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Analyse_NTA_WCARO_2019_draft

RAPPORT NTA
EN AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE (WCARO)

WCARO 2019
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Sommaire
Introduction 5
I. Contexte 6
1.1. Contexte démographique de la région 6
1.2. Contexte économique de la région 8
II. Méthodologie 10
2.1. Définition du déficit du cycle de vie 10
2.2. Méthode des comptes de transferts nationaux 10
2.3. Méthodologie de calcul des profils régionaux 14
III. Résultats et implications 15
3.1. Profils moyen et agrégé de consommation et de revenu du travail 15
3.2. Profils moyen et agrégé du déficit de cycle de vie 16
3.3. Ratio de soutien économique de la zone 17
3.4. Projections démographiques par la méthode NTA 18
3.5. Analyse des résultats du DDMI SWEED 20
Conclusion 36
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Graphique 1: Graphique 1: Evolution du PIB et du taux de croissance du PIB entre 1990 et 2015 10
Graphique 2 : Profils moyen et agrégé de la consommation et du revenu de travail dans WCARO en 2014 16
Graphique 4: Evolution du ratio de soutien économique dans la région WCARO 18
Graphique 5:Projections du dividende démographique selon les scénarii de fécondité 19
Graphique 6:Profils moyens de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014 21
Graphique 7: Profils agrégés de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014 22
Graphique 8: Ratio de Soutien Economique par tranche d’âge de la Zone SWEDD 23
Graphique 9: Indice de la qualité du cadre de vie (IQCV) dans la région SWEDD 24
Graphique 10: Sortie de la pauvreté des pays de la Zone SWEDD 27
Graphique 11: Basculement dans la pauvreté des pays de la Zone SWEDD 27
Graphique 12: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD 28
Graphique 13: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD 28
Graphique 14: Dynamiques de Pauvreté au niveau régional/SWEDD 30
Graphique 15:Indicateur de Développement Humain Etendu 31
Graphique 16: Indice Synthétiques Réseaux et Territoires par pays et au niveau régional 32
Graphique 17: Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) dans la zone SWEDD 32
Graphique 18: Scores des DDMI nationaux et régional 34
Graphique 19: Synthèse des indicateurs dimensionnels régionaux 35
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Introduction
Le concept de dividende démographique fait référence aux bénéfices économiques qu’un pays expérimente lorsqu’il connaît une baisse de la fécondité. Cette baisse donne suite à une augmentation de la population en âge de travailler, laquelle situation constitue un tremplin pour une croissance économique accrue (Bloom, 2009). Dans le contexte des pays africains, en particulier ceux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre où la structure de la population est caractérisée par sa jeunesse et une forte représentativité de la population en âge de travailler, la problématique du dividende démographique est au cœur des politiques de développement économique et social.
La nécessité de la mise en œuvre de politiques économique et sociale en vue d’arrimer la croissance démographique à la croissance économique, et encore plus, tirer pleinement profit du dividende démographique implique l’exécution des politiques économiques saines et adéquates. À cet effet, la majeure partie de ces pays ont pris part et souscrit aux différentes recommandations de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (Caire 1994), la Conférence Mondiale sur les Femmes (Beijing 1995), le Sommet Mondial sur le Développement Social (Copenhague 1995). Au niveau du continent, en plus des initiatives nationales, une position commune en rapport avec les questions démo-économiques a été adoptée lors du sommet de l’Union Africaine de janvier 2014 à Addis Abeba, en Ethiopie, renforcée par la réunion du comité de haut niveau des chefs d’Etat tenue à N’Djamena le 28 février 2014.
Dans cette même dynamique, le Bureau Régionale de l’Afrique de l’Ouest et du centre du Fonds des Nations Unies pour la population (WCARO) a initié, grâce au financement de la Banque Mondiale, une série d’activités pour le suivi du dividende démographique dans la zone. À cet effet, la méthodologie de mesure du dividende démographique privilégiée est celle des Comptes de Transferts Nationaux, développés par Lee et Masson en 2011, qui permet d’appréhender l’ensemble des transferts effectués au sein d’une économie durant une année, sous la contrainte capitale d’équilibre entre les ressources et leur utilisation.
La conscience de l’interaction entre les différents aspects de la vie économique, sociale et environnementale a impulsé la mise en œuvre d’un outil de suivi du Dividende Démographique par le Consortium régional pour la Recherche en Economie Générationnelle (CREG-CREFAT). Cet outil, en l’occurrence l’Indice Synthétique de Suivi du dividende démographique (I2S2D) ou « Demographic Dividend Monitoring Index » (DDMI)) donne un panorama de la situation de l’exploitation du dividende démographique au niveau régional, national et infranational à travers différents leviers identifiés comme incontournables. L’I2S2D est utilisé dans le cadre du projet SWEDD (Sahel Women Empowerment and Demographic Dividend) qui couvre six pays de la zone WCARO, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Niger, le Mali et le Tchad.
L’objectif de ce rapport est double. Il s’agira dans un premier temps, de dresser l’Etat de la situation des différents pays couverts par le WCARO en termes de dividende démographique à travers la méthode des NTA. Et dans un second temps, il s’agira de faire le diagnostic pour les pays SWEDD à travers le DDMI, dans leur marche pour une pleine exploitation du dividende démographique.
Les développements qui suivent porteront respectivement sur un exposé du contexte général des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ensuite s’en suivra une présentation de la méthodologie des NTA adoptée dans le cadre de la mesure du déficit entre la consommation et le revenu de la zone et du DDMI, et enfin une analyse globale de la situation régionale et du SWEDD s’en suivra.
1. Contexte
1. Contexte démographique de la région
La taille de la population de la zone couverte par WCARO est de 392 millions en 2014 alors qu’elle était de 268 millions en 2000. Elle est inégalement répartie dans les Etats avec les effectifs variés de 180 millions au Nigéria en 2014 et de moins de 200 000 à Sao-Tomé et Principe la même date.
La population mondiale a beaucoup augmenté durant ce dernier siècle comme en témoigne le chiffre de 7,4 milliards d’habitants annoncé en 2016 contre 2 milliards en 1930. L’analyse de la structure par âge souligne un accroissement des adolescents et jeunes adultes dans certaines régions, et la progression du vieillissement dans d’autres.
L’évolution de la répartition des grands groupes d’âges de 1960 à 2015 au sein des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre couverts par le Bureau Régional des Nations Unis pour la Population (WCARO) révèle que la proportion des moins de 15 ans est passée de 41,64 % en 1960 à 43,78 % en 2015 soit une hausse de 1,05 %. Tandis que celle de 65 ans et plus est passée de 2,87% à 2,89% soit une hausse de 0,02%.
Il ressort du tableau suivant qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre la proportion des moins de 15 ans est passée de 41,64% en 1960 à 44, 50% en 2000 soit une hausse de 2%. A partir de 2000, on observe une baisse jusqu’en 2015 où il atteint 43,78%. La proportion de 2015 est au-dessus de celle de 1960, par conséquence la population à charge (moins de 15 ans) de WCARO est toujours en augmentation. Deux tendances s’observent au niveau des 15- 64 ans : une baisse entre 1960 (55,49%) et 2000 (52,87%) et une hausse jusqu’en 2015 (53,37%). La même tendance s’observe pour les plus de 65 ans : une hausse entre 1960 (2,87%) et 2000 (2,95%) et une baisse jusqu’en 2015 (2,85%). La population de la zone WCARO, à l’instar de toutes les populations en Afrique, est à dominance jeune de 15- 64 ans.
Tableau 1: Evolution de la proportion de la population de WCARO de 1960 à 2015 par groupe d’âges.
Années
pop_ moins de 15 ans
pop_15_65 ans
pop_65 ou plus
1960
41,64%
55,49%
2,87%
1980
44,50%
52,56%
2,94%
2000
44,18%
52,87%
2,95%
2011
44,02%
53,09%
2,89%
2015
43,78%
53,37%
2,85%
Source : CREG/CREFAT 2017 à partir des données Word Development Indicators, Banque Mondiale.
Ainsi, une poussée démographique forte entraîne des besoins additionnels en termes d’éducation, notamment de salles de classes, d’enseignants et d’autres moyens en appui à l’éducation. Cet accroissement démographique exerce la même pression dans le secteur de la santé pour ce qui concerne les besoins additionnels en couverture sanitaire. Il en est de même pour les autres secteurs du développement parce que chaque personne de plus dans un ménage, a une implication en termes de demandes additionnelles. De plus nous sommes dans des pays où des besoins primaires ne sont pas totalement couverts et où la qualité des services laisse à désirer. Il est donc difficile d’améliorer la couverture des services pour les pays qui affichent les taux de croissance démographique élevés. Aussi, les efforts des pouvoirs publics ne se font pas sentir par les populations. De plus, l’effet du fort croît démographique sur le bien-être des populations ou les équilibres au niveau des communautés sur la paix, la sécurité et la stabilité sont très souvent sous-estimés. Face à ces divers problèmes, l’Etat doit fournir d’énormes efforts particulièrement fiscaux additionnels pour accompagner les besoins supplémentaires de la population dans les pays où la croissance démographique est forte.
Par ailleurs, au regard de l’évolution de la force de travail dans la zone WCARO entre 1990 et 2014. On remarque qu’elle est légèrement à la baisse de 1990 à 2006 où la proportion de la force du travail passe de 64% en 1990 à 63% en 2006. Après cette année, la proportion de la main d’œuvre augmente dans un rythme plus élevé jusqu’à atteindre 65% en 2014. Cette situation est expliquée en parti par une population composée majoritairement de jeune et qui voit son nombre de plus en plus élevé avec les nouveaux entrants sur le marché du travail. Ainsi les relations entre structure par âge et croissance économique sont donc complexes, et peuvent même être inversées à certaines périodes. Surtout au cas où l’importance en nombre de cette jeunesse n’est pas très bien saisie au niveau de la zone. Conscients de ce phénomène, tous les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la zone WCARO ont magnifié et rappelé l’importance de cette jeunesse qui a besoin de formation adéquate avec les attentes contextuelles. Mais le constat est jusqu’à présent révélateur. Le continent, la sous-région en particulier reste l’une des régions les plus sous-développées au monde avec un taux de fécondité le plus élevé. Ainsi une nouvelle considération à l’endroit de la jeunesse s’impose afin de mieux saisir le dividende démographique à travers celle-ci. Le dividende démographique est une véritable opportunité pour les Etats et constitue une stratégie appropriée pour écarter d’autres scenarios possibles mais non désirables, tels que la persistance des grossesses non désirées, la migration clandestine, le chômage endémique des jeunes, la montée des intégrismes/fondamentalismes religieux, tous fléaux pour lesquels l’Afrique paie un lourd tribut. Ainsi la jeunesse constitue un atout incontournable pour bénéficier du dividende démographique et d’en faire une initiative continentale. Toutefois, cela requiert des investissements stratégiques en faveur de la jeunesse dans des domaines prioritaires comme l’éducation ou la formation, la santé, l’emploi, la gouvernance.

2. Contexte économique de la région
Capital humain
Le capital humain désigne l’ensemble des capacités productives qu’un individu acquiert par l’accumulation de connaissances ou de savoir-faire généraux ou spécifiques. C’est l’ensemble des connaissances et compétences accumulées permettant à une personne d’améliorer son efficacité et son revenu. Il prend en compte tous les aspects liés à l’éducation et à la formation, ainsi que l’état de santé de l’individu. Ainsi les dépenses dans l’éducation, de la formation et de la santé seraient susceptibles d’accroitre la capacité productive du capital humain.
Education
Pendant longtemps, les efforts consentis par les Etats de la zone WCARO en matière d’investissement dans l’éducation et de la formation n’ont cessé d’augmenter. Ces efforts en faveur de l'éducation se font remarquer depuis les années 90 et se matérialisent au niveau des dépenses dont une part importante de leur budget a été attribuée à l’éducation et la formation. Ainsi dans l’évolution globale de ces dépenses, différentes tendances ont été notées : des tendances baissières et haussières se font remarquées entre 1990 (1,3%) et 1997 (1,0%). Une hausse brutale s’observe après 1997 et se maintient en 2004 (6,2%) avec un pic en 2002 (6,9%). Cette part baisse à nouveau en 2007 (4,0%) puis augmente en 2008 jusqu’à atteindre son pic en 2010 (6,9%) avant de descendre en 2014 (4,0%). Ces tendances sont dues à plusieurs facteurs, notamment le ralentissement de l'allongement de la scolarité des nouvelles générations et les politiques de dépenses publiques restrictives qui ont été prônées par les Etats, depuis l’avènement des Programmes d’Ajustement Structurel. Les taux nets de scolarisation varient fortement d’un pays à un autre au sein de la région. Là où des pays comme le Cap Vert affichent des taux avoisinant les 100% au primaire, d’autres à l’image du Libéria restent très en retard. Ce dernier a un TNS au primaire de 38% en 2014. Pour les autres pays, les taux varient de 60% à 95%. Ainsi valoriser le capital humain passe nécessairement par des investissements dans les secteurs sociaux sanitaires, la scolarité et l’emploi.
En outre, les liens entre l’éducation et le développement économique n’est plus à démontrer. Les compétences analytiques et l’espérance acquises grâce à l’éducation est au-delà, permet aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires pour obtenir des emplois de meilleur qualité, emplois qui promeuvent le développement économique. Ainsi pour répondre à ces attentes, les systèmes éducatifs des Etats de WCARO doivent s’adapter aux besoins changeant de l’économie et fournir aux étudiants les compétences nécessaires pour pouvoir être plus compétitifs sur le marché du travail et dans la création de nouvelles opportunités économiques.
Santé dans la zone
A l’instar de l’éducation, la santé constitue aussi l’un des piliers les plus importants pour appréhender le capital humain. En effet, des efforts considérables ont été consentis dans toute l’espace de la WCARO dans ce secteur. Cependant, la couverture médicale totale est loin d’être assurée dans l’espace, bien que certains pays de l’espace réalisent des avancées significatives. Au regard de l’évolution du taux de mortalité infanto-juvénile (TMIJ) de 1990 à 2014 dans la zone WCARO, la probabilité pour un enfant de décéder avant son cinquième anniversaire; a connu une baisse depuis 1990; mais reste encore élevé dans certains pays de la sous-région. C’est le cas du Tchad (1389‰) et de la Serra Léone (120‰). Le Cap Vert est le pays qui a le plus faible taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (25‰). Parallèlement, pour que les populations tirent le meilleur parti des possibilités éducatives, elles doivent être en bonne santé.
Evolution du PIB par tête
La création de richesse constitue la première étape pour lutter contre la pauvreté. Au regard des estimations de la Banque Mondiale, l’Asie du Sud Est et l’Afrique Subsaharienne apparaissent comme les régions à faible capacité de création de richesses au monde. Elles enregistrent un PIB par tête respectivement de 1 504 $US et 1 791 $US alors que la moyenne mondiale se situe à près de 11 000 $US. Même si depuis une période récente les pays d’Afrique subsaharienne et particulièrement ceux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ont commencé à enregistrer des taux de croissance économique élevés, il n’en demeure pas moins que la pauvreté et les inégalités restent plus importantes dans cette région comparée à celles du reste du monde. Ainsi, la proportion de personnes vivant avec moins de 2$ par jour est plus élevée en Afrique au Sud du Sahara (45% en 2012) comparée aux autres régions du monde comme l’Asie du Sud où on observe 22% et d’autres régions qui ont moins de 10 %. La variation du PIB par tête en fonction du ratio de dépendance démographique suggère immédiatement de prendre des actions appropriées en Afrique de l’Ouest et du Centre allant dans le sens d’accélérer la transition démographique, de renforcer le capital humain et de créer des emplois décents et durables pour les jeunes.
Evolution du PIB de la région
Les années 1990 marquent un début dans les tendances qui caractérisaient les économies de la zone WCARO (graphique 1). Après de nombreuses années de stagnation ou de déclin, le PIB de la zone connait un accroissement depuis 1990 (plus de 500 milliards USD PPP) jusqu’en 2015 (plus de 1555 milliards USD PPP).
Le taux de croissance du PIB quant à lui n’a pas une évolution régulière : une période de hausse de 1990 (0,68%) à 1996 (5,20%) et une période de baisse jusqu’en 1999 (1,50%) est d’abord remarquée. Il reprend ensuite sa monté jusqu’à atteindre un pic de 21,17 en 2004 puis redescend brusquement en 2005 (4,29). Il reprend enfin une croissance en 2006 (6,61%) puis une baisse légère jusqu’en 2013 (5,25%) avant d’augmenter à nouveau en 2014 (5,84%). Le pic observé en 2004 s’explique par une augmentation rapide des PIB du Cap-Vert, de la Centrafrique et en celle du Nigéria en cette année.
Graphique 1: Graphique 1: Evolution du PIB et du taux de croissance du PIB entre 1990 et 2015

Source : CREG/CREFAT 2017 à partir des données Word Development Indicators, Banque Mondiale
2. Méthodologie
La méthodologie adoptée pour appréhender la dépendance économique est celle des comptes de transferts nationaux (NTA). Ces comptes permettent d’analyser le cycle de vie économique en déterminant le déficit du cycle de vie.
3. Définition du déficit du cycle de vie
Le déficit du cycle de vie désigne, par définition, la différence à chaque âge entre la consommation et le revenu du travail. Il permet de quantifier la demande sociale au niveau agrégé.
En effet, le cycle de vie reflète de nombreux facteurs comportementaux et non comportementaux qui influencent la relation entre l'âge, d'une part, et la consommation et le revenu du travail, d'autre part. Au cours de la vie, les individus consomment à tous les âges, mais ils ne produisent qu’aux âges actifs. Pendant les périodes de jeunesse et de vieillesse, il en résulte que la consommation des individus excède leur production. Ces individus présentent donc un déficit. A l’inverse, les personnes d’âge actif produisent plus qu’elles ne consomment, et dégagent donc un surplus qui permet de « subventionner » ceux dont la production ne couvre pas la consommation. Ainsi les groupes d’âge dont la production excède la consommation sont à l’origine des transferts au profit de ceux qui sont dans la situation opposée, i.e. les jeunes et les personnes âgées (United Nations, 2013). Ces transferts peuvent être privés (intra et inter-ménages) ou organisés par les décideurs publics.
4. Méthode des comptes de transferts nationaux
Les comptes de transfert nationaux (NTA) constituent un outil d’analyse des échanges intervenant entre des individus d’une même société. L’objectif des NTA est de mesurer comment, à chaque âge, les ressources économiques s’acquièrent et s’utilisent (Lee et Mason, 2011). Les NTA s’appuient sur une démarche internationale unifiée qui consiste à introduire l’âge dans la comptabilité nationale. Ils sont destinés à comprendre la façon dont les flux économiques circulent entre les différents groupes d’âge d’une population pour un pays et pour une année donnée. Ils indiquent notamment à chaque âge les différentes sources de revenus et les différents usages de ces revenus en termes de consommation, que celle-ci soit privée ou publique, et d’épargne (d’Albis et al. 2015). Ils permettent ainsi d’étudier les conséquences liées aux modifications de la structure par âge de la population.
L’approche des NTA n’est au fond qu’une manière de schématiser le cycle de vie, tout en permettant de le quantifier. Elle est fondée sur une identité fondamentale qui stipule que, pour un âge donné, l’ensemble des flux sortants de revenus est égal à l’ensemble des flux entrants de revenus. C’est en partant de cette équation que Lee (1994) a introduit l’indicateur du déficit du cycle de vie qui devient l’élément central dans la méthodologie des NTA. Les parties du document qui suivent sont destinées à présenter cette méthodologie, en commençant par l’équation fondamentale.
a) L’équation fondamentale des NTA
Les NTA sont fondés sur une équation comptable qui stipule que, à chaque âge, les ressources doivent être égales aux usages qui en sont faits (United Nations, 2013) :

Le membre de gauche se compose de toutes les entrées courantes du groupe d'âge a : le revenu du travail , le revenu du capital , le revenu du patrimoine et les transferts reçus . Le membre de droite est constitué de tous les flux sortants du groupe d’âge a : la consommation , l’épargne et les transferts versés . Ainsi, selon cette équation, la somme du revenu du travail, du revenu du capital, du revenu du patrimoine et des transferts reçus doit être égale à la somme de la consommation, de l’épargne et des transferts versés. Cette identité est obtenue aussi bien pour les valeurs agrégées que pour les valeurs par habitant à chaque âge. L'équation ci-dessus montre toutes les valeurs indicées par l’âge a, mais l'identité est également valable pour les agrégats nationaux, en d'autres termes, tous les groupes d'âge combinés.
En réarrangeant les termes des flux entrants et sortants de manière à correspondre aux fondements conceptuels des NTA, l’équation permet de mettre en évidence le cycle de vie économique et les mécanismes économiques utilisés pour réaffecter les ressources entre les âges. Le cycle de vie économique est représenté sur le côté gauche (de l’équation ci-dessous) par le déficit de cycle de vie qui correspond, pour un âge donné a, à la différence entre la consommation et le revenu du travail ().
Ce déficit du cycle de vie donne lieu à des réallocations de ressources entre les âges qui prennent la forme soit de transferts publics ou privés nets (), soit de réallocations d’actifs (). Cela se matérialise dans le membre de droite de l’équation suivante :

Chaque flux de l’équation est désagrégé de façon à distinguer le public et le privé et les réaffectations par secteur (éducation, santé, et autres).
b) Le cycle de vie économique
Le cycle de vie économique est composé de la consommation et du revenu du travail permettant de faire ressortir le déficit de cycle de vie (consommation moins revenu du travail). Les méthodes utilisées pour déterminer les profils de consommation et de revenu du travail sont décrites dans les points qui suivent.
* La consommation
La consommation dans les NTA se compose de la consommation publique et privée. La contrepartie des agrégats du système des comptes nationaux (SCN) est la dépense de consommation finale de laquelle sont retranchées les taxes sur la valeur ajoutée et d'autres taxes sur la consommation. Des estimations distinctes de la consommation publique et privée de l'éducation, de la santé, et autres biens et services sont construites.
* La consommation publique
La consommation publique distingue trois postes de dépenses : la santé, l’éducation et les autres biens et services publics. Les dépenses publiques de santé et d'éducation sont affectées par l'âge, ceci, en s'appuyant principalement sur les dossiers administratifs. On utilise les données budgétaires pour établir des estimations de l'éducation par élève mais aussi des dépenses par niveau d'éducation. Ces données sont ensuite combinées avec l'âge et le taux de scolarisation pour estimer la consommation de l'éducation publique par tête et par âge.
Les méthodes utilisées pour répartir les dépenses publiques de santé sont plus variées et plus sujettes à l'erreur. Dans certains pays, par exemple, les profils d'âge des patients hospitalisés et des patients extérieurs sont utilisés et combinés avec les estimations de coûts par patient hospitalisé ou non. Dans d'autres, des estimations très détaillées des dépenses publiques de santé par âge sont disponibles auprès des agences de gouvernement ou des instituts de sondages.
Le profil par tête et par âge des dépenses publiques de consommation des autres biens et services, comme les forces militaires, les routes ou encore les égouts, est supposé être constant selon l’âge (Lee et Mason, 2011).
* La consommation privée
De façon symétrique, la consommation privée est composée de trois postes, avec les dépenses liées à l’éducation, celles liées à la santé, et enfin les autres dépenses privées en dehors de la santé et de l’éducation. L’allocation des dépenses privées d’éducation repose sur l’estimation d’un modèle de régression expliquant les dépenses d’éducation du ménage en fonction des nombres d’enfants scolarisés de chaque âge. Une procédure similaire est utilisée pour les dépenses de santé qui sont estimées par un modèle linéaire en fonction du nombre d’individus de chaque âge dans le ménage.
Les autres dépenses de consommation privée suivent une règle d’allocation discrétionnaire qui consiste à fixer des poids exogènes à chaque individu du ménage en fonction de l’âge (United Nations, 2013). L’échelle d’équivalence utilisée attribue un poids de 0,4 aux enfants jusqu’à l’âge de 4 ans inclus, ensuite ce poids augmente proportionnellement à l’âge jusqu’à 20 ans où il devient égal à 1, et enfin il reste constant au-delà de cet âge.
Le profil d'âge pour chaque type de consommation est obtenu en faisant la moyenne des consommations par âge chez tous les membres pour l’ensemble des ménages. Les profils d'âge sont ensuite lissés de manière sélective en utilisant une régression locale (faiblement) pour réduire le biais, sans toutefois masquer les principales caractéristiques de la série. En règle générale, le profil d’éducation n’est pas lissé du fait que les « sauts » à différents âges correspondent à des changements de niveaux de scolarité.
Enfin, les profils d'âge sont ajustés proportionnellement pour correspondre à des agrégats de la comptabilité nationale (appelés macro-contrôles) pour chaque catégorie de consommation, compte tenu de la répartition de la population nationale par âge.
* Le revenu du travail
Le revenu du travail est une estimation de la valeur sur le marché de la main-d'œuvre de l’individu moyen dans chaque groupe d'âge. Il est constitué du salaire, des indemnités, des cotisations sociales à la charge de l'employeur, et le revenu de travail indépendant. Les taxes sur les produits et la production (impôts indirects) payés pour le travail sont inclus dans le revenu du travail. La valeur du temps consacré à la production domestique de biens et services marchands est incluse dans les NTA comme il l'est dans le SCN. Toutefois, la valeur du temps consacré à la production de biens et services non marchands n'est pas incluse. Par exemple, le temps consacré à l'entretien d'une résidence personnelle ou de soins de ses propres enfants ne se mesure pas en NTA (et non plus dans le SCN), mais se mesure dans les National Time Transferts Accounts (NTTA).
Le revenu du travail est une mesure composite qui combine à la fois les valeurs des hommes et des femmes et qui reflète les variations du salaire par heure du temps de travail, du chômage et de la participation au marché du travail. Le profil d'âge du revenu du travail est estimé en utilisant des enquêtes représentatives au niveau national, et en calculant la moyenne par âge des revenus salariaux et non-salariaux. Une question importante qui se pose dans certains pays est le traitement des travailleurs familiaux non rémunérés au sein d’une entreprise familiale. L'approche suivie dans les NTA consiste à traiter les deux tiers (2/3) du revenu mixte déclaré comme imputable au travail (Gollin, 2002) et de répartir ce revenu du travail familial non rémunéré aux travailleurs familiaux conformément à la proportion du revenu moyen du travail des employés de même âge.
5. Méthodologie de calcul des profils régionaux
Le calcul des profils régionaux suppose la disposition des profils des pays constituant ladite région. Une fois que ces profils sont disponibles, deux défis restent à relever :
1. Les profils pays ne sont souvent pas exprimés en une monnaie unique, et ;
2. Les profils pays n’ont pas la même année de base.
Deux méthodes peuvent être utilisées pour pallier à ces difficultés.
1. La normalisation des profils pays
Pour s’affranchir de l’unité monétaire, le profil de chaque pays est par la moyenne annuelle de revenu des tranches d’âge 30-49 ans qui présente le revenu moyen le plus élevé. Cette méthode permet de faire des comparaisons directes entre pays sans se soucier des différences d’unités d’expression, mais l’interprétation des profils reste limitée. En effet, elle ne permet pas d’estimer les niveaux de consommation et de revenu du travail en moyenne standard, et non plus les déficits et surplus ou la demande sociale au niveau de la région considérée.
Bien que facile à exécuter, cette méthode présente dans la pratique des problèmes d’interprétation. C’est pourquoi la moyenne pondérée lui est souvent préférée.
2. Méthode de la moyenne pondérée
Une alternative consiste donc à calculer la moyenne pondérée des profils des différents pays constituant la région. Pour ce faire, il faudra suivre les étapes suivantes :
1. Utilisation des profils pays
Pour chaque pays, les profils moyens et agrégés des différentes composantes sont considérés.
Soit Yi un profil des pays i, i=1,…, N ; N étant le nombre de pays de la région.
2. Choisir une date de référence T0
Les données recueillies sur les pays sont à différentes dates. Ce qui pose un problème de choix de la date de référence. Certains critères doivent être respectés :
* les comptes nationaux doivent être disponibles pour la date de référence choisie ;
* la date doit être choisie de sorte que les résultats obtenus au niveau régional restent fiables ; aucune date des profils des différents pays ne doit être donc éloignée de l’année de référence.
3. Ajuster les profils des pays
Les profils agrégés de chaque pays doivent être réajustés (extrapoler ou rétropoler) avec les macro- contrôles de l’année de référence T0 afin d’avoir les profils pays en cette date.

4. Choisir une base monétaire
Si les profils ne sont pas exprimés en une même unité monétaire, ils doivent être ramenés à une base standard (USD courant, constant, PPP ou une autre monnaie) toujours pour l’année de référence.
Une fois ce travail fait pour tous les pays, le profil moyen régional est donné par :
Yra = ∑i=1,…,N Pai * Yai
Pai est la part de la population d’âge a du pays i
Yai est le profil moyen du groupe d’âge a du pays i obtenu à l’étape iv.
Le profil agrégé de la région est donné par :
YRA = Yra *Pa
Pa étant la population d’âge a de la région.
3. Calcul des profils régionaux
Dans le présent rapport, la seconde méthode est utilisée afin de disposer des profils régionaux suivant le même agenda que les profils pays : profils de consommation et de revenu du travail, déficit du cycle de vie et ratio de soutien économique.
Les différents pays couverts par le bureau régional n’ont pas encore tous des profils stabilisés. 15 pays sont retenus pour construire les profils. Ils ont des années de base variant de 2004 à 2015. Les années 2011 et 2014 sont celles où il y a plus de profils (4) réalisés. L’année 2014 semble ainsi être la plus adéquate pour la construction des profils régionaux.
3. Résultats et implications
Les principaux résultats obtenus concernent les niveaux de consommation et de revenu du travail pour chaque âge, tant au niveau individuel qu’au niveau agrégé. Il est aussi sorti le déficit du cycle de vie pour évaluer le niveau de dépendance et les groupes d’âge dépendants. Le ratio de soutien économique qui mesure le nombre de travailleurs effectifs pour cent consommateurs effectifs est également représenté.
6. Profils moyen et agrégé de consommation et de revenu du travail
Il ressort des résultats de l’analyse du profil moyen de consommation et de revenu du travail dans la zone WCARO, que la population est dépendante entre 0-30 ans et 62-90 ans. Le surplus est généré par les tranches d’âge de 31-61 ans, soit 31 ans de surplus généré. Au niveau agrégé, le surplus généré reste relativement très faible pour combler le déficit observé à la jeunesse.
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Graphique 2 : Profils moyen et agrégé de la consommation et du revenu de travail dans WCARO en 2014

Source : CREG/CREFAT, 2019
7. Profils moyen et agrégé du déficit de cycle de vie
Le profil moyen montre, d’une part, que le déficit moyen s’élève à près de 812 USD à la naissance, puis augmente avec l’âge pour atteindre 1 690 USD vers l’âge de 21 ans avant de connaitre une baisse. En effet, au-delà de 21 ans, les individus commencent à s’insérer progressivement sur le marché du travail et le revenu généré permet de supporter une partie de leurs besoins de consommation. D’autre part, il montre que lorsque les personnes âgées partent à la retraite, ils s’appauvrissent davantage car le déficit à la vieillesse augmente continuellement avec l’âge et atteint son pic à 82 ans avec un déficit de 1 642 USD. Concernant les producteurs effectifs qui sont en surplus, ils dégagent un excédent de ressources à partir de 31 ans qui atteint une valeur maximale de près de 1 978 USD autour de 47 ans.
Le profil agrégé montre que les déficits augmentent de la naissance (9,670 milliards USD) jusqu’à 17 ans (11,735 milliards de USD) puis décroissent à nouveau. La population de la zone WCARO commence par dégager du surplus à partir de 31 ans jusqu’à 61 ans soit 31 années de surplus. A partir de 62 ans le déficit à la vieillesse s’observe. Le pic du surplus de la population active s’observe à 45 ans (4,768 milliards USD).

Graphiques 6 et 7 : Profils moyen et agrégé du déficit du cycle de vie dans WCARO en 2014

Source : CREG/CREFAT, 2019
En somme, les jeunes dépendants (0-30 ans) consomment 345 millirds USD pour un revenu du travail de 66 milliards USD, soit un déficit de 279 milliards USD. Les personnes âgées de 62 ans et plus consomment 28 milliards USD et génèrent un revenu du travail de 18 milliards, ce qui engendre un déficit de 10 milliards USD. Les groupes d’âge qui génèrent un surplus (31-61 ans), consomment 168 milliards USD, mais produisent 258 milliards USD en termes de revenu du travail. Ils ont ainsi un surplus de 90 milliards USD, mais ce dernier reste insuffisant pour combler les déficits observés à la jeunesse et à la vieillesse. Au total, une demande sociale évaluée à 199 milliards USD est observée dans la zone WCARO.
Tableau 2: Synthèse des résultats sur la dépendance économique

Consommation
Revenu du travail
Déficit/Surplus
Jeunes 0-30 ans
345
66
279
Adultes 31-61 ans
168
258
-90
Personnes âgées 62+
28
18
10
Total
541
342
199
Source : CREG/CREFAT, 2019
8. Ratio de soutien économique de la zone
Toute consommation est financée par un revenu. Partant de ce principe, le financement peut provenir soit de son propre travail soit d’un transfert reçu. Il ressort donc que lorsqu’on a plus de générations dans une économie qui parviennent à financer leurs propres consommations moins on en a qui préfinancent les consommations des autres générations. Ce qui se traduit tout naturellement par un gain de ressource au sein de l’économie. Une analyse générationnelle de la dépendance économique permet donc de mieux appréhender la situation d’une économie donnée.
C’est ainsi que le ratio de soutien économique (RSE) est calculé afin d’analyser le niveau de dépendance dans une économie. Le ratio de soutien n’est rien d’autre que le rapport entre le nombre de producteurs effectifs et le nombre de consommateurs effectif (ou nombre de travailleurs effectifs sur nombre de consommateurs effectifs).
L’utilité du RS est de mesurer des effets des changements de la structure par âge de la population sur la consommation tout en tenant compte d’autres facteurs comme l’effort de travail, les taux d’intérêt, les actifs, l’épargne et les transferts nets du reste du monde.
Graphique 4: Evolution du ratio de soutien économique dans la région WCARO

Source : CREG/CREFAT, 2019
Le graphique ci-dessus analyse le ratio de soutien économique (RSE) de la zone WCARO. L’évolution du RSE se fait en deux phases. Une première phase de décroissance entre 1950 et 2002 et une seconde phase de croissance sur la période 2003-2050. C’est à partir de 2002 que la tendance d’évolution du ratio de soutien s’est renversée pour l’ensemble des pays WCARO. Ainsi les projections prévoient un RSE de 42 % en 2020 qui peut aller à 44 % en 2033 puis à presque 49 % en 2050. Autrement dit en 2020 il serait prévu que 42 travailleurs effectifs vont supporter 100 consommateurs effectifs puis ce taux va croitre pour passer de 44 % à 49 % respectivement de 2033 et 2050.
9. Projections démographiques par la méthode NTA
Les projections démographiques sont faites suivant certaines hypothèses pour voir leur impact sur dividende démographique. En fait, dans la méthodologie NTA, le dividende démographique est appréhendé à travers le taux de croissance du ratio de soutien lequel est fonction de la structure par âge de la population. C’est dans cette perspective que les 3 scénarii portent sur des hypothèses sur la fécondité qui constitue un pilier susceptible de modifier la structure par âge de la population. Ainsi les Nations-Unies prévoient trois scénarii : une fécondité faible, une fécondité moyenne et une fécondité forte. Le graphique ci-dessous donne l’évolution du dividende démographique selon ces trois scénarii.
Graphique 5:Projections du dividende démographique selon les scénarii de fécondité

Source : CREG/CREFAT, 2019
* Scénario de fécondité forte
La courbe rouge de fécondité élevée est en dessous de toutes les autres. Ce qui veut dire avec une forte fécondité, les résultats escomptés sur le dividende démographique sont les pires possibles parmi tous les scénarii. L’évolution de cette courbe se fait en trois phases. Une première phase presque de constance entre 2015 et 2020 suivie d’une deuxième phase entre 2020 et 2025 ou les variations du dividende sont très légères et passent de 0,15% à 0,18%. Enfin la troisième phase concerne la période 2025-2050 ou on note une croissance beaucoup plus monotone avec un rythme quasi-lent. Lorsque la fécondité est très élevée, cela entraine une augmentation de la population d’adolescents voire de jeunes sur une période d’au moins 27 années qui correspond à l’année de fin de dépendance à la jeunesse. Avant donc cette période la population à charge augmente ce qui a pour effet le ralentissement de la croissance économique et plus précisément le dividende démographique. Avec une telle population de personnes de bas âge, les préoccupations se tournent vers des dépenses démographiques telles que des constructions d’écoles, de centre de santé etc., plutôt que dans des investissements dans des secteurs créateurs de richesses.
* Scénario de fécondité moyenne
Avec une fécondité moyenne, les résultats attendus sont meilleurs que ceux d’une fécondité forte. Dans cette situation, le dividende croit progressivement en passant de 0,15 en 2015 à 0,58 en 2045. Après 2045, l’évolution reste constante et le dividende est estimé à 0,59 jusqu’en 2050. Ces deux situations traduisent un dividende démographique qui se réalise sur 30 années (de 2015 à 2045) conséquence de l’entrée progressive de la population active sur le marché de l’emploi et qui se stabilise ensuite sur la période suivante correspondant à une période où le taux de croissance du ratio de soutien reste très faible. Ce qui laisse suggérer que des anticipations doivent être faites pendant la phase de croissance du dividende démographique en investissant dans le développement humain et la création d’emplois afin que créer le maximum de richesse.
* Scénario de fécondité faible
Avec une fécondité faible, on observe une croissante du premier dividende démographique avec une pente plus grande que les deux autres courbes. La courbe croit jusqu’à 2040 en atteignant sa valeur maximale de 0,76. C’est durant cette phase que la structure par âge de la population peut entrainer la hausse le PIB par tête à condition de l’accompagner par des actions prioritaires de développement. Pour amortir les effets néfastes de décroissance sur la période 2045-2050, c’est durant cette période de croissance que des anticipations doivent être faites. Une des mesures idoines consiste à préparer le financement de la retraite des travailleurs actuels et à favoriser leur épargne et l’accumulation de richesse pendant leur activité. Dans une telle situation, un second dividende démographique peut être envisageable.
10. Analyse des résultats du DDMI dans la zone SWEED
Le dividende démographique est la croissance économique accélérée résultant du changement de la structure par âge d’une population, suite à une baisse de la fécondité et de la mortalité. C’est un phénomène qui crée une opportunité de croissance économique et de développement humain plus rapide pour un pays. Sa capture devient un défi majeur du développement au cours des prochaines décennies. C’est dans cette dynamique que les pays de la zone SWEED, dans le cadre du projet de l’autonomisation des femmes, ont mis en place des Observatoires nationaux du dividende démographique (ONDD) pour un meilleur suivi des indicateurs et accélérer le processus de capture du DD. Ces observatoires explorent des données démographiques, économiques et sociales, et élabore des indicateurs relatifs à cinq (05) dimensions en lien avec les quatre piliers du dividende démographique voulu par l’Union Africaine.
La première dimension est le déficit du cycle de vie qui montre l’inadéquation entre les besoins matériels des individus et les capacités économiques dont ils disposent pour satisfaire ces besoins à chaque âge. La deuxième dimension porte sur la qualité du cadre de vie qui analyse l’environnement dans lequel on vit, considéré du point de vue de son influence sur la qualité de vie et le bien-être des individus. La troisième dimension appréhende les dynamiques de pauvreté qui analysent les différents états de pauvreté entre deux périodes. La dimension quatre qui aborde le développement humain élargi (ou étendu) permet de mesurer le niveau du développement humain « durable ». Enfin, la cinquième dimension intitulée réseaux et territoires analyse les interactions entre les structures spatiales et les flux migratoires, financiers et de biens et services. Cette dimension traite également de la répartition des infrastructures et de l’attractivité des régions.
Ces cinq dimensions sont réunies dans un indicateur composite appelé Indice synthétique de suivi du dividende démographique (I2S2D) ou encore Demographic Dividend Monitoring Index (DDMI). Celui-ci donne une mesure synthétique du niveau auquel se situe un pays ou une région en termes d’exploitation du dividende démographique

* Dimension 1 : déficit du cycle de vie
Le déficit de cycle de vie met en évidence la contribution des individus effectivement actifs selon leurs classes d’âge au financement de la consommation des individus inactives. Il représente la différence entre les profils de consommation et de revenu du travail pour chaque individu d’un âge donné. On observe donc soit un excédent lorsque la rémunération du travail excède la consommation, soit un déficit dans le cas contraire.
Les graphiques ci-après présentent les déficits de cycle de vie au niveau individuel et agrégé qui résultent des profils de consommation et de revenu par âge dans la zone SWEED.
Graphique 6:Profils moyens de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014

Source : CREFAT-CREG 2019
L’analyse du graphique ci-dessus nous montre que dans la zone SWEED le niveau de consommation dépasse celui du revenu du travail au cours des deux périodes du cycle de vie suivantes : 0-27 ans et 64 ans et plus. Ainsi, les individus appartenant à ces tranches d’âges consomment plus qu’ils ne produisent. La période de 0-27 ans correspondant à celle de l’enfance et de la jeunesse concentre ou dégage la majeure partie du déficit économique de la zone. en 2014, le déficit maximal est observé à l’âge de 16 ans et s’élève à 676 dollars US. Cela montre que la zone SWEDD fait face à un problème de jeunesse. Pour la période de vieillesse (64 ans et plus), le déficit le plus élevé est observé pour la tranche d’âge de 84-85 ans et s’élève à 726 dollars US en 2014.
A l’inverse, les individus de la tranche d’âge de 28 – 63 ans dégagent un surplus économique. Autrement dit, leur revenu du travail arrive à couvrir entièrement leur consommation ; ce qui leur permet de financer la consommation d’autres individus notamment les jeunes et les séniors qui sont dans la dépendance économique. Dans la zone SWEDD, la durée de la période de surplus économique est estimée 36 ans en 2014. Toutefois, il faut noter quelques disparités entre les différents pays. Par exemple, la durée de la période de surplus est estimée à 41 ans au Burkina Faso alors qu’elle est de 34 ans au Tchad pour la même année.
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Tableau 3:Récapitulatif des durées de surplus dans les pays SWEDD (en années)
Zone / Pays
Début du surplus
Fin du surplus
Durée
Bénin
28
60
33
Burkina Faso
26
66
41
Cote d’Ivoire
29
63
35
Mali
27
62
36
Mauritanie
30
68
39
Niger
28
63
36
Tchad
28
61
34
SWEDD
28
63
36
Source : CREFAT/CREG, 2019
En moyenne pour l’ensemble des pays du projet SWEDD, le surplus maximal est estimé à 758 dollars US et est observé à partir de 43 ans. En termes agrégé, le surplus généré par les individus de 28 à 63 ans s’élève à 15,052 Milliards de dollars US (voir graphiques ci-dessous). Ce surplus est destiné au financement des besoins des enfants et jeunes de 0-27 ans ainsi à la prise en charge des besoins des séniors de 64 ans et plus. Les jeunes de moins de 28 ans consomment une part très importante des revenus produits par les travailleurs effectifs du fait de l’importance de leurs besoins en santé et en éducation notamment. De plus, ils représentent une part importance de la population totale de la zone en termes d’effectif (70,2% de la population totale en 2014). Par contre, les personnes âgées de 64 ans et plus, relativement peu nombreuses (2,9% de la population en 2014) ont une consommation faible et ne dégagent pas de revenus du travail suffisants pour la satisfaire.
Graphique 7: Profils agrégés de consommation (C) et revenu du travail (YL), SWEDD, 2014

Source : CREFAT/CREG 2019
Cette demande sociale évaluée à 37,172 milliards de dollars US en 2014 est plus de deux (02) fois supérieure à l’excédent dégagé par la population des producteurs effectifs de la même année. Ce qui conduit à un déficit total estimé à 22,12 milliards de dollars US pour la zone SWEDD en 2014. Ces informations permettent ainsi d’illustrer le déséquilibre financier global qui existe entre les deux tranche d’âge déficitaires (0-27 ans et 64 ans et plus) et celle dégageant du surplus économique (28-63 ans). En effet, la forte dépendance à la jeunesse montre que le surplus économique enregistré ces dernières années par chacun des six pays du SWEDD reste insuffisant pour faire face aux défis des jeunes qui demeurent confrontés à un chômage et à un sous-emploi important.

* Ratio de soutien régional
Dans la zone SWEDD le ratio de soutien économique (RSE) s’établit à 40,8% en 2014. En d’autres termes, 40 travailleurs effectifs peuvent prendre en charge 100 consommateurs effectifs et donc, pour 60 individus, la demande en termes de consommation n’est pas satisfaite. Un tel niveau du ratio dénote d’une forte dépendance économique de la population SWEDD. Une analyse désagrégée montre que le RSE est de 0,5% chez les enfants, de 4,7% chez les jeunes, de 34,6% chez les adultes et de 1% chez les seniors.
* Un ratio de soutien des enfants faible mais non nul pour la tranche d’âge 0-14 ans, montre en réalité que la contribution au RSE global est de 0,5%. La faiblesse du ratio de soutien économique pour cette tranche d’âge est plus expliquée par le poids pléthorique de la population des enfants de 0-14 (47%) dans la zone SWEDD.
Graphique 8: Ratio de Soutien Economique par tranche d’âge de la Zone SWEDD

Source : CREFAT/CREG, 2019

* Le RSE des jeunes montre que ces derniers ne s’assument pas économiquement. En effet, il ressort pour la zone SWEDD que, pour les jeunes de 15-24 ans, seul 5% de ces derniers ont une demande satisfais par leur propre travail. Cette forte dépendance économique à la jeunesse est expliquée par de multiples faits : (i) les jeunes sont les premières victimes du chômage ; (ii) les jeunes en emploi, sont, pour la plupart, absorbés par les secteurs informel et traditionnel et/ou sont en situation de sous-emploi, avec de faibles revenus du travail ; (iii) l’entrée dans la vie active est souvent tardive pour ces jeunes, les primo demandeurs étant confrontés aux dures réalités du monde du travail.

* Le RSE des adultes s’établit à 0,35 pour la zone SWEDD. Donc, pour la tranche d’âge 25-64 ans, 35 adultes producteurs supportent la charge de 100 consommateurs effectifs de tous âges. Mais en limitant uniquement aux consommateurs adultes, le ratio passe à 88%. Dans la réalité des faits, cette part non dépendante des adultes ne "soutient" pas intrinsèquement que les autres adultes dont la demande n’est pas satisfaite, elle endosse également les transferts en direction des autres tranches d’âge.
* Enfin, les séniors quant à eux, vivent encore de leur revenu du travail plutôt que de leur revenu du patrimoine uniquement. L’analyse du RSE fait ressortir que 1% des seniors (65 ans et plus) génèrent encore un revenu du travail, alors qu’à ces âges, ces seniors devraient plutôt vivre de leur pension de retraite ou de leurs patrimoines constitués tout au long de leur cycle de vie.
* Dimension 2 : qualité du cadre de vie
L’indice de la qualité du cadre de vie mesure l’influence des différents éléments tels que l’environnement, les Liens sociaux, la Sécurité, le Bien-être subjectif, l’Engagement civique et Gouvernance, l’Equilibre Travail-vie privée et les Conditions de logement sur la vie d’une personne.
Graphique 9: Indice de la qualité du cadre de vie (IQCV) dans la région SWEDD

Source : CREG/CREFAT 2019
L’indice de qualité du cadre de vie (IQCV) de la région est d’une qualité relativement satisfaisante (53,7%) en 2014. Le score relativement satisfaisant de l’IQCV de la zone SWEDD est principalement porté par la performance réalisée dans les sous-dimensions « Liens sociaux » avec un score de 54,9%, « Bien-être subjectif » avec un score de 54,6%, « Equilibre Travail/Vie privée » avec un score de 77,8% et « Sécurité » présente un score de 51,4%. Ces scores traduisent, non seulement les progrès réalisés par les pays en termes d’amélioration du cadre de vie, mais également sont les reflets de certaines caractéristiques socio-culturelles des pays Africains notamment ceux de la zone SWEDD.
En effet, les pays Africains sont sociologiquement et culturellement caractérisés par la solidarité et l’entraide familiales ; ce qui leur confère une meilleure qualité de leur réseau social. Ainsi, le score de 54,9% de la sous-dimension « Liens sociaux » caractérisant la qualité du réseau social, quoique moyennement satisfaisant, reste relativement faible au regard des caractéristiques socio-culturelles des pays. Ce score traduirait une détérioration du tissu de solidarité qui caractérise les pays Africains particulièrement ceux de la zone SWEDD. Certains pays de la zone tels que le Niger, le Bénin et le Tchad présentent un score de liens sociaux relativement élevés de 74%, 63% et 63,1% respectivement en 2014, alors que d’autres tels que le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire obtiennent des scores dimensionnels de liens sociaux relativement faibles de 32,3% et 49,6%.
Le score de la sous-dimension « Bien-être subjectif » affiche 54,6% est jugé moyennement satisfaisant. Elle est la résultante de l’ensemble des politiques pouvant affecter la vie des individus et revêt également un caractère purement subjectif lié à la sociologie et l’environnement de vie. Dans la région SWEDD, environ 55% de la population affirment être satisfaites à l’égard de leur vie en 2014. Cette proportion est relativement très élevée dans les pays comme la Mauritanie, le Niger et le Tchad avec des scores de 94,1%, 75,3% et 74,1% respectivement. Cela traduirait le ressenti positif des populations vis-à-vis des politiques publiques mises en œuvre dans ces pays. Toutefois, la situation en termes de bien-être subjectif est encore critique dans certains pays de la région SWEDD tels que le Bénin et le Burkina Faso avec des scores de 32,8% et 26,6 respectivement en 2014.
La sous-dimension « Equilibre Travail/vie privée » constitue une des sous-dimensions du cadre de vie où la région SWEDD réalise de bonne performance. En effet, le score de l’indice pour la région est de 77,8% en 2014. En d’autres termes, 78% de la population de la région SWEDD dispose de temps accordé au plaisir (loisir et aux activités personnelles) et réalise moins de travaux lourds. Au sein de la région, l’indice de cette sous-dimension est particulièrement élevé dans certains pays tels que Mali (85,4%) et le Niger (82,1%).
Pour ce qui concerne le sentiment de sécurité, la région SWEDD présente un score moyennement satisfaisant. En effet, le score de la sous-dimension « Sécurité » est de 51,4 en 2014 dans cette région. Ce qui signifie que 51% environ des populations de la région SWEDD déclare se sentir en sécurité ou encore estime la situation sécuritaire de la région paisible et favorable à l’exploitation de leur potentiel humain. Bien que satisfaisant, la sécurité dans cette région nécessite une attention particulière au regard des défis de sécurité rencontrés par les pays notamment les groupes d’attaques terroristes à l’instar de Boko Haram. En effet, si à l’échelle de la région, la sous-dimension « Sécurité » enregistre un score moyennement acceptable. Toutefois, le sentiment sécurité reste très critique dans les pays tels que le Bénin (38,8%), le Burkina Faso (33,5%), le Mali (31,5%) et le Tchad (45,4%) sont, à l’exception du Bénin, en proie à des attaques terroristes et des conflits intercommunautaires.
Par ailleurs, au-delà des quatre (04) sous-dimensions qui contribuent positivement à l’amélioration du score de l’indice de qualité du cadre de vie dans la région SWEDD, trois autres sous-dimensions constituent des défis importants pour l’IQCV de la région. Il s’agit principalement des sous-dimensions « Engagement civique et gouvernance », « Environnement » et les « conditions de logement ». En effet, le score de la sous-dimension « Environnement » de 46,9% apparaît faible et inférieur à 50%. Cela est principalement dû à l’état avancé de la pollution de l’air dans la plupart des pays de la région.
En moyenne, les pays tels que le Bénin (57,2%), la Côte d’Ivoire (57,5%) et le Mali (55%) affichent des scores sous-dimensionnels moyennement satisfaisants et supérieurs au seuil minimal de 50% requis pour l’exploitation du dividende démographique. Ces pays ont connu de progrès considérables en termes de la pollution de l’air notamment dans les métropoles mais également ces pays ont consenti d’importants efforts en termes de l’amélioration de la qualité de l’eau. De l’autre côté, les pays tels que le Burkina Faso (44,7%), la Mauritanie (44,3%), le Niger (22,4%) et le Tchad (45,2%) affichent des scores peu satisfaisants (en dessous du seuil de 50%) quant à la situation environnementale. Ces pays sont géographiquement enclavés et caractérisés par le désert avec son cortège de tempêtes de sable qui contribuent à la dégradation de la qualité de l’air.
Pour la région SWEDD, l’engagement civique et gouvernance demeurent un défi important à relever dans la quête de création d’un cadre de vie propice au plein épanouissement du potentiel humain. En effet, en ce qui concerne la sous-dimension « Engagement civique et gouvernance », la région SWEDD affiche un score relativement peu satisfaisant de 47,4% en 2014. Cette faible performance sous-dimensionnelle est imputable à deux facteurs. Il s’agit d’un relatif désengagement noté en ce qui concerne la participation de la population aux joutes électorales pour lesquelles celle-ci affiche une méfiance en raison de la mauvaise gouvernance. De plus, il est à noter également la relative faible implication de la population dans l’élaboration des règles et lois régissant la gestion de la cité. Parmi les sept (07) pays du projet SWEDD, deux (02) obtiennent des scores relativement satisfaisants, il s’agit du Bénin et du Niger qui affichent des scores de 61,4% et 51,1% respectivement. Pour les cinq (05) autres pays du projet SWEDD à savoir le Burkina Faso (48,5%), la Côte d’Ivoire (42,9%), le Mali (44,3%), la Mauritanie (38,8%) et le Tchad (43,7%), des efforts importants restent à faire pour l’amélioration de la situation de l’engagement civique et de la gouvernance nécessaire pour un cadre de vie de bonne qualité dans la région.
La sous-dimension « Conditions de logement » présente un score de 47,8% inférieur à 50%. Ce faible score est principalement dû au coût du logement relativement élevé notamment dans les métropoles des pays de la région. Bien que la région a fait de progrès considérable dans l’amélioration de l’accès aux équipements sociaux de base et sanitaires. L’hétérogénéité au regard de cette sous-dimension est relativement plus prononcée au sein de la région. Le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie affichent respectivement des scores de 50,2% ; 63,9% et 55,9%. Pour ces pays, les conditions de logement contribuent moyennement à l’amélioration du cadre de vie dans le but d’accélération du processus du dividende démographique. Le score de cette sous-dimension est particulièrement faible au Mali (35%) où des efforts importants restent à faire. Les autres pays tels que le Burkina Faso, le Niger et le Tchad présentent des scores aussi faibles de 40,5% ; 43,5% et 48,7% respectivement.
* Dimension 3 : dynamiques de pauvreté
Dans cette dimension, l’indicateur composite retenu est l’Indice Synthétique de Sortie de la Pauvreté (ISSP). Il a pour objectif de capter, parmi les populations en situation transitoire ou dans un état statique, celles qui sortent effectivement de la pauvreté.
L’ISSP dans la zone SWEED s’établit à 55,7%. En effet, 23% des individus sont sortis de la pauvreté. Il convient de constater que c’est au Burkina Faso (35,2%) qu’on note le niveau de sortie de la pauvreté le plus élevé alors que les taux les plus faibles sont observés au Mali (16,2%), au Niger (16%) et en Mauritanie (15,3%).
Graphique 10: Sortie de la pauvreté des pays de la Zone SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
En ce qui concerne le basculement dans la pauvreté, 19,7% des individus de la zone SWEDD sont passés d’un état de non pauvreté à un état de pauvreté sur une certaine période. Plus spécifiquement, c’est en Mauritanie (4,3%) qu’on note le plus faible niveau d’entrée dans la pauvreté suivi du Tchad (11,9%) et du Niger (13,2%). Par contre, des pays comme le Burkina Faso, le Bénin et la Côte d’ivoire ont des niveaux assez élevé de basculement dans la pauvreté avec 28,7%, 27,7% et 23,3% respectivement.
Graphique 11: Basculement dans la pauvreté des pays de la Zone SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
Par rapport à la trappe à pauvreté, les résultats montrent qu’au niveau des pays SWEDD, 24,3% des individus demeurent dans la pauvreté. La pauvreté chronique est plus accentuée au Tchad (34,8%), au Niger (32,2%) et au mali (31,4%). A l’inverse, des pays comme le Burkina Faso et le Bénin enregistrent des niveaux de trappe à pauvreté relativement faible, avec 11,5% et 12,4% respectivement.

Graphique 12: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
Pour ce qui est de la non pauvreté pure, la proportion de ceux qui restent stable dans la non pauvreté est élevée en Mauritanie (53,7%). De plus, des pays comme le Niger (38,6%), le Mali (36,9%), le Bénin (36,1%) et le Tchad (33,1%) ont des niveaux de non pauvreté pure au-dessus de la moyenne régionale évaluée à 33%. Les niveaux de non pauvreté pure les plus faibles sont enregistrés en Côte d’ivoire (27,8%) et au Burkina Faso (24,7%).
Graphique 17 : Non-pauvreté pure des pays de la Zone SWEDD
Graphique 13: Pauvreté chronique des pays de la zone SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
Une analyse au niveau régional des dynamiques de pauvreté montre qu’au sein des pays de la zone SWEDD, 33% de la population demeurent dans la non pauvreté contre 24% qui restent pauvres sur une période assez longue. Pour ce qui des situations de transition dans la pauvreté, 23 % de la population sont sorties de la pauvreté contre 20% qui ont basculé dans la pauvreté.
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Graphique 14: Dynamiques de Pauvreté au niveau régional/SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
* Dimension 4 : développement humain élargi
L’Indice de Développement Humain Elargi capte le niveau de développement humain d’un pays ou d’une région. Il est un indicateur synthétique construit à partir de trois indices dimensionnels : Indice Santé (IS), Indice Education (IE) et Consommation par tête (Icons/T). Sa valeur est obtenue en calculant la moyenne géométrique de ces trois indices précités.
L’indice de développement Humain Etendu est relativement faible au niveau de la zone SWEDD avec un score de 43,2%. Ce faible score est plus expliqué par la contre-performance réalisée au niveau de la sous-dimension éducation évaluée à 26,2%. Des pays comme le Niger ou encore le Burkina Faso détiennent les stocks de capital humain les plus faibles au niveau de la Zone SWEDD avec respectivement des scores de 18,2% et 19,4%. Au Burkina Faso, la situation du capital humain est assez préoccupante au regard des statistiques disponibles. En matière d’éducation, la durée moyenne de scolarisation de la population adulte âgée de 25 ans ou plus était de 1,4 an en 2014, et la durée attendue de scolarisation est de 7,7 ans pour la population de 7 à 24 ans pour la même année (EMC, 2014). Par contre la Mauritanie, grâce à ces divers moyens et politiques consacrés par le gouvernement depuis une décennie pour améliorer l’accès à l’éducation, a le score le plus élevé avec 0,647. Par exemple Le taux brut de scolarisation a atteint 100,9% (97 pour les garçons et 105 pour les filles) en 2014 quant au taux d’achèvement, il a connu une amélioration sensible en passant de 59% à 72 % en 2014.
La sous-dimension santé ainsi que la sous-dimension niveau de vie sont à des scores acceptables car supérieurs au moyen et se situent respectivement d’une façon générale pour chaque sous dimension à 50,5% et à 57,2%. En matière de santé, la Mauritanie avec un score de 0.677 tire plus l’indice vers la cible suivie du Bénin (0.665) et de la Cote d’ivoire (0.617). Des efforts doivent être faits par les pays comme le Tchad (0.306) et le Niger(0.402) dont les scores demeurent insuffisants. De plus, la fécondité est très élevée dans la zone SWEDD avec un ISF moyen de 5,5 supérieurs à celui de l’Afrique subsaharienne estimé à 4,7. Pour le Niger, l’indice synthétique de fécondité qui malgré une légère baisse entre 2012 et 2017 reste un des plus élevés du monde .Il est passé de 7,6 enfants /femme en 2012 à 6 enfants par femme en 2017. Ce taux est aussi lié à la faible utilisation des méthodes de contraception moderne.
Graphique 15:Indicateur de Développement Humain Etendu

Source : CREG/CREFAT (2019)
L’indice de niveau de vie est faible au Bénin(0,486) et au Mali (0,451). Avec un tel niveau de vie, le Bénin par exemple devra faire des efforts à concurrence de 0,514 points pour combler son déficit (CREFAT, 2018). Au Mali, le ratio de soutien économique situé à 43% montre la forte dépendance économique. La durée du cycle de vie pendant laquelle le malien produit en moyenne un surplus est d’environ 37 ans (de 27 à 63 ans), les personnes de moins de 26 ans et celles de plus de 63 ans étant en moyenne économiquement dépendant car ayant une consommation supérieure à leur revenu du travail. L’indice du niveau de vie estimé à 67% pour la Mauritanie demeure être le plus élevé suivis de la cote d’ivoire (0,647), du Burkina Faso (0,560) et du Tchad (0,544). Cette performance de la Mauritanie est dû au fait que le pays a connu des avancées importantes sur le plan social marqué par le recul de 11 points du taux de pauvreté entre 2008 et 2014.
Globalement, L’indice de développement Humain étendu demeure élevé en Mauritanie (0,512) et en Côte d’Ivoire (0,571). Les autres pays de la zone SWEDD ont des scores au-dessous de la barre des 50%. Des efforts doivent être effectués pour combler les gaps qui varient de 2,1% pour le Bénin à 19,1% pour le Niger.
* Dimension 5 : réseaux et territoires
L’Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) met en évidence l’attractivité territoriale à travers le degré d’urbanisation, les réalisations en matière d’infrastructure ainsi que la mobilité financière et humaine. Les graphiques ci-dessous permettent de faire l’analyse des résultats des indicateurs ISRT et de ces sous dimensions dans la zone SWEDD. Ainsi, une analyse des résultats sera d’abord effectuée au niveau régional en vue de déterminer les forces et les faiblesses de la zone en matière de fluidité dans la mobilité territoriale des personnes, des biens et des services ainsi que de la disponibilité des infrastructures idoines. Ensuite, une analyse en termes d’orientation des investissements publics sera faite.

Graphique 16: Indice Synthétiques Réseaux et Territoires par pays et au niveau régional

Source : CREG/CREFAT (2019)
L’attractivité régionale dans la zone SWEED est globalement très faible, avec une valeur de l’indicateur des réseaux et territoires de 16,8%. Ce niveau est de loin inférieur à la moyenne cible de 50%. La distribution au niveau des pays de la zone révèle cependant une certaine disparité. En effet, la majeure partie des pays, à l’exception de la côte d’Ivoire (24,7%), ont des indices inférieurs à 20%. Cette situation défavorable est la résultante de la faiblesse des performances observées pratiquement au niveau de toutes les dimensions de l’indicateur.
Graphique 17: Indice Synthétique Réseaux et Territoire (ISRT) dans la zone SWEDD

Source : CREG/CREFAT (2019)
L’occupation spatiale, de même que la qualité des logements sont faiblement satisfaisantes dans les pays de la zone. L’indice relatif à l’urbanisation dans la zone, globalement de 17, 4%, est de loin inférieur à la moyenne préconisée.
L’indice relatif à la migration est l’indice principal qui plombe l’ISRT au niveau régional avec une moyenne de 9%. Ce résultat, qui renseigne sur les mouvements des populations pour motif économique et/ou motif social, est très faible au niveau de la zone SWEDD. L’analyse par pays montre la même tendance. En effet, tous les indices sont en deçà de 10% exceptés pour la Mauritanie (19,9%), la Côte d’Ivoire (13,8%) et le Burkina Faso (12,1%).
Les flux financiers, pour leur part, sont également à des niveaux faiblement satisfaisants. A l’échelle régionale, on relève ainsi un indice de 11% ce qui traduit une mobilité financière marginale dans toute la zone SWEDD. Une situation similaire est observée au niveau des différents pays dans lesquels le score le plus élevé est enregistré en Côte d’Ivoire (15,2%).
Les infrastructures pour leur part sont à un niveau moins critique. L’indice au niveau régional, bien qu’étant en deçà de l’objectif de 50%, est plus proche de celle-ci avec 46,6%. Il reflète un niveau globalement insatisfaisant en termes d’accessibilité aux infrastructures de base. Il est cependant à préciser que cette sous composante de l’indice des Réseaux et Territoires constitue le maillon fort qui porte ce dernier à l’échelle régionale de même qu’à l’échelle pays. Dans les pays comme la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et le Burkina Faso, qui affichent des scores respectifs de 58,6% ; 64,3% ; 50,3%, l’accès de même que la qualité des infrastructures est moyennement satisfaisant.
* Synthèse des dimensions : le DDMI
L’indicateur DDMI est estimé à 39% dans la zone SWEED. Au regard de la grille de lecture définie dans la partie méthodologie, on peut déduire sur la base de ce résultat que la zone SWEDD n’exploite pas encore le dividende démographique (DD). Cette contreperformance de la région est cohérente avec les résultats nationaux selon lesquels aucun pays n’exploite encore le DD. Avec respectivement des scores de 46% et 44%, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire sont les seuls pays SWEDD dont le DDMI est supérieur à la moyenne régionale, mais demeure inférieur au seuil de 50%. Pour les autres pays de la zone, le score varie entre 30% au Tchad et 38% au Burkina Faso.
Les « bons résultats » de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire découlent du bon score enregistré dans le capital humain élargi et dans la qualité cadre de vie notamment. En effet, pour le capital humain par exemple, ces deux pays sont les seuls dont le score de l’IDHE dépasse la barre des 50%. A l’opposé, les contreperformances réalisées en matière de capture de DD par les pays en queue de peloton, à savoir le Tchad et le Niger, découlent des piètres résultats enregistrés non seulement dans le capital humain, mais surtout dans les réseaux et territoires où le score observé est de 10% et 6% respectivement pour ces pays.
Graphique 18: Scores des DDMI nationaux et régional

Source : CREG/CREFAT 2019
L’analyse du graphique ci-dessous montre que la faiblesse du DDMI régional résulte surtout du faible niveau de l’ISRT d’une part, qui enregistre un score de 17%. D’autre part, il faut noter que des niveaux relativement bas de la couverture de la dépendance économique (41%) et du développement humain étendu (43%) dégradent également le DDMI et le « plongent dans le rouge ».
En effet, la dépendance économique est relativement élevée dans la région SWEDD et elle est observée de la naissance à l’âge de 27 ans, et chez les séniors de plus de 63 ans. Le déficit de ces personnes dépendantes est estimé à 37,2 milliards USD contre un surplus de 15,1 milliards USD pour les travailleurs. Et ce surplus permet de financer 41% du déficit des personnes dépendantes. Le déficit du cycle de vie global de la zone SWEDD est ainsi élevé, soit 22,1 milliards USD représentant 23% du PIB de la zone.
En outre, le capital humain et les réseaux et territoires sont des composantes de DDMI pour lesquelles le score régional n’est pas reluisant. Bien que les taux de scolarisation soient élevés dans la zone, les durées moyennes de scolarisation demeurent encore très faibles et sont en deçà de 2 ans dans la plupart des pays membres. Aussi la fécondité et la mortalité se hissent-elle à des niveaux qui sont parmi les plus élevés au monde. Les flux migratoires et financiers ainsi l’urbanisation sont également faibles en dépit d’une bonne progression en termes de dotation en infrastructures et services sociaux de base.
Graphique 19: Synthèse des indicateurs dimensionnels régionaux

Source : CREG/CREFAT 2019
Sur les 05 composantes de DDMI, les bons scores de zone SWEDD sont observés sur la qualité du cadre de vie (54%) et sur les transitions de la pauvreté (56%). Cela révèle que le cadre de vie y est globalement satisfaisant, et que les dynamiques de pauvreté sont plus orientées dans le sens de la sortie. En effet, les populations de la zone SWEDD bénéficient d’un cadre de vie relativement de bonne qualité susceptible d’avoir des effets positifs sur l’amélioration de leur bien-être. Tous les pays de la zone, à l’exception du Burkina Faso, disposent d’un cadre de vie qui se situe au-dessus du niveau minimal requis pour une perspective de capture de DD et d’amélioration du bien-être. Cette amélioration du bien-être se traduit d’ailleurs par les transitions positives dans la pauvreté qu’on observe dans la zone. Ainsi, en moyenne 56 ménages sur 100 sont récemment sortis de la pauvreté ou se sont longtemps stabilisés dans la non pauvreté. Ce traduit l’existence d’un réel potentiel d’émergence dans les pays de la zone SWEDD.
Cependant, malgré de bons résultats engrangés dans la qualité du cadre de vie et dans les dynamiques de pauvreté, l’exploitation du dividende démographique dans la zone SWEDD reste fragilisée par une forte dépendance économique de sa population, un faible niveau de capital humain et un système dérisoire des réseaux et territoires.

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Conclusion

La méthodologie des NTA, permet d’appréhender le dividende démographique à travers le taux de croissance du ratio de soutien économique qui fait état de l’ouverture de la fenêtre d’opportunité de la zone WCARO depuis 2002. Cependant, l’analyse de la situation de la zone WCARO montre que d’importants efforts en termes d’autonomisation des populations en ce qui concerne la capacité de prise en charge inclusive de la consommation globale restent à être fournis. En effet, l’indépendance économique s’observe tardivement dans la zone, à partir de 31 ans. La population dépendante à la jeunesse, concerne les classes d’âge comprises entre 0-30 ans et celle à la vieillesse, les tranches d’âge de 62 ans et plus. Le déficit généré par cette population dépendante, globalement de 289 milliards USD, est loin d’être couvert par la population économiquement indépendante, qui dégage un surplus de 90 milliards USD, soit une demande sociale de 199 milliards USD à combler.
Cette situation couplée à des indices de fécondité élevés risque de plomber tout effort de développement. En effet, si la fécondité n’est pas contrôlée à l’horizon 2050, les simulations prévoient une progression du dividende démographique lente comparée aux scénarii de fécondité moyenne et faible. Lorsque la fécondité est très élevée, cela entraine une augmentation de la population d’adolescents voire de jeunes sur une période d’au moins 27 années qui correspond à l’année de fin de dépendance à la jeunesse. Les préoccupations à ce niveau se tourneront davantage vers des dépenses à caractère sociale telles que des constructions d’écoles, de centre de santé etc., plutôt que dans des investissements dans des secteurs créateurs de richesses. Cette situation risque de creuser les déficits budgétaires des économies de la zone WCARO et par conséquent compromettre les possibilités de croissance inclusive et durable.
À cet effet, le projet SWEDD a permis de mettre en œuvre un outil de suivi du dividende démographique à savoir le DDMI. La prise en compte de l’interrelation entre les différents secteurs de l’économie, les réalités sociales et environnementales ainsi que le rôle primordial des infrastructures et de la bonne gouvernance dans le fonctionnement systémique d’une économie, est la quintessence de cet indicateur qui capte ces différents aspects de la vie économique et du bien-être.
Cet indicateur, implémenté dans les pays SWEDD, montre que malgré le fort potentiel de ces pays en termes de représentativité de la population active, des efforts importants restent à fournir. Le DDMI de la Zone est globalement de 39%, niveau inférieur à 50%, seuil à partir duquel on peut prétendre à l’exploitation du dividende démographique. Ainsi, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire avec un score respectivement de (46.4%) et de (44%), sont les seuls pays SWEDD dont le DDMI est supérieur à la moyenne régionale, mais demeure inférieur au seuil de 50%. Pour les autres pays de la zone, le score varie entre 30% au Tchad et 38% au Burkina Faso. Ces mauvaises performances sont surtout le fait du déficit de cycle de vie important dans la zone, de la faiblesse de l’attractivité territoriale, de la faiblesse de l’accès et de qualité des infrastructures et des services sociaux de base, et du niveau de capital encore faible pour soutenir un développement durable. Ainsi, pour que la région Afrique de l’Ouest et du Centre en général et la zone SWEDD en particulier, puisse bénéficier de la structure de sa population et augmenter sa croissance économique, des mesures concrètes sont à prendre en vue d’une réduction du déficit excessif. Il est alors impératif d’orienter les politiques en vue:
* d’un accompagnement des pays dans le renforcement de l’autonomisation des jeunes et des femmes par la promotion de l’emploi et de l’entreprenariat ;
* d’un plaidoyer pour une politique adéquate d’espacement des naissances ;
* de la promotion de l’enseignement générale et professionnelle et technique ;
* d’une stabilisation et un renforcement des emplois existant ;
* d’une promotion de l’investissement privé (national et étranger) ;
* de la mise en place de politiques efficaces de protection sociale, en particulier des séniors, en vue d’une anticipation de la vieillesse de la population.

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