé fin 2018. L’existence de six (6) Observatoires nationaux du DD qui permettent de faire le suivi des ODD est aussi la preuve que les pays sont dans un processus de pérennisation, mais ces Observatoires sont encore loin de pouvoir se passer de l’AT du CREFAT.
Si la mise en œuvre d’activités du projet SWEDD par les Ministères impliqués est relativement récente on peut parler globalement en ce qui les concerne d’un renforcement de leurs capacités grâce aux actions de l’UNFPA/STR. En revanche, il a été plus difficile pour les évaluateurs, faute de temps, de se prononcer sur le renforcement des capacités des ONG/OSC. En fait, le renforcement des capacités des parties prenantes au SWEDD du fait de leur participation aux Conseils Nationaux de Pilotage, et de la mise en œuvre de certaines activités est variable selon les pays. Tout d’abord la composition des CNP est différente selon les pays. Au Burkina Faso par exemple certains corps sociaux ne sont pas représentés, alors qu’en Côte d’Ivoire le CNP est plus inclusif et compte des élus et des représentants de la société civile. On dispose aussi de peu d’informations sur les activités des CNP entre 2015 et 2017. La mise en œuvre d’activités du projet SWEDD par les ONG et les OSC contractualisées par les UGP est aussi récente. Les rencontres des évaluateurs, avec de représentants d’ONG en Côte d’Ivoire ont laissé l’impression qu’ils étaient surtout concentrés sur l’exécution des activités qui leur avaient été confiées, et surtout concernés par les durées courtes de leurs contrats, et les procédures à suivre (nouvelles pour eux).
Il reste, qu’avec une implication plus longue et aussi plus inclusive (par exemple dans l’élaboration des sous-projets), le SWEDD a un réel potentiel d’élévation des compétences techniques et financières de l’ensemble des parties prenantes nationales (Ministères, ONG, OSC).
* Nombre de personnes (enseignants et formateurs) formées dans le cadre du projet avec l’appui du STR
Les données issues des trois rapports annuels du STR à ce sujet sont présentées de manière différente, et celles issues des rapports annuels des bureaux pays sont incomplètes. Il est donc difficile dans ces conditions de comptabiliser le nombre de personnes formées dans le cadre du projet avec l’appui du STR de manière homogène et exhaustive puisque la manière de rapporter n'est pas standardisée. De fait, les chiffres donnés ci-dessous ne sont certainement pas exhaustifs, et ils concernent essentiellement les formations régionales impliquant les pays SWEDD.
Pour 2016, le rapport du STR ne mentionne que la formation de 150 cadres nationaux, dont 67 issus des pays SWEDD, en analyse démographique et sur l’approche/l’élaboration des Comptes Nationaux de Transfert (NTA).
Pour 2017 le rapport du STR, présente dans son Annexe 1, un tableau faisant la synthèse des activités de renforcement des capacités et appui technique du SWEDD de janvier à décembre 2017 (Tableau 10).
Tableau X : Activités de formation et nombre personnes formées en 2017
Composante 1 : Création de la demande, autonomisation des femmes
Atelier régional de formation sur l’évaluation d’impact METHODE LQAS. 6 pays.
Date : 27 au 31 Mars 2017 à Abidjan Nombre de bénéficiaires 70
02 Staffs Bureau régional, 01 consul-tant international
Atelier d’élaboration de la méthodologie des études de base et de validation des outils de suivi et évaluation du projet SWEDD .
Date : du 03 au 05 Avril à Abidjan Nombre de bénéficiaires 14
02 Staffs Bureau régional
Atelier régional de Renforcement des capacités en droits humains, genre et éducation à la santé reproductive
Date : du 25 au 28 juillet à Nouakchott. Nombre de bénéficiaires 75
02 staffs Bureau régional
Atelier de formation sur le Paquet de Services Essentiels pour les femmes et filles victimes de violence : Lancement en Mauritanie
Date : du 31 Juillet au 02 Aout 2017 Nombre de bénéficiaires 58
02 staff Bureau régional
Atelier de formation sur le Paquet de Services Essentiels pour les femmes et filles victimes de violence : Lancement au Burkina Faso
Date : du 06 au 08 Novembre 2017. Nombre de bénéficiaires 28
1 staff Bureau régional
Atelier de formation sur le Paquet de Services Essentiels pour les femmes et filles victimes de violence : Lancement au Mali
Date : du 13 au 15 décembre 2017. Nombre de bénéficiaires 29.
1 staff Bureau régional
Composante 2.2 : chaîne d’appro-visionnement.
Orientation des acteurs de mise en œuvre des sous-projets 2.2 sur l’utilisation de l’outil “iTrack”
Date: Depuis Janvier 2017 Nombre de bénéficiaires 12
Appui aux 6 pays, 2staffs Bureau régional McKinsey
Composante 2.4.
Appui matériel et financier aux associations et ordres de sages-femmes Nombre de bénéficiaires : 4 associations, 4 ordres de sage-femme, et 1 association régionale
Bureau régional
Source : Rapport annuel 2017 du STR
Mais ce tableau qui totalise 286 personnes pour les composantes 1 et 2 est incomplet. Il faut y ajouter en effet selon le même rapport :
* la formation de 206 experts nationaux et représentants gouvernementaux des pays sur les comptes de transferts nationaux (NTA), l’élaboration de profils régionaux sur le Dividende démographique, l’élaboration de Policy Briefs, et la réalisation d’études complémentaires ;
* la formation de 30 formateurs sur l'utilisation du nouveau programme harmonisé de « pratique de la sage-femme » dans quatre pays ;
* la formation de 656 sages-femmes et 120 formateurs :
* la formation de 115 personnes en règlementation des médicaments ;
* la formation de 4000 personnes en nouvelles compétences relatives à la profession de sages-femmes / SRMNIN (à travers des programmes de formation courts ou longs) ;
* la formation de 83 experts nationaux sur la gestion axée sur les résultats et les procédures financières.
Soit 1210 personnes additionnelles sans compter les 4000 personnes formées en nouvelles compétences relatives à la profession de sages-femmes/SRMNIN.
A ces formations régionales, s’ajoutent les formations au niveau des pays comme par exemple au Burkina Faso, la formation de 84 acteurs de l'éducation formés sur la gestion hygiénique des menstrues et 436 formés en pédagogie sensible au genre, et au Mali la formation de courte et moyenne durée de 540 sages-femmes et autres personnels de la santé en surveillance des décès maternels et riposte. Les rapports annuels de certains bureaux pays de l’UNFPA, comme celui du Burkina donne une liste détaillée des activités de formation au niveau national, mais la Côte d'Ivoire et le Mali ne fournissent pas cette information.
Pour 2018, le tableau du rapport annuel sur les activités de renforcement de capacités et appuis techniques du STR, liste deux formations régionales mais sans indiquer le nombre de bénéficiaires participants :
* la formation des formateurs/formatrices sur les manuels des Écoles des Maris et Futurs Maris du 09 au 13 juillet, à Abidjan ;
* la formation sur l’approche LQAS pour l’évaluation de base des connaissances, attitudes et pratiques en matière de santé de la reproduction dans le cadre de la mise en œuvre de la CCSC, des espaces surs et des Clubs de Maris, du 26 au 30 novembre, à Ndjamena.
Toutefois le rapport indique par ailleurs que lors d’une session de formation régionale sur le Genre transformationnel, 40 personnes ont été formées, et qu’à l’occasion de sessions de formation des formateurs 38 personnes ont été formées. Par ailleurs, le rapport 2018 donne par pays des informations sur les activités dans les pays par composante, y compris sur les activités de formation
Il faut mentionner enfin le financement par le SWEDD de bourses en analyse statistique et démographique (Tableau 11) qui contribue aussi au renforcement des capacités des trois pays concernés dans ces domaines.
Tableau XI : Formation et octroi de bourses en analyse statistiques et démographique
PAYS
Type de formation (nom de la formation, grade)
Ecole de formation
Durée de la formation
Personnes formées / bourses d’études 2018
Personnes formées / bourses d’études 2017
Total
Burkina Faso
Ingénieurs des travaux statistiques
ENSEA (1) Abidjan
2 ans
2
0
2
Population et santé, Master professionnel
ISSP (2) Ouagadougou
2 ans
2
8
10
Science de la Population et santé, Master recherche
ISSP (2) Ouagadougou
2 ans
2
6
8
Statistiques sociales, licence professionnelle
ISSP (2) Ouagadougou
1 an
10
10
20
Démographie, Master
IFORD (3) Yaoundé
2 ans
2
1
3
TOTAL BURKINA FASO
18
25
43
Mali
Démographie, Master
IFORD (3) Yaoundé
2 ans
0
3
3
Statistiques, Master
ENSEA (1) Abidjan
2 ans
3
3
Statistiques, techni-cien des travaux statistiques BAC+2
Centre de formation et Perfectionnement statistique, Mali
2 ans
0
53
53
Science de la Population et santé, Master recherche
ISSP (2) Ouagadougou
2 ans
1
1
Master 2 BIG DATA
Rennes
2 ans
1
1
Doctorat en démographie
ISFRA (4), Bamako
3 ans
2
2
Doctorat en Economie générationnelle
Ecole Doctorale de Thiès (Université de Thiès, Sénégal)
3 ans
1
1
TOTAL MALI
8
56
64
Tchad
Licence Professionnelle en Statistiques sociales
ISSP (2) Ouagadougou
1an
2
2
Master en science de la population
ISSP (2) Ouagadougou
2 ans
1
1
Doctorat en Science de la population et Démographie
IFORD (3) Yaoundé
1 an
0
1
1
Doctorat en Sociologie
IFORD (3) Yaoundé
1 an
0
1
1
Master 2 en Démographie
Université de Maroua Cameroun
1 an
0
1
1
Master en Démographie
IFORD (3) Yaoundé
2 ans
8
8
TOTAL TCHAD
11
3
14
TOTAL
37
84
121
ENSEA (1) Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d'Economie Appliquée d'Abidjan
ISSP (2) Institut Supérieur des Sciences de la Population – Ouagadougou
IFORD (3) Institut de Formation et de Recherche Démographique – Yaoundé
ISFRA (4) Institut Supérieur de Formation à la Recherche Appliquée – Bamako
* Existence de ressources/mécanismes de fourniture d’AT local pour la continuité de l’offre
Il existe des mécanismes qui permettent d'identifier et de mobiliser des ressources locales pour l'offre d'AT aux partenaires d'exécution. Selon nos informateurs, ces ressources sont à deux niveaux : 1) les UGP qui procèdent à des appels d’offres et disposent de ressources pour mobiliser les expertises locales (ou régionales), et 2) les bureaux pays de l’UNFPA qui disposent aussi de listes d’experts dans différents domaines mobilisables selon les besoins.
3. Question 9 : Autres formes d’assistance souhaitées
Quelles autres formes d’assistance aimeraient recevoir les partenaires de l’UNFPA ?
13. H1 : les partenaires de l’UNFPA ont formulé le besoin d’avoir d’autres types d’assistance
* Existence du besoin d’autres types d’AT supplémentaires
De manière quasi unanime, nos informateurs ont exprimé des besoins d’AT supplémentaires, mais ce dans le champ des trois composantes et huit sous-composantes du projet. En combinant les informations recueillies, et les besoins exprimés figurant dans les Plans de Travail Annuels 2019 distribués lors de la réunion des coordinateurs des UGP à Abidjan le 26 mars 2019, on peut dresser la liste suivante :
* Composante 1 : plusieurs pays ont exprimé le besoin de mieux maitriser l’évaluation de l’impact de leurs activités (clubs des maris et futurs maris, espaces sûrs, campagnes de communication CCSC) par une meilleure maîtrise de la méthode de sondage LQAS. Un pays, la Mauritanie, a exprimé le besoin d’un appui pour l’organisation d’une campagne pour la promotion de la santé.
* Composante 2 : plusieurs pays souhaitent une d’AT supplémentaire pour améliorer la performance de leur chaîne d'approvisionnement, et aussi pour l’appui aux institutions de formation des sages-femmes afin d’augmenter leur nombre et améliorer la qualité des enseignements donnés. Un pays demande un appui pour l’amélioration de l'enregistrement et du contrôle qualité des produits RMNCHN, et un autre pour l’amélioration du monitoring régional des stocks de produits contraceptifs.
* Composante 3 : quasiment tous les pays ont exprimé le besoin d’une AT supplémentaire pour l’opérationnalisation et le renforcement des capacités des Observatoires Nationaux du Dividende Démographique, la maitrise des outils nécessaires pour le calcul des indicateurs des cinq dimensions de l’Indice de Synthétique de Suivi du Dividende Démographique (I2S2D), et la production du rapport sur l’avancement vers les objectifs d’exploitation du dividende démographique (pour arriver in fine à l’adoption d’une Déclaration de politique visant à exploiter le dividende démographique (DPVEDD).
Au total, l’AT fournie par l’UNFPA/STR a permis un transfert efficace de compétences dans plusieurs domaines. Les compétences transférées les plus souvent mentionnées par les informateurs concernent les capacités pour la passation des marchés, et les capacités à rédiger les plans de travail et les sous-projets à soumettre à la Banque mondiale. Les brochures/guides/manuels/stratégies élaborés par l’UNFPA/STR ou des cabinets/prestataires ont facilité la réappropriation de ces compétences par les parties prenantes du projet au nveau national. Les actions de l’UNPFA.STR ont ainsi abouti à plusieurs résultats probants pérennes dont la transformation de trois institutions de formation de sages-femmes en centres d’excellence (Enseignement désormais basé sur le système LMD), l’existence d’un laboratoire de contrôle qualité des produits SRMNIN certifié ISO dans l’espace des pays SWEDD, et le renforcement de plusieurs institutions Africaines.
Par ailleurs, les diverses actions de l’UNPFA.STR ont abouti à un renforcement des compétences des pays dans plusieurs domaines, conduisant à la constitution d’un pool d’experts en CCSC, sur les questions relatives à l’autonomisation économique, à la scolarisation et au maintien des filles à l’école, dans les stratégies communautaires concernant les clubs de maris et futurs maris ainsi que sur les Comptes de Transferts Nationaux. Ce renforcement des compétences constitue une base de durabilité pour la poursuite des activés correspondantes sans AT.
Cependant, les besoins d’AT supplémentaires exprimés de manière quasi unanime par nos informateurs dans le champ des trois composantes et huit sous-composantes indiquent qu’il est encore trop tôt pour conclure que les actions entreprises depuis 2018, ont conduit dans la plupart des domaines couverts par le SWEDD à des résultats pérennes permettant aux pays de continuer la mise en œuvre des activités du projet et obtenir les résultats escomptés sans AT. La forte mobilité du personnel parmi les parties prenantes (UGP, Ministères et ONG, OSC), et le maintien des personnels après les formations diplômantes reçues dans leur statut antérieur, pose aussi le problème de l’utilisation effective, efficace et durable des compétences et outils fournis par le STR.
4. Efficacité (volet financier) :
1. Question 10 : Adéquation des ressources financières du STR
Dans quelle mesure les ressources allouées au UNFPA/STR par les pays (13%) sont-elles adéquates pour assurer une assistance technique et une coordination régionale efficace ?
14. H1 : Toutes les ressources financières ont été mobilisées selon le plan initial
* Pourcentage (%) des fonds IDA reçus par l’UNFPA/STR venant des six pays selon le plan initial
Sur la durée du projet les dépenses de l’UNFPA ont été plafonnées à 26 millions de dollars US
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet SWEDD, des contrats d’assistance technique ont été signés entre les six pays et l’UNFPA afin de lui permettre, à travers le STR, de financer son appui en AT pour la mise en œuvre du SWEDD au niveau régional et au niveau des pays. Ces contrats prévoient que les six pays bénéficiaires du projet transfèrent à l’UNFPA 13% du financement qu’ils reçoivent de l’IDA (International Development Association) de la Banque mondiale, par tranches annuelles de 20% pendant les cinq ans du projet.
Le Tableau 12 indique les fonds reçus de l’IDA par les pays de 2016 à 2018. Il indique également les montants versés par les six pays SWEDD à l’UNFPA/STR pour la période 2016-2018, qui correspondent bien à 13% des fonds reçus de l’IDA, tel que convenu dans les contrats d’assistance technique signés avec l’UNFPA. Ceci se vérifie également chaque année. Ainsi pour la Côte d’Ivoire par exemple, sur un montant total de 18 000 000 dollars US reçus de l’IDA de 2016 à 2018, soit 6 000 USD chaque année, 13% ont été reversés chaque année à l’UNFPA, soit 780 USD, ce qui donne bien 2 340 USD pour les trois années 2016, 2017 et 2018.
Tableau XII : Total des fonds versés par les pays à l'UNFPA pour la période 2016-2018 en USD
Pays
Fonds BM/IDA reçus par les pays en $
Fonds versés par les pays à l’UNFPA en $
% des fonds reversés à l'UNFPA par rapport aux fonds reçus depuis 2016
Burkina Faso
20 861 538
2 712 000
13%
Côte d'Ivoire
18 000 000
2 340 000
13%
Mali
24 000 000
3 120 000
13%
Mauritanie
9 000 000
1 170 000
13%
Niger
32 100 000
4 173 000
13%
Tchad
16 020 000
2 082 600
13%
Total
119 981 538
15 597 600
13%
Sources : Rapports annuels et trimestriels T2 2017 et T2 2018
Chaque année, donc, les pays ont respecté leur engagement contractuel vis-à-vis de l’UNFPA, mais les versements correspondants ont généralement été faits plusieurs mois après le début de l’année. Ces retards ont été plus importants en 2017 et 2018, réduisant la période théorique de mise en œuvre opérationnelle de l’AT de 12 mois à 5 à 9 mois selon les pays (voir Question 3, Figure 1).
Au 31 décembre 2018, l’UNFPA a donc perçu trois tranches d’avances de 5,2 millions chacune, soit un total de 15,6 millions sur les 26 millions prévus pour la durée du projet. Ce montant représente 60% des fonds prévus pour la durée du projet.
15. H2 : Les budgets alloués au STR ont permis de réaliser correctement les activités prévues dans le cahier des charges
* Pourcentage (%) d’exécution des activités planifiées dans les PTA du STR
Le STR a planifié des activités afin de lui permettre d’atteindre les objectifs qu’il s’est assignés dans le cadre de sa mission. Le niveau de réalisation de ces activités de 2016 à 2018 est présenté ci-dessous (Tableau 13).
Sur les 193 activités planifiées en 2016, 2017 et 2018, 173 ont été réalisées, ce qui correspond à un taux d’exécution appréciable de 90%. Le nombre d’activités planifiées a considérablement augmenté depuis 2016, passant de 22 en 2016, à 77 en 2017 et 94 en 2018, ce qui reflète la montée en charge des activités du STR, et aussi de ses performances, les taux d'exécution des activités planifiées croissant de 77% en 2016, à 87% en 2017, et à 95% en 2018.
Par composante, les activités planifiées de 2016 à 2018 sont de 46 pour la composante 1, 84 pour la composante 2 et 63 pour la composante 3. Les activités réalisées sont respectivement 42, 73, et 58, ce qui correspond à des taux d'exécution de 91,3%, 85,7%, et 92,1%. On notera qu’en 2018, les trois composantes affichent des taux d'exécution de leurs activités planifiées supérieurs à 90%.
Tableau XIII : Activités planifiées et réalisées par composantes, 2016-2018
Nombre d'activités planifiées par composantes
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
6
8
8
22
2017
18
38
21
77
2018
22
38
34
94
Total
46
84
63
193
Nombre d'activités réalisées par composantes
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
4
6
7
17
2017
17
30
20
67
2018
21
37
31
89
Total
42
73
58
173
% d'exécution des activités planifiées
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
66,7%
75,0%
87,5%
77,3%
2017
94,4%
78,9%
95,2%
87,0%
2018
95,5%
97,4%
91,2%
94,7%
Total
91,3%
86,9%
92,1%
89,6%
Source : Rapports annuels du STR, 2016, 2017 et 2018
Globalement le niveau de réalisation des activités planifiées est satisfaisant, et il s’est amélioré entre 2016 et 2018 pour les trois composantes. Il reste toujours possible bien sûr d’espérer arriver dans le futur à des taux d'exécution plus élevés.
2. Question 11 : Gestion des ressources financières par le STR
Dans quelle mesure la gestion des ressources financières par le STR a-t-elle efficacement permis de répondre aux attentes des pays SWEDD et des interventions régionales ?
16. H1 : Le financement des activités par le STR dans les pays SWEDD a été effectué conformément aux montants prévus
* Niveau d’exécution financière des activités du STR (activités régionales et PTA conjoints)
Le financement des activités d’AT et la coordination de l’UNFPA/STR sont faits conformément à la planification effectuée dans les PTA du STR pour les activités du niveau régional, et dans les plans d’accélérations et les PTA conjoints pour les activités au niveau des pays. Le tableau 14 ci-dessous indique les niveaux d’exécution financière des activités des trois composantes du STR par rapport aux budgets alloués à chacune d’elles.
Sur les trois années, on enregistre 76,7% des montants alloués pour la réalisation des activités du PTA/STR ont été dépensés. Les ratios montants dépensés / ressources ou taux d’exécution financière ont cependant progressé de 71,1% en 2016, à 81% en 2018, après une année 2017 avec un taux d’exécution de 74.8%.
Tableau XIV : Montants alloués et dépensés en USD par composantes
Montants alloués pour la réalisation des activités du PTA/STR en USD
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
500 000,00
575 480,00
2 261 624,26
3 337 104,26
2017
1 396 847,00
1 281 000,00
3 329 712,00
6 007 559,00
2018
2 466 517,24
1 194 368,07
3 136 333,61
6 797 218,92
Total
4 363 364,24
3 050 848,07
8 727 669,87
16 141 882,18
Montants dépensés pour la réalisation des activités du PTA/STR en USD
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
245 713,91
518 978,67
1608972,68
2 373 665,26
2017
474 284,17
384 426,93
3632801,9
4 491 513,00
2018
1 541 657,31
586 040,79
3380907,47
5 508 605,57
Total
2 261 655,39
1 489 446,39
8 622 682,05
12 373 783,83
% d'exécution financière (montants dépensés/ressources allouées)
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Ensemble
2016
49,1%
90,2%
71,1%
71,1%
2017
34,0%
30,0%
109,1%
74,8%
2018
62,5%
49,1%
107,8%
81,0%
Total
51,8%
48,8%
98,8%
76,7%
Source : Rapports annuels du STR, 2016, 2017 et 2018, rapport financier consolidé STR SWEDD –mai 2019
Les dépenses effectuées pour la mise en œuvre des différentes activités des trois composantes sont aussi restées inférieures aux montants alloués à chacune d’entre elle sur les trois années. Toutefois l’évolution des taux d’exécution financière est contrastée selon les composantes. Ce taux a augmenté régulièrement pour la composante 3, passant de 71% en 2016 à 109% en 2017, puis à 108% en 2018. Pour la composante 1, le taux d’exécution financière a augmenté de 49% en 2016 à 63% en 2018, après un taux très bas : 34% en 2017. Enfin le taux d’exécution financière de la composante 2 est passé après un maximum de 90% en 2016, à 30% en 2017, pour se relever à 49% en 2018, ce qui reste néanmoins le taux le plus faible des trois composantes.
Les taux d’exécution financière de la composante 3 supérieur à 100% en 2017 et 2018 sont expliqués par le caractère dynamique de la planification induite par le STR en accord avec les pays et la Banque mondiale. En fait, la composante 3 du projet supporte aussi bien l’ensemble des coûts liés au personnel (coûts régulièrement croissants du fait des opérations du projet), des frais liés au fonctionnement (communication, fourniture de bureau, achat de matériel) ainsi que le financement des PTA non prévu dans le projet initial
C’est la raison pour laquelle la répartition des fonds alloués et utilisés par composante est assez différente de celle qui était initialement prévues dans le DAP/PAD, mais il faut souligner que cette répartition était indicative. La comparaison de la répartition par composantes des montants alloués pour la réalisation des activités approuvés chaque année par le CRP et la Banque mondiale laisse toutefois apparaitre quelques différences avec la répartition par composantes des montants dépensés (Tableau 15)
Ainsi, sur les trois années, la composante 3 a absorbé 70% des montants dépensés, contre 54% initialement prévus. En fait pour de raisons de clarification, il serait opportun d’adopter une ventilation des dépenses plus conforme à leur répartition par composante avec notamment une affectation des divers postes de dépenses de fonctionnement (salaires des personnels, missions…) en fonction des composantes auxquelles elles se rapportent.
Tableau XV : Répartition des montants alloués et dépensés par composantes
Répartition en % des montants alloués par composantes
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Ensemble
2016
15,0%
17,2%
67,8%
100,0%
2017
23,3%
21,3%
55,4%
100,0%
2018
36,3%
17,6%
46,1%
100,0%
Total
27,0%
18,9%
54,1%
100,0%
Répartition en % des montants dépensés par composantes
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Ensemble
2016
10,4%
21,9%
67,8%
100,0%
2017
10,6%
8,6%
80,9%
100,0%
2018
28,0%
10,6%
61,4%
100,0%
Total
18,3%
12,0%
69,7%
100,0%
Source : % calculés à partir des données du tableau 14 :
Au total fin 2018 les dépenses effectuées pour la réalisation des activités du STR s’élevaient à 12°373°783,83 USD soit 48% des 26 millions de dollars US prévus. Le solde disponible par rapport aux montants reçus des pays est de 3 223 816,17 USD (15°597°600-12°373°783,83). Par rapport aux 26 millions USD prévus pour l’UNFPA/STR pour la durée du projet, le total des dépenses effectuées, laisse un solde à percevoir (et à justifier) confortable de 13 626 216,17 USD (26 000 000 – 12°373°783,83) (26°000°000- 12°373°783,83), ce qui justifie l’extension du projet sans fonds supplémentaires.
17. H2 : les procédures de décaissements du UNFPA/STR sont appropriées à la mise en œuvre du projet SWEDD
* Niveau de satisfaction du décaissement par les prestataires de services
Le système d’allocation des budgets pour la mise en œuvre des activités du STR est tributaire de l’expression des besoins en AT figurant dans les PTA élaborés en coordination avec les pays. Comme indiqué à la Question 3, des retards ont été enregistrés dans la mise en œuvre des activités planifiées par le STR, notamment en 2016. Mais depuis l’année 2017, avec l’élaboration de PTA conjoints, des fonds sont transférés aux bureaux pays de l’UNFPA afin de faciliter l’exécution des activités d’AT de proximité dans le pays.
Les relations avec les prestataires de services et fournisseurs pour l’exécution d’activités d’AT sont encadrées par des contrats obéissant aux procédures de l’UNFPA. Ceux-ci sont sélectionnés suite à un appel d’offre pour l’exécution d’activités ou la fourniture de services. Dans ce cas, un contrat stipule le mode de paiement sur la base de livrables et de justificatifs. Selon l’avis de l’un de ces fournisseurs de services les procédures de paiement sont simples et sans délai préjudiciable. Sur la base des termes du contrat et des TDR, des missions techniques ou des activités d'élaboration des documents ou supports de formation sont faites, et les services sont fournis dans des délais précis. Ensuite, l'évaluation puis la validation des prestations sont faites, et si celles-ci sont positives, un certificat de paiement est signé. Puis le paiement des services ou honoraires est effectué par virement sur le compte bancaire ou par chèque au nom du bénéficiaire fourni et enregistré dans le système de l’UNFPA.
Certains prestataires de services jugent que les procédures qui encadrent les relations avec les Nations unies sont trop lourdes et qu’il faudrait les alléger. De fait, malgré les informations reçues, certains prestataires ont toujours des difficultés à s’adapter à des procédures nouvelles pour eux, qu’ils considèrent souvent comme des lourdeurs administratives. Toutefois, l’UNFPA a des exigences de transparence de gestion à remplir vis à vis de ses bailleurs, ce qui le contraint à demander aux fournisseurs et prestataires de services le respect de certaines règles de gestion et de transparence.
D’autres prestataires estiment au contraire que les procédures requises pour l’obtention des fonds ne posent pas de problèmes. Le CREFAT de l'Université de Thiès au Sénégal par exemple a exprimé son point de vue à ce sujet dans les termes suivants : « Les procédures de paiement que nous avons avec le STR se passent très bien et nous n'avons pas de problème spécifique avec les procédures. Avec le nouveau système ATLAS que nous utilisons, nous constatons qu'il n'y a aucun problème dans les transferts de fonds pour la mise en œuvre des activités ».
3. Question 12 : Adéquation des ressources humaines logistiques et matérielles du STR
Les ressources humaines, logistiques et matérielles mises à la disposition du STR sont- elles adaptées et adéquates pour les besoins du projet ?
18. H1 : le budget mis à disposition du STR a permis l’acquisition des ressources humaines, logistiques et matérielles utiles dans le cadre du projet SWEDD
* Adéquation des ressources humaines logistiques et matérielles acquises par le STR pour l’exécution du Projet
Concernant les ressources humaines, sur la base de la description des responsabilités de l’UNFPA dans le projet SWEDD, le STR a pour mission, conformément à son mandat (voir Question 3), d’assurer au niveau régional : 1) la coordination de l’AT, 1) la mise en œuvre de programmes, 3) la coordination du Secrétariat du CRP, 4) le partage de connaissances, 5) le renforcement de l'harmonisation des politiques, et 6) aussi d’apporter son appui aux activités nationales dans le cadre du projet.
Pour remplir sa mission, sept personnes à temps plein ont été recrutées par le projet. Il s’agit : 1) d’un coordonnateur régional du projet, 2) d’un spécialiste suivi/évaluation, 3) d’un spécialiste jeune et genre, 4) d’une personne associée au programme, 5) d’une assistante administrative et financière, 6) d’une spécialiste en communication, et 7) d’un chauffeur. Ces personnes ont été recrutées selon les procédures du système des Nations unies, lesquelles appliquent des critères de compétitivité, transparence et compétences par rapport aux postes concernés. Au vu de leurs CV, on peut affirmer que le personnel recruté pour le projet, possède effectivement les qualifications et compétences nécessaires à l’accomplissement des tâches qui leur sont confiées et que l’UNFPA a nommé un coordonnateur de niveau Directeur.
S’ajoute à cela des personnels permanents du Bureau régional de l’UNPFA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (12 personnes), voir Question 17 (Tableau 21)
Concernant la logistique, le STR étant logé au sein du Bureau régional de l’UNPFA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il partage ses bureaux et bénéficie de sa logistique (véhicules, connexion Internet etc.), et aussi ponctuellement du temps des autres personnels du Bureau régional. Cette mutualisation des moyens favorise la mise œuvre du SWEED et des activités du STR.
19. H2 : le budget du STR pour les ressources humaines, logistiques et matérielles ont été suffisantes pour l’exécution du projet
* Adéquation des ressources humaines logistiques et matérielles acquises conformément à la planification du projet SWEDD
A côté du personnel recruté pour le projet, comme on vient de le mentionner, d’autres personnes du Bureau régional de l’UNFPA mais aussi des bureaux pays de l’UNFPA apportent un appui au STR sans que cela ne fasse l’objet de rémunérations, ce qui constitue une valeur ajoutée en termes de ressources humaines pour la réussite des missions du STR. Compte tenu du volume croissant des activités du STR, (avec l’adhésion en cours du Bénin au projet et des perspectives d’autres adhésions), il est ressorti des échanges avec le personnel que leur charge de travail augmente de manière importante, et que le besoin de nouveaux recrutements dont il conviendrait de préciser le profil est éventuellement à envisager.
Aucune difficulté majeure n’a été mentionnée par nos informateurs, concernant le principe de mutualisation des ressources humaines, matérielles et logistiques du STR avec le Bureau régional et les bureaux pays de l’UNFPA, principe qui parait adapté, compte tenu du caractère régional du projet. Il est cependant évident que la charge de travail des personnels concernés, à temps plein ou partiel, doit être correctement évaluée, et les effectifs affectés au projet réajustés en fonction de l’évolution des activités et de nouvelles adhésions de pays au projet.
5. Efficience (volet financier) :
1. Question 13 : usage efficient des ressources par le STR
Au vu des exigences liées aux modes de financement du STR et des modalités de financement du SWEDD dans les pays, dans quelle mesure le STR a-t-il fait un usage efficient de ces ressources et pour quel résultat?
20. H1 : Les résultats attendus du STR ont été atteints avec moins de ressources
* Niveau d’atteinte des résultats du STR
Dans le cadre de la mission d’AT du STR, des résultats spécifiques à atteindre sont prévus dans les plans d'actions annuels et rapportés annuellement. L’atteinte de ces résultats est mesurée par des indicateurs d'étapes, ou « milestones », point déjà traité en partie à la Question 4 (voir Tableau 16).
Tableau XVI : Résultats planifiés et atteints par année et par composante
Résultats planifiés par composante
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
4
3
4
11
2017
3
4
3
10
2018
8
8
7
23
Total
15
15
14
44
Résultats atteints par composantes
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
3
2
3
8
2017
2
4
2
8
2018
7
8
7
22
Total
12
9
12
33
% d'atteinte des résultats planifiés
Années
Composante 1
Composante 2
Composante 3
Total
2016
75,0%
66,7%
75,0%
72,7%
2017
66,7%
100,0%
66,7%
80,0%
2018
87,5%
100,0%
100,0%
95,7%
Total
80,0%
60,0%
85,7%
75,0%
Source : Données des rapports annuels 2016, 2017, 2018 du STR
Tel qu’indiqué précédemment, pour l’ensemble des trois années, 33 des 44 résultats planifiés, soit 75% ont été réalisés, avec toutefois des différences selon les années et les composantes. Ainsi, le pourcentage d'atteinte des résultats planifiés s’est amélioré passant de 73% en 2016, à 80% en 2017, et à 96% en 2018. Pour la composante 1, sur 15 résultats planifiés, 12 ont été atteints soit 80%, avec une augmentation d'atteinte des résultats de 75% en 2016 à 88% en 2018. Pour la composante 2, sur 15 résultats planifiés, 9 ont été atteints soit 60%, avec 100% des résultats planifiés atteints en 2017 et 2018. Enfin, pour la composante 3, sur 14 résultats planifiés, 12 ont été atteints soit 86%, là aussi avec une augmentation d'atteinte des résultats de 75% en 2016 à 100% en 2018.
21. Ratio d’exécution budgétaire du STR
Si on compare les ressources d'exécution des activités planifiées (voir Question 10, Tableau 12), avec le pourcentage d'exécution financière (montants dépensés/ressources allouées) (voir Question 11, tableau 14), on obtient un Ratio d’exécution budgétaire des activités du STR (Tableau 17)
Tel qu’indiqué précédemment, le taux d’exécution des activités planifiées pour les trois années considérées s’établit à 89,6%, et il a considérablement augmenté entre 2016 et 2018. Cependant, seulement 76,7% des montants alloués pour la réalisation des activités du STR ont été dépensés au cours de la même période. De fait, chaque année les diverses activités planifiées et exécutées par le STR, ont pu l’être avec moins de ressources, en pourcentage, que les montants dépensés pour leur réalisation. On peut donc dire globalement que la gestion des ressources financières allouées au STR a été efficiente.
Tableau XVII : : Ratio résultats atteints et ressources utilisées
% d'exécution des activités planifiées
% d'exécution financière
2016
77,3%
71,1%
2017
87,0%
74,8%
2018
94,7%
81,0%
Total
89,6%
76,7%
Source : Rapports annuels du STR 2016, 2017 et 2018
22. H2 : Les activités des composantes du Projet SWEDD mises en œuvre par le STR ont été réalisées sans dépassement budgétaire
* Pourcentage (%) d’exécution des activités réalisées
Les pourcentages d’exécution des activités réalisées par composante et par année ont déjà été présentés (voir Question 10, Tableau 12). De même, les taux d’exécution financière (montants dépensés rapportés aux ressources allouées) par composante et par année ont été examinés à la Question 11 (Tableau 14).
Tel qu’indiqué précédemment, les activités réalisées de 2016 à 2018 pour les composantes 1, 2 et 3, ont été respectivement de 42, 73, et 58, ce qui correspond à des taux d'exécution respectifs de 91,3%, 86,9%, et 92,1%, taux appréciables, d’autant plus qu’ils ont progressé, et qu’en 2018, les trois composantes ont affiché des taux d'exécution de leurs activités planifiées supérieurs 90%. Toutefois, les dépenses effectuées pour la mise en œuvre des différentes activités planifiées pour les composantes 1 et 2 sont restées sensiblement inférieures aux montants alloués à chacune d’entre elles sur les trois années exceptées pour la composante 3 en 2017 et 2018. En effet, les taux d’exécution financière de la composante 1, sont passés de 49% en 2016 à 63% en 2018, les taux de la composante 2, de 90% en 2016 à 49% en 2018, et ceux de la composante 3, de 71% en 2016 à 107% en 2018.
Au total, conformément à la planification, l’exécution, assez satisfaisante, des diverses activités planifiées par le STR pour les trois composantes s’est faite avec moins de ressources allouées. Toutefois, il conviendrait sans doute d’accroître le taux d'exécution des activités planifiées (notamment pour la composante 2), et d’améliorer le taux d’utilisation des ressources allouées au STR.
2. Question 14 : Contraintes au démarrage et à la mise en œuvre du projet
Quelles sont les contraintes d’ordre diverses (procédures de gestion ; réglementation ; administratives etc.) qui ont eu une influence sur le démarrage du projet et sa mise en œuvre dans les pays et au niveau du STR ? Dans quelle mesure ont-elles été adressées de façon satisfaisante pour limiter les conséquences négatives sur le déroulement et les résultats du projet ?
23. H1 : Les procédures de gestion, réglementation, administratives, et autres ont été de nature à retarder le démarrage des activités du projet au niveau du STR
* Existence de lourdeurs dues aux procédures constatées lors du démarrage du projet au niveau du STR
Selon le rapport annuel 2016 du STR, le projet a connu un retard de démarrage dans tous les pays. D’abord, il était prévu que les activités du projet démarrent en 2015, mais elles n’ont finalement vraiment démarrées qu’en 2016. De fait, le lancement officiel du projet a eu lieu au Niger en novembre 2015, après les étapes de son approbation par le conseil d’administration de la Banque mondiale, et la signature des accords de financement par les pays.
Ensuite, le STR étant au sein de l’UNFPA, le personnel à recruter a dû l’être selon les procédures des Nations unies Celles-ci fournissent un cadre institutionnel solide en matière de recrutement, mais constituent un processus complexe et lent, tel que le souligne un rapport du corps commun d’inspection rendu public en 2012[6]. Ainsi, les délais dans le recrutement du personnel du projet ont occasionné un retard supplémentaire dans le démarrage effectif des activités (par exemple, le coordonnateur du projet n’été recruté qu’à la fin de l’année 2015, et la spécialiste « genre et jeune », qu’au milieu de l’année 2016…).
Selon nos informateurs, la complexité du projet, et l’insuffisante préparation des pays à sa mise en œuvre, ont constitué des facteurs supplémentaires de retard. Ainsi, les phases d’écriture et de validation, de chaque sous-projet ont pris plus de temps que prévu, ce qui a contribué à retarder leur approbation par la Banque mondiale, et par voie de conséquence le décaissement des fonds aux pays, et donc la mise en œuvre des activités correspondantes. Une fois, les sous-projets approuvés, les personnels nationaux ont dû également se familiariser avec les règles de passations des marchés de la Banque mondiale.
Un autre facteur important de retard dans la mise en œuvre du projet a été les changements institutionnels fréquents dans certains pays, comme les changements de Ministres en charge du SWEDD, les changements de responsables des UGP, et la lenteur des recrutements des membres des UGP.
Le projet a donc effectivement connu un retard dans le démarrage de sa mise en œuvre du fait des procédures longues de recrutement du personnel pour l’UNFPA/STR, mais aussi du fait de sa complexité, de l’impréparation des pays à soumettre des sous-projets et suivre les règles de la Banque mondiale, et de divers changements de Ministres et personnels nationaux chargés du projet
3. Écart entre la date prévue et effective lié aux procédures lors du démarrage du Projet
La date prévue de lancement du SWEDD était initialement le 18 avril 2015[7], mais comme indiqué plus haut, son lancement officiel a eu lieu le 08 novembre 2015 de la même année à Niamey au Niger, soit huit mois plus tard, et les activités correspondantes n’ont réellement débuté que début 2016.
Certes, les accords entre les pays et la Banque mondiale ont été signés entre mars et septembre 2015, et les conventions entre les pays et l’UNFPA quelque mois après (entre juillet et décembre 2015 (Tableau 18). Mais ensuite le versement par les pays à l’UNFPA au titre de l’AT de la première tranche (une avance de 20% du total prévu pour les cinq ans du projet) des 13% prévus pour l’assistance technique est intervenu avec plus ou moins de retard selon les pays par rapport à janvier 2016, début de l’exercice. Un seul pays, la Côte d’Ivoire a effectué son versement en janvier 2016, deux pays l’ont fait en février (Mauritanie, Niger), un pays l’a fait en mars (Mali), et deux pays en novembre, c’est à dire quasiment en fin d’exercice (Burkina Faso et Tchad). En 2017, quatre pays ont versé la deuxième tranche en mars (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger), un pays en avril (Mauritanie), et un pays en juillet (Tchad). Et en 2018, un pays a versé la troisième tranche fin février (Niger), un pays en mars (Burkina Faso,), trois pays en avril (Côte d’Ivoire, Mali, Tchad), et un pays en juillet (Mauritanie).
Ces versements tardifs qui réduisent d’un quart à un tiers, le financement des activités pendant la période théorique de 12 mois d’exécution du budget par le STR ont évidemment un impact négatif sur la mise en œuvre de l’AT au niveau régional et dans les pays (voir aussi à ce sujet Question 3, Figure 1).
________________
Tableau XVIII : Dates de signature des conventions et des décaissements du financement de l’AT par les pays 2016-2018
Pays
Date signature Banque mondiale/pays
Date signature conventions UNFPA/pays
Date paiement (1ere tranche avance) 2016
Date paiement (2eme tranche) 2017
Date paiement (3eme tranche) 2018
Burkina Faso
21/05/2015
23/12/2015
07/11/2016
02/03/2017
26/03/2018
Côte d’Ivoire
02/04/2015
06/11/2015
27/01/2016
21/03/2017
23/04/2018
Mali
03/04/2015
31/08/2015
08/03/2016
23/03/2017
24/04/2018
Mauritanie
11/03/2015
16/11/2015
02/02/2016
25/04/2017
05/07/2018
Niger
18/09/2015
18/09/2015
08/02/2016
15/03/2017
28/02/2018
Tchad
25/03/2015
20/07/2015
30/11/2015
26/07/2017
27/04/2018
Source : Rapport audit UNFPA, WCARO
24. H2 : Les procédures de gestion, la réglementation et l’administration ont eu un effet peu significatif sur les éventuels retards constatés lors de la mise en œuvre des activités du projet au niveau SWEDD au niveau du STR
* Existence de lourdeurs dues aux procédures constatées lors du démarrage du projet au niveau du STR
Les procédures de gestion, la règlementation et l’administration utilisées par le STR sont celles de l’UNFPA qui l’abrite. Les entités interrogées travaillant pour le STR dans la fourniture d’assistance technique (par exemple l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar) ont indiqué que les procédures de paiement ne leur posent pas de problèmes particuliers et que les transferts de fonds dans la mise en œuvre des activités se passent bien. Les termes des contrats et les termes de référence des missions techniques ou des activités d'élaboration des documents stipulent clairement les différentes conditions de fournitures de services. A cet effet, des mécanismes comme l'évaluation et la validation de la prestation sont mis en œuvre et déterminent la délivrance d’un certificat de paiement signé, puis le paiement proprement dit.
Du coté des bénéficiaires de l’appui technique (les pays), des lourdeurs ont été constatées à plusieurs niveaux Elles résultent en particulier des difficultés liées aux procédures de marchés publics de la Banque mondiale ce qui, selon nos informateurs, a retardé la mise en œuvre des activités dans plusieurs pays. Nos informateurs bénéficiaires ont également mentionné les difficultés liées à la planification, quelquefois tardive, par l’UNFPA/STR d’activités d’AT tant au niveau régional que national, dont les dates chevauchent celles d’activités planifiées depuis un certain temps au niveau national, ce qui oblige à décaler leur programmation.
Du coté des bureaux des pays de l’UNFPA, les rapports d’assistance technique[8] soulignent le retard dans la mise à disposition des fonds destinés à l’accompagnement du projet SWEDD depuis la mise en œuvre des plans d’accélération. L’UNFPA/STR de son côté est tributaire des retards de versement des pays, de trois à quatre mois en moyenne, point évoqué précédemment (voit Tableau 18).
Les retards constatés dans la mise en œuvre du projet sont donc dus à plusieurs contraintes, certaines liées à des procédures particulières, d’autres liées aux acteurs. Concernant le plan d’accélération 2017, la responsabilité du STR est mentionnée dans le retard dans la mise à disposition de fonds aux bureaux pays de l’UNFPA. Ceci dit, les procédures de gestion, la réglementation et l’administration au niveau de l’UNFPA/STR, ont eu peu d’effets significatifs sur les retards constatés dans la mise en œuvre des activités du projet.
25. H3 : Les solutions apportées aux difficultés rencontrées au niveau du STR du fait des procédures ont été efficaces et dans les délais
* Efficacité des solutions apportées à difficultés rencontrées au niveau du STR du fait des procédures
Face aux difficultés liées aux procédures ou à d’autres facteurs, rencontrées par les pays, l’UNFPA/STR a imaginé et apporté plusieurs solutions. Il s’agit en particulier : du développement de plans conjoints de travail entre les bureaux pays de l’UNFPA et les UGP, du développement de plans d’accélération de mise en œuvre du SWEDD, du recrutement de consultants pour aider les cadres nationaux à maitriser les procédures de passation des marchés, et de l’envoi de fonds aux bureaux pays de UNFPA pour l’appui technique local. Selon certains informateurs de l’évaluation, l’UNFPA/STR a également préfinancé le démarrage d’activités avant l’arrivée des fonds venant des États.
Ces solutions se sont avérées efficaces et ont permis au projet SWEDD de véritablement prendre son envol en 2018. Les informateurs ont mis l’accent en particulier sur l’importance de la désignation de points focaux par sous composante du projet dans chaque bureau pays de l’UNFPA, ce qui a permis de « fluidifier » les relations avec les bénéficiaires. L’appui de l’UNFPA/STR a aussi permis de mettre en œuvre certaines activités du projet qui n’étaient pas prévues au départ par certains pays, comme la mise en place au Mali « de clubs de maris et futurs maris ». L’UNFPA/STR a aussi apporté son soutien pour l’accréditation des laboratoires et l’augmentation des écoles d’excellence de formation en santé. En réponse aux retards déplorés par les bureaux pays dans l’accès aux fonds pour le financement des activités, l’UNFPA rend maintenant disponible en début d’année la totalité de leur budget, leur permettant ainsi d’avoir accès à tout moment aux fonds prévus dans le cadre des PTA conjoints validés
Au total, face aux difficultés rencontrées au niveau des procédures et à certains blocages institutionnels ou logistiques, on peut dire que les interventions de l’UNFPA/STR ont apporté des solutions efficaces permettant de lever certains goulots d’étranglement (notamment grâce à l’appui et à la formation à la maîtrise de la passation des marchés), mais aussi d’augmenter significativement le nombre d’activités du projet pour l’atteinte de ses objectifs.
4. Question 15 : Utilisation des ressources pour la mise en œuvre du projet
Dans quelle mesure les ressources (financières, humaines, temporelles, expertise, etc.) ont-elles été utilisées dans la mise en œuvre du projet SWEDD
26. H1 : Les ressources financières du STR ont été utilisées conformément aux montants planifiés pour chaque composante du STR
* Taux de mobilisation des ressources budgétaires
Comme indiqué à la Question 10 (Tableau 12) les montants versés chaque année par les pays à l’UNFPA/STR sur la période 2016-2018 (en trois tranches de 20% du total des fonds à verser à l’UNFPA/STR sur cinq ans) correspondent bien à 13% des fonds de l’IDA Banque mondiale reçus par les pays, tel qu’indiqué dans les contrats d’AT signés avec l’UNFPA. Les taux de mobilisation annuels des ressources financières du STR sont donc bien de 100%.
* Taux d’exécution budgétaire annuel de chaque composante du projet SWEDD mis en œuvre par le STR
Par rapport aux ressources mobilisées, soit 15°597 600 USD, c’est à dire aux fonds reçus des pays, le taux d’exécution financière s’est établi à 79,3% pour les trois années, et à 45,7% en 2016, 86,4% en 2017, et à 106,0% en 2018 (Tableau 19)
Toutefois, les ressources allouées pour la réalisation des activités du PTA/STR ont été sur les trois années un peu supérieures aux fonds reçus des pays (15.941.831,92 USD contre 15.597.600 USD), mais très différentes d’une année à l’autre (Tableau 19). De fait, par rapport aux montants reçus des pays 5 199 200 USD par année, les montants alloués en 2016, représentent 64% des montants mais 116% en 2017, et 131% en 2018, évolution qui correspond à la montée en charge des activités du STR.
Tableau XIX : Exécution des dépenses par rapport aux ressources mobilisées
Années
Montants mobilisés en USD
Montants dépensés en USD
Taux d'exécution des ressources mobilisées
2016
5 199 200,00
2 373 665,26
45,7%
2017
5 199 200,00
4 491 513,00
86,4%
2018
5 199 200,00
5 508 605,57
106,0%
Total
15 597 600,00
12 373 783,83
79,3%
Source : Données du DAP/PAD, , rapport financier consolidé STR SWEDD mai-2019
Tableau XX : Exécution des dépenses par rapport aux montants alloués
Années
Montants alloués par le STR pour les activités en USD
Montants dépensés en USD
Taux d'exécution des ressources allouées
2016
3 137 054,00
2 573 715,52
77,1%
2017
6 007 559,00
4 491 513,00
74,8%
2018
6 797 218,92
5 508 605,57
81,0%
Total
15 941 831,92
12 373 783,83
76,7%
Source : Données Rapports annuels du STR 2016, 2017 et 2018, rapport financier consolidé STR SWEDD mai-2019
Tel qu’indiqué à la Question 11, les dépenses effectuées de 2016 à 2018, soit 12 373 783,83 USD pour la mise en œuvre des différentes activités des trois composantes sont restées inférieures aux montants alloués à chacune d’entre elles sur les trois années (Tableau 14). Globalement on constate une augmentation du taux d’exécution budgétaire de 2016 à 2018 (de 71% en 2016 à 81% en 2018), suite aux actions de l’UNFPA/STR menées en 2017 pour accélérer la mise en œuvre du projet avec l’élaboration des plans d’accélération et des PTA conjoints en 2018. Il y a eu également une augmentation pour les composantes 1 et 3, mais pas pour la composante 2. En effet, les taux d’exécution budgétaire pour la composante 1 sont passés de 49,1% en 2016, à 62,5% en 2018, après une baisse à 34,0% en 2017. Le taux d’exécution budgétaire pour la composante 3 est passé de 71,1% en 2016 à 109,1% en 2017, puis à 107,8% en 2018. Mais pour la composante 2, après un maximum de 90,2% en 2016, le taux d’exécution budgétaire est tombé à 30% en 2017, pour se redresser ensuite à 49,1% en 2018.
27. H2 : Les ressources (humaines, temporelles, expertises etc.) ont été utilisées rationnellement pour l’exécution du projet SWEDD
* Adéquation des ressources humaines, expertises mises à disposition du SWEDD pour l’exécution des activités du projet dans le temps
L’AT a été déployée conformément aux missions du STR et aux objectifs assignés à chaque composante et sous-composante. A partir de l’analyse des rapports de mission et des TDR de recrutement des consultants, des documents d’agréements, de présentations PowerPoint de l’UNFPA/STR, et d’entretiens, nous avons pu dresser le profil de divers intervenants en matière d’AT.
L’AT mobilisée pour la sous-composante 1.1 est composée de personnes ayant de 15 à 30 années d’expérience en communication, avec des relations de travail antérieures avec des agences du système des Nations unies, ainsi qu’une connaissance des pays de la région. Pour la sous-composante 1.2, les compétences mobilisées sont des personnes ayant en moyenne une dizaine d’années d’expérience en passation de marchés, en particulier selon les procédures de la Banque mondiale.
Pour la sous-composante 2.2, l’AT mobilisée comprend des pharmaciens, logisticiens, spécialistes en chaine d’approvisionnement avec en moyenne une quinzaine d’années d’expérience. La gestion en approvisionnement de la sous-composante 2.2, est celle qui a mobilisé le grand nombre d’actions d’AT.
Pour aider les pays SWEDD à élaborer le contenu de leurs plans de travail annuels sur le renforcement des institutions de formation des sages-femmes, sous-composante 2.4, l’AT mise à disposition de la région et des pays comprend des professionnels (Professeurs de médecine, spécialistes en santé publique…) totalisant au moins une quinzaine d’années d’expérience en renforcement des systèmes de santé et en enseignement.
Pour favoriser l’engagement politique et renforcer la capacité d’élaboration des politiques liées au Dividende Démographique, composante 3, un consultant international démographe avec plus de 30 ans d’expérience sur les questions de population a été mobilisé pour réaliser la cartographie des leaders religieux et traditionnels au niveau local, national et régional, et évaluer les capacités des institutions nationales en la matière. Ensuite, le CREFAT (Centre de Recherche en Économie et Finance Appliquées), Institut de recherche au sein de l'Université de Thiès, a été choisi pour former les professionnels des pays à l’élaboration des Comptes de Transferts Nationaux (ou NTA, National Transfer Accounts), et appuyer la mise en place d’observatoires nationaux du Dividende Démographique chargés de produire et analyser les données nécessaires au suivi des indicateurs du Dividende Démographique, et de contribuer à l’élaboration des politiques et programmes intégrant le Dividende Démographique.
Dans le cadre du renforcement des capacités de mise en œuvre du projet, sous-composante 3.3, un expert-comptable avec près de 30 ans d’expérience en Afrique a été mobilisé comme facilitateur en matière de procédures administratives, financières et comptables des projets.
En plus des consultants individuels, l’appui de cabinets de rang international a été sollicité. Il s’agit de Mckinsey (spécialisé en conseil en management et stratégie), Promundo (spécialisé dans la promotion de la justice de genre et la prévention de la violence basée sur le genre), de l’ACAME (Association des Centrales d’Achats Africaines de Médicaments Essentiels), de DMI (Development Media International) (spécialisé dans l’organisation de campagnes médiatiques de promotion de la santé dans les pays en développement.
L’ensemble de nos informateurs a apprécié l’expertise fournie par le STR dans le cadre de son appui technique au niveau régional. En général, les profils des consultants ont été jugés adéquats par rapport aux besoins et à leurs TDR. De façon récurrente, l’apport de l’appui technique au niveau des procédures de passations de marchés a été magnifié de façon unanime. La plus-value apportée par les experts des cabinets, notamment ceux de McKinsey, a été saluée par toutes les UGP. Malgré l’appréciation globalement positive de l’AT reçue, il faut noter que pour certaines UGP le financement des activités du CREFAT ne devait pas être intégralement pris sur les 13% reversés à l’UNFPA/STR, mais partagé, ce qui révèle la nécessité de bien préciser au départ ce qui incombe à chaque partie. Certains informateurs ont également exprimé leur souhait de voir certains de leurs compatriotes retenus comme consultants internationaux. Ce souhait auquel le STR est sensible ne peut être satisfait que dans le strict respect des procédures de recrutement des consultants de l’UNFPA.
Au regard de la documentation consultée et des indications fournies par les informateurs, il ressort que les profils et l’expérience des consultants mobilisés par le STR étaient bien en adéquation avec les besoins et que leur travail a été jugé satisfaisant. La responsabilité du financement des activités d’AT, qui ne relèvent pas forcément toutes du STR, mérite toutefois d’être bien précisée dès le départ.
5. Question 16 : Alignement des résultats programmatiques et ressources investies
Dans quelle mesure les résultats programmatiques obtenus s’alignent-ils avec les ressources investies?
28. H1 : Les résultats du STR ont été obtenus sans excédent budgétaire
* Taux d’exécution budgétaire et taux d’exécution physique des PTA
Les taux d’exécution financière (montants dépensés rapportés aux ressources allouées) ont déjà été examinés à la Question 11 (Tableau 14). De même, les pourcentages d’exécution des activités réalisées ont été présentés à la Question 10 (Tableau 13).
La comparaison entre les pourcentages d’exécution des activités et les taux d'exécution financière faite à la Question 13, par composante et par année (Tableau 17) fait ressortir que les diverses activités planifiées et exécutées par le STR, ont pu l’être avec moins de ressources, en pourcentage, que les montants dépensés pour leur réalisation. Ainsi, non seulement les résultats du STR ont été obtenus sans excédent budgétaire, mais aussi l’exécution des diverses activités planifiées, s’est faite avec moins de ressources que celles qui leur avaient été allouées.
6. Valeur ajoutée, coordination et positionnement stratégique du STR/UNFPA :
1. Question 17 : Ressources humaines, matérielles et financières supplémentaires apportées par l’UNFPA
Quelles sont les ressources additionnelles (humaines, matérielles et financières) de l’UNFPA alloués aux activités du projet SWEDD ?
29. H1 : Des ressources humaines, matérielles et financières supplémentaires ont été apportées par l’UNFPA ont été utilisées pour la mise en œuvre des activités du SWEDD
* Nombre et qualité des ressources humaines supplémentaires utilisées par le STR pour la mise en œuvre du projet STR
Les entretiens conduits auprès des membres du STR, au niveau du Bureau régional, et des bureaux pays font ressortir l’importance de l’appui qu’apporte le personnel de l’UNFPA (hors personnel STR) à la mise en œuvre des activités du SWEDD.
Au niveau du Bureau régional, 12 personnes consacrent une partie non négligeable, de 15% à 50% de leur temps de travail au SWEDD (soit 25% en moyenne). Il s’agit selon les informations collectées, pour la majorité d’entre eux de professionnels confirmés (Tableau 21) :
Tableau XXI : Temps additionnel consacré au SWEDD par le personnel de WCARO
Ressources humaines additionnelles
Personnes impliquées
Proportion du temps accordée sans contrepartie au projet
Poste (catégorie Nations unies)
Responsable régional Suivi Évaluation
1
20%
P5
Responsable du bureau communication
1
20%
P5
Responsable en ressources humaines
1
15%
G6
Conseiller régional en population-développement
1
20%
P5
Informaticien du bureau régional (ICT)
1
20%
NOC
Informaticien du bureau régional (ICT)
1
20%
G6
Directeur des opérations
1
20%
P4
Directeur régional UNPFA
1
30%
D2
Assistante aux programmes-appui aux opérations
1
15%
G5
Associé aux programmes-appui aux opérations
1
15%
G7
Spécialiste PF/Approvisionnement Produits SR
1
50%
P3
Spécialiste, Renforcement systèmes de santé
1
50%
P4
Total
12
–
Source : Entretiens avec le personnel du Bureau régional
Au niveau des bureaux pays, à partir des déclarations de nos informateurs, nous avons établi une liste (approximative) du personnel technique[9] de ces bureaux contribuant pour des parties variables de leur temps à la mise en œuvre des activités du SWEDD (Tableau 22)
Au total, on peut estimer que près de 40 personnes au total dans les six bureaux pays concernés de l’UNPFA consacrent une certaine partie de leur temps de travail au SWEDD. Cette proportion varie selon les responsabilités exercées par les personnels, leurs domaines de compétences, et elle varie aussi au cours de l’année en fonction des activités. Ainsi, la proportion de temps indiquée par le personnel varie de 10% à 50% selon le profil du personnel et ses responsabilités, soit plus ou moins 25 à 30% en moyenne. En l’absence de « feuille d’emploi du temps » précisant la proportion de temps consacrée à leurs diverses activités, il n’est pas possible d’aller au-delà des réponses estimatives données par le personnel.
Tableau XXII : Personnel des bureaux pays consacrant une partie de leur temps au SWEDD
Responsabilités / Domaines
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Mali
Mauri-tanie
Niger
Tchad
Total
Assistant représentant/Représentant
1
1
1
1
1
1
6
Genre et droits humains
1
1
1
1
1
2
7
Santé de la reproduction (SR) et PF
4
1
1
1
1
3
11
Population et Développement
1
1
1
1
–
1
5
Suivi-Évaluation
1
1
1
2
1
1
7
Sécurisation des produits SR
–
–
1
–
–
1
2
Plaidoyer
1
–
–
–
–
–
1
Total
9
5
6
6
4
9
39
Source : Entretiens avec le personnel des bureaux pays de l’UNPFA
Une évaluation économique (coût/efficacité) pourrait permettre de collecter des informations plus détaillées et d’arriver à une estimation plus précise de la contribution globale, humaine et financière, des bureaux pays de l’UNFPA et du Bureau régional au SWEDD.
30. Existence de ressources financières additionnelles allouées par le STR pour l’exécution des activités
A partir de la proportion du temps que le personnel Bureau régional de l’UNFPA consacre aux activités du STR dans le cadre du projet SWEDD, une estimation financière de cette contribution, tenant compte des différentes catégories professionnelles concernées (niveau et échelon) des Nations unies a été faite. Les ressources financières additionnelles en appui en ressources humaines apportées par le Bureau régional au projet sur la période 2016-2018 ont ainsi été estimées à 753 126 USD soit 251 042 USD chaque année.
Concernant le matériel et la logistique, la mutualisation des ressources au sein de l’UNFPA (WCARO et bureaux pays) pour la gestion de l’ensemble des activités du SWEDD ne permet pas d’estimer les ressources financières additionnelles allouées par l’UNFPA au projet. Il convient toutefois de mentionner qu’il existe une mutualisation des moyens (bureaux, véhicules) propres de l’UNFPA pour l’appui au SWEDD (activités pays, appui à l’organisation et l’accueil de rencontres régionales etc.).
2. Question 18 : Pertinence de l'ancrage institutionnel STR
Dans quelle mesure l'ancrage institutionnel actuel du STR a-t-il été utile pour mieux remplir son mandat et créer des opportunités nouvelles/additionnelles profitables aux pays membres du SWEDD et aux autres pays de la région ?
31. H1 : Le positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA facilite la mise en œuvre de son mandat
* Existence d’avantages/inconvénients liés au positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA.
Le positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA a été questionné voire contesté par plusieurs pays. D’où, la recommandation du CRP qui s’est tenu en février-mars 2017 à Bamako demandant de : « Procéder à une analyse des textes du Projet en vue du transfert éventuel du siège du Secrétait Technique Régional dans un pays du SWEDD, précisément à Niamey au Niger »
1. Avantages du positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA à Dakar
Les avantages du positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA à Dakar ont déjà été évoqués à la Question 12 et à la Question 17.
Ce positionnement permet tout d’abord de capitaliser sur la valeur ajoutée de l’UNFPA, organisation spécialisée des Nations unies qui a une longue expérience sur les thématiques du SWEDD. La localisation du STR au Bureau régional, lui permet également de partager ses bureaux et de bénéficier de sa logistique : facilités de communication, de sécurité, de logistique, et appui administratif pour se conformer aux règles des Nations unies. Il faut noter à ce sujet l’apport des unités en charge des opérations, des finances et des ressources humaines qui est capital dans la mise en œuvre des activités liées à la passation des marchés et à la gestion administrative et financière conformément aux procédures de l’UNFPA et de la Banque mondiale.
Le partage des bureaux avec le Bureau régional permet aussi au personnel du STR de partager l’expérience des autres professionnels du bureau. De fait, tel qu’indiqué à la Question 17, 12 professionnels, non SWEDD, du Bureau régional, dont une majorité de professionnels confirmés consacrent entre 15% et 50% de leur temps de travail au SWEDD (soit 25% en moyenne) (Tableau 21). Cette mutualisation des moyens et des personnels permet des économies et constitue un plus pour une réussite optimale des activités du STR, et l’atteinte des objectifs SWEED.
Enfin, il faut noter que le choix de Dakar au Sénégal offre plusieurs autres avantages, dont la présence des Bureaux régionaux du système des Nations unies, et la Représentation Afrique du Secrétariat Général. Dakar bénéficie également de bonnes facilités de communication par avion vers les autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, et le reste du monde.
2. Inconvénients du positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA à Dakar.
Les inconvénients du positionnement du STR à Dakar qui sont cités par certains informateurs relèvent surtout de la confusion qu’ils voient entre le projet SWEDD et le STR d’une part, et l’UNFPA d’autre part. En bref, ils souhaiteraient que le SWEED et le STR soient visibles en tant que tel, localisé dans un pays du SWEDD et ne soit pas vu, selon eux, comme un simple démembrement de l’UNFPA et de son Bureau régional de Dakar. Ce point de vue ignore en fait le montage du projet, et le fait que le STR n’est pas une institution, pas plus que le SWEDD. Cependant, il faut noter aussi que l’argument selon lequel le Sénégal n’étant pas un pays SWEDD le disqualifie pour abriter le STR n’est pas partagé par tout le monde. Un informateur nous a même indiqué à ce sujet, qu’il est préférable que le STR soit localisé dans un pays non SWEDD pour éviter les interférences avec le milieu politique local.
Au total, les inconvénients avancés pour une relocalisation du STR dans un pays du SWEDD, n’apparaissent pas vraiment convaincant pour une majorité de nos informateurs. De plus une relocalisation entrainerait des frais considérables qui seraient certainement à prendre en charge sur le budget du projet au détriment des activités, ce que peu de pays selon nous seraient prêts à accepter.
32. H2 : L’ancrage institutionnel actuel a créé des opportunités nouvelles/additionnelles profitables aux pays membres du SWEDD et aux autres pays de la région
* Existence de nouveaux partenaires/sources de financement depuis le démarrage du projet SWEDD
Tel qu’indiqué plus haut, l’ancrage du STR à Dakar au Sénégal où se trouvent d’autres Bureaux régionaux du système des Nations unies, la Représentation Afrique du Secrétariat Général, mais aussi les représentations d’autres organismes ou PTF, comme par exemple l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou, ainsi que des Universités à vocation régionale crée des opportunités nouvelles/additionnelles profitables aux pays de la région dont les pays SWEDD.
* Existence de demandes d’adhésion d’autres pays au SWEDD
La visibilité et le rayonnement du SWEDD après trois / quatre ans d’existence, le rendent effectivement attractif, un résultat lié à son positionnement institutionnel et géographique, aux thématiques du projet et aux activités régionales mises en œuvre par le STR.
De fait, le Bénin vient de rejoindre le groupe initial des six premiers pays bénéficiaires du projet, et la Guinée et le Cameron ont manifesté leur intérêt à faire de même. Le Sénégal est aussi éventuellement susceptible d’adhérer au projet
3. Question 19 : Collaboration entre les différentes parties prenantes
Quels facteurs ont-ils favorisé ou défavorisé la collaboration entre les différentes parties prenantes (Banque mondiale, UNFPA, OOAS, pays) dans la mise en œuvre du projet ?
33. H1 : La collaboration entre différentes parties prenantes a été favorisé/défavorisé par des facteurs internes et externes
* Existence de facteurs internes
Facteurs favorables :
Le STR est abrité au sein du Bureau régional de l'UNFPA, et il bénéfice aussi des ressources propres des bureaux pays de l’UNFPA – dont le mandat « colle » aux objectifs du projet. Ceci permet d'apporter une expertise technique selon la vision institutionnelle propre à l’UNFPA dans la mise en œuvre de la coordination avec les parties prenantes, ainsi que d'actionner des leviers de haut niveau pour le plaidoyer au niveau national, régional, et international, mais également de faciliter la coordination de la mise en œuvre de l'AT dans les pays, puisque ce rôle est dévolu à l'UNFPA dans les thématiques spécifiques du projet.
L'UNFPA de par son statut dispose d'accès directs au niveau ministériel dans les pays, atout considérable pour faciliter la collaboration et lever les goulots d'étranglement qui peuvent se poser dans l'administration publique, laquelle, par nature, n'est pas toujours flexible. De même, son rôle au sein des agences des Nations unies lui donne toute la légitimité pour faciliter la coordination avec les autres agences et organisations qui appuient les pays dans la mise en œuvre des stratégies auxquelles le SWEDD contribue, comme par exemple l'UNICEF (à travers ses approches favorisant la continuité de la scolarisation des filles en lien avec la composante 1 du projet), et l'OMS (impliquée dans l'appui au renforcement des systèmes de santé en lien avec la composante 2). Son habitude de collaboration avec la société civile lui confère de bonnes relations avec les ONG et les OSC, véritables relais auprès des communautés cibles du projet. Par ailleurs, on peut observer que l'UNFPA dispose de procédures et de moyens de suivi et de contrôle interne pour l'assurance qualité de son fonctionnement, pour la gestion de ses ressources (humaines, financières et logistiques), et pour ses interventions, permettant à ses partenaires d'être informés de la qualité, et le cas échéant des contraintes ou faiblesses liées à la mise en œuvre du projet. A ce titre l'audit de son Bureau régional réalisé fin 2017[10] apporte un éclairage propre à informer les diverses parties prenantes, puisque le rapport produit est public[11]. En l'espèce l'appréciation générale de l'auditeur était « certaines améliorations nécessaires » sur une échelle de quatre niveaux (« Efficace », « certaines améliorations nécessaires », « améliorations majeures requises », « non efficace »). On notera à titre de comparaison que les bureaux régionaux de l'UNFPA également audités[12] ont obtenus le même score, et que rares sont les bureaux pays de l’UNFPA dans le monde dont nous avons consulté les audits qui obtiennent un score plus élevé. Enfin, et puisque le service des achats de l'UNFPA est également d'un intérêt particulier pour les pays SWEDD qui y ont recours pour leur approvisionnement en contraceptifs, mentionnons d'une part, que l' « audit de la gouvernance et de la gestion stratégique des achats de l'UNFPA » obtient un score identique « certaines améliorations nécessaires », tandis l '« Audit du processus d'achat de préservatifs de l'UNFPA » qualifie ce denier de « satisfaisant ».
Facteurs défavorables :
Parmi les quelques facteurs défavorables à l'assurance effective des moyens à mettre en œuvre pour assurer une collaboration appropriée avec les partenaires, les procédures de recrutement internes au système des Nations unies ne concourent pas toujours à la prompte mobilisation d’experts permanents, et le STR en a souffert pour mobiliser complètement son équipe dans les premiers mois de la mise en œuvre du projet. Par ailleurs la nature de l'UNFPA, agence du système des Nations unies, qui ne peut être considérée comme simple prestataire d'AT par les pays et la Banque mondiale est associée selon certains informateurs au risque de lenteurs dans la réponse à certaines requêtes, lenteurs qui s’ajoutent à celles des procédures particulières des pays.
* Existence de facteurs externes
Facteurs favorables :
Les facteurs favorables concourant à une bonne collaboration entre les parties prenantes du projet sont liés notamment à l’engagement politique au plus haut niveau des pays et des institutions partenaires. A tire d'exemple, le lancement du projet par son excellence le Président du Niger Mahamadou Issoufou en 2015, le positionnement public des hautes autorités gouvernementales lors de l'accueil des réunions du CRP, mais plus encore leur engagement concret à intégrer l'autonomisation des femmes et le Dividende Démographique dans leurs politiques nationales de développement et de lutte contre la pauvreté constituent des facteurs favorables. Le dynamisme du CRP qui au-delà de ses sessions annuelles a tenu deux réunions extraordinaires au début du projet pour l’approbation des sous-projets soumis dans le cadre des sous composantes 1.2 et 2.2 illustre également la mobilisation de haut niveau pour l'atteinte des résultats du projet. En outre, l'existence d'autres initiatives régionales contribuant à l'atteinte des résultats visés par le projet telles que le « Partenariat de Ouagadougou » pour le repositionnement du planning familial dans plusieurs pays du projet SWEDD constitue un potentiel favorable à la mobilisation de l'offre de services et produits conformément aux efforts à déployer pour l'atteinte des résultats du projet. Il existe également un facteur humain qu'il est important de noter, qui est l'engagement vis-à-vis du projet de nombre de professionnels constaté sur le terrain par les évaluateurs, qu'il s'agisse de membres des UGP ou de représentants des organisations de la société civile.
Facteurs défavorables :
Les facteurs externes défavorables à une bonne collaboration effective entre les parties prenantes identifiés à travers les entretiens et la consultation des documents du projet constituent des risques à l'atteinte des résultats du SWEDD. Il s’agit d’abord des situations d'instabilité sécuritaire sporadiques ou permanentes dans certaines zones d'intervention du projet qui sont/peuvent être des freins au déploiement des activités auprès des communautés, à la mobilisation d'experts (certains pouvant être contraints par les procédures de sécurité de limiter voire d’annuler leurs déplacements). Aussi, les efforts pour la mobilisation des ressources supplémentaires au niveau des Etats en faveur de l'atteinte du Dividende Démographique peuvent être anéantis par la nécessité d'un effort budgétaire nécessaire pour assurer la sécurité des populations. Les changements fréquents dans la gouvernance nationale dans certains pays, entrainant des remaniements ministériels, ont également retardé la mise en place ou la pérennisation des structures de coordination, comme cela a pu être constaté au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Ceci a eu pour conséquence de retarder la formalisation et la mise en place de leurs UGP, et donc le démarrage de leurs activités et les premiers décaissements. Le démarrage tardif des activités SWEDD au niveau de l’OOAS qui a la responsabilité de la réalisation de certaines activités de la composante 2 est également à noter. La mobilité des personnels et/ou les lenteurs liées aux procédures administratives locales et de passation de marchés ne concourent pas non plus à une exécution fluide des processus de soutien au projet. D’où des freins, qui, par exemple, ont eu pour conséquence une mobilisation tardive des ONG prestaires de la mise en œuvre d'activités clés telles que le déploiement des clubs des maris et futurs maris et d'espaces sûrs. En outre la nature multisectorielle des activités et des institutions nationales de mise en œuvre rend le processus de coordination et d'exécution complexe pour des entités qui n'ont pas toujours l'habitude de collaborer. Enfin l'hétérogénéité des capacités des acteurs selon les pays ne rend pas toujours aisée la mise en œuvre d'AT régionales pour des pays qui ne sont pas au même niveau, où progressent à des rythmes différents.
4. Question 20 : Coordination régionale et avec les partenaires
Dans quelle mesure, le STR a assuré avec efficacité ses responsabilités de coordination régionale du SWEDD avec ses partenaires (OOAS ; Banque Mondiale) pour répondre aux attentes des pays et atteindre les résultats escomptés dans les pays et au niveau régional ?
34. H1 : Le STR assure avec efficacité ses responsabilités de coordination régionale du SWEDD en collaboration avec ses partenaires
* Fonctionnalité du CRP, efficacité de la synergie entre les institutions
Depuis la première réunion du Comité Régional de Pilotage (CRP) qui s’est tenue à Niamey en novembre 2015, jusqu’à la réunion d’Abidjan fin mars 2019, l’UNFPA/STR a constamment appuyé le CRP, en aidant d’abord à sa mise en place, puis à l’ajustement de la structure organisationnelle prévue par le DAP/PAD. Le CRP qui compte six membres (un par pays) a tenu quatre réunions ordinaires, et deux réunions extraordinaires entre novembre 2015 et mars 2019. L’UNFPA/STR assure le Secrétariat du CRP. Il prépare et organise ses réunions, anime et rapporte ses travaux, et suit l’exécution de ses décisions et recommandations. Il échange également avec ses membres sur la progression des activités du projet et la mise en œuvre de ses décisions et recommandations.
Durant la première réunion du CRP, six comités techniques (ayant chacun un président et un vice-président) ont été mis en place, soit un de plus que les cinq prévus dans le DAP/PAD. Par ailleurs, le STR a également appuyé le démarrage dans les pays des Comités Nationaux de Pilotage multisectoriels (CNP), et il en assure le suivi, en veillant à leur implication dans le projet.
Les sources verbales et documentaires de l’évaluation indiquent que l’UNFPA/STR a assuré sans relâche son rôle de collaboration avec les différent(e)s président(e)s et membres du CRP pour l’organisation conceptuelle et matérielle des travaux du CRP.
Concernant l’OOAS, les échanges ont abouti à la signature d’une convention sur l’élaboration d’éléments de stratégies (programmes, manuels, suivi de la formation des sages-femmes). L’accompagnement des parties nationales a permis aux Comités techniques et aux Comités Nationaux de Pilotage multisectoriels de se renforcer notamment en 2018 et d’avoir les sessions mandataires qui ont permis de planifier, suivre et évaluer les interventions dans les pays ([13]). On dispose cependant de peu d’informations sur les activités des CNP entre 2015 et 2017.
Les cinq communiqués finaux disponibles des réunions du CRP qui se sont tenues entre novembre 2015 et février-mars 2018, attestent à la fois des travaux effectués par le CRP et par les comités techniques. Ces derniers présentent l’état du projet concernant leur(s) thématique(s) et soumettent des suggestions d’amélioration à l’appréciation du CRP. Au niveau du CRP, l’adoption d’un agenda et l’énoncé des recommandations attestent de l’effectivité et de la productivité des travaux.
Dans l’intervalle des réunions du CRP, le STR encadre les processus de mise en œuvre en stimulant, appuyant et en suivant la collaboration entre les partenaires statutaires (OOAS, UGP, CNP), en les connectant avec des partenaires additionnels (médias, réseaux de jeunes, de leaders traditionnels et religieux, CEDEAO…) et en déployant de l’AT au travers d’institutions et de consultants individuels sur des thématiques fédérant les différents acteurs. Tous les dispositifs de collaboration sont mis à contribution pour assurer et transcender le niveau de synergie inter-partenarial anticipé par le DAP/PAD et le Manuel des opérations du SWEDD. De fait, les travaux de planification, les formations régionales, les événements (multisectoriels, de promotion du projet, de plaidoyer) les rencontres de partage multi-pays, les missions de suivi trans-sectorielles qui sont déployées, entretiennent et élargissent la sphère et la dynamique des partenaires.
L’UNFPA/STR a contribué significativement à l’efficacité de la synergie entre les institutions régionales, par rapport au mandat de secrétariat du CRP à travers diverses interventions régionales et de coordination de l’AT dans la région. On peut citer à ce sujet :
3. La production et la mise disposition de l’ensemble des partenaires de l’information stratégique sur le projet alimentant la synergie des savoirs et savoir-faire.
Le rapport annuel SWEDD 2018 rappelle que l’UNFPA/STR « …soumet annuellement un rapport de mise en œuvre au Comité régional de pilotage (CRP) et à la Banque mondiale. ». Après validation, le rapport est partagé avec l’ensemble des partenaires. Le partage du rapport comme la distribution des autres documents d’intérêt régional fournissent la banque d’informations et de pratiques sur le projet. Ces documents sont utilisés par les acteurs comme ressource de référence, d’analyse et d’inspiration/ajustement de l’action future sur la base des acquis et des leçons apprises. Ainsi le STR met en partage les procédures de la Banque mondiale, les procédures du projet, les procédures opérationnelles standards concernant la pratique des métiers (par exemple sur la formation et les compétences des sages-femmes, sur la surveillance démographique pour la capture du Dividende Démographique, sur l’optimisation de la disponibilité des produits de SRMNIN), la situation des progrès du projet (exécution, performances, difficultés, contraintes), leur exécution, l’analyse des déterminants, le compendium des leçons apprises et des bonnes pratiques.
4. L’accompagnement de la synergie d’interaction entre partenaires résultant de l’information partagée sur le projet :
Les rapports et autres documents relaient des problèmes régionaux tout comme des problèmes spécifiques ou d’intérêt particulier pour certains comme : la sollicitation de l’extension du SWEDD à 2023 par le Niger et Tchad ; la sollicitation d’un centre d’excellence par émulation sur des pays pairs initialement bénéficiaires ; la méprise chez certaines équipes pays sur le statut de l’UNFPA/STR. De tels besoins ou constats ont fait l’objet de concertations et interactions intenses entre les divers acteurs aboutissant à des solutions ou palliatifs en faveur de la bonne continuité du programme et d’une réduction des fractures relationnelles ou interactionnelles. Ainsi, l’appui stratégique du STR au CRP a permis une motivation rationalisée de la demande de prolongation de la période du projet. Tandis que des prérogatives de revues des demandes de projets des UGP et de missions conjointes de supervision avec la Banque mondiale ont revalorisé la perception du statut de l’UNFPA et du STR dans le projet.
5. L’intéressement de certains partenaires (cas de l’OOAS) à aller au-delà de leur champ initial
L’OOAS fait partie des partenaires qui ont été intéressés à aller au-delà du champ que le DAP/PAD leur a initialement défini. Parti de l’implication dans des activités des composantes 2 et 3[14], l’OOAS s’est retrouvée à contribuer à d’autres thématiques dans la composante 1 (cf. PTA2016, UNFPA/WCARO-OOAS).
L’attribution de responsabilités complémentaires au STR par la Banque mondiale a permis de réduire certaines insuffisances dans la conception du projet qui se muaient en entraves à l’interaction des partenaires. Il s’est agi, entre autres, du mode de financement du STR par décaissement des pays. La synergie entre les équipes pays (UGP, CNP) et l’UNFPA/STR était affectée par la survenue de la perception erronée que l’UNFPA/STR était un consultant au service des États, et l’exigence de soumission d’un rapport financier comme condition au paiement des avances suivantes. L’inscription d’activités de supervision et de validation des activités et demandes de financement des UGP parmi les responsabilités du STR ont corrigé jusqu’à un certain point les écarts de perception et d’interaction.
6. La mise en interaction des différents partenaires durant les travaux périodiques (PTA, réunions CRP, activités événementielles, dont le forum partenariat public/privé d’Abidjan de décembre 2018)
Selon les informateurs et la documentation, l’approche de mise en interaction productive des parties prenantes permet le partage de l’expertise spécifique des intervenants, la diffusion des connaissances, des expériences, leçons et bonnes pratiques. D’un pays à l’autre les informateurs des UGP et des bureaux pays de l’UNFPA, ont indiqué qu’il en a résulté une élévation harmonisée des compétences des équipes pays.
7. Les interactions spontanées entre acteurs inspirées par l’intérêt du projet et la reconnaissance de la contribution des vis-à-vis
Des visites de courtoisies et de travail chez des institutions partenaires sont initiées par les autres institutions du projet en signe de la qualité de la relation et du prix attaché à la contribution de l’hôte par rapport aux attentes du visiteur à l’évolution du projet. Une telle visite a été organisée par le CRP auprès de l’UNFPA/WCARO en 2018.
8. Le rapprochement entre pays et secteurs dans les pays du fait de champs d’interaction communs (institutions/mécanismes régionaux ; concept de développement commun)
Le principe de mécanismes, sites de services ou d’interaction régionaux communs contribue substantiellement à booster la synergie des parties prenantes dans la région. Sur la base du concept du projet SWEDD, l’UNFPA/STR a développé certains dispositifs d’interaction au niveau régional dont : le processus régional pour l'achat groupé des produits de SRMNIN ; la sélection de Centres régionaux de formation pour sages-femmes ; la création du Réseau de Laboratoires régionaux pré-qualifiés ; l’évaluation d’expériences nationales par les pairs d'autres pays ; les réunions régionales de haut niveau pour évaluer les politiques ; l'engagement financier et les résultats liés au Dividende Démographique. Ces dispositifs créent des situations de rapprochement physique, intellectuel, de solidarité, d’action commune, d’émulation des acteurs et des bénéficiaires, et d’harmonisation des pratiques et savoirs.
La coordination du SWEDD par l’UNFPA/SWEDD fait la promotion de concepts multisectoriels tels que le genre et le Dividende Démographique. Ces concepts induisent une perspective d’analyse plus inclusive amenant les acteurs d’un secteur à la considération des angles de vue des autres secteurs et le recours aux éclairages des pairs de ces secteurs pour les différentes phases du projet à leur niveau.
* Taux d’exécution physique des d’activités de coordination régionale
A l’analyse, l’ensemble des activités du l’UNFPA/STR relève par essence de la coordination régionale. Les unes sont des activités préparant des interventions régionales ou par pays pour mettre à niveau tous les pays. Il s’agit du développement des procédures, des stratégies, et des outils et informations régionales. D’autres activités sont des interventions régionales impliquant en synergie les parties prenantes issues des six pays à l’image de la campagne Communication pour le changement Social et de comportement (CCSC), ou le processus des achats groupés des produits SRMNIN. Enfin, certaines activités sont des actions d’encadrement de la synergie des partenaires aux niveaux pays et infranational, toujours dans la perspective de résultats contribuant aux objectifs régionaux et selon des approches aussi harmonisées que possible. Par ailleurs, les recommandations des CRP et l’encadrement des travaux des comités techniques sont relativement pris en compte dans les activités prévues dans les PTA de l’UNPFA/STR.
Ainsi, la performance physique des activités de coordination peut se ramener à celle de l’exécution des PTA de l’UNFPA/STR. En faisant référence à la réponse à la Question 10 sur l’exécution des activités planifiées, il faut souligner que le taux d’exécution physique des activités de coordination a été de 90% entre 2016 et 2018.
La coordination appuyée par le STR/SWEDD présente cependant quelques limites. L’on citera :
1. le statut ambigu de l’UNFPA, du point de vue des pays qui lui versent les budgets d’AT ;
(b) la faiblesse du reporting et du suivi par rapport aux actions d’appui aux instances de coordination, aux effets de la coordination sur la synergie entre les acteurs, et aux actions du CRP (lacune en partie corrigée en 2018). Ainsi, on note l’absence d’un outil de suivi des travaux et des résolutions/recommandations du CRP. Cela s’applique au niveau des travaux généraux du CRP, mais aussi au niveau des travaux spécifiques des six comités. Par exemple, le communiqué final de la 1ère réunion du CRP annonce la mise à discussion de l’évolution vers deux réunions annuelles sans qu’une résolution/recommandation soit adoptée à ce sujet ;
(c) la faiblesse de la lisibilité de l’action des CNP/Pays.
(d) les difficultés à concilier les agendas gouvernementaux et ceux du programme. Le rapport du mandat du Président du CRP durant la période mars 2018-Mars 2019, relève que la réunion extraordinaire prévue à mi-parcours n’a pas pu se tenir du fait de contraintes d’agendas gouvernementaux.
5. Question 21 : Adéquation du cadre de collaboration et de coordination du projet
Dans quelle mesure le cadre de collaboration et de coordination du projet a-t-il facilité la mise en œuvre des activités ?
35. H1 : Le cadre de collaboration et de coordination du projet a facilité la mise en œuvre des activités
* Qualité de la collaboration avec les partenaires (OOAS ; BM ; pays SWEDD et bureau pays UNFPA)
Un cadre de collaboration et de coordination a été mis en place et il prend en compte le dispositif d’AT et le maillage institutionnel pour l’AT. La nature du cadre de collaboration est variable entre les acteurs du projet SWEDD. Les pays et l’OOAS sont liés à la Banque mondiale par des conventions. L’UNFPA est lié l’OOAS par une convention de partenariat. La collaboration entre l’UNFPA et les pays repose sur une convention d’accord d’assistance technique[15]. Cette convention est exécutée au travers des PTA. Un paiement anticipé est fait à la signature, puis au titre de chaque PTA. A chaque échéance, 20% du budget de la convention est alloué à l’UNFPA/STR. Entre l’UNFPA/STR et les six bureaux pays de l’UNFPA, la relation est intra-institutionnelle et hiérarchique. Dans chaque pays entre le bureau de l’UNFPA et la partie nationale, dont le Comité National de Pilotage et les Unités de Gestion du Projet (UGP) il y a une relation de partenaire/bénéficiaire d’AT qui peut être formalisée par un PTA, une lettre de travail, une entente verbale… Dans le cadre du SWEDD, les PTA conjoints entre les bureaux pays de l’UNFPA et les UGP formalisent depuis 2017 leur collaboration. Enfin, l’UNFPA/STR est lié à des institutions sous-traitantes de son mandat à travers des contrats de services, de même que ponctuellement à des consultants individuels sur le même mode.
La structure du cadre de collaboration/coordination avec les partenaires est complexe. La multiplicité des acteurs et des mandats, une distinction relative de l’ascendant hiérarchique et des rôles s’observent dans les positions et relations au sein de la pyramide du projet SWEDD. Le cadre de collaboration répartit des positions hiérarchiques entre la Banque mondiale, les pays, les Gouvernements et les agences de mise en œuvre sur le terrain. Les acteurs se regroupent de manière non inclusive autour de domaines d’intervention (SRMNIN, Autonomisation des femmes, Sécurisation des Produits de la Santé de la Reproduction (SPSR), Population et Développement, Genre), et par intervention ou sous-composantes (Communication pour le changement Social et de comportement CCSC ; Autonomisation des femmes ; qualité disponibilité et suivi des produits SR ; formation des sages-femmes ; suivi du Dividende Démographique ; Politiques et analyses liées au Dividende Démographique ; capacité projet). Cette multiplicité des champs et des paliers d’interactions a interpellé les concepteurs puis les animateurs du projet sur la nécessité d’avoir des instances de coordination assez structurées. Ainsi, il y a au niveau régional le CRP (et des comités techniques/thématiques spécifiques) et le STR/AT. Au niveau des pays, il y a les Comités Nationaux de Pilotage CNP (qui informent et coordonnent les relations et les activités avec diverses entités : Ministères, opérateurs privés, Partenaires Techniques et Financiers (PTF), Organisations de la Société Civile, (OSC), élus…) et les UGP (Coordinateurs et points focaux thématiques). L’on relèvera le souci de complétude dans la structuration de ces instances de coordination à travers l’exemple de l’organisation initialement du CRP en cinq comités techniques : 1) CCSC (notamment en matière religieuse) ; 2) Genre (notamment la scolarisation des filles) ; 3) Gestion et distribution de produits SR ; 4) Ressources Humaines en Santé ; 5) Population et démographie (DAP/PAD), auquel a été ajouté un sixième comité technique sur le dividende Démographique. Tel qu’indiqué à la Question 8, la composition des CNP est variable selon les pays. Au Burkina Faso par exemple certains corps sociaux ne sont pas représentés, alors qu’en Côte d’Ivoire le CNP est plus inclusif et compte des élus et des représentants de la société civile.
La répartition des rôles techniques donne la responsabilité de l’AT au STR, en ce qui concerne les financements de la Banque mondiale. Mais la latitude reste aux pays et aux bureaux pays de l’UNFPA de mobiliser d’autres financements pour l’AT selon leurs besoins. Il existe un autre prestataire d’AT, l’OOAS dont le domaine d’intervention chevauche partiellement le mandat de l’UNFPA en santé. Cependant, le DAP/PAD n’est pas restrictif sur le leadership de l’UNFPA en matière d’offre d’AT dans le cadre du SWEDD. L’OOAS devait initialement bénéficier d’une AT du STR renforçant ses capacités afin de faciliter son mandat d’élaboration et de diffusion des nouveaux programmes régionaux, et d’amélioration de l’offre des services de sages-femmes. Le CRP, composé des Ministres en charge de la mise en œuvre du projet dans chacun des six pays assure la supervision du projet. Ce rôle implique : a) la revue des progrès du SWEDD ; b) l’évaluation des propositions des pays pour les sous-composante 1.2 et 2.2 ; c) l’approbation des Plans d’action annuels régionaux du STR et de l’OOAS. Chaque pays a la charge de mettre en œuvre les activités du projet SWEDD sous la coordination des CNP et l’animation de l’UGP. Des partenaires d’exécution sont contractualisés par l’UGP parmi en particulier des Organisations de la société civile (OSC). On dispose cependant de peu d’informations sur les activités des CNP entre 2015 et 201
Concernant les rôles administratifs et financiers, la Banque mondiale signe les conventions de mise en œuvre avec les pays, c’est-à-dire les UGP, et les institutions régionales, paie les demandes d’avance validées, y compris les 13% destiné à l’AT revenant à l’UNFPA/STR. L’UNFPA/STR reçoit des virements émis par les comptes des pays bénéficiaires.
La pyramide spécifique à l’AT admet au sommet l’UNFPA/STR et son pool d’experts du Bureau régional. Au niveau intermédiaire se trouvent les bureaux pays de l’UNFPA qui avec le STR mobilisent respectivement des consultants pour des missions nationales et régionales. Une part des financements reçus de la Banque mondiale via les pays au niveau du STR est ensuite reversée aux bureaux pays de l’UNFPA afin de couvrir les besoins à leurs niveaux.
Des mécanismes et outils pour le fonctionnement de la collaboration et des instances de coordination ont été imaginés par le concepteur du projet et complétés ultérieurement par le CRP, l’UNFPA/STR et les UGP. Ces sont mécanismes décrits ci-dessous au Tableau 23.
Globalement, les dispositions en matière de collaboration et de coordination prévues dans le DAP/PAD et le Manuel Opérationnel Régional ont été mises en œuvre avec l’appui de l’UNFPA/STR dans le cadre de l’appui à la mise en place du suivi et du plan d’accélération, principalement entre 2015 et juin 2017. Des dispositions complémentaires, ont été prises en réponses aux péripéties du processus de projet, parmi lesquelles l’inclusion du STR dans la validation des demandes de sous-projets des UGP auprès de la Banque mondiale.
Pendant que la majorité des instances de la dynamique de la collaboration et de la coordination du projet et de l’AT sont en place, visibles et actives, les CNP ne sont pas très visibles dans la documentation de mise en œuvre. La constitution des listes des informateurs par l’équipe du STR encadrant la présente évaluation n’a pas spécifiquement mis en évidence les activités des CNP. Par ailleurs, la participation des agences de mise en œuvre est restée peu traçable dans les investigations d’évaluation.
Tableau XXIII : Mécanismes et instruments de collaboration et de coordination SWEDD
Catégorie
Désignation
Cycle
Documents cadres
-DAP/PAD, Conventions, PTA conjoints
Processus gestionnaire
-Planification, missions de suivi-évaluation, réunions de prise de décision programmatique et politique (CRP, UGP, Comités techniques)
Annuel, trimestriel, ad hoc
Documents de procédures
-Manuel Opérationnel Régional validé ; procédures de marchés et outils ; procédures d’appel à candidature et outils ; procédures de gestion et de rapportage financier ; manuels de formation
Cycle du projet ; ad hoc ; mensuel
Réseautage
-Réseau des acteurs communautaires, Réseau de laboratoires pré-qualifiés.
Continu, ad hoc
Rencontres
– Ateliers de planification annuels,
– Rencontres de partage ;
– Réunions de staff UGP ; réunions de staff UNFPA
Annuel; ad hoc ;hebdo—madaire
Programmation
-Agenda des réunions des instances de coordination et des mécanismes de collaboration (cycle variable selon le besoin et le niveau)
-Agenda de reddition des comptes et outils (calendrier de suivi et de revue, rapports techniques et financiers)
-Agenda des audits (périodicité annuelle à l’UNFPA/STR)
De mensuel à annuel
-idem ;
-Annuel
Moyens techniques
-Téléphone, e-mail, conférences audio/vidéo, visites de sites, réunions, mise en réseau, ateliers.
En continu ad hoc
* Contribution des cadres de collaboration et de coordination avec les partenaires (OOAS ; BM ; pays SWEDD et bureau pays UNFPA) à la facilitation de la mise en œuvre du Projet SWEDD
La complétude et la qualité de la réalisation de l’appui aux structures régionales (CRP) et nationale (UGP, comité technique) par l’UNFPA (STR et bureaux pays) sont satisfaisantes, ce qui a favorisé la synchronisation et l’harmonisation de l’information et de la maitrise de la gestion du projet. Toutes les réunions du CRP ont été soigneusement préparées par l’UNFPA/STR et ont fait l’objet de comptes-rendus. L’appui et la participation des bureaux pays de l’UNFPA aux rencontres des UGP ont été systématiques. Ce processus a été participatif associant acteurs du projet, gouvernements hôtes, partenaires du projet, parties prenantes et bénéficiaires. Sur la base des constats, des bonnes pratiques et des manques transversaux passés en revue, l’engagement de Banque mondiale et d’autres sources financements dont les États a été obtenu, et la visibilité du projet et la synergie des acteurs sont allées croissantes.
La concertation continue avec la Banque mondiale a contribué à améliorer la coordination, le financement et la qualité de la gestion et de la mise en œuvre du projet. L’allocation financière et la qualité des offres ont été bonifiées par l’introduction d’une pré-validation des dossiers de demande de sous-projets des UGP adressés à la Banque mondiale. Des supervisions conjointes du SWEDD par la Banque mondiale et l’UNFPA/STR ont réduit une querelle de positionnement entre certaines équipes pays et l’UNFPA/STR.
L’investissement du Bureau régional de l’UNFPA dans la réalisation de la mission de Secrétariat Technique Régional du projet a assuré une fonctionnalité continue au CRP et facilité la réalisation de la coordination régionale du projet SWEDD. Les interviews des acteurs, les communiqués finaux des CRP, les rapports d’activités ont mis en avant les avancées suivantes : la continuité du service et l’interaction en temps réel avec le CRP, la facilitation productive des travaux régionaux, la disponibilité de l’information stratégique, le conseil technique et stratégique, le plaidoyer pour l’engagement politique, le renforcement de l’harmonisation stratégique et de la promotion des bonnes pratiques.
La combinaison de stratégie de médiation s’appuyant sur des rencontres de clarification et le recours à une communication corrective utilisant des techniques de synergie à distance a amélioré l’impact de l’AT sur les progrès du projet. « L’institutionnalisation de rencontres téléphoniques périodiques entre l’UNFPA et l’OOAS a facilité la mise en œuvre et le suivi des activités au titre de la composante 2 ». Une bonification générale des relations entre l’UNFPA/STR et l’OOAS a succédé à l’ère de tension antérieure (causée par l’adoption d’une période d’exclusion de voyage pour le staff de l’OOAS coïncidant avec des rencontres de collaboration avec le l’UNFPA/STR, et par un mécanisme d’interface initialement non fonctionnel). L’encadrement des UGP et des bureaux pays UNFPA a aussi bénéficié d’une amélioration à travers la collaboration rapprochée mise en place via l’institutionnalisation des techniques de communication à distance (audio/vidéo).
Le déploiement de mécanismes régionaux de collaboration a favorisé une élévation des savoirs et savoir-faire. Cela a contribué à réduire les inégalités de compétences entre équipes pays et permis une harmonisation de la compréhension de l’engagement et des bonnes pratiques à avoir pour atteindre les objectifs du SWEDD. De tels mécanismes comprennent : (a) les initiatives communes régionales (campagne CCSC, plaidoyer politique, rencontres de partage, formation des formateurs, stratégie de mobilisation de ressources additionnelles), et (b) l’élaboration de documents de référence régionaux (stratégie de communication, manuels de formation…).
A côte de ces acquis majeurs, on doit noter que la contribution du cadre de collaboration quant à la facilitation de la mise en œuvre des activités projet SWEDD, n’a pas toujours été optimale. Ainsi, le dispositif de coordination tant au niveau du STR que du CRP et des bureaux pays de l’UNFPA, n’a pas trouvé les moyens nécessaires par exemple pour faciliter l’accélération de la mise en place des instances dans les pays, ni pour contrecarrer les cas de démissions successives aux postes de coordination (cas de l’UGP Niger), ni pour corriger le dysfonctionnement du CNP de Côte d’Ivoire (qui ne s’est réuni que deux fois en trois ans). Cette limite de la coordination a impacté négativement la mise en œuvre programmatique de l’AT dans les pays concernés.
Le délai dans l’optimisation de l’AT déconcentrée du niveau régional vers les bureaux pays de l’UNFPA, et dans le passage à l’appui rapproché a limité l’impact de l’AT sur l’amélioration de la satisfaction des bénéficiaires et l’atteinte des résultats attendus.
Des arrangements institutionnels peu clairs se sont avérés contre-productifs pour le projet et l’AT. Le climat de travail en a pâti (des méprises, des frictions concernant les statuts et rôles des acteurs) de la périphérie au sommet de la pyramide du projet et du circuit de l’AT. Les sources documentaires et les entretiens indiquent que le cadre institutionnel nécessite une clarification des rôles des acteurs pour améliorer la coordination afin de lever nombre d’obstacles à l’offre d’AT[16].
Des arrangements financiers inadéquats ont induit des retards dans le processus. Ainsi, la transition du financement de l’AT confiée au STR par les comptes des UGP dans les pays SWEDD a engendré un retard récurrent de financement de l’UNFPA. Des incompréhensions et réticences ont fait suite à l’exigence de comptes-rendus faite par les UGP.
Des impairs dans l’articulation des efforts entre acteurs ont entravé l’exécution opportune du projet. Par exemple, malgré la formation reçue sur l’« Itrack », sa mise en œuvre a été ajournée en Mauritanie suite au retard pris par l’UGP pour recruter les techniciens censés faire le suivi et l'appui technique, et à la non-participation des structures de mise en œuvre à la formation (voir Rapport plans de mise en œuvre accélération 2018). Par ailleurs, les interviews des parties prenantes ont indiqué que des activités du niveau pays ont souvent été ajournées pour conflit d’agenda avec des activités régionales. Les OSC rencontrées ont déploré leur implication insuffisante aux processus de coordination, de planification, d’adaptation des stratégies aux réalités du niveau opérationnel.
7. Leçons apprises
1. Les thématiques assez nouvelles retenues par les concepteurs du projet (transition démographique, autonomisation des femmes etc.) ont été acceptées très rapidement dans les pays par la classe politique, les ministères, les leaders religieux et traditionnels et la société civile, ce qui n’était pas évident à priori.
2. Le projet initial a cependant sous-estimé les capacités des pays à mette en œuvre dès la première année un projet complexe requérant des compétences administratives et techniques nouvelles pour les acteurs nationaux.
3. Le rôle crucial que pouvait jouer les bureaux pays SWEED de l’UNFPA, notamment en matière d'accompagnement technique des UGP a également été sous-estimé au départ.
4. Malgré la revendication de « leurs spécificités », les pays ont généralement apprécié l’échange d’expériences avec les autres pays, et l’objectif de convergence régionale des compétences du SWEDD.
________________
Annexe 1 : Agenda de la mission
DATE
HORAIRE
ACTIVITES
Mercredi 13 mars 2019
Arrivée des consultants à Dakar
Jeudi 14 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Rencontre avec le personnel du STR/UNFPA sur les termes de référence
Après-midi : 14h-18h
-Elaboration de la note méthodologique et des outils de collecte de données
Vendredi 15 mars 2019
Matinée : 09h-13h
Après-midi : 14h-18h
-Elaboration de la note méthodologique et des outils de collecte de données
Samedi 16 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Présentation et discussions avec le STR/UNFPA sur la note méthodologique et outils de collecte de données
Après-midi : 14h-18h
– Finalisation de la note méthodologique, et des outils de collecte de données (cf. Rapport de démarrage)
Dimanche 17 mars 2019
Matinée : 09h-13h
Après-midi : 14h-18h
-Finalisation de la note méthodologique et des outils de collecte de données (cf. Rapport de démarrage)
Lundi 18 mars 2019
Matinée : 09h-13h
– Préparation des entretiens
– Entretien avec le Coordonnateur du STR
Après-midi : 14h-18h
– Conférence téléphonique avec l’UNFPA Burkina
– Conférence téléphonique avec l’UGP Burkina
Mardi 19 mars 2019
Matinée : 09h-13h
– Conférence téléphonique avec l’UNFPA Tchad
– Conférence téléphonique avec l’UGP Tchad
Après-midi : 14h-18h
– Conférence téléphonique avec l’UNFPA Niger
– Conférence téléphonique avec l’UGP Niger
Mercredi 20 mars 2019
Matinée : 09h-13h
– Conférence téléphonique avec l’UNFPA Mauritanie
– Conférence téléphonique avec l’UGP Mauritanie
Après-midi : 14h-18h
Voyage sur Mali (Bamako)
Jeudi 21 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Séance de travail avec UNFPA Mali
Après-midi : 14h-18h
-Réunion avec l’UGP Mali
– Conférence téléphonique Banque Mondiale Washington
Vendredi 22 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Visite au Président du comité régional de Pilotage
– Conférence téléphonique avec les TTL Banque Mondiale Niger
Après-midi : 14h-18h
-Entretien avec les parties prenantes (ministères)
Samedi 23 mars 2019
Matinée : 09h-13h
– Réunion avec le personnel de l’UNFPA au Mali
Après-midi : 14h-18h
– Réunion avec le TTL Banque mondiale Mali
Dimanche 24 mars 2019
-Voyage sur la Côte d’Ivoire
Lundi 25 mars 2019
Matinée : 09h-13h
– Réunion avec le personnel de l’UNFPA en Côte d’Ivoire
-Visite de courtoisie au Directeur de cabinet du Ministère de la Lutte contre la Pauvreté Cote d’Ivoire
Après-midi : 14h-18h
-Entretien avec l’UGP et les ministères
– Entretien avec des Organisations de la Société Civile
Mardi 26 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Participation réunion de revue des performances du SWEDD
Après-midi : 14h-18h
-Entretien avec l’OOAS
Mercredi 27 mars 2019
Matinée : 09h-13h
-Participation réunion de revue des performances du SWEDD
Après-midi : 14h-18h
-Analyse des données et préparation de la présentation au CRP
Jeudi 28 mars 2019
Matinée : 09h-13h
Analyse des données et préparation de la présentation au CRP
Après-midi : 14h-18h
Rencontre avec l’UNFPA/STR à Abidjan sur la présentation au CRP
Vendredi 29 mars2019
Matinée : 09h-13h
Présentation des résultats provisoires de l’évaluation au Comité Régional de Pilotage (CRP)
Samedi 30mars 2019
Départ des consultants d’Abidjan
Annexe 2 : Guide d’entretien
* Recommandation 1 : pour chaque question, chaque informateur répond selon son positionnement dans le programme
* DD = Dividende Démographique/ Genre/Politique ;
* SPSR =Sécurisation des Produits de Santé de la Reproduction ;
* S&E= Suivi/Evaluation
* Fin =Finances
* Recommandation 2 : pour chaque question, chaque informateur donne son avis en réponse à la question, justifie cet avis et donne des sources de vérifications
Critères
Questions d’évaluation
Catégorie d’informateurs concernée
Champs d’intervention
Bailleur
BM
UNFPA
WCARO
Pays
Récipien-
Daires
(Min,OSC)
Parte-
naires
(OOAS)
DD
Genre
SPSR
S&E
FIN
Questions d’évaluation pour le volet technique
Pertinence et réactivité
1 ─L’AT du STR a-t-elle été correctement planifiée pour atteindre les résultats attendus par les pays/et au niveau régional ?
X
X
X
X
X
X
X
X
2 ─Le STR a-t-il su s’adapter à l’évolution des besoins des pays et de la région dans ses interventions ?
X
X
X
X
X
X
X
X
Efficacité
3 ─Quelle est votre satisfaction des actions d’assistance technique du STR, par rapport :
* à son mandat ?
X
X
X
X
X
X
* à la promptitude ?
X
X
X
X
X
X
X
* aux besoins exprimés ?
X
X
X
X
X
X
X
* aux solutions apportées ?
X
X
X
X
X
X
X
4 ─Les résultats attendus du STR ont-ils été atteints dans les pays et au niveau régional ?
X
X
X
X
X
X
X
X
5 ─Les actions du STR ont-elles favorisées l’atteinte des résultats attendus dans les pays ?
X
X
X
X
X
X
X
X
6 ─Quelle valeur ajoutée l’AT du STR a-t-elle apporté à la mise en œuvre du SWEDD dans les pays et quels sont les éléments de cette valeur ajoutée à pérenniser ?
X
X
X
X
X
X
X
Pérennité et durabilité
7 ─Quel a été le niveau d’appropriation de l’AT du STR par les UGP (compétences et outils) et au niveau régional ?
X
X
X
X
X
X
X
X
8 ─ Les pays pourraient-ils continuer, sans AT du STR, la mise en œuvre du SWEDD et obtenir les résultats escomptés (la pérennité de l’AT)?
X
X
X
X
X
X
X
X
9 ─Quelles autres formes d’assistance aimeraient recevoir les partenaires de l’UNFPA ?
X
X
X
X
X
X
X
Questions d’Evaluation pour le volet financier
Efficacité
10 ─Les ressources allouées au STR par les pays (13%) sont-elles adéquates pour assurer sa mission ?
X
X
X
X
X
X
X
X
11─La gestion des ressources financières par le STR a-t-elle répondu aux attentes des pays SWEDD et de la région WCARO ?
X
X
X
X
X
X
X
X
12 ─Les ressources humaines, logistiques et matérielles mises à disposition du STR sont-elles adéquates pour les besoins du projet ?
X
X
X
X
X
X
Efficience
13 ─Le STR a-t-il fait un usage efficient de ces ressources, par rapport à son mandat ?
X
X
X
X
X
X
14 ─Quelles sont les contraintes qui ont eu une influence sur le démarrage du projet et sa mise en œuvre ?
X
X
X
X
X
X
X
X
15─Quelles mesures ont permis de limiter leurs conséquences négatives sur la mise en œuvre et les résultats du projet ?
X
X
X
X
X
X
X
X
16─ Les résultats acquis par le projet sont-ils à la hauteur ressources investies dans le STR ?
X
X
X
X
X
X
Valeur ajoutée, coordination et positionnement stratégique du STR/UNFPA
17 ─Quelles sont les ressources additionnelles (humaines et financières) que l’UNFPA a allouées aux activités du projet SWEDD ?
X
X
X
X
X
X
18 Le positionnement du STR au sein du Bureau régional de l’UNFPA a-t-il été utile pour mieux remplir son mandat?
X
X
X
X
X
X
X
X
19 ─Quels facteurs ont favorisé ou défavorisé la collaboration entre les différentes parties prenantes (Banque Mondiale, UNFPA, OOAS, Pays) ?
X
X
X
X
X
X
X
X
20 ─Le STR a-t-il été efficace dans la coordination régionale du SWEDD et dans les relations avec ses partenaires (OOAS ; Banque Mondiale) ?
X
X
X
X
X
X
X
21 ─Le cadre de collaboration et de coordination du projet a-t-il facilité la mise en œuvre des activités ?
X
X
X
X
X
X
X
X
22 ─Dans quelle mesure l'ancrage institutionnel actuel a créé des opportunités nouvelles/additionnelles profitables aux pays membres du SWEDD et d’autres pays de la région ?
X
X
X
X
X
X
X
X
Annexe 3 : Informateurs
POSITIONS / TITRES
NOMS ET PRENOMS
LIEU/ CONTACT
BUREAU UNFPA WCARO
Coordonnateur du Projet STR
Justin KOFFI
Bureau régional UNFPA
Chargée de Finances STR
Na Gnima KONTE
Bureau régional UNFPA
Chargée des opérations STR
Elisabeth DIOUF
Bureau régional UNFPA
Responsable Suivi Evaluation STR
Edouard TALNAN
Bureau régional UNFPA
Responsable Suivi Evaluation UNFPA
Simon Pierre TEGANG
Bureau régional UNFPA
Directeur des opérations Bureau régional
Moussa FALL
Bureau régional UNFPA
Directeur ressources humaines Bureau régional UNFPA
Jean Louis GUEYE
Email
Expert Spécialiste en PF/RHCS UNFPA
Norbert COULIBALY
Bureau régional UNFPA
Spécialiste en Communication
Céline ADOTEVI
Bureau régional UNFPA
Spécialiste Genre
Khadijetou Cheikh LO
Bureau régional UNFPA
SENEGAL
IP
CREFAT
Email
UCAD/GEED
Email
BURKINA FASO
Assistante Représentante UNFPA et toute son équipe
Dr Olga SANKARA
Par Vidéoconférence
Responsable suivi évaluation UGP et équipe UGP et ministères d’exécution
Salem BELEM
Ministère de la santé
Par Vidéoconférence
Coordonnateur UGP
Abdoul Karim OUEDRAOGO
Téléphone
Comptable UGP
Téléphone
NIGER
Coordonnateur de l’UGP et son équipe
M. Doungou Boubacar ALI
Par Vidéoconférence
Ministères d’exécution
Ministère de la santé (direction de la pharmacie, Laboratoire national
Ministère de l’éducation
Par Vidéoconférence
TCHAD
Point Focal global SWEED UNFPA et son équipe
Mathieu Gassi Simbary
Par Vidéoconférence
Coordonnateur de l’UGP et son équipe
Youssouf Awaré NEISSA
Par Vidéoconférence
MAURITANIE
Représentant adjoint UNFPA et toute l’équipe
Par Vidéoconférence
Coordonnateur UGP
Mohamed Melainine OULD EYIH
Par Vidéoconférence
MALI
TTL Banque Mondiale
(Burkina Faso, Cote d’Ivoire Mauritanie)
Margarita HARRIT
Téléphone
TTL Banque Mondiale Niger,
Karamoko DJIBRILLA
Par Vidéoconférence
Représentant adjoint UNFPA et Staff
Cheikh Mohamed Tidiane MBENGUE
Mission terrain
TTL Banque Mondiale Mali, Tchad
Christophe LEMIERE
Mission terrain
Coordonnateur UGP et staff
Moussa SIDIBE
Robert DABOU
Madou DIALLO
Mission terrain
Ministères d’exécution
Ministère de la santé
Ministère de l’éducation
Ministère de la promotion femme et de l’enfant et de la famille
Pharmacie Populaire du Mali (PPM)
Mission terrain
Président du Comité Régional de Pilotage (CRP)
Ministre Adama TIEMOKO
Mission terrain
COTE D’IVOIRE
Représentante résidente UNFPA et toute l’équipe
Argentina Matavel PICCIN
Mission terrain
Coordonnateur adjoint UGP et staff
Mission terrain
Coordonnateur UGP
Clément K. KOUASSI
Mission terrain
Ministères d’exécution
Ministère de la santé
Ministère de la femme
Mission terrain
Directeur de Cabinet du Ministère de la lutte contre la pauvreté et son équipe
Abdoulaye BAMBA
Mission terrain
ONG
AIMAS
Mission terrain
AIBEF
Mission terrain
IRC
Mission terrain
________________
Annexe 4: Principaux documents consultés
Titre
Auteurs
Format
Date
Accord Assistance Mali-UNFPA_SWEDD
WCARO
PDF
août-2015
Accords Banque mondiale UNFPA (agreement)
STR
Ms Word
juin-2017
Analyse du SIGL dans le cadre du projet « Amélioration de la chaine d’approvisionnement jusqu’au dernier kilomètre», composante 2 du projet SWEDD
Consultants
Morris Kouamé, Joachim k. Germain, Issa Bara, Ladiamé Sermé, Yves Lucien Hakorimana, Alassane BA
MS Word
nov 17
APPEL A PROPOSITION – Thématique : chaine d’approvisionnement – Formulaire De réponse du Mali
DPM Mali
MS Word
2016
Appel à proposition
Thématique : chaine d’approvisionnement
Ministère de la santé /PADS (Burkina Faso)
MS Word
non spécifié
Atelier préparatoire pour le démarrage du master en sciences infirmières et obstétricales
Justin Koffi, Fenosoa Retesimanetrimanana, Sosthène Dougrou, Elisabeth Diouf,
MS Word
avril 2018
Cadre de résultats_SWEDD-Revisé 12 Dec 2018 Final-Final-Final_DGPD
Non spécifié
MS Word
déc-18
Cadre des résultats du SWEDD 2018-Consolidé
Non spécifié
MS Excel
juil-18
Chaine d'approvisionnement au dernier kilomètre du Mali, diagnostic de la chaine d'approvisionnement
Non spécifié
PDF
mai 18
Communiqué Final CRP 2015
CRP
PDF
nov-15
Communiqué Final CRP 2016
CRP
PDF
avr-16
Communiqué Final CRP 2016
CRP
PDF
juil-16
Communiqué Final CRP 2017
CRP
PDF
janv-17
Communiqué Final CRP 2018
CRP
PDF
mars-18
État des lieux de l’enregistrement des produits contraceptifs dans les pays SWEDD en 2018
Non spécifié
MS Word
non spécifié
Guide de Programmation du dividende démographique : de la théorie à l’expérience (147 pages)
UNFPA
Banque mondiale
PDF
juillet 17
Guide révisé de la mise place et du fonctionnement d’un observatoire pour le suivi des indicateurs sur le dividende démographique dans le cadre du projet SWEDD (32 pages)
CREFAT
UNFPA
PDF
non spécifié
Guide saturation+ comment concevoir et mettre en œuvre une campagne médiatique pour le changement social et comportemental (10 pages)
UNFPA
Banque mondiale
DMI
PDF
non spécifié
Le recrutement du personnel dans les organismes des Nations unies: analyse comparative et cadre de référence (JIU/REP/2012/4)
FAO
PDF
2012
Liste des consultants SWEDD
STR
MS Word
non spécifié
Manuel Opérationnel Régional Secrétariat Technique Régional
UNFPA Bureau régional
MS Word
juin-16
Minutes de la réunion de suivi de la feuille de route sur la sous composante 1-1
UNFPA/STR
Ms Word
juin-2016
Mission d’appui à la mise en œuvre du Projet « autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (SWEDD)» au Burkina Faso, du 14 au 18/05/2018
Justin Koffi
MS Word
mai 2018
PATB conjoints Année 2017 Burkina Faso
UGP Burkina-Faso,
MS Word,
MS XL
2017
PATB conjoints Année 2017 Côte d'Ivoire
UCP Côte d'Ivoire
MS Word,
MS XL
2017
PATB conjoints Année 2017 Mali
UGP Mali
MS Word,
MS XL
2017
PATB conjoints Année 2017 Mauritanie
UGP Mauritanie
MS Word,
MS XL
2017
PATB conjoints Année 2017 Niger
UGP Niger
MS Word,
MS XL
2017
PATB conjoints Année 2017 Tchad
UGP Tchad
MS Word,
MS XL
2017
Plan de suivi et évaluation régional du projet SWEDD 2016-2019
WCARO
MS Excel
juin-16
Profil du Niger sur le Dividende Démographique. 101 pages
Ministère de la Population,
PDF
nov 16
Profil du Dividende Démographique de la Côte d’Ivoire en 2014 79 pages
Office National de la Population
MS Word
mai 16
Profils des Dividendes Démographiques Rapport du Tchad, Draft 1 avril 2016 71 pages
UNFPA / CREFAT
MS Word
avril 16
Profil du Dividende démographique du Burkina Faso en 2014 Rapport provisoire 72 pages
Pas dd mention
MS Word
juillet 16
Projet de Renforcement de la chaine d’approvisionnement des produits de santé y compris les produits de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle (SRMNIN) jusqu’au dernier kilomètre en Côte d’Ivoire (en abrégé SWEDD 2.2 CI)
Programme National de Développement de l’Activité Pharmaceutique (PNDAP) Cote d'Ivoire
MS Word
non spécifié
PSHACC M&E SYSTEM (UNDP_SZ_HIV_and_AIDS_PSHACC_ME_System)
UNDP
PDF
sept-12
Rapport Annuel 2018 d’Assistance Technique pour la mise en œuvre du projet SWEDD Burkina Faso
UNFPA Burkina Faso
PDF
non spécifié
Rapport annuel de mise en œuvre du projet SWEDD Côte d'Ivoire Septembre -Décembre 2018
UNFPA Côte d'Ivoire
MS Word
non spécifié
Rapport de la de mise en œuvre du PAR 2018
TCHAD
non spécifié
MS Power Point
janvier 19
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Burkina Faso
UNFPA Burkina Faso
MS Word
déc 17
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Côte d'Ivoire
UNFPA Côte d'Ivoire
MS Word
déc 17
Rapport de mise en œuvre du Plan d’accélération du SWEDD Niger 2018
Non spécifié
MS Word
déc 18
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Mali
UNFPA MALI
MS Word
déc 17
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Mauritanie
UNFPA Mauritanie
MS Word
Décembre 2017
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Niger
UNFPA Niger
MS Word
déc 17
Rapport de mise en œuvre du plan d’accélération Tchad
UNFPA Tchad
MS Word
déc 17
Rapport de progrès dans la mise en œuvre des plans d’accélération 2018 Mali
UNFPA MALI
MS Word
non spécifié
Rapport général CRP 2018 à Bamako
WCARO
MS Excel
mars-18
Rapports de missions d'assistance technique des consultants
Aloys, OLABIIRE; Gnon AYINDO, Alassane BAH, Bara ISSA; Morris KOUAME; Koudougou; JUMA MOHAMED KARIBURYO; Rachid BEZAD; Valéry Pierre TONAKPON MEVO; Fatoumata SOW; KONAN Claude; PROMUNDO; DMI; Babacar FALL
Auteurs
Ms Word;
PDF
2016; 2017; 2018
Rapport financier consolidé
STR
PDF
2019
Rapports de progrès dans la mise en œuvre des plans accélérés – Mauritanie 2018
Non spécifié
MS Word
déc 18
Rapports des missions de supervision du STR/SWEDD
WCARO
Ms Word
2016, 2017,2018
Rapports d'exécution Plan d’accélération (Assistance technique UNFPA)
UNFPA Mali; UNFPA Niger; UNFPA Burkina; UNFPA Cote d'Ivoire
Ms Word
déc 17
Rapports d'exécution Plan d'accélération
UNFPA Mauritanie; UNFPA Tchad
Ms Word
Sept 17
Résultats préliminaires des activités économiques et sectorielles en matière de démographie de la Banque mondiale (2014)
Banque Mondiale
MS Word
juil-05
Stratégie régionale de communication pour le changement social et de comportement (CCSC) 2017 – 2019
WCARO
PDF
avr-17
TDR recrutements consultants
UNFPA/STR
Ms Word
2016;2017
________________
[1] Évaluation technique et financière du Secrétariat Technique Régional du projet SWEDD, Dakar, Sénégal.
Rapport de démarrage. Version du 17 mars 2019—ICI-santé, IRESCO, OASYS
[2] MODELE STANDARD D'ACCORD à l'intention des emprunteurs de la Banque mondiale – Fourniture d'assistance technique par I'UNFPA dans le cadre de projets financés par la Banque mondiale ACCORD DE FOURNITURE D'ASSISTANCE TECHNIQUE Du Projet : Projet pour I ‘Autonomisation des femmes et le Dividende démographique au Sahel Numéro de Prêt/Crédit : 5570 – ML Date de clôture du Prêt/Crédit : 31 décembre 2018 Numéro de référence du Plan de passation des marchés ("PM) No 001
[3] AUDIT OF THE UNFPA WEST AND CENTRAL AFRICA REGIONAL OFFICE, FINAL REPORT, No IA/2018-08, 29 June 2018
[4] Déclaration de l'UA Octobre 2018
[5] Rapports SC 2.1 et témoignage des informateurs de l'évaluation
[6] Le recrutement du personnel dans les organismes des Nations unies : analyse comparative et cadre de référence (JIU/REP/2012/4) http://www.fao.org/3/MI705F/MI705F.pdf
[7] https://www.wahooas.org/web-ooas/fr/projets/swedd-autonomisation-des-femmes-et-dividende-demographique-au-sahel
[8] Rapports d’Assistance technique de l’UNFPA 2017
[9] C’est à dire non compris le personnel de soutien (chauffeur…)
[10] AUDIT OF THE UNFPA WEST AND CENTRAL AFRICA REGIONAL OFFICE, FINAL REPORT, No IA/2018-08, 29 June 2018
[11] https://www.unfpa.org/fr/node/17979
[12] https://www.unfpa.org/internal-audit-reports-listing-page
[13] Rapport annuel du STR 2018, p12
[14] cf. p24, Manuel Opérationnel Régional
[15] Accord Assistance Mali-UNFPA_SWEDD.pdf: Accord de Fourniture D'assistance Technique du Projet Autonomisation des femmes et le Dividende démographique au Sahel” du 31/08/2015
[16] cf. p28, Rapport annuel du STR 2016

